Léonore Boulanger entre chant et expérimentations

MUSIQUES | Samedi soir, une certaine idée de la chanson française sera défendue à la Casse.

Damien Grimbert | Mardi 16 juin 2015

Photo : Laurent Sériès


Pendant longtemps regardé avec défiance par les amateurs de musiques non formatées, le domaine de la chanson française s'est vu investir ces dernières années par toute une flopée de groupes et de labels aussi passionnés que passionnants, bien déterminés à en exploser les codes les plus surannés pour mieux la transformer en support propice à toutes les expérimentations. Une nouvelle scène encore largement méconnue sur laquelle l'asso Après le Chaos, toujours à l'affût de propositions artistiques alléchantes, a décidé de mettre un coup de projecteur bienvenu, par le biais d'un concert réunissant trois groupes différents ce samedi 20 juin à la Casse (« un atelier de création et d'artisanat grenoblois géré par l'association KRILL »).

L'occasion de découvrir, aux côtés des poèmes tristes et bruyants de Bégayer et des compositions intimes spectrales de Hiboux, les chansons primitivistes et expressionnistes de Léonore Boulanger (en photo), jeune « weirdo » talentueuse et érudite affiliée au label Le Saule, qui convoque au sein de son étrange patchwork musical un curieux folklore où s'entrecroisent glossolalies, chants perses, poésie sonore, musiques traditionnelles d'Asie centrale et d'Afrique ou encore influences oulipiennes.

Damien Grimbert


Léonore Boulanger + Hiboux + Bégayer

Poèmes sonores
La Casse 17 rue Elie Cartan Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Loup Uberto, explorateur atemporel

MUSIQUES | Présentation d'albums (3/3) : si vous êtes en manque de bonne musique, le Petit Bulletin vous aide à y entendre clair. Parmi nos propositions : le boulot de Lou Uberto.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Loup Uberto, explorateur atemporel

Artiste singulier, actif aussi bien en solo qu’en duo aux côtés de Lucas Ravinale, en trio au sein du groupe Bégayer, voire en quatuor au sein de Sourdurent, Loup Uberto fait partie de ces musiciens qui semblent, et on s’excuse d’avance pour la platitude de la formule, plus intéressé par le chemin que par l’arrivée. Ce qui se ressent de manière particulièrement vive au sein de son dernier album solo, Racconto Artigiano, sorti début avril sur le label Le Saule. Présenté comme « l’abrégé d’un ensemble de tentatives sur matériaux divers » (téléphones mobiles, percussions, transistors radios court-circuités, limiteurs informatiques, clarinette, chants médiévaux et populaires d’Italie du Nord), ce nouvel album hautement aventureux et expérimental, nécessite une bonne dose de curiosité pour être apprécié à sa juste valeur. Ce qui ne le rend pas inaccessible pour autant : nul besoin de longues années en musicologie pour rentrer dans la transe brute, païenne et volontiers déroutante de l’artiste. Il n’est pas interdit d’apprécier, en sus, sa capacité rare à abolir l’habituelle et un peu usante hiérarchie entre instruments « nobles » et objets d’usage courant détournés

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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PB d'or 2018 : musique

C'était 2018... | Avec des musiciens du coin, un festival ou encore des associations locales.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : musique

Le PB d’or de la meilleure reprise de l’année : "Elle a les yeux revolver" par M-O-R-S-E C’est de loin l’un des morceaux qu’on a le plus écouté en boucle ces derniers mois – alors qu’on n’est pourtant pas spécialement fans de l’original. Porté par une maîtrise parfaite de l’autotune et une mélancolie prégnante, la reprise par le Grenoblois M-O-R-S-E du tube 80’s de Marc Lavoine nous a plongés dans un état de béatitude totale, au même titre d’ailleurs que les autres chansons de son excellent premier album Apathique, sorti à l’automne sur le label Cindys Tape. Le PB d’or du festival qui a enfin trouvé sa formule idéale : Jour & Nuit Une programmation musicale vaste, pointue et foisonnante à même de satisfaire tous les publics

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Talweg et Mesa of the Lost Women : autant en emporte le bruit

Concert | Les deux groupes français seront au 102 dimanche 9 décembre. Un concert qui va envoyer du lourd !

Damien Grimbert | Mardi 4 décembre 2018

Talweg et Mesa of the Lost Women : autant en emporte le bruit

Retour aux affaires pour l’équipe de l'association grenobloise Après le chaos, toujours à l’origine de propositions musicales passionnantes et défricheuses à défaut d’être systématiquement accessibles au plus grand nombre (c’est un peu le revers de la médaille). Actuellement en tournée commune, Talweg (en photo) et Mesa of the Lost Women, les deux groupes français réunis pour le concert de cette semaine au 102, partagent ainsi un goût affirmé pour les franges les plus extrêmes de la constellation métal, dont ils délivrent une forme improvisée à la fois dépouillée, bancale et volontiers expérimentale, définitivement débarrassée de tout artifice folklorique extra-musical. À la trappe, donc, rites païens, cultes macabres, maquillages cadavériques et forêts norvégiennes enneigées battues par le vent : on évolue de fait ici dans des territoires purement soniques, plus proches de courants mitoyens comme la noise bruitiste ou le free jazz le plus radical que des classiques du genre. Mais plus concrètement, une fois sorti du petit jeu des étiquettes forcément réductrices, on a surtout affaire à une forme de catharsis sonore primitive, chaotiqu

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Errances musicales à la Bastille avec Bégayer

Concert | Rendez-vous samedi 20 octobre.

Damien Grimbert | Mercredi 17 octobre 2018

Errances musicales à la Bastille avec Bégayer

C’est rien de moins qu’un triple retour qui nous attend ce samedi 20 octobre à 20h30. Celui des concerts au Centre d’art Bastille tout d’abord, cadre aussi singulier qu’idéal pour accueillir des groupes musicaux aux horizons différents. Celui de l’association Plege ensuite, de retour aux affaires après une longue pause estivale. Et celui de Bégayer enfin (photo), trio alternatif unique en son genre qui viendra dévoiler ses « tristes poèmes bruyants » à l’occasion de la sortie de son très attendu premier album Terrain à mire. Une maison rétive. Contrainte par le toit, coproduit par Les Disques Bongo Joe et le label Le Saule. On ne peut malheureusement pas vous en dire beaucoup plus au stade actuel (seul deux des neuf titres de l’album ont été dévoilés à l’heure où l’on écrit ces lignes), si ce n’est qu’au vu des précédentes prestations du groupe, et de la très bonne formation pop folk qui les accompagne pour l’occasion (les Lyonnais de GHST), tout ça s’annonce sous les meilleurs augures.

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Cuntroaches : concentré de brutalité

Concert | Le trio noise punk allemand sera dimanche 15 avril à Grenoble.

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

Cuntroaches : concentré de brutalité

Il y a parfois des a priori qu’il ne faut pas hésiter à confronter, sous peine de rater de belles découvertes. Prenez le cas des Cuntroaches par exemple, de passage dimanche 15 avril à la B.A.F. aux côtés du duo de power electronics suisse Tzitzimime et à l'invitation de l'asso Après le chaos. Sur le papier, un trio noise punk, venu de Berlin, comme il en existe déjà tant d’autres, pas forcément de quoi s’exciter démesurément. Mais, à l’écoute de leur EP introductif, une déflagration sonore d’une vitalité et d’une radicalité sans commune mesure, du genre qu’on ne découvre que bien trop rarement de nos jours. Violente, extrême, bruyante, chaotique, énergique, primitive et surtout sacrement inspirée, la musique quasi grindcore du trio fait l’effet d’une grande claque salutaire au sein d’une scène alternative qui se regarde parfois trop tourner en rond. Et on n'a absolument aucun doute sur sa capacité à décupler encore d’intensité en live. <a data-cke-saved-h

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Gordon Ashworth au royaume de l’expérimental

MUSIQUES | En concert à la Casse ce samedi, l'Américain est l'auteur de créations sonores abstraites d'une beauté fascinante.

Damien Grimbert | Mardi 3 novembre 2015

Gordon Ashworth au royaume de l’expérimental

Année après année et concert après concert, la valeureuse association Après le Chaos ne cesse de faire reculer par ses choix de programmation audacieux les limites de notre curiosité. Prenez le concert de ce samedi à la Casse par exemple : sa principale tête d’affiche, le musicien expérimental de Portland Gordon Ashworth, est l’auteur de plages sonores abstraites infiniment séduisantes dans lesquelles s’entrelacent instruments à cordes, "field recording" (captation d’ambiances sonores dans différents lieux) et travail sur bandes magnétiques. The One You Love & Cannot Trust by Gordon Ashworth Une méthodologie hors des sentiers battus qui donne naissance à de subtiles et fascinantes créations sonores aux confins du drone, du folk traditionnel américain, de la musique concrète et du noise abstrait. Et s’avère in fine à même de convaincre tout un chacun. Gordon Ashworth + Panos Alexiadis + Jérôme Noetinger + Cyril M, samedi 7 novembre à 20h à la Casse

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Nuit Noire et Satan : incantations lo-fi

MUSIQUES | Invités sur scène par l'asso Après le Chaos, Nuit Noire et Satan abolissent les frontières entre punk et métal.

Damien Grimbert | Vendredi 17 juillet 2015

Nuit Noire et Satan : incantations lo-fi

Dernier concert de la saison pour l’irréprochable asso Après le Chaos, qui proposera ce samedi à la Baf un plateau réunissant sur scène les irréductibles, énergiques et bruyants Satan, dont on a déjà eu plus d’une fois l’occasion de vous vanter les mérites dans ces pages (jetez-vous si ce n’est déjà fait sur L’Odeur du Sang, leur dernier album en date sorti au printemps), et le « one-man-band fairy black métal » Nuit Noire. Formé en 1997 à Toulouse par une chaude nuit d’été, Nuit Noire commence sous la forme d’un duo black-métal composé de deux frères, Tenebras et Akhron. Après le départ d’Akhron en 2003, le groupe continue un temps avec la contribution d’un nouveau batteur, Nicoblast, avant de se transformer à partir de 2012 en one-man band sur scène. Musicalement, la formation évolue également avec le temps, oscillant progressivement vers un son plus proche du punk et du post-punk, sans jamais abandonner vraiment pour autant ses influences black-métal originelles. Auteur au fil des années d’une discographie pléthorique (près d’une vingtaine de sorties, et on

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