"Voiron Jazz Festival" : jazz à voir à Voiron

Festival | Zoom sur la huitième et prometteuse édition du festival, qui accueillera cette année pas mal de grands noms du jazz.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 mars 2018

Photo : Jean-Marc Lubrano


Comme tout bon festival de jazz, Voiron Jazz s'étale au maximum ; pas seulement dans le temps (du 22 mars au 7 avril) mais aussi dans la ou les formes : apéro-concert, ciné-concert, exposition, tremplin big band, stage... Mais bon, comme dans tout bon festival aussi, ce qui prime c'est le line-up. Et si l'on s'en tient aux têtes d'affiches, Voiron Jazz n'aura pas à rougir cette année. En vedette, Lucky Peterson (photo) partira sur les traces de son mentor Jimmy Smith dans un Tribute to Jimmy Smith où le guitariste et chanteur de Buffalo, également claviériste, se faufile derrière cet orgue Hammond B-3 qui était la marque de fabrique de l'ancien pensionnaire du Blue Note.

Le festival s'animera aussi de quelques duos. Comme un qui réunit celui que les amateurs de musique klezmer, et particulièrement de clarinette, connaissent par cœur, Yom, et le titulaire des grandes orgues de l'église Sainte-Eustache à Paris (inutile de dire que ça en jette), Baptiste-Florian Marle-Ouvrard ; tous deux lancés dans une quête musicale autour de la notion de sacré débarrassée de toute contingence religieuse.

Amis de 30 ans, Bojan Z, piano et claviers, et Julien Lourau, saxophone ténor, remettront, eux en jeu leur complicité et poursuivront une conversation quasiment jamais interrompue depuis leur première rencontre. Quant à Roberto Negro, pianiste au parcours surprenant, et Émile Parisien, saxophoniste collectionneur de Victoire du jazz, leurs Métanuits revisiteront le compositeur contemporain Györgi Ligeti à coups de réécriture et d'improvisation. Et ce n'est là que la partie émergée de l'iceberg jazz de Voiron.

Voiron Jazz Festival
Du jeudi 22 mars au samedi 7 avril


Lucky Peterson


Le Grand Angle Place des Arcades Voiron
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Avec le Voiron Jazz Festival, le jazz est « à la portée de tous »

Festival | Du 14 au 30 mars, le festival organisé par le Conservatoire de musique et de danse de Voiron est de retour dans une vingtaine de communes du Pays voironnais pour une neuvième édition « où il y en aura pour tous les goûts et tous les styles » selon Anne Mahey, directrice artistique de l’événement qui a répondu à nos questions.

Nathalie Gresset | Mardi 12 mars 2019

Avec le Voiron Jazz Festival, le jazz est « à la portée de tous »

Chaque année, à l’orée du printemps, des airs de jazz enivrants résonnent dans les rues d’une vingtaine de communes du Pays voironnais. Concerts, apéros musicaux, tremplins, expositions… Pour cette neuvième édition, pas moins de 70 manifestations rythmeront les seize jours du Voiron Jazz Festival. « Nous désirons organiser un événement populaire et familial, destiné aussi bien aux néophytes qu’aux connaisseurs. Plus de 80% de nos manifestations sont gratuites et ont lieu à des horaires accessibles pour les familles. Nous proposons aussi une programmation très diversifiée qui concilie jazz "classique", africain, latin ou encore inspiré de la chanson française » explique Anne Mahey, directrice artistique du festival et professeure au Conservatoire de Voiron, qui organise l’événement. « Transmettre le jazz aux plus jeunes » Et qui dit festival de musique, pose l’inéluctable question des têtes d’affiche. Cette année, l'événement recevra en résidence le cornettiste, trompettiste et chanteur Médéric Collignon (photo) et son quartet Jus de Bocse. « Leur musique a des influences jazz, funk et

Continuer à lire

Détours de Babel 2018 : nos coups de cœur

Festival | C’est parti pour la huitième édition des Détours de Babel, festival centré, comme l’indique son sous-titre, sur les musiques du monde, le jazz et les musiques nouvelles. Une manifestation comme chaque année d’une grande richesse, même si pas mal de propositions peuvent intimider de prime abord. On a donc parcouru consciencieusement l’ensemble du programme, bien ouvert nos oreilles et sélectionné quelques concerts à faire pendant ces trois semaines. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 13 mars 2018

Détours de Babel 2018 : nos coups de cœur

Ouverture avec star On ne peut pas dire que les Détours de Babel sont réputés pour la foule de têtes d’affiche grand public qu’ils convoquent chaque année – même si, pour les amateurs des genres musicaux défendus par l’équipe organisatrice, celles et ceux dont on va causer dans cet article sont, à leur façon, des têtes d’affiche. Alors quand un nom un tant soit peu grand public ouvre les hostilités, il faut le souligner. La chanteuse et musicienne malienne Rokia Traoré sera ainsi sur la scène de la Belle électrique lors de la première soirée du festival pour un concert mêlant sa culture malienne et des chansons françaises du répertoire comme celles de Brel et Ferré. De quoi commencer sur de bonnes bases, en parfaite adéquation avec le thème de cette édition : retour aux sources. Rokia Traoré À la Belle électrique vendredi 16 mars à 20h John en Cage Parmi les riches festivités du brunch Jazz no Jazz sis dans le quartier Très-Cloîtres, Rencontre d'un univers im

Continuer à lire

"En route vers les JO de 1968" : les JO en image et en musique

Ciné-concert | Les festivals Le Tympan dans l’œil et Les Rencontres Ciné Montagne s'associent une nouvelle fois pour proposer un intrigant ciné-concert imaginé par Xavier Machault et Roberto Negro. On vous en (un peu) dit plus.

Aurélien Martinez | Mardi 24 octobre 2017

Du mardi 7 au samedi 11 novembre se déroulera au Palais des sports de Grenoble la 19e édition des Rencontres Ciné Montagne – « l’un des plus grands [événements] d’Europe » sur cette question assure le maire Éric Piolle dans l’édito du programme. Avec, forcément, la diffusion de films de montagne, en présence souvent de leurs protagonistes et des réalisateurs, pour ensuite initier une discussion. Mais aussi des rencontres avec des auteur.e.s, un salon du livre alpin, une bourse au ski de rando ou encore, et c’est là la raison principale de cet article, un ciné-concert en ouverture dans le cadre de la célébration des 50 ans des Jeux olympiques de Grenoble. En route vers les JO de 1968, création de 15 minutes proposée par le festival de ciné-concert Le Tympan dans l’œil (dont la 8e édition aura lieu fin novembre), se basera sur des images provenant de trois films du cinéaste gren

Continuer à lire

Ah, la Belle Époque selon Vincent Peirani et Émile Parisien

Jazz | Comptant parmi les musiciens de jazz les plus talentueux de leur génération, Vincent Peirani et Émile Parisien forment un duo pour le moins original. Alliant traditions et explorations, les deux compères prouvent qu'une histoire d'amour entre un saxophone et un accordéon est tout sauf impossible. À découvrir sur la scène de l'Hexagone de Meylan.

Gabriel Cnudde | Mardi 29 novembre 2016

Ah, la Belle Époque selon Vincent Peirani et Émile Parisien

Voilà sans doute l'un des duos les moins traditionnels de la musique actuelle. D'un côté, Vincent Peirani et son accordéon, de l'autre, Émile Parisien et son saxophone soprano. L'un comme l'autre comptent parmi les musiciens de jazz les plus talentueux de leur génération. Après une rencontre fortuite par l'intermédiaire du batteur Daniel Humair en 2009, les deux compères étaient condamnés à travailler ensemble. Parce qu'ils partagent une vision de la musique similaire, un goût de l'aventure et de l'exotisme et une excentricité réfléchie qui les poussent à repousser les frontières d'un genre parfois très codifié. Excentricité maîtrisée Sur Belle Époque (2014), premier album du duo, on est frappés par la complicité entre les deux hommes. Quand l'un met savamment en retrait son talent, c'est seulement pour laisser l'autre exprimer pleinement le sien. Sur des airs de Sidney Bechet et Duke Ellington, saxophone et accordéon se prennent la main pour une promenade enjouée dans le Paris de la Belle Époque. Souvent, ces deux instruments amoureux se complètent avec merveille, notamment sur Song of Medina (Casbah), aux teintes rock

Continuer à lire

Roberto Negro, pianiste sans limites

MUSIQUES | Pianiste et compositeur bien connu de la scène grenobloise, Roberto Negro est le parrain de la Semaine jazz d’Eybens pendant laquelle il donnera son concert "Loving Suite Pour Birdy So". On lui a passé un coup de fil pour en savoir plus.

Tiphaine Lachaise | Mardi 24 mai 2016

Roberto Negro, pianiste sans limites

Roberto Negro, Italien né à Turin mais ayant été élevé à Kinshasa, et surtout sa musique semblent impossible à placer sur une carte. Pourtant, le pianiste n’est pas sans attache. Son passage à Eybens est ainsi une forme de retour aux sources, car l’homme qui vit aujourd'hui à Paris a une « histoire » avec Grenoble. « J’y ai vécu entre 1998 et 2008, c’est là que j’ai démarré ma vie de musicien professionnel. » Dix années qui ne sont pas forcément celles qui ont le plus marqué sa musique, sa couleur particulière étant plus à chercher du côté de l'enfance. « J’ai grandi avec pour inspiration la rumba congolaise présente partout dans la ville, la musique classique à la maison et avec mes professeurs et l’eurodance dans les boums ! » « La musique n’est qu’une façon de donner du sens » Il revient en France à l'âge de 14 ans. « Je ne pouvais pas poursuivre mes études à Kinshasa, il n’y avait pas de bac français et mes parents voulaient que je continue l’école française. » En parallèle de sa scolarité, il décide d’intégrer le conservatoire de Chambéry, section jazz, afin de continuer le piano débuté plus jeune. « J

Continuer à lire

Élitisme pour tous

MUSIQUES | Pour la troisième édition du festival, l’équipe des Détours de Babel a choisi de se pencher sur la question de la religion et de son traitement par les différentes musiques d’ici et d’ailleurs. Un axe passionnant tant l’histoire musicale est intimement liée à l’histoire religieuse, comme on en aura la preuve pendant ces trois semaines. Aurélien Martinez, Laetitia Giry et Christine Sanchez

Aurélien Martinez | Mardi 2 avril 2013

Élitisme pour tous

Cela fait trois ans que Les Détours de Babel, festival né de la rencontre entre les anciens 38e Rugissants et Grenoble Jazz Festival, investit chaque début de printemps l’agglomération dans son ensemble – aussi bien les salles classiques que l’espace urbain. Et trois ans qu’il se traîne la même image de manifestation élitiste réservée à quelques extatiques amateurs de branlette intellectuelle. Alors que, n’en déplaisent aux médisants, c’est un peu plus compliqué que ça – voire carrément plus ! Les Détours de Babel, ce sont trois volets artistiques : les musiques contemporaines, le jazz, et les musiques traditionnelles (ou dites du monde). Une trinité ambitieuse au sein de laquelle on retrouve des propositions exigeantes, l’équipe organisatrice prenant soin de programmer des artistes qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais qui la vivent, la réfléchissent, la réinventent... Alors, certes, il y aura peu de noms connus du grand public pendant ces dix-huit jours de festival, et une poignée d’événements semblent véritablement hermétiques sur le papier... Mais si l’on pr

Continuer à lire

Piano solo

MUSIQUES | Bojan Z alias Zulfikarpasic sera à la MC2 ce mercredi 13 février pour dévoiler son dernier album solo au public grenoblois. Immense pianiste de jazz, il a (...)

Christine Sanchez | Vendredi 1 février 2013

Piano solo

Bojan Z alias Zulfikarpasic sera à la MC2 ce mercredi 13 février pour dévoiler son dernier album solo au public grenoblois. Immense pianiste de jazz, il a fait ses armes entre Belgrade - dont il est originaire -, New-York et Paris, et aux côtés de maîtres du genre à l'image d'Henri Texier ou Michel Portal. Sa virtuosité de soliste (dont on ne doutait certes pas) est quasiment exaltée dans son nouvel opus Soul Shelter, sorti en 2012 – soit plus de dix ans après son premier album solo Solobsession. D'une richesse inouïe, l'album alterne balades poétiques, mélodies fragiles et morceaux festifs dont les accents entraînants sonnent comme une évocation en filigrane de ses racines balkaniques. Le jazz ici est extrêmement mélodique et complètement émancipé, tour à tour apaisant, suave ou virevoltant. Jouant sur la dualité entre l'électrique et l'acoustique, Bojan Z parvient à doser et à maintenir un équilibre subtil entre le son décalé et rétro de son Fender Rhodes et celui, plus pur, plus classique et plus juste, du piano. Une mention particulière pour la délicatesse saisissante de son morceau Sweet Shelter Of Mine... Christine Sanchez

Continuer à lire

Le bal des pianistes

MUSIQUES | FESTIVAL / Tigran Hamasyan ouvre jeudi 8 décembre le festival Piano programmé au Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas donnant le ton d’une quinzième édition qui (...)

François Cau | Vendredi 2 décembre 2011

Le bal des pianistes

FESTIVAL / Tigran Hamasyan ouvre jeudi 8 décembre le festival Piano programmé au Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas donnant le ton d’une quinzième édition qui s’annonce enthousiasmante, notamment en ce qui concerne le jazz international. Le pianiste virtuose de 24 ans a puisé dans le répertoire traditionnel arménien et les musiques de film pour son album A Fable qu’il vient défendre à Grenoble, créant ainsi des mélodies limpides et entêtantes. Le Quartet de Yaron Herman, samedi 10 décembre,  promet aussi d’être un intéressant moment de jazz. L’énergie et la liberté des compositions du pianiste israélien brouillent les frontières du jazz, du pop et du classique, à l’image du festival qui affiche ses envies d’éclectisme. Subtilement influencée par le folklore balkanique, la musique de Bojan Z, qui se produira mardi 13 décembre, est, elle aussi, entraînante, extrêmement dynamique et originale. Au côté du jazz, le répertoire classique sera également très présent dans cette édition avec les performances de plusieurs diplômés du conservatoire de Grenoble (Florence Cioccolani, Sandra Chamoux, Karine Grosso-Mathieu…) et c’est un concert à deux pianos qui clora le festival le 17 décembre avec

Continuer à lire

You don’t mess with the Bojan

MUSIQUES | Jazz / Levons le doute tout de suite. Non, Humus, le titre du dernier album de Bojan Z sorti en 2009, ne fait pas du tout référence au plat de (...)

François Cau | Lundi 17 janvier 2011

You don’t mess with the Bojan

Jazz / Levons le doute tout de suite. Non, Humus, le titre du dernier album de Bojan Z sorti en 2009, ne fait pas du tout référence au plat de prédilection de Zohan dans le somptueux Rien que pour vos cheveux (il s’agit du houmous, bande d’incultes). Non, ce titre fait référence au côté le plus immédiatement organique de la terre, le plus à même d’être malaxé, cultivé, défriché, oui, comme sa musique, voilà. Ce pianiste de grand talent a le droit d’être hardi en métaphore : déjà parce qu’on vit dans un pays libre, et ensuite parce qu’au fil de ses albums, l’artiste a prouvé son aisance à marier les styles (jazz, funk, rock, influences balkaniques, et même de petites touches d’électro, comme ça, à la sauvette), le tout avec une classe folle – écouter, en boucle, sa reprise du pourtant maintes fois revisité Ashes to ashes pour s’en convaincre. Dans la lignée de son plébiscité Xenophonia (2006), son dernier album explore toutes les gammes de jeu et de sensibilité d’un musicien génial, dont l’aisance pourrait passer pour de l’arrogance si elle n’était exécutée avec un tel plaisir communicatif. Languide, rieur, syncopé, hystérique, mélancolique, le tout parfois dans un seul morceau, le

Continuer à lire