Le Piers est à venir

Folk -world | Bien que solidement campé dans les sauvages cévennes qui l'ont adopté, le musicien anglo-italien Piers Faccini continue de multiplier les voyages immobiles sur son dernier disque.

Stéphane Duchêne | Samedi 10 juillet 2021

Photo : (c) Julien Mignot


Voyage vertical et plutôt de bas en haut, si l'on en croit son titre Shapes of the Fall (Les formes de la chute). Chute physique mais aussi morale puisque Faccini y dresse le constat, pas nouveau mais compliqué à imprimer pour le commun des mortels, de la chute qui vient, celle de notre civilisation, du monde, bref de tout ce qui part à vau-l'eau sur cette planète à commencer par le climat. Ce voyage, cette belle descente aux enfers, le folkeux la double d'une descente vers le sud. Convoquant les pulsations gnawas et les transes africaines (toujours ce tropisme world dans son folk) dans ce trip étourdissant qui, pour évoquer la fin du monde, semble vouloir aller puiser à ses sources géographiques. Cela donne des morceaux vertigineux comme Foghorn Calling ou Dunyas (et ses sublimes arrangements de cordes), entre deux balades teintées de mélancolie lumineuse. Celle de l'espoir qui malgré tout demeure, sinon autant se jeter par les fenêtres du monde. Faccini déçoit rarement, mais on tient peut-être là un chef-d'œuvre tel qu'il n'en a malgré tout pas livré depuis longtemps. Un genre de chef-d'œuvre en péril qu'il va falloir chérir.

Piers Faccini. Au Musée dauphinois – Chapelle Baroque (Sainte-Marie-d'en-Haut) samedi 10 juillet à 20h.

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

La rédaction | Mardi 3 janvier 2017

Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Yael Naim et le Quatuor Debussy À la faveur d'un concert exceptionnel à Lyon en 2015, Yael Naïm et le Quatuor Debussy (on ne présente plus ni l'un, ni l'autre) sont tombés en amour. D'où l'idée de prolonger cette expérience de manière plus durable et plus travaillée. La chanteuse et le quatuor baroque ont donc lancé une tournée qui revisite avec douceur – et les arrangements du Debussy – le répertoire passé et présent de la franco-israélienne. Grâce lumineuse et cordes sensibles garanties. À la Rampe (Échirolles) Jeu 12/01 et ven 13/01 _______ Camera Les années 1970 inspirent plus que jamais les artistes d'aujourd'hui et ce ne sont pas les Berlinois de Camera qui diront le contraire. Figure de proue de la renaissance du krautrock, ce genre tombé aux oubliettes pendant de longues années, le trio guitare-clavier-batterie n'a rien de conventionnel. Il épr

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Les dix concerts immanquables de l'automne

MUSIQUES | Il y aura du monde les prochains mois dans les différentes salles de l'agglo grenobloise, dont beaucoup de très bons musiciens. Comme Jay Jay Johanson, Kraftwerk, Christophe, The Jon Spencer Blues Explosion, Socalled...

Stéphane Duchêne | Mercredi 16 septembre 2015

Les dix concerts immanquables de l'automne

Jay Jay Johanson « Hey ! Content de te voir, ça va Jay Jay ?! » Toujours bof apparemment à en croire la pochette d'Opium et son contenu. Jay Jay, ça va tellement que lors d'une interview sur France Culture, à la journaliste qui fait le bilan de sa carrière « Alors, vous avez 45 ans... », il répond sans rire « non j'en ai 50 » – alors qu’en fait, il en a 45. Bon. Mais Jay Jay, ça va tellement qu'il a sorti cette année – à 50 ans bientôt 68, donc, ne le contredisons pas – son dixième album studio en un peu moins de 20 ans. Sur la période, le Suédois aura à peu près tout fait, y compris s'afficher en Bowie capillairement attenté sur un disque qui flirtait parfois avec la grande époque de Steph de Monac' (Comme un ouragan, donc). Mais Jay Jay, ça va tellement, donc, qu'il nous revient avec un truc bien opiacé qui semble regarder directement dans le verre de Whiskey qu'il nous avait servi en 1996 et nous l'avait révélé en Chet Baker efflanqué aux cheveux blonds et à l'âme bleue faisant le sexe avec Portishead : une sorte de trip-hop jazz comme on aurait même plus l'idée d'en écouter en 2015, n'était

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À pas de loup

MUSIQUES | « All he wants / Is a home away from home » chantait Piers Faccini en 2009 sur un titre tiré de l'album Two Grains of Sand. « Une foyer loin de chez (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 octobre 2013

À pas de loup

« All he wants / Is a home away from home » chantait Piers Faccini en 2009 sur un titre tiré de l'album Two Grains of Sand. « Une foyer loin de chez lui » ou quelque chose dans ce genre. C'est sans doute ce qui définit le mieux le parcours de cet Anglo-Italien élevé entre Angleterre, Italie et France et aujourd'hui installé dans les Cévennes.    Voilà sans doute d'où, depuis Leave no Trace (2003), Piers Faccini a développé un goût de l'aventure musicale qui le pousse à partir dans toutes les directions, à envisager toutes les destinations – de la musique celtique au blues malien, du folk américain à la chanson italienne. Jusqu'à finir par tenter d'explorer sa géographie intime, programme entamé avec My Wilderness (2011) – visage fondu dans une carte du monde – et ici poussé dans ses plus dépouillés retranchements avec Between Dogs & Wolves, enregistré à domicile.   

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« La notion de patrie m’est assez étrangère »

MUSIQUES | Après la création de son propre label, Beating Drum, le vagabond musical anglo-italo-cévenol Piers Faccini est de retour avec "Between Dogs & Wolves". Le voyage intérieur et sans concession d'un loup désormais solitaire se délectant avec grâce et dépouillement de sa liberté artistique. rencontre. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 octobre 2013

« La notion de patrie m’est assez étrangère »

Le titre de votre dernier album, Between Dogs & Wolves, fait référence à une expression française qui désigne un moment particulier de la tombée du jour... Quelle signification symbolique vouliez-vous lui donner ?Piers Faccini : Je voulais un titre à la manière du Songs of Love & Hate de Leonard Cohen, qui joue sur la dualité de manière poétique. Puis le titre Between Dogs & Wolves m'est apparu, après beaucoup de tâtonnements. Ce n'est qu'après que j'ai réalisé que j'avais traduit cette expression française. Or cette notion de crépuscule était parfaitement cohérente avec l'ambiance et la thématique des morceaux : l'« entre-deux » de ce moment de la journée est une belle métaphore de la fugacité et du caractère volatile de l'amour. Et comme c'est une expression qui n'existe pas en anglais, c'est aussi un clin d'œil à la France où je vis depuis dix ans.

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Cordes à corps

MUSIQUES | Folk world / Cela fait maintenant plus de dix ans que Piers Faccini nous fait régulièrement grâce d’un nouvel album. De This could be you (2001) à My (...)

Laetitia Giry | Lundi 17 septembre 2012

Cordes à corps

Folk world / Cela fait maintenant plus de dix ans que Piers Faccini nous fait régulièrement grâce d’un nouvel album. De This could be you (2001) à My Wilderness (2011), en passant par le très recommandable Two grains of sand (2009), qui avait alors été l’occasion d’un élégant passage à la Bobine, il distille inlassablement une impression folk mâtinée d’un blues charmant et léger. Envolées nébuleuses, cordes douces et voix rassurante, Monsieur Faccini est l’heureux détenteur d’une recette qui fonctionne, force est de constater pourtant qu’il ne se repose pas sur ses lauriers. Pour The River, il est allé débusquer un fameux griot malien, Badjé Tounkara, qui, armé de son n’goni (petite guitare traditionnelle dont son père lui a enseigné les subtilités), accompagne ses accords délicats. Un n’goni dont les cordes chantent, vibrent et ricochent avec une impressionnante virtuosité… Et mêlent la musique africaine aux guitares roucoulant ce que Piers Faccini revendique comme du blues, dans des boucles qui se répondent et se rejoignent plus facilement que ce que l’on pourrait imaginer… LG Piers Faccini & Badj

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