Mdou Moctar : futurisme touareg

MUSIQUES | Le guitariste fait entrer le blues touareg de ses aînés dans l'ère 2.0. Brillant.

Damien Grimbert | Mardi 3 novembre 2015

Photo : Sahel Sounds


On commence à vous connaître, vous êtes du genre à qui on le ne la fait pas. Alors quand on vous parle d'un bluesman touareg prodige originaire du désert du Niger, tout de suite vous pensez à Tinariwen, à Bombino ; vous vous croyez en terrain connu. Sauf que le cas de Mdou Moctar est un peu différent.

Nettement plus jeune que ses glorieux aînés, le guitariste s'est en effet d'abord fait connaître en enrichissant ses compositions psychédéliques d'une boîte à rythmes et d'un usage pour le moins surprenant de l'autotune, cette technique de modification de la voix si prisée dans le raï et la pop globalisée. Et avant de sortir sur disque, Anar, son premier album enregistré en 2008, s'échangeait avant tout sur les téléphones portables des jeunes de sa région.

Repéré par l'ethnomusicologue de Portland Christopher Kirkley, boss de l'excellent label Sahel Sounds, Mdou Moctar se fait ainsi connaître du public occidental par sa présence sur la fabuleuse compilation Music From Saharan Cellphones. Suivront ensuite l'album live Afelan en 2013, sa première sortie internationale, une réédition au format vinyle d'Anar en 2014, et en début d'année la bande son d'Akounak Tedalat Taha Tazoughai, un premier film autoproduit en langue touareg inspiré du mythique Purple Rain de Prince, dans lequel Mdou Moctar tient (quasiment) son propre rôle. Si avec tout ça votre curiosité n'est pas aiguisée, on ne sait plus quoi faire pour vous.

Mdou Moctar, vendredi 6 novembre à 20h30 à la Bobine


Mdou Moctar

Blues rock touareg
La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Les dix concerts immanquables de l'automne

MUSIQUES | Il y aura du monde les prochains mois dans les différentes salles de l'agglo grenobloise, dont beaucoup de très bons musiciens. Comme Jay Jay Johanson, Kraftwerk, Christophe, The Jon Spencer Blues Explosion, Socalled...

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 septembre 2015

Les dix concerts immanquables de l'automne

Jay Jay Johanson « Hey ! Content de te voir, ça va Jay Jay ?! » Toujours bof apparemment à en croire la pochette d'Opium et son contenu. Jay Jay, ça va tellement que lors d'une interview sur France Culture, à la journaliste qui fait le bilan de sa carrière « Alors, vous avez 45 ans... », il répond sans rire « non j'en ai 50 » – alors qu’en fait, il en a 45. Bon. Mais Jay Jay, ça va tellement qu'il a sorti cette année – à 50 ans bientôt 68, donc, ne le contredisons pas – son dixième album studio en un peu moins de 20 ans. Sur la période, le Suédois aura à peu près tout fait, y compris s'afficher en Bowie capillairement attenté sur un disque qui flirtait parfois avec la grande époque de Steph de Monac' (Comme un ouragan, donc). Mais Jay Jay, ça va tellement, donc, qu'il nous revient avec un truc bien opiacé qui semble regarder directement dans le verre de Whiskey qu'il nous avait servi en 1996 et nous l'avait révélé en Chet Baker efflanqué aux cheveux blonds et à l'âme bleue faisant le sexe avec Portishead : une sorte de trip-hop jazz comme on aurait même plus l'idée d'en écouter en 2015, n'était

Continuer à lire