Dernière marche pour les Inouïs du Printemps de Bourges

MUSIQUES | Ils sont huit rhônalpins présélectionnés pour les Inouïs du Printemps de Bourges, ce tremplin national révélateur, le plus souvent, des talents musicaux de demain. Huit à devoir encore franchir la dernière étape dans l'épreuve du live. Huit dont quatre seront sur la scène de la Bobine vendredi 2 février. Présentations.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 janvier 2018

Dans un célèbre télé-crochet musical, on appellerait ça "l'épreuve du feu". Seuls quelques heureux élus sont passés entre les mailles de la présélection pour accéder à l'ultime étape des Inouïs du Printemps de Bourges : le live. En Rhône-Alpes (les anciennes régions ont été ici conservées), ils sont huit à batailler pour une place (ou deux, ou trois, ou peut-être zéro, selon un calcul savant qu'il serait trop long d'expliquer ici) et un beau coup de projecteur au Printemps.

Huit répartis en deux groupes de quatre pour ces ultimes auditions. Ainsi, dès que Saint Sadrill, Leïla Huissoud, Parquet et Pratos auront achevé d'en découdre sur la scène du Marché Gare à Lyon, ce sera au tour de Nikitch (photo), Tracy de Sa, Terrenoire et Kcidy de tenter d'accrocher le pompon sur celle de la Bobine. Le premier, de son vrai nom Nicolas Morant, aura l'avantage (qu'on se rassure, il ne sert à rien) de jouer à domicile, dans la catégorie électro/funk/house, et appartient à cette faune d'anciens musiciens classiques qui ont décidé de mettre leur virtuosité aux services des sons de l'époque.

Un jour, un destin

Bien lui en a pris, tant il a été rapidement adoubé par ses pairs (Gilles Peterson, Laurent Garnier). Un destin qui pourrait rapidement être un jour celui de Tracy de Sa, from Lyon, jeune rappeuse et danseuse hip-hop anglophone d'origine indienne (elle est née à Goa) dont le flow déflagrateur a fait déjà pas mal de dégâts. Tout comme, une autre lyonnaise, Kcidy, dans un tout autre genre : celui d'une pop en apesanteur qui privilégie les nuances et les voyages synthétiques, entre l'univers de David Lynch et l'espace-temps 80's.

Enfin, c'est dans un tout autre registre que s'illustrera Terrenoire, duo stéphanois, au nom, et oserait-on dire, à la mine patibulaires. Deux frères, l'un aux machines, l'autre au chant, au croisement de l'électro, de la chanson et du hip-hop, formalisant tout ça en une sorte de comateuse rêverie post-urbaine.

On aimerait dire, comme jadis, que tout le monde a gagné. Malheureusement...

Les Inouïs du Printemps de Bourges
À la Bobine vendredi 2 février à 19h


Inouïs du Printemps de Bourges

Nikitch + Kcidy + Terrenoire + Tracy de Sa
La Bobine 42 boulevard Clemenceau Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Kcidy, spleen idéal

Pop | Attendue le 10 septembre à la Bobine pour présenter son deuxième album, "Les Gens Heureux", Kcidy a tout changé à son univers. Et opté pour une pop baroque en français au service d'un propos doux-amer qui sublime la mélancolie.

Stéphane Duchêne | Mardi 7 septembre 2021

Kcidy, spleen idéal

Pour ce qui n'est que son deuxième album – on jurerait qu'il y en a eu plus mais il faut ajouter une poignée d'EP au tableau de chasse –, Les Gens Heureux, on pourrait dire que la Lyonnaise Kcidy a changé son fusil d'épaule. Mais elle a fait bien plus : elle a carrément changé de fusil. Et même peut-être de cible. Fini l'idiome international (l'anglais) bien pratique quand on débute, moins quand on veut préciser sa pensée une fois la maturité venue. La voici exclusivement passée au français, utilisé jusque-là avec parcimonie et qui, ici, comme elle nous le confiait avant l'été, « l'oblige à écrire vraiment », ce qui est quand même mieux que d'écrire à moitié dans une langue qu'on maîtrise trop peu pour exprimer les nuances de son âme. Fini aussi l'électronica des débuts, perpétrée en solitaire sur du computer au kilomètre. Là encore, Kcidy n'a pas, com

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Du neuf au Ciel

MUSIQUES | Concerts / Dire que l’horizon se dégage pour le Ciel est une boutade facile… que nous avons déjà faite. N’empêche : on recommencerait bien, tant on a été ravi d’apprendre que, sans attendre 2021, la salle de la rue Général-Marchand prévoyait d’accueillir le public pour de nouveaux concerts.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Du neuf au Ciel

C’est dès mercredi 16 décembre prochain, à 19h, que l’on pourra entendre Selen Peacock. Venu de Paris, « l’un des tous meilleurs groupes français de jazz prog légèrement avant-garde », nous promet-on. Vendredi 18, à la même heure, le Ciel verra débarquer la Lyonnaise Kcidy. « Prod onctueuse, mélodies entêtantes et besoin d’en découdre avec les frontières de la pop, ce projet peut être à rapprocher des ambitions d’un Beck, machine à tubes caméléon. » Dimanche 20, à 18h30, ce sera enfin au tour des Stéphanois de Magrava (photo) de se produire : un duo composé de Cyril Meysson aux guitares et Rodolphe Loubatière à la batterie, pour « une musique free noise, improvisée et démentielle, noire et lumineuse, tellurique et spectrale ». Pour être explicite sur ses intentions, le Ciel indique que ces concerts se tiendront dans le strict respect des mesures sanitaires en vigueur, avec une billetterie uniquement en prévente et une jauge limitée. David Nicolay, programmateur de ces soirées, précise : « On est dans l’impossibilité de construire une programmation comme on l’aimerait, incluant des artistes et groupes locaux, nationaux, européens et inter

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La Belle continue en extérieur

MUSIQUES | Concerts / Après une première édition en juillet dernier qui avait rencontré un joli succès, la Guinguette de la Belle Électrique fait son retour du 10 au 20 septembre sur l’esplanade Andry Farcy sous une forme un peu plus ambitieuse. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

La Belle continue en extérieur

Ç'avait été l’une des surprises bienvenues de juillet dernier : loin de céder au marasme ambiant post-confinement, l’équipe de la Belle Électrique avait retroussé ses manches et organisé, avec les moyens du bord, trois soirs par semaine et pendant trois semaines, une programmation gratuite en plein air réunissant concerts, DJ-sets, bar et food truck sur l’esplanade juste à côté du lieu. Une proposition qui avait su fédérer un large public dans une ambiance très conviviale, sans contrevenir pour autant aux réglementations sanitaires en vigueur. À défaut de pouvoir maintenir l’édition 2020 de leur festival Jour et Nuit, les organisateurs ont donc décidé de remettre le couvert deux semaines durant en septembre, tout en s’offrant le luxe de "booster" un peu l’ampleur de leur programmation par la même occasion. Si la première semaine ne démérite pas, avec notamment un plateau rock/garage le vendredi, une soirée pop/électro le samedi et une jolie proposition afro-caraïbes le dimanche, c’est surtout la deuxième semaine qui retient notre attention en termes d’affinités musicales. On attend en effet beaucoup du retour des talentueux Hollandais du Mauskovic Dance Band, dont le curieux sy

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PB d'or 2018 : musique

C'était 2018... | Avec des musiciens du coin, un festival ou encore des associations locales.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : musique

Le PB d’or de la meilleure reprise de l’année : "Elle a les yeux revolver" par M-O-R-S-E C’est de loin l’un des morceaux qu’on a le plus écouté en boucle ces derniers mois – alors qu’on n’est pourtant pas spécialement fans de l’original. Porté par une maîtrise parfaite de l’autotune et une mélancolie prégnante, la reprise par le Grenoblois M-O-R-S-E du tube 80’s de Marc Lavoine nous a plongés dans un état de béatitude totale, au même titre d’ailleurs que les autres chansons de son excellent premier album Apathique, sorti à l’automne sur le label Cindys Tape. Le PB d’or du festival qui a enfin trouvé sa formule idéale : Jour & Nuit Une programmation musicale vaste, pointue et foisonnante à même de satisfaire tous les publics

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Les trois soirées de la semaine

Soirées | Direction le Black Lilith et/ou le Drak-Art le vendredi 25 mai et la Bobine le mardi 29.

Damien Grimbert | Mardi 22 mai 2018

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25.05.18 > Black Lilith Alpine Funk Classics Vol.1 Release Party Pour fêter la sortie du premier volume de son projet collaboratif Alpine Funk Classics, le collectif Shoganai organise une soirée pluridisciplinaire au Black Lilith. Au programme, un concert de jazz avec Marthe et TRIODD, une performance audiovisuelle ambient expé de Lei, une exposition de Juliette Piedagni et une flopée de lives et DJ-sets hautement recommandables : Exit Strategies, Nineteen Entities, Binary Digit & The Fresh Prince of Doner, Jean Pierre Pepone B2B Jean Pierre Parpaing… 25.05.18 > Ampérage Calling Marian / Hydrangea / Persepher / Paoli Pour sa nouvelle soirée à l’Ampérage, l’association La Métamorphose a composé un line-up à la fois 100% féminin et 100% techno, oscillant entre les « rythmiques percutantes et brutales d’une techno acid jusqu’aux mélodies sauvages et oniriques de l’ambient techno ». Côté live, on retrouvera ainsi Calling Maria et Persepher, tandis qu’Hydrangea (en photo) et Paoli seront en charge des DJ-sets. À ne pas manquer enfin, les créations visue

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Zoom sur les artistes de la 15e Cuvée grenobloise

MUSIQUES | La fameuse compilation dédiée à la scène locale sort ce mercredi 27 janvier. Qui trouve-t-on dessus ? Et quels groupes joueront cette semaine à la Bobine, à la Bibliothèque centre-ville ou à la Belle électrique pour la promouvoir ? Réponses.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 janvier 2016

Zoom sur les artistes de la 15e Cuvée grenobloise

À force de cuvées, la grenobloise, ourdie par Retour de scène-Dynamusic, devrait finir par s'autoproclamer AOC : Sainte-Émergence ou Château-La Pompe à talents. Le nom reste à trouver et, pour l'heure, c'est donc Cuvée grenobloise, 2016 et 15e millésime. Comme chaque année, le jury de la désormais fameuse compilation de talents locaux (émergents à divers niveaux) s'est enfilé quelques bonnes rasades de production locale avant d'en sélectionner un échantillon représentatif de nectar du cru. Représentatif car au-delà de la qualité intrinsèque et de l'engagement des acteurs (critères essentiels), tous les genres se trouvent ainsi représentés, un peu à la manière des sélections régionales du Printemps de Bourges. Il n'est pas de chapelle musicale qui passe sous le radar : rouge qui tache rock et son tanique avec Quintana, blanc acide coupé à la vodka de Cash Misère (prime de la meilleure étiquette pour le titre Poursuitovksy), chanson sulfatée de Bleu, ou reflets abstraits d'un Dzihan ou d'un Nikitch, étoiles montantes de l'électro.

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Charade musicale

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Damien Grimbert | Lundi 9 décembre 2013

Charade musicale

Après un premier passage remarqué fin octobre au Centre d’art Bastille, qui avait permis au public grenoblois de découvrir Mount Analogue, Poperttelli, MARAMé, ou encore Bermudaa, le label Do It Yourself d’Annecy AB Records est de retour dans les parages avec une nouvelle salve d’artistes dans sa besace. Au programme de ce concert qui se déroulera cette fois au Bauhaus Bar, trois groupes aux styles assez disparates, mais qui réunissent néanmoins un certain nombre de points communs : chacun d’entre eux inclut ainsi dans son line-up un membre du combo brestois Satellite Jockey, et semble cultiver une certaine sensibilité indie pop, ainsi que de manière plus générale, un goût pour la musique lo-fi en marge des tendances du moment. Pour le reste, pas grand-chose à voir entre le post-rock teinté d’influences hip-hop de Bernadette3, qui travaille actuellement sur son premier album, la synth-pop solaire de KCIDY (photo), dont l’EP Pursuit flirte parfois avec les codes du trip-hop, et enfin le curieux métissage sonore proposé par Beauty Camp, influencé à la fois par « les coo

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