Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Saison 2016 / 2017 | On fait quoi jusqu'à la fin de l'année ? On va écouter qui ? Voici une sélection extraite de notre panorama de rentrée culturelle sorti le 14 septembre. Mais allez fouiller aussi sur notre site, dans le coin "les choix de la rédaction" ; vous verrez : on attend de nombreux autres concerts !

La rédaction | Jeudi 15 septembre 2016

Ben Harper

À en croire la chanson titre de son album Call it what it is, et en tout cas sur ce morceau au moins, Ben Harper continue, après un album avec maman, de revenir aux sources et aux tripes du blues, quelque part du côté de chez Taj Mahal, mais sans se départir de ses accents politiques. Ici, il est question de la vague de bavures meurtrières de la police américaine à l'endroit de nombre de jeunes noirs. C'est donc un Ben Harper habité, comme il l'est aussi en mode Stevie Wonder sur Shine, que l'on retrouvera sur la scène du Summum pour la deuxième en deux ans.

Au Summum mardi 4 octobre

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Stranded Horse

Génial esprit transversal, le dénommé Yann Tambour n'en finit plus de tirer le fil que constituent les cordes d'une kora, produisant un mariage de folk, de pop et bien sûr de musique traditionnelle mandingue qui est allé un jour jusqu'à s'échouer magnifiquement sur les terres grises de Joy Division (ah, cette reprise de Transmission).

Entouré entre autre du fidèle Boubacar Cissokho (fieffé koriste) et Amaury Ranger (percussionniste première classe chez les Atlas Mountains), son dernier album Luxe cavale entre calme et volupté, l'Afrique (les pluies de cordes de la kora) et Jean-Louis Murat (les textes délicatement abstraits et terre à terre à la fois). Comme le précise le titre d'une chanson dudit album, le nom de Stranded Horse est carnaval.

À la Bobine vendredi 7 octobre

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Radio Elvis + Salomé Leclerc

On ne vous présentera plus ici Radio Elvis, héritiers d'une certaine idée de la pop bashungienne brillant de poésie textuelle et atmosphérique. Penchons-nous donc plutôt sur Salomé Leclerc, québécoise de trente ans qui n'en finit plus de séduire, surtout depuis la sortie de son second album 27 fois l'aurore. Un genre de post-pop spasmophile à large spectre, tantôt râpeuse comme cette voix légèrement voilée, tantôt venimeuse, tantôt lumineuse comme 27 aurores. Quand Salomé éclaire.

À la Source (Fontaine) jeudi 13 octobre

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Keren Ann

Keren Ann a ceci de particulier qu'elle a toujours multiplié les collaborations (pour elle, pour les autres, ou pour eux) sans jamais diffuser autre chose qu'un immense sentiment d'intimité à l'écoute de ses albums. C'est que, elle le dit parfois, elle considère, à la manière d'un Hemingway, que ce qui la touche touchera les autres. Et cela marche souvent. Et mieux encore sur son album You're Gonna Get love où plusieurs flammes sont déclarées (à son amoureux, à son père décédé) pour dire en creux aussi le sentiment, nouveau, d'être mère.


À la Belle électrique jeudi 20 octobre

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The Liminanas

« Attention, à jouer au génie, on risque de le devenir ». Ainsi finissions-nous il y a deux ans dans le PB Lyon un article consacré à ce duo garage des environs de Perpignan. Bon, on ne va pas vous dire qu'entre temps ils sont devenus des génies mais presque, leur étonnant succès US semblant le confirmer – alors qu'en France ils sont encore quasi inconnus. Mais cela va changer, on vous l'annonce, avec la sortie cette année de Malamore (écoutez leur morceau El Beach par exemple). On prend les paris ?

À la Belle électrique vendredi 28 octobre

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The Divine Comedy

Alors voilà, la chose se nomme Foreverland, vient de sortir et nom de Dieu il était temps, puisque le dernier signe discographique de Divine Comedy datait de 2010. Le gars Neil Hannon nous livre de nouveau l'un de ces albums semi-conceptuels (on fête cette année les vingt ans de son Casanova) et nous offre rien moins que du grandiloquent et du rêve (il est question de La Grande Catherine et de La Légion étrangère). Vivement le concert.

À la MC2 jeudi 3 novembre

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Pedro Soler & Gaspar Claus

Dialogue empreint de finesse entre un père et son garçon noué autour du flamenco, la rencontre musicale entre le guitariste Pedro Soler et son fils le violoncelliste Gaspar Claus tisse avec subtilité et virtuosité des liens entre l'Andalousie et les musiques improvisées : un voyage onirique, pur moment de joie nomade.

À l'Hexagone (Meylan) mardi 8 novembre

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Benjamin Biolay

Bon, Benjamin Biolay, c'est pas compliqué, on aime ou on déteste. Et on peut faire ça tout seul. Adorer un album, en détester un autre, c'est à croire qu'il le fait exprès pour ne pas laisser indifférent. Ce qui ne laisse pas indifférent non plus, c'est une certitude, c'est son génie de l'orchestration. La preuve sur son dernier album en date Palermo Hollywood.

À la Belle électrique jeudi 17 novembre

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La Femme

Il y a trois ans, le collectif retro pop La Femme nous séduisait au plus haut point avec son album Psycho Tropical Berlin, porte-drapeau d'une poignée de groupes hexagonaux qui se réapproprient magistralement la langue française. Mystère, leur deuxième album, vient de sortir, et comme le précédent, il est bourré de petites bombes, de l'entêtant Où va le monde au faussement naïf Septembre. On est fans.

À la Belle électrique jeudi 24 novembre

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Ibrahim Maalouf

Les rock stars existent dans tous les domaines musicaux, même en jazz. Ainsi sera présenté dans ces colonnes Ibrahim Maalouf, musicien qui remplit des salles de plus en plus grandes au fil des ans (bientôt au Stade des Alpes ?) grâce à ses talents de trompettiste qu'il exprime sur des airs qui ne ressemblent à aucun autres, mêlant classique, cool jazz et influences orientales.

Au Summum mercredi 7 décembre

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Yael Naim et le Quatuor Debussy

À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naim et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la Franco-Israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties.

À la Rampe (Échirolles) jeudi 12 et vendredi 13 janvier


Ben Harper & The Innocent Criminals


Summum Rue Henri Barbusse Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Keren Ann


La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


The Divine Comedy

MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Benjamin Biolay

La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Femme - COMPLET

Surf, wave, pop, électro
La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Ibrahim Maalouf

Summum Rue Henri Barbusse Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Musique classique : une saison, huit étapes

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des stars, des jeunes pousses, des compisteurs d'hier comme d'aujourd'hui...

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Musique classique : une saison, huit étapes

Camille et Julie Berthollet Le 27 décembre 2014, pour la première édition de Prodiges sur France 2 (une émission consacrée aux jeunes talents du classique), quatre millions et demi de téléspectateurs suivirent les mouvements d’archet de Camille Berthollet. Une virtuose de quinze ans qui, dans une robe rouge coquelicot, réchauffa l’hiver par son interprétation fougueuse de L’Eté des Quatre saisons de Vivaldi. Un choix gagnant qui lui assura un début de carrière fulgurant, mais pas solitaire. Sur son premier opus bientôt disque d’or, elle associa ainsi sa sœur aînée Julie, également violoniste. Depuis, la surprenante paire construit des aqueducs où Schubert et Brahms côtoient Stromae et Nino Ferrer. Un programme cosmopolite qui, en dehors de refléter des goûts éclectiques, aspire en douce à faire venir les plus jeunes au classique. Au Grand Angle (Voiron) mardi 8 octobre Joachim Horsley Auteur de musiques pour le cinéma et pianiste dans l’ombre des succès de John Legend et Mich

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"La Femme de mon frère" : entre elle et lui

ECRANS | De Monia Chokri (Can, 1h57) avec Anne-Elisabeth Bossé, Patrick Hivon, Sasson Gabai…

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

Sophia vient de soutenir sa thèse et devant elle s’ouvre : le vide. Sans emploi ni relation sentimentale (mais enceinte d’un amant passé), elle squatte chez son frère Karim. Quand elle se résout à l’IVG, Karim flashe sur la gynéco. Les sentiments sont partagés. Sauf par Sophia… On parle souvent des "films du milieu" pour désigner des productions économiquement intermédiaires. Mais il faudrait reconsidérer la formule pour qualifier le jeune cinéma de la comédienne Monia Chokri (vue notamment chez Xavier Dolan), dont cette première réalisation de long-métrage laisse espérer de grandes choses. La Femme de mon frère est sans doute un film intermédiaire par son budget ; totalement par son sujet puisque Sophia se retrouve à tenir la chandelle entre sa gynéco et son frère. Il l’est surtout par son style à mi-chemin entre une inspiration résolument Nouvelle Vague (avec jump cut godardiens, effets de surimpression, errances nocturnes commentées en voix-off, citations littéraires) et sa tonalité de comédie américaine sentimentale des années 1980, ses décors pastel ou son ambiance familiale orientale explosive – un joyeux mélange entre

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"Shadow People" : The Limiñanas, Catalans indépendants

Concert | Critique enthousiaste du dernier album du groupe français de rock garage avant son passage par la Belle électrique vendredi 14 décembre.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

C'est tout l'art des Limiñanas que de convoquer sur un album des invités aussi disparates que Pascal Comelade au piano, Peter Hook et sa basse mélodique, Emmanuelle Seigner à la voix – trois habitués – ou encore Bertrand Belin et Anton Newcombe sans s'éparpiller façon puzzle. Peut-être parce que le duo (enrichi) de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, a, sous ses oripeaux garage, toujours navigué sur pas mal de fronts esthétiques. On peut d’ailleurs en avoir un aperçu sur la toute récente compilation I've Got Trouble in Mind Vol. 2 qui recense des raretés, notamment quelques belles reprises – Polnareff (Time will tell), les Kinks (Two Sisters avec Anton Newcombe), The Lords of the New Church (Russian Roulette) ou... le chant de Noël Silent Night en version mariachi. Peut-être aussi parce que la force du concept, jamais ramenard, toujours en toile de fond, suffit à donner du liant à l'ensemble comme une musique de fil

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The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Concert | Avec un "Shadow People" détonnant sorti en janvier dernier, le meilleur groupe de garage catalan du monde, The Limiñanas (soit Marie et Lionel Limiñana), a livré son album le plus abouti, le plus libre, et peut-être le plus personnel. Et a frappé un gros coup dont les secousses se propagent à très grande vitesse dans le paysage rock français. Entretien avec M. Limiñana avant leur passage vendredi 14 décembre à la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 11 décembre 2018

The Limiñanas : « Les dogmes ne nous intéressent plus »

Qu'est-ce que désigne Shadow People, le nom de votre dernier album ? Lionel Limiñana : Dans la mythologie anglo-saxonne, c'est cette espèce de présence que l'on sent derrière soi et qui disparaît quand on tourne la tête. On ne sait pas trop si c'est un fantôme ou une entité d'une autre dimension. Il y a pas mal de films fantastiques autour de ça, mais c'est quelque chose qu'on ne connaît pas vraiment en France. L'idée, c'est que tous ces gens qui étaient là avec nous, tous ces dogmes qu'on a respectés à l'époque, tout l'apprentissage de la musique, tout ça ne nous a jamais réellement quittés. C'était une manière de donner un nom à ce phénomène-là. On peut penser aussi que c'est une manière d'évoquer les multiples influences qui hantent le groupe – musique de films, pop underground des années 1960, psychédélisme, yé-yé, krautrock –, si nombreuses qu'on se demande si The Limiñanas, c'est encore du garage... Je

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Et le Ciné-Club de Grenoble lança le cycle #BalanceTonFilm

ECRANS | Rendez-vous mercredi 30 mai, mercredi 6 juin et mercredi 13 juin pour (re)découvrir "Les Galettes de Pont-Aven", "Calmos" et "Le Mari de la femme à barbe", trois films qui ont beaucoup en commun selon le Ciné-Club.

Margaux Rinaldi | Mardi 29 mai 2018

Et le Ciné-Club de Grenoble lança le cycle #BalanceTonFilm

Depuis l’affaire Weinstein, le statut de la femme à l’écran (et, surtout, hors caméra) a clairement été reconsidéré, même si les changements seront visibles avec le temps. Le Ciné-Club de Grenoble rebondit sur cette actu avec un poil d’ironie en lançant un cycle baptisé #BalanceTonFilm. Car reconnaissons que, dans les films d’antan, les femmes interprétaient surtout des beautés sublimes souvent mises au second plan histoire d’appuyer la prééminence des héros. Des muses dont certains pouvaient se servir pour assouvir leurs besoins, ou user comme d’une source d’inspiration, tel Henri Serin (Jean-Pierre Marielle) dans Les Galettes de Pont-Aven (photo) de Joël Seria, film sorti en 1975. Mais rassurez-vous, dans le genre machiste, on peut trouver mieux. Ou pire. Pour cela, il suffit simplement d’une femme qui sort un peu de l’ordinaire (pourquoi pas une femme avec une pilosité extravagante par exemple) que l’on exhiberait dans une foire aux monstres comme le fait Le Mari de la femme à barbe dans cette comédie italienne de 1964 signée par un maître des provocations, Marco Ferreri. Pourtant, dût-il aux hommes en co

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"La Douleur" : Mélanie Thierry, étonnante Marguerite Duras

ECRANS | de Emmanuel Finkiel (Fr., 2h06) avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Lundi 22 janvier 2018

L’ironie sordide de l’actualité fait que ce film sort sur les écrans peu après la disparition de Paul Otchakovsky-Laurens, l’éditeur ayant publié le livre dont il est l’adaptation. Un livre qui aurait pu demeurer dans une confidence obstinée : Marguerite Duras prétendait avoir oublié jusqu’à l’existence de la rédaction de cette partie de son journal intime – la mémoire sait être sélective pour s’épargner certaines souffrances. Son mari Robert Antelme ayant été arrêté puis déporté, Marguerite Duras jette sur des cahiers le cri muet de son attente quotidienne ; cette douleur sourde avivée par l’incertitude et la peur pour l’autre, pour le réseau, pour soi. Dans la moiteur d’une Occupation expirante, un flic collabo profite de l’absence de nouvelles (bonnes ou mauvaises) pour engager avec elle un jeu pervers de séduction… Mais qui instrumentalise qui ? Mémoire effacée et ravivée, souvenir de la Shoah… On comprend que le réalisateur Emmanuel Finkiel ait été touché par le thème et la démarche de Duras. Pour cette adaptation naturellement sèche, il convoque la grande Histoire dans ses compartiments les plus intimes, faisant abstrac

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Et voici les 20 concerts de l’automne

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base de stars de la chanson, de rock qui déménage ou encore de surprises musicales bienvenues.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Et voici les 20 concerts de l’automne

A-Wa Les trois sœurs Haim n'en finissent plus de passer près de chez nous – ce sera leur cinquième date dans la région en tout juste deux ans. Et de s'ouvrir toutes les portes depuis la parution de leur Habib Galbi, transformé en hit au fil des mois (y compris en Israël, chose très rare pour un morceau chanté en arabe) et flanqué d'un album tout aussi réjouissant baptisé du même nom. Soit des chansons issues du répertoire traditionnel yéménite qu'elles ont souhaité s'approprier, le malaxant de leurs multiples influences allant des Beach Boys (ah, les harmonies vocales !) à Kendrick Lamar. On est fans, surtout en concert. À la Rampe mardi 26 septembre Amadou et Mariam Ils sont loin les Dimanche à Bamako (15 ans déjà) qui ont mis Amadou et Mariam sur la carte de la musique internationale (après 15 ans d'une première carrière) et ont permis de démontrer que la musique malienne allait bien au-delà de la kora traditionnelle e

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Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Avec du classique de chez classique mais aussi de la philosophie en musique, du lyrisme théâtralisé ou encore du violoncelle.

Régis Le Ruyet | Mercredi 13 septembre 2017

Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Orchestre philharmonique de Radio France Muse géniale de l’opéra contemporain, la soprano canadienne Barbara Hannigan stupéfiait, en 2011, les spectateurs du festival Présences de Radio France par ses talents de cheffe. Combinant audace et précision, la chanteuse y soutenait les plus folles vocalises du Grand Macabre de György Ligeti pendant que, d'une poigne ferme, elle menait en extase les musiciens finnois de l'Avanti ! Chamber. Un exercice de direction et de haut vol lyrique qu’elle réitéra à Grenoble avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dans les atours de Lulu d'Alban Berg et de la Fille folle de George Gershwin. À la MC2 le 6 octobre Michel Onfray et Henri Demarquette – musique et philosophie Accompagné par le violoncelliste Henri Demarquette, le philosophe hédoniste Michel Onfray nous expliquera comment, avec les penseurs, dire et entendre le monde. Une passionnante rencontre en pe

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"Cherchez la femme" : cachez ce film qu’on ne saurait voir

ECRANS | de Sou Abadi (Fr., 1h28) avec Félix Moati, Camélia Jordana, William Lebghil…

Vincent Raymond | Mardi 27 juin 2017

Anne Alvaro est, décidément, une immense comédienne que son talent préserve de l’adversité – c’est-à-dire des pires des naufrages cinématographiques. Sa confondante interprétation d’une militante iranienne (accent inclus) réfugiée dans le XVIe arrondissement lui vaut ainsi de sortir sans dommage de cette épouvantable comédie sentimentale. Elle est bien la seule. La réalisatrice Sou Abadi, par exemple, manque son coche dans ce mariage entre romance et critique sociale humoristique. Pas du fait d’une hybridation hasardeuse, ni du thème puisque l’on peut rire de tout, si c’est fait avec intelligence et talent. Car hélas, le choix d’un sujet brûlant n’exonère pas un auteur de maladresse ni de naïveté. Sou Abadi raconte ici le stratagème trouvé par un étudiant désirant continuer à voir sa copine enfermée chez elle par son grand frère revenu radicalisé d’un camp : il se couvre d’une burqa et se fait passer pour une femme. Quiproquos à l’ancienne, situations balourdes, personnage de fondamentalistes d’une bêtise profonde… Défendre des idées justes ne dispense pas de travailler en profondeur la construction dramatique et devrait empêcher de réduire

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Cordes en Ballade : festival vagabond

En Ardèche | Pour sa 19e édition, le festival Cordes en Ballade nous emmène parcourir le monde entier à la rencontre des "cultures en harmonie". Au cœur de l’Ardèche méridionale, le Quatuor Debussy, initiateur de l’évènement, a su conquérir un large public.

Pascale Clavel | Mercredi 21 juin 2017

Cordes en Ballade : festival vagabond

Le festival de musique classique itinérant Cordes en Ballade ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse cette année Cordes en Ballade ne peut du coup que séduire : "cultures en harmonie". Où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières... Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. Demandez le programme En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous inviteront à un moment de métissage musical, entre un Orient et un Occident aux sonorités chaudes, aux influence

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Vercors Music Festival : nos cinq coups de cœur

Festival | En 2015 a vu le jour à Autrans, dans le massif du Vercors, un nouveau festival tout simplement baptisé Vercors Music Festival – parce qu’en anglais c’est plus classe ? Avec tout de suite l’envie de jouer dans la cour des grands en proposant de grosses têtes d’affiche. En amont de la troisième édition prévue du 7 au 11 juillet, zoom sur cinq artistes que l’on pourra écouter là-haut dans la montagne, et discussion avec l'un des organisateurs pour en savoir un peu plus.

La rédaction | Mardi 20 juin 2017

Vercors Music Festival : nos cinq coups de cœur

Barbagallo Batteur des Australiens de Tame Impala et de l'étrange créature pop française Aquaserge, Julien Barbagallo est tiraillé entre deux mondes : celui d'une pop anglo-saxonne aux vents psychédéliques et au souffle progressif et celui d'une tradition très française de chanson s'accomplissant jusqu'à l'absurde dans la langue de Molière. Estimant que chanter en anglais serait pour lui un non-sens, l'Occitan se positionne à l'intersection de ces (ses?) deux mondes, se nourrissant des expériences piochées ça (Tame Impala) et là (Aquaserge). C'est sur la route avec les premiers et à Melbourne que Barbagallo a écrit son dernier album Grand chien (traduction du surnom dont on l'affuble en Australie, « Big Dog ») sur lequel il joue de chaque instrument et qui n'est pas sans rappeler les grandes heures d'un Polnareff piétinant avec grâce et en français, à coups de textes farfelus et de glaçages médiévaux, les plates-bandes de ses confrères d'outre-Manche. SD Vendredi 7 juillet à 19h

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Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

MUSIQUES | Depuis plus d’un an, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (deux violons, un alto et un violoncelle) sont tombés en amour. Un amour qui prend la forme d’une tournée revisitant avec douceur le répertoire passé et présent de la Franco-Israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties cette semaine à la Rampe d’Échirolles.

Stéphane Duchêne | Lundi 9 janvier 2017

Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

Ce n'était qu'un concert surprise en juin 2015, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets. Au départ donc, forcément, un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé. « On a travaillé un peu en amont, mais on ne s'est vraiment rencontrés avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll » explique Yael Naim. Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment sentis très chanceux d'être là. » Christophe Colette, violoniste du quatuor, d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, a été tellement magique qu'avec les membres du quatuor, on se surprenait à prendre autant de plaisir à écouter Yael qu'à jouer avec elle. » Le genre de moment pour lequel on aimerait pouvoir dire : j'y étais.

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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On se calme avec La Femme, ni génie ni arnaque. OK ?

Concert | La Femme, pour certains, est l’avenir du rock français. Pour d’autres, c'est plutôt la plus grosse escroquerie de ce début de siècle. Avant le concert du groupe français qui monte à la Belle électrique (et à guichets fermés), on essaie d’y voir plus clair.

Aurélien Martinez | Lundi 21 novembre 2016

On se calme avec La Femme, ni génie ni arnaque. OK ?

Lundi 12 septembre 2016. Tout ce que la France compte de personnalités branchées est devant TMC, obscure chaîne de la TNT, pour regarder la première de Quotidien, nouvelle émission du journaliste star Yann Barthès. Alors que les pastilles d’actu s’enchaînent, l’ancien présentateur du Petit journal annonce la venue de La Femme, « l’événement musical de la rentrée ». Faut dire qu’il était attendu ce Mystère, deuxième album du groupe français après la claque Psycho Tropical Berlin (2013). Sauf que leur prestation fut… comment dire… Il n’y aura que le site des Inrocks pour s’enthousiasmer le lendemain dans un article titré : « l’excellent live de La Femme sur la scène de Quotidien ». Parce que même si le morceau Où va le monde ? qu’ils interprétèrent ce soir-là est dans le plus pur style de La Femme, façon

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Le beau Biolay nouveau est arrivé

MUSIQUES | Quatre ans après "Vengeance", Benjamin Biolay revient avec un album frappant d'originalité et de sincérité. Véritable renaissance après sa dépression, "Palermo Hollywood" est un pied de nez aux préjugés qui lui collaient à la peau. Il sera jeudi à la Belle électrique.

Gabriel Cnudde | Mardi 15 novembre 2016

Le beau Biolay nouveau est arrivé

« C'est en s'oubliant qu'on trouve. » Qu'il ait été inspiré ou non par cette prière de saint François, Benjamin Biolay s'est vraisemblablement retrouvé sur son septième album studio, Palermo Hollywood. Au fond du gouffre pendant de longues semaines, perdu entre l'alcool et les médicaments, c'est en Argentine que le chanteur à texte a trouvé un échappatoire. Sept ans après le magistral La Superbe (2009), Biolay devait faire taire ceux qui pensaient que sa carrière avait alors atteint son apogée. Si Vengeance (2012) n'avait pas fait l'unanimité, Palermo Hollywood, lui, a davantage séduit. Ce succès retentissant, Benjamin Biolay le doit avant tout à sa capacité de réaction. Raillé pour son penchant naturel à la mélancolie, moqué pour son côté sombre, il a aujourd'hui réussi à sortir de ce carcan pour s'ouvrir à de nouveaux horizons musicaux. Resort de cette éclosion un album à l'orchestration magnifique sur lequel Ennio Morricone et quelques bandas prennent tour à tour le contrôle du chanteur. On remue des épaules sur le festif La noche ya no existe puis on danse plus franche

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Gaspar Claus : « Deux mondes qui rentrent en collision »

Flamenco | Avec dix cordes seulement, une guitare et un violoncelle, Gaspar Claus et son père Pedro Soler réinventent le flamenco et tentent de l'offrir au plus grand nombre. Inépuisable explorateur musical, le premier se livre sur ce projet et sa permanente volonté de décloisonnement des genres. À découvrir mardi 8 novembre à l'Hexagone de Meylan.

Gabriel Cnudde | Lundi 31 octobre 2016

Gaspar Claus : « Deux mondes qui rentrent en collision »

Ce n'est pas trop dur de tourner avec l'étiquette flamenco ? C'est un genre finalement assez méconnu en France, qui souffre de beaucoup de préjugés... Gaspar Claus : Dans l'esprit de certains, le flamenco ce sont les fêtes estivales dans les villages balnéaires où ça chante et ça danse. C'est un truc bizarre, folklorique, sauvage. À l'inverse, les aficionados du flamenco sont des élitistes. Ils connaissent beaucoup trop bien la musique et décident de ce qui est du flamenco. Entre les deux il y a tout le public qu'on voudrait toucher. C'est plus le public du dernier album de Leonard Cohen, par exemple. C'est une proposition musicale avant tout. Il s'agit d'abord de jouer de la musique. Mais quand on dit flamenco, il y a quelque chose de très connoté dans l'esprit des gens. On n'y peut rien. Après Barlande en 2011, vous retrouvez votre père pour ce nouvel album, Al Viento... L'année dernière, on parlait d'un second album. Après Barlande, on a fait beaucoup de concerts. L'envie semblait être présente du côté de la maison de disque. Pedro m'a dit : « Tu parles t

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The Divine Comedy : l’empereur Neil Hannon toujours divin

pop | Six ans après son dernier album, Neil Hannon de The Divine Comedy revient avec un "Foreverland" tout en contraste. La simplicité structurelle de la pop y côtoie des orchestrations sublimes, et l'intimité de certains titres rencontre l'humour d'autres. Absolument divin.

Gabriel Cnudde | Dimanche 30 octobre 2016

The Divine Comedy : l’empereur Neil Hannon toujours divin

Il ne porte pas de couronne ni de sceptre, mais Neil Hannon est bien un empereur. À la tête de The Divine Comedy depuis plus de 25 ans, le Nord-Irlandais règne sur un territoire immense où se rejoignent les frontières de la pop et de la musique classique. Avec son onzième album, Foreverland, ce dandy hors du temps met en place une nouvelle fois un voyage temporel réjouissant. Un voyage naïf mais pas niais, pop mais pas mielleux, intimiste mais pas égocentrique ; bref, un voyage absolument indispensable pour tous ceux qui pensaient la pop morte et enterrée depuis des années. Invoquant de grandes figures du passé pour l'aider sur le champ de bataille (Napoleon Complex, Catherine the Great), Neil Hannon remporte toutes ses campagnes. Alliant la simplicité structurelle de ses morceaux à une orchestration instrumentale monumentale, il surprend. Avec lui, ce qui pourrait sonner banal et déjà vu devient grandiose. Orchestre pop C'est bien là tout le talent de The Divine Comedy : faire de la pop un genre orchestrale majestueux. La guitare côtoie un clavecin lyrique, un ensemble de corde

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The Limiñanas : « On n'a pas cherché à signer aux USA »

MUSIQUES | Avec des textes à la Gainsbourg et un rock alliant yéyé et psychédélisme, les Limiñanas sont les nouveaux chouchous de la scène française. Pourtant, avant de conquérir l'Hexagone, Lionel et Marie ont d'abord séduit les États-Unis. En concert à la Belle électrique, ils présenteront leur – déjà – cinquième album, "Malamore". Interview.

Gabriel Cnudde | Mardi 18 octobre 2016

The Limiñanas : « On n'a pas cherché à signer aux USA »

Quand on écoute votre discographie, on a le sentiment non seulement de voyager à travers les différents genres musicaux mais aussi et surtout à travers le temps. On retrouve le psychédélisme des années 1960-1970, le son rock indie du début du millénaire, les éléments d'une pop sixties... Est-ce une volonté de ne pas se cantonner à une époque, à un son particulier ? Lionel Limiñana : Ce qui est certain, c’est qu’on ne voulait pas être un groupe de "revival". Encore moins un "tribute band". Ça ne m'intéresse pas du tout. On a très longtemps respecté les dogmes liés au garage punk, sur la façon d’enregistrer, produire, tourner, le business... Et on s’est éloignés de ça petit à petit. Marie et moi, on a écouté des tas de choses différentes depuis qu'on est gamins. La base de notre collection de disques est le garage punk des années 1960, les Back from the Grave, les Pebbles [des compilations consacrées à ce genre musical – NDLR]. Mais au milieu et sur les côtés, il y a des disques de Joy Division, Burt Bacharach, Sam Cooke, Motörhead, Slade, Ennio Morricone... Notre musique est un amalgame de tout cela.

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Magnifier la simplicité avec Salomé Leclerc

MUSIQUES | Avec deux albums sous le bras, Salomé Leclerc prouve qu'il est encore possible de créer un rock francophone loin des clichés niaiseux du genre. Musicienne, elle est surtout une grande parolière et le prouvera jeudi sur la scène de la Source.

Gabriel Cnudde | Lundi 10 octobre 2016

Magnifier la simplicité avec Salomé Leclerc

Depuis son premier album très remarqué (Sous les arbres, 2011), la Québécoise Salomé Leclerc n'est plus tout à fait la même. Les tournées et rencontres lui ont donné l'assurance et l'expérience des plus grands. Sa musique aussi n'est plus la même. D'un folk épuré et mélancolique, où seule une guitare faisait écho aux poèmes de la parolière, elle est passée à un rock rocailleux à la sauce Audiogram (une maison de disques indépendante québécoise). Pour 27 fois l'aurore (2014), elle a demandé un coup de main à monsieur Philippe Brault, entre autres guitariste pour Pierre Lapointe. Si les synthétiseurs, très présents, les rythmes électroniques et les cuivres font craindre à quelques auditeurs une perte d'authenticité, qu'ils se rassurent : cette production bien léchée permet au contraire à la musicienne de s'ouvrir de nouveaux horizons vertigineux. Sa voix rauque, parfois au service de titres énergiques, sait surtout sublimer la nostalgie quotidienne qu'elle relate dans ses paroles. « Nous sommes devenus des cages / L’icône du naufrage / Nous sommes saison de passage / L'icône du naufrage » écrit elle dans L'icône d

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Stranded Horse : folk complète mandingue

MUSIQUES | Oscillant entre folk anglo-saxon et musique mandingue, le Français Yann Tambour, alias Stranded Horse, s'efforce de produire un son métissé et coloré. Avec sa kora et ses collaborations permanentes, il a réussi à faire tomber de nombreuses frontières, comme on pourra s'en rendre compte vendredi sur la scène de la Bobine.

Gabriel Cnudde | Mardi 4 octobre 2016

Stranded Horse : folk complète mandingue

Insatiable créateur, le Normand Yann Tambour a d'abord fait des siennes sur la scène électro sous le pseudonyme Encre avant de découvrir la kora, cette harpe-luth mandingue qu'on retrouve dans les pays d'Afrique de l'Ouest. Depuis plus de quinze ans, il s'efforce de tirer le maximum de cet instrument via de riches mélodies aux sonorités nouvelles et variées. Conseillé par deux maîtres en la matière, Ballaké Sissoko et Boubacar Cissokho, il a réussi à mélanger à ces racines africaines celles du folk traditionnel de Bob Dylan et de Joan Baez. Fort du succès de ses albums Churning Strides (2007) et Humbling Tides (2011), Yann Tambour a sillonné le monde, la kora à la main et le verbe à la bouche, pour métisser un peu plus encore son projet. Après cinq années de voyages, de rencontres et de travail, Stranded Horse, est revenu, un album entre les mains. Tambour battant Avec les neuf morceaux de Luxe (2016), le musicien ne change pas de cap. Il s'en tient toujours

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Et revoilà Ben Harper

MUSIQUES | Huit ans après, Ben Harper est de nouveau sur les routes avec les Innocent Criminals pour défendre sa quinzième galette (rien que ça). Un album en forme de best of tant on retrouve en l'écoutant tous les styles qui ont influencé la carrière du Californien. Rendez-vous au Summum.

Gabriel Cnudde | Mardi 27 septembre 2016

Et revoilà Ben Harper

Il y a un an déjà, Ben Harper retrouvait sur scène ses Innocent Criminals après sept années passées loin les uns des autres. Depuis, la troupe reformée est passée en studio pour enregistrer Call it what it is, le quinzième album du chanteur à la guitare slide. Après avoir laissé Ben Harper entre les mains de sa mère, avec qui il a enregistré un album, et de plusieurs groupes, comme Fistful Of Mercy et Relentless Seven, c'est avec une pointe de mélancolie qu'on le retrouve avec sa formation d'origine. Un retour plus que réussi tant cette galette semble être la quintessence du travail de Ben Harper. Alternant entre les titres rock puissants (When sex was dirty) et les ballades folk/soul (All that has grown, Bones) sans jamais oublier de satisfaire les fans de reggae (Finding our way), le Californien a su condenser toutes ses inspirations sur un seul et même album. Un album qui est aussi et avant tout un outil de revendication politique permettant au chanteur de dénoncer sans détour les nombreux assassinats de noirs par la police américaine. Avec Call it what it is, Ben Harper interpelle sur cette désespérante situatio

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"Irréprochable" : inquiétante Marina Foïs

ECRANS | de Sébastien Marnier (Fr., 1h43) avec Marina Foïs, Jérémie Elkaïm, Joséphine Japy, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

On ne spolie pas grand-chose de l’intrigue en laissant entendre que Constance, jouée par Marina Foïs, est ici tout sauf irréprochable. Crampon vaguement crevarde au début, elle se révèle ensuite mytho et érotomane, avant de dévoiler au bout du bout un visage plus trouble. Une cascade de "retournements" un peu outrés, censés changer notre point de vue sur ce personnage donné (trompeusement) pour bohème sympa. Le problème, c’est que l’on sait d’entrée qu’il y a un souci : regard fixe et lourd, attitudes maniaques, Constance n’a rien de la fille à qui vous confiriez votre sandwich ni votre code de carte de crédit ; elle respire le vice plus que la vertu. Modeler de la noirceur et des ambiances intrigantes ou inquiétantes semble davantage intéresser Sébastien Marnier qu’animer un personnage cohérent. Dommage, car il dispose par ailleurs d’atouts non négligeables : une distribution surprenante (mais qui fonctionne), ainsi qu’une excellente bande originale signée Zombie Zombie – un adjuvant essentiel.

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Classique pour tous à Cordes en Ballade, en Ardèche

MUSIQUES | Début juillet, pour les fans de musique classique comme pour les autres, c'est en Ardèche que ça se passe, grâce au génial festival du Quatuor Debussy.

Aurélien Martinez | Mardi 21 juin 2016

Classique pour tous à Cordes en Ballade, en Ardèche

En Ardèche, l’été depuis 18 ans, le festival Cordes en Ballade réjouit tous les vacanciers, des mélomanes aguerris aux simples touristes qui passent là par hasard. Un festival comme un rendez-vous singulier, atypique, inattendu, impulsé par l’excellent Quatuor Debussy, en renouvellement perpétuel, exigeant, poétique et drôle. Une programmation pointue mais pour tous, à venir écouter sans aucune modération. Pour cette édition, Mozart et Schubert seront les points d’ancrage et autour d’eux vont graviter des compositeurs plus confidentiels. Ces cordes nous baladent de chefs-d’œuvre en pièces intimes, ouvrant des horizons musicaux inespérés. Quant à l’itinérance voulue comme une mise en jambe nécessaire, ce sera l’occasion de (re)découvrir le riche patrimoine de l’Ardèche méridionale. Les clivages musique classique / musique populaire sont ici balayés, pour preuve ce concert captivant où l’accordéoniste virtuose Richard Galliano et le Quatuor Debussy revisitent ensemble le Quintette avec clarinette de Mozart. Une perle ra

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"Vicky", l'ego trip de Victoria Bedos

ECRANS | de Denis Imbert (Fr., 1h28) avec Victoria Bedos, Chantal Lauby, François Berléand, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

En théorie, on devrait éprouver compassion et bienveillance pour Victoria Bedos, la pauvre petite fille riche racontant ici sa difficulté d’avoir pour père un comédien misanthrope et pour frère un monstre d’égoïsme se servant d’elle comme d’un paillasson – de préférence les soirs de pluie. C’est à cause, ou grâce, à ces modèles masculins étouffants qu’elle a voulu se réinventer sur grand écran en devenant chanteuse underground, car elle a du talent, elle aussi… Mais notre empathie, on s’assoira dessus, puisque la comédienne-scénariste affirme qu’il ne faut chercher aucun règlement de compte dans ce film servant sa gloire et fusillant les affreux machos autocentrés de sa parentèle. Elle s’est pourtant donné bien du mal pour accentuer les ressemblances et que chacun identifie sans peine les Bedos derrière les Bonhomme. Cela dit, en étant de presque tous les plans dans l’autoficiton qu’elle se consacre, Victoria montre n’avoir rien à envier à son entourage en matière d’ego. Voir Vicky, c’est un peu comme assister à un spectacle scolaire de fin d’année joué par d’autres enfants que les vôtres : à quoi bon ?

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The Divine Comedy en concert en novembre à la MC2

MUSIQUES | Les amoureux de pop anglo-saxonne ont rendez-vous à la MC2 Grenoble le jeudi 3 novembre 2016. La billetterie ouvre ce vendredi.

Tiphaine Lachaise | Mardi 17 mai 2016

The Divine Comedy en concert en novembre à la MC2

Le projet pop The Divine Comedy sera de retour en France cet automne pour une série de concerts, et Grenoble et Lyon sont au programme. Le groupe nord-irlandais fondé en 1989, mais rapidement transformé en projet personnel du chanteur Neil Hannon, dont il est le seul membre fixe, posera ses valises à la MC2 Grenoble le 3 novembre – et la veille au Radiant-Bellevue à Caluire (près de Lyon). Ce qui promet quelques bonnes surprises puisque Neil Hannon, auteur des morceaux Our mutual Friend ou National Express, devrait présenter son nouvel album, le onzième, Foreverland. Les places seront mises en vente dès le vendredi 20 mai à 10h.

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Ben Harper & The Innocent Criminals en octobre à Grenoble

MUSIQUES | Rendez-vous le mardi 4 octobre au Summum. La billetterie est déjà ouverte.

Aurélien Martinez | Jeudi 3 mars 2016

Ben Harper & The Innocent Criminals en octobre à Grenoble

Bonne nouvelle pour les fans : le musicien Ben Harper retrouve ses Innocent Criminals, avec qui il n’avait pas joué depuis sept ans. Pour promouvoir leur nouvel album Call it what it is prévu pour avril prochain, ils vont donner une tournée mondiale qui passera donc par Grenoble à l’automne. L’occasion de le retrouver deux ans après son passage en solo par le même Summum.

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Le Quatuor Debussy, rock star du classique

MUSIQUES | Mardi, les quatuors de Beethoven vont vibrer d'un nouveau souffle. Le Quatuor Debussy, habitué à ravir les oreilles du public de la Rampe, revient à Échirolles avec une proposition exclusivement classique, et assurément contemporaine.

Charline Corubolo | Mardi 1 mars 2016

Le Quatuor Debussy, rock star du classique

Si aujourd'hui, pour stimuler son conduit auditif, le public semble préférer la gratte à l'archet, c'est qu'il ne s'est pas encore frotté aux cordes du Quatuor Debussy. Lorsque celles-ci viennent titiller l'oreille, elles provoquent ainsi un plaisir digne de l'extase musicale. Car formation classique ne veut pas dire ennui ou élitisme : avec ce quatuor-là, on embarque à chaque fois pour de nouvelles contrées classiques réinventées et parfois même dans d'autres registres comme le cirque avec la compagnie Circa, la danse avec Sylvie Guillermin ou récemment à Lyon la pop avec Yael Naim. Des écarts de conduite et de note qui permettent de souligner la grande liberté et virtuosité de ces quatre musiciens lyonnais qui œuvrent à décloisonner la musique de chambre depuis presque 30 ans. Et c'est d'ailleurs avec celle de Ludwig van Beethoven qu'on les retrouve à la Rampe, pour un ré-enchantement

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Musique classique : les cinq temps forts du semestre

MUSIQUES | En 2016, on a rendez-vous à la MC2 avec l'Aurora Orchestra, à la Rampe avec le Quatuor Debussy, à l'église Saint Martin avec certains des Musiciens du Louvre Grenoble, à l'Odyssée d'Eybens avec le mandoliniste Vincent Beer-Demander ou encore à l'Auditorium du Musée de Grenoble avec la comédienne Natacha Régnier.

Régis Le Ruyet | Mercredi 6 janvier 2016

Musique classique : les cinq temps forts du semestre

Beethoven Passion Depuis quelques années, une union indéfectible associe le Quatuor Debussy à la Rampe. Sur la scène échirolloise, la formation rhônalpine a déjà croisé l'archet avec nombre de partenaires allant des acrobates australiens de Circa à la chorégraphe grenobloise Sylvie Guillermin. Cette fois, ces habitués des chemins de traverse iront seuls affronter trois des titanesques quatuors à cordes de Beethoven. Une forme reine définie par Haydn, aux canons rééquilibrés par Mozart et que Beethoven questionnera jusqu'à la rupture au cours des quatre dernières années de sa vie. Séquentiellement considéré comme le premier et écrit vers l'âge de 30 ans, les traces du Quatuor n°3 opus 18 remontent à 1798. Le compositeur y montre son assimilation des héritages tout en laissant poindre quelques lumineuses inventions. Quant à l'Opus 59 n°3, dédié au comte Razumovsky, intitulé Eroica et commençant dans une obscurité mélodique, il demeure l'un des plus joués au monde. Enfin, ébauché en 1826 et dernier de tous, le Quatuor opus 135, que Beethoven n'entendit jamais, porte la dédicace prémonitoire de "la résolut

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Les joyeuses Cordes en ballade du Quatuor Debussy

MUSIQUES | « Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane. » Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème Alla Zingarese : à la tzigane. Philippe Yves

Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

Les joyeuses Cordes en ballade du Quatuor Debussy

Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on retrouve en alternance des pointures du classique et des grands nom

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Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

SCENES | En juin 2013, le prestigieux festival lyonnais Les Nuits de Fourvière fut illuminé par "Opus", création mêlant nouveau cirque, danse et musique, emmenée par la compagnie australienne Circa et le Quatuor Debussy. Une réussite entre poésie et force dans laquelle les interprètes, circassiens comme musiciens, offrent une vision sublimée d'un art collectif. Avant le passage du spectacle par la Rampe d’Échirolles, rencontre avec Christophe Collette, premier violon et membre fondateur du Quatuor Debussy. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 26 mai 2015

Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

Comment est née l’idée d’une rencontre sur scène entre votre Quatuor Debussy et la compagnie australienne Circa ? Christophe Collette : La rencontre a été provoquée par Dominique Delorme, directeur du festival lyonnais Les Nuits de Fourvière, qui connaît notre appétence pour les croisements artistiques. Un jour à Montréal, il est tombé sur Yaron Lifschitz, directeur artistique de la compagnie Circa, qui lui a parlé de son envie depuis des années de faire quelque chose autour de Chostakovitch [compositeur russe de la période soviétique – NDLR]. Comme Dominique savait qu’on était depuis des années un des quatuors spécialistes de Chostakovitch, il a voulu que l’on se rencontre avec Yaron pour voir si ça pouvait marcher. Ce n’est pas la première fois que vous collaborez avec des artistes venus du spectacle vivant – Mourad Merzouki, Maguy Marin, Anne Teresa De Keersmaeker… On fait ça depuis presque vingt ans, on a été très novateurs dans cette démarche artistique. Sa

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Musique de haute voltige avec Opus

SCENES | Critique du (fabuleux) spectacle de la compagnie Circa et du Quatuor Debussy avant son passage par la Rampe d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 26 mai 2015

Musique de haute voltige avec Opus

René Magritte, artiste surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre « Ceci n'est pas une pipe ». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée « Ceci n'est pas du cirque », tant c'est bien plus que ça. Et comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le Quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa se font les fervents représentants, accompagnés par le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui, depuis plus de 25 ans, réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, compositions dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle de corps qui repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou en mouvement. Car ce sont bien deu

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L’Art de la fugue

ECRANS | De Brice Cauvin (Fr, 1h40) avec Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Benjamin Biolay, Nicolas Bedos…

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

L’Art de la fugue

Tiré d’un best-seller de Stephen McCauley, L’Art de la fugue se présente en film choral autour de trois frères tous au bord de la rupture : Antoine se demande s’il doit s’engager plus avant avec son boyfriend psychologue ; Gérard est en instance de divorce avec sa femme ; et Louis entame une relation adultère alors qu’il est sur le point de se marier. Le tout sous la férule de parents envahissants et capricieux – savoureux duo Guy Marchand / Marie-Christine Barrault. On sent que Brice Cauvin aimerait se glisser dans les traces d’une Agnès Jaoui (ici actrice et conseillère au scénario) à travers cette comédie douce-amère à fort relents socio-psychologiques. Il en est toutefois assez loin, notamment dans des dialogues qui sentent beaucoup trop la télévision – les personnages passent par exemple leur temps à s’appeler par leurs prénoms, alors qu’ils sont à dix centimètres et qu’ils entretiennent tous des liens familiaux ou professionnels… C’est un peu pareil pour la mise en scène, plus effacée que transparente, tétanisée à l’idée de faire une fausse note. Malgré tout cela, le film se laisse voir, il arrive même à être parfois touchant (notamment le beau

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Gaby baby doll

ECRANS | De Sophie Letourneur (Fr, 1h27) avec Lolita Chammah, Benjamin Biolay, Félix Moati…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Gaby baby doll

Qu’est-il arrivé à Sophie Letourneur ? Depuis son prometteur La Vie au Ranch, elle s’est enfermée dans un cinéma de plus en plus autarcique et régressif. Les Coquillettes sentait le truc potache vite fait mal fait, un film pour "happy few" où la blague principale consistait à reconnaître les critiques cinéma parisiens dans leurs propres rôles de festivaliers traînant en soirées. Gaby baby doll, à l’inverse, choisit une forme rigoureuse, presque topographique, reposant sur la répétition des lieux, des actions et des plans, pour raconter… pas grand-chose. Car cette love story campagnarde longuement différée entre un ermite barbu et épris de solitude (Biolay, égal à lui-même) et une Parisienne qui ne supporte pas de passer ses nuits seule (Lolita Chammah, plutôt exaspérante) est pour le moins inconsistante. Letourneur semble parodier la forme de la comédie rohmerienne en la ramenant sur un territoire superficiel et futile, une

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Cordes en voyage

MUSIQUES | En plein cœur de l’Ardèche, le Festival Cordes en Ballade prépare une seizième édition latine. Le Quatuor Debussy à la commande depuis l’origine, on s’attend à de l’inattendu, forcément ; à de l’humour et du décalage parfois ; à de la haute volée musicale toujours. Pascale clavel

Pascale Clavel | Mardi 24 juin 2014

Cordes en voyage

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, “On en pince pour les cordes” explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l’année suivante, “Welcome America !” déroulait une humoristique “Route 07” musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtile de musique classique, con-temporaine et de jazz, sous l’intitulé “De Bach à Haydn, la musique en héritage”. Pour l’édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec “Viva Latina !”, c’est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne. Métissage, éclectisme et jubilation Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu’ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c’est peu dire que leur folie est conta

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20 ans après...

MUSIQUES | À peine sorti un album en forme de retour aux sources enregistré avec sa mère Ellen, Ben Harper fête ses 20 ans de carrière avec une tournée solo qui passe par Grenoble. Où l'on retrouvera le Californien avec ses classiques et son inséparable guitare Weissenborn. Et peut-être un peu de ce génie, un brin perdu de vue, qui, il y a 20 ans, sorti de nulle part, nous avait flanqué une claque aussi monumentale qu'inoubliable. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 13 mai 2014

20 ans après...

Nous sommes le 14 avril 1994. C'est la première télé française d'un jeune californien à l'occasion d'un des fameux live du Nulle part ailleurs de la "grande époque". Étrangement, le jeune homme de 24 ans est accompagné du groupe  résident de l'émission de Canal +. Autre particularité : affublé d'un immense sweat-shirt Adidas, d'un pantalon feu de plancher et de tresses de squaw, et pourtant beau comme un Dieu, Ben Harper joue assis d'un drôle d'instrument posé ses genoux. Une Weissenborn, guitare hawaïenne à manche creux inventée par un Allemand, dont on joue avec un tone bar, un accessoire de métal à faire glisser sur les cordes. Comme habité, Harper chante le regard baissé si bien qu'on se demande un moment s'il n'est pas aveugle. Sentiment d'autant plus fort que celui que vient de nous présenter Antoine de Caunes a quelque chose de Stevie Wonder. Comme il a d'ailleurs quelque chose de Bob Marley, de Ry Cooder, de Robert Johnson, de Taj Mahal, de Jimi Hendrix, de Marvin Gaye... Sauf qu'il a aussi et surtout son truc à lui. Un jeu de guitare époustouflant marié à une voix dont il fait à peu près ce qu'il veut et qu'il doit autant à mère nature qu'à un atavisme certain.

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La Femme du ferrailleur

ECRANS | Au fin fond de la Bosnie, Danis Tanovic, le réalisateur de "No man’s land", filme une fiction avec un maximum de documentaire dedans, et s’extirpe du misérabilisme de son contexte et des schémas parfois grossiers de son scénario par l’efficacité de sa mise en scène. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 25 février 2014

La Femme du ferrailleur

Un petit village enneigé au fin fond de la Bosnie. Nazif est ferrailleur, ce qui lui rapporte quelques maigres marks, tout juste suffisants pour nourrir ses deux enfants et sa femme Senada au physique fellinien. Elle est enceinte pour la troisième fois, mais la grossesse se passe mal et elle doit se faire opérer en urgence après une fausse-couche. Sauf que Nazif n’a pas d’assurance-maladie et que l’opération coûte un bras… C’est d’abord une surprise de retrouver Danis Tanovic, le cinéaste précis et élégant de No man’s land, aux commandes d’un film qui exhibe ostensiblement son caractère rugueux et mal dégrossi. L’image est brute, les cadres vacillants et les personnages comme le décor soulignent en permanence le réalisme du contexte. Sans parler du sujet, qui fustige les inégalités à l’œuvre dans la société bosniaque d’après-guerre – Nazif a passé quatre ans à se battre contre les Serbes « dans les tranchées », mais n’y a gagné que des souvenirs traumatiques. C’est d’ailleurs le projet du film tout entier : construire une fiction avec d’énormes pans de réalité documentaire, les acteurs étant au plus proche de ce qu’ils sont dans la vie. Au bout

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Pour Noël, plusieurs choix de cadeaux culturels sont possibles. Les palpables (bouquins, DVD, CD...) comme les immatériels. Nous avons privilégié les seconds, en vous concoctant une sélection de concerts et spectacles (dont il reste des places) à voir dans la région. Une sélection très ironiquement thématisée ! La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2013

Notre sélection de Noël

Pour les teufeurs proprets Nuits sonores (le festival électro de Lyon, cette année du 28 mai au 1er juin) et Musilac (à Aix-les-Bains du 11 au 13 juillet) sont des festivals sympathiques : ils lâchent avant Noël des places à des tarifs avantageux. Pour Nuits sonores, on peut réserver un pass 3 nuits à 77 €, sans néanmoins connaître la prog (qui est toujours de haut niveau). Pour Musilac, où sont déjà annoncés Motörhead, Stromae, Shaka Ponk ou encore –M–, 10 000 pass 3 jours sont en vente au prix de 89, 90 € (au lieu de 119, 90 €). À noter que comme la date du 17 avril au Summum est complète (ainsi que celle de Lyon la semaine d’après), pour voir le phénomène Stromae dans la région, ce sera forcément à Aix-les-Bains.www.nuits-sonores.comwww.musilac.com

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Ben Harper le 15 mai à Grenoble

MUSIQUES | La dernière fois que Ben Harper a posé ses bottes en Isère, c'était cet été à Jazz à Vienne, en deuxième partie du phénomène Rodriguez. Harper et son acolyte du moment (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 novembre 2013

Ben Harper le 15 mai à Grenoble

La dernière fois que Ben Harper a posé ses bottes en Isère, c'était cet été à Jazz à Vienne, en deuxième partie du phénomène Rodriguez. Harper et son acolyte du moment Charlie Musselwhite, vieux bluesman au nom de fruits de mer, venaient d'enregistrer un album à quatre mains plutôt très réussi. Il n'en reste pas moins qu'on regrettera toujours le Ben Harper des deux premiers albums, jeune gars habité par sa musique sans se prendre encore pour un prophète de stade. Un type capable de vous faire pleurer d'une simple inflexion de voix ou d'un riff de Weissenborn. C'est peut-être un peu de cet esprit que l'on retrouvera le jeudi 15 mai au Summum, où l'on nous annonce un solo acoustique.

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"Love Songs" : l’amour à la française avec Vanessa Paradis

Concert | Retour au sommet cette année pour Vanessa Paradis, grâce à un album produit et réalisé par Benjamin Biolay. Un duo gagnant qui confirme que l’interprète est une subtile pâte à modeler pour des auteurs-compositeurs capables de révéler ses multiples facettes artistiques.

Aurélien Martinez | Jeudi 21 novembre 2013

Plus de vingt-cinq ans que Vanessa Paradis navigue dans le monde de la chanson française, sous-catégorie variété haut de gamme. Une longévité remarquable pour celle qui n’écrit pas (ou si peu) ses morceaux : un pari risqué, la rendant dépendante d’autres – souvent des hommes d’ailleurs. Mais ce serait sans compter sur ce mystère qui lui permet de subtilement diffuser sa sève pour que les albums qu’on lui compose semblent venir directement d’elle. Normal, puisqu’elle s’est souvent associée à des auteurs-compositeurs de renom avec qui elle entretenait une relation plus que professionnelle – amicale ou amoureuse. Serge Gainsbourg en 1990 pour le moins cul-cul qu’il n’y paraît Variations sur le même t’aime, Lenny Kravitz en 1992 pour l’envoûtant (et tout en anglais) Vanessa Paradis, ou encore Matthieu Chédid et quelques autres auteurs de la même veine en 2000 pour l’écrin Bliss : chaq

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Benjamin Biolay : elles et lui

Concert | Après des débuts difficiles tant avec le public que la critique, Benjamin Biolay met pas mal de monde d’accord depuis quelques années. Ce qui lui vaut d’être désigné pote de cénacle des Gainsbourg, Bashung & co. Un artiste prolifique qui diffuse aussi son venin charnel chez d’autres artistes – principalement des femmes. Petit tour d’horizon des plus emblématiques de ces couples d’un temps, avant le concert que Monsieur BB donnera cette semaine à Grenoble.

Aurélien Martinez | Vendredi 7 juin 2013

Benjamin Biolay : elles et lui

Keren Ann Le premier album en français de la chanteuse d’origine néerlandaise voit le jour en 2000. Il est écrit en collaboration avec un Biolay qui n’a pas encore livré de production solo (Rose Kennedy sortira un an plus tard). Très Suzanne Vega et Joni Mitchell, La Biographie de Luka Philipsen est un petit bijou mélodique, sobre, gracieux, plus folk que chanson française, qui met discrètement en lumière le talent de cette souffleuse de mots constamment Sur le fil. Fort de cette réussite (qui se réitérera sur deux autres albums), le tandem est alors invité la même année à travailler sur Chambre avec vue, le nouveau disque du vétéran Henri Salvador porté par le fameux Jardin d’hiver (déjà présent sur La Biographie de Luka Philipsen). Une réussite, et un véritable succès qui replace Salvador sur le devant de la scène (explosion des ventes, Victoires de la musique à la pelle...) – même si ce dernier tenta par la suite de minorer la participation de

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Cher homme connu

MUSIQUES | Compte-rendu énamouré de concerts. Nadja Pobel

Aurélien Martinez | Vendredi 7 juin 2013

Cher homme connu

Nous nous rencontrons dès l’automne 2007, toi sur la scène du Kao (Lyon), moi en face, dans une salle pleine. À l’époque, tu es le bad boy de la chanson française que la presse adore détester, faisant ses choux gras de tes crachats sur Bénabar et consorts. Mais, au plateau, c’est un homme heureux qui assure 2h30 de concert et joue les multi-instrumentistes (dont le trombone, l’instrument de tes gammes). Une claque. Quand on se retrouve en mars 2010, La Superbe a remis les pendules à l’heure chez les grincheux. Les médias t’adoubent enfin, tu remplis des mois à l’avance le Transbordeur (Lyon encore), deux fois la jauge du Kao. Un concert de cordes avec harpe, piano… Superbe forcément. Quatre mois plus tard, je me mords les doigts de ne pas être aux Nuits de Fourvière (Lyon toujours) où tu es accompagné par le jeune orchestre symphonique du Conservatoire, là même où tu as traîné tes guêtres. 22 mai dernier. Retour au Transbo. L’album Vengeance a moins tourné sur ma platine que les précédents. Mais qu’est-ce que ça peut faire ? D’emblée, ce soir-là, une évidence 

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Une Femme fatale sur scène

MUSIQUES | La Femme n'est pas seulement la nouvelle égérie d'une industrie du disque moribonde. C'est aussi, comme on a pu le constater lors de son récent passage à Lyon, une machine de guerre scénique... Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Vendredi 17 mai 2013

Une Femme fatale sur scène

La première fois que La Femme a usé de ses charmes à notre endroit, c'était à la Halle Tony Garnier (Lyon) il y a de cela un an et demi, par un soir de novembre. À l'époque, elle n'avait pas grand chose pour elle : ni le look (croisée en coulisses, elle avait, sous ses cheveux peroxydés, l'air de la première adolescente à problèmes de peau venue), ni la réputation (sauf auprès des éjaculateurs précoces qui constituent le gros de la presse musicale parisienne), encore moins les chansons, à l'exception de Sur la planche, tube surf abondamment waxé devenu depuis l'hymne du groupe. Pas de quoi faire ch'boum là d'dans donc, comme disent les chasseurs de fantômes, d'autant qu'elle se voyait généralement cantonnée à un rôle d'amuse-gueulard, en l'occurrence pour Skip the Use et Birdy Nam Nam. Depuis, La Femme a bien changé. Elle a mis le pays à ses pieds sur la foi de Psycho Tropical Berlin, un premier long format aussi chic que déglingué. Elle a surtout gagné en allure (tablettes de chocolat bien fermes et sunglasses anachroniques pour les mecs, frange impe

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Femme sous influences

MUSIQUES | « Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 17 mai 2013

Femme sous influences

« Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des filles que l'on aime / Et celles qu'on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu'on attendait ». Nul doute que ces paroles, tirées de La Fleur aux dents, la best country song ever de Joe Dassin, ont résonné dans la tête de Pascal Nègre lorsqu'en novembre dernier il a conclu avec La Femme, de turbulents ados que l'industrie s'arrachait depuis des mois. Turbulents et insaisissables. De son mode de fonctionnement – trois compositeurs autour desquels gravitent de fausses ingénues – à ses origines géographiques (de Marseille à Paris en passant par Biarritz), de son look – la bande arbora un temps le combo chevelure platinée/regard perçant des gamins du Village des damnés – à sa culture musicale, bouillon 80's dans lequel barbotent en bonne entente la new wave unisexe de Marie et les garçons et le rock superbement minimal du Velvet Underground, cette Femme-là ne ressemble en effet à aucune autr

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Made in french

MUSIQUES | Dans le sillage de La Femme, de passage à Grenoble cette semaine, une poignée de groupes hexagonaux se réapproprient la langue française en miroir d'une certaine idée de la France, fantasmée comme un paradis perdu qu'il faudrait rapatrier.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 mai 2013

Made in french

« Le rock français, disait John Lennon, c'est comme le vin anglais. » Y ajouter du français, ce serait donc comme le couper à l'eau, on le sait depuis toujours, voire à l'huile de moteur. À son inimitable manière, Jean-Louis Murat résumait ainsi le problème dans un des Inrocks du mois dernier : « Dès que tu as basse-batterie, ta chanson est dépassée. Tu voulais faire une berline et tu te retrouves avec un semi-remorque. » C'est pourtant avec une certaine légèreté de ton et la langue nullement chargée d'un trop lourd héritage – littéraire côté français, rock côté anglo-saxon – qu'une nouvelle génération de popeux a réinvesti la très casse-gueule combinaison mélodies anglophones/idiome francophone. La chose n'est pas nouvelle, a connu des tendances, des écoles (les labels Village Vert et Lithium), mais à vrai dire on n'avait pas vu pareil (épi-?) phénomène depuis l'agonie prématurée de baby rockers (Naast, Brats, Second Sex, Plastiscines...) trop vites portés aux nues d'une France qui rock et qui roll et précipités tout aussi rapi

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Second acte

MUSIQUES | Musique classique / Le rideau se lève sur une deuxième partie de saison très riche et enthousiasmante. Bref aperçu en quelques coups de cœur. Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 11 janvier 2013

Second acte

Il y a un an, le quatuor Debussy boxait sur la scène de la Rampe avec le danseur Mourad Merzouki. En 2013, on retrouve les musiciens le 24 janvier pour un programme intime et fugueur. Cherchant une manière symbolique et originale de célébrer le deux cent cinquantième anniversaire de la naissance de Mozart, il délaisse les vingt-trois quatuors du génie de Salzbourg et enregistre la version pour cordes du Requiem transcrite en 1802 par Peter Lichtenthal, un must auquel s'adjoindront des fugues de Piazzola, Beethoven et Bach. À la MC2, le pianiste et artiste associé Alexandre Tharaud continue ses propositions plus alléchantes les unes que les autres. Tout commence le 25 janvier par une Nuit du piano baroque et romantique où, en monsieur loyal, le musicien souhaite faire découvrir, à raison d'un soliste par heure, quatre jeunes confrères et consœurs. La carte blanche se poursuivra lors d'une semaine multiforme du 4 au 8 juin, des Variations Goldberg au registre des musiques du XXe jusqu'en une apothéose pop au casting de prestige. Unis depuis 1981, cela fait plus de trente ans que le quatuor Parisii, consacré par des prix internationaux, enchante le public en suiva

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Benjamin Biolay, la "Vengeance" aux deux visages

MUSIQUES | Connaissant l'animal et sa réputation de flingueur tous azimuts, son statut de tête à claque officielle pour beaucoup, ainsi que certaines de ses mésaventures (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 11 janvier 2013

Benjamin Biolay, la

Connaissant l'animal et sa réputation de flingueur tous azimuts, son statut de tête à claque officielle pour beaucoup, ainsi que certaines de ses mésaventures avec la presse (Technikart, la presse people), quand on a appris que Benjamin Biolay sortait un album intitulé Vengeance, on a crû au massacre. C'est tout l'inverse qui est arrivé à nos oreilles : certes inégal (un Biolay parfait ne serait pas un Biolay – mais on se permet de préciser qu'arrêter de rapper ne serait pas un mal), Vengeance est un album de haute volée rempli de pépites et de duos savants (dont un avec Carl Barat). Plus qu'une vengeance, même douce : un cadeau légèrement empoisonné, le potlatch d'un homme qui se préoccupe surtout de tracer sa route et ne cesse pour le coup – selon un cliché consacré – de gagner en maturité. Annoncée avant même la sortie de l'album pour le printemps 2013, la tournée Vengeance est attendue de pied ferme. Un couteau entre les dents. Benjamin Biolay, le vendredi 14 juin à la MC2

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On the road, again

MUSIQUES | Après la mythique route 66 aux États-Unis, le festival Cordes en ballade invente la route 07 en France, en Ardèche. Il faut comprendre cette saison que le (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 22 juin 2012

On the road, again

Après la mythique route 66 aux États-Unis, le festival Cordes en ballade invente la route 07 en France, en Ardèche. Il faut comprendre cette saison que le festival nous emmène de-ci de-là, en itinérance pour des moments consacrés presqu’entièrement à la musique américaine. Depuis 1999, sous la houlette du Quatuor Debussy, Cordes en ballade s’applique à tricoter des moments d’une grande qualité musicale où se croisent des interprètes confirmés et de jeunes ensembles. Bien sûr, de la musique américaine, les classiques, les Bernstein, Barber ou encore Gershwin seront à l’honneur, mais aussi le jeune et fascinant compositeur Marc Mellits, invité cette année en résidence. Et puis, parce que l’Amérique ne suffit pas, le Quatuor Debussy célèbre le 150e anniversaire de la naissance de… Debussy. Pour cette occasion, le pianiste Hervé Billaut et la jeune harpiste Pauline Haas se joindront au quatuor, pour une journée exceptionnelle autour du compositeur. Et aussi un ciné-concert, des balades en vélo électrique dans le village de Viviers, un repas champêtre, une promenade bucolique dans les vignobles avec aubade musicale, une soirée jazz… Le Quatuor Debussy est bien vivant, étonne encore,

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L'uppercut!

SCENES | Danse / Pour sa nouvelle création, Mourad Merzouki revient à ses premières amours : les arts de combat qu’il mêle au cirque en n’oubliant pas le hip-hop. Avec "Boxe Boxe", il ne renie rien de son parcours et l’enrichit aussi de la présence sur scène du détonnant Quatuor Debussy. NP

Aurélien Martinez | Mardi 10 janvier 2012

L'uppercut!

Baignée de noir, la scène s’illumine doucement pour laisser poindre quelques étoiles. Des hululements sont les premiers sons de la nouvelle création de Mourad Merzouki avant que ne se fasse entendre Schubert par le quatuor Debussy (deux violons, un violoncelle, un alto). Nous sommes loin de la folle énergie qui se dégageait de l’incroyable spectacle Agwa ou de son jumeau dansé par des Brésiliens, Correria (vus en mai 2010 à l'Hexagone). Boxe Boxe est une pièce de cordes, celles du ring, et celles travaillées par les musiciens sur leur instrument. C’est une partition qui ramène le chorégraphe de Käfig au sens premier de la signification du nom de la compagnie en allemand et en arabe : la cage. Au commencement, les corps des danseurs sont prisonniers, condensés dans une cage-ring. Seuls des gants de boxe tendus au bout de leurs bras en dépassent et entament une chorégraphie, comme des marionnettes. Suivent des duos clownesques où Merzouki délaisse le travail physique intense au profit d’un découpage des gestes, comme un film muet au ralenti. De cinéma, il est d’ailleurs question tout au long du spectacle. Les musiciens évoluent sur des chaises à roulette

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Pourquoi tu pleures ?

ECRANS | De Katia Lewkowicz (Fr, 1h39) avec Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos, Nicole Garcia…

François Cau | Mercredi 8 juin 2011

Pourquoi tu pleures ?

Avant qu’il ne s’enfonce dans une énième chronique des atermoiements amoureux, il y a une bonne idée dans Pourquoi tu pleures ? Raconter les dernières heures de célibat de son héros (Benjamin Biolay, autour de qui le film a manifestement été conçu) comme un labyrinthe kafkaïen dont nous serions, comme lui, les témoins passifs et incrédules. Une nuit d’ivresse, des Israëliens qu’on conduit dans un appartement surpeuplé et une absente, Anna, dont on ne sait ni où elle est, ni qui elle est. Bien sûr, Lewkowicz doit à un moment clarifier les choses, et le petit charme du film s’envole, laissant la place à une galerie de personnages colorés mais antipathiques digne du pire Klapisch. Les acteurs font alors ce qu’ils veulent, la caméra aussi, et le montage tente de mettre en ordre ce grand foutoir moyennement accueillant, qui fait appel au vécu du spectateur plutôt que de soigner pour lui ses effets (comiques, notamment) et sa direction artistique (décors tristes de quotidienneté, mixage incohérent). Beaucoup d’intentions, peu de réalisation : un travers très français. Christophe Chabert

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Son nom est trouble

MUSIQUES | C’est tout auréolée de la réussite de son dernier album 101 que Keren Ann viendra nous rendre visite à la Maison de la Musique de Meylan cette semaine. Regard sur le parcours de cette chanteuse à l’irrésistible fragilité. François Cau

François Cau | Lundi 16 mai 2011

Son nom est trouble

Si l’on se cantonnait à des éléments disparates de sa biographie artistique, on aurait de furieuses raisons de ne jamais Ô GRAND JAMAIS prêter ne serait-ce qu’une oreille à la production discographique de mademoiselle Keren Ann Zeidel. Elle débute sa carrière en 1998 en campant une agent du Mossad dans K d’Alexandre Arcady, certes l’un des moins mauvais films du terrible réalisateur, mais tout de même. L’année suivante, elle bifurque sur la voie musicale et décroche un premier succès public au sein de son groupe Shelby avec le single 1+1, dont les fortes résonances post-adolescentes pourraient se résumer à travers les paroles « La Terre tourne comme une orange amère, je peins en vert l’univers ». Plus récemment, son nom s’est retrouvé dans la liste des soutiens publics à la création d’Hadopi, aux côtés de M Pokora et Camaro. On en profite pour rappeler à quel point la primauté de l’anecdotique nuit gravement au bon sens critique, et une fois mises de côté ces informations, on encourage fortement à plonger dans la discographie de Keren Ann. Les promesses dans l’ombre D’ailleurs, si l’on voulait apporter

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