Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

MUSIQUES | Avec "NQNT" et "NQNT 2", Vald, de passage cette semaine par la Bifurk, confirme qu'il est le rappeur le plus cramé et le plus futé de sa génération.

Benjamin Mialot | Mardi 17 novembre 2015

Vald n'est pas un génie. Il s'en défend à longueur d'interviews, retranché derrière quatre lettres : "NQNT", pour "Ni queue ni tête", équivalent j'm'enfoutiste et prêt-à-"brander" du "no reason" de Quentin Dupieux. Mais il est assurément un petit malin. Pour preuve, la manière, elle aussi volontairement contradictoire, dont il a orchestré la promo de NQNT 2 – qui fait suite à un EP et une poignée de mixtapes.

Selfie, portrait d'une jeune fille à la sexualité lycanthropique (girlfriend bien sous tout rapport le jour, elle devient une bête masochiste la nuit), a été promu par trois clips plus ou moins explicites, tournés avec la complicité des pornstars Ian Scott et Nikita Belluci – le plus hard étant diffusé sur la plate-forme de partage de vidéos pas du tout "safe for work" Pornhub. Même tarif pour Urbanisme, description à double tranchant des évolutions de la vie de quartier qu'illustrent trois plans-séquences quasiment identiques et anti-spectaculaires au possible – on le voit acheter des clopes et peiner à en allumer une. "Trolling" marqueté ou délire arty ? Dans les deux cas, la frontière est aussi poreuse que les vertèbres de JFK.

Tout un poème

Tout le projet de ce gamin d'Aulnay-sous-bois est de ce calibre : partagé entre insolence et bon sens, sottise à froid et vulgarité à chaud, détachement old school et vénalité "trap", qu'il glose l'air de rien sur le sentiment d'abandon par les élites politiques (Shoote un ministre), le culte de l'apparence (Selfie) ou la déréalisation de la violence (le burlesque Bonjour, à propos d'un mec qui se fait bastonner en réponse à son impolitesse).

C'est justement cette ambiguïté permanente, secret d'une Poésie moderne​ qu'il pousse encore plus loin que son modèle Alkpote, qui fait de lui un cas (social) à part dans le petit monde des rappeurs blancs. Quand bien même il prend un malin plaisir à planquer sa technique sous une bonne couche de nonchalance – comme Fuzati. Quand bien même il n'aime rien tant qu'à observer l'avilissement de la jeunesse occidentale – sauf qu'à la différence d'Orelsan, il n'en fait jamais un gimmick. Et quand bien même Eminem, dont il pourrait être le fils caché, si la science et la loi permettaient à ce dernier de se reproduire avec P'tit Quinquin de la série de Bruno Dumont, fut le premier à concilier avec un tel naturel agressivité sociologique et bonhomie pop.

À défaut d'avoir choisi cette famille, Vald, en sa qualité d'autiste autoproclamé (l'autisme étant, pour rappel, un trouble du développement qui, dans de rares cas, se double d'une excellence créative connue sous le nom de Syndrome du savant – CQFD) s'en est émancipé en un clin d'œil torve (à peine trois ans de carrière). Jusqu'où ira-t-il ?

Vald + La Smala + Illspokinn + Projay, jeudi 19 novembre à 20h30 à la Bifurk


Vald + La Smala + Illspokinn + Projay - COMPLET


La Bifurk 2 rue Gustave Flaubert Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" : Gavalda remix

ECRANS | De Arnaud Viard (Fr., 1h29) avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette, prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte, Mathieu, employé timide, et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile… En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions de lecteurs (voire adulateurs) de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est-à-dire forcémen

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"La Rose et la hache" : soudain, Ariel Garcia-Valdès

Théâtre | Le metteur en scène Georges Lavaudant reprend son spectacle culte créé à Grenoble en 1979. Avec toujours le fascinant Ariel Garcia-Valdès dans le rôle-titre de Richard III. À (re)découvrir à la MC2 jusqu'au samedi 17 novembre.

Aurélien Martinez | Lundi 12 novembre 2018

Un acteur à la puissance magnétique : voilà comment l’on pourrait qualifier Ariel Garcia-Valdès en sortant de l’heure passée en sa compagnie grâce à La Rose et la hache. Un spectacle mythique qui a vu le jour en 1979 et que le metteur en scène et ancien directeur de la MC2 (du temps où elle s’appelait Maison de la culture) Georges Lavaudant a décidé de reprendre pour les 50 ans de cette même MC2. Ou comment le monstre shakespearien qu’est Richard III, revu ici par le dramaturge italien Carmelo Bene, accéda au pouvoir en tuant tous ceux qui lui barraient le chemin, et en premier lieu les membres de sa famille. Richard III, sur scène, c’est donc Ariel Garcia-Valdès, qui ne fait qu’un avec le personnage monstrueux tant physiquement que moralement. À ses côtés, quatre comédiens (dont Lavaudant lui-même) se répartissent les autres rôles de cette tragédie de poche donnée dans une scénographie glaçante – une table couverte de verres de vin (ou plutôt de sang). On comprend alors po

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30 concerts (oui, 30) pour un automne musicalement parfait (et varié)

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, de la sono mondiale ; voire même, parfois, tout ça à la fois. Et des stars comme des révélations.

La rédaction | Vendredi 21 septembre 2018

30 concerts (oui, 30) pour un automne musicalement parfait (et varié)

The Mauskovic Dance Band Après un premier passage remarqué en février dernier au sein de l’explosive formation Altin Gün (qui rend hommage à la scène folk-rock psychédélique turque des années 1970), le talentueux producteur et multi-instrumentiste hollandais Nicola Mauskovic est de retour à la Bobine pour présenter cette fois son projet collaboratif Mauskovic Dance Band. Mêlant synthés et bongos, cumbia et space disco, rythmes afro-caribééns et no-wave dans un grand tourbillon psychédélique, ce projet né en studio puis développé sous la forme d’un véritable live-band risque fort de faire tourner les têtes ! À la Bobine jeudi 4 octobre Feu! Chatterton Comme on l'avait écrit, quelque peu estomaqués, il y a deux ans, le groupe Feu! Chatterton,

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Vald sera en concert au Summum en novembre

Annonce | C’est l’un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 18 juillet 2018

Vald sera en concert au Summum en novembre

C’est l’un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à la Bifurk, en 2016 au festival Magic Bus, en 2017 dans une Belle électrique pleine à craquer. Et, dans quelques mois, dans un Summum qui devrait être chaud bouillant vu le personnage et son investissement scénique. Celui qui emmène le rap français vers l’absurde tout en le prenant très au sérieux (comme on l’avait longuement expliqué dans un précédent papier) est ainsi attendu le samedi 10 novembre dans l’immense salle de concert grenobloise avec, dans ses bagages, les nouveaux morceaux de son album XEU sorti en février, et bien sûr ses tubes qui lui collent à la peau – Bonjour, Selfie, Eurotrap…

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"Et mon cœur transparent" : clair-obscur de femme

ECRANS | de Raphaël et David Vital-Durand (Fr., 1h26) avec Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Le taciturne Lancelot a quitté sa première épouse pour vivre au côté de la sculpturale Irina des plaisirs volcaniques à peine interrompus par les escapades professionnelles de la belle. Un jour, Irina meurt dans un accident de la route. Assommé, Lancelot découvre alors sa vie cachée… Les frères Vital-Durand ont pris leur temps pour passer des courts au long. Sans doute trop. Résultat : ils appliquent des recettes esthétiques ayant fait leur gloire il y a vingt ans bien tassés dans la pub et le clip – où, en général, une intuition plastique reposant sur une image saturée ou polarisée, doublée d’une grande maîtrise formelle ainsi que d’un ou deux clichés, peuvent compenser toutes les fragilités d’une structure narrative défaillante. Avec leur goût pour les belles optiques et les vastes décors déserts, ils auraient pu tirer vers l’arty étrange façon Jérôme Salle, voire le fantastique malsain de Jean-Pierre Mocky, le roman de Véronique Ovaldé dont ils signent ici l’adaptation. Hélas, ils semblent avoir préféré explorer une autre voie, s’enlisant quelque part entre le sentimentalisme flasque et le polar atone, que de grands coups de ralentis peinent à dynamiser. E

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"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

Théâtre | La compagnie grenobloise les Gentils va reprendre sa création à succès du mardi 19 au jeudi 21 décembre au Théâtre 145. Et c'est immanquable.

Aurélien Martinez | Lundi 11 décembre 2017

C’est le spectacle le plus fédérateur de la compagnie théâtrale grenobloise les Gentils, répondant au doux nom de Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi. Soit six comédiens qui, sur scène et accompagnés d’un (excellent) pianiste, tissent une histoire en interprétant (plus ou moins bien – c’est d’ailleurs ce que fait le charme de l’aventure) différents vieux morceaux français au canevas très narratif – Annie Cordy qui, dans Six Roses, ne comprend pas le surnom (cirrhose) qu’on lui a attribué ; Tino Rossi qui, dans Écris-moi, vocalise tout son amour ; les Frères Jacques qui, dans Le Complexe de la truite, narrent les aventures d’une jeune fille découvrant les plaisirs de la chair… Une sorte de comédie musicale déglinguée que la troupe guidée par son metteur en scène Aurélien Villard avait un peu délaissée depuis sa création en 2012 et le grand nombre de représentation qui avait suivi, pour développer d’autres projets ; mais qu’elle a finalement décidé de reprendre au Théâtre 145 pour trois dates exceptionnelles (du mardi 19 au jeudi 21 décembre), avant une possible nouvelle tournée. Un conseil d’amis : si vous ne l’ave

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Vald : l’interview vérité (ou presque)

Rap | Troisième passage grenoblois en un peu plus de deux ans pour le phénomène Vald, qui emmène le rap français vers l’absurde tout en le prenant très au sérieux – comme le prouve son premier album "Agartha" sorti en janvier. Avant sa venue à la Belle électrique, on avait donc plein de choses à lui demander : on a une nouvelle fois harcelé ses managers pour obtenir une interview. Échec, même si on y a cru jusqu’au dernier moment… Alors, têtus que nous sommes, on a lu nos confrères pour avoir les réponses à nos questions. Merci à eux.

Aurélien Martinez | Mardi 7 mars 2017

Vald : l’interview vérité (ou presque)

Samedi 21 mai 2016, sur l’esplanade de Grenoble dans le cadre du festival Magic Bus. Milieu de soirée. Une foule très jeune se presse devant la scène pour admirer Vald, sensation rap du moment. 23 ans à l’époque, seulement quelques années de pratique dans le rap, et pourtant un succès fou grâce à des morceaux comme Bonjour (sur un type qui « a pas dit bonjour, du coup il s'est fait niquer sa mère ») ou Selfie et son refrain mièvre tranchant avec des couplets hypersexuels. « Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game » écrivait-on en novembre 2015 lors de son premier passage grenoblois à la Bifurk (à guichets fermés). Une dose à l’efficacité redoutable pour le public de l'Esplanade, qui connaissait ses principaux titres sur le bout des doigts, n'hésitant pas à joyeusement s'époumoner avec lui sur les refrains.

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"Agartha" : combo gagnant pour Vald

MUSIQUES | Zoom sur le premier album que le rappeur viendra défendre sur la scène de la Belle électrique dimanche 12 mars.

Damien Grimbert | Mardi 7 mars 2017

Possesseur d’un univers foisonnant aux multiples points d’entrée, Vald a su parfaitement capitaliser sur cette versatilité pour, ces dernières années, s’intégrer dans l’univers en perpétuelle mutation du rap français. En caméo aux côtés de Sofiane et Kalash Criminel, en featuring sur la dernière mixtape d’Alkpote, en invité surprise sur les plateaux télé ou à l’affiche du dernier festival Magic Bus : il est ainsi l’un des rares rappeurs à toucher simultanément des auditoires que rien ne semblait pouvoir rapprocher. D’où l’ampleur du défi à relever avec la sortie d'Agartha, son très attendu premier album. Réussir à séduire les différentes franges de son public tout en restant cohérent, affirmer la singularité de son univers tout en gardant une dynamique évolutive… Autant dire que la partie n’était pas gagnée d’avance. Premier constat à l’écoute, Vald a littéralement bétonné la partie technique. En charge d’une bonne partie des productions, Seezy et DJ Weedim ont construit un écr

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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Magic Vald

MUSIQUES | Le festival Magic Bus revient à l’Esplanade de Grenoble vendredi 20 et samedi 21 mai. Avec notamment Vald, rappeur qui préfère « qu’on le prenne pour un taré que pour un génie ».

Aurélien Martinez | Mardi 17 mai 2016

Magic Vald

« Vald est mégasaoulé par les phoners, il oublie une fois sur deux d’appeler les gens. » Dommage monsieur d’Universal avec qui on parlait par mail, car on aurait beaucoup aimé interviewer celui qui injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game comme on l’écrivait en novembre lors de son premier concert grenoblois – à guichets fermés en plus. On se contentera à défaut de réécouter en boucle ses morceaux volontairement trashs (« Elle aimerait bien s’faire violer, enfin pas vraiment violer / Elle aimerait que j’la violente, que j’la casse sans demander​ » sur le conte moderne Selfie) ou parfaitement incongrus (« Il a pas dit bonjour, du coup il s'est fait niquer sa mère » sur Bonjour). Et de relire les interviews accordées à nos confrères – « Je préfère qu’on me prenne pour un taré que pour un génie » comme il le déclarait aux Inr

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Les projets des Gentils en cours

SCENES | « Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les projets des Gentils en cours

« Un jour, Lucie Duriez [la directrice de l’Espace 600] nous a dit que les Gentils, c’était comme La Comédie humaine de Balzac : une grande fresque qui se déclinerait en plein de spectacles. C’est ça, oui ! Du coup, peut-être que dans trois ans, on verra la galette, le Brésilien ou l’ange [des personnages de La Carriole – NDLR] passer dans un autre spectacle. On va créer une grande famille. » (Aurélien Villard) La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi On en a déjà parlé 1258 fois, toujours en des termes on ne peut plus élogieux. On l’a déjà vue de nombreuses fois, si bien que l’on connaît maintenant les chansons par cœur – le CD édité par la compagnie nous a aussi aidés. Oui, cette Carriole est l’un des spectacles "made in Gre" (enfin, "made in Saint-Antoine-l’Abbaye") les plus enthousiasmants de ces dernières années, avec surtout des comédiens excellents, dont certains ont d

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Les Gentils, petits plaisirs entre amis

SCENES | Bienvenue dans le monde déjanté des Gentils, jeune compagnie iséroise adepte d’un théâtre généreux, non intimidant et très drôle fait avec à peu près tous les matériaux textuels possibles – dont beaucoup de chansons. À l’occasion de son passage par Eybens avec "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", sa plus grande réussite, zoom sur l’une des bandes d’acteurs les plus enthousiasmantes du moment. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Les Gentils, petits plaisirs entre amis

Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de la compagnie des Gentils. À Grenoble et dans l’agglo d’abord : du côté de l’Espace 600, salle qui leur a très vite ouvert les portes ; d’Eybens, une ville qui commence à bien les aimer, de Saint-Égrève où ils sont attendus en avril… Et en dehors de l’Isère aussi : du côté de Lyon où un grand théâtre jeune public (le TNG) leur a donné de beaux moyens l’an passé, d’Avignon cet été pendant le fameux festival, de plusieurs autres villes (Saint-Étienne, Macon, …) où ils sont programmés dans d’importants théâtres. Oui, pour les Gentils, ça commence à bien marcher même si, comme dirait l’autre, nul n’est prophète en son pays : il est par exemple assez dingue de constater que, finalement, très peu de professionnels grenoblois de la culture connaissent cette compagnie à qui l’on avait pourtant décerné l’an passé le "PB award" du meilleur espoir théâtral ! En même temps, pas sûr que le statut de prophète intéresse tant que ça Aurélien Villard et toute sa petite bande. « Populaire et

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

Notre sélection de Noël

Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

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C’est gentil chez eux

SCENES | En une de ce numéro panorama, une photo extraite de "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", excellent spectacle de la compagnie grenobloise Les Gentils, tout en chant, en humour et en poésie. L’un des temps forts de cette saison 2014 / 2015. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

C’est gentil chez eux

En décembre dernier, dans notre traditionnel numéro bilan de fin d’année, nous décernions le Petit Bulletin award du meilleur espoir théâtral à la compagnie grenobloise les Gentils. 2013/2014 a ainsi véritablement été la saison du décollage pour la jeune troupe d’Aurélien Villard, grâce à son spectacle La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui, après un beau festival d’Avignon cet été, continue son bonhomme de chemin dans des salles de plus en plus grandes – l’Opéra-théâtre de Saint-Étienne, le TNG de Lyon, la scène nationale de Macon... Et, pour cette saison, deux passages par des théâtres de l’agglo grenobloise aux jauges conséquentes : l’Odyssée d’Eybens et la Vence scène de Saint-Égrève. Avant, on l’imagine, une tournée encore plus grande, le spectacle étant une réussite locale qui fait plaisir à voir. Notre cœur fait boum Toujours animé par l’esprit de troupe qui le guide depuis ses débuts il y a sept ans, par son envie de fair

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Awards 2013 théâtre

SCENES | L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 19 décembre 2013

Awards 2013 théâtre

L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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Made in Grenoble

SCENES | Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Made in Grenoble

Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye avec sa Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi (photo), cabaret déjanté et volontairement désuet. Sur les extraits vidéo que l’on a pu découvrir, on a retrouvé tout l’esprit Do it yourself de ces saltimbanques poétiques au sens de l’humour affuté. À noter que plusieurs autres artistes de la scène grenobloise seront présents à Saint-Antoine : le politique Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies, avec son repas-spectacle kafkaïen Nous sommes tous des K ; la metteuse en scène jeune public Émilie Le Roux avec sa création Contre les bêtes, en collaboration avec le chanteur Xavier Machault, le tout sur un texte de Jacques Rebotier ; ou encore la très cérébrale

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