Drexciya : électro subaquatique

Damien Grimbert | Mardi 3 septembre 2019

S'il n'a existé que l'espace d'une petite dizaine d'années, de 1992 à 2002, le duo de Détroit Drexciya, mis à l'honneur jeudi 5 septembre par le biais d'une soirée thématique au Redrum, n'en reste pas moins l'un des plus mythiques de toute la scène électronique. Par sa brève durée de vie (le groupe s'arrête suite au décès de James Stinson, son cofondateur Gerald Donald poursuivant sa carrière au sein de l'entité Dopplereffekt) d'une part, son éthique farouchement underground (anonymat total pendant toute l'existence du duo) d'autre part, mais surtout, enfin, sa capacité à englober son électro/techno avant-gardiste au sein d'une riche et nébuleuse mythologie océanique afro-futuriste.

Mêlant esthétique de science-fiction et métaphore ouvertement politique (les Drexcyiens seraient une population sous-marine descendant des enfants des femmes enceintes jetées par-dessus bord pendant la Traite des Noirs), cette mythologie va influencer toute la discographie du duo, des titres des morceaux aux pochettes d'albums illustrées par Abdul Qadim Haqq, sans oublier bien sûr l'ambiance subaquatique irréelle qui émane de leurs fascinantes compositions. De quoi renforcer un peu plus l'aura mystérieuse qui entoure l'univers musical de Drexciya, influence majeure aujourd'hui encore pour d'innombrables artistes contemporains.

Soirée Drexciya Day
Au Redrum jeudi 5 septembre


Drexciya Day

Electro
Redrum (ex Mark XIII) 8 rue Lakanal Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jeff Mills : retour vers le futur

Soirée | Attention, événement : le pape de la techno sera à la Belle électrique vendredi 13 septembre.

Damien Grimbert | Mardi 10 septembre 2019

Jeff Mills : retour vers le futur

Figure emblématique de la scène techno de Détroit des années 1990 et plus largement de la musique électronique dans son ensemble, le légendaire Jeff Mills sera de retour aux platines de la Belle électrique ce vendredi 13 septembre. Fort d’une carrière de plus de trois décennies placée sous le signe de l’énergie, du futurisme et de la transdisciplinarité (on vous renvoie aux portraits qu’on lui avait consacrés lors de son premier passage dans la salle en 2016 et lors de sa participation aux Détours de Babel l’année suivante), le natif du Michigan, aujourd’hui installé à Paris, a toujours plus volontiers regardé devant que derrière lui. D’où le caractère assez exceptionnel de sa récente série d’EPs The Director’s Cut, qui réunit en quatre volumes certains de ses morceaux les plus iconiques aux côtés d’inédits sélectionnés par ses soins. Le meilleur n’en reste pas moins à venir avec la

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Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

Festival | Huitième édition pour le festival Jour & Nuit de l’association MixLab, qui se déploiera comme l’an passé pendant trois jours dans et autour de la Belle électrique (dont cette dernière est gestionnaire). L’occasion de faire le point, avec la subjectivité qui nous caractérise, sur les artistes à ne surtout pas manquer entre jeudi 5 et samedi 7 septembre. Par Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

La rédaction | Mardi 3 septembre 2019

Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

H-Burns Bim ! À peine sorti au printemps dernier le Midlife d'H-Burns que déjà l'on dégainait le qualificatif trompe-la-mort : Midlife serait « le meilleur album » du sieur Renaud Brustlein, après Kids we own the summer (2017) et Night moves (2015). Soit l'affirmation est un tantinet marseillaise (la sardine, le Vieux-Port, tout ça), soit notre Drômois préféré continue sans relâche(ment) l'ascension qui lui fait office de carrière, comme on jogge mollement le dimanche matin à l'heure des croissants. Il faut bien admettre que la vérité est sans doute proche de la deuxième hypothèse. Midlife, s'il évoque subliminalement une crise de la quarantaine, n'en est pas moins l'un de ces bijoux égarés entre pop et folk, mélancolie (Actress, Sister…) et bonheur braque (Crazy ones en tête) sur un terrain où les merveilles mélodiques poussent comme du chiendent. Du grand H. Vendredi 6 septembre sur la grande scène The Psychotic Monks Pou

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DJ Stingray, renaissance électro

Soirée | Fervent défenseur d’une électro sombre, breakée et futuriste, DJ Stingray est une véritable légende de l’ombre de la scène de Détroit, au sein de laquelle il officie depuis plus d’une trentaine d’années. Retour sur son parcours peu commun à l’occasion de son passage mardi 7 mai à l’Ampérage, à l’initiative de The Dare Night et du festival lyonnais Nuits Sonores.

Damien Grimbert | Mardi 30 avril 2019

DJ Stingray, renaissance électro

Si, pour le commun des mortels, le terme "électro" sert avant tout de bannière un peu floue pour définir l’ensemble des musiques électroniques, il désigne aussi un courant musical bien spécifique, né au début des années 1980 de la rencontre entre la synth-pop des groupes Kraftwerk et Yellow Magic Orchestra et les rythmiques naissantes du hip-hop. À la suite du succès massif du Planet Rock d’Afrika Bambaataa en 1982, l’électro va se diffuser comme une traînée de poudre, de Los Angeles à Miami en passant par Détroit, où, sous l’influence de Juan Atkins et de son groupe Cybotron, elle va progressivement donner naissance aux rythmes 4x4 répétitifs de la techno… qui ne tarderont pas à l’éclipser sur les pistes de danse. Si elle reste depuis confinée à un relatif underground, l’électro n’a pourtant jamais vraiment disparu, et reste la principale force motrice d’artistes comme DJ Stingray. Patience et longueur de temps DJ depuis 1983 et producteur depuis 1987, Sherard Ingram de son vrai nom est pendant longtemps resté dans l’ombre. Alors que tant d’artistes de Détroit voient leur carrière décoller, il passe les années 1990 à tra

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Grenoble, capitale funk avec Echoes of Detroit et la "Dynamita's Night"

Soirée | Présentation du groupe qui sera sur la scène de la Belle électrique vendredi 1er mars pour la vingt-cinquième édition des fameuses soirées funk grenobloises.

Stéphane Duchêne | Mardi 26 février 2019

Grenoble, capitale funk avec Echoes of Detroit et la

Le concept est simple et, à vrai dire, il est comme moulé pour le format des soirées Dynamita's Night. Depuis Paris et depuis trois ans, le fort bien nommé projet Echoes of... se propose de raviver la mémoire musicale des villes fondatrices du (ou même des) son(s) à l'origine du courant funk, enfant terrible du hard-bop, du rhythm and blues et de la soul, frappant comme un coup de tonnerre au milieu des 60's. Et Dieu (James Brown, donc) sait si elles sont nombreuses ces capitales, tant le genre a essaimé à travers tous les States, de Minneapolis à Washington, de Miami à Philly, de Chicago à LA. Cette funky family à géométrie variable compte de 7 à 17 membres et conserve à chaque concert hommage et pour chaque "destination" le même backing-band, incarnant l'identité de chaque cité visitée par un lead vocal différent. S'attaquant ici au funk de Détroit (pas le plus petit morceau du genre puisque the M

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Lost Détroit par Guillaume Rivière

ARTS | L'acier rutilant a laissé place à la rouille désolée sur les pavés de Détroit. Ancienne capitale américaine de l'automobile, la ville en faillite depuis 2013 cherche son Graal dans ses cendres fumantes pour recréer l'effervescence des grandes années. Le photographe Guillaume Rivière pointe son objectif sur cette recomposition espérée. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 19 avril 2016

Lost Détroit par Guillaume Rivière

Une étrange quiétude se dégage des clichés de Guillaume Rivière, comme si le photographe rapportait une déambulation au cœur de Lost River (2015), fantasme cauchemardesque filmé par Ryan Gosling. Le mauve surnaturel laisse place cependant au ciel bleu éclatant. Une chaleur lumineuse qui apparaît toutefois irréelle elle aussi, dans le décor abandonné de la ville de Détroit. Les crises à répétition ont eu raison de cet ancien poumon américain de l'automobile. Aujourd'hui en prise à un épisode d’asphyxie chronique, traumatisée par les dernières bouffées d'essence, Détroit tente de colmater les abîmes menant à sa déliquescence. Cette quête de renaissance, Guillaume Rivière la saisit dans un reportage photographique où il observe la décomposition comme pour mieux appréhender une possible recomposition. Cendres lumineuses C'est ainsi que sur les restes encore brûlants des écoles, théâtres, usines et habitations, s'esquisse l'espoir d'artères plus saines. Dévoilant un paysage architectural où la grandeur côtoie la désolation, le phot

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Détroit s'invite au Printemps du livre

CONNAITRE | Rencontre, exposition, projection... Le Printemps du livre met la ville de Détroit à l'honneur.

Damien Grimbert | Mardi 29 mars 2016

Détroit s'invite au Printemps du livre

Vidée de ses habitants, jonchée d’immeubles en ruines et de friches industrielles en déliquescence, et frappée par une criminalité galopante, la ville américaine de Détroit, ancienne capitale de l’automobile et foyer musical majeur du XXe siècle, évoque désormais un décor de science-fiction. Symbole passé de la révolution industrielle américaine sombré dans un délabrement démographique, économique et social sans précédent, elle n’en exerce pas moins un potentiel de fascination unique sur les journalistes, photographes, cinéastes et romanciers qui trouvent dans sa déréliction massive, mais aussi son exceptionnel potentiel de résilience, une source d’inspiration de premier choix. C’est notamment le cas de Thomas B. Reverdy, qui l’a choisie pour cadre et quasi-protagoniste de son dernier roman Il était une ville, de Judith Perrignon, auteur pour le magazine XXI d’un reportage sur les les jardins communautaires de la « Motor City », ou encore du photographe Guillaume Rivière qui la présente dans son exposition Détroit : Décomposition, recomposition. En marge de leur venue respective au

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Jeff Mills et une nuit

MUSIQUES | De passage à la Belle électrique le temps d’une soirée (déjà complète), Jeff Mills est, n’ayons pas peur des mots, une véritable légende de la musique électronique, à la fois technicien hors pair, artiste inspiré et figure historique de la scène techno de Détroit. Portrait. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 9 février 2016

Jeff Mills et une nuit

Pour se faire une idée du talent de Jeff Mills et comprendre le potentiel de fascination qu’il a engendré au sein de la scène électronique mondiale depuis plusieurs décennies, le mieux est sans doute de faire un bond vingt ans en arrière et d’écouter son tout premier CD mixé sorti en 1996, Mix-Up Vol. 2, Live at Liquid Room, Tokyo. On trouve en effet dans ce dernier tout ce qui fait la quintessence d’un DJ-set de Mills : un mix acéré réalisé en direct sur trois platines dans lequel les morceaux, tous mémorables, s’enchaînent à la perfection et à la vitesse de l’éclair. Un son, sombre, dur et sans compromis, mais pourtant doté d’un sens du funk et d’une puissance d’évocation sans équivalent, qui transporte immédiatement l’auditeur dans un univers sonore futuriste palpitant aux allures de véritable chaos organisé. Pour mieux appréhender le rôle pionnier de l’artiste au sein du mouvement techno, il faut en revanche remonter encore une dizaine d’années plus tôt, dans une ville de Détroit touchée de plein fouet par la récession économique. C’est à cet endroit, et à ce moment, que trois jeunes artistes noirs de la banlieue périphérique de Belleville, Juan Atkins, De

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Detroit Swindle, un duo deep et funky

MUSIQUES | Invité ce vendredi à la Belle électrique, les deux Hollandais viendront défendre l'honneur malmené de la deep house.

Damien Grimbert | Mardi 5 janvier 2016

Detroit Swindle, un duo deep et funky

La venue ce vendredi à la Belle électrique, à l’initiative du crew et label Nymphony Records, du duo d’Amsterdam Detroit Swindle devrait constituer l’occasion rêvée de redonner ses lettres de noblesse à un genre musical largement décrié ces dernières années : la deep house. On s’explique. Popularisée à la fin des années 1980 sous l’impulsion d’artistes de Chicago comme Marshall Jefferson et Larry Heard, la deep house est, pour simplifier, un courant de la house resté très proche de ses influences premières (jazz, funk, soul, disco…), faisant la part belle aux morceaux chantés et aux mélodies. Plus apaisée, lègère et subtile que sa grande sœur, elle s’est malheureusement largement vue accaparée ces dernières années par un certain nombre de producteurs suiveurs et souvent sans grand talent, qui ont profité de sa relative accessibilité auprès du grand public pour percer dans les charts, les bars lounge et les clubs "fashion" des grandes capitales. Fréquemment devenue synonyme de house fade, aseptisée et sans âme, elle n’en compte pas moins encore parmi ses rangs d’authentiques artistes restés fidèles à l’esprit des origines, comme justement les précités Detroit

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Carl Craig : ambassadeur techno

MUSIQUES | Figure de proue, aux côtés de Jeff Mills, de la deuxième vague de producteurs à avoir émergé de la scène techno de Détroit, Carl Craig est sans doute l'un des (...)

Damien Grimbert | Mardi 10 novembre 2015

Carl Craig : ambassadeur techno

Figure de proue, aux côtés de Jeff Mills, de la deuxième vague de producteurs à avoir émergé de la scène techno de Détroit, Carl Craig est sans doute l'un des artistes ayant le plus contribué au rayonnement de cette dernière à l'échelle internationale. Après avoir fait ses premiers pas sous la houlette de Derrick May (l'un des fondateurs de la techno) à la toute fin des années 1980, puis fondé en 1991 l'un des labels les plus emblématiques de la scène (Planet E), le musicien n'a cessé par la suite de repousser les frontières. Multipliant les performances live de haute volée en collaboration avec des artistes venus d'horizons divers, reliant le temps d'un morceau la techno avec ses racines jazz, soul et funk (comme sur l'emblématique Bug in the bass bin d'Innerzone Orchestra, l'un de ses innombrables alias) ou plongeant au contraire tête baissée dans le futurisme puissamment évocateur qui a contribué à imposer Détroit comme berceau majeur des musiques électroniques, Carl Craig est ainsi l'un des rares artistes à conjuguer versatilité et constance qualitative. Producteur subtil

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Détroit (nouveau groupe de Bertrand Cantat) le 19 novembre au Summum

MUSIQUES | Bertrand Cantat est de retour sur scène, cette fois-ci avec un groupe nommé Détroit, dont le premier album (Horizons) est sorti en novembre dernier. Détroit, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 4 février 2014

Détroit (nouveau groupe de Bertrand Cantat) le 19 novembre au Summum

Bertrand Cantat est de retour sur scène, cette fois-ci avec un groupe nommé Détroit, dont le premier album (Horizons) est sorti en novembre dernier. Détroit, c’est donc l’ex-Noir Désir, en duo avec le bassiste Pascal Humbert. Des concerts sont prévus ici et là pour partir à la rencontre d’un public qui est visiblement toujours là. La première date à avoir été annoncée dans la région est celle du 13 juin, dans le splendide théâtre antique de Vienne. Pour ce qui est de Grenoble, ce sera le mercredi 19 novembre au Summum, comme on vient de l'apprendre aujourd'hui. Mise en vente des places le jeudi 6 février. 

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