Rodolphe Burger : very "Good"

Concert | Le génial compositeur, guitariste et chanteur français sera à la MC2 mardi 11 décembre pour un concert qui promet. Et la veille au cinéma le Méliès pour présenter un documentaire le concernant.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 décembre 2018

Photo : Julien Mignot


Une approche velvetienne du blues, une certaine langueur électronique et un amour immodéré de la poésie : voilà probablement les trois piliers tenant l'œuvre du Français Rodolphe Burger depuis les premiers temps de son groupe Kat Onoma jusqu'à ses dernières productions. Et c'est ce que l'on retrouvait comme en hyper-concentration sur l'album Good, sorti début 2017, qui se présentait comme une énième manifestation de xénoglossie où la langue des poètes (celle des compères de toujours Olivier Cadiot et Pierre Alféri mais aussi de Goethe, T.S. Eliot, Deguy, Büchner et Beckett) venait une fois de plus envahir le flow chamanique de l'ermite de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).

Un an après une précédente présentation live (à la Source), celui-ci revient dans l'agglo (cette fois à la MC2) servir un double événement autour de cet inépuisable et insondable projet. D'abord sous la forme d'une expérience sonore pour ne pas dire sonique, baptisée Good & guests, qui verra Burger remonter sur scène accompagné de quatre guitaristes premium – Geoffrey Burton, Bertrand Belin, Olivier Mellano et Serge Teyssot-Gay. Et avec la sortie imminente d'un film, en salle le 26 décembre (en avant-première au cinéma le Méliès lundi 10 décembre en sa présence), lui aussi baptisé Good et réalisé par Patrick Mario Bernard, parti sur les traces musicales et intimes du musicien cinq années durant. Où l'on peut notamment découvrir l'antre du maître, où furent également enregistrés quelques albums de Bashung et Higelin. Et percer quelques-uns de ses secrets.

Rodolphe Burger, "Good & guests"
À la MC2 mardi 11 décembre à 20h30

Projection en avant-première du film "Good"
Au Méliès lundi 10 décembre à 20h


Rodolphe Burger

Pour le concert "Good and guests"
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Mom’s I’d like to surf : « Faire redécouvrir la surf music »

Concert | Jeudi 14 mars à la Source, on a rendez-vous avec le groupe grenoblois Mom’s I’d like to surf. L’occasion, avec le bassiste Franck Leard, de lever le voile sur la surf music, genre musical plus connu que ce qu’on ne croit.

Alice Colmart | Mardi 12 mars 2019

Mom’s I’d like to surf : « Faire redécouvrir la surf music »

S’il y a bien un remède efficace contre l’hiver, c'est le groupe grenoblois Mom’s I’d like to surf, dont les morceaux basés sur la surf music sentent bon les vagues, l’air marin et le sable. « On a constitué le groupe en 2013 alors qu’on jouait dans des bars » raconte Franck Leard, alias Frankie GoodLord, le bassiste de cette aventure musicale également composée des guitaristes Joris Thomas et Carolina Zviebel et du batteur Matthieu Billard. « Ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’on est plusieurs à venir d’univers différents, comme Carolina qui est issue de la musique classique et qui est formée au violon, ou Matthieu, ex-batteur de punk reconverti au jazz. Pourtant, on s’est tous retrouvés autour d’un même style. » Ensemble, ils se sont ainsi intéressés à la surf music, genre aux sonorités énergiques et planantes... « C’est un style instauré dans les années 1960 dont le but à la base était d’essayer, à travers une musique jouissive car rapide, de traduire la pratique du surf, avec cette impression de

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"I Feel Good" : faible fable

ECRANS | de Benoît Delépine & Gustave Kervern (Fr, 1h43) avec Jean Dujardin, Yolande Moreau, Jean-Benoît Ugeux…

Vincent Raymond | Lundi 24 septembre 2018

Partisan du libéralisme et du moindre effort depuis sa naissance, Jacques (Jean Dujardin) est convaincu qu’il aura un jour l’idée qui le fera milliardaire. C’est pourtant en peignoir qu’il débarque chez sa sœur Monique (Yolande Moreau), à la tête d’une communauté Emmaüs. Fauché comme les blés, mais avec une idée… Les Grolandais ont fait suffisamment de bien au cinéma ces dernières années pour qu’on ne leur tienne pas rigueur de cet écart, que l’on mettra sous le compte de l’émotion suscitée par la disparition prématurée de leur président Salengro le 30 mars dernier. Le fait est que la greffe Dujardin ne prend pas chez eux, même si son personnage est censé porter des valeurs totalement étrangères à leur cosmos habituel. Sans doute s’agit-il de deux formes d’humour non miscibles, faites pour trinquer hors plateau, pas forcément pour s’entendre devant la caméra. I Feel Good se trouve aussi asphyxié par son manque d’espace(s). Baroque et hétéroclite, le décor de la communauté est certes inspirant, avec ses trognes explicites et son potentiel architectural (hélas sous-exploité), mais Delépine

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"Katie Says Goodbye" : demande à la poussière

ECRANS | Dans son premier film, volet inaugural d’une trilogie à venir, le réalisateur Wayne Roberts plonge la comédienne Olivia Cooke dans le cœur profond des États-Unis. Une réussite sans une once de misérabilisme.

Vincent Raymond | Lundi 16 avril 2018

Fleur pure éclose au milieu d’un trou désertique perdu dans le sud ouest états-unien, Katie vit avec sa mère immature, dispense chaque jour son sourire dans le diner où elle bosse et fait des passes avec quasi tout le monde afin de partir à Frisco pour devenir esthéticienne. Un ange de bonté, qui va pourtant subir le pire… Bien malin qui parvient dès les premières images à dater ce film renvoyant une image atemporelle ou, à tout le moins, figée dans le rose-bonbon années 1950 des États-Unis : aucun des marqueurs coutumiers de la "contemporanéité" que sont les écrans ou les smartphones ne vient perturber ce microcosme figé dans une époque idéalisée, bien que totalement révolue. Des enclaves bien réelles, rappelant ces patelins aperçus récemment dans le film Lucky de John Carroll Lynch ou le documentaire America

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DJ Goodka : hip-hop style

Portrait | Personnage emblématique du milieu grenoblois de la nuit, DJ Goodka fêtera ses cinquante ans vendredi 9 février au bar de la Belle électrique. Souvenirs, rencontres, coups de cœur... : il revient avec nous sur presque 30 ans d’expériences musicales.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

DJ Goodka : hip-hop style

Ses traits juvéniles ne trahissent pas son âge. Pourtant, c’est bien ses 50 ans que fêtera DJ Goodka (de son vrai nom Olivier Lemaire) vendredi 9 février à la Belle électrique, en public donc. Et avec des camarades de jeu. « J’ai invité douze jeunes DJs qui mixeront en début de soirée. À minuit, il y aura le gâteau et je prendrai ensuite les manettes » nous détaille-t-il assis dans un fauteuil du restaurant Le 5, où nous le retrouvons pour revenir avec lui sur son riche parcours. Une soirée d’anniversaire qui sera également l’occasion de faire découvrir certains morceaux de sa récente mixtape La Belle plongée. « Le nom fait référence à la Belle électrique, qui m’a toujours épaulé, et au lac de Paladru à coté duquel j’habite. » Une mixtape de chansons françaises dans laquelle il remixe des artistes comme Calypso Valois, l’Impératrice ou encore Alexandre Chatelard ; loin donc de son registre habituel, le hip-hop qu’il affectionn

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"Good" : un bon (Rodolphe) Burger

MUSIQUES | Voix de stentor, tempo au bord de l'arrêt cardiaque : le guitariste et chanteur français continue, avec son énième album en date, à distiller son blues velvetien. Ou devrait-on dire burgerien, comme on s'en rendra compte jeudi 16 novembre sur la scène de la Source.

Stéphane Duchêne | Mardi 14 novembre 2017

Exégète inépuisable du Velvet, collaborateur frénétique, maniaque de la reprise (y compris de ses propres titres ou de ceux du groupe qui l'a fait connaître, feu Kat Onoma) féru de création live sous toutes sortes de formes : le guitariste et chanteur alsacien Rodolphe Burger est à ce point barré en permanence sur plusieurs fronts qu'on en oublierait presque qu'il mène aussi une carrière discographique solo faites d'albums originaux. Si l'on s'en tient à ce seul critère, cela fait neuf ans que Burger, loin pourtant d'avoir chômé, n'avait pas livré ce genre d'albums, depuis No Sport, en 2008. Jusqu'à ce Good donc. Sauf que, même en solo, Burger n'est jamais tout seul, convoquant toujours ses poètes préférés. Samuel Beckett, pour le morceau-titre, côtoie ainsi Pierre Alféri et Olivier Cadiot (deux complices de longue date de Burger) ou T.S. Eliot et son poème The Waste Land. De fait, la formule de l'alchimiste alsacien, si connu pour transformer le rythme de la poésie en boucles musicales hypnotiques, ne change guère : sa guitare blues et velvetienne, sa voix profonde de crooner fantomatique caressent les mots

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"Good Time" : lose poursuite pour le (finalement) expressif Robert Pattinson

ECRANS | de Ben & Joshua Safdie (ÉU-Lux, 1h40) avec Robert Pattinson, Ben Safdie, Jennifer Jason Leigh…

Vincent Raymond | Lundi 11 septembre 2017

Connie Nikas et son frère handicapé mental Nick braquent une banque. Dans la fuite, Nick est capturé. Alors Connie fait l’impossible au cours d’une nuit riche en rebondissements pour le libérer. Par les voies légales d’abord. Et puis les autres… Incroyable : Robert Pattinson peut afficher une gueule expressive et des nuances de jeu ! Merci aux frères Safdie pour cette révélation, ainsi que pour ce thriller nocturne haletant rappelant ces polars signés Hill, Carpenter, Scorsese et consorts qui éraflaient le New York crasseux des années 1970. L’effet vintage et déréalisant se trouve conforté par la B.O. synthétique de Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never, ainsi que par le matraquage de visages hallucinés, cabossés, arrachés à la pénombre, systématiquement cadrés en gros – voire très gros – plan. Dans leur quête formelle, les Safdie n’empruntent pas le chemin de l’esthétique pure, à la différence de Nicolas Winding Refn. Et s’ils partagent sa soif d’urgence ou son aptitude à fabriquer des sensations organiques, ils le font sans recourir aux sempiternelles armes à feu. Encore une sacrée transgression à mettre à leur crédit

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Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

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"Dalton Trumbo" : plaisir gourmand pour cinéphiles

ECRANS | de Jay Roach (E.-U., 2h04) avec Bryan Cranston, Diane Lane, Helen Mirren…

Vincent Raymond | Mardi 26 avril 2016

Vissé à sa machine à écrire, l'écrivain, scénariste et réalisateur américain Dalton Trumbo a signé parmi les plus grandes pages du cinéma hollywoodien (Vacances romaines, Spartacus, Exodus…). Mais il a aussi mené une vie personnelle et citoyenne romanesque. Le biopic que lui consacre Jay Roach, avec Bryan Cranston (Walter White dans la série Breaking Bad), relate le parcours de ce blacklisté haut en couleur, qui défia la chasse aux sorcières en industrialisant l’écriture sous prête-noms et glanant des Oscars à la barbe de McCarthy et de ses séides. S’il est enlevé et jouissif, à l’image du personnage, le film n’est qu’un instantané de son existence. Il se penche uniquement sur la période aussi conflictuelle qu’héroïque de l’après-guerre (Trumbo auteur reconnu et installé, a déjà publié Johnny Got His Gun), et fait l’impasse sur la fin de sa carrière (son passage à la réalisation avec Johnny Got His Gun). Un plaisir gourmand pour les cinéphiles, ravis de naviguer dans les coulisses hollywoodiennes parmi les légendes (sont ici convoqués Otto Preminger, John Wayne…) et un joli tour de force pour l’auteur de la série Austin Powers qui m

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Good Luck Algeria

ECRANS | de Farid Bentoumi (Fr., 1h30) avec Sami Bouajila, Franck Gastambide, Chiara Mastroianni…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

Good Luck Algeria

Aux origines, une belle histoire… qui donne naissance à un film joliment ourlé. Pas si fréquent sous nos latitudes, alors que Hollywood est coutumier de ces contes exaltant le dépassement de soi, forgés à partir d’un exploit individuel accompli dans un cadre absurde. Comparable au mémorable Rasta Rocket (1994) et voisin de Eddie the Eagle (narrant le parcours du premier sauteur à ski olympique britannique, en avril sur les écrans), Good Luck Algeria s’inspire donc des rocambolesques péripéties du frère du réalisateur, un Rhônalpin désireux de concourir pour les JO et "promené" par les responsables de la fédération algérienne de ski, moins intéressés par l’athlète que par l’aubaine d’une subvention à détourner – des notables ici moqués avec causticité. À partir de l’anecdote familiale, Farid Bentoumi tisse un scénario plus complexe où le résultat devient annexe, le défi seul étant prétexte à une redécouverte par le héros, Sam, de ses origines doubles ainsi qu’à une mise à plat des rapports entre lui, son père et ses oncles restés au bled. Si, pour la course, Sam affiche son attachement au drapeau paternel (ses racines retrouvé

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Breakbot, rétro mais pas trop

MUSIQUES | Après avoir durablement squatté les charts au début des années 2010, la sensation disco-pop Breakbot est de retour en 2016 avec un nouvel album plus luxuriant et plus ambitieux. Et une nouvelle tournée live qui passera ce jeudi par la Belle électrique. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 15 mars 2016

Breakbot, rétro mais pas trop

S’il s’était déjà fait remarquer dans la deuxième moitié des années 2000 par le biais d’une poignée de remixes pour Justice, Metronomy, Digitalism, Data ou encore Sébastien Tellier, c’est véritablement en 2010 que Breakbot va s’imposer auprès du grand public. Avec la sortie de son single Baby I’m Yours, il crée ainsi un tube instantané à forte teneur en sucre, auquel il va devenir littéralement impossible d’échapper dans les années qui suivent. En 2012 sort sur Ed Banger By Your Side, premier album construit dans la droite lignée du single qui sonne comme une sorte de dernier baroud d’honneur de la french touch à la sauce du label de Pedro Winter. On y retrouve en effet recyclé tout l’héritage musical du mouvement (disco vintage, funk 80’s, "feel-good songs" à la patine californienne), remis au goût du jour par le biais de gimmicks de production bien huilés et parfaitement dans l’air du temps. Une recette taillée pour le succès, mais qui laisse aussi un arrière-goût de "peut mieux faire", Breakbot se complaisant un peu trop dans son rôle de "hitmaker" érudit, sans égaler pour autant l’intensi

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10 Cloverfield Lane

ECRANS | Dan Trachtenberg s’inscrit dans les pas du fameux film catastrophe apocalyptique "Cloverfield", sans pour autant en présenter une suite. Et défend plutôt un minimalisme bienvenu.

Vincent Raymond | Mardi 15 mars 2016

10 Cloverfield Lane

En 2008, Matt Reeves électrochoquait le principe du film catastrophe apocalyptique en hybridant faux "found footage" et monstres exterminateurs dans Cloverfield : une expérience de cinéma aussi accomplie du point de vue théorique que spectaculaire. Ni suite, ni spin-off classique, 10 Cloverfield Lane s’inscrit dans sa lignée en combinant atmosphère de fin du monde, huis clos sartrien avec potentiel(s) psychopathe(s)… et monstres exterminateurs. Producteur des deux volets, J.J. Abrams pourrait lancer une franchise en s’attaquant ensuite au mélo, à la comédie musicale, au polar : tout peut convenir, du moment qu’on ajoute “Cloverfield” dans le titre et intègre des monstres en codicille ! Si Cloverfield montrait une fiesta virant au massacre, puis au survival, 10 Cloverfield Lane démarre privé de toute insouciance par une rupture pour se précipiter, très vite, dans le confinement subi d’un bunker et sa promiscuité. C’est que les temps ont changé : l’inquiétude et la paranoïa règnent. Plus pressante, la menace n’est plus le seul fait d’entités étrangères ; elle émane aussi de bon gros "rednecks" se révélant immédiatement plus dangereux m

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Avant-première : Sami Bouajila à Échirolles pour "Good Luck Algeria"

ECRANS | Rendez-vous mardi 8 mars à 20h.

Vincent Raymond | Mardi 1 mars 2016

Avant-première : Sami Bouajila à Échirolles pour

Farid Bentoumi s’est inspiré de la folle aventure de son frère pour écrire Good Luck Algéria : l’histoire d’un Isérois ayant représenté l’Algérie aux Jeux olympiques d’hiver. Le réalisateur et son interprète échirollois Sami Bouajila seront certainement très diserts sur les coulisses de ce film lors de l’avant-première à laquelle ils participent mardi 8 mars à 20h au Pathé Échirolles.

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Goodnight mommy

ECRANS | À chaque nouveau film autrichien, on s’attend maintenant au pire. Attention, cela n’est pas un jugement sur la qualité des œuvres, mais sur leur degré de (...)

Christophe Chabert | Mardi 12 mai 2015

Goodnight mommy

À chaque nouveau film autrichien, on s’attend maintenant au pire. Attention, cela n’est pas un jugement sur la qualité des œuvres, mais sur leur degré de cruauté et d’exploration glauque de la psyché nationale. Haneke et Ulrich Seidl sont passés par là, et Goodnight mommy, cosigné par la compagne de Seidl et par son neveu, semblait s’inscrire dans cette veine éprouvante. Éprouvant, il l’est, mais à la différence des cinéastes sus-cités, Veronika Franz et Severin Fiala sont beaucoup plus proches du pur cinéma de genre, avec notamment une dernière partie qui en remontre aux "torture porns" post-Hostel. Le point de départ est mystérieux à souhait : en plein été, dans une maison isolée au milieu des champs de maïs, deux gamins attendent le retour de leur mère. Lorsqu’elle revient au foyer, c’est le visage entouré de bandelettes dissimulant ses traits (une image qui, de Seconds à Steak en passant par Le Visage d’un autre, inspire de sacrés créateurs cinématographiques) et ses réactions souvent abruptes suffisent à semer le doute dans l’esprit des deux enfants : s’agit-il vraiment de leur mère ou bien d’une inconnue se faisant pas

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L'autre monde de Koudlam

MUSIQUES | Près de cinq ans après son flamboyant "Goodbye", l’inclassable Koudlam est de retour avec un nouvel album-monde, "Benidorm Dream", qu’il viendra défendre (à guichets fermés) sur la scène du Ciel. L’occasion rêvée de faire le point sur son univers singulier. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mercredi 12 novembre 2014

L'autre monde de Koudlam

On pourrait partir sur d’innombrables pistes pour expliquer l’étrange pouvoir d’attraction de la musique de Koudlam, et le consensus aussi bien critique que public que cette dernière rencontre à chaque nouvelle sortie. Sa manière d’emprunter à différentes esthétiques sans jamais se fondre dans aucune, cette capacité à être profondément ancrée dans notre époque et à simultanément sonner complètement hors du temps… S’il ne fallait en garder qu’une cependant, outre d’évidents talents de composition, ce serait sans doute sa puissance d’évocation hors-norme, sa faculté à projeter l’auditeur dans un univers à la fois inconnu et étrangement familier où décadence, romantisme, violence, aventure et mystère s’entremêlent en permanence. Alors que tant de musiques actuelles, aussi bien foutues et pertinentes soient-elles, tombent rapidement dans le piège de la fonctionnalité, celle de Koudlam évoque surtout un océan de fantasmes sur lequel chacun va greffer sa propre interprétation. Il faut dire qu’avant d’atteindre la reconnaissance en 2009, à l’âge de trente ans, l’artiste avait déjà pas mal bourlingué entre temps : une enfance passée en Afrique, une adolescence marquée par le ska

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Grenoble : nos DJs ont du talent

MUSIQUES | L’été étant une période propice à la découverte, on vous a concocté une petite sélection de mixtapes en forme de tour du monde musical, signées par quelques-uns des plus aventureux de nos DJs locaux.

Damien Grimbert | Lundi 21 juillet 2014

Grenoble : nos DJs ont du talent

Cloudnumber & Boubou - Weird in Session Enregistrée sur Radio Campus en juin dernier, cette émission-fleuve rassemble diverses ambiances de rues recueillies par Boubou lors d’un voyage en Israël et en Palestine, et un mix de 2h de Cloudnumber (Fullfridge Music) dédié aux musiques ethniques, électroniques et expérimentales en provenance d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (Égypte, Bahreïn, Syrie, Liban, Koweït, Algérie, Iran, Azerbaïdjan, Turquie, Mali, Yémen, Maroc…). Recommandé aux oreilles curieuses et/ou en quête de dépaysement. Plus d’infos :www.facebook.com/Cloudnumber

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Success story

MUSIQUES | À l’occasion de son passage par le festival Jour & Nuit, on a rencontré le Grenoblois The Hacker, histoire de faire avec lui un retour sur vingt ans de musiques électroniques. Propos recueillis par Régis Le Ruyet

Aurélien Martinez | Lundi 16 septembre 2013

Success story

Do it yourself « 1993, c’est l’année où après la new wave, je flashe sur la techno. Avec mes potes, je découvre les raves party, et c’est la vraie révélation. ». Nîmes, Montpellier... : le groupe organise ses week-ends en fonction des rassemblements. Et comme rien ne bouge à Grenoble, il va prendre les choses en main dans un climat plutôt répressif. « La techno avait mauvaise image, faisait peur. Nous n’avons pas eu à attendre les free party et les technival pour que nos soirées soient interdites. C’était complètement disproportionné, nous ne demandions rien à personne, et nous avions les CRS, les flics pour une fête dans un bar. » Good Life et Miss Kittin Arrivé de Valence, Kiko ouvre en 1995 sur les quais Ozone Record, un shop exclusivement techno. Après le label Ozone monté par Kiko et Oxia, The Hacker va créer avec Oxia en 1998 Good Life. En parallèle, il travaille avec Caroline, alias Miss Kittin, sur un style complètement différent mélangeant la musique de son passé new wave à l’expérience de la techno. Dj Hell, le boss du label Gigolo, va craquer tout de suite dessus alors qu’en France, personne n’en veut. « Tout se passe

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Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

MUSIQUES | Un duo déconcertant, un trio séduisant, un juste retour au blues originel américain et un Burger fidèle à lui-même : on a eu droit à quatre groupes survoltés en ce troisième jour de Cabaret frappé. Le tout avec des guitares savamment exploitées. Eloi Weiss

Aurélien Martinez | Jeudi 25 juillet 2013

Cabaret frappé – jour 3 : branchées les guitares

« Secouer la lune » : c'est ainsi que se fait nommer le duo Heymoonshaker programmé ce mercredi 24 juillet, en plein milieu de la troisième soirée du Cabaret frappé. Deux mauvais garçons –  Andrew Balcon, guitariste et chanteur, et Dave Crowe, beatboxer surprenant – qui ont habité la scène avec une constance impressionnante. Bières en main, cigarettes au bec, le pantalon à peine remonté : leur entrée fut singulière. Provocants, mais plein d'enthousiasme donc, les deux Anglais au style blues décharné et rock électrique étaient deux et bien plus à la fois. En guise d’instruments : une seule guitare, tenue par un Andrew Balcon à la voix rauque très poussée. Et c’est tout. Enfin, presque... Car il y a Dave Crowe : le beatboxer hors pair, seulement armé d’un micro, se transforme à chaque concert en une incroyable batterie humaine. Il incarne les lignes de basse, son corps traçant dans l'air un semblant de partition. Il est un groupe de musiciens à lui tout seul, comme le sont les meilleurs beatboxers. Sur scène, Heymoo

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Au Cabaret !

MUSIQUES | Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 12 juillet 2013

Au Cabaret !

Tout se passe à Grenoble entre la poire et le fromage et entre kiosque (pour les concerts gratuits programmés à 19 h ou à minuit) et chapiteau. Avec néanmoins une exception le 28 juillet avec un concert final de Dark Dark Dark qui méritera bien de monter jusqu'au Ciel pour l'occasion. Et puisqu'on parle d'occasion, Le Cabaret frappé est toujours l'occasion de (re)découvrir dès le premier soir de bien étranges créatures comme le Big Ukulele Syndicate qui reproduit l'esprit de l'Ukulele Orchestra of Great Britain, fameuse formation de reprise tous horizons au Ukulele donc (d'où le nom). Le même soir, le métissage musical se poursuivra avec le folk hybride de la canadienne d'origine haïtienne Melissa Laveaux et le soul man casqué Cody Chesnutt.   Le mardi, on se refait un coup de 14 juillet avec neuf jours de retard. Au programme : l'électro-rock de Pan en gu

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Oxia more !

MUSIQUES | Olivier Raymond, ou Oxia de son nom de scène, est bien connu dans le paysage musical grenoblois. Le DJ a notamment fait ses classes en compagnie de The (...)

Aurélien Martinez | Lundi 17 juin 2013

Oxia more !

Olivier Raymond, ou Oxia de son nom de scène, est bien connu dans le paysage musical grenoblois. Le DJ a notamment fait ses classes en compagnie de The Hacker, avec qui il a fondé le label Goodlife. Très inspiré par les sonorités funk, sa musique se nourrit aussi d'italo disco, de jazz et d'électro. S'il sort son premier EP en 1995, c'est seulement en 2004 que son tout premier album voit le jour. Très vite remarqué et apprécié, l'album le porte vers de nouvelles sonorités. Sa musique évolue alors vers une forme plus mélodique à rapprocher de la deep house ou de l'électro groovy. Ce tournant l'amène à jongler avec les styles musicaux. De manière habile, le DJ établit des ponts entre le funk, l'électro et la deep house. En digne représentant de la scène électro française, le Grenoblois tourne à peu prêt partout. Il sera d'ailleurs présent le 28 juin pour ouvrir le show de David Guetta au Stade des Alpes. En attendant, vous pourrez venir danser en sa compagnie à l'occasion de l'anniversaire du Vertigo ce vendredi 21 juin. CH

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Stoker

ECRANS | Après avoir croisé Thérèse Raquin et un film de vampires dans "Thirst", Park Chan-wook se délocalise en Australie pour passer "L’Ombre d’un doute" d'Hitchcock au filtre de l’horreur gothique. Le résultat, ultra stylisé et plutôt distrayant, se présente comme une récréation dans son œuvre. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 23 avril 2013

Stoker

Une veuve éplorée, un oncle bellâtre prénommé Charlie revenu d’un long voyage à l’étranger et une adolescente introvertie nommée India à l’imaginaire macabre : voici les ingrédients de Stoker, drôle de film longtemps attendu qui marque les premiers pas de Park Chan-wook hors de sa Corée du Sud natale. Pas exactement aux États-Unis, mais sous la bannière australienne, avec une actrice principale du cru – Mia Wasikowska, épatante – et une autre, par ailleurs coproductrice, néo-zélandaise – Nicole Kidman, dont la carrière se risque de plus en plus vers des rivages troubles qui lui vont plutôt bien. Plus exotique encore, le scénario est signé Wentworth Miller, le beau gosse de la série Prison break. On aimerait bien jeter un œil à son script tant celui-ci reprend – sans le citer, et c’est sans doute un tort – L’Ombre d’un doute d’Hitchcock. Dans son précédent Thirst, Park Chan-wook s’amusait déjà à relire l’intrigue du Thérèse Raqu

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Élitisme pour tous

MUSIQUES | Pour la troisième édition du festival, l’équipe des Détours de Babel a choisi de se pencher sur la question de la religion et de son traitement par les différentes musiques d’ici et d’ailleurs. Un axe passionnant tant l’histoire musicale est intimement liée à l’histoire religieuse, comme on en aura la preuve pendant ces trois semaines. Aurélien Martinez, Laetitia Giry et Christine Sanchez

Aurélien Martinez | Mardi 2 avril 2013

Élitisme pour tous

Cela fait trois ans que Les Détours de Babel, festival né de la rencontre entre les anciens 38e Rugissants et Grenoble Jazz Festival, investit chaque début de printemps l’agglomération dans son ensemble – aussi bien les salles classiques que l’espace urbain. Et trois ans qu’il se traîne la même image de manifestation élitiste réservée à quelques extatiques amateurs de branlette intellectuelle. Alors que, n’en déplaisent aux médisants, c’est un peu plus compliqué que ça – voire carrément plus ! Les Détours de Babel, ce sont trois volets artistiques : les musiques contemporaines, le jazz, et les musiques traditionnelles (ou dites du monde). Une trinité ambitieuse au sein de laquelle on retrouve des propositions exigeantes, l’équipe organisatrice prenant soin de programmer des artistes qui ne se contentent pas de faire de la musique, mais qui la vivent, la réfléchissent, la réinventent... Alors, certes, il y aura peu de noms connus du grand public pendant ces dix-huit jours de festival, et une poignée d’événements semblent véritablement hermétiques sur le papier... Mais si l’on pr

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Flight

ECRANS | L’héroïsme d’un pilote d’avion est remis en cause lorsqu’on découvre ses penchants pour la boisson et les stupéfiants. Délaissant ses expérimentations technologiques, Robert Zemeckis signe un grand film qui célèbre l’humain contre les dérives religieuses, judiciaires et techniques. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 7 février 2013

Flight

Au commencement était la chair : celle d’une femme nue qui déambule au petit matin dans une chambre d’hôtel pendant que son amant se réveille en s’enfilant une ligne de coke qui lui permet d’évacuer sa gueule de bois. Ce long plan d’ouverture sonne comme une déclaration d’intention de la part de Robert Zemeckis : après trois films à avoir essayé de recréer par le numérique, la 3D et la motion capture les émotions et le corps humain, le voilà revenu à des prises de vues garanties 100% réelles et incarnées. Son cinéma a depuis toujours été obsédé par les limites plastiques de la figuration : les corps troués, aplatis, étirés comme des chewing-gums de La Mort vous va si bien, les cartoons vivants de Roger Rabbit, Forrest Gump se promenant dans les images d’archives ou le Robinson supplicié de Seul au monde… Flight introduit une subtile variation autour de ce thème : ici, la chair est fragile, mais cette fragilité signe en définitive la grandeur humaine. Y a-t-il un pilote dans le pilote ? Whip Whitaker (fabuleux Denzel Washington) prend donc son service comme pilote de ligne et réussit un exploit : un atterrissage en pl

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Goodbye Morocco

ECRANS | De Nadir Moknèche (Fr-Maroc, 1h40) avec Lubna Azabal, Rasha Bukvic…

Christophe Chabert | Jeudi 7 février 2013

Goodbye Morocco

L’idée de départ est belle : emmener le cinéma du Maghreb vers les rivages, qu’il fréquente peu, du cinéma de genre et plus précisément du film noir. Il y a donc un cadavre qu’il faut faire disparaître, un adultère et même l’idée, attendue, de l’exil est rapportée à l’horizon d’un destin auquel on ne peut échapper. Classique mais plutôt bien filmé, Goodbye Morocco échoue pourtant dans son objectif, la faute à un scénario extrêmement mal construit, où les allers-retours temporels et la multiplication des enjeux (l’homosexualité du personnage de Grégory Gadebois, la grève des ouvriers sur le chantier, la découverte d’un ex voto par des conservateurs de musée) ne créent que de la confusion dans le récit. Le film est écrasé par cette écriture beaucoup trop visible, notamment quand il faut dénouer des intrigues — on rit quand un flic libère un des personnages simplement parce qu’il «est propriétaire d’un cinéma». Comme si Moknèche avait confondu gravité et complexité, se perdant lui-même dans son puzzle. Christophe Chabert

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Tours et détours

MUSIQUES | Les Détours de Babel est un festival qui porte plutôt bien son nom : les partisans de l'étiquetage musical y perdent, comme au pied de la biblique tour, leur (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 11 janvier 2013

Tours et détours

Les Détours de Babel est un festival qui porte plutôt bien son nom : les partisans de l'étiquetage musical y perdent, comme au pied de la biblique tour, leur latin. Car il faut entendre « musiques du monde » non pas au sens de « musiques du tiers-monde » comme on a trop souvent tendance à le faire, mais bien au sens de « musiques de notre monde », ou « musiques nomades », comme on dit ici. Bref, de musique, quoi. L'on peut donc aller à la fois applaudir Pierre Henry (photo), électroacousticien octogénaire ascendant éternel, et ses « Fragments rituels », une « rêverie musicale » autour de sa fameuse Messe pour le Temps Présent ; le Cantique des cantiques, poème d'amour biblique traduit par Olivier Cadiot et immortalisé en musique par Rodolphe Burger ; ou encore le Kronos Quartet, célèbre quatuor à cordes aux 600 créations, capable de se fondre dans tous les genres connus (rock, jazz, classique, musique minimaliste, folklore de tous pays, tango, musiques de film, post-rock, punk) et inconnus. De Wagner à Steve Reich, en passant par Laurie Anderson, le Kronos sera une fois encore fidèle à sa plasticité esthétique, et constituera l'étendard rêvé et

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Argo

ECRANS | Pour son troisième film derrière la caméra, Ben Affleck s’empare d’une histoire vraie où un agent de la CIA a fait évader des otages en Iran en prétextant les repérages d’un film de SF. Efficace, certes, mais très patriotique. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 1 novembre 2012

Argo

Acteur sujet à de nombreuses railleries, Ben Affleck est en train de gagner ses galons en tant que réalisateur. Il faut dire qu’il est du genre élève appliqué, et si ni Gone baby gone, ni The Town ne révolutionnaient le film noir, ils prouvaient une certaine intelligence de mise en scène et un goût prononcé pour les personnages mélancoliques, en équilibre instable sur les frontières morales. En cela, Affleck s’affichait comme un disciple de Michael Mann ; si The Town était un peu son Heat, Argo est de toute évidence son Révélations : un thriller politique où un preux chevalier en voie de décomposition personnelle regagne l’estime de soi en allant défier un pouvoir inflexible. Ici, c’est l’Iran en 1979, juste après la chute du Shah et l’accession au pouvoir de Khomeiny, en pleine crise diplomatique : une attaque de l’ambassade américaine entraîne une vaste prise d’otages, dont seuls six personnes réussissent à réchapper pour se réfugier chez l’ambassadeur canadien. La CIA fait donc appel à son meilleur agent, Tony Mendez (Affleck l

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Jouer sur du velours

MUSIQUES | On a usé nos disques de Kat Onoma. Dévoré les albums solo de Rodolphe Burger en solitaire. On a été foudroyé par la beauté de ses collaborations avec Alain (...)

François Cau | Lundi 16 janvier 2012

Jouer sur du velours

On a usé nos disques de Kat Onoma. Dévoré les albums solo de Rodolphe Burger en solitaire. On a été foudroyé par la beauté de ses collaborations avec Alain Bashung (sur Fantaisie Militaire et la version du Cantique des Cantiques interprétée lors du mariage de Bashung avec Chloé Mons). On a presque supporté Jeanne Balibar quand elle miaulait sur ses arrangements. On a ouvert grand nos yeux et nos oreilles lors de son étonnant « concert dessiné » avec Dupuy et Berbérian (en 2010 à la Source). On a encore plus apprécié le film Bled number one en le voyant interpréter le générique de fin seul à flanc de montagne, dans son inimitable registre de rock brisé aux superbes fêlures. Et donc forcément, quand l’immense Rodolphe Burger, institution rock française en dehors de tout carcan, s’empare du répertoire du mythique Velvet Underground le temps d’un concert (mardi 24 janvier à la MC2), on souscrit à la démarche sans aucune hésitation. Car les capacités d’incarnation, de réinterprétation et de surprise du bonhomme sont tellement au-delà de toutes normes qu’il se peut qu’on entende certains morceaux comme pour la première fois.

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Amours sombres

ECRANS | Rodolphe Burger, ancien leader (chanteur-guitariste) du feu groupe de rock expérimental Kat Onoma, débarque à Grenoble pour un ciné-concert dont on attend (...)

François Cau | Lundi 12 octobre 2009

Amours sombres

Rodolphe Burger, ancien leader (chanteur-guitariste) du feu groupe de rock expérimental Kat Onoma, débarque à Grenoble pour un ciné-concert dont on attend beaucoup (le projet a été initié en 2002 à la demande du Musée d’Orsay). Car le film choisi – L’Inconnu de Tod Browning, réalisateur du célébrissime Freaks, la monstrueuse parade – est un petit bijou du cinéma muet. Dans un cirque gitan, on rencontre une femme refusant que les hommes la touchent, un monsieur muscles gentiment pataud, un nain malicieux… Et surtout Alonzo, faux manchot éperdument amoureux et diaboliquement machiavélique interprété par Lon Chaney, acteur grandiose du cinéma muet qui livre ici une performance de haute volée (quel regard lorsqu’il comprend que son monde s’effondre). L’Inconnu, sous couvert d’une morale simple (ceux qui agissent mal seront punis), devient alors un film étrange, sombre et romantique à la fois. Soit le matériau idéal pour illustrer les recherches musicales de Rodolphe Burger – recherches qu’il effectue en collaborant aussi avec de nombreux artistes, d’Higelin à Bashung en passant par Erik Truffaz ou encore Françoise Hardy. Sa musique sensitive, impressionnan

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Good morning Mr Gershwin

SCENES | Si vous aimez Gershwin, compositeur américain de génie du début du siècle dernier, 1/ vous avez bien raison, 2/ ces lignes sont pour vous : José Montalvo et (...)

François Cau | Jeudi 5 mars 2009

Good morning Mr Gershwin

Si vous aimez Gershwin, compositeur américain de génie du début du siècle dernier, 1/ vous avez bien raison, 2/ ces lignes sont pour vous : José Montalvo et Dominique Hervieu, dont on avait plus qu’adoré leur précédente création On danse (présentée en 2005 à Grenoble) reviennent à la MC2 du 11 au 19 mars avec Good morning Mr Gershwin. Une grande fresque chorégraphique principalement basée autour de l’opéra Porgy and Bess, créé à Lyon la saison dernière. C’est dynamique, bondissant et jazzy. Seul reproche (de taille) : tout le traitement de la question noire est effectué de façon misérabiliste et trop appuyé pour être pertinent (avec, par exemple, des vidéos de gamins en pleurs) ; ce (long) passage plombant le spectacle. Et c’est bien dommage, car sinon, ça aurait pu être très chouette !

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Speed Racer

ECRANS | De Larry et Andy Wachowski (EU, 2h07) avec Emile Hirsch, Christina Ricci, Matthew Fox, John Goodman…

François Cau | Lundi 16 juin 2008

Speed Racer

Speed Racer sort en France après s’être ramassé avec fracas dans tous les territoires où le film a été distribué, à commencer par son Amérique d’origine. Rude atterrissage pour les Wachowski après la trilogie Matrix… Entre temps, les frangins s’étaient illustrés en produisant leur adaptation de V pour Vendetta, une fable stupéfiante d’audace politique, dont ils avaient laissé la sage réalisation à James MacTeigue. Speed Racer, c’est l’anti-V pour Vendetta : un film décérébré mais d’une extrême sophistication formelle, un blockbuster expérimental pour enfants de 5 ans. Transposant une série d’animation japonaise sur de futuristes courses automobiles et leurs pilotes iconisés, ils inventent un univers ripoliné, où le virtuel est omniprésent au point que les acteurs, tous talentueux, ne ressemblent plus qu’à des papiers découpés perdu au milieu des effets spéciaux. Le scénario accumule les clichés, les situations sirupeuses, les bons sentiments et les méchants caricaturaux (à noter cependant que le mal absolu est une incarnation du capitalisme broyant les petits artisans passionnés !). Débile, et même débilitant, le

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