Moesha 13 : « Internet c'est le sang, la connexion, la démultiplication des possibles »

Soirée | Auteure de DJ-sets furieusement avant-gardistes où s’entremêlent les cultures apparues sur internet et celles nées dans la rue, la Marseillaise d’adoption Moesha 13 sera vendredi 8 décembre aux platines du Mark XIII à l’invitation du duo Narco Polo. Rencontre en amont.

Damien Grimbert | Mardi 5 décembre 2017

Photo : Jean-Jacques Lemasson


Née dans le quartier de Stalingrad, dans le XIXe arrondissement de Paris, Moesha 13 grandit d'emblée aux confluences d'une multitude d'influences musicales. Celles de ses parents (« zouk, soukouss, musique malienne »), de ses grandes sœurs (« rap, R'n'B, MTV, coupé-décalé, musiques de dessins animés ») et, rapidement, de son environnement immédiat.

« Avant l'arrivée d'internet, j'écoutais le Cut Killer Show à la radio [Skyrock – NDLR], je rappais sur les sons trance de l'émission Skyrave, je mixais sur K7 en ridant entre classique et raï sur différentes stations… J'étais également "résidente clubbeuse" au Pulp et au Social Club, je participais à des freestyles, des battles de rap et de tecktonik, j'allais à des raves sauvages... »

Le début de phrase « avant l'arrivée d'internet » est ici de première importance. Très vite, en effet, Moesha plonge en immersion totale. « Internet c'est le sang, la connexion, la démultiplication des possibles, la dématérialisation de l'identité… Je suis devenu accro, j'ai eu une période 1000% internet. J'étais à l'intérieur de la matrice. »

« Surfer dans la vraie vie »

Des paroles sibyllines, qui n'en prennent pas moins tout leur sens à l'écoute de ses DJ-sets : situés à des années-lumière des conventions en vigueur, ils voient s'entrecroiser à la vitesse de l'éclair pop mainstream, rap français, R'n'B, club music futuriste, gabber, néo-métal, musiques afro-caribéennes, percussions frénétiques, extraits vocaux new age, ambient expérimental… Laissant l'auditeur, dénué de tout repère, perturbé et séduit à la fois.

Ce flux musical "post-internet", Moesha 13 n'est bien sûr pas la seule à l'explorer. Au cœur d'une nouvelle scène virtuelle bien identifiée, mais encore mal définie, elle n'en conjugue pas moins les influences de cette dernière à celles, plus immédiates, de son environnement marseillais. « Je vois les petit.e.s twerker, rapper sur de la baile funk dans les quartiers… Les bruits de moteur quasi éternels, le goût pour la fête même dans les périodes difficiles, tout ça a joué pour moi un rôle déterminant. » Ce dont témoigne d'ailleurs son premier morceau chanté, En I, hommage à Marseille, à Jul et aux scooters à la verticale, né d'une collaboration avec le rappeur de la Villeneuve Jeci Jess et le producteur lyonnais Douster. Le premier d'une longue série ?

Processing Tool #8 avec Moesha 13 et Narco Polo
Au Mark XIII vendredi 8 décembre


Processing Tool #8

Musique électro par Narco Polo et Maesha 13
Redrum (ex Mark XIII) 8 rue Lakanal Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Candyman" : double crochet du droit

Le film de la quinzaine | À la fois suite, reboot et extension de l’univers du Candyman originel de Bernard Rose (1992), ce nouveau chapitre signé Nia DaCosta utilise avec intelligence et efficacité les codes du genre pour s’emparer d’un thème toujours d’actualité dans cette Amérique où suffoque George Floyd : la discrimination raciale/sociale, ainsi que les violences associées. Pointu.

Vincent Raymond | Mardi 21 septembre 2021

Chicago, de nos jours. Artiste peintre en mal d’inspiration, Anthony McCoy vient d’emménager dans le quartier de Cabrini Green, autrefois ghetto noir, désormais gentrifié. Découvrant la “légende urbaine” de Candyman, le tueur au crochet ayant jadis sévi dans les environs, il va s’en inspirer pour ses nouvelles toiles… et provoquer la résurrection sanglante de ce vengeur des Noirs opprimés. Un même titre pour une autre histoire ? Disons plutôt une prolongation offrant une lecture politique actualisée, de surcroît par des auteurs afro-américains. En cela, il ne s’agit pas d’une nouveauté : souvenons-nous du précédent récent que constitue l’excellent The Birth of a Nation (2016) de Nate Parker, ce nécessaire contrepoint au sinistre long métrage homonyme signé Griffith en 1915. Las, Parker et son œuvre primée à Sundance se trouvent actuellement au purgatoire car une

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Disc'orama : « Ma singularité, elle est dans la diversité »

ACTUS | En activité depuis 10 ans, d’abord dans le quartier Saint Bruno puis depuis juillet 2017 en plein centre-ville, Disc’orama s’est instantanément imposé comme (...)

Damien Grimbert | Mardi 8 décembre 2020

Disc'orama : « Ma singularité, elle est dans la diversité »

En activité depuis 10 ans, d’abord dans le quartier Saint Bruno puis depuis juillet 2017 en plein centre-ville, Disc’orama s’est instantanément imposé comme LE disquaire de référence pour les passionnés de vinyles, tous styles confondus. Pop, rock, classique, jazz, soul, funk, disco, hip-hop, musiques électroniques, expérimental, bandes-son de films, musiques venue d’Asie, d’Afrique, d’Amérique Latine ou des Caraïbes, tous les styles imaginables trouvent ainsi refuge dans ses bacs, pour le plus grand plaisir des collectionneurs mais également des simples amateurs… pour peu qu’ils ne se laissent pas intimider par la richesse de l’offre. Comme l’explique Julien Idelon, fondateur du lieu, « je laisse beaucoup les gens user de leur liberté : pour moi, cette boutique, c’est un peu comme un instrument. Tu fouilles, tu regardes, tu écoutes à ta guise sur les platines mises à disposition… J’essaie vraiment de proposer le plus large choix possible, même s’il y a forcément une part de chance, d’aléatoire, des styles qui sont plus difficiles à alimenter en occasion… » Un vent de nouveauté Si les disques d’occasion composent ainsi l’immense majorité des stocks

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Les trois soirées de la fin juin (avec, notamment, un immense DJ)

MUSIQUES | 28.06.19 > Belle électrique Ben Klock Figure incontournable de la scène techno berlinoise, résident historique du fameux club Berghain et fervent (...)

Damien Grimbert | Mercredi 19 juin 2019

Les trois soirées de la fin juin (avec, notamment, un immense DJ)

28.06.19 > Belle électrique Ben Klock Figure incontournable de la scène techno berlinoise, résident historique du fameux club Berghain et fervent défenseur d’une techno pure, dure, rigide et qui file droit, Ben Klock (photo) est de retour à la Belle électrique pour la quatrième fois en cinq ans. De quoi satisfaire ses nombreux fans, d’autant qu’il se fendra pour l’occasion d’un set exceptionnel de 4 heures en continu. Mais aussi provoquer quelques (compréhensibles) grincements de dents, même s’il faut reconnaître à la Belle électrique d’avoir fait pas mal d’efforts pour diversifier sa programmation électronique depuis un an. 28.06.19 > Drak-Art Noche de Sonido Amateurs de cumbia, reggaeton et autres styles musicaux en provenance des tropiques propices aux déhanchements (plus ou moins) contrôlés, cette Noche de Sonido devrait amplement combler vos attentes grâce à un line-up en tout point irréprochable. Aux platines, on retrouvera ainsi le DJ/producteur Me

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"Venise n'est pas en Italie" : lacunes sur la lagune

ECRANS | D'Ivan Calbérac (Fr, 1h35) avec Benoît Poelvoorde, Valérie Bonneton, Helie Thonnat…

Vincent Raymond | Mardi 28 mai 2019

Tout sépare Émile de Pauline, la collégienne dont il est épris : lui vit avec sa famille bohème (les Chamodot) dans une caravane ; elle réside dans la villa cossue de ses parents bourgeois. Quand elle l’invite à Venise pour l’été, Émile se réjouit… brièvement. Car ses parents veulent l’accompagner. En adaptant ici son propre roman lointainement autobiographique (succès en librairie), déjà porté (avec autant de bonheur) par lui-même sur les planches, le sympathique Ivan Calbérac avait en théorie son film tourné d’avance – le fait d’avoir en sus la paire Benoît Poelvoorde / Valérie Bonneton parmi sa distribution constituant la cerise sur le Lido. Las ! Le réalisateur a jeté dans un grand fait-tout les ingrédients d’une comédie familiale un peu Tuche et d’une romance d’ados un peu Boum, quelques tranches de road-movie, un peu d’oignon pour faire pleurer à la fin, nappé le tout d’une sauce Roméo & Juliette. Et puis il a oublié sa gamelle sous le feu des projecteurs. Résultat ? Un bloc hybride et peu digeste, où l’on distingue trois ou quatre possibilités de film, mais où aucun ne parvient à trouver sa cohérence. Alo

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Off Models : modern love

Concert | Le groupe de Valence dévoilera son premier album jeudi 21 mars sur la scène de l'Ampérage. On lui prédit un avenir prometteur.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Off Models : modern love

L’album d'Off Models sorti l’an passé a pour titre Never Fallen in Love et s'ouvre sur un morceau baptisé Fast Life. Voilà qui résonne étrangement comme Ever Fallen in Love et Fast Cars, deux des hymnes romantico-punks emblématiques des Buzzcocks, formation du regretté Pete Shelley. D'autant que le sextet valentinois, issue des galaxies H-Burns / Forest Pooky, s'inscrit à plein dans cette veine indie punk avec de jolies aspirations mélodiques et romantiques grattant les stigmates d'amours roulées dans la poussière et des frustrations sans remède éternellement adolescentes. Laquelle veine embrasse également un son plus ou moins lo-fi… Mais les gu

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"Montagne et paysage dans l’estampe japonaise" : des paysages plein la vue au Musée de l’Ancien Évêché

Exposition | Encore une nouvelle exposition dans le cadre de l’Année du Japon en Isère ? Oui, et tant mieux. Car avec "Montagne et paysage dans l’estampe japonaise", le Musée de l’Ancien Évêché explore le regard porté par les Japonais sur la nature, complétant ainsi magnifiquement la proposition en cours au Musée dauphinois sur les relations entre le pays du Soleil-Levant et l’Occident.

Benjamin Bardinet | Mardi 18 décembre 2018

Généralement, quand un musée propose une exposition temporaire comprenant des œuvres d’un artiste "star" (genre, au hasard, Gauguin ou Delacroix), il se débrouille pour mettre en avant sur ses affiches une œuvre "blockbuster" dudit artiste. Et s’arrange pour trouver un titre qui mette cet aspect en avant – même s’il peut être trompeur sur la marchandise. Pour sa nouvelle exposition, le Musée de l’Ancien Évêché a fait fi de ces stratégies marketing en se contentant d’intituler sobrement Montagne et paysage dans l’estampe japonaise un accrochage qui réunit un nombre conséquent d’estampes des deux grands maîtres du genre dont l’évocation des seuls noms suffit à déplacer les foules : Katsushika Hokusai (1760 – 1849) et Utagawa Hiroshige (1797 – 1858). Le parcours n’essaye d’ailleurs pas de nous tenir en haleine en gardant le "meilleur" pour la fin puisqu’il démarre d’emblée avec la fameuse vague d’Hokusai. Comme c’est souvent le cas avec les images trop reproduites, cette vague n’est plus vraiment regardée : voilà donc une belle occasion de nous pencher dessus avec attention. On y voit trois barques de pêcheurs sur le point d’être submergées par une gigantesque va

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"Des samouraïs au kawaii" au Musée dauphinois : bons baisers du Japon

Exposition | Produite dans le cadre de l’événement national Japonismes 2018 et de l’Année du Japon en Isère, l'exposition "Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident" en place au Musée dauphinois propose un passionnant parcours autour de cinq siècles habilement résumés. Visite guidée et entretien avec la commissaire d’exposition.

Benjamin Bardinet | Mardi 6 novembre 2018

L'histoire commence plutôt bien : le hasard amène des navigateurs portugais à faire la découverte en 1543 d'une des îles de l'archipel du Japon. Dès l'introduction de l'exposition Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, en place à l’étage du Musée dauphinois, un paravent contemporain de l'événement témoigne de l'enthousiasme et de la curiosité partagés de ses protagonistes ; et un cabinet-écritoire, dont l'usage est aussi caractéristique de l'Occident que ses motifs décoratifs profondément nippons, atteste du dialogue culturel et commercial qui s'instaure rapidement. Plus loin, la fascination mutuelle se prolonge autour des techniques guerrières : une élégante armure de samouraï et un fusil à mèche en attestent. Tout va bien donc, jusqu'à ce que les Jésuites étrangers, un brin trop prosélytes, agacent le gouvernement local qui décide d'interdire le christianisme avant, finalement, de verrouiller totalement le pays en mettant un terme à (quasiment) toutes les relations avec l'extér

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Et voici l'Année du Japon en Isère !

ACTUS | On détaille le programme débuté mi-juin.

Aurélien Martinez | Jeudi 28 juin 2018

Et voici l'Année du Japon en Isère !

Des dessins de rescapés des bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima accrochés au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère : d’accord, mais pourquoi ? Tout simplement parce que ce musée ne résume pas ses expositions temporaires à la période et l’aire géographique que son nom peut laisser sous-entendre (en gros, la Seconde Guerre mondiale en Isère). Et, surtout, parce qu'est lancée cet été l’Année du Japon en Isère (comme il y a eu précédemment celle de l’Italie ou de l’Afrique), à l’initiative du Département, et en lien bien sûr avec la célébration au niveau national du 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Plusieurs musées départementaux sont ou seront associés à ces festivités, comme, donc, le Musée de la Résistance, mais aussi celui de la Révolution française à Vizille (sa nouvelle exposition Heurs et malheurs de Louis XVII,

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Et soudain, le Département dégaina ses Rencontres de la culture en Isère

ACTUS | Vendredi 8 et samedi 9 juin, le Département organise à Bourgoin-Jallieu ses Rencontres de la culture en Isère. Un événement qui, bien sûr, va rassembler tout un tas de professionnels du secteur, mais qui est aussi annoncé comme ouvert à tous. On vous en dit plus.

Aurélien Martinez | Lundi 4 juin 2018

Et soudain, le Département dégaina ses Rencontres de la culture en Isère

« En Isère, la droite joue la culture » : tel était le titre d’un article que nous avions rédigé en 2016, soit un an après l’arrivée à la tête du Département de la majorité présidée par Jean-Pierre Barbier (Les Républicains). En 2018, l’intention semble toujours là puisque le conseil départemental va rassembler, sur deux jours à Bourgoin-Jallieu, pas mal d’acteurs culturels « pour échanger sur les enjeux de la culture, réfléchir aux usages, aux pratiques, aux attentes des Isérois et identifier des défis concrets à relever » (extrait du communiqué). Des rencontres ouvertes à tous, et non forcément qu’aux professionnels de la profession. Plusieurs temps forts seront d’ailleurs proposés au public comme des ateliers de pratique artistique, un concert du multi-instrumentiste basé à Grenoble Stracho Temelkovski (photo) ou encore un jeu de piste géant dans Bourgoin-Jallieu. Du beau monde Mais bien sûr, ces à-côtés ludiques ne doivent pas faire oublier qu’il s’agira, pendant ces deux jours, de

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Une lueur dans le noir avec Helena Hauff

Soirée | La DJ et productrice hambourgeoise sera samedi 14 avril à la Belle électrique. Et c'est une excellente nouvelle.

Damien Grimbert | Mardi 3 avril 2018

Une lueur dans le noir avec Helena Hauff

On a beau râler devant le retour de plus en plus systématique au line-up des grosses soirées grenobloises d’artistes déjà programmés auparavant, on va faire une exception pour Helena Hauff, de passage samedi 14 avril à la Belle électrique (aux côtés notamment de la légende locale The Hacker). Déjà parce qu’elle n’est venue qu’une fois, il y a deux ans et demi, devant un public relativement confidentiel comme elle n’avait pas encore atteint la notoriété dont elle bénéficie aujourd’hui. Ensuite parce que son set, mélange à la fois éclectique et incroyablement cohérent de techno âpre et abrasive, d‘électro old school de Détroit, de sonorités acid et de vieilleries industrielles, cold-wave, post-punk et italo-disco, nous avait passablement subjugués. Enfin parce que le nouvel album de la jeune DJ/productrice de Hambourg (Have You Been There, Have You Seen It, sorti en 2017 sur Ninja Tune) est tout aussi réussi que ses précédentes sorties plus underground, tout en marquant une transition vers des horizons musicaux plus alambiqués, intrigants et subtils, qu’on a hâte de redécouvrir sur une sono digne de ce nom.

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Somaticae et Graal, musique d’ambiance

Soirée | La nouvelle édition des soirées "Processing Tool" des Grenoblois de Narco Polo promet d'envoyer. Rendez-vous vendredi 14 avril au Mark XIII pour le constater.

Damien Grimbert | Mardi 11 avril 2017

Somaticae et Graal, musique d’ambiance

Depuis leur apparition à l’automne dernier, on a déjà eu plus d’une fois l’occasion de vous vanter les mérites des soirées Processing Tool du duo grenoblois Narco Polo, et leur approche à la fois prospective et expérimentale des musiques électroniques. Après les DJ/producteurs de club music avant-gardiste Celestial Trax et Lechuga Zafiro, c’est cette fois deux artistes français aventureux et partageant un goût affirmé pour la dissonance qui viennent garnir le line-up de cette nouvelle édition. Signé sur le label de référence In Paradisum, Somaticae (en photo) défend depuis ses débuts, il y a maintenant une dizaine d’années, une ligne musicale au croisement de l’ambient, de la noise, de la techno, de l’indus et de l’électro-acoustique à la singularité frappante. Également impliqué dans différents side-projects aux orientations variées (Balladur, Omar Di Bongo, Sacré Numéro), il présentera à l’occasion de son passage un live de techno bruyante et breakée passée au filtre de la saturation analogique.

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Le Ministère Pimenté est de retour avec DJ Mellow

Soirée | Rendez-vous samedi 25 mars au Drak Art pour retrouver ce fameux collectif de DJs locaux adeptes de musiques tropicales modernes.

Damien Grimbert | Mardi 21 mars 2017

Le Ministère Pimenté est de retour avec DJ Mellow

Depuis l’arrêt à l’automne dernier de leur fameuse résidence du mercredi au Canberra, on était restés sans nouvelles du Ministère Pimenté, foisonnant collectif de DJs locaux défendant avec ferveur les musiques tropicales modernes dans toute leur diversité – dancehall, grime, afrobeats, tropical bass, UK house, club music, jungle, ghetto funk… Avec l’arrivée du printemps, les voici enfin de retour au grand complet, le temps d’un Samedi (25 mars, à 23h) Pimenté exceptionnel au Drak-Art qui s’annonce propice aux pas de danse chaloupés. Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, on retrouvera au line-up, aux côtés des dix DJs du Ministère, l’excellent DJ Mellow (en photo), co-fondateur du label bruxellois Lowup et spécialiste incontesté des rencontres entre bass music et sonorités afro-caribéennes, ainsi que BJF, jeune recrue du très bon blog musical Couvre x Chefs et des soirées Plage Club de Nancy qui se chargera pour sa part du warm-up de la soirée.

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Grenoble lance ses États généraux des migrations

Évenement | Samedi 3 décembre, le collectif Migrants en Isère organise à la MC2 une journée de réflexion et de tables rondes autour de la question des migrants. Des artistes participent aussi à cette première édition, ainsi que des têtes d’affiche comme les deux Daniel, Pennac et Cohn-Bendit. On détaille le programme.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 29 novembre 2016

Grenoble lance ses États généraux des migrations

La mobilisation se pressentait en septembre, lorsque la municipalité grenobloise adhérait au réseau des villes solidaires. Cela se vérifie en décembre, puisque les premiers États généraux des migrations auront lieu ce samedi 3. Une journée complète qui se déroulera à la MC2 avec des intervenants, nombreux et variés : chercheurs, artistes, hommes politiques, militants associatifs, citoyens… Tous pourront discuter, se questionner et avancer ensemble. Monique Vuaillat, l’organisatrice avec le collectif Migrants en Isère (qui rassemble de nombreuses associations comme Amnesty International, l’APARDAP ou la Cimade), est convaincue de la nécessité de cet événement. « La question des migrants suscite des débats, des controverses. Il y a une méconnaissance du public sur la véritable réglementation qui s’applique à eux. » Un événement qu’elle assure autant pédagogique qu’artistique. Vidéos, photos ou écrits mettront en relief la question migratoire. La photographe Maryvonne Arnaud montrera ainsi son tra

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Lechuga Zafiro : avant-garde sans frontières

MUSIQUES | Le jeune DJ/producteur uruguayen à la musique on ne peut plus captivante sera jeudi soir au Mark XIII. Nous aussi.

Damien Grimbert | Lundi 31 octobre 2016

Lechuga Zafiro : avant-garde sans frontières

Il va bien falloir un de ces jours se débarrasser des vieux clichés post-colonialistes consistant à opposer la « modernité » des artistes occidentaux à l’« authenticité » de ceux des pays de l’hémisphère sud. Jeune DJ/producteur originaire de Montevideo, en Uruguay, et récemment installé à Lisbonne, Pablo de Vargas alias Lechuga Zafiro propose en effet avec sa musique et celle de son label Salviatek une vision amplement plus futuriste que celle de bien des artistes du vieux continent. Captivante synthèse d’influences hautement hétérogènes, cette dernière tend ainsi des ponts entre rythmes ancestraux sud-américains et sonorités industrielles synthétiques, auxquels viennent encore s’additionner des emprunts à diverses scènes régionales de l’underground mondial. De la club music avant-gardiste britannique aux funk des favelas brésiliennes, en passant par la tarraxinha des banlieues de Lisbonne et Luanda, ses DJ-sets célèbrent ainsi une esthétique néo-cyberpunk chaotique aussi dansante qu’expérimentale, fusionnant avec autant de grâce que de brutalité mélodies digitales épurées et polyrythmies bruitistes complexes. On citera ains

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Le DJ Celestial Trax conjugue le futur au présent

MUSIQUES | Rendez-vous jeudi 15 septembre au Mark XIII pour le constater, dans le cadre de la première édition des soirées "Processing Tool".

Damien Grimbert | Mardi 13 septembre 2016

Le DJ Celestial Trax conjugue le futur au présent

Longtemps indissociables de l’univers des musiques électroniques, les notions de futurisme et d’innovation se sont, depuis une quinzaine d’années, progressivement vu reléguer au second plan. Un déclin que le duo de DJs grenoblois Narco Polo entend bien enrayer avec le lancement d’une nouvelle série de soirées, Processing Tool, dédiée à remettre les visions prospectives et l’expérimentation au premier plan. À ce titre, l’invitation du DJ/producteur de Brooklyn Celestial Trax, pour la première date de sa tournée européenne, fait figure de déclaration d’intention. Inspiré par les atmosphères sombres du grime et des premiers morceaux de jungle comme par les sonorités urbaines des scènes juke et drill de Chicago, ce jeune artiste, expatrié à Londres depuis 2014, est en effet l’auteur d’une club music avant-gardiste semblant tout droit sortie d’un film de science-fiction. Rythmes breakés, saccadés et hachurés, nappes synthétiques digitales flamboyantes… Aussi glacial et dystopique puisse t-il sembler, l’univers sonore de Celestial Trax, qui a su séduire des labels comme Rinse ou Purple Tape Pedigree, n’est pas pour autant fermé aux collaborations vocales.

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"Court (En instance)" : l'Inde sans complaisance

ECRANS | de Chaitanya Tamhane (Ind., 1h56) avec Vira Sathidar, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni…

Vincent Raymond | Mardi 10 mai 2016

On est rarement déçu lorsqu’un cinéaste glisse ses caméras dans un prétoire, que ce soit pour un documentaire ou une fiction. Car un tribunal réunit en vase clos un condensé de la société dont il défend les intérêts ; les affaires qu’il juge témoignent de ce qui est considéré comme délinquance par un pays, et reflète le degré de liberté publique dont jouissent ses habitants. Une cour est donc, toute spectacularisation mise à part, un puissant révélateur. Sortant sur les écrans quelques semaines après le décevant La Saison des femmes, Court (En instance) ne se dissimule pas derrière le folklore pour affronter des questions dérangeantes. À travers un procès découpé en plusieurs audiences, il montre une Inde sans complaisance où perdurent des lois obsolètes datant de l’ère Victoria ; où des instructions fragiles peuvent être truquées par la police avec la bénédiction du ministère public, où les magistrats exercent un pouvoir discrétionnaire. Entre chaque session (on devrait dire “coup”, comme aux échecs, tant la défense et

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L’Exil à l’écran : quand le cinéma abolit les frontières

ECRANS | Zoom sur l'événement organisé par le collectif Migrants en Isère.

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

L’Exil à l’écran : quand le cinéma abolit les frontières

Bien que la situation au Proche-Orient ne cesse de se dégrader, la jungle de Calais a été vigoureusement évacuée, et un accord entre l’Union européenne et Ankara vient d’être validé visant à renvoyer en Turquie tous les migrants arrivant en Grèce… Bref, les autorités rivalisent d’ingéniosité “courageuse” pour déplacer le problème des déplacés. Depuis début mars, le collectif Migrants en Isère aborde de front la douloureuse situation de ces populations forcées de fuir leur pays d’origine à travers le langage du cinéma, en organisant le festival L’Exil à l’écran. Un événement inscrit dans le cadre de La Quinzaine contre le racisme et les discriminations, se diffusant largement dans l’agglomération grenobloise, et dont l’ultime semaine réserve encore quelques rendez-vous marquants. Comme l’avant-première du documentaire Entre les frontières de Avi Mograbi, traitant du cas des demandeurs d’asile africains en Israël, ou Les Invisibles de Pascal Crépin, consacré aux oubliés de Sangatte. Deux fictions complètent le tableau : le très brut Hope (2014) de Boris Lojkine, détaillant sans c

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Les soirées de mai

MUSIQUES | Les cinq temps forts du mois.

Damien Grimbert | Mardi 5 mai 2015

Les soirées de mai

Bass Jump Birthday Bash Fervent défenseur de la scène bass music à Grenoble, que ce soit via ses soirées récurrentes au Drak-Art et à l’Ampérage (Clang !, Est-ce que tu bass ?) ou l’organisation de l’incontournable festival Bassodrome en collaboration avec Eddy Rumas, le crew Bass Jump fête ce mois-ci ces cinq ans d’existence. Et entend bien célébrer ça en musique avec un « birthday bash » d’anthologie qui réunira aux platines, aux côtés des DJs Bass Jump (Don Germano, General Haze, Jayh Mo’Fire, Matt Tracker et Woodslide), une multitude d’activistes bass music venus des quatre coins de la France. Bass Jump Birthday Bash, jeudi 7 mai au Drak-Art

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Deux ans et tous ses piments

MUSIQUES | L'incontournable soirée hebdomadaire du mercredi fête ses deux ans avec l’intégralité des résidents du Canberra aux platines.

Damien Grimbert | Lundi 27 avril 2015

Deux ans et tous ses piments

Apparus sans crier gare au printemps 2013, les Mercredis pimentés se sont rapidement imposés comme la soirée incontournable du milieu de semaine à Grenoble. Il faut dire aussi que ses atouts ne manquent pas : un cadre idyllique en plein air (l’immense terrasse en hauteur du Canberra, qui jouxte la piscine du campus), un sound-system au son à la fois propre et massif et quatre équipes de DJs se passant le relais de semaine en semaine pour diffuser une sélection musicale rafraîchissante (dancehall, tropical, grime, bass music, afrobeats, jungle, cumbia, jersey club, reggaeton, UK house, ghetto funk, électro-swing et on en passe). Toutes les conditions étaient donc réunies pour aboutir à une ambiance à la fois chaleureuse, festive et décontractée. Après un premier anniversaire qui avait déjà mis la barre très haut l'an passé, ce second mercredi 29 avril promet de battre de nouveaux records : BBQ light-shows, fumée, lance-flammes, concours en tout genre (limbo, street-golf, twerking…), et bien sûr l’intégralité des résidents du lieu aux platines.

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Les rêves écrits et gravés de Renaud et Reynek

ARTS | La Bibliothèque d'étude et du patrimoine dévoile les œuvres du couple d'artistes franco-tchèque, et notamment leur vision de Grenoble.

Charline Corubolo | Mardi 21 avril 2015

Les rêves écrits et gravés de Renaud et Reynek

De poèmes en gravures, l'histoire du couple d'artistes Renaud-Reynek s'écrit sur les murs de la Bibliothèque d'étude et du patrimoine jusqu'au mercredi 2 décembre. Suzanne Renaud, poétesse dauphinoise (1889-1964), se dévoile à travers des écrits qui parlent de Son pays, des noix ou encore de sa maison d'enfance. Bohuslav Reynek, graveur tchèque (1892-1971), esquisse des vues de Grenoble en noir et blanc ou en couleur. Ils se rencontrent dans les années 1920 et, dès lors, les événements les feront voyager entre la Bohème et le Dauphiné, mais toujours au gré de l'art. L'exposition intitulée Nos rêves s'en iront par les chemins met en lumière la richesse et la poésie de leurs œuvres individuelles et communes. Soucieuse de présenter au mieux les productions du couple franco-tchèque, la bibliothèque propose, jusqu'au 4 juillet, une première plongée dans la vie de l'écrivaine et celle du dessinateur. Puis s'ensuivra une seconde découverte, à partir du 1er septembre après la fermeture estivale, avec d'autres œuvres. Rendez-vous donc à la rentrée pour en savoir encore un peu plus sur le duo Renaud-Reynek qui a fait de sa vie un art pour le moins poé

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Mémoires vives

ARTS | Il a fallu deux ans d’inventaire pour l’exposition Patrimoine en Isère, les Vals du Dauphiné. Elle retrace l’histoire de la région dauphinoise à travers le (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 3 janvier 2014

Mémoires vives

Il a fallu deux ans d’inventaire pour l’exposition Patrimoine en Isère, les Vals du Dauphiné. Elle retrace l’histoire de la région dauphinoise à travers le patrimoine qui l’a façonnée. Une invitation à remonter le temps en se promenant de châteaux en églises, de machines à tabac en mobiliers de fermes. En flânant sur les rives du lac de Paladru sur les traces de ceux qui habitèrent ses désormais vestiges préhistoriques. En suivant les romains sur leurs voies jusqu’à Pont-de-Beauvoisin. Les panneaux successifs mènent de la préhistoire à l’époque contemporaine. Pour chaque époque, des photos de monuments illustrent l’intégration de l’histoire dans les paysages que l’on connaît aujourd’hui. Autre illustration, par les objets des quatre coins de la région et de tous types. Les uns ramènent au culte religieux, les autres au travail de la terre et à ses outils, ou encore aux artistes qui ont marqué la région. Une diversité qui permet à chacun de s’arrêter en reconnaissant le nom de son village ou un objet familier. Pour les amateurs d’exhaustivité, un livret de 240 pages décrit l’histoire de tel château ou bourg. 240 pages et une exposition pour une l

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Un château en Italie

ECRANS | De et avec Valeria Bruni Tedeschi (Fr, 1h44) avec Louis Garrel, Céline Sallette…

Christophe Chabert | Jeudi 24 octobre 2013

Un château en Italie

Une actrice qui ne joue plus rencontre un acteur qui en a marre de jouer ; avec lui, elle veut avoir un enfant. Pendant ce temps, son frère se meurt du sida et sa mère, aristocrate déchue, veut vendre le château familial… Il est plus facile pour un chameau et Actrices, les deux premiers films réalisés par Valeria Bruni Tedeschi, exaspéraient par l’impudeur avec laquelle elle étalait sa vie et son métier, sans jamais trouver une forme cinématographique autre que l’ordinaire de l’auteurisme à la française. Un château en Italie fait la même chose, et quiconque connaît un peu sa biographie – qui, pas de bol, est en partie aussi celle de sa très médiatique sœur – passera son temps à chercher les clés pour démêler ce qui relève ici de la vérité et de la fiction. Un jeu aussi vain que lassant, qui pousse parfois loin la plaisanterie – Garrel travesti refusant un rôle à un cinéaste manifestement gay, si ce n’est pas une référence à l’affaire Laurence Anyways… Dommage, car Bru

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Déferlante tropicale

MUSIQUES | Le problème à Grenoble, pour peu qu’on s’intéresse un minimum aux musiques dansantes et qu’on dispose d’une connexion internet, c’est qu’on en arrive (...)

Damien Grimbert | Vendredi 5 avril 2013

Déferlante tropicale

Le problème à Grenoble, pour peu qu’on s’intéresse un minimum aux musiques dansantes et qu’on dispose d’une connexion internet, c’est qu’on en arrive rapidement à cet implacable constat : ce sont encore et toujours les éternels mêmes styles musicaux qui tiennent le haut du pavé. D’où l’intérêt d’un projet comme Les Mercredis Pimentés, qui propose, à compter de ce mercredi au Canberra (le bar de la piscine du Campus), de mettre en avant de façon hebdomadaire des genres encore sous-représentés comme la cumbia, l’african beat, la tropical bass ou encore le UK garage. Début des hostilités dès ce mercredi de 17h à 1h avec le duo de choc Narco Polo (photo), composé de Missa et Klaus Barf, auquel succèderont les semaines suivantes Velasquez et MotorHaze (le 17 avril), Selecta Lox et MC Flow du Bassroom Sound (le 24 avril) et enfin la « Mercredis Pimentés Team » featuring Matt Tracker (le 15 mai). Une initiative bienvenue qui devrait, le retour des beaux jours arrivant, engendrer un bel engouement chez les amateurs de musiques novatrices et ensoleillées ! Damien Grimbert

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Italie romantique

ARTS | Après quatre échecs, Hector Berlioz finit par remporter le grand prix de Rome en 1830. Il obtient le droit de séjourner à la villa Médicis mais le conservatisme (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 6 juillet 2012

Italie romantique

Après quatre échecs, Hector Berlioz finit par remporter le grand prix de Rome en 1830. Il obtient le droit de séjourner à la villa Médicis mais le conservatisme ambiant l’ennuie et il décide de parcourir la campagne italienne pendant un an et demi. Il passe à Naples, dans les Abruzzes, à Pompéi où il s’arrête « non par intérêt pour l’Antiquité mais par romantisme », dixit Antoine Troncy, adjoint du directeur du musée de La Côte-Saint-André. L’exposition, à travers 80 œuvres, s’attache donc à retracer son périple et à montrer comment la musique populaire italienne a influencé le compositeur. Des tableaux, prêtés par le Musée d’Orsay, le Musée des Beaux-Arts de Lyon ou encore le Musée de Grenoble illustrent les paysages italiens tandis que lettres et partitions issues du fonds du Musée Berlioz (mais encore jamais rendues publics) témoignent de l’inspiration qu’a reçue Berlioz. L’influence de la musique italienne, notamment celle des pifferari, des joueurs de musique ambulants, est ainsi clairement illustrée. Une sélection d’œuvres de Berlioz est aussi à écouter à l’auditorium, des œuvres empreintes de la touche italienne, comme Harold en Italie.

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