Abd Al Malik : changement dans la continuité

MUSIQUES | Loin de son image de rappeur bien sous tous rapports, Abd Al Malik revient avec "Scarifications", nouvel album teinté d'électronique, et un rap d'une surprenante intensité.

Damien Grimbert | Mardi 22 mars 2016

En dépit de ses 25 années d'existence, le rap français reste encore souvent réduit aux même stéréotypes : d'un côté les « méchants » rappeurs, braillards, immatures, violents, vulgaires et misogynes ; de l'autre les « gentils » rappeurs, sages, conscients, poétiques, bienveillants et bien éduqués. Si cette dernière catégorie peut sembler a priori plus flatteuse, elle n'en reste pas moins un carcan, une sorte de prison dorée étouffante de laquelle il semble difficile de s'échapper. C'est pourtant bien ce qu'a réussi à faire Abd Al Malik avec Scarifications, cinquième album intégralement coproduit avec Laurent Garnier qui le voit s'extirper enfin de son statut de premier de la classe / gendre idéal pour voguer vers de nouveaux horizons.

En choisissant comme écrin une bande-son électronique futuriste tout droit sortie d'un film de science-fiction dystopique, le rappeur semble ainsi clairement trouver un nouveau souffle. Rude, sombre, saccadé, rapide et intransigeant, son rap renoue avec une intensité et un sens de l'innovation insoupçonnés, sans trahir pour autant sa marque de fabrique : une écriture fine, ambitieuse et subtile, qui gagnerait juste à se débarrasser de son épuisante tendance au "name-dropping" littéraire pour emporter pleinement l'adhésion.

Abd Al Malik
À la Belle électrique jeudi 24 mars à 20h30

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Laurent Garnier, taille patron

Soirée | Figure incontournable et défenseur infatigable des musiques électroniques en France, le fameux DJ sera samedi 19 janvier à la Belle électrique. À guichets fermés, forcément.

Damien Grimbert | Mardi 15 janvier 2019

Laurent Garnier, taille patron

Complet en l’espace de 24 heures. Si la Belle électrique n’est pas étrangère aux soirées à guichets fermés, aucune n’avait, jusqu’à présent, réussit à susciter autant d’enthousiasme sur un laps de temps aussi court. Mais qu’est-ce qui fait de Laurent Garnier, à cinquante ans passés et plus de trente années de carrière au compteur, un artiste aussi incontournable ? La réponse est tellement simple qu’elle en est presque décevante : c’est un excellent DJ, porté par une passion et un goût du partage sans commune mesure. Capable de satisfaire son public sans hésiter à le sortir de sa zone de confort. De jouer les grands classiques des décennies passées sans jamais sombrer dans la nostalgie, et les tubes de demain sans être prisonnier des modes et des tendances du moment. De prendre parti quand le besoin s’en fait sentir (en jouant l’hymne anti-FN Porcherie du groupe Bérurier Noir entre les deux tours de la dernière présidentielle, ou le discours emblématique de Martin Luther King I Have a Dream dans un club de New York peu après l’élection de Trump) sans donner de leçons

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Voici les 12 soirées qui, à Grenoble, marqueront les premiers mois de 2019

Soirées | Et, bien sûr, guettez chaque semaine le PB pour être au courant de celles qui n'ont pas encore été annoncées.

La rédaction | Mercredi 9 janvier 2019

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Marc Rebillet C’est un peu la sensation virale du moment : un jeune gringalet extraverti originaire de Dallas qui compose, à l’aide de quelques machines et d’un micro, d’irrésistibles tubes house minimalistes et bruts de décoffrage, aussi énergiques que délirants. Et qui ramène un peu de fraîcheur et de second degré bienvenus à une scène électronique qui a parfois tendance à se prendre un brin trop au sérieux. Invité par le crew The Dare Night pour délivrer un des lives délurés dont il a le secret, Marc Rebillet se produira à guichets fermés : si vous n’avez pas déjà votre place, il faudra donc se contenter de ses (innombrables) vidéos sur internet. À l'Ampérage jeudi 17 janvier Paul Nazca + Scan X Pour sa première soirée Deep Inside de l’année, l’équipe de Carton-Pâte Records a vu les choses en grand, en invitant pour l’occasion deux piliers de la scène techno française : en DJ-set, la valeur sûre du label Skryptom Paul Nazca ; et au format live, le vétéran chevronné Scan X, découvert dès le dé

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Qu’Allah bénisse la France

ECRANS | D’Abd Al Malik (Fr, 1h35) avec Marc Zinga, Sabrina Ouazani…

Christophe Chabert | Mardi 9 décembre 2014

Qu’Allah bénisse la France

C’est peut-être un peu cruel, vu que le film n’est pas forcément détestable, mais c’est bien ce Qu’Allah bénisse la France qui donne envie de tirer la sonnette d’alarme concernant l’état du cinéma français. Depuis plusieurs mois, la course à l’histoire vraie – autofiction, bio filmée ou faits divers – connaît une spectaculaire accélération, d’autant plus inquiétante quand elle est mise entre les mains de cinéastes dont ce n’est pas encore tout à fait le métier. Ainsi d’Abd Al Malik, qui adapte ici son roman autobiographique avec une maladresse d’abord touchante, car elle lui permet d’empoigner la forme cinématographique sans forcément chercher à livrer un produit bien fait, mais graduellement gênante quand le film s’engage dans une escalade narrativo-politique pas franchement maîtrisée – c’est un euphémisme. Qu’Allah bénisse la France n’a aucune échine dramatique et relève d’un empilement de situations qui accompagnent les diverses vicissitudes de son protagoniste – petit voleur à la tire dans les rues de Strasbourg, lycéen doué en lettres, vendeur de shit, repenti islamiste prêchant en banlieue, chanteur de rap repéré par les majors… Pensant que sa vie

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