Pauline Drand, la découverte des Belles journées

MUSIQUES | Pour la deuxième édition du festival de Bourgoin-Jallieu Les Belles Journées, on a rendez-vous avec pas mal de têtes connues. Et également quelques moins connues mais non moins passionnantes, comme la folkeuse Pauline Drand.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 septembre 2016

Peut-être est-ce parce que la période sent bon la rentrée, les cahiers neufs et le retour des ennuis domestiques, mais il semble qu'une fois de plus les effectifs de la classe 2016 de ces Belles Journées sises à Bourgoin-Jallieu ont comme un goût de tête de classe, de best-of de la dernière année scolaire, de revue de bêtes à concours, de troupe d'élite pour classe prépa rock.

Entre nos chouchous de longue date (Mensch, Harold Martinez) dont on ne sait plus très bien s'ils accompagnent notre évolution ou nous la leur, nos coups de foudre plus récents (Grand Blanc, Rover) qui ont même surpassé nos attentes (le premier album de Grand Blanc, le second de Rover) et les valeurs sûres indéboulonnables de la chanson française comme Arman Méliès, le culte Dominic Sonic ou La Grande Sophie encore (après Uriage en Voix), on compte quelques étoiles montantes comme Broken Back.

Ou comme Pauline Drand. Car s'il faut se pencher sur un espoir à chérir, ce sera pour nous cette folkeuse d'une petite vingtaine, Parisienne, marchant dans les pas de Cat Power et Laura Marling (mais en français), dont l'idée même qu'elle ait publié un EP de reprises de l'Américaine Karen Dalton, ou encore adapté en français le Pink Moon de Nick Drake, suffirait à nous séduire sans autre forme de procès ni d'examen. La Belle de jour (et de nuit) de ces Belles journées, c'est elle.

Les Belles Journées
À Bourgoin-Jallieu, vendredi 9 et samedi 10 septembre


Ubikak + Mensch + Grand Blanc + Rover + Dominic Sonic


Parc des Lilattes Parc des Lilattes Bourgoin-Jallieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Pauline Drand + Harold Martinez + Arman Méliès + Broken Back + La Grande Sophie


Parc des Lilattes Parc des Lilattes Bourgoin-Jallieu
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Les Belles journées : et là, Bourgoin-Jallieu nous sort Juliette Armanet et Eddy de Pretto

Festival | Zoom sur la programmation de la nouvelle édition du festival musical berjallien prévue vendredi 7 et samedi 8 septembre.

Aurélien Martinez | Mercredi 22 août 2018

Les Belles journées : et là, Bourgoin-Jallieu nous sort Juliette Armanet et Eddy de Pretto

Alors que les derniers festivals de l’été sont en place (comme, à Grenoble, le Festival de la cour du vieux temple), et que va très vite débarquer Uriage en voix (événement qui, en Isère, marque symboliquement la fin des vacances avec deux journées de concerts gratuits – et quelques beaux noms cette année, comme les Moutain Men et Stephan Eicher), on regarde déjà vers les temps forts de la rentrée. Et il y en aura des prometteurs dans le coin, comme Jour & Nuit à la Belle électrique (« 2 nuits et 3 jours [de musique] en quasi continu ») ou encore le très "arts de la rue" Merci Bonsoir prévu

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"En guerre" : Stéphane Brizé et Vincent Lindon au plus près de l'horreur économique

ECRANS | « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Citant Bertolt Brecht en préambule, et dans la foulée de "La Loi du marché", Stéphane Brizé et Vincent Lindon s’enfoncent plus profondément dans l’horreur économique avec ce magistral récit épique d’une lutte jusqu’au-boutiste pour l’emploi. En compétition au Festival de Cannes.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Quand la direction de l’usine Perrin annonce sa prochaine fermeture, les représentants syndicaux, Laurent Amédéo (Vincent Lindon) en tête, refusent la fatalité, rappelant la rentabilité du site, les dividendes versés par la maison-mère allemande aux actionnaires, les sacrifices consentis. Une rude lutte débute… Nul n’est censé ignorer La Loi du marché (2015), du nom de l'avant-dernière réalisation de Stéphane Brizé, qui s’intéresse à nouveau ici à la précarisation grandissante des ouvriers et des employés. Mais il serait malvenu de lui tenir grief d’exploiter quelque filon favorable : cela reviendrait à croire qu’il suffit de briser le thermomètre pour voir la fièvre baisser. Mieux vaudrait se tourner vers les responsables de ces situations infernales conduisant le commun des mortels à crever, de préférence la gueule fermée. Des responsables que Brizé, et Lindon son bras armé, désignent clairement ; révèlent dans leur glaçant cynisme et la transparence de leur opacité. Pot-pourri L’histoire d’

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Broken Back : du succès dans les affaires

Pop | Le phénomène français Broken Back, au succès fulgurant, sera sur la scène du Summum ce jeudi 23 novembre. On fait les présentations.

Stéphane Duchêne | Lundi 20 novembre 2017

Broken Back : du succès dans les affaires

S'il fallait une preuve supplémentaire qu'une bonne école de commerce mène à tout, alors Broken Back est celle-ci. Né Jérôme Fagnet, le jeune Malouin (il a vu le jour à Saint-Malo en 1990) mène un temps de front études à l'EDHEC de Lille et un projet de start-up. Un rythme de vie un peu fou qui finit par le mener à la rupture. Selon l'expression consacrée et notoirement psychanalytique, Jérôme en a plein le dos au point que celui-ci craque. Résultat : deux vertèbres déplacées et arrêt des activités. Un retour à la case départ et malouine qui le fait se tourner vers la musique. Il en a déjà tâté plus jeune mais en soufflant dans un tuba. Il essaie donc la guitare en autodidacte, se baptise Broken Back, reprend Bon Iver sur Youtube, commence à composer, cite Albert Cohen en guise de titre de son premier EP (Dear Misfortune, Mother of Joy, qui cartonne aux États-Unis) et s'offre un nouveau départ. Surtout, il découvre que chez lui, il n'y a pas que le dos de cassé. Sa voix l'est tout autant. Ou au moins magnifiquement voilée. Comme la roue d'un vélo accidenté sur lequel on continuerait de rouler à vive allure, au risque de la c

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Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

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Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Festival | Pour sa première édition, le festival Holocène, sis entre Summum et petites scènes, n'y va pas de main morte dans le mélange des genres et des jauges. Il y aura à boire et à manger entre le 2 et le 11 mars, certes, mais au moins pour tout le monde dans une programmation dont l'éclectisme est définitivement le nom.

Stéphane Duchêne | Lundi 27 février 2017

Festival Holocène, première édition : demandez le programme

Si l'Holocène, en plus d'un titre magique de Bon Iver, fut une ère interglaciaire qui vit disparaître la plupart des espèces de mammifères géants connus (comme le regretté paresseux géant, plus gros qu'un éléphant), le festival Holocène a choisi lui d'utiliser ce nom pour matérialiser le mélange des espèces qui fera le sel de sa programmation. N'hésitant pas au passage à faire se côtoyer des créatures de grande taille avec d'autres plus modestes, les monuments historiques comme les jeunes espoirs. Certes, c'est un peu le principe d'un festival, mais on touche là aux confins du concept. Les Fréro Delavega côtoyant, même de loin, Magma ou des jeunots à guitares fumantes, avouez que ce n'est pas banal. Et ce sont bien les Fréro qui ouvriront ainsi les festivités en tête d'affiche du Summum, le jeudi 2 mars, après que se soient succédé sur scène l'électro swing de Lamuzgueule (qui n'aura jamais aussi bien porté son nom), le rock tendu de Bon Air et le rap à la cool

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Langue de voix au festival Uriage en Voix

MUSIQUES | Une cure de chanson française pas comme les autres (ou pas comme l'autre) ; une cure de langue donc, c'est ce que propose ce week-end Uriage-les-bains et son festival gratuit Uriage en Voix en programmant notamment les drôles de zozos chantants que sont Bertrand Belin, Zaza Fournier et la Grande Sophie.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 août 2016

Langue de voix au festival Uriage en Voix

Depuis quelques années, de Parcs (album), en Requin (roman), en Cap Waller (album) où il maintenait le sien (de cap), celui d'un post-yéyé aliénant et addictif qui, il le dit lui même, « parle en fou », Bertrand Belin est sorti de la prodigieuse Hypernuit d'une chanson dont le langage marche à côté de la voie et de la voix. Depuis donc, l'ancien guitariste de métier (et cela, ça se sent) au phrasé bashungien est devenu une bête à concours festivaliers – un peu aussi parce que l'animal est une bête de scène aussi indéchiffrable que ses chansons sont « insolubles » (le mot est de lui). Pas une kermesse musicale, des plus modestes aux plus grandioses, qui n'invoque la présence du classieux crooner de l'impossible. Belin y fait toujours tache et cette tache est d'huile : elle se répand dans les esprits qu'elle contamine positivement mais se mélange mal à celles des collègues programmés de concert, qu'ils soient indie-rock ou variété française. Une chanson à côté de la voix donc. Bucco-lingual

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Musilac met le feu au lac

Festival (Savoie) | Aussi foisonnante que pointue, éclectique que bien choisie, populaire (Les Insus, Elton John) que fureteuse (Barns Courtney), hurlante (Mass Hysteria) que susurrante (Lou Doillon), la programmation de la nouvelle édition de Musilac (Aix-les-Bains, Savoie) est un joyeux casse-tête autant qu'un labyrinthe où il fait bon se perdre. Nous avons posé ça et là quelques balises.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Musilac met le feu au lac

Foals À quoi voit-on qu'une sauce est en train de prendre pour de bon ? C'est simple : quand certains commencent, affublés d'une grimace de doute, à l'accuser d'avoir tourné. C'est bien le phénomène qui se produit avec Foals, prodigieux groupe anglais de disque et de live, dont l'ambition démesurée (pour schématiser, on pourrait dire qu'ils ont remisé leur math-rock pour s'attaquer à une sorte de pop quantique en mutation permanente) commence à faire dire que la formation menée par Yannis Philippakis n'aspire qu'au rock de stade (mi-Muse, mi-Pink Floyd tardif). Procès sévère – si l'on n'a même plus le droit d'enflammer les foules... Ironie du contexte aixois, Foals se produira sur la scène montagne quand précisément à l'écoute de leur dernier album, pourtant intitulée What went down, on a la très nette sensation de parcourir une montagne sans jamais savoir si l'on est en train de la gravir ou de la descendre. Dimanche 10 juillet à 21h10 Grand Blanc L'Australie, la Réunion, Aix-les-Bains :

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Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

ACTUS | Ce jeudi 14 avril aurait dû être inaugurée au Vog, centre d’art municipal de Fontaine, une exposition consacrée à l’artiste Philippe Perrin. Mais elle a finalement été annulée par la Ville au vu du « contexte national et international » ; puis ensuite par l’artiste lui-même quand la mairie a fait machine arrière en imposant plusieurs conditions (« inacceptables » selon lui) à son maintien. On fait le point avec ceux, rares, qui ont bien voulu s’exprimer.

Aurélien Martinez | Mardi 12 avril 2016

Fontaine : couvrez cette expo que je ne saurais voir

Programmée du 14 avril au 14 mai au centre d’art municipal de Fontaine le Vog, l’exposition Sheena is… remix devait présenter le travail de l’artiste Philippe Perrin. Des œuvres mettant en avant « un monde de violence, de rixes, de coups portés à d’innombrables ennemis, à tous même » comme il est écrit en préambule du dossier de presse ; mais « pas seulement ». « Philippe Perrin montre néanmoins, au travers d’une violence de l’humanité, les ambiguïtés du monde. » Des ambiguïtés qui ont dérangé l’équipe municipale de Fontaine qui avait d’abord imaginé interdire l’exposition avant de se rétracter. Forcément, on a tenté de joindre le maire communiste Jean-Paul Trovero pour avoir son point de vue (ou celui de son adjoint à la culture Brice Di Gennaro) : on nous a systématiquement renvoyés vers le communiqué de presse publié la semaine dernière. En voici un extrait : « L’exposition proposée par Philippe Perrin devait reprendre une partie de ses œuvres marquées par la scénarisation et la représentation de l’univers des armes, des codes de la violence et des

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Rover, étranger en pays étrange

MUSIQUES | Né d'un retour d'exil forcé, Rover a transformé l'énigme du retour en questionnement existentiel et en voyage fascinant avec son premier disque, le très remarqué "Rover", manière de reprendre la route autrement. Le revoilà, enfant du paradoxe musical et géographique, avec "Let it Glow", album au minimalisme invisible, portrait d'un éternel étranger s'affirmant dans l'effacement et l'évasion. À découvrir sur la scène de la Belle électrique. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 8 mars 2016

Rover, étranger en pays étrange

Dans l'Exode de la Bible, version King James, chapitre 2, verset 22, voici comment Moïse justifie de nommer l'un de ses fils Gershom (qui signifie à peu près « étranger en ces lieux ») : « For (…) I've been a stranger in a strange land ». Autrement dit, « un étranger en pays étrange ». Un homme de l'exil permanent. L'expression inondera la pop culture, donnant son titre à des dizaines de chansons, des Byrds à U2. Et surtout à un fameux roman des années 1960 de Robert Heinlein (dont le titre français est En terre étrangère) comptant le retour sur terre d'un astronaute, seul survivant d'une mission sur Mars que l'expérience a spectaculairement transformé, et qui se sent du coup étranger sur sa propre planète. Cet étranger, au vu de son parcours de vie et à l'écoute de ses disques, ce pourrait être Timothée Régnier dit Rover. Né en France, Timothée a grandi à l'étranger au gré des déménagements familiaux, de New York à ce Liban où il vivait avec son frère et dont il a été chassé comme un malpropre à la fin des années 2000 pour un problème de visa. Après un détour par Berlin, il atterrit seul en Bretagne, dans une maison familiale vide, avec une vie à re

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Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

MUSIQUES | Ces deux mois seront riches en événements du côté de la Belle électrique, de la Bobine, de la Source, de la MC2... La preuve en dix points à base de Feu! Chatterton, de Rover, de Nada Surf ou encore de Détours de Babel. Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2016

Les dix concerts à ne pas louper en mars et avril

Feu! Chatterton Voilà un groupe qui aime les transports, qui a déchiré le voile du succès critique avec une chanson sur le Costa Concordia et annoncé son premier album avec un single titré Boeing. Mais quand on parle de transport, il faudrait entendre ce mot selon toutes ses acceptions, à commencer par celle du transport sentimental, du transport amoureux et du voyage des mots. Car si l'on a multiplié les comparaisons musicales ou stylistiques s'agissant de Feu! Chatterton, il faut reconnaître une chose qui n'appartient qu'à eux. Rarement, on a vu si jeune groupe écrire des textes de la sorte : Boeing est une chanson à danser autant qu'à lire comme une suite machiniste à L'Albatros de Baudelaire (« Boeing, Boeing ! Et tes mouvements lents sont de majesté / Est-ce la faute de tes passagers indigestes / Si tu penches ? »). Quant aux paroles de Côte Concorde, elles sont à placer aux côtés des grands textes de la chanson française (« Du ciel tombe des cordes, faut-il y grimper ou s'y pendre ? »). Feu! Chatterton, loin d'être de paille, brûle de mots et sur scène les enflamme. C'est à voir.

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Les Belles journées de Bourgoin-Jallieu, « l'événement phare du Nord-Isère »

ACTUS | Mais pourquoi la Ville de Bourgoin-Jallieu a-t-elle lancé, avec Les Belles journées, un nouveau festival ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 8 septembre 2015

Les Belles journées de Bourgoin-Jallieu, « l'événement phare du Nord-Isère »

Les temps actuels sont plutôt à la suppression de certains crédits initialement dédiés à la culture qu’à la création de nouveaux temps forts – et donc de nouvelles lignes budgétaires. L’arrivée des Belles journées à Bourgoin-Jallieu avec, dès sa première édition, une programmation étincelante (mais pas forcément très grand public), questionne. Surtout que ce festival était une promesse de campagne du nouveau maire de droite de cette ville du Nord-Isère : à n’y rien comprendre. Pour en savoir plus, on a donc passé un coup de fil à Marie-Laure Desforges, adjointe à la culture auprès de Vincent Chriqui, qui est d’accord avec notre adjectif : c’est « audacieux » de lancer un énième événement aujourd’hui. Elle explique qu’il s’agit d’un rendez-vous pour les Berjalliens qui arrive en fin de saison des festivals (sans forcément vouloir rivaliser avec les mastodontes voisins) ; mais on comprend rapidement que les visées sont plus larges, notamment lorsque l’on lit l’édito du maire dans le dossier

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Bourgoin-Jallieu : quelles journées !

MUSIQUES | Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau rock indé plus attrayant que celui qui nous est présenté, qui plus est (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

Bourgoin-Jallieu : quelles journées !

Il eut été difficile au festival berjallien Les Belles Journées de constituer un plateau rock indé plus attrayant que celui qui nous est présenté, qui plus est pour son coup d'essai. C'est qu'outre Autour de Lucie, dont le statut d'icône d'une certaine pop indé en fait sans doute un peu le grand frère (ou sœur) de l'événement ; les cautions soulisantes que sont le Grenoblois Lull et le Lyonnais Sly Appolinaire, à qui on ne la fait plus ; 49 Swimming Pools dont les membres n'ont plus l'âge de la conduite accompagnée mais dont la pop reste fraîche comme une rose qui éclorait à l'infini ; et bien sûr H-Burns (consulter nos archives le concernant) ; c'est bien la jeune garde de la nouvelle (oui, encore) pop française

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Autour de Lucie : le Rayon vert

MUSIQUES | De retour onze ans après sa dernière sortie avec un album reconnaissable entre mille, Autour de Lucie, formation culte de la pop française 90's, fera sans doute figure de dinosaure au sein de la programmation plutôt juvénile du nouveau festival de Bourgoin-Jallieu baptisé Les Belles journées. Mais qu'on ne se méprenne pas : le groupe de Valérie Leulliot ne fait toujours pas son âge – qui est aussi celui de son public –, comme figé depuis la première note dans une sorte de jeunesse désuète sculptée pour l'éternité dans une lumière particulière. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 8 septembre 2015

Autour de Lucie : le Rayon vert

« Cours, cours petite sœur et dans l'horizon ne cherche pas hier / Goûte, goûte les saisons / Comme si c'était les premières. » Voilà deux phrases, deux vers de Détache, qui résument parfaitement dans une forme de contradiction, comme toujours avec eux, le retour, 11 ans après, d'Autour de Lucie. La contradiction, spatio-temporelle, étant le cœur même de l'œuvre de ce groupe apparu en 1993. Pour les fans d'une certaine idée de la pop telle qu'on l'envisageait au milieu des années 1990, en plein âge d'or qui voyaient les labels Lithium et le Village Vert faire la pluie et le beau temps esthétique – et le plus souvent le beau temps avec beaucoup de pluie –, ce retour sous forme d'album après une reformation en 2012 est plus qu'une bonne nouvelle. C'est un peu comme avoir le droit de croquer dans une nouvelle fournée de madeleine de pop. Avec l'espoir d'y retrouver un goût qui serait resté en bouche tout en aspirant y découvrir quelque nouvelle saveur rendue du moins inévitable par la prise du temps sur le groupe comme sur ses auditeurs. Avec l'idée que tout le monde a vieilli, mais qu'on pourrait tout aussi bien l'oublier le t

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The Rover

ECRANS | Après "Animal kingdom", David Michôd pratique un étonnant hara-kiri commercial avec ce film post-apocalyptique qui tient autant de Beckett que de "Mad Max", c’est-à-dire une véritable provocation au divertissement-roi. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 3 juin 2014

The Rover

The Rover, c’est Mad Max qui rencontre En attendant Godot. Rien que ça. Dès le carton pré-générique, on nous annonce que l’action se déroule en Australie quelques années « après la chute ». La chute de quoi ? Du pays ? Du monde ? De l’économie ? Peu importe, car ce futur est saisi au présent, dans toute sa désolation, avec paysages arides et personnages hagards dont les motivations paraissent dérisoires. C’est le cas d’Eric, vagabond errant dans une bagnole qu’il a le malheur de se faire piquer par une bande de gangsters hallucinés, ayant laissé pour mort un des leurs, Rey, après un braquage qui a mal tourné. L’impassible Eric (sobre et étonnante composition de la part de l’ordinairement cabotin Guy Pearce) va donc former un tandem improbable avec Rey (Robert Pattinson, excellent, dont la carrière post-Twilight prend un virage passionnant), soit un homme froidement brutal et un autre à moitié idiot et à moitié crevé, qui vont passer une heure quarante à arpenter les routes australiennes pour retrouver une voiture. Post-cinéma Si

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Cannes 2014, jour 4 : Aux armes !

ECRANS | "The Rover" de David Michôd (sortie le 4 juin). "The Disappearance of Eleanor Rigby" de Ned Benson (date de sortie non communiquée). "It follows" de David Robert Mitchell (date de sortie non communiquée). "Les Combattants" de Thomas Cailley (sortie le 20 août).

Christophe Chabert | Dimanche 18 mai 2014

Cannes 2014, jour 4 : Aux armes !

S’ennuie-t-on au cours de ce festival de Cannes ? Oui, un peu, beaucoup parfois ; alors à la guerre comme à la guerre, on ose ce que l’on n’avait jamais osé jusque-là : laisser tomber la compétition, et se promener à travers les séances des sections parallèles, pour espérer y trouver des films stimulants, différents, bref, autre chose que de l’art et essai formaté, long et plombé. À ce petit jeu, The Rover, présenté en séance de minuit, repousse les limites de la bizarrerie. De la part de David Michôd, réalisateur d’Animal kingdom, rien ne laissait présager un tel virage ; si son premier film était puissant et abouti, il s’inscrivait dans un genre codifié — le film de gangsters — et sa mise en scène cherchait avant tout une forme d’efficacité sans refuser pour autant d’apporter de réelles innovations. Avec The Rover, Michôd fait exploser toutes les catégories et signe le premier film post-apocalyptique beckettien, que l’on pourrait réduire à ce pitch : deux hommes, l’un à moitié idiot, l’autre impavide, recherche

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Marche funèbre

MUSIQUES | Impossible de ne pas entendre dans les premières notes de cordes grinçantes de l'album Dead Man – le second d'Harold Martinez après le très remarqué Birdmum – (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mai 2014

Marche funèbre

Impossible de ne pas entendre dans les premières notes de cordes grinçantes de l'album Dead Man – le second d'Harold Martinez après le très remarqué Birdmum – l'atmosphère fantomatique de la bande-son composée par Neil Young pour le film éponyme, surréaliste et métaphysique de Jim Jarmusch, ce parcours initiatique d'un homme mort-vivant. Puis les guitares western – on ne peut plus western – arrivent et Harold Martinez scande « I turn around in my prison (...) I'm dead and gone, but safe and free ». Immédiatement, c'est une évidence, le production brute d'Harold Martinez et de son compère batteur Fabrice Tolosa s'est non seulement étoffée mais a gagné en atmosphère comme en noirceur. Ces incantations ne sont que plus vibrantes et pénétrantes – on y retrouve ce timbre chamanique qui font de Martinez le David Eugene Edwards du Sud-Est (de la France, hein ?).   Et puis bien sûr, il y a ces compositions, qui elles aussi ont franc

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Pas les oreilles dans sa poche

MUSIQUES | Comme la plupart des activistes œuvrant à l’irrigation électrique de nos campagnes, les organisateurs du festival Rock'n Poche, «le plus grand festival de (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 19 juin 2013

Pas les oreilles dans sa poche

Comme la plupart des activistes œuvrant à l’irrigation électrique de nos campagnes, les organisateurs du festival Rock'n Poche, «le plus grand festival de rock de Haute-Savoie du monde», ne se prennent pas très au sérieux. En revanche, s'il y a bien une chose sur laquelle ils ne plaisantent pas, c'est leur ligne de conduite, axée sur l'indépendance (Rock'n Poche est autofinancé à près de 90%), le respect de l'environnement (pas le choix, quand on est dans un écrin aussi favorable que la bien nommée Vallée verte) et la valorisation de la scène régionale. Cette année encore, la vingt-deuxième pour cet événement qui attire désormais pas loin de 10 000 personnes, la programmation s'articule ainsi autour d'autant de "découvertes" que de têtes d'affiche. Parmi les premières, sortent du lot : les filles aux cheveux courts (et aux idées longues) de Mensch, dont nous avons déjà maintes fois loué la rage, Bottle Next (photo) et son folk-rock à haut taux de testostérone et Mû, étonnant fruit de la rencontre d'une pianiste de jazz à la voix suave et d'un beatboxer. Trois duos qui, au contraire des cabotinages de Cali et des sermons vert-jaune-rouge de Raggasonic, n

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On dirait le sud (sauvage)

MUSIQUES | À Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Le seul delta qu'on connaisse là-bas est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant, la musique d'Harold Martinez (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 24 janvier 2013

On dirait le sud (sauvage)

À Nîmes, il n'y a pas le Mississippi. Le seul delta qu'on connaisse là-bas est celui des autoroutes A9 et A54. Pourtant, la musique d'Harold Martinez sonne comme s'il avait grandi dans les sédiments du "Père de l'Amérique", là où, au cœur du bayou de Louisiane, l'eau et la terre ne font plus qu'un, quand l'une ne recouvre pas accidentellement l'autre. Avec son blues sudiste comme un drapeau confédéré, sa voix qui rappelle le David Eugene Edwards des groupes 16 Horsepower et Wovenhand et charrie la gravité fantomatique et grotesque du Southern Gothic, Martinez aurait pu figurer sur la bande originale du formidable film Les Bêtes du Sud sauvage. Sur Birdmum, premier album plein de banjos, de bottleneck et de percussions qui pèsent une tonne (courtoisie de son acolyte à la main lourde Fabien Tolosan), il est ainsi question de faucons, de serpents, de lacs boueux, de pluies acides et plus généralement d'éléments et de sentiments aussi déchaînés que la musique animiste et tellurique qui les raconte. Oui, tout ça à la fois. S

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Bien frappé

MUSIQUES | Pour sa 13e édition, LE festival d'été de Grenoble fait plutôt dans la dentelle avec sa programmation aux petits oignons faite de découvertes, de futurs grands et de déjà immenses. Un cahier des charges qui se résume à lui tout seul dans la soirée du vendredi 27 juillet. Stéphane Duchêne

Aurélien Martinez | Lundi 16 juillet 2012

Bien frappé

Entamé au début du siècle avec des petits jeunes qui ont fait du chemin depuis (Dionysos, Julien Lourau, Philip Prohom), le Cabaret frappé a vu passer de la vedette (Dominique A, The Wailers, Herman Düne, Tahiti 80) mais peut-être pas autant qu'il n'a modestement contribué à en révéler. Et comme on ne change pas un programme qui gagne – sauf peut-être en politique, mais c'est une autre histoire – c'est sur cette ligne que le festival grenoblois poursuit sa route pour l’édition 2012. Avec des soirées thématiques qui, à notre humble avis, culmineront, si ce n'est le samedi avec un intouchable combo électro The Shoes-Nasser, avec la pénultième soirée, celle du vendredi, plutôt orientée pop-rock battant pavillon indé. La preuve en sera, au Kiosque, avec l'un des plus illustres – et pourtant bien trop méconnus – représentants de l'esprit indé, pour ne pas dire de l'esprit "va te faire foutre" : Theo Hakola. Une sorte de Nick Cave franco-américain qui n'aurait jamais su cacher que son cœur est à gauche, très à gauche. Ce qui lui valut de compose

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Rover au Cabaret frappé cet été

MUSIQUES | Les derniers noms tombent, petit à petit. Aujourd'hui, on apprend que Rover sera de la partie, et c'est plutôt pas mal!

Aurélien Martinez | Jeudi 31 mai 2012

Rover au Cabaret frappé cet été

Au Cabaret frappé cet été, du 23 au 28 juillet, il y aura donc, entre autres, The Shoes, Tony Allen, The Excitements, Ewert And The Two Dragons, Theo Hakola, Miss White and the Drunken Piano... Cette semaine, l’équipe du festival a encore lâché d’autres noms : Nasser, Reggae Legends : The Mighty Diamonds, Pablo Moses, Linval Thompson et Irma. Et aujourd’hui, avant le dévoilement final lundi de la grosse tête d’affiche qui envoie du lourd, on apprend que Rover sera de la partie. Rover? Un ovni romantique, dandy et bestial, sorte de David Bowie d’aujourd’hui. Il en a la voix élastique, donnant parfois l'impression de flotter dans l'espace (oddity), capable de côtoyer les aigus un peu geignards sur Champagne aussi bien que gracieux et Lennoniens sur Lou (son A d

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