Tigadrine : coup de blues (sahraoui) à la fac

Concert | Alors que les scènes sont toujours fermées (on le saura), le campus de l'Université de Grenoble a accueilli en résidence le blues iséro-sahraoui de Tigadrine, dont une captation live est proposée ce jeudi sur les réseaux.

Stéphane Duchêne | Mercredi 10 février 2021

Photo : DR


Dans la famille blues touareg, aussi vaste que le Sahara dans l'ombres des parrains Tinariwen, je demande les cousins grenoblois. Et voici donc Tigadrine, sélectionné dans la dernière Cuvée grenobloise. Le groupe de Saint-Martin-d'Hères était ces jours derniers en résidence sur le campus de l'Université de Grenoble. Il y a enregistré un concert joué devant un parterre de professionnels de la profession, qui sera diffusé ce jeudi 11 février. Le genre d'initiatives qui sera renouvelé chaque mois par l'association SEVE et Mix'Arts pour donner un peu de baume au cœur de la déshérance étudiante actuelle. Tigadrine donc : de la tradition touareg, mise en bouture avec le funk et le blues, comme d'usage chez les artilleurs nomades, Tigadrine, fondé en 2018, a hérité cet invraisemblable sens du groove qui convoque volontiers quelques déhanchés reggae.

Mais la tradition en question, qui recouvre le Sahara, du Sud de l'Algérie au Mali, en passant par le Tchad et le Niger, explore ici davantage sur les confins occidentaux du genre, à savoir le Sud-Maroc, les styles assouf et ishumar et les dialectes hassani et berbères. Elle se métisse même, puisque, c'est un fait, le désert gagne du terrain (alors pourquoi pas ses musiciens ?), d'influences sénégalaises et... malgaches. Inutile de dire que la chose est parfaitement redoutable et hypnotique comme le mirage d'oasis au milieu de l'infini sablonneux. Au point qu'on en vient à se demander si, par hasard, il existe une formation de blues dit "touareg" qui ne vaille pas la peine d'être connue. Vivement en tout cas, que l'on puisse revoir en vrai ces nomades musicaux assignés à résidence par vous-savez-quoi !

Tigadrine. Jeudi 11 février sur les pages facebook d'EVE (l'espace de vie étudiante) et de l'UGA (Université Grenoble Alpes) à 19h et en interview à 18 h sur Radio Campus.

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“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Cannes 2021 | Exaltée par sa foi et la découverte de la chair, une nonne exerce une emprise perverse sur ses contemporains grâce à la séduction et au verbe. Verhoeven signe nouveau portrait de femme forte, dans la lignée de Basic Instinct et Showgirls, en des temps encore moins favorables à l’émancipation féminine. Quand Viridiana rencontre Le Nom de la Rose…

Vincent Raymond | Mardi 13 juillet 2021

“Benedetta” de Paul Verhoeven : La chair et le sang

Italie, début du XVIIe siècle. Encore enfant, Benedetta Carlini entre au monastère des Théatines de Pescia où elle grandit dans la dévotion de la Vierge. Devenue abbesse, des visions mystiques de Jésus l’assaillent et elle découvre le plaisir avec une troublante novice, sœur Bartolomea. Son statut change lorsqu’elle présente à la suite d’une nuit de délires les stigmates du Christ et prétend que le Messie parle par sa voix. Trucages blasphématoires ou miracle ? Alors que la peste menace le pays, la présence d’une potentielle sainte fait les affaires des uns, autant qu’elle en défrise d’autres… Les anges du péché Entretenue depuis son enfance dans un culte dévot de la Vierge, conditionnée à adorer des divinités immatérielles omnipotentes, coupée du monde réel, interdite et culpabilisée lorsqu’il s’agit d’envisager les sensations terrestres, Benedetta vit de surcroît dans un monde de fantasmes et de pensées magiques, où chaque événement peut être interprété comme un signe du ciel (ce que la superstition ambiante ne vient surtout pas démentir). Prisonnière d’une commu

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Regards sur l’Afrique

Théâtre | Après une première en petit comité, mais réussie, au Théâtre Prémol, la compagnie des Inachevés propose plusieurs rendez-vous autour de la littérature africaine à Grenoble et dans les environs. On a échangé quelques mots avec Moïse Touré, metteur en scène.

Martin de Kerimel | Samedi 10 juillet 2021

Regards sur l’Afrique

Il y a les signatures les plus illustres : Léopold Senghor, Ahmadou Kourouma ou Amadou Hampâté Bâ. Hommes et femmes, d’autres les côtoient, de toutes les générations d’auteurs africains. Le spectacle que propose actuellement la compagnie grenobloise des Inachevés est un vrai régal pour les curieux de littérature. Sur scène, le dispositif est minimaliste : pas de décors, des comédiens assis, un danseur qui se lève parfois pour accompagner le texte et, pour le bonheur des mélomanes, un griot qui joue d’un instrument à cordes traditionnel. Traversée – c’est le nom de cette belle heure de théâtre dansé et musical – place sur le devant de la scène un continent que l’on laisse encore trop souvent de côté. Existe-t-il vraiment ? Dès les premiers instants, l’interrogation est lancée au public, qui s’en saisira peut-être. « C’est une bonne question, juge Moïse Touré, metteur en scène. Le mot Afrique lui-même ne vient pas des Africains. Il ne faut pas avoir peur de dire que nous avons été désignés. D’où la question de savoir qui je suis et comment je me désigne moi-même. L’Afrique, ce sont des cultures, des régions, des histoires, des langues différentes. C

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Derrière les portes du musée de l’Ancien Évêché

Reportage | Confrontées à la fermeture de leur musée depuis fin octobre, les équipes du musée de l’Ancien Évêché, situé place Notre-Dame, à Grenoble, continuent de faire vivre leurs projets, en attendant la réouverture.

Sandy Plas | Mardi 20 avril 2021

Derrière les portes du musée de l’Ancien Évêché

Dans la galerie des Évêques, au rez-de-chaussée du musée de l’Ancien Évêché, les bruits de pas des visiteurs ont laissé place depuis plusieurs mois au silence. Un étage plus haut, l’exposition Histoire de savoir(s), sur l’Université Grenoble Alpes, attend patiemment la réouverture du musée. Prête à accueillir le public depuis le 28 janvier, elle reste plongée dans le noir avant, enfin, le moment de son inauguration. « Un musée sans visiteur, c’est impensable », souffle Sylvie Vincent, conservateur en chef du patrimoine au musée depuis septembre 2020. Fermé depuis le 29 octobre, l'établissement a vu son nombre de visiteurs chuter au rythme des différents confinements. De 90 000 visiteurs en temps normal, la fréquentation atteignait timidement les 42 000 entrées l’an dernier. Alors, face à la situation inédite d’un musée dont les portes demeurent fermées, les six membres de l’équipe tentent de rester mobilisés : « C’est essentiel de maintenir la cohésion de l’équipe et de continuer à aller vers le public, sous d’autres formes », explique Sylvie Vincent, qui se r

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Du classique... et du nouveau !

Cuvée grenobloise | Ouf ! La crise sanitaire n’est pas venue à bout de la Cuvée grenobloise, qui adopte une forme nouvelle pour sa vingtième édition. On en a discuté avec Retour de Scène, l’association qui soutient le projet depuis 2014.

Martin de Kerimel | Lundi 8 février 2021

Du classique... et du nouveau !

Avouons-le tout net : on aurait bien aimé avoir entre les mains le nouveau CD de la Cuvée grenobloise. Il faudra faire sans : en cette année très particulière, les artistes amateurs réunis par Retour de Scène ne seront pas regroupés sur une compilation. En revanche, l’association a déjà commencé à les mettre en avant autrement, c’est-à-dire avec des playlists sur les plateformes de streaming musical (Deezer, Spotify et Soundcloud) ou des vidéos Micro Cuvée, sur Youtube et les réseaux sociaux. Quatorze groupes sont ainsi propulsés dans la lumière pour cette édition 2021. Désormais, au total, ce ne sont pas moins de 250 formations qui ont bénéficié de ce dispositif, lancé d’abord par l’association Dynamusic et repris, donc, par Retour de Scène. « Ce qui marque une étape importante cette année, ce n’est pas tellement cet anniversaire, mais plutôt le remplacement de notre support de promotion physique par d’autres outils, note Pascal Souvignet, chargé de l’accompagnement artistique au sein de l’association. La Cuvée sera moins figée dans le temps. C’est important, dans la mesure où les artistes émergents évoluent beaucoup. » Rock, élec

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Des femmes au sommet

CONNAITRE | Livre / Les femmes alpinistes du Népal sont à l'honneur d'un bel ouvrage récent. On vous raconte.

Martin de Kerimel | Mardi 8 décembre 2020

Des femmes au sommet

Et si ascension rimait avec émancipation ? C’est la conclusion de la sociologue Anne Benoit-Janin, qui vient de signer Les Népalaises de l’Everest, un livre-enquête passionnant, publié aux éditions Glénat. Le fruit d’une investigation menée sur place, à la faveur de nombreuses rencontres avec ces femmes alpinistes dans l’Himalaya. « Il faut savoir qu’avant d’imaginer escalader les montagnes, les femmes népalaises doivent affronter de nombreux handicaps, explique l’autrice. Elles viennent généralement d’un milieu très pauvre. C’est pourquoi, une fois mariées, elles n’ont plus le droit de quitter leur foyer, si ce n’est pour travailler dans les champs. » Celles qui se lancent dans l’aventure en paient parfois le prix, étant ensuite rejetées par leurs familles. La pionnière, Pasang Lhamu Sherpa, avait 31 ans quand elle est arrivée sur le toit du monde en 1993, soit quarante ans tout de même après les premiers hommes (Edmund Hillary et le Sherpa Tensing Norgay). Elle est décédée au cours de la descente, mais son nom continue d’être honoré dans son pays. Depuis, d’autres suivent son exemple, encore peu nombreuses. Anne Benoit-Janin avoue avoir été

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"L'Enfant rêvé" : graine de discorde

ECRANS | ★★☆☆☆ De Raphaël Jacoulot (Fr., 1h48) avec Jalil Lespert, Louise Bourgoin, Mélanie Doutey…

Vincent Raymond | Mercredi 7 octobre 2020

À la tête de la scierie jurassienne familiale, François et Noémie luttent chaque jour pour leur entreprise comme pour leur couple, infécond. Mais voilà que François entame une liaison clandestine avec Patricia, une cliente par ailleurs mariée. Celle-ci va tomber enceinte… Le drame passionné en gestation, aux accents ruraux (et musicaux) de La Femme d’à côté, est hélas rattrapé par une triste prévisibilité lorsqu’à la trame sentimentale s’ajoutent des enjeux plus terre à terre. Le personnage de François ressemble alors à une foultitude de protagonistes masculins vus ici ou là ces dernières années, embringués dans des histoires vaguement similaires (entreprise à sauver avec patriarche emmerdeur dans le terroir/couple en déroute/histoire de fesses) ; à croire que cette situation tient du lieu commun et que Jalil Lespert se substitue ici à Guillaume Canet ou Gilles Lelouche en chemise à carreaux. Restent les paysages du Jura filmés par drone…

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"Madone(s)" : monstrueux doudous

ARTS | Intitulée Madone(s), la dernière exposition du centre d'art l’Espace Vallès met en dialogue deux artistes familières du lieu : Isabelle Levenez et Anne Ferrer.

Benjamin Bardinet | Mardi 6 octobre 2020

Direction d'abord le rez-de-chaussée de l'Espace Vallès. Si, dans ses photographies, Isabelle Levenez propose des réinterprétations pas franchement palpitantes des figures de martyres de la religion catholique, Anne Ferrer expose quant à elle deux grandes sculptures gonflables évoquant, par leur richesse chromatique et leurs formes généreuses, les Nanas de Niki de Saint Phalle. Légères, ces sculptures flottent, semblent respirer et apparaissent comme des doudous gentiment monstrueux dans les bras desquels on aurait envie d’être réconforté… Mais c’est une fois à l’étage que l’exposition suscite réellement notre enthousiasme. Dans une section consacrée aux oeuvres dessinées de ces deux artistes, on découvre de nerveuses esquisses d’Anne Ferrer dans lesquelles ses délires graphiques donnent naissance à des formes hybrides, à mi-chemin entre plantes carnivores et gâteaux à la crème. De son côté, Isabelle Levenez propose une vaporeuse série de visages de profil de la bouche desquels l’encre diluée semble s’échapper et se disperser à la manière d’ectoplasmes colorés. Madone(s), à l’Espace Vallès

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Avis aux amateurs !

MUSIQUES | Accompagnement / C’est dans une atmosphère de doutes mêlés d’espoir que Retour de Scène-Dynamusic lance son traditionnel appel à candidature pour la Cuvée grenobloise 2021.

Hugo Verit | Mardi 8 septembre 2020

Avis aux amateurs !

Ce dispositif de valorisation et d’accompagnement de la scène locale est lui aussi impacté par la crise sanitaire : « Notre objectif premier est de diffuser les artistes en organisant des événements donc tout reste incertain sur ce point. Mais l’idée est aussi de communiquer régulièrement et de proposer des formations, d’organiser des rencontres avec des professionnels », rappelle Pascal Souvignet, chargé de l’accompagnement artistique. En plus de l’épidémie, la 20e édition de la Cuvée grenobloise est surtout marquée par un changement majeur : la disparition de la compilation habituelle qui sortait en format physique et numérique. Une grande première : « Sortir une compilation implique une forte exigence sur la qualité de réalisation des morceaux. On avait donc tendance à sélectionner des groupes déjà bien avancés dans leur développement. Cette année, on s’ouvre plus vers une sphère d’amateurs très motivés qui ont besoin de soutien. On s’intéresse à la globalité du projet. » À la place de la compilation, Retour de Scène promet « une campagne de diffusion plus régulière et plus interactive, en publiant plusieurs playlists numériques au c

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Caroline à Grenoble

Avant-première | Si le festival de Cannes avait eu lieu en mai comme il se doit, on aurait vu Patrick, l’un des protagonistes du nouveau film de Caroline Vignal (...)

Vincent Raymond | Mardi 8 septembre 2020

Caroline à Grenoble

Si le festival de Cannes avait eu lieu en mai comme il se doit, on aurait vu Patrick, l’un des protagonistes du nouveau film de Caroline Vignal Antoinette dans les Cévennes, gravir les marches rouges du Palais des Festivals. Jusque là, rien d’étonnant. Sauf que si : Patrick est un âne. Certes, beaucoup d’ânes ont déjà arpenté la Croisette, mais celui-ci est un pur baudet à poil gris qui donne du fil à retordre à sa partenaire, interprétée par Laure Calamy, institutrice à la poursuite de son amant (une sorte de maîtresse au carré, si vous voulez). Caroline Vignal vous en dira davantage à l’occasion de l’avant-première qu’elle accompagne de sa présence. Mais sans âne. Ce sera jeudi 10 septembre, à 20h15, au cinéma Le Club.

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Écosystème graphique

ARTS | Graphisme / Éric Alibert livre, au musée de l’Ancien Évêché, une séduisante exposition, Calligraphies alpines, dans laquelle son habile coup de pinceau nous brosse dans le sens du poil.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 septembre 2020

Écosystème graphique

Ce qui frappe d’emblée le visiteur, c’est à quel point chacune de ses compositions se présente comme une vision où sa sensibilité d’artiste résonne harmonieusement avec la nature dans laquelle il s’immerge. « Les montagnes sont autant devant nos yeux que dans nos âmes », déclare-t-il, et il est vrai que ce qui nous est offert au regard témoigne autant d’une observation aiguë de l’environnement que d’une mémoire imprégnée de la fugacité des manifestations naturelles. Ainsi, évoluant dans ce subtil équilibre entre ce qu’il a vu et ce qu’il a ressenti, Éric Alibert produit-il des petits miracles alchimiques pour chacun desquels il excelle à jouer de ce que la technique picturale lui impose. « Il y a ce qu’on veut peindre et ce que la peinture vous invite à peindre », explique-t-il. En effet, avec l’encre de Chine, pas question de repentir ni de retouche, l’impermanence de l’eau l’oblige à développer un geste prompt et déterminé qui fait de la composition une sorte de précipité de l’instant de création. À cette stimulante tension entre le geste de l’artiste et les réactions physiques de l’eau répond le mouvement des animaux dont il parvient merveilleusement à saisi

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"Never Rarely Sometimes Always" : sois femme et tais-toi

ECRANS | De Eliza Hittman (É.-U.-G.-B., 1h42) avec Sidney Flanigan, Talia Ryder, Théodore Pellerin…

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Autumn, 17 ans, se découvre enceinte. Comme il lui semble difficile d’interrompre sa grossesse dans son patelin de Pennsylvanie, elle part pour New York accompagnée par sa cousine Skylar. Là-bas, d’autres galères l’attendent. Être femme est encore, souvent, toujours, difficile… Chronique d’une adolescence féminine dans un pays où les droits des femmes sont insidieusement entravés. Tout l’arsenal légal et médical existe de la contraception à l’interruption volontaire de grossesse ; hélas, et Autumn en fait la triste expérience, il est sciemment saboté, avec une rare perversité, par le contexte social, familial et/ou moral. Ainsi découvre-t-on qu’une mineure forcée d’avoir des relations sexuelles non consenties et se retrouvant enceinte essuie les quolibets publics du violeur, l’ignorance de sa famille, les mensonges d’une employée du planning familial outrageusement pro-life ; qu’elle doit voler son employeur pour se rendre dans un autre État afin de se faire avorter et quasiment se prostituer afin de payer l’intervention (car, évidemment, il n’y a pas de couverture sociale pour l

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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"L'Appel de la forêt" : loup y es-tu ?

ECRANS | La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

La destinée de Buck, bon gros chien arraché à sa famille du sud des États-Unis pour être revendu au Yukon en pleine fièvre de l'or ; son parcours de maître en maître et son éveil à son instinct primitif, jusqu'à ce que le loup en lui parvienne enfin à s'exprimer à nouveau… À l’instar de Joseph Conrad, Jack London "vécut" avant d’écrire (même s’il sut marier les deux de concert) et donc écrivit sur l’aventure en connaissance de cause. Ce n’est sans doute pas un hasard si ses romans d’apprentissage rencontrent encore aujourd’hui un succès inentamé par-delà les générations et au-delà des transpositions. En témoigne la récente variation sur Martin Eden signée par Pietro Marcello. Plus remarquable encore est le fait que le roman d’apprentissage d’un non-humain, un chien, touche autant nos congénères ; d’autant qu’à rebours de son époque flattant l’industrialisation triomphante, London y exaltait des valeurs quasi rousseauistes de retour à la nature ! Par un des étranges renversements auxquels l’Histoire nous a habitués, les notions de recherche ou de préservation de l’étincelle de sauvagerie innée sont au cœur des préoccupations contemporaines : à

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Soirée double au Club

ECRANS | Choisis ta séance, camarade ! Le même soir, Le Club propose deux événements exceptionnels. D’un côté, la romance de Todd Haynes Carol, avec Rooney Mara et Cate (...)

Vincent Raymond | Vendredi 24 janvier 2020

Soirée double au Club

Choisis ta séance, camarade ! Le même soir, Le Club propose deux événements exceptionnels. D’un côté, la romance de Todd Haynes Carol, avec Rooney Mara et Cate Blanchett (sur l’écran, pas dans la salle !) ; de l’autre un ciné-débat autour du documentaire Partir, revenir : ou l’ambiguïté de la vie de Juliette Warlop, abordant la douloureuse question du suicide. La projection sera ici suivie d’une discussion animée par des représentants du CHU Grenoble-Alpes. Au Club lundi 3 février, à 19h et 20h15

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Chloé et Vassilena Serafimova, collaboration organique

Concert | L'une vient du classique, l'autre de la musique électro : leur combinaison étonne et séduit à la fois. Vassilena Serafimova et Chloé sont en concert à la Source mardi 28 janvier. Une découverte.

Damien Grimbert | Mardi 21 janvier 2020

Chloé et Vassilena Serafimova, collaboration organique

Soyons honnêtes : on éprouve toujours un peu de méfiance à l’évocation d’une collaboration entre un artiste de la scène électronique et un autre venu de la musique classique. Recherche de crédibilité pour l’un, volonté de rester au goût du jour pour l’autre, les (mauvaises) raisons de travailler ensemble sont en effet légion. De temps à autre, pourtant, de petits miracles se produisent, et on n’a pas de meilleur qualificatif en tête pour définir le fruit de l’alliance entre la percussionniste de formation classique Vassilena Serafimova (au marimba) et la musicienne électronique Chloé (aux machines), savante et séduisante alliance de percussions organiques élégiaques et boisées et de sonorités électroniques aériennes et subtiles. Plutôt que de simplement "confronter" leurs univers musicaux, les deux artistes ont en effet préféré les accorder pour mieux rendre hommage à la splendide pièce Music For 18 Musicians de Steve Reich, le marimba, déjà présent dans l’œuvre originelle, jouant ici le rôle de point de convergence. Un point de départ, initié en 2017 par le collectif Sourdoreille, dont les artistes se sont ensuite progressivement émancipées au fil de leur collaboration

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Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Patrimoine | Les membres de Patrimoine et Développement se sont donné rendez-vous pour une rencontre samedi 11 janvier. L’occasion de (re)découvrir la commanderie d’Échirolles et de faire plus ample connaissance avec l’association.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Ils n’ont pas attendu Stéphane Bern pour s’intéresser aux vieilles pierres : l’animateur était encore un bébé quand, en 1965, l’association Patrimoine et Développement du Grand Grenoble a vu le jour. Elle était connue sous un autre nom : celui de Comité de sauvegarde du Vieux Grenoble. Son objectif : sauver de la destruction les vieux remparts de la cité, dont une partie subsiste aujourd’hui. Depuis, l’idée qui fédère les membres associés reste la même : mettre en lumière le patrimoine bâti, lorsqu’il est méconnu et/ou menacé. À Grenoble et au-delà Le 11 janvier, avant la traditionnelle galette des Rois, Patrimoine et Développement débute son année 2020 avec une conférence sur la chapelle de l’ordre des Templiers, à la commanderie d’Échirolles. Un programme conçu avec Marc Mingat-Lerme, historien et chercheur indépendant, afin de sensibiliser le plus grand nombre aux conditions de préservation de cet édifice médiéval. « Nos conférences poursuivent toujours un but éducatif de partage de la connaissance, rappelle Philippe Boué, président de l’association. En général, elles concernent des bâtiments de Grenoble intra muros, mais, cette fois, nous i

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Vivian Maier, cette illustre inconnue

Exposition | Gardienne d’enfants, photographe autodidacte et parfaite inconnue de son vivant, Vivian Maier est devenue en quelques années une figure mythique de la photographie. Le musée de l’Ancien Évêché lui consacre une exposition, "Vivian Maier, street photographer", tirant profit du fait qu’originaire du Champsaur, elle est passée dans la région au tout début des années 1950.

Benjamin Bardinet | Mardi 19 novembre 2019

Vivian Maier, cette illustre inconnue

Ce qui est sidérant avec Vivian Maier, c’est qu’on ne se lasse pas de découvrir ses photographies. On a beau savoir qu’elles sont plutôt réussies, on est perpétuellement émerveillé par l’exigence du regard qu’elle porte sur l’Amérique urbaine des années 1950-1960. Ses clichés ne sont clairement pas le fait d’un coup de chance : les planches-contacts présentées dans l’exposition permettent de s’en assurer. Elle ne tergiverse pas, va droit au but, consacre à tout casser deux photos à un même sujet – on est loin de la surenchère de clichés à laquelle le numérique nous a désormais habitués. Bien que déterminée lors de ses prises de vues, l'Américaine navigue entre différents styles. Tout à fait à l’aise dans une approche formaliste valorisant des compositions éminemment graphiques qui confinent à l’abstraction, elle peut aussi bien se revendiquer d’un certain "style documentaire", frontal, direct et sans effets de cadrage, ou d’une photographie plus humaniste, valorisant les individus. L’exposition présente par ailleurs une série remarquable de photographies couleur qui révèle sa capacité à tirer parti de ce procédé à une époque où le monde de la photographie considérait que

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"Noura rêve" : divorce à la tunisienne

Cinema | De Hinde Boujemaa (Tun.-Bel.-Fr, 1h30) avec Hend Sabri, Lotfi Abdelli, Hakim Boumsaoudi…

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

Son époux incarcéré, Noura a refait sa vie avec Lassad et attend avec impatience que son divorce soit prononcé. Son mari étant libéré plus tôt que prévu, Noura doit faire profil bas pour ne pas risquer 5 ans de réclusion pour adultère, ni perdre ses enfants et son travail… De la condition féminine dans les pays du Maghreb post-révolution de Jasmin ? Oui et non. Car si l’histoire de Noura s’inscrit dans le sillage des réalisations tunisiennes rendant compte de la difficile situation des femmes dans une société conditionnée par l‘emprise patriarcale – à l’instar de l’exemplaire La Belle et la Meute de Kaouther Ben Hania –, elle pourrait tout aussi bien (ou mal) se dérouler en France, où rappelons-le puisque cela ne semble pas beaucoup émouvoir en haut lieu, 129 femmes ont été tuées par leur compagnon (ou ex-) depuis le débu

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Toutes les couleurs de l’Inde avec le Grenoble Indian Film Festival

ECRANS | Rendez-vous du jeudi 17 au dimanche 20 octobre à Grenoble, Saint-Martin-d'Hères et Saint-Égrève.

Damien Grimbert | Mardi 15 octobre 2019

Toutes les couleurs de l’Inde avec le Grenoble Indian Film Festival

Troisième édition pour le Grenoble Indian Film Festival, organisé par l’association I.C.E. dans l’objectif de dévoiler toute la diversité du cinéma indien contemporain. Outre une pléiade d’ateliers en tout genre, une exposition de peinture et une soirée « Bollywood Night », la majeure partie de la programmation sera bien sûr dédiée au… cinéma, avec pas moins de sept films projetés. Parmi ces derniers, trois blockbusters très attendus, chacun dans un registre très différent : Chhichhore de Nitesh Tiwari accompagne ainsi au fil des ans et des aléas de la vie un groupe d’amis qui s’est formé à l’université, tandis que Kalank d’Abhishek Varman (photo) joue la carte de la grande fresque historico-romantique flamboyante dans des décors majestueux. Enfin, Mission Mangal de Jagan Shakti s’inspire d’une histoire vraie pour retracer le lancement d’une mission spatiale à destination de Mars. À noter, également, un documentaire de Pan Nalin sur la médecine ayurvédique (Ayurveda), un film anglais de Gurinder Chadha sur un jeune immigré indien passionné par Bruce Springsteen (Music of my life), un intrigant fil

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"Ma folle semaine avec Tess" : conte d’été

ECRANS | De Steven Wouterlood (P.-B., 1h23) avec Sonny Coops van Utteren, Josephine Arendsen, Hans Dagelet…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

En vacances familiales sur une petite île néerlandaise, Sam se lie d’amitié avec une fillette de son âge, Tess, aussi délurée qu’il est enclin à la solitude. Si Tess va l’aider à s’ouvrir au monde, Sam va lui permettre en retour de faire la connaissance d’une personne comptant beaucoup pour elle… Si vous vous souvenez du Grand Chemin (1988) de Jean-Loup Hubert et de ses deux jeunes protagonistes faisant les 400 coups dans les champs, Sam et Tess vous évoqueront sans doute leurs dignes successeurs : ici aussi, un gamin timoré transplanté à la campagne se fait dessaler par une fillette fantasque, vêtue comme l’as de pique (les costumiers n’ont pas lésiné : on croirait une Punky Brewster batave) et à la vie familiale compliquée. Récit initiatique dans lequel les enfants imitent avec leur maladroite innocence les rites des adultes pour se convaincre qu’ils appartiennent à leur monde, ce film aux couleurs chaudes et marquées est parsemé d’éclats sombres – les petites bouffées d’angoisse inhérentes aux contes gothiques, souvent symboli

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"Edith, en chemin vers son rêve" : conte d’automne

ECRANS | De Simon Hunter (G.-B., 1h42) avec Sheila Hancock, Kevin Guthrie, Amy Manson…

Vincent Raymond | Mardi 17 septembre 2019

À la mort de son époux impotent, l’octogénaire Edith envoie enfin paître sa fille pour accomplir ce qu’elle n’a pu réaliser avec son père : escalader le Mont Suilven en Écosse. Sans préparation, dotée d’un caractère revêche, elle aura bien besoin de l’aide de Jonny, un jeune guide du cru… Avec son minois de Carrie-Anne Moss version 2050, Sheila Hancock est un visage moins connu – donc moins attendu – pour cet emploi que les incontournables Maggie Smith, Judi Dench ou la jeune Charlotte Rampling ; elle convient donc parfaitement pour incarner ce mixte de rigidité et de fatalisme : "Edie" sait que son escapade s’inscrit dans une parenthèse forcément brève, ouverte par le trépas d’un mari, et qui se refermera par sa propre mort. Dans ce court laps de liberté, malgré les convenances et la désapprobation de sa fille, elle reprend en main son indépendance en refusant d’intégrer un Ehpad. Ce (long) préambule, traitant de la réappropriation d’une destinée confisquée par un homme dominateur puis invalide, s’avère plus intéressant que la partie randonnée : accomplir un exploit sportif lorsque l’on est diminué est certes en soi une autre forme d’émancip

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"Les Hirondelles de Kaboul" : cachée

ECRANS | de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec (Fr., 1h33) animation

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Dans l’Afghanistan asservi par les talibans, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang (hélas pas si lointaines), cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les talibans et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour "sauver" un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi marquant symboliquement que visuellement. Le choix de l’animation trouve ici to

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"Rêves de jeunesse" : conte… sur toi

ECRANS | de Alain Raoust (Fr., 1h32) avec Salomé Richard, Yoann Zimmer, Estelle Meyer…

Vincent Raymond | Jeudi 25 juillet 2019

Salomé quitte pour l’été sa coloc’ afin d’aller bosser dans la déchèterie du petit village de son enfance. Sur place, livrée à elle-même, elle renoue avec une partie de son passé et enchaîne des rencontres baroques. Dont celle d’une participante d’un jeu télé, échouée devant sa cahute… Les romans d’apprentissage illustrés ont toujours quelque chose d’attachant, surtout lorsqu’ils sont en phase avec la saison ; bien davantage s’ils touchent un public en osmose avec le sujet. En apparence soumis à une intrigue ténue portée par une héroïne discrète pour ne pas dire mutique (plus observatrice qu’actrice) squattant une camionnette abandonnée dans la solitude du mois d’août, Rêves de jeunesse tient plus des “Vacances de Monsieur Godot” que d’une fantaisie d’étudiants à la Klapisch ! Cependant, ce cadre rural où l’absurde surgit volontiers (rappelant le cinéma d’Alain Guiraudie) se révèle un creuset propice à la déconnexion et à l’introspection : Salomé peut poursuivre son histoire grâce au surgissement d’une fille en tout point opposée à ce qu’elle est et… "grandir". Période entre parenthèses, les vacances sont aussi un temps idéal

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"Pauvre Georges !" : canadian beauty

ECRANS | De Claire Devers (Fr-Bel-Can, 1h53) avec Grégory Gadebois, Mylène MacKay, Monia Chokri…

Vincent Raymond | Mardi 2 juillet 2019

Enseignant français exilé au Québec, Georges le taciturne vit avec son épouse à la campagne. Un jour, il surprend Zack, un gamin déscolarisé, fouillant leur maison. Georges va jeter son dévolu sur cet ado un brin pervers et tenter de lui faire raccrocher le lycée, au grand dam de ses proches… Avec son ambiance de banlieue tranquille peuplée de gens aisés en apparence comme il faut (mais révélant à la première occasion de violentes névroses quand ils n’affichent pas leur ridicule de parvenus) et son protagoniste las d’absorber sans regimber la médiocrité ambiante et saisi par la crise de milieu de vie, cette adaptation-transposition d'un roman de Paula Fox ne peut qu’évoquer American Beauty (1999) de Sam Mendes : Georges va faire voler en éclats les conventions qui l’oppressent, dût-il en payer le prix. À la différence du héros de Mendes, c’est davantage au profit des autres que du sien que se déclenche cette petite révolution dont Zack est le catalyseur. Trop rare au cinéma, la réalisatrice Claire Devers fait preuve ici d’une délicieuse – et bienvenue – causticité vis-à-vis des ectoplasmes contemporains, en réhabilitant ceux qui pass

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Rêvons éveillés avec Michel Gondry

ECRANS | Le Ciné-Club propose un cycle consacré au fameux réalisateur français. Ça commence mercredi 29 mai avec son chef-d'œuvre "Eternal Sunshine of the Spotless Mind".

Élise Lemelle | Mardi 21 mai 2019

Rêvons éveillés avec Michel Gondry

« Le rêve donne un sens à une succession d'images, de sons qui bombardent notre cerveau endormi de manière aléatoire. (…) Il fabrique des histoires à partir du chaos. C'est cette faculté qui, à mon sens, nous autorise l'expérience du cinéma. » Ou comment Michel Gondry résume lui-même son cinéma. La temporalité de ses films coïncide ainsi souvent avec le ressenti de ses personnages, provoquant une distorsion de la réalité qu'il convertit en images au moyen de bricolages optiques et numériques dont il a le secret depuis presque vingt ans. Inspiré, sans doute, par ces bricolages du sommeil, le Ciné-Club de Grenoble compose alors l’ultime cycle de sa saison autour du cinéaste français avec trois de ses longs-métrages qui partent d’une même base narrative : un garçon, inadapté, se morfond dans la monotonie jusqu’à ce qu’une rencontre/idée vienne bouleverser son existence. On commencera par du culte avec un film qui a marqué les esprits à sa sortie : Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004, photo), récompensé par l’Oscar du meilleur scénario original, suit une histoire d’amour contrari

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Kiddy is burning

Soirée | Chanteur, DJ, producteur, icône de mode et figure emblématique de la scène ballroom parisienne, Kiddy Smile est avant tout un passionné de longue date de la house américaine de la fin des années 1980 et du début des années 1990 à laquelle il rend un vibrant hommage sur son premier album "One Trick Pony". Comme il sera l’invité, samedi 11 mai, de la soirée "Let’s Dance" à la Belle électrique, on a décidé de lui tailler le portrait.

Damien Grimbert | Mardi 30 avril 2019

Kiddy is burning

21 juin 2018, sur le parvis de l’Élysée. Invité à mixer pour la Fête de la musique, Kiddy Smile arbore fièrement un T-shirt dont le slogan a valeur de manifeste : « fils d’immigrés, noir et pédé ». Si l’artiste au style flamboyant et au physique imposant (1m98), grandi dans une cité HLM des Yvelines, incarne de toute évidence une frange de la population française restée longtemps dans l’ombre, il serait pourtant injuste de réduire sa carrière à cette seule dimension symbolique. Musicien talentueux, engagé et charismatique, Kiddy Smile est avant tout un compétiteur féroce qui n’a pas ménagé ses efforts pour en arriver là où il est aujourd’hui. C’est d’abord en tant que danseur hip-hop qu’il fait ses premières gammes au milieu des années 2000, quittant sa cité de Rambouillet pour prendre des cours de danse à Paris. Casté dans un clip de George Michael (An Easier Affair), il s’envole quelques jours à Londres, touche son premier cachet et entame dans les années qui suivent une carrière de danseur professionnel pour des artistes comme Yelle, Magic System,

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"Les Crevettes pailletées" : homos au bain

ECRANS | De Cédric Le Gallo et Maxime Govare (Fr, 1h40) avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Parce qu’il a lâché une insulte homophobe à un journaliste, la Fédération de natation oblige Mathias, vice-champion du monde, à redorer son image en l’envoyant entraîner une équipe de water-polo gay. L’objectif ? La qualifier pour les Gay Games. Le problème ? Ils sont très mauvais et Mathias est peu motivé… Un merveilleux hasard fait succéder ce film au Grand Bain dont le succès, à la façon d’un Moïse des bassins chlorés, est susceptible de faciliter l’existence dans les salles de ces Crevettes pailletées. Tant mieux pour elles, même s’il n’y a pas de quoi plonger du tremplin des 10m : cette gentille fable célébrant la tolérance à coups de déhanchés suggestifs, de moues mutines et d’exubérance à la Liberace (vous avez dit "cliché" ?) semble bien terne comparée à Priscilla folle du désert, douche australienne maniant le show et froid de la dérision sans pour autant donner l’impression d’illustrer une version aquatique de Comme ils disent

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Vers l'infini et au-delà (du jazz) avec Guillaume Perret

Concert | « C’est le porte-drapeau de la nouvelle scène jazz made in France » comme l’assure le Théâtre municipal de Grenoble qui le programme jeudi 28 mars. C'est tout à fait ça, et on vous explique pourquoi.

Stéphane Duchêne | Lundi 25 mars 2019

Vers l'infini et au-delà (du jazz) avec Guillaume Perret

À force de se frictionner avec les limites, de franchir les frontières à grands coups d'épaule comme on enfonce une porte, d'abattre les murs entre les genres comme un éléphant lancé dans un magasin de porcelaine, il fallait bien que l'iconoclaste Guillaume Perret finisse par repousser l'ultime frontière. Celle-là même que l'empire américain reluquait d'un œil avide dans les années 1960 et que JFK lui-même matérialisa dans un discours resté célèbre qui promettait la lune. Celle, invisible, qui sépare notre planète de l'infini : l'espace. C'est désormais chose faite avec la BO augmentée du film 16 Levers de soleil, documentaire d'Emmanuel Le Goff sur l'aventure spatiale du Mr Perfect volant Thomas Pesquet. Augmentée car Guillaume Perret en a tiré un album qui va au-delà de l'illustration sonore, un objet cohéren

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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Off Models : modern love

Concert | Le groupe de Valence dévoilera son premier album jeudi 21 mars sur la scène de l'Ampérage. On lui prédit un avenir prometteur.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Off Models : modern love

L’album d'Off Models sorti l’an passé a pour titre Never Fallen in Love et s'ouvre sur un morceau baptisé Fast Life. Voilà qui résonne étrangement comme Ever Fallen in Love et Fast Cars, deux des hymnes romantico-punks emblématiques des Buzzcocks, formation du regretté Pete Shelley. D'autant que le sextet valentinois, issue des galaxies H-Burns / Forest Pooky, s'inscrit à plein dans cette veine indie punk avec de jolies aspirations mélodiques et romantiques grattant les stigmates d'amours roulées dans la poussière et des frustrations sans remède éternellement adolescentes. Laquelle veine embrasse également un son plus ou moins lo-fi… Mais les gu

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Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Festival | C’est parti pour la neuvième édition des Détours de Babel, festival estampillé « musiques du monde, jazz, musiques nouvelles ». Soit l’occasion, pendant plus de trois semaines (du 15 mars au 7 avril), de découvrir des artistes de tous horizons et des musiques non formatées. Histoire de se repérer dans le vaste et passionnant programme, on vous livre une sélection de nos attentes à écouter à Grenoble, dans l'agglo et même, parfois, au-delà.

La rédaction | Mardi 12 mars 2019

Les Détours de Babel 2019 en 14 concerts

Traversées – Constantinople et Ablaye Cissoko Il y aura une belle teinte mandingue cette année aux Détours de Babel, pas mal de kora, et quelques Cissoko. À commencer, par ordre chronologique, par Ablaye, qui vient ici flirter avec la musique des cours persanes aux côtés notamment de Kiya Tabassian, chantre irano-canadien de la musique traditionnelle et savante venue de Perse, et grand spécialiste du sétâr, lointain cousin persan de la kora. Ablaye se produira également en solo vendredi 15 mars aux Salons de musique de la Maison de l’international. Samedi 16 mars à 19h à la salle des fêtes de Commelle et dimanche 17 mars dans le cadre du Brunch #1 du quartier Très-Cloîtres Trois lettres de Sarajevo – Goran Bregović Dans ce Sarajevo d'avant la guerre où a grandi Goran Bregović, les cultures et les religions cohabitaient avec bonheur. C'est cette Jérusalem des Balkans, ce paradis perdu du vivre-ensemble que les national

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"Stan & Ollie" : Hardy, petit…

ECRANS | de Jon S. Baird (ÉU, 1h37) avec Steve Coogan, John C. Reilly, Nina Arianda…

Vincent Raymond | Mardi 5 mars 2019

Londres, 1953. Après une dizaine d’années de retrait, le duo Laurel et Hardy se reforme sur scène pour une tournée anglaise, en attendant un hypothétique nouveau tournage. Mais les comiques sont passés de mode, Hardy mal en point, le public peu nombreux. Il leur faudrait un miracle… Depuis quelques mois, l'acteur John C. Reilly semble avoir pris activement en main le cours de sa carrière. Second rôle de prestige, il n’a jamais pu briser le plafond de verre le séparant des premiers plans à la Tom Hanks que son visage de carlin pourraient lui valoir ; apprécié par la profession depuis des lustres, il lui manque encore l’onction publique et l’aura individuelle d’un grand prix – en forme de statuette, de préférence. Après avoir eu la bonne idée d’inciter Jacques Audiard à adapter Les Frères Sisters (et à lui réserver au passage l’un des chevaux), le voir dans un de ces emplois à transformation physique dont l’Académie des Oscars raffole semble prometteur – d’autant que le per

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Adam McKay : « Il me fallait un regard un peu de côté pour comprendre Dick Cheney »

ECRANS | Biopic pop d’un politicien matois peu bavard, "Vice" approche avec une roublarde intelligence et un judicieux second degré le parcours du terrible Dick Cheney. Nous avons rencontré son auteur à Paris, ainsi qu'Amy Adams, l’interprète de Lynne Cheney. Et nous les avons fait parler…

Vincent Raymond | Lundi 18 février 2019

Adam McKay : « Il me fallait un regard un peu de côté pour comprendre Dick Cheney »

Après le 11 septembre, étiez-vous conscient de la politique manipulatrice de Cheney ? Adam McKay : Franchement, non. Ça n’a été qu’au moment de l’invasion de l’Irak que, soudain, il y a eu une prise de conscience que quelque chose n’allait pas, qu’une riposte n’était pas justifiée. Nous avons participé à toutes les grandes manifestations de protestation, mais il a fallu près de deux ans pour que nous puissions réagir. Adam, vous dites en ouverture du film que les renseignements sur Cheney ont été difficiles à trouver. Comment avez-vous procédé ? AMcK : Au départ, notre équipe de chercheurs a exploré tout le corpus "cheneyen" existant : tous les livres officiels, les interviews disponibles sur sa vie et son travail politique – ça ne manquait pas ! Une fois ce travail accompli, on a recruté nos propres journalistes qui sont allés faire des enquêtes sur les coulisses, à la rencontre de toutes ces personnes qui ont eu, à un moment ou un autre, affaire à

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"Vice" : au cœur du pourri

ECRANS | En général, la fonction crée l’organe. Parfois, une disposition crée la fonction. Comme pour l’ancien vice-président des États-Unis Dick Cheney, aux prérogatives sculptées par des années de coulisses et de coups bas, racontées ici sur un mode ludique par Adam McKay. Brillant et glaçant.

Vincent Raymond | Mardi 12 février 2019

Le fabuleux destin d’un soûlard bagarreur troquant, après une cuite de trop et les admonestations de son épouse, sa vie de patachon pour la politique. D’abord petite main dans l’administration Nixon, l’insatiable faucon parviendra à devenir le plus puissant des vice-présidents étasuniens… Reconnaissons à Hollywood ce talent que bien des alchimistes des temps anciens envieraient : transformer la pire merde en or. Ou comment rendre attractive, à la limite du grand spectacle ludique, l’existence d’un individu guidé par son intérêt personnel et son goût pour la manipulation occulte. C’est que Dick Cheney n’est pas n’importe qui : un type capable d’envoyer (sans retour) des bidasses à l’autre bout du monde lutter contre des menaces imaginaires histoire d’offrir des concessions pétrolières à ses amis, de tordre la constitution à son profit, de déstabiliser durablement le globe peut rivaliser avec n’importe quel méchant de franchise. Il est même étonnant que le réalisateur Adam McKay

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Steve'n'Seagulls : hard cover

Concert | Le groupe finlandais qui reprend les plus grands tubes du rock bruitiste en version bluegrass sera dimanche 10 février à l'Ilyade de Seyssinet-Pariset. Et vous ?

Stéphane Duchêne | Mardi 5 février 2019

Steve'n'Seagulls : hard cover

D'aucuns disent que pour qui n'est pas rallyman, amateur de lac ou allergique au soleil, la Finlande est un pays déprimant. Faux. D'abord n'oublions pas que c'est le pays du Père Noël qui n'est pas le dernier des zozos. Mieux : la Finlande abrite l'une des plus belles et des plus farfelues étrangetés musicales de la fin de l'anthropocène. Déjà, il y a ce nom, Steve'n'Seagulls, hommage à l'inénarrable distributeur de tartes à grande vitesse ; ensuite ces looks à mi-chemin entre Davy Crockett et L'Amour est dans le pré jusqu'aux genoux ; et puis ce concept : reprendre les grands tubes du rock (en général à tendance dure, mais l'ouverture est de mise) comme si l'on bivouaquait au pied d'une roulotte au milieu des Appalaches, instrumentation entièrement bluegrass de rigueur –banjo, mandoline, tout le bazar. Inutile de dire que le choc thermique (un truc de Finlandais, ça) est aussi grand que drôle – leur Antisocial est un régal quand leur November rain foutrait presque les poils. Sur le dernier album Grainsville, on retrouve ainsi du Lenny Kravitz aussi bien que

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"My Beautiful Boy" : la drogue, c’est mal

ECRANS | de Felix van Groeningen (ÉU, avec avert. 2h01) avec Steve Carell, Timothée Chalamet, Jack Dylan Grazer…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

David (Steve Carell) tombe de haut lorsqu’il découvre que son fils aîné, Nicolas (Timothée Chalamet), étudiant apparemment sans histoire, est accro depuis la sortie de l’enfance à toutes les substances stupéfiantes que l’on puisse imaginer. David va tenter tout, et même davantage, pour que Nic décroche… Franchir l’Atlantique n’a pas spécialement dévié le Belge Felix van Groeningen de ses thèmes de prédilection : les familles dysfonctionnelles et passablement infectées par l’intoxication – en général alcoolique. Si les intérieurs et les costumes changent (nous ne sommes plus dans le prolétariat flamand, mais dans la bonne société étasunienne), les addictions sont aussi destructrices. Il ne s’agit évidemment pas de tirer la larme sur le malheureux destin des pauv’ petits gosses de riches, mais de montrer à quel point leurs proches se trouvent désarmés et aveugles face à leur dépendances, misère qui transcende les classes. Hors cela, van Groeningen signe un film témoignage "propre" et conforme aux canons (pas ceux que l’on écluse), où les comédiens accomplissent la prestation que l’on attend d’eux (mensonge fili

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Trois soirées pour bien commencer février

Soirées | Bloquez votre vendredi 1er et samedi 2 février. Et le dimanche 3 pour vous en remettre.

Damien Grimbert | Mardi 29 janvier 2019

Trois soirées pour bien commencer février

01.02.19 > Ampérage Subversion #4 avec Phase Fatale Nouvelle année et nouveau line-up pour les soirées techno, indus et EBM du collectif grenoblois The Dare Night, qui accueillent en tête d’affiche pour leur quatrième édition une nouvelle pointure de la scène actuelle. En l’occurrence Hayden Payne alias Phase Fatale, jeune New-Yorkais installé à Berlin qui n’a, depuis quatre ans, cessé d’enchaîner les sorties sur les labels les plus influents du genre, d’Avant! et aufnahme + wiedergabe à Jealous God en passant par Hospital Productions, BITE et Ostgut Ton. 02.02.19 > Belle électrique AZF & Manu Le Malin Pour sa nouvelle soirée à la Belle électrique, l’association Icône a décidé de frapper fort, en rassemblant sur scène deux figures françaises iconiques de la techno sans concession : le vétéran Manu Le Malin, véritable légende de la scène hardcore française depuis le début des années 1990 qui n’a rien perdu de sa puissance d’impact, et la charismatique

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La Cuvée grenobloise : 18 ans et du changement

ACTUS | Alors que sort ce mercredi 30 janvier le 18e volume de sa compilation annuelle et toujours aussi éclectique de jeunes talents locaux, "La Cuvée grenobloise" opère cette année quelques ajustements dans son dispositif d'accompagnement scénique.

Stéphane Duchêne | Lundi 28 janvier 2019

La Cuvée grenobloise : 18 ans et du changement

Avec le volume 18 de sa traditionnelle compilation, la Cuvée grenobloise célèbre en quelque sorte sa majorité, et prouve à quel point la source de l'émergence musicale iséroise ne semble pas prête de se tarir. Cette année, le dispositif a frôlé la centaine de candidatures, son jury de professionnels en ayant sélectionné 12. Certains projets n'en sont qu'au tout début de leur parcours quand d'autres sont plus chevronnés : une volonté à part entière nous a confié Pascal Souvignet, coordinateur du projet pour l'association Retour de scène-Dynamusic, que de suivre des artistes à différents stades d'une jeune carrière. Esthétiquement aussi la cuvée ratisse large puisque la chanson (Leïla Huissoud, à qui on a remis un PB d'or l'an passé) y côtoie le métal (les bien nommés Titans Fall Harder qui tombent sacrément drus), le punk jovial (Resto Basket) l'électro pop cheloue (Bleu Tonn

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"Des hommes en devenir" : un cri qui vient de l'intérieur

Théâtre | Critique plus qu'enthousiaste du spectacle que le metteur en scène Emmanuel Meirieu présentera à la MC2 du mardi 29 au jeudi 31 janvier.

Nadja Pobel | Mardi 22 janvier 2019

Lors de sa découverte en juin 2017, à sa quasi-création, ce spectacle fut anéantissant et bouleversant tant les récits nous apparurent forts. Leur puissance nous a presque abîmés quatre mois plus tard lors d'une seconde vision, probablement parce qu’Emmanuel Meirieu, qui fouille depuis deux décennies la psyché des hommes (exclusivement via des personnages masculins), se fait de plus en plus précis au fil du temps. Un metteur en scène qui, une fois de plus, est allé chercher aux États-Unis un auteur contemporain – ici Bruce Machart, qui publia ces nouvelles en 2011. Des tranches de vies d’hommes (Ray, Tom, Vincent, Dean…) qui confient, face micro et tour à tour, la douleur de la perte : d'un membre de leur corps, d'un enfant à naître ou déjà grand, d'un amour. Et même de rien, car ne rien avoir à sauvegarder, à serrer contre son cœur, est une souffrance immense. Leur voix est calme, posée, ils murmurent et leur souffle bat la mesure. Lorsqu'il est question de pansements à décoller sur la peau d'une enfan

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Emmanuel Meirieu : « Donner des émotions fortes, c'est mon boulot »

Théâtre | Depuis 20 ans, le metteur en scène Emmanuel Meirieu trace un sillon de plus en plus fin dans le vaste monde du théâtre contemporain, comme on pourra le constater à la MC2 avec "Des hommes en devenir". Un spectacle, adapté du roman de Bruce Machart, centré sur six personnages victimes d’une perte déchirante. Et un grand moment d’émotion.

Nadja Pobel | Mardi 22 janvier 2019

Emmanuel Meirieu : « Donner des émotions fortes, c'est mon boulot »

Dans Des hommes en devenir, il est question de la perte. Vous allez au cœur du mal mais ce n'est pas sombre, il y a comme une lueur… Emmanuel Meirieu : Si les spectateurs sortent en se disant que ce n'est pas la peine de se battre, j'ai raté mon spectacle. J'espère que mes spectacles donnent du courage pour affronter la vie. Ce texte de Bruce Machart est une leçon de courage. Il y a la brutalité du monde – tomber malade, perdre son enfant… – mais tous les personnages l'affrontent magnifiquement. J'ai besoin de modèles comme ça dans ma vie. Pourquoi avoir utilisé un filtre comme ce tulle qui nous sépare du plateau ? C'est une protection. Donner des émotions fortes, c'est mon boulot, mais je pense qu'avec le théâtre que je fais, je dois protéger un peu les gens. Et puis ça me permet de faire ce que j'aime : des gros plans visage que je projette sur ce tulle plutôt qu'en fond ou sur un écran ;

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26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Panorama de rentrée | Avec de la pop, du jazz, du rap, de l'électro, de la chanson... Suivez-nous !

La rédaction | Mardi 8 janvier 2019

26 concerts pour parfaitement commencer 2019 (et tenir jusqu'à l'été)

Flavien Berger Entre chanson javellisée, bidouillages électroniques et influences exponentielles, Flavien Berger s'est imposé comme l'une des figures de cette scène française qui se moque tellement des étiquettes qu'elle s'en colle partout – hip-hop, électro chanson, R'n'B et plus car affinités. Avec son récent album Contre-temps, successeur du déjà encensé Léviathan (qui lui avait valu d'être adoubé par Étienne Daho en personne), Berger a frappé très fort. Avec une sorte d'œuvre à contre-courant qui souffle l'air du temps. À la Belle électrique samedi 26 janvier Indianizer + L'Éclair Serait-ce l’influence des DJs et collectionneurs de disques rares des années 1960 et 1970 qui se ferait sentir ? Toujours est-il que depuis quelques années, un nombre croissant de jeunes formations européennes se plaît à orchestrer en live une fusion exaltante et inédite entre musiques tropicales, krautrock, grooves funk & disco, pop psychédélique, exotica, library music et autres vestiges musicaux méc

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Et le cinéma indien conquit Grenoble

Festival | Sorti de l’ombre mais pas encore des clichés auxquels l’inconscient collectif a trop souvent tendance à le cantonner, le cinéma indien bénéficie désormais de réseaux de promotion et de distribution très dynamiques à Grenoble. Décryptage avant de se rendre fin décembre à la Nef et à Mon Ciné pour le Grenoble Indian Film Festival.

Damien Grimbert | Mardi 18 décembre 2018

Et le cinéma indien conquit Grenoble

C’est un cinéma haut en couleur, à l’image du pays qui l’a vu naître. D’une énergie, d’une diversité et d’une richesse sans commune mesure. Et suivi avec passion par d’innombrables pays d’Asie, du Moyen-Orient et d’Afrique. Pourtant, depuis sa (relative) reconnaissance internationale à l’orée des années 2000, le cinéma indien reste souvent regardé en France avec une certaine condescendance. Réduit au statut de simple curiosité folklorique un peu extravagante, sur la base d’une vision limitée et surtout complètement obsolète. Car l’industrie cinématographique évolue à une vitesse impressionnante en Inde. Les critères en vigueur il y a encore dix ans semblent aujourd’hui totalement dépassés, dans le domaine du cinéma d’auteur indépendant comme dans celui des blockbusters de studio. Pour peu qu’on fasse preuve d’un minimum de curiosité, il n’a pourtant jamais été aussi facile de se tenir à jour. Ainsi, à Grenoble, la plupart des films indiens en vue bénéficient désormais d’une exploitation en salles quelques jours seulement après leur sortie en Inde… Du cinéma indien toute l'année Une visibilité accrue qui repose entièrement sur le travai

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"Never-Ending Man : Hayao Miyazaki" : demain, j’arrête (ou pas)

ECRANS | de Kaku Arakawa (Jap, 1h12) documentaire

Vincent Raymond | Jeudi 20 décembre 2018

En 2013, après plusieurs faux-départs, le cinéaste Hayao Miyazaki effectue l’annonce solennelle de sa retraite définitive. Peu dupe, le réalisateur Kaku Arakawa entreprend de le suivre et enregistre son incapacité à demeurer inactif : le fondateur des studios Ghibli se remet rapidement au travail… D’une insolente brièveté, ce documentaire tourné au plus près de Miyazaki (parfois sous son nez pendant qu’il déguste son bol de ramen) possède de nombreuses vertus. Dont celle de nous immiscer dans l’intimité du père de Totoro, révélant ses habitudes et ses manies (le port de la blouse, les cigarettes, les tressautements de jambes machinaux) d’un über perfectionniste conscient d’avoir, à l’instar d’un Cronos, dévoré ses enfants par crainte qu’ils lui succèdent. On pourrait croire qu’il s’agit d’une charge contre un vieux maître reclus dans son égotisme et la certitude de son indépassable excellence ; or justement, Miyazaki ne cesse de s’ouvrir à la nouveauté (ici, à la 3D) et à la jeunesse. Et quand il ose avouer vouloir réaliser dans un premier temps un nouveau court-métrage, Boro la chenille, c’est (aussi) pour goûter à cette tech

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PB d'or 2018 : expo

C'était 2018... | Avec une pépite locale et pas mal de musées isérois.

La rédaction | Mardi 18 décembre 2018

PB d'or 2018 : expo

Le PB d’or du réseau incroyable : les musées départementaux de l’Isère Si l’Année du Japon en Isère (qui dure jusqu’en juin) a été si bien suivie, c’est surtout grâce aux musées départementaux (gérés par le Département de l’Isère donc), dont certains se sont emparés de l’événement avec pertinence, sortant parfois des domaines que leur nom peut laisser penser. Comme le Musée dauphinois, qui a inauguré fin octobre Des samouraïs au kawaii, histoire croisée du Japon et de l'Occident, soit l’une des expositions les plus réussies de 2018 ; le Musée de la Résistance qui, cet été, a accueilli la très forte exposition Hibakusha, dessins des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki ; ou encore le Musée de l’Ancien Év

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"Marche ou crève" : jusqu’au bout des limites

ECRANS | de Margaux Bonhomme (Fr, 1h25) avec Diane Rouxel, Jeanne Cohendy, Cédric Kahn…

Vincent Raymond | Mardi 4 décembre 2018

Elisa vit avec son père et sa sœur Marion dont le handicap a eu raison du noyau familial : la mère, épuisée de s’en occuper et seule à militer pour un placement en institution, a préféré quitter la maison. Alors Elisa prend le relai de son père, au risque de sacrifier son avenir… La dédicace finale, « à ma sœur », laisse peu de doute sur l’inspiration de la réalisatrice Margaux Bonhomme, et sur la charge personnelle autant qu’affective pesant sur ce film. De fait, Marche ou crève déroule un schéma tristement banal dans la galaxie du handicap : nombreuses sont les familles à connaître une rupture, favorisée par la polarisation extrême suscitée par l’enfant réclamant une attention plus soutenue mais aussi résultant de l’accumulation de stress et de fatigue causée par l’absence de relais par des tiers – on parle là de conséquences privées et intimes d’une politique publique insuffisante. Ici, ni la mère, ni le père, ni la sœur ne veulent être soupçonnés de mal aimer Marion (ce que signifie le recours au placement en institution), et ils s’obstinent dans le dévouement sacerdotal jusqu’à un isolement mortifère. R

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"Wine Calling" : vain

ECRANS | de Bruno Sauvard (Fr, 1h30) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Elles et ils sont vignerons, venu·e·s parfois à la terre sur le tard, mais partagent la même ambition : élaborer un vin naturel, débarrassé de tout intrant et des artifices chimiques. Une passion exigeante mais gratifiante : entraide, plaisir et qualité du produit se trouvent au rendez-vous… Comment ne pas avoir de la sympathie pour ces viticulteurs passionnés et dévoués au produit, plus soucieux du goût que de la faire pisser la vigne ? Comment ne pas souscrire à leur philosophie du partage et de l’environnement ? Comment, enfin, ne pas trouver magnifiques les plans de Bruno Sauvard célébrant la beauté des terroir dans la "magic light", et inscrivant de belles personnes à leur avantage dans des cadres amoureusement composés ? Et pourtant… Ce sujet, qui aurait de quoi attirer n’importe quel amateur de cru comme les abstinents forcenés, assomme aussi sûrement (et vite) qu’une piquette en cubi. La faute à une enfilade quasi-ininterrompue de témoignages ; un flot de paroles coulant par hectolitres et ne prenant pas le temps de s’oxygéner. Oui, la matière est riche et il y a à dire. Mais il faut faire des choix pour ne pas soûler son auditoire et qu’il ait encor

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Où voir de la culture sur le campus grenoblois ?

ACTUS | Étudiants fraîchement débarqués à Grenoble ou installés depuis belle lurette mais pas très au fait de l'actualité culturelle locale, réjouissez-vous : le campus grenoblois regorge de salles et lieux culturels riches en propositions et disséminés un peu partout sur le domaine universitaire et au-delà. Rapide tour d'horizon.

Sandy Plas | Mardi 2 octobre 2018

Où voir de la culture sur le campus grenoblois ?

Sur le domaine universitaire L’Est On commence par la petite nouvelle, inaugurée l’an dernier, juste à côté d’Eve (l’Espace vie étudiant) : l’Est, pour Espace scénique transdisciplinaire. Un bâtiment qui dispose d’une salle de spectacle de 150 places afin d'accueillir des propositions étudiantes ou professionnelles, mais pas seulement. On y trouve également quatre studios de répétition, pour la danse, la musique et le théâtre, utilisés par les étudiants dans le cadre de leurs cours et par les assos étudiantes, dans leurs projets de création. 675 avenue centrale – campus / Tram B, C station Gabriel Fauré L’Amphidice

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Théâtre : quinze spectacles pour une saison parfaite (ou presque)

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Suivez-nous, on vous emmène à la MC2, à l'Hexagone, au Théâtre municipal de Grenoble, à l'Heure bleue, à l'Ilyade, à l'Espace Paul Jargot, au Grand Angle...

La rédaction | Vendredi 28 septembre 2018

Théâtre : quinze spectacles pour une saison parfaite (ou presque)

Et pendant ce temps, Simone veille ! « Quatre générations de femmes se succèdent dans ce voyage qui s’étend de la lutte pour l’avortement à la procréation assistée. » Voilà bien un spectacle audacieux dans le fond (surtout que parler de féminisme fait encore peur à certains de nos jours) et très réussi dans la forme, comme il mixe propos politiques forts et humour bienvenu. Sur scène, les comédiennes traversent les époques et les questionnements pour rappeler que le combat féministe a certes avancé, mais reste toujours d’actualité. Passionnant (même si on peut discuter de certains propos, ce qu’on essaiera de faire en octobre avec l’une des autrices). À l’Heure bleue (Saint-Martin-d’Hères) mardi 9 octobre La Rose et la hache Créé en 1979, déjà redonné en 2004 pour la réouverture (après travaux) de la MC2, La Rose et la hache est un spectacle culte de Georges Lavaudant, avec notamment sur scène le fameux comédien Ariel Garcia-Valdès, complice de longue date du metteur en scène né à Greno

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Une visite au Musée de l'Ancien Évêché de Grenoble

Musée | (...)

La rédaction | Jeudi 13 septembre 2018

Une visite au Musée de l'Ancien Évêché de Grenoble

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Joyeux anniversaire le Musée de l’Ancien Évêché (20 ans tout de même)

ACTUS | Rendez-vous du mercredi 12 au dimanche 16 septembre pour cinq jours d'animations gratuites histoire de fêter ça en beauté.

Aurélien Martinez | Lundi 10 septembre 2018

Joyeux anniversaire le Musée de l’Ancien Évêché (20 ans tout de même)

Ce n’est pas le musée le plus connu de Grenoble, bien qu’il soit diablement bien situé : sur la place Notre-Dame, à côté de la cathédrale du même nom. Logique, car il est logé dans ce qui fut jusqu’en 1906 le palais des évêques. Un bâtiment chargé d’histoire donc, construit au début du XIIIe siècle contre le rempart romain aujourd’hui (presque) disparu, qui sera à la fête du mercredi 12 au dimanche 16 septembre, puisqu’il s’agira de célébrer les 20 ans de ce musée départemental dédié à l’histoire et au patrimoine isérois – nous vous le présentons plus largement dans ce reportage vidéo. Ces cinq jours seront ainsi chargés (et gratuits), entre journée des enfants le mercredi (avec du conte, un atelier et une visite guidée) et animations tout public ensuite. Comme, par exemple, un concert des Musiciens du Louvre sur les suites pour violoncelle de Bach le jeudi à 18h30, une nocturne le vendredi et, bien sûr, les

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