Quand, l'été, la musique est bonne (et gratuite)

Sélection | Que celles et ceux qui n’ont pas prévu de déserter la chaleur iséroise tout l’été se rassurent : il y aura de quoi s’occuper en ville en juillet et en août, notamment avec des concerts haut de gamme et, ce qui ne fait pas de mal, gratuits. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 3 juillet 2018

Photo : Le Cabaret frappé


Des concerts au Jardin de Ville de Grenoble

Du 16 au 21 juillet

C'est le temps fort de l'été grenoblois, encore plus depuis qu'il est devenu gratuit : le Cabaret frappé revient pour une 20e édition qui offrira chaque soir pas mal de belles promesses musicales. Comme le lundi 16 juillet, jour d'ouverture, qui verra le psychédélisme turc d'Altin Gün se produire à nouveau à Grenoble après un passage envoûtant en début d'année à la Bobine.

Le mardi, on célébrera entre autres le retour du groupe grenoblois mythique Gnawa Diffusion. Le mercredi en fin de soirée, on en prendra plein les oreilles (et, surtout, on dansera à n'en plus pouvoir) avec les Congoloais de KOKOKO! et leurs instruments créés avec des matériaux de récupération qui s'avèrent être percussifs à souhait. Le jeudi sera plus calme avec, notamment, le folk du génial H-Burns. Le vendredi, on sera là pour la Franco-Camerounaise (et très classe) Sandra Nkaké. Enfin, le samedi, on terminera en beauté avec Seun Kuti & Egypt 80, mythique formation afrobeat. Six soirs de musique passionnante (sachant que nous n'avons pas listé ici tous les artistes programmés) : merci le Cabaret, vraiment.


Musique avec vue au Musée dauphinois

Tout l'été

Depuis l'an passé, le Musée dauphinois propose divers rendez-vous tout au long de l'été sur sa magnifique terrasse à flanc de Bastille offrant un panorama plus qu'appréciable sur la ville dans un cadre qui l'est tout autant. Et notamment plusieurs concerts gratuits, dont un qui nous excite tout particulièrement : celui d'Erotic Market le mercredi 11 juillet.

Seule aux commandes, Rosemary Martins (de son vrai nom Marine Pellegrini) a laissé son binôme Lucas Garnier s'échapper vers d'autres cieux pour piloter à sa guise le vaisseau Erotic Market qui, forcément, prend la tangente. Oh, il y a toujours ces beats électroniques qui structurent l'édifice, mais ils ont pris un sacré coup de groove. Ce qui disparaît nettement, balayé, c'est l'influence rock : bonjour le R'n'B sauvage et sexy, ambiance Missy Elliott voire Kaytranada, porté par un timbre se rapprochant souvent de Santigold. Les textes de ce nouvel opus baptisé Queendoms sont à l'avenant, questionnant la femme et sa place aujourd'hui, ou encore une société pervertie par l'ego, soutenus par un flow capable de muter, alternant scansions rappées ou parties chantées, plus mélodiques et plus coquines, aussi. Erotic Market nouvelle mouture ? Plus sexy, finalement, moins frontalement cul.


Des musiciens et du patrimoine partout en Isère

Jusqu'au 27 juillet

Chaque été, le Département propose de mixer musique et patrimoine avec son programme joliment baptisé Les Allées chantent. Soit des concerts de genres divers (pop, sono mondiale, musique classique…) dans différents lieux de l'Isère : des musées, des châteaux, des parcs, des églises… Et n'attendez pas des petites animations du fait de la gratuité affichée : la prog est à chaque fois solide. Prenons le groupe Pelouse par exemple, qui est tout simplement l'une des nouvelles aventures locales récentes les plus enthousiasmantes. Soit le chanteur grenoblois Xavier Machault qui, avec deux autres musiciens (un violoncelliste et un claviériste), offre une chanson rock malaxée à l'extrême et, surtout, plus onirique que réaliste, jouant à fond sur les (agréables) dissonances et l'inattendu. Ils seront jeudi 5 juillet au Musée archéologique de Grenoble (un lieu fascinant) et le dimanche 8 au Centre égologique Terre vivante de Mens.

Mais ce n'est pas tout puisque jusqu'à fin juillet, on aura droit aussi à d'autres concerts prometteurs, comme ceux d'Arash Sarkechik, multi-instrumentiste et interprète qui envoie valser ses chansons sur des rivages estampillés musiques du monde ; ceux du duo d'Espagnols Antonio Placer (accessoirement directeur du Nouveau Théâtre Sainte-Marie-d'en-Bas) et Antonio Campos, accompagnés par un guitariste, qui risquent d'être intenses ; ceux du duo de chansons cabossées et déroutantes Nuage fou ; ou encore ceux du joueur de blues Sammy Decoster. Sachant que tout se terminera le vendredi 27 juillet à Saint-Théoffrey (sud isérois), dans la maison d'Olivier Messiaen, avec une journée de concerts en ouverture du festival Messiaen au Pays de la Meije. Classe.

Programme complet sur www.les-allees-chantent.fr


Des soirées en ville

Tout l'été

Où danser gratuitement cet été le soir venu ? Au bar de la Belle électrique pour commencer, avec le collectif grenoblois Nokirisi en mode DJ-sets le jeudi 12 juillet, puis avec le retour du crew Hedone le jeudi 19 juillet (avec en invité le DJ thaïlandais Nakara) et un nouveau volet des soirées 360 de Nikizi le lendemain.

Sinon, réservez votre soirée du 13 juillet puisqu'en cette veille de jour férié certains bars pourront rester ouverts jusqu'à (très) tard dans la nuit ! L'occasion par exemple de se déhancher sur la drum'n'bass du crew Bass Jump au Mark XIII, ou sur les sonorités afro-caribéennes éclectiques de la team Dress 2 Sweat au Bauhaus.

À ne pas manquer enfin, les indispensables apéro-mixes du mardi à la Bobine (photo), qui se dérouleront sans interruption pendant tout l'été, et accueilleront successivement les collectifs Groove Jam, GroovAloustics Alliance, Alex do Brasil, Chylorama, Lorem Ipsum, Alp'in Dub, Dr Roady, La Maiz… Quand à celles et ceux qui préfèrent danser en journée, rendez-vous le dimanche 8 juillet à la Bobine toujours avec un Bob'Ecue spécial reggae-dancehall assuré par l'équipe de Nice & Easy !


Une rentrée en bonne voix à Uriage

Les 1er et 2 septembre

Il faut parfois un peu de temps pour se remettre du blues post-estival. Mais il n'est pas dit que le début du mois de septembre, s'il est particulièrement clément, ne soit pas une période propice à continuer à se la couler un peu douce. De l'autre côté de l'Atlantique, ou dans une chanson de Joe Dassin, on appellerait ça l'été indien, mais nous sommes ici en Isère. Car c'est l'idée d'Uriage en voix que de prolonger un peu la douceur des vacances au sein même de son parc avec de la musique pas tout à fait comme les autres, et à vrai dire à mille lieues de la programmation mastoc du tout venant estival – il va sans dire que le concept de voix y a aussi sa place.

Ainsi pour cette 17e édition, le festival gratuit accueillera dès le samedi 1er septembre, l'actrice, chanteuse et compositrice roumaine Rona Hartner et DJ Tagada pour un genre de fusion baptisé électro-gypsy-swing aux accents aussi électro que balkaniques, ainsi que le rock des Mountain Men, qu'on ne présente plus dans ces pages (pour les oublieux, ils jouent aux frontières du rock et de la chanson française). Le lendemain, au hip-hop manouche de Pitt Poule succédera l'excellent projet (déjà vu cette saison à Grenoble) Traktorkestar, sa fanfare, sa beat-boxeuse Steffe la Cheffe et son Stephan Eicher. Comme le dit le slogan d'Uriage en voix : « Qu'importe les festivals et les destinations que vous aurez choisis cet été... À la fin, tout le monde a rendez-vous chez nous ! » Il ne tient qu'à vous.


Mais aussi

Le Vercors Music Festival, prévu du vendredi 6 au mardi 10 juillet à Autrans, c'est des concerts payants avec des stars – cette année Juliette Armanet, Arthur H, Bigflo & Oli, Catherine Ringer, Asaf Avidan, Keziah Jones… Mais c'est aussi, chaque jour, des concerts gratuits qui donnent eux aussi très envie comme Bagarre, le Villejuif Underground, Ma Pauvre Lucette, The Next Tape… Pareil au Grand son de Saint-Pierre-de-Chartreuse du jeudi 19 au dimanche 22 juillet avec une scène découverte riche en concerts gratuits.

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Uriage en voix : Stephan Eicher annule sa venue, Hugh Coltman le remplace

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Ce premier week-end de septembre, on a rendez-vous à Uriage pour le traditionnel festival musical gratuit de la rentrée : Uriage en voix. Avec un programme alléchant comme on l’expliquait ici, même s’il vient de changer comme l’a annoncé l’équipe organisatrice. « Stephan Eicher, victime d’un problème de santé, ne pourra pas assurer le concert du dimanche 2 septembre en tête d’affiche du festival. La journée de dimanche est cependant maintenue. Nous sommes ravis de vous annoncer que, en lieu et place de Stephan Eicher, Hugh Coltman (élu Voix du Jazz en 2017), accompagné de musiciens exceptionnels, enflammera le parc pour un set jazz et cuivré à partir de 17h30. » D’accord, surtout que nous n’avons rien contre Hugh Coltman, bien au contraire !

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Cabaret frappé 2018 : voici (enfin) les premiers noms

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Douze : c’est le nombre de noms que vient de lâcher l’équipe aux commandes du Cabaret frappé. Avec, déjà, deux têtes bien connues à Grenoble : Arash Sarkechik, qui vient de sortir son premier album solo Toutirabien, et le trio Pelouse de Xavier Machault, qui malaxe rock et chanson pour le meilleur. On retrouve également dans cette première annonce d’autres têtes connues, cette fois-ci au niveau national : les fameux Gnawa Diffusion, le folkeux H-Burns et la grande Sandra Nkaké. Rayon événements, on note la venue de Seun Kuti (& Egypt 80), fils du légendaire Fela Kuti à qui l’on doit le term

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Uriage ouvre la voix avec Thomas Fersen, Féfé ou encore Léopoldine HH

Festival | Dernier festival de l'été, Uriage en voix célèbre, deux jours durant (samedi 2 et dimanche 3 septembre, le tout gratuitement), la chanson française pas comme les autres. Entre têtes d'affiche et découvertes, la même ligne directrice : la voix de traverse.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 août 2017

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Le prodige réalisé par Uriage en Voix, c'est que le festival tient tellement à clôturer la saison des festivals d'été qu'il en vient à sonner l'appel d'une rentrée musicale qui, il est vrai, aux premiers jours de septembre, est encore un peu sur le reculoir – compter mi-septembre pour les premiers ébats dans les salles de musique de jeunes (et encore, en mode mal réveillé). Avec toujours ce souci pour le festival sis au parc d'Uriage (la vie est bien faite) de donner de la voix là où s'inscrit le décalage avec ce que l'on appellerait la norme (un-e chanteur-euse, des paroles, de la musique). Ceci en programmant des artistes peu enclins à garder le doigt sur la couture de ce pantalon nommé chanson française – et pourquoi la chanson française ne serait pas un pantalon ? Après le bouffeur de mots Bertrand Belin et la (très, trop?) Grande Sophie l'an dernier, Uriage fait cette année appel, en guise de tête d'affiche, à un type, Féfé, qui depuis ses débuts, y compris avec le Saïan Supa Crew, défroque la chanson à coups de rap-reggae (ou le rap à coups de chanson), et d'un poète détraqué d'un autre genre que Belin, aux chansons ple

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Stéphane Duchêne | Mardi 30 août 2016

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Depuis quelques années, de Parcs (album), en Requin (roman), en Cap Waller (album) où il maintenait le sien (de cap), celui d'un post-yéyé aliénant et addictif qui, il le dit lui même, « parle en fou », Bertrand Belin est sorti de la prodigieuse Hypernuit d'une chanson dont le langage marche à côté de la voie et de la voix. Depuis donc, l'ancien guitariste de métier (et cela, ça se sent) au phrasé bashungien est devenu une bête à concours festivaliers – un peu aussi parce que l'animal est une bête de scène aussi indéchiffrable que ses chansons sont « insolubles » (le mot est de lui). Pas une kermesse musicale, des plus modestes aux plus grandioses, qui n'invoque la présence du classieux crooner de l'impossible. Belin y fait toujours tache et cette tache est d'huile : elle se répand dans les esprits qu'elle contamine positivement mais se mélange mal à celles des collègues programmés de concert, qu'ils soient indie-rock ou variété française. Une chanson à côté de la voix donc. Bucco-lingual

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Stéphane Duchêne | Mardi 13 mai 2014

Blahblahrella

À l'heure où le "bla bla" (ou "blah blah" en anglais, magie de la traduction) est devenu un sport de combat, Erotic Market a été bien inspiré d'intituler son très attendu Blahblahrians (en rayon depuis le 28 avril), contraction, on l'aura compris sans être sémiologue, de « blah blah » et de « barbarians ». Bref, un bien beau barbarisme au service d'une musique du passage à l'acte un rien vandale.   Le duo constitué de Lucas Garnier et Marine Pellegrini avait déjà passablement retourné la moquette et repeint les murs du paysage musical façon bordel aux reliefs ondulants avec la rampe de lancement Rumblin'. De live habités en tremplins souvent gravis haut la main en passant par des articles suscitant une curiosité toujours plus large (dans le Guardian récemment) la carrière du groupe n'aura été jusqu'ici qu'un buzz de plus en plus assourdissant dont le climax aura sans doute été la censure de son dernier clip – on y voyait des gens faire le sexe. Blahblahrians arrive donc

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