La Fine Équipe : tronches de cake

Benjamin Mialot | Mardi 10 mars 2015

Photo : DR


« You smell what I'm cooking ? » Cette expression, inventée et popularisée par The Rock du temps où il régnait sur les rings de catch plutôt que sur les bacs de DVD soldés (et traduisible par « tu vois ce que je veux dire ? »), La Fine Équipe pourrait l'utiliser au premier degré.

Un coup d'œil sur le tracklisting de La Boulangerie, la copieuse trilogie d'instrus qui a valu à ces quatre Marseillais leurs galons de MOF (section "beatmaking", "crate-digging" et lexicalité), suffirait en effet à filer une indigestion au plus convaincu des grévistes de la faim : Sacristain, Beurré nantais, Tarte au citron, c'est tout le sommaire du Petit Larousse pâtissier qui défile au rythme de cette quasi centaine d'exercices de style.

Mais aussi une bonne partie du catalogue du label Stones Throw. Car sous les couches de potacherie culinaire battent les cœurs de fans de Madlib et Jay Dilla, avec lesquels ils partagent un certain goût des ondes sensuelles. De là, la recette est connue : des samples de qualité (Temptations, Isaac Hayes, Ol' Dirty Bastard...), des commis compétents (jadis Onra ou Guts, dernièrement Everydayz, Superpoze ou Souleance) et un peu d'huile de coude.

Celle que distille Chomsk', oOgo, Blanka et Gib est garantie sans matières grasses ("hooks" radiophoniques, démangeaisons vinyliques), les imposant de fait comme les cousins fréquentables de C2C – et tant pis s'ils sont en vrai copains comme cochons en pâte d'amande.

Benjamin Mialot

La Fine Équipe [+DJ Vadim], jeudi 12 mars à 20h, à Eve


Dj Vadim + La fine équipe + Mara Zoo


EVE 701 avenue Centrale - Domaine universitaire Saint-Martin-d’Hères
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Libraires et disquaires lèvent le rideau

ACTUS | Reprise. À l’image de l’ensemble des commerces, librairies et disquaires ont pu rouvrir leurs portes samedi 28 novembre. Une reprise d’activité espérée pendant de longues semaines et attendue par leurs clients.

Sandy Plas | Mardi 8 décembre 2020

Libraires et disquaires lèvent le rideau

Il y a eu l’attente et l’incompréhension. Puis, finalement, l’annonce au sommet de l’État de la réouverture des commerces. Une bouffée d’oxygène espérée, notamment par les commerces culturels, contraints à la fermeture, fin octobre, car jugés non-essentiels. À Grenoble, comme partout en France, les libraires ont donc pu lever le rideau samedi 28 novembre, pour accueillir à nouveau leurs clients, qui étaient au rendez-vous en ce premier jour d’ouverture : « On est très contents d’avoir rouvert, les clients étaient bien là dès le samedi, c’était une très belle journée, tout le monde avait le sourire », raconte Noémie Leclercq, responsable de la librairie spécialisée BD Momie Folie. À la librairie les Modernes, spécialiste notamment du livre jeunesse, installée dans le quartier Championnet, le constat est le même : « La réouverture est très sportive, il y a du monde et du travail. » « Comme lors du premier déconfinement, les gens sont là en nombre, note, de son côté, Nicolas Trigeassou, directeur de la librairie du Square. Les lecteurs ont énormément de plaisir à retrouver un lieu qui leur est cher. Rien ne remplace le fait de flâner dans la

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"Les 12 Travelos d'Hercule" : « C’est vraiment parti comme une blague entre copains »

Spectacle | Et voici un spectacle qui fait plaisir à voir ! Soit des comédiens qui, le temps d’une soirée, deviennent des drag-queens et font du play-back sur des chansons très variées. Une aventure née à Grenoble il y a un an et demi qui commence à connaître un beau succès, et qui est surtout très drôle et parfaitement exécutée. Alors avant d’aller samedi 1er juin à la Bifurk admirer ces "12 Travelos d’Hercule", on a parlé du projet avec Colin Melquiond (alias, sur scène, Coco Mojito) et Quentin Gibelin (alias Miss Blueberry).

Aurélien Martinez | Mardi 28 mai 2019

« Le spectacle met le public dans un état de laisser-aller assez dingue. Il y a un côté : chacun peut être comme il a envie d’être, alors lâchons tout ! Au début, je ne comprenais pas pourquoi tout le monde gueulait autant, même pendant les chansons. Puis, au fil des représentations, j’ai compris. Et c’est plutôt agréable en fait ! » Depuis un an, un show né à Grenoble fait de plus en plus parler dans la région. Et galvanise littéralement le public comme nous l’avons constaté lors d’une représentation lyonnaise, et comme nous l’a confirmé le comédien grenoblois Colin Melquiond (dit Coco Mojito au plateau). Soit, sur scène en mode cabaret (avec bar ouvert pendant toute la représentation), des comédiens qui se transforment en drag-queens pour proposer une série de numéros en play-back sur différents morceaux tous interprétés par des femmes – Gloria Gaynor, Yma Sumac, Diam’s ou encore un improbable trio (dit "des secrétaires") composé de Dorothée, Jane Birkin et Karen Cheryl. Un choix de ne pas chanter en live à la base questionné par la troupe mais qu

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"Sac la mort" : Malédiction !

ECRANS | de Emmanuel Parraud (Fr., 1h18) avec Patrice Planesse, Charles-Henri Lamonge, Nagibe Chader…

Vincent Raymond | Mardi 14 février 2017

Pas de chance pour Patrice : il a marché sur un sac-la-mort, un de ces porte-malheur vaudous qui traînent sur les routes de la Réunion. Et voilà que tout semble se détraquer pour lui : famille, maison… Niveau amour et argent, ce n’était déjà pas florissant ; restent le rhum et les copains. Et encore ! Le réalisateur Emmanuel Parraud arpente ici le territoire du cinéma-vérité tel que le pratiquait Jean Rouch pour ce film élaboré en compagnie de ses interprètes, pour la plupart non-professionnels. S’il s’agit bien d’une fiction, elle est fortement "documentarisante", montrant de l’île toutes les problématiques (la dépendance quasi-atavique à l’alcool de canne et la violence subséquente ; la sujétion à la Métropole, Eldorado sublimé par les insulaires etc.), en maintenant quelques parenthèses d’humour absurde ou noir au milieu d’un cadre globalement dramatique. Il n’empêche que le caractère vernaculaire, pour ne pas dire folklorique, du film peut constituer un frein pour les spectateurs ne goûtant guère les palabres enivrés, les transes ensorcelées ni la superstition.

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Nowadays Records, alternative électronique

MUSIQUES | Collectif artistique français créé au début des années 2010, Nowadays Records rassemble une bonne douzaine de DJs et beatmakers, fédérés par un amour commun pour (...)

Damien Grimbert | Mardi 31 janvier 2017

Nowadays Records, alternative électronique

Collectif artistique français créé au début des années 2010, Nowadays Records rassemble une bonne douzaine de DJs et beatmakers, fédérés par un amour commun pour le hip-hop, la bass music, la pop, le funk et les musiques électroniques. Réunis dans un premier temps au sein de la série de compilations La Boulangerie de La Fine Equipe, les différents artistes du collectif ont progressivement peaufiné leurs compétences en live et en arts numériques, de manière à proposer sur scène un spectacle complet. Pour leur premier passage à Grenoble, ils seront représentés par Jumo, Douchka, Clément Bazin et le quatuor de La Fine Equipe au grand complet. Nowadays Party avec La Fine Equipe, Jumo, Douchka et Clément Bazin, à la Belle Electrique, le vendredi 3 février

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Avant Danny Boyle, les autres Steve Jobs sur écran

ECRANS | Alors que sort ce mercredi 3 février le très attendu "Steve Jobs" de Danny Boyle, retour sur la figure du boss d'Apple dans les films de cinéma ou de télévision, que ça soit dans des fictions ou des documentaires.

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Avant Danny Boyle, les autres Steve Jobs sur écran

Mélange de coups d’éclat, d’échecs cinglants, d’incessantes résurrections professionnelles et de drames personnels, la vie du fondateur d’Apple était de nature à inspirer les esprits romanesques – d’autant plus titillés par son culte maladif du secret et son art consommé d’une communication maîtrisée. Hollywood ne pouvait rester indifférent à cette poule aux œufs, ou plutôt aux pommes d’or. Le petit écran fut le premier à s’intéresser au phénomène avec Les Pirates de la Silicon Valley (1999) de Martyn Burke, tourné juste après le retour gagnant de Jobs aux manettes de la firme de Cupertino. Racontant sur un mode semi-drolatique l’émergence d’une nouvelle industrie, ce téléfilm se centre sur le portrait croisé des deux frères ennemis Bill Gates (Anthony Michael Hall) et Steve Jobs (Noah Wyle, le Dr Carter de la série Urgences). L’orignal apprécia tellement la performance qu’il invita Wyle à l’imiter à ses côtes, sur la scène de l’Apple Expo 2000. Jobs eut aussi droit à de nombreuses parodies ; la plus fameuse sous les traits de Steve Mobbs, patron de Mapple en 2008 dans l’épisode Les Apprentis Sorciers de la série

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La science des rêves de Boris Gibé et Florent Hamon

SCENES | Deux circassiens pour un spectacle inclassable entre nouveau cirque, théâtre, danse, arts plastiques, performance… Beau et prenant.

Aurélien Martinez | Mardi 5 janvier 2016

La science des rêves de Boris Gibé et Florent Hamon

Bienheureux sont ceux qui rêvent debout sans marcher sur leurs vies nous assurent Boris Gibé et Florent Hamon, artistes qui bossent ensemble depuis leur adolescence. Ici, on est donc loin du cirque démonstratif ; plus proche d’un art poétique riche en images. Riche en rêves même, comme l’évoque le titre. Des rêves qui, sur le plateau, sont autant de petits films, façon début du cinéma. Le travail sonore est à ce titre remarquable : de longues parties assez silencieuses, laissant l’ambiance étrange s’installer progressivement, avant que cette ambiance ne soit justement stoppée par une musique pop ou la voix d’un des deux interprètes. Comme dans nos rêves, quand on passe du coq à l’âne avec le plus grand naturel. Dans nos rêves où l’on croise aussi des créatures hybrides, matérialisées sur scène par le duo qui ne semble parfois ne faire qu’un – un animal à quatre jambes ici, à deux là… Dans un décor brut laissant place à l’imaginaire (un studio de cinéma abandonné ?), baigné de lumières étranges et jonché de papier journal, leurs corps incarnent différentes images : accélérées, ralenties, tournant en boucle… Celle, notamment, de la lutte contre un vent

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Les soirées de juin

MUSIQUES | Zoom sur cinq temps forts des nuits grenobloises.

Damien Grimbert | Mardi 2 juin 2015

Les soirées de juin

Adana Twins Pour fêter ses 18 années d’existence, le Vertigo a eu la bonne idée d’inviter le duo de Hamburg Adana Twins, qui nous avait déjà rendu visite au Bar MC2 il y a un peu plus de deux ans. Signés sur le très bon label berlinois Exploited Records, Take It Easy & Friso sont les auteurs d’une house volontiers deep et néanmoins redoutable d’efficacité, qui englobe toutes les caractéristiques du son berlinois (propre, léché, minimaliste), mais sait également s’ouvrir à des influences plus souples à l’occasion, le duo cultivant en parallèle un amour de longue date pour les sonorités groove, funk, hip-hop et tropical. Les 10 ans du Vertigo avec Adana Twins, vendredi 12 juin au Vertigo

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Gibraltar

ECRANS | De Julien Leclercq (Fr, 1h53) avec Gilles Lellouche, Tahar Rahim, Riccardo Scamarcio…

Christophe Chabert | Jeudi 5 septembre 2013

Gibraltar

Avec à son passif un film de SF épouvantable (Chrysalis) et un tract de propagande pour le GIGN (L’Assaut), il y avait de quoi redouter le troisième long-métrage de Julien Leclercq. D’autant plus qu’il s’est associé avec Abdel Raouf Dafri, scénariste surcoté de Mesrine et de la saison 2 de Braquo. La (relativement) bonne surprise de Gibraltar, c’est que tous deux optent pour un traitement sobre et rigoureux de leur sujet : la descente aux enfers d’un patron de bar criblé de dettes qui accepte de jouer les indics pour les douanes françaises sur le rocher de Gibraltar, plaque tournante du trafic de drogue. Pas d’"enculé" à toutes les répliques, ni de découpage frénétique de l’action, mais un film dossier qui tente de raconter simplement cette histoire vraie et de dénoncer au passage l’hypocrisie et la lâcheté du pouvoir. On se croirait face à un vieil Yves Boisset ou à un Verneuil période 70 passé au tam

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Incertain regard

SCENES | NOUVEAU CIRQUE/ Portés par une scénographie ingénieuse digne d’une boîte à magie géante, Boris Gibé et Camille Boitel ont imaginé un spectacle ambitieux et surprenant qui se joue des perspectives. Aurélien Martinez

François Cau | Mercredi 26 octobre 2011

Incertain regard

Curieuse proposition que ces Fuyantes. Puisqu’il faut la mettre dans une case, celle un brin fourre-tout du nouveau cirque convient… bien qu’elle soit terriblement réductrice. Car la force de ce spectacle est justement d’arriver à mettre en place son univers propre au croisement des arts (cirque, danse, théâtre, art plastique, art numérique…), sans qu’aucun ne prenne le pas sur les autres. Aux manettes de cet ovni, on retrouve Boris Gibé et Camille Boitel. Le premier a fondé en 2004 la cie Les Choses de Rien, pour travailler « sur la danse acrobatique, l’exploration aérienne, le théâtre corporel, la manipulation d’objets ». Des expérimentations qui parlent évidemment au second, lauréat en 2002 de la première édition de l’opération Jeunes talents cirque que le public grenoblois a découvert la saison dernière à la MC2 avec le sidérant L’immédiat. Deux artistes atypiques donc, dont la collaboration, attendue, ne pouvait donner que quelque chose de riche. Juste une illusion d’optique Dans un monde déshumanisé et quasi-robotisé, cinq êtres semblent condamnés à errer sans repères tangibles. Cette idée prend rapidement forme grâce à une scénographie impressionnante (e

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Les illusionnistes

SCENES | La saison passée, Camille Boitel avait enchanté le public de la MC2 avec L’Immédiat, spectacle pensé dans les moindres détails où l’enchaînement d’évènements a (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Les illusionnistes

La saison passée, Camille Boitel avait enchanté le public de la MC2 avec L’Immédiat, spectacle pensé dans les moindres détails où l’enchaînement d’évènements a priori anodins menait à des réactions en chaîne rocambolesques. Pour son retour dans l’agglo, cette fois-ci à l’Hexagone début novembre, il s’associe à Boris Gibé : l’homme a créé en 2004 la compagnie Les Choses de Rien, pour y développer « un univers bricolé, intime et propice à l’émotion, en utilisant un vocabulaire basé sur la danse acrobatique, l’exploration aérienne, le théâtre corporel, la manipulation d’objets » (extrait de son site internet). Ensemble (Boitel à la mise en scène, Gibé à la conception / scénographie), ils proposeront Les Fuyantes, création qui se veut comme un jeu sur les perspectives et les illusions d’optique pour guider le spectateur dans une déconstruction de ses repères en lui proposant un nouvel angle d’observation. On ira voir ce spectacle avant sa venue à Meylan pour tout vous dire au moment venu.

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Le Complexe du castor

ECRANS | De et avec Jodie Foster (ÉU, 1h45) avec Mel Gibson…

François Cau | Vendredi 20 mai 2011

Le Complexe du castor

Sur le papier, Le Complexe du castor a tout de la fausse bonne idée, le genre d’argument zozo pondu par un scénariste allumé qui aurait eu la chance d’intéresser deux stars hollywoodiennes (Jodie Foster derrière la caméra, Mel Gibson devant). On y voit un chef d’entreprise au bout du rouleau rater son suicide, puis trouver comme solution pour renouer le contact avec le monde de s’exprimer par le biais d’une marionnette, un castor trouvé dans une poubelle qui dit tout haut ce que son double de chair n’ose même plus penser tout bas. Si le film est en effet platement mis en scène, s’il se perd dans des sous-intrigues totalement inutiles (la love story du fils avec une ado à problème : on s’en fout), Foster réussit à éviter l’écueil du feel good movie par une noirceur dépressive qu’elle refuse à chasser, même dans une dernière partie qui n’a rien de rassurant. L’autre point fort du film, c’est Mel Gibson. L’acteur s’en tire plutôt bien, notamment dans la pantomime physique qu’il doit inventer avec sa marionnette. Mais surtout, Le Complexe du castor est autant un film sur Mel Gibson qu’avec Mel Gibson. Les déboires privés et publics du comédien-réalisateur ce

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