Ninho, rap nouvelle génération

Damien Grimbert | Mardi 12 novembre 2019

Photo : Décibels Productions


Ce n'est un secret pour personne : le paysage du rap français s'est radicalement transformé ces dix dernières années, porté par toute une nouvelle génération d'artistes s'affranchissant des codes, brisant les tabous et pulvérisant littéralement tous les records en termes de popularité et d'audience. Et s'il y a bien un rappeur, plus que tout autre, qui incarne à la perfection cette évolution, c'est sans aucun doute Ninho.

Artiste précoce (à 23 ans, il a déjà près d'une dizaine d'années d'activité au compteur), dur à la tâche (il comptabilise déjà cinq mixtapes et deux albums), et surtout incroyablement doué, le rappeur d'origine congolaise, grandi entre l'Essonne et la Seine-et-Marne, synthétise la plupart des grandes tendances actuelles du rap francophone. Kickeur et freestyleur de premier plan, il représente un rap de cité dur et sale élevé à un régime 100% béton, mais qui n'hésite pas à louvoyer vers des univers beaucoup plus pop et ensoleillés à l'occasion, comme en témoignent ses innombrables tubes comptabilisant des dizaines de millions de vues sur YouTube.

N'ayons pas peur des mots, c'est donc une véritable légende en devenir qui foulera la scène du Summum ce vendredi, pour le plus grand plaisir d'un public qu'on imagine déjà conquis d'avance.

Ninho
Au Summum, vendredi 15 novembre à 20h


Ninho

Rap
Summum Rue Henri Barbusse Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Alex, le destin d'un roi" : coup d’épée dans l’eau

ECRANS | De Joe Cornish (GB, 2h01) avec Louis Serkis, Tom Taylor, Rebecca Ferguson…

Vincent Raymond | Mardi 9 avril 2019

Élevé par une mère seule, tête de turc du collège avec son copain Bedders, Alex trouve dans un terrain vague une épée fichée dans un roc qu’il parvient à dégager. Signe qu’il est le nouveau roi désigné pour combattre l’odieuse fée Morgane, libérée de sa prison par le chaos mondial… Comme tous les grands contes ou récits traditionnels épiques, les légendes arthuriennes sont des fils avec lesquels on peut tisser des étoffes fort dissemblables : Excalibur, Perceval le Gallois ou Merlin l’Enchanteur ont en effet bien peu en commun. Toute variation est sur le principe recevable si elle abrite un univers propre ou une forme suffisamment originale : voyez Alexandre Astier, qui tourne justement sa propre version grand écran de Kaamelott, où Arthur pourrait presque être considéré comme un prétexte tant l’auteur Astier imprime sa marque, son cosmos. Pour cet Alex-ci, la situation est hélas bien différente : nous voici face à un "teenage movie" façon Goonies tentant, comme jadis Le Monde de Narnia ou La Croisée des mondes, de

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Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

ECRANS | Le film de l'Italienne, intitulé "Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été" (1974), sera diffusé jeudi 24 novembre à la Cinémathèque de Grenoble, dans le cadre des Rencontres du cinéma italien. On vous explique pourquoi c'est culte.

Damien Grimbert | Mardi 22 novembre 2016

Guerre des sexes et lutte des classes par Lina Wertmüller

[Mise à jour : Dolce cinema nous annonce que le film ne sera pas diffusé comme prévu, et sera remplacé par "Film d'amore e d'anarchia" sur le même thème et avec les mêmes acteurs] Objet d’un abyssal remake avec Madonna au début des années 2000 (autant évacuer d’emblée ce douloureux souvenir), Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été fait partie de ces films comme, selon la formule consacrée, on serait bien incapable d’en faire aujourd’hui. Réalisé en 1974 par l’Italienne Lina Wertmüller, il affiche en effet dès son introduction une frontalité sociale terrassante : d’un côté les riches oisifs, réunis sur un voilier le temps d’une croisière entre amis bien nés, et de l’autre les pauvres matelots prolétaires à leur service, chacun détestant l’autre au dernier degré et ne se privant pas de le faire savoir, langage fleuri à l’appui. Pour autant, lorsque la jeune bourgeoise la plus arrogante du lot se retrouve soudain isolée sur une île déserte avec pour seule compagnie un marin insoumis aussi mar

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Paradis perdu

SCENES | Saint-Antoine-l’Abbaye : son abbaye, son orgue, ses viei­­­lles pierres, et son festival Textes en l’air, sous-titré «théâtre, poésie, musique» et qui se (...)

Aurélien Martinez | Mardi 24 juin 2014

Paradis perdu

Saint-Antoine-l’Abbaye : son abbaye, son orgue, ses viei­­­lles pierres, et son festival Textes en l’air, sous-titré «théâtre, poésie, musique» et qui se tiendra cette année du 24 au 27 juillet. Au sein d’une programmation variée et intimiste, on pourra notamment y (re)découvrir l’excellent Un clandestin au paradis, spectacle créé il y a tout juste deux mois au festival Les Envolées, à Grenoble. L’auteur et metteur en scène Vincent Karle y adapte à la scène son propre ouvrage jeunesse éponyme (paru chez Actes Sud en 2009), qui narre les aventures d’un jeune garçon que la police vient chercher en pleine classe pour l’expulser de France. Un drame que le lecteur (et maintenant le spectateur) vit à travers le personnage de Matéo, camarade de classe dudit clandestin qui se retrouve impuissant face aux événements. Ce décalage du regard assez subtil se retrouve accentué par la distribution, Vincent Karle ayant confié le rôle du petit blanc Matéo à Hyppolite Onokoko Diumi, un comédien congolais ayant fuit son pays pour des

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« Demander au Noir de jouer le Blanc »

SCENES | Troisième édition pour Les Envolées, festival tourné vers « l’éclosion théâtrale ». Zoom sur l’une des propositions que nous avons pu découvrir en amont : "Un clandestin au paradis" de Vincent Karle, « réquisitoire pour la tolérance qui raconte l’expulsion d’un lycéen réfugié et sans papiers ». Interview de l’auteur-metteur en scène de ce spectacle fort. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 29 avril 2014

« Demander au Noir de jouer le Blanc »

Un clandestin au paradis a été publié en 2009. D’où vous est venue l’envie d’écrire ce texte ? Vincent Karle : Je l’ai écrit suite à deux faits divers qui sont arrivés dans ma boîte mail le même jour, fin 2008 : une descente de la brigade des stups dans un collège du Sud-Ouest de la France racontée par le prof, et une expulsion d’enfants d’une famille sans-papiers dans une école à Grenoble – celle du Jardin de ville, avec des petits. J’ai alors mélangé ces deux histoires et placé le récit dans une classe de lycée, en me mettant à la place des jeunes : quelle serait ma réaction si je voyais des flics rentrer dans ma classe, en plein milieu d’un cours ? Un texte qui n’était pas une pièce de théâtre à la base... Oui, ça n’a pas été pensé pour être du théâtre. Je l’ai publié dans la collection "D’une seule" voix chez Actes Sud Junior : le principe, c’est des textes courts avec un narrateur à la première personne. Donc une dimension d’oralité importante. D’autant plus que dans mon récit, on est avec un jeune des années 2010 qui raconte les choses comme il les vit, de manière un peu brute, avec une lan

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States of Grace

ECRANS | De Destin Cretton (ÉU, 1h36) avec Brie Larson, John Gallagher Jr…

Christophe Chabert | Mardi 22 avril 2014

States of Grace

Prototype du cinéma calibré Sundance, States of Grace additionne sujet sensible, outsiders névrosés et attachants, sentimentalisme en sourdine et forme lo-fi. La galerie de personnages qui habitent ce foyer pour adolescents à problème en Californie fournit donc une ronde scénaristique au centre de laquelle trône Grace, qui tente de soigner leurs fêlures tout en dépassant la sienne, encore à vif. Ce manque d’enjeux dramaturgiques est la limite de States of Grace, qui n’est pas déshonorant mais dans lequel on peine à percevoir un regard de cinéaste vraiment neuf et original. Destin Cretton sait écrire et filmer, comme le prouvent les deux séquences en miroir qui ouvrent et ferment le récit, mais il se laisse parfois aller à de grosses ficelles mélodramatiques qui viennent alourdir un propos déjà chargé. Étrangement, plus le film se veut bouleversant, plus il paraît artificiel et anodin, et c’est au contraire quand Cretton s’en tient à la petite musique d’un quotidien fragile qu’il est le plus touchant. Christophe Chabert

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Destination finale 5

ECRANS | De Steven Quale (EU, 1h32) avec Nicholas D’agosto, Emma Bell…

François Cau | Lundi 29 août 2011

Destination finale 5

De toutes les sagas horrifiques contemporaines, Destination finale est sans doute la franchise avec le cahier des charges le plus flemmard : après un gros accident inaugural, on enchaîne à un rythme métronomique les morts les plus absurdes possibles, jusqu’à l’éradication souvent totale de tout le casting – ah, et pour les opus les plus narrativement démunis (celui-ci, par exemple), on peut se payer l’apparition du croque-mitaine joué par Tony Todd, afin d’expliquer que « la mort n’aime pas être bernée » (sic). Dans ce cinquième volet comme jamais, on fait rimer ludisme avec sadisme, sans ces sursauts d’humour qui empêchaient jusque-là les films de la série de tomber totalement dans un cynisme glaçant à la Saw. Les personnages ne sont que des pantins désincarnés, ahanant avec un sérieux papal les règles mythologiques débiles de la série. De l’agressivité d’une 3D uniquement vouée à nous balancer des objets et de la barbaque à la tronche, à une pirouette scénaristique finale sympa mais vaine, Destination finale 5 n’est qu’un bidon de lessive sans aucune âme. FC

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