Cabaret frappé – jour 6 : vers le calme

MUSIQUES | Une soirée globalement calme pour ce dernier concert au Jardin de ville. Épique avec Get well soon, lyrique avec F.M, platonique avec Mineral... Deux réussites donc, qui se doivent à des innovations très riches au niveau instrumental. Eloi Weiss

Aurélien Martinez | Lundi 5 août 2013

Get well soon : un groupe allemand, une pop qui ne fait pas semblant. Konstantin Gropper (chanteur et meneur) intériorise les chansons avec fougue, tantôt au clavier, tantôt à la guitare sèche, tantôt au ukulele, transportant les consciences vers un univers épique vibrant. Les instruments sont pluriels : une diversité qui fait la force de cette pop baroque. Avec beaucoup de simplicité, les sonorités tantôt d'un mélodica, ailleurs d'une calebasse ou d'un tambourin, apparaissent furtivement et agrémentent en totalité cette puissante transe musicale. Un mélange homogène et limpide. Le violon transporte le tout, rythmé sur une ligne de basse impeccable.

C'est un moment d'évasion pure que nous a donné à parcourir Gropper et son groupe pour ce concert sous le chapiteau du Cabaret frappé. Leur dernier album Scarlet Beast O'Seven Heads est un long film à regarder en écoutant. Chaque piste est riche en références cinématographiques : une musique d'images et de sentiments, une musique de film qui se ressent sans ménagement en live. Il n'y a qu'à voir leur clip Roland, I feel you pour être transporté dans leur univers fantastique, sans parler de la qualité visuelle.

« Grenoble I feel you » : c'est ainsi que le chanteur annonce le tube du groupe. L'important est de ressentir donc, pleinement. Les musiciens entre eux semblent très proches, très fusionnels, le public aussi, un mélange homogène qui rappelle l'essence même de la musique : l'harmonie.

En première partie, en concert gratuit au kiosque, F.M (Francois Maurin). Moins de musiciens, mais tout autant hétéroclite dans la diversité des instruments. Sur scène ils sont trois : un contrebassiste, F.M et sa guitare, et un technicien son. C'est pourtant presque dix instruments que l'on entend et que l'on voit vibrer. Car ce savant fou de la pop a trouvé le moyen de mécaniser la plupart des instruments. Ainsi un xylophone géant occupe une bonne partie gauche de la scène, un orgue de barbarie en fond (dont le chanteur expliqua à plusieurs reprises l'importance de cet instrument pour lui), une batterie, des maracas, un piano mécanique... Tous s'activent, autonomes, à l'aide de moteurs guidés par ordinateur... Un spectacle en soi, cette foule d'instrument respectant mathématiquement le rythme. Parfois, seules les machines jouent, pendant que les musiciens restent immobiles, concentrés.

F.M c'est aussi beaucoup de sentiments, les cheveux plaqués de gel, une voix romantique et douce, et des mots en anglais, pour la sonorité dit-il. Cet élégant chef d'orchestre annonce son prochain album pour octobre 2013 avec plus de 20 instruments « autonomes » sur scène. Il paraîtrait même qu'il prévoit de se remplacer par un une voix numérique, lui permettant ainsi d'avoir plus de temps pour ses chansons…

...

Restait plus, en fin de soirée, qu'à découvrir le projet Mineral. « Le chanteur d'Archive, le chanteur d'Archive ! » qu'on entendait (il l'a été jusqu'en 2004). Ok. Mais la voix de la chanteuse française Armelle, qui est dans le groupe, est finalement bien plus forte et entraînante celle de Craig Walker. Les musiciens suivent correctement ce style pop-electro, mais rien ne décolle vraiment. Mineral reste donc à l'état minéral, lourd et statique. Tout le monde le sait pourtant que les archives sont souvent poussiéreuses !

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Le Gross Amour de Get Well Soon

MUSIQUES | (Re)venu à une forme de simplicité pop qui fait plus que jamais de lui un pendant germanique de Divine Comedy, Konstantin Gropper aka Get Well Soon nous séduit à nouveau avec son bel et grand "LOVE". Sans pourtant se départir de son goût pour l'étrangeté, comme on pourra s'en rendre compte sur la scène de la Belle électrique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 12 avril 2016

Le Gross Amour de Get Well Soon

Konstantin Gropper, Gross plaisir que de retrouver ce petit génie teuton qui avait mis à la renverse la tête de la pop indé avec son Rest now, weary head ! You wil get well soon – objet aussi efficace que non identifié parce qu'à spectre large. C'était en 2008, déjà. Et Gropper, s'il s'était pris à son propre jeu avec ce beau succès d'estime inattendu, nous avait de la même manière surpris en nous proposant une pop comme on avait peu l'habitude d'en entendre en provenance d'outre-Rhin – sans doute aussi parce qu'on n'y prêtait guère attention, chauffées que sont nos oreilles de productions british, US, scandinaves (de Reykjavik à Stockholm) et de la prégnance de la musique technologique en Germanie. Depuis, le laborantin de Mannheim (où il sévit enfermé dans un studio de son cru) n'a guère cessé de nous abreuver de suites pop. Plus que jamais et plus qu'avant car plus simplement porté vers l'essence mélodique (sans doute influencé par son propre amour du genre, comme en témoigne un album de reprises), son LOVE marque ce « retour », le pose en chaînon manquant entre les groupes The Magnetic Fields (sa voix, sa délicatesse, ses manières de camé

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Cabaret frappé – jour 5 : comme prévu

MUSIQUES | Sous le chapiteau, ce vendredi 26 juillet, c’était un peu le choc des générations. D’un côté les Grenoblois de Contratakerz ; de l’autre les Britanniques de (...)

Aurélien Martinez | Samedi 27 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 5 : comme prévu

Sous le chapiteau, ce vendredi 26 juillet, c’était un peu le choc des générations. D’un côté les Grenoblois de Contratakerz ; de l’autre les Britanniques de The Herbaliser. Si les premiers ont été fidèles à leur univers (que l’on a souvent pu voir à Grenoble, localisme oblige), les seconds, qui officient depuis plus de 15 ans, ont littéralement embrasé le public avec un set musical groovy. Et ce grâce à leur fanfare très hip-hop-jazzy. Pendant plus d’1h30, les cuivres se sont mélangées avec le scratch, et c’était tout simplement parfait. En début de soirée, sous le kiosque du Jardin de ville, on avait rendez-vous avec les Kenyans de Just a band, et leur électro funk soul hip-hop & co (on retrouve même des sonorités reggae). Là aussi, la rencontre avec le public s’est faite, leur musique se prêtant parfaitement à la fusion.

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Cabaret frappé – jour 4 : des hauts et un bas

MUSIQUES | Soirée cosmopolite jeudi au Cabaret frappé, avec un concert sous le chapiteau aux couleurs du reggae et un autre sous le kiosque plus oriental... et décevant. Aurélien Martinez (sur Riff Cohen) et Eloi Weiss (sur le reste !)

Aurélien Martinez | Vendredi 26 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 4 : des hauts et un bas

Elle avait tout pour lancer les hostilités du jeudi avec talent. Soit « un sac rempli d'influences héritées de ses multiples origines (Afrique du Nord, Sud de la France) et d'une immense culture rock que la jeune femme trimbale, quelque part entre une Camille gnaouie, Muriel Moreno (Niagara), une Natacha Atlas punk et la Claire Boucher de Grimes » comme on l’écrivait avec enthousiasme dans notre numéro festival. Sauf que, malheureusement, la sauce n’a pas pris au Cabaret frappé. Devant des Grenoblois comme toujours nombreux (les concerts gratuits de 19h, sous le kiosque, sont extrêmement suivis), Riff Cohen (puisque c’est d’elle qu’il s’agit) n’a pas su captiver l’audience, malgré les très bons musiciens qui l'accompagnaient. La faute à une approche de la scène chancelante et peu investie (il faut de la maîtrise pour s’imposer à des personnes pas forcément là pour la musique), la chanteuse semblant victime d’un buzz qu’elle n’arrive pas encore à digérer (la vidéo de son tube À

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Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

MUSIQUES | Un duo déconcertant, un trio séduisant, un juste retour au blues originel américain et un Burger fidèle à lui-même : on a eu droit à quatre groupes survoltés en ce troisième jour de Cabaret frappé. Le tout avec des guitares savamment exploitées. Eloi Weiss

Aurélien Martinez | Jeudi 25 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

« Secouer la lune » : c'est ainsi que se fait nommer le duo Heymoonshaker programmé ce mercredi 24 juillet, en plein milieu de la troisième soirée du Cabaret frappé. Deux mauvais garçons –  Andrew Balcon, guitariste et chanteur, et Dave Crowe, beatboxer surprenant – qui ont habité la scène avec une constance impressionnante. Bières en main, cigarettes au bec, le pantalon à peine remonté : leur entrée fut singulière. Provocants, mais plein d'enthousiasme donc, les deux Anglais au style blues décharné et rock électrique étaient deux et bien plus à la fois. En guise d’instruments : une seule guitare, tenue par un Andrew Balcon à la voix rauque très poussée. Et c’est tout. Enfin, presque... Car il y a Dave Crowe : le beatboxer hors pair, seulement armé d’un micro, se transforme à chaque concert en une incroyable batterie humaine. Il incarne les lignes de basse, son corps traçant dans l'air un semblant de partition. Il est un groupe de musiciens à lui tout seul, comme le sont les meilleurs beatboxers. Sur scène, Heymoo

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Autour du Cabaret

CONNAITRE | Le Cabaret frappé, ce n'est pas seulement une scène musicale intense. « Autour des concerts » ils appellent ça. Des lectures, un bus à l'arrêt très mouvementé, un after infatigable : une multitude d'événements modestes et variés. On vous en parle plus en détail. Eloi Weiss

Aurélien Martinez | Mercredi 24 juillet 2013

Autour du Cabaret

Lire c'est la santé Crieur public ? Ça existe encore. Pas besoin d'un étalage d'informations criées au tambour ou à la flûte à manche : simplement des poésies, parfois une contrebasse, un peu de Giono, du Woody Allen... Un moment de calme, les pieds dans l'herbe et l'esprit dans l'infini des mots. Lectures à la Roseraie du Jardin de ville, du lundi 22 au samedi 27 juillet de 20h et 21h ; entre le concert gratuit du kiosque et l'ouverture du chapiteau. Le programme :-Mercredi 24 juillet : Jofroi de la Maussan, de Jean Giono par Michel Ferber de la Cie Les 7 familles-Jeudi 25 juillet : lecture poétique. Florilèges de poèmes et textes en prose de et par Sylvie Fabre G et Didier Pobel-Vendredi 26 juillet : Travails, de et par Hervé Bougel publié par Les Carnets du dessert de lune, 2013-Samedi 27  juillet : Pour en finir une bonne fois pour toute avec la culture, de Woody Allen, par Sophie Vaude et Stéphane Czopec du collectif Troisième Bureau Au commencement il y a les jeux Du 22 au 27 juillet, entre 17h et 20h, la Maison de

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Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

MUSIQUES | C’était la soirée la plus attendue du festival, la seule à afficher complet depuis des semaines. Elle a tenu toutes ses promesses, avec un Lescop à l’aise et – surtout – un collectif Fauve électrique. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mercredi 24 juillet 2013

Cabaret frappé jour 2 : explosion fauve

En 2002, sur son premier album Ceci n’est pas un disque, le groupe de hip-hop décalé TTC livrait l’un de ses meilleurs titres : De pauvres riches. « Putain c’est la merde / Pourquoi tu dis ça ? / Chez moi c’est la misère / Ah ouais t'as trop raison / Ici c’est la galère / Reprends du champagne man, de toute façon ce week-end on se barre sur la côte. » Il y a de ça chez le collectif Fauve : un côté problèmes de riches scandés façon rappeur sur une musique très rock. Un truc à n’écouter qu’au premier degré comme on l’écrivait ici (même si les parodies sont nombreuses sur le web). « Nique ta mère le blizzard » hurle d’ailleurs, comme un jeune du XVIe parisien en pleine rébellion, le survolté meneur du collectif, qui n’hésite pas à ouvrir le concert avec le titre Saint Anne. « Enfin voilà, je vous dresse le tableau : je suis né dans une famille plutôt aisée / J’ai toujours été privilégié / J’

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Cabaret frappé – jour 1 : Cody ChesnuTT est grand !

MUSIQUES | Le Cabaret frappé a inauguré sa quinzième édition ce lundi 22 juillet, à 19h, au Jardin de Ville et sous la pluie. Mais c’est véritablement Cody ChesnuTT, prodige (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 1 : Cody ChesnuTT est grand !

Le Cabaret frappé a inauguré sa quinzième édition ce lundi 22 juillet, à 19h, au Jardin de Ville et sous la pluie. Mais c’est véritablement Cody ChesnuTT, prodige de la soul, qui a lancé les hostilités vers 22h. Casque militaire, poing en l'air, il tordait le micro de sa musique vive. Une musique de combat – Cody ChesnuTT le revendique. Celui qui est arrivé après la vague soul américaine (celle qui prit fin autour des années 80 et qui donna ensuite des styles complètement nouveaux avec Michael Jackon, Barry White & co), a quitté la scène musicale après un franc succès en 2002. Jusqu’à ce retour éclatant, avec l’album Landing on a Hundred sorti l’an passé. Sur scène, Cody ChesnuTT, c’est une fusion soul-rock qui l’incite à épouser sa guitare et le public. Une sorte de Marvin Gaye réincarné, porté par des musiciens grandioses. Il y a un air de gospel, et puis il y a cette intention d’élever les consciences par et pour la musique, de la rendre contagieuse. T

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Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

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Encore des nouveaux noms pour le Cabaret Frappé

ACTUS | Et voici que le Cabaret Frappé frappe à nouveau avec l’annonce de nouveaux talents conviés à venir ambiancer le festival grenoblois entre le 22 et le 27 (...)

Aurélien Martinez | Lundi 13 mai 2013

Encore des nouveaux noms pour le Cabaret Frappé

Et voici que le Cabaret Frappé frappe à nouveau avec l’annonce de nouveaux talents conviés à venir ambiancer le festival grenoblois entre le 22 et le 27 juillet. Outre les Jurassiens de Catfish ; Mineral, le projet de Craig Walker, ex-voix des désormais pénibles Archive ; et la venue quasi obligatoire de Lescop (c’est bien simple, on le verra partout cet été, si tant est qu’on ne l’ait pas déjà beaucoup vu), on notera le grand retour du petit prodige allemand Konstantin Gropper, plus connu sous le nom de Get Well Soon, dont le premier album, Rest Now Weary Head ! You Will Get Well Soon, avait tant marqué les esprits qu’on s’est presque trop habitué à son talent sur les deux suivants. En voici d’autres qui marquent les esprits depuis quelques mois et n’ont sans doute pas fini de le fai

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Get Well Soon / Dear Reader

MUSIQUES | La musique de Get Well Soon a un côté déstabilisant pour qui aime mettre les gens dans des cases. Bien sûr, il y a du folk dans tout ça, mais aussi des (...)

François Cau | Lundi 27 avril 2009

Get Well Soon / Dear Reader

La musique de Get Well Soon a un côté déstabilisant pour qui aime mettre les gens dans des cases. Bien sûr, il y a du folk dans tout ça, mais aussi des accents pop à la Radiohead ou la Arcade Fire, d’autres plus doux qui rappellent un certain Sufjan Stevens, et d’autres encore évoquant les grands espaces version Ennio Morricone. Un style foisonnant donc, pour le premier album de ce jeune Berlinois. Album ouvert par un magnifique Prélude, et qui renferme de très beaux titres tel If this hat is missing I. On vous laissera découvrir tout ça dimanche à 18h sur la scène du Ciel, où l’on croisera aussi Dear Reader, duo de Johannesburg porté par la voix cristalline de Cherilyn MacNeil. Leur album Replace why with funny vient de sortir, et nous offre quelques folk-songs appréciables (The Same, mêlant piano et chœurs, fonctionne à merveille).

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