Après Belin

Stéphane Duchêne | Mardi 10 mars 2015

Photo : Philippe Lebruman


Il semble que, cette fois, ça y est, la tournée Parcs de Bertrand Belin touche à sa fin. Et c'est à Grenoble que ça se passe. Et donc, conséquemment, qu'on l'ait déjà vu ou pas, ce serait dommage de louper ça. Parce qu'au-delà du fait que Belin soit un drôle d'animal scénique spasmodique, Parcs, on l'a déjà dit ici en long, en large (et même en travers) est un album majestueux et absurde. Un nouveau sommet atteint dans l'œuvre du Quiberonnais qui nous fit penser que Belin, c'est Bashung couchant avec Bill Callahan (Smog).

Auteur de premier ordre, au style inimitable, BB a choisi de passer, pour un temps, à autre chose, avec la sortie de son premier roman Requin (qui était déjà le titre d'une des chansons de Parcs), publié chez P.O.L., une maison qui va comme un gant à ce joueur de mots.

Ce au moment même où on peut se délecter de Il était cinq heures dix, documentaire que lui a consacré Pauline Jardel. Un film souvent hilarant, comme dans cette sublime scène du choix du titre de Parcs qui a failli porter le nom d'un poisson parasite sonnant « comme un condiment » ou d'une photo – « cette petite tête de canard, c'est une publicité pour les rillettes ».

Rassurés, on va donc pouvoir tranquillement se sevrer de Bertrand Belin en sachant qu'il sera sans doute très bientôt de retour dans nos oreilles avec un album une fois de plus forcément surprenant.

Bertrand Belin + Yoanna, vendredi 13 mars à 20h, à la Source (Fontaine)


Yoanna + Bertrand Belin


38 avenue Lénine Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Bertrand Belin : des hommes qui tombent

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Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Bertrand Belin : des hommes qui tombent

Énigmatique, cryptique, sec comme un coup de bec, de plus en plus le verbe belinien semble évoluer vers l'abstraction, un far west d'épure et de chanson à l'os qui affronte la réalité comme le pic vert attaque l'arbre, à coups répétés et millimétrés. Persona, où Bertrand Belin démontre à quel point son "parler fou" est le langage de la lucidité, se nourrit ainsi d'une logique implacable pour déciller les aveugles. Le terme Persona est multiple : Bergman et ce film où une femme parle pour une autre ; masques des acteurs des tragédies antiques et aujourd'hui, ô cynisme, typologie marketing d'acheteurs fantasmés, que le marché tient dans son viseur. Belin se glisse ainsi dans la peau de persona, pour mieux boire leurs déboires et en recracher la glossolalie navrée et ironique. Hommes qui vacillent (Sur le cul, De corps et d'esprit), travailleurs pauvres aux reflets jaunes (Camarade), personnages au bord de la rupture ou en chute très libre (sublime Glissé redres

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Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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