From Mickey to Mika

Stéphane Duchêne | Vendredi 28 juin 2013

Photo : Mark Cant


Quand France Info dit quelque chose, on l'écoute (ben oui, c'est une radio). Or, le site internet de la radio d'information continue a affirmé que The Origin Of Love, le troisième album de Mika, était l'album de la maturité (lol). Cela nous fait donc deux infos. D'abord, Mika a sorti un troisième album (au risque de paraître manquer de professionnalisme, on était complètement passés à côté et on s'en excuse). Ensuite, ben il y a cette histoire de maturité, fameuse tarte à la crème de troisième album. D'un autre côté, l'Anglo-libanais n'allait pas passer le reste de sa carrière à ululer des hymnes diabétiques estampillés Mickey maousse. Il faut bien grandir un peu.

 

En l'occurrence, l'élément déclencheur aura été pour le chanteur, après un léger burn-out, l'accident quasi mortel dont a été victime sa sœur. Laquelle est tombée d'un balcon en fumant une cigarette – interdiction de rire, elle a failli y rester en s'empalant sur une grille. Le genre de truc qui rend mature plus vite que son ombre. Bon, cela ne signifie aucunement que Mimi donne désormais dans le crypto-Daniel Guichard. Par maturité, il faut entendre une ou deux chansons tristes, des titres en français (entre Plastic Bertrand et Max Boublil) et une grosse influence eurodance – la maturité se perd, on vous le dit. Bref, un fourre-tout plus daft que punk (il y a même Pharrel Williams), oscillant entre The Buggles (au mieux) et David Guetta (au pire). Le tout sans sucre mais sous perfusion de vocoder.

 

Stéphane Duchêne

 

Mika, mercredi 10 juillet à 21h30, à l'Anneau de vitesse


Mika


Anneau de vitesse Boulevard Clémenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Mercenaire" : rite ovale et épopée grandiose

ECRANS | Aux antipodes du nombrilisme coutumier des cinéastes débutants, Sacha Wolff raconte le parcours initiatique d’un jeune rugbyman wallisien dans un film ample comme un chant, tragique comme un combat, exaltant comme un haka. Un essai largement transformé, Prix de la mise en scène au dernier Festival du film francophone d'Angoulême.

Vincent Raymond | Mardi 4 octobre 2016

Sacha Wolff vient du documentaire et cela s’en ressent : il possède cette capacité d’embrasser les atmosphères et cerner les personnages avec une économie de plans et de dialogues subtile – cet art d’aller à l’essentiel en évitant les ornementations superflues et l’épate. Aussi erratique que les rebonds d’un ballon ovale, la trajectoire de Soane, son géant balloté, est avant tout une épopée grandiose à hauteur d’homme : on assiste à la construction d’un ado naïf devenant adulte en dépit – ou à cause – des embûches se dressant sur son passage. Un récit d’initiation cruel où un fils, renié par son père parce qu’il ose tenter sa chance sur le continent, se trouve d’un coup arraché à ses fragiles racines – pour un Wallisien ayant déjà migré en Nouvelle-Calédonie, partir vers la métropole revient à accomplir une sorte de "déplacement au carré". Sans jamais choir dans l’éthnofolklore, Wolff offre ici une visibilité cinématographique aux cultures océaniennes qui n’en ont guère eue : il faut presque remonter à L’Âme des guerrier (1995) de Lee Tamahori pour trouver dans une fiction le désir de faire partager les coutumes de ces peuples. Un p

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Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

ACTUS | À Noël, tout le monde pense à mettre sous le sapin le dernier gadget technologique à la mode ou la bonne et rassembleuse bouteille de vin. Et si on misait sur un spectacle ou un concert, comme ça, pour changer un peu ? Le PB s’est donc lancé dans une sélection thématique : si vous suivez bien nos recommandations, on parie sur un taux de satisfaction de 100%. Oui, on est optimistes. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

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Ceux qui ne voient pas d’inconvénient à rire souvent Celui qui campe une Catherine hilarante dans la pastille quotidienne du Petit Journal Catherine et Liliane est également l’auteur et l’interprète d’un one-man-show épatant et très théâtral à placer tout en haut dans la vaste catégorie humour. Sur scène, Alex Lutz est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux : des personnages plus vrais que nature pour un comédien remarquable. Alex Lutz, samedi 9 avril au Grand Angle (Voiron). De 31 à 37€. Ceux qui aiment autant la danse que le rire Tutu, c’est un petit ovni savoureux. Six danseurs jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux pour un spectacle solidement construit et, surtout, très drôle. Car jamais les interprètes au physique d’Apollon (d’où un rendu très queer) ne se prennent au sérieux, au contraire – en même temps comment rester sérieux dans un costume de cygne ? Même si, paradoxalement, leur maîtrise technique est éclatante.

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Quelques mots d’amour avec "La Liste de mes envies"

SCENES | La vie est pleine de surprises. Comme cette adaptation théâtrale du best-seller de Grégoire Delacourt La Liste de mes envies défendue par le comédien Mikaël (...)

Aurélien Martinez | Mardi 17 novembre 2015

Quelques mots d’amour avec

La vie est pleine de surprises. Comme cette adaptation théâtrale du best-seller de Grégoire Delacourt La Liste de mes envies défendue par le comédien Mikaël Chirinian. Ce dernier est seul sur scène pour camper tous les personnages de cette histoire surprenante où Jocelyne, une gagnante à l’Euromillions (18 547 301 euros et 28 centimes tout de même), ne va pas chercher son gain pour conserver l’existence simple et heureuse qu’elle a toujours eue – avec son boulot, ses amis et, surtout, son mari. C’est donc forcément le personnage de Jocelyne qui retient toute l’attention, tant dans le roman que sur le plateau. Ça tombe bien : Mikaël Chirinian est comme Grégoire Delacourt, il aime son héroïne, et surtout sa banalité. Il s’amuse de sa candeur, de ses réflexions presque naïves, se transformant en elle grâce à quelques accessoires et une intonation de voix on ne peut plus douce. Le spectacle devient alors une petite bulle touchante parsemée de chansons populaires qui, si elle n’a pas la prétention de révolutionner le monde (on est face à un matériau de départ proche du roman de plage), est tout à fait plaisante et émouvante.

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Hybridations artistiques au Centre d'art Bastille

ARTS | Croiser les esthétiques et les réflexions, mêler les notions de temps et de fiction, tels sont les enjeux de "Double cross" actuellement au Centre d'art Bastille. Conçue dans le cadre d'un échange avec une structure italienne, l'exposition dévoile les travaux de Jacopo Miliani et Alessandro Di Pietro, avec Mikaël Belmonte en invité.

Charline Corubolo | Mardi 6 octobre 2015

Hybridations artistiques au Centre d'art Bastille

Piano, créée à l'initiative de d.c.a / association française de développement des centres d'art, est une plateforme franco-italienne offrant un espace de recherches et de travail partagé à des curateurs et des artistes, l'objectif étant d'établir un projet double, comme une exposition, entre une structure artistique italienne et une française. C'est ainsi que le Cab est devenu le théâtre de cet échange plastique avec l'Italie. L'exposition Double Cross, programmée par le commissaire d'exposition indépendant Vincent Verlé (et ancien boss du Cab), présente les œuvres de Jacopo Miliani et Alessandro Di Pietro, dont la mise en parallèle permet la construction d'un récit commun par le prisme d'un langage hybride. À travers un questionnement sur la représentation de l'image et sa réception par les masses et dans les mémoires, Jacopo Miliano esquisse un nouveau langage de forme. Ce nouveau tout se met en place dans des installations hermétiques – une main disposée sur un rectangle de tissu représentant une action – mais qui stimulent indéniablement l'hémisphère gauche du cerveau. L'approche des œuvres d'Alessandro D

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On ne pensait pas qu'il y aurait un gros concert gratuit cet été à Grenoble (comme l'an passé avec IAM par exemple). Puis finalement si. Ce sera Mika, et ce sera le mercredi 10 juillet à 21h30 à l'anneau de vitesse du parc Paul-Mistral. Avec Fanny Ardant?!

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François Cau | Vendredi 11 mars 2011

Revenge

Un jeune orphelin de mère entraîne le souffre-douleur de sa classe dans une spirale incontrôlable. Le père de ce dernier, médecin humanitaire, jongle entre une séparation douloureuse, un garagiste crétin qui le provoque et un chef de guerre qui terrorise son campement en Afrique. Susanne Bier, spécialiste danoise du mélodrame hardcore à thèse (Brothers, After the Wedding, Nos souvenirs brûlés), s’attaque ici à l’engrenage de la vengeance, dans un récit complexe et ambitieux, quitte à se tendre quelques pièges au passage – on peut renâcler sur le ton systématiquement plombant d’un film où tout le monde semble rivaliser de dépression, ou sur l’impasse (volontaire) de la sous-intrigue labellisée “choc des civilisations“. On ne peut nier, en revanche (AH AH AH), la puissance cinématographique incroyable que la réalisatrice insuffle à un scénario qui aurait pu se perdre dans son caractère programmatique. Ce souffle artistique transcende complètement le film, à travers sa réalisation, ses cadres et sa photo impeccables, ses acteurs incroyables. D’un scénario / dissertation très Dossier de l’écran dans l’esprit (la violence amène-t-elle la violence ? vous avez deux heures), Bier a tiré un

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