Teki Latex : « La mixtape est, aujourd'hui, le vecteur numéro un de ma créativité »

Soirée | Passionné avec la même intensité par les cultures populaires et les niches musicales les plus pointues, Teki Latex est l’auteur de DJ-sets aussi épiques que tentaculaires qui n’occultent jamais pour autant leur fonction première : faire danser les gens. À l’occasion de son passage samedi 3 novembre au Black Lilith, on lui a posé quelques questions.

Damien Grimbert | Mardi 30 octobre 2018

Comment s'est passée votre année 2018 ?

Teki Latex : J'ai passé une excellente année, ma dernière année de trentenaire ! Je me suis pas mal concentré sur mes DJ-sets et j'ai eu la chance d'en faire dans des endroits géniaux, en France, en Angleterre et jusqu'en Afrique du Sud. J'ai aussi sorti l'une des mixtapes dont je suis le plus fier : The Naked King.

La première partie de l'année était surtout nostalgique, avec les dix dates de la tournée des 20 ans de TTC, et depuis la rentrée, je me tourne à nouveau vers le futur avec deux résidences à Paris et Toulouse et une nouvelle série de mixes en "back to back" sur la radio Rinse France. J'ai aussi joué à plusieurs soirées hyper inspirantes dans des registres totalement différents, comme par exemple celle du Red Bull Music Festival Diggin' In The Carts consacrée à la musique de jeux vidéo.

La dernière fois que l'on vous a interviewé en 2016, vous vous disiez encore « souvent incompris » lorsque vous mélangiez les genres musicaux dans vos DJ-sets. Est-ce que les choses ont évolué ?

Non, les choses n'ont pas vraiment évolué. Ce qui a évolué, c'est que je passe moins de temps à me lamenter sur l'état de la scène française, que je me bouge pour faire mes trucs dans mon coin sans l'aide de personne, et que de plus en plus de gens me suivent !

L'une de vos particularités est d'intégrer en permanence de nouvelles sonorités dans vos DJ-sets. Qu'est-ce qui vous a le plus enthousiasmé ces derniers temps ?

Parmi les nouveaux artistes qui m'ont fait kiffer, je vais citer Yung Acid, Segadeath, Arma, Infamous Zol, Rhekla… Mais surtout ma rencontre avec Nick Dwyer, avec qui j'ai joué en "back to back" pour la soirée Diggin' In The Carts dont je parlais, et avec qui je me suis méga bien entendu. Il m'a ouvert les portes de ses archives de musique de jeux vidéo et c'est vraiment sans fin, il me fait découvrir des nouvelles perles de la période Famicom / Master System tous les jours et je pète un plomb tellement c'est beau, simple, minimaliste et émouvant.

La musique de jeux vidéo, surtout celle produite avant l'arrivée des jeux sur CD, donc avant que l'on puisse rattacher n'importe quel style de morceaux produits en studio à un jeu, ça avait vraiment un son et une esthétique particuliers, c'était vraiment un style de musique à part entière.

On a commencé l'interview par une sorte de « bilan 2018 ». À l'inverse, avez-vous des choses en préparation ?

Eh bien justement, avec Nick Dwyer, notre set à la Gaité Lyrique nous a donné envie d'approfondir notre collaboration, et ça devrait découler sur un projet commun dans un futur proche. J'ai aussi une envie qui grossit peu à peu dans un coin de ma tête : celle d'écrire un bouquin, dont le thème restera pour l'instant secret.


Teki Latex


Le Black Lilith 18 Grand Rue Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Damien Grimbert | Vendredi 13 mai 2016

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Vous défendez dans vos DJ-sets des scènes musicales peu connues du grand-public, souvent issues d’un environnement géographique et socio-culturel très spécifique. Ça ne doit pas être pas le plus facile à promouvoir… Betty : Oui, je pense qu’il y a parfois beaucoup d’informations dans mes sets ! Écouter du UK funky, de la ballroom, du grime, du baile funk, de l’afro trap et Drexciya dans un même set de deux heures, c’est probablement plus déroutant que de danser sur un set 100% techno. Je ne dis pas que c’est mieux ou moins bien, c’est juste ma vision du club. Je trouve davantage de liberté, de spontanéité et d’énergie dans ces mouvements. Teki Latex : Déjà tu mets le doigt sur un truc qui est certain : je n'arrive pas à décrire ce que je joue aux gens qui ne font pas partie de ma scène. Si je dis "grime" ça n'est pas exactement vrai, si je dis "expérimental" je passe pour un DJ qui n'est pas là pour faire danser les gens, alors que ça reste ma motivation première. Depuis peu j'ai accepté le fait de me situer entre les scènes, ça me rend moins "lisible" pour les gens mais à force d'insister sur ce

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Damien Grimbert | Mardi 24 novembre 2015

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S’il reste avant tout connu du grand public pour son activité au sein du du trio rap TTC, du label Institubes et son duo pop avec Lio (Les Matins de Paris), Teki Latex ne s’est pas arrêté en si bon chemin pour autant. Créateur en 2009 aux côtés de son ami Orgasmic du label parisien Sound Pellegrino, devenu rapidement une référence de premier plan pour les amateurs de "club music" non formatée, il est aussi le fondateur et animateur depuis maintenant deux ans de l’émission Overdrive Infinity, qui accueille chaque semaine sur Dailymotion quelques uns des DJs les plus passionnants du moment. Également impliqué au sein de la florissante scène Ballroom parisienne en tant que sélecteur musical pour le crew de danseurs vogue Legendary House Of Ninja et résident de la radio Rinse France à ses heures perdues, il est avant tout devenu un DJ club audacieux

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