Panteros666 : « En musique, je suis polygame »

MUSIQUES | Passionné de musiques club comme de sonorités plus expérimentales, fasciné par les nouvelles technologies et la cyberculture, Panteros666 du collectif Club Cheval est avant tout un artiste généreux et exalté par le futur. Interview avant son DJ-set de vendredi au Vertigo. Par Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mercredi 2 mars 2016

Photo : Emma Le Doyen


Vous avez une approche de la musique très décloisonnée, pas du tout hiérarchisée…

Panteros666 : En fait, j'ai commencé la musique à sept ans par la batterie et j'ai tellement été baigné dans l'académisme depuis le début que vers 14/15 ans, j'en ai eu marre de cet univers fermé et j'ai envoyé tout valdinguer. On bossait des morceaux vraiment pas fun, très techniques, qui étaient centrés sur la performance, la virtuosité et les nuances. Mais pour moi, la qualité musicale ne venait pas de là, je cherchais autre chose. Du coup, j'ai commencé à m'autoformer en écoutant de la jungle, et plein de trucs qui étaient fait par des boîtes à rythmes… J'en avais marre des humains qui jouaient de la musique !

Vous êtes connu pour votre passion de la grosse techno/house belge des années 1990, très chargée, très mélodique…

Pour moi, ça représente vraiment un fantasme musical, cette techno à la fois hyper futuriste mais aussi marrante, conviviale… Si je suis tombé amoureux de la musique électronique c'était aussi pour l'acte humain qu'il y avait derrière : se marrer pendant des heures avec ses potes, danser, discuter de tout et de rien… C'est de la musique qui accompagne la vie ! Et justement, pour moi, la techno belge des années 1990 incarne vraiment ça : c'était un son novateur, extravagant, à la fois influencé par des mecs comme LFO et toute la scène électronique expérimentale anglaise, mais aussi complètement centré sur le dancefloor, sur le fun. Et ce sont ces valeurs là qui me plaisent le plus dans la house ou la techno.

C'est une vision complètement à rebours de la techno austère et rigoriste qui fonctionne à plein régime ces dernières années…

Après, j'adore les trucs sombres aussi, je n'ai pas 666 dans mon nom pour rien ! Mais je préfère quand il y a de la mélodie derrière l'obscurité, quand ce n'est pas juste une absence de quelque chose – je ne suis pas du tout nihiliste comme beaucoup d'Allemands qui font de la techno complètement décharnée, squelettique. J'adore ça aussi mais ce n'est pas ma culture. Moi je suis quelqu'un d'assez généreux et coloré, pas du tout austère et ça se ressent dans ma musique. Même si j'ai un background de batteur, même si je suis obsédé par le rythme et sa puissance, pour moi une bonne chanson, c'est aussi une mélodie qui te traîne dans la tête des heures et des heures et que tu as envie de réécouter, c'est un peu comme du sucre.


Vertigo Club invite Panteros 666

+ Nemoz B2B Mendez + Thomas Villard
Le Black Lilith 18 Grand Rue Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Sam Tiba, big In Japan

MUSIQUES | Un peu comme dans les films de braquage hollywoodiens, dans l'équipe électro Club Cheval, chaque membre possède ses propres caractéristiques, et sa propre sensibilité artistique. À ce petit jeu, Sam Tiba pourrait ainsi être le "cool kid" du groupe, à qui tout réussit avec une insolente facilité. La preuve vendredi 17 mars au Vertigo.

Damien Grimbert | Mercredi 15 mars 2017

Sam Tiba, big In Japan

Passionné de rap depuis l’enfance, défenseur de la première heure de styles musicaux énergiques mais restés marginaux à l’échelle française (jersey club, bubbling et on en passe), Sam Tiba, jeune surdoué de la scène électronique passé par tous les labels de référence de ces dernières années (Marble, Pelican Fly, Bromance Records), s’est imposé sans encombre comme l’un des DJs les plus éclectiques (et explosifs) de la décennie 2010. Ce qui ne l’empêche pas de cultiver dans l’ombre ses propres jardins secrets, du R’n’B US le plus vaporeux jusqu’aux trésors mélodiques de la synth-pop vintage japonaise, qu’il dévoile régulièrement au travers de mixes thématiques irréprochables sur son soundcloud. De plus en plus orienté vers la production pour diverses pointures du rap américain et japonais (KOHH, Jeff Chery, Bricc Baby Shitro pour n’en citer qu’une poignée), Sam Tiba n’en continue pas moins de remettre à l’heure une bonne partie de la concurrence à chacun de ses passages aux platines, comme ce nouveau passage à Grenoble ne devrait pas manquer de le démontrer.

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Entre le Vertigo et le label Bromance de Brodinski, le courant passe bien. Après Surkin, Myd et Panteros666 et en attendant Louisahhh!!!, c’est au tour d’un autre de ses représentants, Canblaster, de venir étrenner les platines du club du centre-ville. Membre du quatuor Club Cheval, ce dernier partage avec ses collègues lillois un patchwork d’influences extrêmement chamarré : R’n’B, eurodance et musique de jeux vidéo, rap et club music, garage et dubstep, sans oublier une fine connaissance des classiques techno/house européens et américains. DJ éclectique et nippophile convaincu, Canblaster est enfin un producteur bien plus subtil que ses détracteurs ne sont près à l’admettre : ses deux derni

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Quand un artiste nommé Panteros666 appartenant à un collectif intitulé Club Cheval signe un mix du nom de Plus Belle la Life décrit comme la rencontre entre « exotic tribal garage », « gabber » et « hardstyle », la curiosité a vite fait de vous faire presser la touche Play. C’était il y a un peu plus d’un an (soit une éternité en âge-internet), et pour être honnête, on n’est pas sûr d’avoir écouté plus excitant depuis. A la fois brutale et mélodique, envoûtante et déroutante, cette alliance de sonorités contre-nature annonçait l’arrivée sur la scène électronique française d’un électron libre prêt à faire voler en éclats les conventions d’usage. Et c’est peu dire qu’il n’a pas déçu depuis : un deuxième mix aussi réussi que le premier (Terminator 2 Erotica), un EP de premier ordre (Kegstand) sur le label Sound Pellegrino de Teki Latex et Orgasmic, une série de remixes hauts en couleur… En l’espace de quelques mois, Panteros666 et ses acolytes du Club Cheval Myd, Sam Tiba et Canblaster se sont imposés comme les nouveaux espoirs de la scène post-Institubes / Ed Banger, en conservant les meilleurs atouts (curiosité musicale, mélange des styles, absence de tabous) tout en se débarrass

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