Chloé et Vassilena Serafimova, collaboration organique

Concert | L'une vient du classique, l'autre de la musique électro : leur combinaison étonne et séduit à la fois. Vassilena Serafimova et Chloé sont en concert à la Source mardi 28 janvier. Une découverte.

Damien Grimbert | Mardi 21 janvier 2020

Photo : Hana Ofangel


Soyons honnêtes : on éprouve toujours un peu de méfiance à l'évocation d'une collaboration entre un artiste de la scène électronique et un autre venu de la musique classique. Recherche de crédibilité pour l'un, volonté de rester au goût du jour pour l'autre, les (mauvaises) raisons de travailler ensemble sont en effet légion. De temps à autre, pourtant, de petits miracles se produisent, et on n'a pas de meilleur qualificatif en tête pour définir le fruit de l'alliance entre la percussionniste de formation classique Vassilena Serafimova (au marimba) et la musicienne électronique Chloé (aux machines), savante et séduisante alliance de percussions organiques élégiaques et boisées et de sonorités électroniques aériennes et subtiles. Plutôt que de simplement "confronter" leurs univers musicaux, les deux artistes ont en effet préféré les accorder pour mieux rendre hommage à la splendide pièce Music For 18 Musicians de Steve Reich, le marimba, déjà présent dans l'œuvre originelle, jouant ici le rôle de point de convergence. Un point de départ, initié en 2017 par le collectif Sourdoreille, dont les artistes se sont ensuite progressivement émancipées au fil de leur collaboration, pour naviguer aujourd'hui vers de nouveaux mais tout aussi chatoyants horizons.

Chloé et Vassilena Serafimova - Sequenza
À La Source mardi 28 janvier, à 20h30


Chloé & Vassilena Serafimova : Sequenza

Chloé, compositrice et productrice de musique électronique, Vassilena Serafimova, percussionniste classique
La Source 38 avenue Lénine Fontaine
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Mythes et technologies

ARTS | "Prends ce récif pour barricade". Sous ce titre aussi poétique qu’énigmatique, Chloé Devanne-Langlais propose au Vog une exposition-installation qui nous projette dans le monde d’après : celui où seul les récifs pourront encore nous abriter.

Benjamin Bardinet | Mardi 22 septembre 2020

Mythes et technologies

En travaillant avec des matériaux de rebut, associant l’anguleuse sécheresse d’un plexiglas à l’organique présence de plantes, confrontant la gravure manuelle à celle d’une machine au laser, le travail de Chloé Devanne-Langlais peut gentiment déboussoler le néophyte qui passe la porte du Vog. La diversité des matériaux un peu foutraques donnent au premier abord l’impression d’une dispersion anarchique. Puis, peu à peu, cheminant dans l’espace, le regard s’accommode et cet ensemble hétéroclite révèle sa cohérence. L’exposition apparaît comme une sorte de grande installation qui nous plonge dans un univers à la sensibilité surréaliste où les références aux récits mythologiques flirtent avec une esthétique de la récupération. « J’aime bien les objets qui ont vécu, qui portent en eux une histoire. Mais si je récupère des matériaux, c’est également que je suis attentive dans ma production à ce que ce soit logique d’un point de vue écologique. » Il en va de même des plantes présentes dans l’exposition et qu’elle a récupérées à proximité, sur les rives du Drac. « La nature a toujours du mal à survivre dans les espaces d’exposition. Du coup, je me suis demandé si ces plante

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Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Direction la MC2, l'Hexagone et le Grand Angle.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Cirque : les quatre spectacles que nous attendons avec impatience

Campana Le Cirque Trottola est une compagnie fascinante, qui revient à la MC2 (enfin, devant, car sous chapiteau) après sa réussite Matamore, jouée plus de 300 fois ici et là. Un peu sombres, parfois inquiétants mais constamment jubilatoires, Bonaventure Gacon et Titoune rejoignent de nouveau la piste et tentent d'établir un lien entre eux, à tâtons. Car le cirque, ce ne sont pas que des performances (même s'il y en a ici, entre trapèze et portés acrobatiques) mais une atmosphère, un regard sur le monde… Grandiose et émouvant à la fois. À la MC2 du vendredi 29 novembre au mercredi 11 décembre Möbius Pur déploiement poétique et virtuose des possibilités de l’acrobatie aérienne, incroyable émanation d’une énergie collective : il y a quatre ans, la pièce Il n’est pas encore minuit de la compagnie circassienne XY nous avait bluffés. Nous serons très heureux de retrouver les dix-neuf acrobates avec une nouvelle création ; et ce d’autant plus qu’elle a été accompagnée pa

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"Greta" : l'affaire est dans le sac

ECRANS | de Neil Jordan (ÉU-Irl, 1h38) avec Isabelle Huppert, Chloë Grace Moretz, Maika Monroe…

Vincent Raymond | Lundi 10 juin 2019

Serveuse à New York, Frances trouve un soir dans le métro un élégant sac à main. Il appartient à Greta, une excentrique vieille Française qui conquiert vite la jeune fille. Frances découvre alors combien Greta peut se montrer intrusive et inquiétante. Mais n’est-ce pas déjà trop tard ? Depuis combien de temps n'avait-il pas été plaisant de voir Isabelle Huppert à l'écran ; c'est-à-dire appelée pour autre chose qu'un rôle lui donnant le prétexte d'être soit une victime à la passivité suspecte (pour ne pas dire consentante), soit une épave bourgeoise – les deux n'étant pas incompatibles ? Le réalisateur irlandais Neil Jordan a eu le nez creux en pensant à elle : d'ordinaire agaçantes, les minauderies de son jeu se révèlent ici franchement inquiétantes et servent à asseoir la dualité de son personnage de prédatrice : sous des dehors lisses et respectables, sans âge, Greta tient du vampire, auquel il ne faut jamais ouvrir sa porte si l'on veut s'en prémunir, mais qui ne vous lâchera pas si vous l'invitez chez vous. Jordan s'y connaît sur le sujet. Le terme a beau paraître galvaudé, on peut parler en l'occurrence de suspense hitch

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"Songe d'une nuit grenobloise" : cartographie onirique avec Chloé Delaume

CONNAITRE | Adepte des collaborations indisciplinées favorables à l’émancipation des formes artistiques et artiste associée au Magasin des Horizons, l’autrice Chloé Delaume (...)

Benjamin Bardinet | Mardi 4 décembre 2018

Adepte des collaborations indisciplinées favorables à l’émancipation des formes artistiques et artiste associée au Magasin des Horizons, l’autrice Chloé Delaume expérimente des moments d'expérience collective autour de l'écriture afin d'en élargir les horizons. C'est à deux de ces moments que nous pourrons assister et/ou participer dans les jours qui viennent. Tout commencera jeudi 6 décembre à 19h à la Bobine où les étudiants et étudiantes du master création de l'Université Grenoble Alpes et l'association étudiante Kiffer la Prose proposeront une série de lectures performées encadrées par l'artiste. Puis, le lendemain, rendez-vous à 19h30 à la librairie les Modernes où tout un chacun est invité à participer à un atelier d'écriture dans le cadre d'un projet fascinant intitulé Dream Operator et visant à recenser les rêves des Grenoblois. Peut-on cartographier l'inconscient d'une ville ? L'urbanisme est-il soluble dans l'onirisme ? Sommes-nous libres quand nous rêvons ? Voici quelques questions que soulève cette aventure que Chloé Delaume compte mener jusqu'en 2021. Avec un peu de chance, on y trouvera des idées pour un prochain budget participa

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"Come as you are" : la mauvaise éducation

ECRANS | de Desiree Akhavan (ÉU, 1h31) avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, John Gallagher Jr.…

Vincent Raymond | Mercredi 4 juillet 2018

1993. Surprise en plein ébat avec une camarade, la jeune Cameron est envoyée par sa tante dans un camp religieux de "réhabilitation" pour les adolescents "déviants" placé sous la férule des frère-sœur Marsh. Au sein du groupe, Cameron tente de préserver son intime personnalité… Ah, cette vieille obsession puritano-normative de guérir l’homosexualité par la réclusion et la prière... Dans l’idée (et l’efficacité), cela rejoint l’antique sacrifice des vierges pour s’assurer de bonnes récoltes ; le fait de croire que l’on peut infléchir des événements sur lesquels l’on n’a aucune prise en sadisant ses semblables au nom de l’intérêt général. La prétendue maison de rééducation religieuse des Marsh est à la fois un lieu de retrait du monde pour des familles honteuses de l’orientation de leur enfant ("cachons ce gay que nous ne saurions voir") et un centre de torture psychologique. Paradoxalement, le confinement des ados et les chambrées non mixtes tendent à annuler le lavage de cerveau hétéro opéré pendant la journée. La réalisatrice irano-américaine Desiree Akhavan épouse avec beaucoup de justesse et de sensibilité ce sujet. Elle montre comment Cam

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Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Événement | Samedi 16 et dimanche 17 juin, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et ses partenaires investissent la Bifurk pour un week-end de spectacles, ateliers, concerts, rencontres & co qui donne très envie. Le nom de l’événement ? Le Grand Rassemblement, dont c’est la troisième édition grenobloise. Soit l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes.

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Après la MC2 fin 2016 et le Magasin des horizons en mai 2017, c’est à la Bifurk d’accueillir le troisième Grand Rassemblement grenoblois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) – mais le quatrième du nom, une déclinaison ayant eu lieu à Annecy en mai dernier. Soit « une manifestation tout-terrain » conçue dans l’esprit du lieu investi. « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art » nous avait expliqué l’an passé le chorégraphe Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2 avec le circassien Yoann Bourgeois. Cette imp

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"La Route sauvage (Lean on Pete)" : au galop dans la poussière étasunienne

ECRANS | Cavale épique d’un gamin s’étant piqué d’affection pour un canasson promis à la fin dévolue aux carnes hippiques, cette errance pensée par le réalisateur Andrew Haigh est menée par le prometteur Charlie Plummer, prix Marcello-Mastroianni du meilleur jeune espoir à la Mostra de Venise.

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Vivant seul avec un père instable, Charley, 15 ans, a su tôt se prendre en charge. À peine arrivé en Oregon, il découvre fasciné le monde hippique et est embauché par l’entraîneur grognon d'un vieux pur-sang, Lean on Pete. Quand il apprend que l’animal est menacé, Charley fugue avec lui. Rebaptisés en débarquant en France, les films étrangers sont souvent gratifiés d’une dénomination outrepassant la pure traduction. Si la mode est aux franglaisicismes approximatifs (par exemple The Hangover, soit la gueule de bois en traduction littérale, se soigne en Very Bad Trip), autrefois, on aimait embrouiller les spectateurs : connu comme La Cinquième Victime, While The City Sleeps (1956) de Fritz Lang pouvait difficilement être traduit par Quand la ville dort, déjà attribué à Asphalt Jungle (1950) de John Huston ! Parfois, les deux titres coexistent. Et se succèdent comme pour témoigner d’une variété de focalisations ou d’inflexions soudaines à venir. C’est le cas ici où, Lean on Pete (le cheval dont le nom signifie de surcroît "compte sur Pete") aura un rôle de catalyseur pour C

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Les Filles de Simone : « La maternité reste un angle mort du féminisme »

Théâtre | Et voici un spectacle intelligent et, surtout, très drôle sur les difficultés à être mère, rôle pas naturellement évident. Son titre ? "C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde". Enthousiastes que nous sommes, nous en avons discuté avec Tiphaine Gentilleau, l’une des deux comédiennes du bien nommé collectif Les Filles de Simone.

Aurélien Martinez | Mardi 27 février 2018

Les Filles de Simone : « La maternité reste un angle mort du féminisme »

Comment est né ce spectacle centré sur la maternité ? Tiphaine Gentilleau : En fait, avec Chloé [Olivères, la deuxième comédienne sur scène – NDLR], on a été enceintes à trois mois d’intervalle, ce qui a soulevé pas mal de questions en nous – sur le milieu professionnel, médical… Sachant qu’avant, on se questionnait déjà sur le fait de faire du théâtre avec nos convictions féministes. En en discutant, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’expériences partagées, de vécus pas très simples qui étaient en fait d’une banalité sans nom. Donc on s’est dit qu’il y avait vraiment un sujet pour en faire un spectacle. Quelles ont été vos sources d’inspiration ? On a beaucoup lu sur le sujet. On a découvert par exemple l’historienne Yvonne Knibiehler, qui a véritablement axé son travail sur l’histoire de la maternité. En la lisant, ça nous a vraiment confirmé qu’il y avait un sujet. Du coup, on a nourri toutes nos improvisations et recherches sur le plateau de différentes lectures – Simone de Beauvoir, Élisabeth Badinter, Antoinette Fouque ou encore Marie-Caroline Missir et Louise Tourret, deu

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"Las Marimbas del infierno" : pacte à la guatémaltèque

ECRANS | de Julio Hernández Cordón (Fr.-Mex.-Guat., 1h14) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 9 janvier 2018

Guatemala, 2010. Sa musique ne faisant plus recette, un joueur de marimba est mis en cheville par son filleul magouilleur avec un métalleux de renom. L'idée ? La fusion entre hard satanique et percussions traditionnelles. Séduisant sur le papier, le projet se heurte à divers obstacles… Long fut le chemin entre le tournage et la sortie française pour ce film empruntant à la réalité ses portagonistes et son contexte tourmenté. Celui d’un pays en rupture, où la modernité et la crise économique condamnent le folklore à une représentation caricaturale pour touristes ; où les bandes rançonnent tranquillement les particuliers. Victime des uns et des autres, le musicien Don Alfonso avait ému le cinéaste Julio Hernández Cordón, au point de lui inspirer ce film doux-amer, aussi tragi-comique que crépusculaire sur les soubresauts créatifs du Guatemala. Le musicien est aujourd’hui le héros, et le héraut de cette cause, aux côtés de deux autres sacrés personnages : un toubib ex-sataniste (et vrai star de black metal), ainsi surtout que le jeune Chiquilín, délinquant camé au centre de scènes rappelant Larry Clark… Chiquilín a depuis trouv

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"Kiss & Cry" : crises & glace pour la révélation Sarah Bramms

ECRANS | de Lila Pinell & Chloé Mahieu (Fr., 1h18) avec Sarah Bramms, Dinara Droukarova, Xavier Dias…

Vincent Raymond | Vendredi 15 septembre 2017

Rappelée par son tyrannique entraîneur qui lui avait pourtant fait quitter l’Alsace un an plus tôt, Sarah accepte de rechausser les patins à glace pour le club de Colmar. À 15 ans, sa vie est celle d’une ado normale, et d’une sportive de haut niveau soumise à de multiples pressions… Venues du documentaire, où elles se sont intéressées au patinage (ce qui leur a permis de repérer l’époustouflante jeune interprète Sarah Bramms – plus qu’une révélation, une évidence), les cinéastes Lila Pinell et Chloé Mahieu signent ici un premier long-métrage à la fois incandescent et sensible, rappelant à bien des égards l’approche de Céline Sciamma. En particulier dans leur capacité à dépeindre de l’intérieur les micro-événements animant le quotidien d’un groupe d’adolescent·e·s, entre rivalités de vestiaires, badinages et stress. Du cinéma du réel, elles ont conservé une forme d’authenticité intransigeante lorsqu’il s’agit de représenter des personnages dans leur crudité ou leur brutalité : c’est le cas lors des entraînements, durant lesquels le coach fait preuve d’une impitoyable sévérité confinant au sadisme. Ajoutons qu

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"Transfiguration" : bon sang !

ECRANS | de Michael O'Shea (É.-U., 1h37) avec Eric Ruffin, Chloe Levine, Larry Fessenden…

Vincent Raymond | Lundi 17 juillet 2017

Milo, 14 ans, vit avec son frère aîné dans le quartier new-yorkais du Queens contrôlé par un gang. Fasciné par les vampires, il cherche à en imiter les pratiques, notamment lors de chasses nocturnes. L’arrivée d’une voisine de son âge dans l’immeuble va bouleverser ses habitudes… Cette intéressante variation contemporaine sur le thème du suceur de sang rappelle The Addiction (1995) d'Abel Ferrara – un des rares films n’apparaissant pas explicitement parmi les nombreuses VHS vénérées par Milo. Conséquence d’un trauma familial, sa quête prédatrice tient moins de la nécessité animale que d’une soif intellectuelle d’explorer ce ténébreux univers et d’un dérivatif à la solitude ; elle peut donc difficilement être partagée par son entourage. L’issue, plutôt prévisible, trouve un astucieux rebondissement en montrant le destin du corps d’une victime du vampirisme après sa mort, durant le processus de médecine légal, alors qu’une autre "vie" se poursuit. En l’occurrence, on a bien à faire à un mort-vivant. Sortie le 26 juillet

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"Effet de seuil" : le déroutant quotidien de Chloé Jarry

Centre d'art | L’acte, dans sa banalité transgressive, a ouvert au début du XXe siècle une brèche artistique. Cet acte, celui du "ready-made" cher à Marcel Duchamp, Chloé Jarry l’a fait sien et l’a détourné par le prisme de sculptures céramiques, ultime pied de nez à l’industrialisation et à l’art. Un "Effet de seuil" déroutant de transparence à découvrir au Centre d’art Bastille.

Charline Corubolo | Mardi 16 mai 2017

Il y a dans l’œuvre de Chloé Jarry une simplicité déroutante où l’ambiguïté se loge dans chaque pièce. S’agit-il d’une œuvre de l’exposition ou d'un élément permanent de cet espace de monstration ? À chaque nouvelle proposition, l’artiste joue avec les codes quotidiens de l’environnement jusqu’à nous faire douter de la certitude des objets. Des objets ordinaires, issus de l’industrialisation sérielle, qui opèrent un déplacement de paradigme ainsi placés dans un contexte artistique. Mais elle pousse le vice du "ready-made" de Marcel Duchamp plus loin en reproduisant en céramique ces usages, extraits de son quotidien ou en référence au lieu, troublant la frontière entre réalité et artifice. La quintessence du banal est ainsi mise en exergue dans l’enceinte du Centre d’art Bastille avec des sculptures d’anneaux, renvoyant au passé militaire du fort, ou des chaînes et des bittes d’amarrage, outils qui se sont immiscés dans l’œuvre durant sa résidence à Moly Sabata, en bord de Rhône. Données personnelles Dans ce maillage sculptural qui tend à offrir un nouveau regard sur l’usuel,

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Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Littérature | C’est parti pour la nouvelle édition du fameux Printemps du Livre qui, du mercredi 5 au dimanche 9 avril, investira plusieurs lieux de Grenoble et de l’agglo (dont, trois jours durant, le Musée de Grenoble et ses nombreux espaces) pour des rencontres avec des romanciers, des conférences, des spectacles, des expositions… Afin de profiter au mieux de cette émulation littéraire, on a sélectionné huit auteurs à découvrir. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 4 avril 2017

Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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"Love & Friendship" : délicieuse adaptation de Jane Austen

ECRANS | Avec cinq longs-métrages en vingt-cinq ans, le réalisateur américain Whit Stillman semble du genre à se faire désirer. Logique qu’il ait succombé aux charmes du roman épistolaire "Lady Susan" de la jeune Jane Austen, cultivant la séduction comme l’un des beaux-arts. En résulte une transposition réussie.

Vincent Raymond | Mardi 21 juin 2016

Le rôle du cinéma et de la télévision dans le regain de popularité rencontré par l’œuvre de Jane Austen est indubitable : la prodigieuse quantité d’adaptations (qui elles-mêmes ne l’étaient pas toutes) déversées sur les écrans depuis une vingtaine d’années a contribué à la postérité contemporaine de l’auteure britannique au-delà du périmètre des lecteurs avertis et des anglophones. La surexposition de Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments ou Emma a cependant eu comme corollaire étrange de restreindre la notoriété de ses écrits à ces quelques titres, abandonnant les autres à une ombre plus épaisse encore. En un sens, c’est heureux que personne ne se soit emparé de Lady Susan avant Whit Stillman : il a eu le bonheur de travailler sur un matériau vierge de tout repère. Et de façonner "son" image de Lady Susan. Une Kate avisée d’un époux aisé Celle-ci épouse les traits merveilleux (comment pourrait-il en être autrement, puisqu’il s’agit d’une coureuse de beau parti, fine manigancière au physique envoûtant) de Kate Beckinsale. Il y a une autoréfé

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Folk panoramique signé Andy Cartwright

MUSIQUES | Le musicien anglais officiant maintenant sous le nom de Seabuckthorn sera vendredi 3 juin à la Casse, à l'invitation des Grenoblois de [reafførests].

Damien Grimbert | Mardi 31 mai 2016

Folk panoramique signé Andy Cartwright

Pour son dernier concert de la saison, ce vendredi 3 juin à 19h30 à la Casse, la valeureuse équipe de [reafførests] propose une soirée « sous le signe des déserts intérieurs et guerres extérieures ». Une jolie formule pour un très beau plateau, qui réunira sur la même scène Lynwood, projet solo de Chloé Della Valle combinant « voix cristalline, boucles vibrantes et basse à l'archet », Torticoli, trio post-punk instrumental lyonnais à mi-chemin entre nervosité et tentation prog-rock, et enfin Seabuckthorn (en photo), projet solo de l'Anglais Andy Cartwright dont l’écoute du dernier album (They Haunted Most Thickly, sorti l’an dernier chez Bookmaker Records) nous a laissés durablement envoûtés. Auteur de paysages musicaux subtils, inspirés et mélodiques, évoluant quelque part entre folk traditionnel et ambient, Seabuckthorn compose une musique qui marque instantanément, et évoque chez l’auditeur une sensation diffuse de dépaysement et de familiarité mélangées. De quoi expliquer l’étiquette, finalement assez juste, de "folk panoramique" qui lui est souvent associée.

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Chloé, Joy Orbison et Barnt : trouble-fêtes de l'électro

MUSIQUES | Issus d’horizons culturels distincts, Chloé, Joy Orbison et Barnt n’en partagent pas moins un goût prononcé pour les chemins de traverse, et une volonté commune de réenchanter une scène électronique flirtant chaque jour un peu plus avec l’uniformité. Ils nous donnent rendez-vous à la Belle électrique le temps d'une soirée. Damien Grimbert

Damien Grimbert | Mardi 5 avril 2016

Chloé, Joy Orbison et Barnt : trouble-fêtes de l'électro

La différence entre un DJ-set mémorable et un autre plus quelconque ne tient souvent pas à grand-chose : une petite prise de risque supplémentaire, un effort un peu plus conséquent pour apporter un supplément d’âme… Et, à ce petit jeu, force est de reconnaître que les trois artistes réunis en têtes d’affiche par la Belle électrique font figure d’experts. On ne va pas forcément revenir une nouvelle fois sur les talents dans ce domaine de Chloé, ex résidente du Pulp et figure de proue du label parisien Kill The DJ, déjà venue nous rendre visite à plus d’une reprise. Reste qu’on n‘en est pas moins curieux de la voir côtoyer sur scène le Londonien Joy Orbison (en photo), de passage lui pour la première fois à Grenoble. Neveu d’un des pionniers de la scène jungle britannique, Peter O’Grady de son vrai nom commence à mixer à l’âge de 13 ans avant de passer à la production une fois atteint la vingtaine. Grandi au son des différentes variantes de la rave culture britannique (two-step, UK garage, grime, dubstep, UK funky…), il signe avec son premier single Hyph Mngo en 2009 un tube absolument imparable qui va le propulser immédiatement en chef de file d’une scène post-

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Sils Maria

ECRANS | D’Olivier Assayas (Fr, 2h03) avec Juliette Binoche, Kristen Stewart…

Christophe Chabert | Mardi 19 août 2014

Sils Maria

La prétention qui suinte de la première à la dernière image de Sils Maria ne surprendra pas ceux qui, comme nous, ont pris en grippe le cinéma d’Olivier Assayas. Il y raconte, sans le moindre scrupule de crédibilité, comment une star entre deux âges (Juliette Binoche, qui pose tout du long en alter ego de Juliette Binoche) décide de reprendre la pièce qui l’a rendue célèbre et dont l’auteur s’est éteint, comme par hasard, au moment où elle allait lui rendre hommage en Suisse. Elle laisse le rôle de la jeune première à une nymphette hollywoodienne (Chloë Grace Moretz) et endosse celui de la femme mûre, ce qui déclenche chez elle un psychodrame dont le souffre-douleur sera son assistante (Kristen Stewart, la seule à surnager en adoptant un très respectable profil bas au milieu du désastre). « Tu l’as vu, mon Persona ? » (film de Bergman) nous susurre Assayas tout du long avec une finesse éléphantesque, des coquetteries stylistiques de grand auteur (le faux film muet, la musique classique) et une manière très désagréable de désigner ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas. Les blockbusters de super-héros ? Des merdes à regarder avec des lunettes 3D ridi

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Qui porte la culotte ?

ARTS | Expo dans l’expo / Pourquoi « Les culottes d’Hippolyte » ? Par pur accident très contemporain. Quand Chloé Prigent a débuté sa série de photos culottées, elle a (...)

Laetitia Giry | Vendredi 22 mars 2013

Qui porte la culotte ?

Expo dans l’expo / Pourquoi « Les culottes d’Hippolyte » ? Par pur accident très contemporain. Quand Chloé Prigent a débuté sa série de photos culottées, elle a opté pour un surnom déjà existant, utilisé pour son compte Facebook, se disant que cela sonnait mieux que « Les culottes de Chloé ». Force est d’admettre qu'elle n’a pas tort… Le nom a son importance, et le mystère un peu cocasse des « culottes d’Hippolyte » ajoute comme un supplément d’âme à l’entreprise. Cette entreprise est simple : photographier les petites culottes de femmes et filles lambda, grosses ou maigres, où elles le veulent. Des jambes au nombril, sans visage, chaque sujet pose dans un décor choisi en arborant sa plus belle culotte. Ou comment dire en images que les choix vestimentaires les plus intimes parlent de nous plus qu’on ne l’imagine, et que les dévoiler c’est se dévoiler soi-même. C’est ainsi que l’on a affaire à une galerie de portraits, tous très différents, colorés et vivants, animés par le geste d’une main qui découvre ce qui a vocation à être caché en public. Promenés à Paris, à Lyon, quelques uns d’entre eux attendent

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Les filles d’Eve

SCENES | Cette année, nous n’avons pu voir en amont qu’un spectacle programmé dans le cadre du Festival international de théâtre-action. Et quel spectacle ! Avec (...)

Aurélien Martinez | Lundi 5 novembre 2012

Les filles d’Eve

Cette année, nous n’avons pu voir en amont qu’un spectacle programmé dans le cadre du Festival international de théâtre-action. Et quel spectacle ! Avec Eves..., la jeune metteuse en scène Chloé Ponce-Voiron décide de dissocier les notions d’héritage et d’hérédité, affirmant clairement que l’une est culturelle, et l’autre génétique. Pendant 1h30, il s’agira donc pour les six interprètes de démontrer que notre société assigne les femmes à des rôles tout sauf naturels, rôles hérités d’un soi-disant péché originel (d’où le titre de la pièce, au pluriel, car elles se revendiquent être « les filles d’Eve », celle qui fut créée à partir de la côte de l’homme). Il s’agit donc de questionner le discours spécieux sur la soi-disant répartition des compétences en fonction des sexes ; discours qui, heureusement, est de plus en plus dénoncé (il y a quelques semaines, on a même fait un dossier sur la sous-représentativité des femmes dans le milieu culturel), et qui demande à l’être constamment (les préjugés sont tenaces). D’autant plus quand c

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Vision de nuit

MUSIQUES | Pôle d’attraction majeur du festival, la programmation "club" de Jour & Nuit se répartit sur quatre soirées (deux le vendredi, deux le samedi) aux (...)

Damien Grimbert | Vendredi 14 septembre 2012

Vision de nuit

Pôle d’attraction majeur du festival, la programmation "club" de Jour & Nuit se répartit sur quatre soirées (deux le vendredi, deux le samedi) aux couleurs musicales bien distinctes… Soul, funk, jazz, exotica, hip-hop, sonorités psyché et électro downtempo seront à l’honneur des DJs sets résolument orientés crate-digging du vétéran de Ninja Tune DJ Food (auteur au printemps d’un très réussi nouvel album, The Search Engine, sur le label londonien) et du Suisse Dimlite (qui avait impressionné beaucoup de monde avec la sortie en 2011 de son Grimm Reality chez les Californiens de Stones Throw Records). Rock dansant et tubes électro survitaminés constituent quant à eux la marque de fabrique de la star londonienne Erol Alkan, qui fera son retour sur Grenoble précédé du duo parisien Darabi et de leur langoureuse house music sous codéine. Petit prince de la scène nu-disco norvégienne, Prins Thomas devrait réussir à séduire sans problème les amateurs du genre, et sera accompagné pour l’occasion par le "versatile" I :Cube, moitié du duo Château Flight venu promouvoir son surprenant dernier opus « M » Megamix, composé de 24 morceaux distincts dépassant rareme

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Dans le rétro-liseur

CONNAITRE | En attendant la rentrée et son avalanche de parutions, voici une sélection non exhaustive de livres ayant marqué l’année. Et donc, à emporter durant les vacances. Gaël Dadies

Aurélien Martinez | Lundi 16 juillet 2012

Dans le rétro-liseur

Sur la route ; le rouleau original, Jack Kerouac (Folio) : à lire d’urgence plutôt que d’aller voir la version cinématographique décevante. Le roman clé et fondateur de la Beat Generation enfin publié dans toute sa folie.  MetaMaus, Art Spiegelman (Flammarion) : Superbe livre illustré dans lequel, vingt-cinq ans après la publication de Maus, Art Spiegelman revient sur le processus de création et l’élaboration de cette œuvre majeure, prix Pulitzer 1992.    Mr Peanut, Adam Ross (10/18) : Malgré tout l’amour qu’il porte à sa femme Alice, David ne peut s’empêcher de rêver de la mort de celle-ci. Jusqu’au jour où Alice est retrouvée morte. Et pour de bon. D’une puissance narrative imparable et construit autour d’une enquête policière, ce roman dissèque les déchirements de couples poussés dans leurs retranchements. Avant d’aller dormir, S. J. Watson (Sonatine) : Devenue amnésique après un accident de voiture, Christine consigne la trace de ses souvenirs et de ses journées dans son journal pour ne pas les oublier le lendemain. Jusqu’à ce qu’elle découvre sa vé

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Dark shadows

ECRANS | Tim Burton met un frein à la crise créative qu’il traversait depuis trois films avec cette comédie où il cherche à renouer avec la fantaisie noire de ses débuts, sans y parvenir totalement. Christophe Chabert

Aurélien Martinez | Jeudi 10 mai 2012

Dark shadows

Dark shadows permet à Tim Burton de faire le point sur l’évolution de son cinéma ces dernières années. Il est frappant, à la vision du film, de voir qu’y cohabitent parfois au sein d’une même séquence, souvent d’un champ à son contrechamp, le cinéaste enclin au bricolage et à l’artisanat mais aussi son pendant récent, le réalisateur converti au numérique se contentant de griffer ses plans en illustrateur prodige. Plus encore, cette dualité se retrouve dans les deux thèmes abordés par le scénario : la figure du freak confronté au monde de la norme, et sa déclinaison contestable qui en fait le défenseur d’une petite entreprise familiale qui irait vendre au monde entier sa bizarrerie. On se souvient de l’épilogue craignos d’Alice au pays des merveilles, où Alice reprenait le flambeau paternel pour aller envahir le marché chinois… C’est à peu près là que commence Dark shadows : Barnabas Collins (Johnny Depp, qui cabotine plus intelligemment que d’habitude) est, au XVIIIe siècle, le jeune héritier d’une fortune construite par ses parents, prolos de Liverpool devenus richissimes entrepreneurs dans un port de pêche du Maine, dont ils ont littéralement

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La mise à nu

SCENES | Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta crée cette semaine son Sacre du Printemps, avant de s’atteler à la reprise de Daphnis é Chloé pour janvier. Entretien avec l’artiste sur la saison du Centre Chorégraphique National de Grenoble. Propos recueillis par FC

François Cau | Lundi 3 octobre 2011

La mise à nu

Le CCNG a lui aussi vu son budget baisser cette année ?Jean-Claude Gallotta : Le Conseil Général nous a retiré 25%, le plus grave étant qu’on n’a pas été averti. Ce qui fait qu’on a engagé tous nos projets, et donc on a vraiment un trou. La Ville et la Région ont un peu complété, ça ne compense pas mais on sent qu’il y a une dynamique pour empêcher que tout s’éteigne. Les gens du Conseil Général, que je vais rencontrer prochainement, n’ont pas mesuré en termes de stratégie que même si la Culture est un domaine à part, il y a une force symbolique et médiatique qui est énorme. Dans un premier temps, comme la situation ne bougeait pas trop, ils donnaient l’impression d’un exemple pour les autres conseils généraux, du genre « voyez, on a enlevé tant d’argent à la Culture et personne n’a bronché », et le coup de l’article récent du Monde (sur les baisses de subventions du Conseil Général pour le spectacle vivant, NdlR) a vraiment fait un coup de fouet. Mais moi j’ai envie d’y aller, de contrecarrer, d’être avec une équipe fidèle, des danseurs toujours meilleurs, et de vraiment me battre avec ça, envers et contre tout, traverser les plateaux, avoir envie de crée

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Daphnis é Chloé

MUSIQUES | Les pontes grenoblois (se) regardent dans le rétro. Après Chantal Morel qui, en début de saison, présentait Home, un texte de David Storey qu’elle avait déjà (...)

François Cau | Lundi 4 avril 2011

Daphnis é Chloé

Les pontes grenoblois (se) regardent dans le rétro. Après Chantal Morel qui, en début de saison, présentait Home, un texte de David Storey qu’elle avait déjà mis en scène il y a trente ans, c’est au tour de Jean-Claude Gallotta de porter sur scène une pièce elle aussi plus toute jeune. En 1982, le public découvrait ainsi Daphnis é Chloé, chorégraphiée par Gallotta, et dansée par Mathilde Altaraz, Pascal Gravat et Gallotta lui-même – trois nouveaux interprètes seront sur scène pour la recréation. Un public qui suivait les aventures de l’épouse d’un jeune berger, enlevée par des pirates et ramenée à son homme par un miracle du Dieu Pan. Après la reprise en 2007 de Cher Ulysse, autre pièce de son répertoire, le chorégraphe grenoblois permet ainsi aux nouveaux spectateurs de découvrir ses premières œuvres, et de l’appréhender au mieux, lui, cette figure importante de la danse contemporaine française. Une figure qui lancera les trois soirées de représentation (du mardi 12 au jeudi 14 avril, à la MC2) par un solo intitulé Faut qu’je danse !, évoquant justement la genèse de Daphnis é Cholé. Tout se tient.

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Le manège désenchanté

SCENES | Lulu : lolita multifacette à l’aura indescriptible créée par le dramaturge allemand Frank Wedekind, puis mise en opéra par Alban Berg ou immortalisée à l’écran (...)

François Cau | Vendredi 24 décembre 2010

Le manège désenchanté

Lulu : lolita multifacette à l’aura indescriptible créée par le dramaturge allemand Frank Wedekind, puis mise en opéra par Alban Berg ou immortalisée à l’écran par Louise Brooks. Ici, dans cette version théâtrale de 3h50, Stéphane Braunschweig (nouveau directeur du Théâtre de la Colline à Paris, à la suite d’Alain Françon) pioche dans le texte initial pour en présenter sa vision : celle d’une femme enfant bringuebalée dans un monde qu’elle ne semble pas comprendre – ou du moins le laisse-t-elle habilement penser. Un cauchemar niché dans un corps de femme sublime, qui en fera chavirer plus d’un… Tout est une question de fantasme explique ainsi le metteur en scène en note d’intention… Wedekind décrivait sa « tragédie à faire frémir » comme immontable, car trop subversive pour son époque moralisatrice où régnait l’ordre bourgeois (elle a été écrite en 1882, avant de subir de nombreuses retouches pour finir scindée en deux). Subversif : un reproche que l’on ne peut – malheureusement – pas faire à Braunschweig. Malgré une distribution solide (dont Chloé Réjon, qui campe le personnage principal avec justesse) et une scénographie impressionnante illustrant bien l’idée

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