Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Yael Naim et le Quatuor Debussy

À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties.

À la Rampe (Échirolles)
Jeu 12/01 et ven 13/01

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Camera

Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il éprouve notre résistance aux rythmes bouclés, aux mélodies lancinantes répétitives et aux synthétiseurs en fuite pour tester l'esprit humain. Le pousser dans ses derniers retranchements, ceux qu'on visite avant de sombrer dans la démence. Du krautrock, quoi.

À la Bobine
Sam 21/01

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Le Piers est à venir

Folk -world | Bien que solidement campé dans les sauvages cévennes qui l'ont adopté, le musicien anglo-italien Piers Faccini continue de multiplier les voyages immobiles sur son dernier disque.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 juillet 2021

Le Piers est à venir

Voyage vertical et plutôt de bas en haut, si l'on en croit son titre Shapes of the Fall (Les formes de la chute). Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels, de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète à commencer par le climat. Ce voyage, cette belle descente aux enfers, le folkeux la double d'une descente vers le sud. Convoquant les pulsations gnawas et les transes africaines (toujours ce tropisme world dans son folk) dans ce trip étourdissant qui, pour évoquer la fin du monde, semble vouloir aller puiser à ses sources géographiques. Cela donne des morceaux vertigineux comme Foghorn Calling ou Dunyas (et ses sublimes arrangements de cordes), entre deux balades teintées de mélancolie lumineuse. Celle de l'espoir qui malgré tout demeure, sinon autant se jeter par les fenêtres du monde. Faccini déçoit rarement, mais on tient peut-être là un chef-d'œuvre tel qu'il n'en a malgré tout pas livré depuis longtemps. Un genre de chef-d'œuvre en péril qu'il va falloir chérir.

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"Canción sin nombre" / "Nuestras Madres" : l’une sort en salle, l’autre pas

Cinéma | Inscrits dans un contexte historique similaire, deux films d'Amérique latine sont à découvrir prochainement, mais pas sur les mêmes écrans. Nous vous les présentons toutefois en parallèle l'un de l'autre.

Vincent Raymond | Mardi 9 juin 2020

Aussi dissemblables par leur destinée que leur facture ou leur approche esthétique, Canción sin nombre et Nuestras Madres ont beaucoup en commun, à commencer par leur inscription spatiale (l’Amérique latine) et historique (les années 1980).Tous deux figuraient à Cannes l’an dernier : le premier à la Quinzaine des réalisateurs, le second à la Semaine de la Critique où il a ravi la Caméra d’Or. Dévolue au meilleur premier film de la compétition toutes sections confondues, cette prestigieuse distinction ne l’exonère pourtant pas d’une sortie directe en SVOD tandis que l’autre, resté à peine une semaine sur les écrans avant le confinement, renoue avec les salles. Car même si Nuestras Madres se situe de nos jours, il se déroule réellement dans le passé puisque le protagoniste y est un anthropologue de médecine légale identifiant les dépouilles de victimes de la guerre civile guatémaltèque, lui-même orphelin de père et d’une mère torturée par le pouvoir d’alors. Un régime dont on sait qu’il pratiquait l’enlèvement d’en

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"Le Lion" : l’espion qui venait de l’asile

ECRANS | De Ludovic Colbeau-Justin (Fr., 1h35) avec Dany Boon, Philippe Katerine, Anne Serra…

Vincent Raymond | Mardi 28 janvier 2020

Médecin en hôpital psychiatrique, Romain s’est vu confier le cas de Léo Milan, "le Lion", un malade surexcité se disant agent secret. Quand la compagne de Romain disparaît, le Lion y voit un coup des services ennemis et accepte d’aider son toubib, à condition qu’il le fasse évader… Inépuisable mais loin d’être simple à réussir, le buddy movie est un genre payant lorsque sa mécanique, bien huilée, est respectée : il suffit en général d’allier deux caractères dissemblables, et plus spécifiquement d’adjoindre à un costaud sûr de lui un velléitaire ayant le tracassin (clown banc & auguste), et de les plonger dans une quête : compte à rebours, poursuite, fuite etc. Force est de constater que les scénaristes du duo Matt Alexander ont respecté les codes à la lettre. Et que l’association fonctionne entre Dany Boon – de plus en plus attiré par les emplois physiques – et Philippe Katerine — qui ne surexploite pas ici, à raison, son aura de Pierrot lunaire. Cavale burlesque autant que film d’action dans la lignée des Bébel-Lautner (la B.O. très blaxploitation en rajoute une jolie couche vintage années 1970), la réalisation de Ludovic Colbeau-Justin est à la

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Katerine à confesse

Pop | Retour en forme olympique d'un très grand Katerine, livrant avec Confessions sa complexité évangélique comme on s'offre entièrement. La Belle Électrique est promise à la renverse.

Stéphane Duchêne | Mardi 28 janvier 2020

Katerine à confesse

Allez donc le choper, le Katerine : réalisateur what the fuck (Peau de cochon) ; clown chez Gilles Lellouche et Éric Judor ou dans Le Lion aux côtés de Dany Boon, panouillant chez Claire Denis ou Jonathan Demme ; ancien roi confidentiel de l'easy-listening intronisé mangeur de banane ; chevauchant de concert avec Arielle Dombasle et Alkpote, The Herbaliser et Pink Martini ; reprenant M

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"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" : Gavalda remix

ECRANS | De Arnaud Viard (Fr., 1h29) avec Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe…

Vincent Raymond | Mardi 21 janvier 2020

Jean-Pierre, qui s’est jadis rêvé comédien, a depuis rejoint avec succès le négoce des vins. Aîné d’une fratrie comptant Juliette, prof démangée par l’écriture et tout juste enceinte, Mathieu, employé timide, et Margaux, photographe en galère, il traverse une phase difficile… En transposant à l’écran l’ouvrage homonyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard s’est attelé à un double défi. D’abord, d’unifier les nouvelles du recueil en une seule trame narrative sur le modèle de ce qu’avait accompli Robert Altman à partir de Neuf histoires et un poème de Carver pour bâtir son Short Cuts. Ensuite, de prendre le risque de décevoir les millions de lecteurs (voire adulateurs) de l’autrice qui avaient pu se forger du recueil leurs propres images. On ne contestera pas l’option choisie, évitant le morcellement du film à sketches, ni le choix de la distribution (les comédiennes et comédiens sont globalement bien trouvés, en particulier Rouve et Taglioni, quand la douleur les traverse comme un fantôme puis les habite). Mais quelle plaie de devoir, encore et toujours, subir ces destins de familles parisiennes pseudo normales, c’est-à-dire forcémen

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John Mayall : blues father

Concert | C'est sur scène, dans une tournée au long cours, que le père du British Blues a choisi depuis l'an dernier de fêter son 85e printemps et la sortie, cette année, de son 67e (!) album. Il sera samedi 28 septembre sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 24 septembre 2019

John Mayall : blues father

Il y a deux ans, lors de sa dernière apparition grenobloise, on vous avait déjà présenté John Mayall comme un dinosaure du blues. Or, il semble bien que l'animal ne soit guère voué à l'extinction. S'il a été le mentor de tout ce que le blues anglais a compté de guitar heroes, d'Eric Clapton à Jeff Beck, de Mick Taylor à Peter Green et une ribambelle d'autres, il n'est pas improbable, comme c'est parti, qu'il les enterre tous. 85 et 67, ce sont les chiffres à retenir concernant le père du British Blues, émigré depuis belle lurette aux États-Unis. 85, comme son âge (les 86 sont pour dans deux mois), canonique, même pour un bluesman, et 67 comme le nombre d'albums qu'il a publiés dans sa carrière. Le dernier a pour titre Nobody Told Me et Mayall, accompagné de toute une kyrielle d'admirateurs premium (Larry McCray, Joe Bonamassa, Steven Van Zandt, Todd Rundgren...), y est plus sémillant que jamais. Et en dépit de quelques problèmes de santé à la sortie du disque, il s'est mis en tête d'effectuer un 85th anniversary tour (parce qu'on n'a pas tous les jo

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Philippe Katerine sera à la Belle électrique en février

Annonce | Ce n’est pas parce que notre panorama musique et spectacle vivant vient d'être publié que les annonces des salles s’arrêtent. La preuve : la Belle (...)

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

Philippe Katerine sera à la Belle électrique en février

Ce n’est pas parce que notre panorama musique et spectacle vivant vient d'être publié que les annonces des salles s’arrêtent. La preuve : la Belle électrique nous a récemment informés qu’elle recevrait l’immense et bien barré Philippe Katerine samedi 1er février pour défendre Confessions, son dixième album à paraître en novembre (avec pas mal d'invités comme il l'explique dans la petite vidéo ci-dessous). Degré d’excitation extrême de notre côté. Du vôtre, ça vous laisse un peu de temps pour relire (et écouter) notre article « Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons » toujours disponible ici.

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Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, voire tout ça à la fois. Et à Grenoble comme dans l'agglo bien sûr.

La rédaction | Mercredi 18 septembre 2019

Grenoble : 33 concerts pour un automne musicalement dense et varié

Shake Shake Go C'est entre le live et l'infiltration d'internet que le groupe franco-gallois mené par Poppy Jones et Marc Le Goff s’est révélé, à force de tournées aux côtés de pointures comme James Blunt et Rodrigo y Gabriela et par la grâce d'un tube qui fit exploser leur notoriété à travers le monde – la ballade England Skies (2015), tête des charts digitaux, synchro en séries et dans la pub. Quelques mois plus tard sort l'album All in Time auquel succède l'an dernier Homesick mené par un autre single, beaucoup plus rock, Dinosaur. Le formatage est là et bien là mais la formule (on pense à des Lumineers avec une voix féminine) tape toujours dans le mille, mettant d’accord, en plus du public, une partie de la presse, des Inrocks au Figaro – qui sont pourtant rarement d'accord. À la Source jeudi 26 septembre Xavier Machault & Martin Debisschop Jamais à cours de projets, Xavier Machault s'

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Jeff Mills : retour vers le futur

Soirée | Attention, événement : le pape de la techno sera à la Belle électrique vendredi 13 septembre.

Damien Grimbert | Mardi 10 septembre 2019

Jeff Mills : retour vers le futur

Figure emblématique de la scène techno de Détroit des années 1990 et plus largement de la musique électronique dans son ensemble, le légendaire Jeff Mills sera de retour aux platines de la Belle électrique ce vendredi 13 septembre. Fort d’une carrière de plus de trois décennies placée sous le signe de l’énergie, du futurisme et de la transdisciplinarité (on vous renvoie aux portraits qu’on lui avait consacrés lors de son premier passage dans la salle en 2016 et lors de sa participation aux Détours de Babel l’année suivante), le natif du Michigan, aujourd’hui installé à Paris, a toujours plus volontiers regardé devant que derrière lui. D’où le caractère assez exceptionnel de sa récente série d’EPs The Director’s Cut, qui réunit en quatre volumes certains de ses morceaux les plus iconiques aux côtés d’inédits sélectionnés par ses soins. Le meilleur n’en reste pas moins à venir avec la

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"Yves" : robot après tous

ECRANS | Un rappeur en échec se retrouve propulsé au sommet grâce à l’aide de son réfrigérateur intelligent, qui va peu à peu exciter sa jalousie… Une fable contemporaine de Benoît Forgeard sur les périls imminents de l'intelligence artificielle, ou quand l’électroménager rompt le contrat de confiance. Grinçant.

Vincent Raymond | Lundi 24 juin 2019

En galère personnelle et artistique, Jérem (William Lebghil) s’est installé chez sa feue grand-mère pour composer son album. Mentant sur sa situation, il s’inscrit pour devenir testeur d’un réfrigérateur tellement intelligent baptisé Yves qu'il va devenir son valet, son confident, son inspirateur et finalement son rival… Mieux vaut rire, sans doute, de la menace que constituent les progrès de l’intelligence artificielle et le déploiement – l’invasion – des objets connectés dans l’espace intime. D’un rire couleur beurre rance, quand chaque jour apporte son lot "d’innovations" dans le secteur du numérique et des assistants personnels ou de l’agilité des robots androïdes. Sans virer dans le catastrophisme ni prophétiser pour demain le soulèvement des machines décrit par la saga Terminator, mais en envisageant un après-demain qui déchante lié à l’omniprésence de ces technologies ou à notre tendance à tout leur déléguer inconditionnellement. Mister Freezer Yves n’es

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Vers l'infini et au-delà (du jazz) avec Guillaume Perret

Concert | « C’est le porte-drapeau de la nouvelle scène jazz made in France » comme l’assure le Théâtre municipal de Grenoble qui le programme jeudi 28 mars. C'est tout à fait ça, et on vous explique pourquoi.

Stéphane Duchêne | Lundi 25 mars 2019

Vers l'infini et au-delà (du jazz) avec Guillaume Perret

À force de se frictionner avec les limites, de franchir les frontières à grands coups d'épaule comme on enfonce une porte, d'abattre les murs entre les genres comme un éléphant lancé dans un magasin de porcelaine, il fallait bien que l'iconoclaste Guillaume Perret finisse par repousser l'ultime frontière. Celle-là même que l'empire américain reluquait d'un œil avide dans les années 1960 et que JFK lui-même matérialisa dans un discours resté célèbre qui promettait la lune. Celle, invisible, qui sépare notre planète de l'infini : l'espace. C'est désormais chose faite avec la BO augmentée du film 16 Levers de soleil, documentaire d'Emmanuel Le Goff sur l'aventure spatiale du Mr Perfect volant Thomas Pesquet. Augmentée car Guillaume Perret en a tiré un album qui va au-delà de l'illustration sonore, un objet cohéren

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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"La Rose et la hache" : soudain, Ariel Garcia-Valdès

Théâtre | Le metteur en scène Georges Lavaudant reprend son spectacle culte créé à Grenoble en 1979. Avec toujours le fascinant Ariel Garcia-Valdès dans le rôle-titre de Richard III. À (re)découvrir à la MC2 jusqu'au samedi 17 novembre.

Aurélien Martinez | Lundi 12 novembre 2018

Un acteur à la puissance magnétique : voilà comment l’on pourrait qualifier Ariel Garcia-Valdès en sortant de l’heure passée en sa compagnie grâce à La Rose et la hache. Un spectacle mythique qui a vu le jour en 1979 et que le metteur en scène et ancien directeur de la MC2 (du temps où elle s’appelait Maison de la culture) Georges Lavaudant a décidé de reprendre pour les 50 ans de cette même MC2. Ou comment le monstre shakespearien qu’est Richard III, revu ici par le dramaturge italien Carmelo Bene, accéda au pouvoir en tuant tous ceux qui lui barraient le chemin, et en premier lieu les membres de sa famille. Richard III, sur scène, c’est donc Ariel Garcia-Valdès, qui ne fait qu’un avec le personnage monstrueux tant physiquement que moralement. À ses côtés, quatre comédiens (dont Lavaudant lui-même) se répartissent les autres rôles de cette tragédie de poche donnée dans une scénographie glaçante – une table couverte de verres de vin (ou plutôt de sang). On comprend alors po

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"Girl" : Lara au bal du diable

ECRANS | Le portrait plein de vie d’une adolescente née garçon luttant pour son identité sexuelle et pressée de devenir femme. Une impatience passionnée se fracassant contre la bêtise à visage de réalité, filmée avec tact et transcendée par l’interprétation de l’étonnant Victor Polster. Et un très grand film.

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Jeune ballerine de 15 ans, Lara se bat pour rester dans la prestigieuse école de danse où elle vient d’être admise, mais aussi pour accélérer sa transition de garçon en fille. La compréhension bienveillante de ses proches ne peut hélas en empêcher d’autres d’être blessants. Jusqu’au drame. Girl pose un regard neuf sur des sujets divers, lesquels sont loin de l’être : la danse comme école de souffrance et de vie (on se souvient de la claque Black Swan de Darren Aronofsky en 2011), la difficulté de mener une transition de genre (voir Transamerica de Duncan Tucker en 2006), la vie d’un parent isolé élevant deux enfants. Des thèmes rebattus mais qui, par coagulation et surtout grâce à une approche déconcertante, c’est-à-dire bannissant les situations attendues, trouvent une perspective nouvelle. Ainsi, la question de l’acceptation par la famille du choix intime de la jeune Lara ne se pose même pas ; au contraire bénéficie-t-elle ici d’un

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30 concerts (oui, 30) pour un automne musicalement parfait (et varié)

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec du rock, de la pop, de la chanson, du rap, du jazz, de la sono mondiale ; voire même, parfois, tout ça à la fois. Et des stars comme des révélations.

La rédaction | Vendredi 21 septembre 2018

30 concerts (oui, 30) pour un automne musicalement parfait (et varié)

The Mauskovic Dance Band Après un premier passage remarqué en février dernier au sein de l’explosive formation Altin Gün (qui rend hommage à la scène folk-rock psychédélique turque des années 1970), le talentueux producteur et multi-instrumentiste hollandais Nicola Mauskovic est de retour à la Bobine pour présenter cette fois son projet collaboratif Mauskovic Dance Band. Mêlant synthés et bongos, cumbia et space disco, rythmes afro-caribééns et no-wave dans un grand tourbillon psychédélique, ce projet né en studio puis développé sous la forme d’un véritable live-band risque fort de faire tourner les têtes ! À la Bobine jeudi 4 octobre Feu! Chatterton Comme on l'avait écrit, quelque peu estomaqués, il y a deux ans, le groupe Feu! Chatterton,

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Vald sera en concert au Summum en novembre

Annonce | C’est l’un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 18 juillet 2018

Vald sera en concert au Summum en novembre

C’est l’un des phénomènes du rap français qui prend de plus en plus d’ampleur au fil des ans, comme en témoignent ses différents passages grenoblois – en 2015 à la Bifurk, en 2016 au festival Magic Bus, en 2017 dans une Belle électrique pleine à craquer. Et, dans quelques mois, dans un Summum qui devrait être chaud bouillant vu le personnage et son investissement scénique. Celui qui emmène le rap français vers l’absurde tout en le prenant très au sérieux (comme on l’avait longuement expliqué dans un précédent papier) est ainsi attendu le samedi 10 novembre dans l’immense salle de concert grenobloise avec, dans ses bagages, les nouveaux morceaux de son album XEU sorti en février, et bien sûr ses tubes qui lui collent à la peau – Bonjour, Selfie, Eurotrap…

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"Et mon cœur transparent" : clair-obscur de femme

ECRANS | de Raphaël et David Vital-Durand (Fr., 1h26) avec Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Le taciturne Lancelot a quitté sa première épouse pour vivre au côté de la sculpturale Irina des plaisirs volcaniques à peine interrompus par les escapades professionnelles de la belle. Un jour, Irina meurt dans un accident de la route. Assommé, Lancelot découvre alors sa vie cachée… Les frères Vital-Durand ont pris leur temps pour passer des courts au long. Sans doute trop. Résultat : ils appliquent des recettes esthétiques ayant fait leur gloire il y a vingt ans bien tassés dans la pub et le clip – où, en général, une intuition plastique reposant sur une image saturée ou polarisée, doublée d’une grande maîtrise formelle ainsi que d’un ou deux clichés, peuvent compenser toutes les fragilités d’une structure narrative défaillante. Avec leur goût pour les belles optiques et les vastes décors déserts, ils auraient pu tirer vers l’arty étrange façon Jérôme Salle, voire le fantastique malsain de Jean-Pierre Mocky, le roman de Véronique Ovaldé dont ils signent ici l’adaptation. Hélas, ils semblent avoir préféré explorer une autre voie, s’enlisant quelque part entre le sentimentalisme flasque et le polar atone, que de grands coups de ralentis peinent à dynamiser. E

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"La Caméra de Claire" : Croisette et (interminables) causettes

ECRANS | de Sang-Soo Hong (Cor. du S.-Fr., 1h09) avec Isabelle Huppert, Min-Hee Kim, Jang Mi Hee…

Vincent Raymond | Lundi 5 mars 2018

Dans les rues de Cannes, pendant un festival du film bien connu, Claire se promène avec son appareil à photo instantanées et sympathise avec Manhee, jeune Coréenne récemment virée par sa patronne. Grâce à l’entremise de Claire, les choses vont peut-être s’arranger… Le prolifique réalisateur sud-coréen Sang-Soo Hong semble ne plus pouvoir se passer de la comédienne Min-Hee Kim, au centre de ses trois dernières réalisations – c’est-à-dire celles de l’année. La voici endossant le rôle d’une malheureuse promenant sa superbe mine déconfite en bord de plage ou en terrasse de café, pendant qu’Isabelle Huppert vêtue d’une robe jaune caresse des chiens gris, en sur-souriant sans montrer ses dents. Le temps s’étire en palabres, en considérations sur l’acte photographique ou la jalousie, pendant que des instruments à cordes jouent une berceuse proposant une insidieuse sieste. Ne serait-ce que par courtoisie, il est inutile d’aller ronfler dans une salle.

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"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

Théâtre | La compagnie grenobloise les Gentils va reprendre sa création à succès du mardi 19 au jeudi 21 décembre au Théâtre 145. Et c'est immanquable.

Aurélien Martinez | Lundi 11 décembre 2017

C’est le spectacle le plus fédérateur de la compagnie théâtrale grenobloise les Gentils, répondant au doux nom de Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi. Soit six comédiens qui, sur scène et accompagnés d’un (excellent) pianiste, tissent une histoire en interprétant (plus ou moins bien – c’est d’ailleurs ce que fait le charme de l’aventure) différents vieux morceaux français au canevas très narratif – Annie Cordy qui, dans Six Roses, ne comprend pas le surnom (cirrhose) qu’on lui a attribué ; Tino Rossi qui, dans Écris-moi, vocalise tout son amour ; les Frères Jacques qui, dans Le Complexe de la truite, narrent les aventures d’une jeune fille découvrant les plaisirs de la chair… Une sorte de comédie musicale déglinguée que la troupe guidée par son metteur en scène Aurélien Villard avait un peu délaissée depuis sa création en 2012 et le grand nombre de représentation qui avait suivi, pour développer d’autres projets ; mais qu’elle a finalement décidé de reprendre au Théâtre 145 pour trois dates exceptionnelles (du mardi 19 au jeudi 21 décembre), avant une possible nouvelle tournée. Un conseil d’amis : si vous ne l’ave

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"Jeune Femme" : sans toit, ni loi, mais avec un chat

ECRANS | de Léonor Serraille (Fr.-Bel., 1h37) avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye…

Vincent Raymond | Lundi 30 octobre 2017

Paula vivait avec Joachim, un photographe, mais là c’est fini. Alors elle est à la rue, avec son chat et ses pauv’ affaires. Elle tente de se débrouiller en squattant ici ou là, accumulant solutions transitoires et abris de fortune. C’est drôlement chaud, parce que dehors, il fait sacrément froid… Léonor Serraille a eu une chance inouïe que son film concoure à la Caméra d’Or l’année où son jury se trouve présidé par Sandrine Kiberlain. Celle-ci ne pouvait qu’être sensible au charme décousu de sa réalisation, comme au parcours cabossé de son personnage, évoquant fantomatiquement ces silhouettes errantes que la comédienne endossait dans les premiers longs-métrages de Lætitia Masson. Mais ce côté "truc d’il y a vingt ans" (voire de soixante, si l’on se réfère au Signe du Lion de Rohmer), c’est un peu le problème global de ce journal aigre-doux de la déchéance de Paula. Enchaînement un peu monotone d’épisodes, vaguement drolatique et social par fulgurances, Jeune Femme est sauvé par la grâce de quelques seconds rôles attachants (la gamine dont Paula "s’occupe", Yuki sa fausse amie d’enfance, Ousmane le vigile…)

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"Un beau soleil intérieur" : rayonnante Juliette Binoche pour éteinte Claire Denis

ECRANS | de Claire Denis (Fr., 1h34) avec Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Isabelle, parisienne à la quarantaine flamboyante, traverse une mauvaise passe sentimentalement parlant. Les hommes ne manquent pourtant pas dans sa vie : un amant balourd, son ex mesquin, un jeune comédien qui boit trop, un voisin fantasque. Mais aucun ne ranime sa petite flamme… Tout musicien qui se respecte éprouve, en présence d’un stradivarius, la nécessité de le faire vibrer entre ses doigts. Juliette Binoche est de ce bois dont les instruments d’exception sont faits : une source d’inspiration, de vie et de naturel à même de sauver bien des scripts défaillants ; un sauf-conduit pour film sans centre de gravité. Un beau soleil intérieur ne tient que sur (et grâce à) elle : Claire Denis se contente de la filmer dans tous ses états (une aubaine), chopant forcément des instants magiques de vérité au milieu d’un océan de pas grand-chose. C’est moins ouvragé que lorsque Sautet façonnait du sur-mesure pour Romy Schneider. Le pompon du "what the fuck" revient au face-à-face final avec Depardieu jouant les médiums, balafré par le générique. Aucun plan ne montre les deux comédiens ensemble – m

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Vincent Delerm répond encore présent

Chanson | Le chanteur et musicien français sera samedi 20 mai à Saint-Marcellin, dans le cadre du Festival Barbara, pour jouer en live "À présent", son sixième album studio. Un album qui, bonne nouvelle, se trouve être très réussi.

Stéphane Duchêne | Mardi 16 mai 2017

Vincent Delerm répond encore présent

Est-ce nous qui avons vieilli (mûri) et lui avec – il est parfois bon d'avoir 40 ans. Toujours est-il que Vincent Delerm semble avoir pris du plomb dans la tête à claques. La manière d'être, le chant, le piano parfois horripilant, les bracelets brésiliens, Fanny Ardant... Tous ces travers, qui faisaient aussi son succès, s'effacent À présent (le titre de son dernier album) derrière des cordes d'abondance et des cuivres un peu schlass qui disent une mélancolie moins artificielle. Mais aussi une gravité qui n'occulterait pourtant pas la légèreté, car on ne se refait pas tout à fait et qu'à 40 ans on a, comme il le chante, La vie devant soi. C'est sur le terrain de Benjamin Biolay, invité sur un duo, d'un Julien Baer aussi, d'un Miossec parfois, d'un Mathieu Boogaerts à l'occasion, et pourquoi pas d'un Neil Hannon, que Vincent Delerm semble avoir posé sa valise à chansons, quasiment sans fond. Sur le terrain surtout d'un Delerm (quand même) plus adulte, qui ne veut pas « mourir ce soir » mais enterre là (provisoirement en tout cas) le chanteur Télérama pour faire naître une pop qui, probablement, était

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Les 3 (voire plus) soirées du week-end

Soirées | Rendez-vous à l'Ampérage, au Musée dauphinois, au Drak-Art et à la Belle électrique.

Damien Grimbert | Mardi 28 mars 2017

Les 3 (voire plus) soirées du week-end

31.03.17 > Musée dauphinois / Ampérage Antigone + SHXCXCHCXSH + Truncate + Modgeist Gros vendredi en perspective pour le collectif house/techno The Dare Night, avec deux évènements le même soir. Début des hostilités dès 20h au Musée dauphinois avec une soirée en plein air pour la clôture du Festival étudiant Monstre qui réunira le live de SHXCXCHCXSH et Pedro Maia et un DJ-set du Parisien Antigone. Puis à partir de minuit, rendez-vous à l’Ampérage pour une deuxième partie de soirée avec en tête d’affiche l’Américain Truncate alias Audio Injection et le Parisien Modgeist, qui viendra présenter son live modulaire. ________ 31.03.17 > Drak-Art

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Jeff Mills : symphonie électronique

Techno | C’est parti pour la septième édition des Détours de Babel, exigeant festival de « musiques du monde, jazz et musiques nouvelles ». On a disséqué la (foisonnante) programmation, et on en a sorti plusieurs coups de cœur. Dont la double venue de l’immense Jeff Mills, véritable pape de la techno, pour un concert symphonique à la MC2 et un DJ set à la Belle électrique. Portrait en amont.

Sébastien Broquet | Mardi 21 mars 2017

Jeff Mills : symphonie électronique

« Je crois que nous sommes un peu responsables si notre musique est encore trop souvent uniquement associée à la danse. Il faut une volonté énorme pour changer une image dont après tout nous pourrions parfaitement nous satisfaire » lâchait Jeff Mills à Libération, en octobre 2000, alors qu’il venait d'interpréter au Centre Pompidou sa propre vision de la bande son du mythique chef-d'œuvre de Fritz Lang, Metropolis. Une date charnière. L’un des pionniers de la musique techno brisait alors l’idée du BPM roi, art du rythme et du bruit qu'il maîtrisait à merveille depuis de longues années, depuis ses premiers pas dans les années 1980. Art de la danse en pleine conversion "populaire" qui portait vers l’extase des heures durant, lorsque nous nous abandonnions en rave, ces grands sabbats de l’ère digitale dont il était le roi. Le sorcier, plutôt... Depuis sa mythique émission sur la radio WDRQ à Détroit, il était surnommé The Wizard (le sorcier). L’homme surhumain, technologique, aux pouvoirs magiques capables de dompter les platines avec une dextérité hors du commun, d’enchaîner les sons avec

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Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

Playlist | Depuis 25 ans, Philippe Katerine se promène dans le vaste monde de la chanson française, naviguant à sa marge tel un dadaïste pop tout en produisant par moments, et presque sans le faire exprès, de véritables tubes. Pour bien comprendre tout le génie qui se cache derrière le personnage fantasque, on remonte le fil de l’histoire en dix titres emblématiques de son parcours.

Aurélien Martinez | Lundi 13 mars 2017

Philippe Katerine, génial après tout : la preuve en dix chansons

1996 : Parlez-vous anglais Mr Katerine ? Après Les Mariages chinois, premier album qu’il enregistre tout seul dans son coin, et L'Éducation anglaise, deuxième tentative sur laquelle il ne chante carrément pas (c’est sa sœur et sa compagne de l’époque qui s’y collèrent), Phillipe Katerine publie en 1996 Mes mauvaises fréquentations, bijou qui lancera véritablement sa carrière. On perçoit déjà un côté gentiment décalé, à l’image de ce Parlez-vous anglais Mr Katerine ? très bossa-nova, même si le plus grand des voyants aurait bien eu du mal à prédire la voie (ou plutôt les voies) suivie(s) ensuite par Katerine. 1999 : Je vous emmerde Présent sur Les Créatures, album ambitieux enregistré avec la formation jazz et musique improvisée The Recyclers, ce morceau emmène Katerine sur un terrain qu’il va de plus en plus affectionner au fil des ans : celui de la chanson théâtrale, où la forme compte autant que le fond. Ici, c’est un Katerin

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John Mayall : blues toujours

Concert | Le pionnier du blues anglais, à la soixantaine d'albums (studio comme live), sera samedi 18 mars à la Belle électrique. Une légende vivante en somme.

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 mars 2017

 John Mayall : blues toujours

Fringant octogénaire, John Mayall est presque aussi vieux que le blues lui-même, et au moins autant que le blues anglais dont il est l'un des pionniers. Une tradition british qui a vite fait la part belle aux "guitar-heroes" comme Eric Clapton, Mick Taylor, Peter Green, Jeff Beck, Jimmy Page... Bref, à toute une génération de techniciens hors pair et de solistes virtuoses. Parfois un peu trop quand la démonstration l'emportait sur le supplément d'âme. Mayall, aîné d'au moins dix ans de toute cette portée de bluesmen, et par ailleurs multi-instrumentiste, est un peu – légendes américaines mises à part – leur maître à tous, qui montra la voie possible d'un blues à l'anglaise et de la guitare qu'il maîtrise depuis l'âge de douze ans, fabriquant parfois lui-même ses instruments. Ce n'est pourtant qu'à 30 ans qu'il fonde The Bluesbreakers, formation mythique qui sera à la pointe du "british boom blues" et verra passer au mitan des 60's certains des talents précités, comme une sorte de centre de formation des bluesmen dont Clapton sera la figure de proue pas toujours très reconnaissante. Plus que cela Mayall, qui s'exile

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Mona Loizeau

Chanson | L'auteure-compositrice-interprète franco-britannique Emily Loizeau sera vendredi 17 mars sur la scène de L'Heure bleue. Avec, dans ses cartons, un disque original en tous points. On vous explique pourquoi.

Stéphane Duchêne | Mercredi 15 mars 2017

Mona Loizeau

Au départ fut un spectacle, Mona, créé en janvier 2016 à l'initiative d'Emily Loizeau. L'histoire d'un bébé né à l'âge de 73 ans. Une histoire surréaliste et sombre où la mort et la maladie rôdent mais où la vie coule – d'autant plus que le personnage en question est atteint de potomanie, ce besoin de boire (de l'eau) de manière disproportionnée, de se noyer de l'intérieur. Une manière de retour à ses premières amours de théâtre pour la (géniale) chanteuse et auteur-compositrice mais aussi de coucher là, sous des allures de fables, des tourments personnels. Une autre manière d'écrire la musique aussi, davantage portée sur la narration. Le disque qui en est tiré en est ainsi la BO, le versant musical. Il s'écoute comme un complément à l'œuvre initiale mais aussi comme une œuvre à part entière, se suffisant à elle-même, d'une élégance et d'une poésie folle, à tous les sens du terme. C'est sans doute pourquoi Emily Loizeau a choisi de venir le présenter comme tel sur scène. Accompagnée de cinq musiciens, elle y mêlera aussi des chansons de ses autres albums, dont le précédent et très réussi

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Vald : l’interview vérité (ou presque)

Rap | Troisième passage grenoblois en un peu plus de deux ans pour le phénomène Vald, qui emmène le rap français vers l’absurde tout en le prenant très au sérieux – comme le prouve son premier album "Agartha" sorti en janvier. Avant sa venue à la Belle électrique, on avait donc plein de choses à lui demander : on a une nouvelle fois harcelé ses managers pour obtenir une interview. Échec, même si on y a cru jusqu’au dernier moment… Alors, têtus que nous sommes, on a lu nos confrères pour avoir les réponses à nos questions. Merci à eux.

Aurélien Martinez | Mardi 7 mars 2017

Vald : l’interview vérité (ou presque)

Samedi 21 mai 2016, sur l’esplanade de Grenoble dans le cadre du festival Magic Bus. Milieu de soirée. Une foule très jeune se presse devant la scène pour admirer Vald, sensation rap du moment. 23 ans à l’époque, seulement quelques années de pratique dans le rap, et pourtant un succès fou grâce à des morceaux comme Bonjour (sur un type qui « a pas dit bonjour, du coup il s'est fait niquer sa mère ») ou Selfie et son refrain mièvre tranchant avec des couplets hypersexuels. « Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game » écrivait-on en novembre 2015 lors de son premier passage grenoblois à la Bifurk (à guichets fermés). Une dose à l’efficacité redoutable pour le public de l'Esplanade, qui connaissait ses principaux titres sur le bout des doigts, n'hésitant pas à joyeusement s'époumoner avec lui sur les refrains.

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"Agartha" : combo gagnant pour Vald

MUSIQUES | Zoom sur le premier album que le rappeur viendra défendre sur la scène de la Belle électrique dimanche 12 mars.

Damien Grimbert | Mardi 7 mars 2017

Possesseur d’un univers foisonnant aux multiples points d’entrée, Vald a su parfaitement capitaliser sur cette versatilité pour, ces dernières années, s’intégrer dans l’univers en perpétuelle mutation du rap français. En caméo aux côtés de Sofiane et Kalash Criminel, en featuring sur la dernière mixtape d’Alkpote, en invité surprise sur les plateaux télé ou à l’affiche du dernier festival Magic Bus : il est ainsi l’un des rares rappeurs à toucher simultanément des auditoires que rien ne semblait pouvoir rapprocher. D’où l’ampleur du défi à relever avec la sortie d'Agartha, son très attendu premier album. Réussir à séduire les différentes franges de son public tout en restant cohérent, affirmer la singularité de son univers tout en gardant une dynamique évolutive… Autant dire que la partie n’était pas gagnée d’avance. Premier constat à l’écoute, Vald a littéralement bétonné la partie technique. En charge d’une bonne partie des productions, Seezy et DJ Weedim ont construit un écr

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Guillaume Perret le Conquérant

MUSIQUES | En solo mais pas seul avec son sax multifonction, branché, électrifié, démultiplié, Guillaume Perret livre un album tellurique baptisé "Free". Une belle promesse de live proche de la transe et de l'électrocution à vivre vendredi 17 février sur la scène de la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 février 2017

Guillaume Perret le Conquérant

Dernièrement, on avait beaucoup croisé Guillaume Perret avec son Electric Epic (et à vrai dire dans toutes les configurations possibles). Cette fois, c'est en solo qu'il se présente avec en bandoulière son "hénaurme" et bestial sax et son dernier album Free, sorte de Minotaure discographique nous perdant dans les méandres de son imagination musicale. L'objet Free est toujours aussi positivement empreint de pesanteurs cinématographiques et de références rock. On avait, il n'y a pas si longtemps, évoqué à ce propos le compositeur de BO Bear Mc Creary (The Walking Dead, Battlestar Galactica), lui évoquait Rage against the Machine, et c'est toujours valable (Heavy Walk en témoigne). Free, finalement, renverrait moins automatiquement, en un réflexe pavlovien de l'auditeur au Free jazz qu'à la liberté totale que s'octroie ce jeune jazzman qui finit par être bien autre chose : une créature musicale hybride, électrifiant son instrument et jouant avec les pédales d'effets pour multiplier, non seulement ces derniers, les effets, mais aussi les instruments, se fabriquant guitares, pe

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Anthony Joseph : racines au carré

Slam / Groove | De retour sur les scènes françaises et, ici, grenobloise (à la Source de Fontaine pour être précis), Anthony Joseph vient y étrenner "Caribbean Roots", album de retour aux sources originelles de sa musique et savant mélange de tout ce que les Caraïbes, grandes et petites, ont de musical.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 février 2017

Anthony Joseph : racines au carré

Voilà dix ans maintenant que la figure imposante du poète et musicien trinidadien de Londres Anthony Joseph s'est musicalement posée dans notre pays, avec l'album Leggo de Lion. Dix ans plus tard, il revient aux sources de son identité avec Caribbean Roots. Un incontournable chez beaucoup d'artistes que ce tribut reversé à sa tribu, quand vient la maturité artistique. Mais Joseph, lui, ne fait que continuer en profondeur cette quête du spasme originel (incarnée par le Spasm band, son groupe), cette sensation primale de l'enfance à Trinidad : celle des églises fréquentées par ses grands-parents et des chants omniprésents, qui l'ont pour toujours fait entrer en religion musicale. Là, il a puisé ce phrasé de prêcheur, de poète adepte du spoken word qui n'aurait jamais vraiment quitté le monde du rite, de la transe, de la scansion et des rythmes. Qu'ils soient ici mués en jazz, en soul funk ou en musiques de l'archipel caribéen, calypso en tête et hybridés par une belle brochette de musiciens caribéens, ils illustrent magnifiquement les propos du poète dub Michael Smith, que Joseph rapporte souvent : « Tu c

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Jay-Jay paie sa tournée... de "Whiskey"

MUSIQUES | « Dites aux filles que je suis de retour en ville ». C'est ce que chantait en 1996, Jay-Jay Johanson sur le deuxième titre de son album (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 février 2017

Jay-Jay paie sa tournée... de

« Dites aux filles que je suis de retour en ville ». C'est ce que chantait en 1996, Jay-Jay Johanson sur le deuxième titre de son album inaugural Whiskey. Et voilà que le Suédois, un an après son dernier passage en ville, est encore de retour. Cette fois, plus pour nous présenter son dernier Opium en date. Mais bien pour distiller en intégralité le poison initial qui nous a rendu accro à ce grand échalas à l'air ahuri, aux bras maigres et à la voix de crooner. Whiskey donc. Nous sommes en 1996, le trip-hop a les faveurs des musicophiles, quand débarque un type venu du froid, qui a manifestement lu toutes les fiches Bristol du genre natif de la ville du même nom, les tordant façon jazz (les comparaisons avec Chet Baker fusent), et les encrant même d'un chromatisme cinématographique (un sample du grand Michaël Nyman, Fish Beach, illumine d'une aurore musicale la thématique crépusculaire d'I'm Older Now). À l'époque on n'avait jamais entendu pareil ficka, ce frichti multi-ingrédients dont les Suédois font leur goûter, et qui se décline ici en version musicale. Contrairement à beaucoup de ses

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1=0 : plus que zéro

MUSIQUES | De grosses guitares flirtant avec le post-punk, le post-rock, le shoegazing option mur de son, et du spoken word révolté, balancé d'une voix blanche comme (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 7 février 2017

1=0 : plus que zéro

De grosses guitares flirtant avec le post-punk, le post-rock, le shoegazing option mur de son, et du spoken word révolté, balancé d'une voix blanche comme une angine. Il n'en faut pas plus pour ramener un groupe à la comparaison ultime : Diabologum. Soit l'alpha et l'oméga d'un rock rappé jusqu'à la moëlle, de la langue tordue jusqu'à l'entorse, du cœur ravalé dans la bouche, et de ses fondateurs, que sont Michel Cloup et Arnaud Michniak. Même Fauve avait eu droit à cette comparaison. Il y avait peu de chances que le trio 1=0 y échappe. Moins situationniste que les Toulousains de Diabologum, moins fleur bleue gnangnan que Fauve, 1=0 envoie un autre genre de sauce dont le fond est pourtant puisé à la même source, celle de la colère froide, celle du plomb dans l'aile autant que dans la tête, celle du son comme cri du cœur. Le cri d'une génération non pas née sous X mais sous Y ou Z et qui conserve la douleur lancinante et vaine de ses aînés, comme une réponse binaire au Génération X de Douglas Coupland et au Moins que zéro de Bret Easton Ellis, élevée au culte de l'instant sans lendemain. « J'essaie de m'imaginer avec le même boulot dans u

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Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

MUSIQUES | Depuis plus d’un an, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (deux violons, un alto et un violoncelle) sont tombés en amour. Un amour qui prend la forme d’une tournée revisitant avec douceur le répertoire passé et présent de la Franco-Israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties cette semaine à la Rampe d’Échirolles.

Stéphane Duchêne | Lundi 9 janvier 2017

Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

Ce n'était qu'un concert surprise en juin 2015, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets. Au départ donc, forcément, un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé. « On a travaillé un peu en amont, mais on ne s'est vraiment rencontrés avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll » explique Yael Naim. Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment sentis très chanceux d'être là. » Christophe Colette, violoniste du quatuor, d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, a été tellement magique qu'avec les membres du quatuor, on se surprenait à prendre autant de plaisir à écouter Yael qu'à jouer avec elle. » Le genre de moment pour lequel on aimerait pouvoir dire : j'y étais.

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Jay-Jay Johanson sera en février à la Belle électrique

MUSIQUES | La dernière fois qu'on l'a vu dans le coin, c'était en octobre 2015 à la Source de Fontaine. Et il avait du coup fini en une du PB, avec un long article (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 décembre 2016

Jay-Jay Johanson sera en février à la Belle électrique

La dernière fois qu'on l'a vu dans le coin, c'était en octobre 2015 à la Source de Fontaine. Et il avait du coup fini en une du PB, avec un long article revenant sur ses dix albums livrés en vingt ans de carrière. Ô joie, le Suédois Jay-Jay Johanson revient une nouvelle fois en ville, dans la plus grande Belle électrique cette fois-ci, pour célébrer les vingt ans de son premier album Whiskey. Vous savez maintenant quoi faire le jeudi 9 février.

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Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

ACTUS | Comme chaque année en décembre, tout le monde se demande quoi mettre à qui sous le sapin. Laissons à nos confrères les suppléments en papier glacé vantant les mérites de produits high-tech capables de vider un porte-monnaie en deux secondes et autres biens de consommation qui en jettent une fois le papier déballé mais n’ont plus aucune utilité dès le 26 décembre, et optons pour une sélection 100% immatérielle à base de spectacles et de concerts. C'est cadeau !

La rédaction | Mardi 6 décembre 2016

Notre sélection de concerts et spectacles à offrir à Noël

Jeff Mills Pour les vétérans de l’électro Jeff Mills ? Une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Avec sa création atypique de 2014 baptisée Planets, il a réinterprété l’une des partitions les plus célèbres du répertoire symphonique classique (Les Planètes de l’Anglais Gustav Holst, composée il y a un siècle) pour un voyage dans le système solaire (d’où le titre) en dix mouvements. Et autant (voire plus) d’émotions, comme « le mélange du classique et de la musique électro produit toujours des résultats inattendus » selon lui. On le croit sur parole. À la MC2 vendredi 31 mars De 10 à 29€ ______ Julien Doré Pour les amateurs de chanson française à tendance hipster On a toujours regardé avec intérêt Julien Doré, même s’il y a toujours eu un petit quelque chose en lui qui ne nous convainquait pas totalement – son personnage de dandy adepte des références

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Jeff Mills à la baguette

MUSIQUES | À 53 ans, Jeff Mills continue d'animer un genre musical dont il est lui même à l'origine : la techno. Mais la légende débarquera à la Belle électrique le mercredi 19 octobre avec, dans ses cartons, un projet original construit autout d'un quartet de jazz-fusion. Attention, grand moment en perspective.

Gabriel Cnudde | Mardi 11 octobre 2016

Jeff Mills à la baguette

La musique de Jeff Mills est un chantier sonore perpétuel. Une techno brute de décoffrage où se percutent poutres métalliques et basses en marteau piqueur. Depuis des années, celui qu'on surnomme le magicien est de toutes les fêtes. Né en 1963 à Détroit, il est, aux côtés de Kevin Saunderson, Derrick May et Juan Atkins, un des pères fondateurs de la techno. D'abord orienté house, Jeff Mills a vite trouvé la techno attrayante. Que ce soit au sein de son duo, Final Cut, ou sur scène avec ses trois platines dans les années 1990, "The Wizard" a toujours su faire opérer sa magie. De sorts grand public à des enchantements plus sophistiqués (un concert avec l'orchestre philharmonique de Montpelier ou une BO du Metropolis de Fritz Lang), Jeff Mills maîtrise tout. Avec le retour en grâce de la musique électronique en France depuis quelques années, le DJ a pu se réinventer une nouvelle fois. Cette fois-ci, il vient présenter son nouveau projet, un live band dans lequel il est a

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Julien Doré en concert au Summum en avril 2017

MUSIQUES | Pour assurer la promo de son quatrième album, Julien Doré est partout en ce moment. Faut dire que & semble recueillir un max de suffrages. De notre (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 22 septembre 2016

Julien Doré en concert au Summum en avril 2017

Pour assurer la promo de son quatrième album, Julien Doré est partout en ce moment. Faut dire que & semble recueillir un max de suffrages. De notre côté, on a encore sept mois pour se faire un avis sur cette, il est vrai, séduisante aventure (et on ne parle pas de Pamela Anderson croisée dans le clip Le Lac), vu qu’une date de concert grenobloise vient tout juste de tomber : le jeudi 27 avril au Summum. La billetterie est déjà ouverte.

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"Divines" : la banlieue c’est pas rose

ECRANS | Oubliez son discours survolté lors de la remise de sa Caméra d’Or lors du dernier Festival de Cannes et considérez le film de Houda Benyamina pour ce qu’il est : le portrait vif d’une ambitieuse, la chronique cinglante d’une cité ordinaire en déshérence, ainsi que le révélateur de sacrées natures.

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

Pour échapper au déterminisme socioculturel, Dounia a compris qu’il fallait faire de l’argent – de préférence beaucoup et vite, quitte à emprunter des raccourcis illégaux. Et pour éviter d’être, à l’instar de sa mère, de la viande soûle entre les mains des hommes, elle a décidé d’avoir l’ascendant sur eux. Plongée crue dans le quotidien d’une ado de banlieue, Divines complète sans faire doublon les regards d'Abdellatif Kechiche (L’Esquive, La Graine et le Mulet) ou de Céline Sciamma (Bande de filles) en reprenant quelques aspects et thèmes du conte merveilleux, tout en les détournant pour coller au réalisme – davantage qu’à la réalité. Ainsi, dans cette histoire où la domination du masculin sur le féminin est battue en brèche et où toutes les perspectives sont bouleversées, Dounia va par exemple séduire son prince et lui sauver la vie. Rastiniaque ! Mais ce portrait d’une adolescente audacieuse capte aussi ce qui demeure d’indécision entre le reliquat d’enfance porteuse de rêves et l’état d’adulte, lesté d’une gr

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"Hibou" : petit premier film pour Ramzy Bedia

ECRANS | de & avec Ramzy Bedia (Fr., 1h23) avec également Élodie Bouchez, Étienne Chicot, Philippe Katerine…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Si vous avez vu Frank (2015) de Lenny Abrahamson, portrait du leader d’un groupe de rock recouvrant sa tête d’une sphère pour parvenir à affronter le monde extérieur ; si vous avez lu/vu La Moustache (2005) d’Emmanuel Carrère, l’histoire d’un malheureux qui, après avoir rasé son attribut pileux, constate avec effroi que personne ne remarque la différence et finit par s’interroger sur sa propre existence ; alors vous pouvez faire l’impasse sur Hibou racontant comment un type ignoré par tous soigne sa self-estime en enfilant un costume de grand-duc – l’oiseau, pas l’artisto. Le style de Quentin Dupieux, dont Ramzy Bedia est un fidèle, se devine à chaque recoin, mais dans des dilutions homéopathiques. Car il ne suffit pas de convoquer des personnages aux mœurs saugrenues dans une ville d’Amérique du Nord ni se revendiquer Gondry pour signer un film d’avant-garde. Ici, les ruptures ne sont pas des ellipses, mais des trous dans un scénario bâclé ou mal bouclé, et la candeur trop appuyée pour être honnête. Son argument de départ tenant de l’anecdote

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Magic Vald

MUSIQUES | Le festival Magic Bus revient à l’Esplanade de Grenoble vendredi 20 et samedi 21 mai. Avec notamment Vald, rappeur qui préfère « qu’on le prenne pour un taré que pour un génie ».

Aurélien Martinez | Mardi 17 mai 2016

Magic Vald

« Vald est mégasaoulé par les phoners, il oublie une fois sur deux d’appeler les gens. » Dommage monsieur d’Universal avec qui on parlait par mail, car on aurait beaucoup aimé interviewer celui qui injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game comme on l’écrivait en novembre lors de son premier concert grenoblois – à guichets fermés en plus. On se contentera à défaut de réécouter en boucle ses morceaux volontairement trashs (« Elle aimerait bien s’faire violer, enfin pas vraiment violer / Elle aimerait que j’la violente, que j’la casse sans demander​ » sur le conte moderne Selfie) ou parfaitement incongrus (« Il a pas dit bonjour, du coup il s'est fait niquer sa mère » sur Bonjour). Et de relire les interviews accordées à nos confrères – « Je préfère qu’on me prenne pour un taré que pour un génie » comme il le déclarait aux Inr

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Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

MUSIQUES | Zoom sur quatre propositions piochées dans la programmation de la sixième édition des Détours de Babel, « festival des musiques du monde contemporain ».

Aurélien Martinez | Mardi 22 mars 2016

Détours de Babel : nos quatre coups de cœur

29.03 > Hexagone (Meylan) Strange Strings Le joueur de kora Ballaké Sissoko, que l’on avait mis en "une" du journal l’an passé lors de la précédente édition du festival, va confronter son univers avec celui de trois autres grands solistes dont le violoncelliste Vincent Segal avec qui il collabore souvent – leur album Chamber Music est une pure merveille. Les deux autres invités ? Le contrebassiste Renaud García-Fons et le joueur de kemençe (vielle traditionnelle turque) Derya Türkan. Certes, le concert est complet, mais une liste d’attente a été ouverte. 31.03 > MC2 Yātrā C’est, après Israel Galván, l’autre grand nom espagnol du flamenco qui a fougueusement investi les scènes européennes avec son art ancestral revisité. Dans ce spectacle (que nous n’avons pas vu), Andrés Marín ira ainsi du flamenco à l’Inde du Nord en passant par le hip-hop de Kader Attou. Un grand écart oui, mais souvent parfaitement maîtrisé dans son

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Jeff Mills et une nuit

MUSIQUES | De passage à la Belle électrique le temps d’une soirée (déjà complète), Jeff Mills est, n’ayons pas peur des mots, une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Portrait. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 9 février 2016

Jeff Mills et une nuit

Pour se faire une idée du talent de Jeff Mills et comprendre le potentiel de fascination qu’il a engendré au sein de la scène électronique mondiale depuis plusieurs décennies, le mieux est sans doute de faire un bond vingt ans en arrière et d’écouter son tout premier CD mixé sorti en 1996, Mix-Up Vol. 2, Live at Liquid Room, Tokyo. On trouve en effet dans ce dernier tout ce qui fait la quintessence d’un DJ-set de Mills : un mix acéré réalisé en direct sur trois platines dans lequel les morceaux, tous mémorables, s’enchaînent à la perfection et à la vitesse de l’éclair. Un son, sombre, dur et sans compromis, mais pourtant doté d’un sens du funk et d’une puissance d’évocation sans équivalent, qui transporte immédiatement l’auditeur dans un univers sonore futuriste palpitant aux allures de véritable chaos organisé. Pour mieux appréhender le rôle pionnier de l’artiste au sein du mouvement techno, il faut en revanche remonter encore une dizaine d’années plus tôt, dans une ville de Détroit touchée de plein fouet par la récession économique. C’est à cet endroit, et à ce moment, que trois jeunes artistes noirs de la banlieue périphérique de Belleville, Juan Atkins, De

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La Terre et l’Ombre

ECRANS | De César Acevedo (Col., 1h37) avec Haimer Leal, Hilda Ruiz, Edison Raigosa…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

La Terre et l’Ombre

Heureusement que le métal fin ne s’oxyde pas ! Sans quoi, la Caméra d’or reçue par César Acevedo pour son premier film en mai dernier sur la Croisette aurait terni avant que son œuvre n’arrive sur les écrans. Cela dit, le délai observé par La Terre et l’Ombre entre son sacre et sa sortie respecte son apparente discrétion et son rythme lent. Une lenteur insistante, d’ailleurs, aussi esthétisée que l’image est composée avec un luxe de symétries et de clairs-obscurs. Cette gravité contemplative en vient à déranger, tant elle semble s’enivrer de sa propre beauté tragique, allant jusqu’à détourner l’attention du spectateur des vrais sujets : l’agonie du fils du vieux héros, et ce que le film révèle des conditions de vie infâmes des journaliers colombiens. Non qu’il faille, par principe, assigner une forme crasseuse et tremblotante à un drame social, mais opter pour un maniérisme très cosmétiqué n’est sans doute pas l’alternative la plus heureuse…

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Gaz de France

ECRANS | De et avec Benoît Forgeard (Fr., 1h26) avec Olivier Rabourdin, Philippe Katerine, Alka Balbir…

Vincent Raymond | Mardi 12 janvier 2016

Gaz de France

À l’image de son auteur-interprète Benoît Forgeard ou de son comédien principal Philippe Katerine (qui vont jusqu’à l’incarner à la ville dans leur esthétique vestimentaire et leur art de vivre kitsch-vintage), Gaz de France cultive un ton décalé épris de non-sense. Une sorte de burlesque froid et languide, dont les effets comiques naissent d’une improbable combinaison entre l’absurde, le contemplatif et le bavard musical. Pas tout à fait ratée, ni vraiment réussie, cette farce auteuriste et bariolée empruntant à la politique-(science-)fiction use de diverses stratégies pour compenser un budget qu’on suppose étriqué. Les décors, d’abord, sans doute voulus comme arty, design et épurés ; hélas, ils trahissent plutôt le carton-pâte fauché. Reste la distribution, solide, rehaussée par la présence magnétique d’Alka Balbir. Voilà en l’occurrence un procédé aussi déloyal que pervers, puisqu’il vise à obtenir notre libidineuse et concupiscente indulgence. Nous ne sommes pas dupes… *soupir*

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Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

MUSIQUES | Avec "NQNT" et "NQNT 2", Vald, de passage cette semaine par la Bifurk, confirme qu'il est le rappeur le plus cramé et le plus futé de sa génération.

Benjamin Mialot | Mardi 17 novembre 2015

Vald injecte une bonne dose d'absurdité dans le rap game

Vald n'est pas un génie. Il s'en défend à longueur d'interviews, retranché derrière quatre lettres : "NQNT", pour "Ni queue ni tête", équivalent j'm'enfoutiste et prêt-à-"brander" du "no reason" de Quentin Dupieux. Mais il est assurément un petit malin. Pour preuve, la manière, elle aussi volontairement contradictoire, dont il a orchestré la promo de NQNT 2 – qui fait suite à un EP et une poignée de mixtapes. Selfie, portrait d'une jeune fille à la sexualité lycanthropique (girlfriend bien sous tout rapport le jour, elle devient une bête masochiste la nuit), a été promu par trois clips plus ou moins explicites, tournés avec la complicité des pornstars Ian Scott et Nikita Belluci – le plus hard étant diffusé sur la plate-forme de partage de vidéos pas du tout "safe for work" Pornhub. Même tarif pour Urbanisme, description à double tranchant des évolutions de la vie de quartier qu'illustrent trois plans-séquences quasiment identiques et anti-spectaculaires au possible – on le voit acheter des clopes et peiner à en allumer une. "Trolling" marqueté ou délire arty ? Dans les deux cas, la frontière est aus

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Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

MUSIQUES | Avant que le Suédois ne vienne en concert à la Source, on ne pose cette question capitale.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

Pourquoi la Suède ignore-t-elle Jay-Jay Johanson ?

The Hives ; Loney, Dear ; I'm from Barcelona ; Jose Gonzales ; The Knife ; Peter Björn and John ; The Tallest Man on Earth ; Peter Von Poehl ; Frida Hÿvonen ; The International Noise Conspiracy... Même en ne s'en tenant qu'aux artistes déjà cités dans ce journal (on en oublie sûrement et on vous épargne les mastodontes passés et présents toutes disciplines confondues – ABBA, Roxette, Ace of Base, Don et Neneh Cherry, Robyn, EST...), les Suédois sont aussi présents dans nos oreilles que les Anglo-Saxons. D'ailleurs c'est simple, la Suède est le troisième exportateur de musique au monde. Et c'est à Stockholm que l'on compte le plus de studios d'enregistrement par habitant, abritant une armée de faiseurs de tubes pop que les plus grandes stars US s'arrachent pour transformer une mélodie en son de tiroir-caisse. Sauf qu'à vivre et produire dans un pays d'exportation, on en vient à n'être pas soi-même importé. Tel un Patrick Devedjian victime collatérale de l'« ouverture » sarkozyste, Jay-Jay Johanson, qui connut ses premiers succès en France (au point d'y vivre un temps, à Strasbourg, et de constater qu'on ne s'y ennuyait pas assez pour écrire) et a toujours enre

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Jay-Jay Johanson : l'homme 100 visages

MUSIQUES | Dites aux filles qu'il est de retour en ville. 20 ans de carrière, 10 albums, le moral toujours dans les chaussettes, l'échalas suédois, 46 ans, est toujours là et bien là, cachant derrière un masque de lassitude fait de chausse-trappes esthétiques et d'auto-recyclage permanent les mille facettes d'un immuable talent triste à l'insondable mélancolie. La preuve en dix albums avant son concert prévu à la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 octobre 2015

Jay-Jay Johanson : l'homme 100 visages

Whiskey (1996) Interminable silhouette fantôme, cheveu jaune, chemisette remontée sur des bras trop maigres : voilà le dégingandé crooner apparu en 1996 avec l'ovni Whiskey qui fêtait tristement les agapes entre Chet Baker, autre grand timide efflanqué à la grâce schlass, et Portishead. À coups de scratches insensés, de crooning à l'inquiétante étrangeté (un falsetto comme trafiqué) et de sampling raffiné (le Fish Beach de Michael Nyman sur I'm Older Now), ce Suédois venu du jazz et du design invente un "easy-listening" si malaisant qu'il donne l'impression de sonner génialement faux. Une claque de grande classe administrée en gant de velours. Tattoo (1998) Parmi les confirmations livrées par ce deuxième disque : le « têtard couinant » (© Bayon de Libération) s

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Les dix concerts immanquables de l'automne

MUSIQUES | Il y aura du monde les prochains mois dans les différentes salles de l'agglo grenobloise, dont beaucoup de très bons musiciens. Comme Jay Jay Johanson, Kraftwerk, Christophe, The Jon Spencer Blues Explosion, Socalled...

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 septembre 2015

Les dix concerts immanquables de l'automne

Jay Jay Johanson « Hey ! Content de te voir, ça va Jay Jay ?! » Toujours bof apparemment à en croire la pochette d'Opium et son contenu. Jay Jay, ça va tellement que lors d'une interview sur France Culture, à la journaliste qui fait le bilan de sa carrière « Alors, vous avez 45 ans... », il répond sans rire « non j'en ai 50 » – alors qu’en fait, il en a 45. Bon. Mais Jay Jay, ça va tellement qu'il a sorti cette année – à 50 ans bientôt 68, donc, ne le contredisons pas – son dixième album studio en un peu moins de 20 ans. Sur la période, le Suédois aura à peu près tout fait, y compris s'afficher en Bowie capillairement attenté sur un disque qui flirtait parfois avec la grande époque de Steph de Monac' (Comme un ouragan, donc). Mais Jay Jay, ça va tellement, donc, qu'il nous revient avec un truc bien opiacé qui semble regarder directement dans le verre de Whiskey qu'il nous avait servi en 1996 et nous l'avait révélé en Chet Baker efflanqué aux cheveux blonds et à l'âme bleue faisant le sexe avec Portishead : une sorte de trip-hop jazz comme on aurait même plus l'idée d'en écouter en 2015, n'était

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Jay-Jay Johanson en octobre à la Source

MUSIQUES | La salle de Fontaine dédiée à la musique a dévoilé ce mardi matin sa prochaine saison à la presse et à ses partenaires. Plusieurs noms donnent envie.

Aurélien Martinez | Mardi 16 juin 2015

Jay-Jay Johanson en octobre à la Source

Le mercredi 14 octobre, c’est à la Source de Fontaine qu’il faudra être : on a ainsi rendez-vous avec le Suèdois sublimement cafardeux Jay-Jay Johanson qui viendra défendre Opium, son dixième album. Pour mémoire, Jay-Jay Johanson, c’est un paquet de perles dont celle-ci, indémodable : Entre septembre en décembre 2015, on croisera aussi à la Source le jazz de Kyle Eastwood, le rock fusion de Zone Libre ou encore l’explosif DJ et MC québécois, créateur du klezmer-hip hop, Socalled. Mais on détaillera tout ça dans notre panorama de

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