Quart d'heure de gloire

Hugo Verit | Jeudi 20 mai 2021

Photo : Coquet Pustule


À Grenoble, David Litavicki et Pierre Gheno sont amis depuis très longtemps. Ils s'aiment comme des fous, se comprennent jusqu'à la moelle, se complètent dans les plus infimes détails. Et quand ils s'adonnent ensemble à leur passion la plus essentielle (la musique), en communion parfaite, ça s'appelle Churros Bâtiment et c'est fatalement sensationnel. Leur dernier EP Sale quart d'heure, sorti le 7 mai sur le label New Sinister, est une nouvelle goutte d'eau dans leur vase débordant d'amour et de fougue créatrice. Toujours minimaliste et tranchant, leur post-punk glacial se teinte cette fois de sonorités électroniques acides, de basses en mitrailles (Wesh et Cannibale) et de batteries techno (Raclette au). Si bien que cet EP pourrait tout à fait passer en club, ce qui serait d'ailleurs la moindre des choses dans un monde normal.

Bien sûr, les textes sont à la hauteur de leur réputation de "Marquis du sad" : roulage de clopes sous la pluie, envie de meurtre, raclette sanglante et anthropophagie… À ce propos, mention spéciale à la chanson Cannibale, mode d'emploi méthodique et bienveillant à l'attention des amateurs de chair humaine. Un titre drôle et jubilatoire, à l'image de l'ensemble du disque. Car avec Churros Bâtiment, c'est pas la joie mais toujours dans la bonne humeur.

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Bleu Russe, la rage décontractée

Musique | Présentation d'albums (1/3) : Le Petit Bulletin vous propose une nouvelle mini-sélection de disques. Nous avons tout particulièrement aimé les dernières livraisons de Bleu Russe.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2020

Bleu Russe, la rage décontractée

En dépit de ses cinq années d’existence et d’une discographie mine de rien déjà conséquente, il nous aura fallu un certain temps pour apprivoiser la musique de Bleu Russe, projet solo de David Litavicki (Churros Batiment, Poupard…). Le temps peut-être pour l’artiste de s’affranchir de certaines influences originelles un peu trop présentes à ses débuts (celles du Toulousain Arnaud Michniak et de son groupe Programme pour n’en citer qu’une)… Et pour nous de s’habituer à son flow en mode spoken-word, assez particulier. Sortis respectivement en février et en mai, Serrures et Palmiers, son dernier album, et Missives d’Amour vol. 2, sa dernière mixtape, viennent cependant confirmer ce qu’on avait déjà pressenti lors de ses derniers passages live : l’alchimie entre chant et instrumentaux fonctionne désormais à plein régime, ces derniers, piochant dans une gamme de registres bien trop vaste pour être ici énumérée, dépassant amplement leur simple statut « fonctionnel » pour se révéler de précieux alliés à la création d’une ambiance propre à sublimer les textes incisifs de l’artiste. Désormais frontalement assumé, le caractère parfois bancal du projet est devenu un vérit

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