Retina Set, nouvelle génération

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Photo : DR


C'est une scène qui n'a rencontré qu'un écho public modeste, mais dont l'influence sur la musique des années 2010 n'en a pas moins été déterminante : loin des territoires déjà amplement arpentés de la techno, de la house et de la disco, une nouvelle génération d'artistes électroniques, grandie avec internet, n'a cessé de jouer les apprentis sorciers avec les différentes sources musicales à sa disposition. Déconstruisant les codes de la club music telle qu'on la connaît, ils ont fusionné les nouveaux styles musicaux underground du monde entier aux classiques mainstream du R'n'B, du rap et de la pop dans un joyeux mélange à la fois, chaotique, expérimental et dansant. Et signé ainsi l'acte de naissance d'un nouveau monde musical post-moderne aussi euphorisant que déconcertant, d'une efficacité redoutable sur le dancefloor.

Parmi les représentants français les plus talentueux de cette nouvelle vague futuriste, Retina Set a su marquer les esprits par ses blends avant-gardistes peaufinés avec soin, qui lui ont permis de sillonner les clubs les plus pointus d'Europe et d'Asie, tout en restant dans un relatif anonymat auprès du public néophyte. On est donc ravis de le voir débarquer pour la première fois à Grenoble à l'initiative de l'association Eddy Rumas, le temps d'une soirée qui réunira à ses côtés la crème de la scène grenobloise underground.

Retina Set, Taka, CiaoCesco, JP Parpaing et Velasquez, vendredi 24 septembre au Drak-Art.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

La Bobine sort les platines

MUSIQUES | C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et (...)

Damien Grimbert | Lundi 5 juillet 2021

La Bobine sort les platines

C’est un joli programme qu’a concocté la Bobine pour le retour de ses apéro-mixes estivaux en terrasse. Aux côtés d’un certain nombre de valeurs sûres et d’habitués des lieux, on pourra ainsi découvrir le 6 juillet Erevan DJ, fondateur de l’excellent label lyonnais orienté « sophrologie auditive, réminiscences 90’s, atmosphères psychédéliques et breaks exotiques » Bamboo Shows, accompagné de Jean-Mi, fer de lance du label Comic Sans Records. Le 20 juillet, place au Grenoblois Vague Imaginaires, créateur d’ambiances équatoriales oniriques quelque part entre ambient, downtempo, tribal, new age et field recording organique. Le 10 août, on entendra cette fois Danse Musique Rhône-Alpes (en photo), « hommage nostalgique à la dance commerciale des années 90 mais également aux formes les plus brutes et radicales de la musique électronique » et Bravo Tounky, venu défendre sa k7 audio Flash Détente fraichement sortie sur AB Records. Le 31 août enfin, ce sont les éclectiques résidentes du projet Sister Act Ciao Cesco, Taka, Cass, Yagi Ud, et Gioza qui se relaieront aux platines. On a déjà hâte d’y être ! Apéro-mixes. À la Bobine to

Continuer à lire

"Mes voisins les Yamada" d'Isao Takahata est à (re)voir mardi au Méliès

ECRANS | Cofondateur du Studio Ghibli avec le fameux Hayao Miyazaki (qui a plus pris la lumière que lui), Isao Takahata, connu notamment pour Le Tombeau des (...)

Élise Lemelle | Mardi 28 mai 2019

Cofondateur du Studio Ghibli avec le fameux Hayao Miyazaki (qui a plus pris la lumière que lui), Isao Takahata, connu notamment pour Le Tombeau des lucioles (1988), n’a pourtant rien à envier à son confrère japonais. Comme le prouvera le Méliès en projetant mardi 4 juin à 18h15 Mes voisins les Yamada (1999), film entièrement réalisé par ordinateur : un avant-gardisme pour l’époque qui coûtera cher et se soldera par un échec commercial. Cette chronique sociale ne manque pourtant pas de charme avec son style crayonné et son caractère hybride. Elle prend ainsi la forme de plusieurs courts-métrages elliptiques entrecoupés d’haïkus où Nonoko Yamada, petite-fille au franc-parler, nous présente les membres, gentiment caricaturaux, de sa famille. Après avoir trinqué avec les Yamada, vous risquez de trouver la prochaine fête des voisins bien fade…

Continuer à lire

"Voyage à Yoshino" : graine de mystère

ECRANS | de Naomi Kawase (Jap.-Fr., 1h49) avec Juliette Binoche, Masatoshi Nagase, Takanori Iwata…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Vingt ans après une mystérieuse épreuve intime, Jeanne est de retour dans la forêt de Yoshino en quête d’une plante médicinale très rare aux vertus universelles. Hébergée par Tomo, un forestier taciturne, elle apprend à lire les signes annoncés par une vieille aveugle un peu mage… La cinéaste Naomi Kawase aime le vent, les forêts, la nature, les cérémonials prandiaux, les mourants et les morts. Un joyeux programme qu’elle recombine à l’envi et avec une frénésie enviable, et des succès inégaux. Ce Voyage… fait penser à Un beau soleil intérieur de Claire Denis ou à Sils Maria d’Olivier Assayas : des prétextes à filmer Juliette Binoche – qui le mérite et parvient à elle seule, par la grâce de sa personne, à justifier ou à porter un film à l’intrigue ténue. Cette quête semi-és

Continuer à lire

Les trois soirées de la fin octobre

MUSIQUES | Rendez-vous à la Belle électrique, au Drak-Art et à l'Ampérage.

Damien Grimbert | Mardi 16 octobre 2018

Les trois soirées de la fin octobre

19.10.18 > Belle électrique La nuit planante de Mage Surprenante initiative que cette nuit planante qui propose « un enchaînement musical et sonore ininterrompu » de plus de 6h, conçu comme une véritable « immersion sensorielle, agrémentée d’inventions visuelles et scénographiques issues des arts numériques ». Baptisée ainsi en référence à la musique planante apparue dans les années 1960, elle réunira des instrumentistes venus des musiques classiques, actuelles, et contemporaines, des improvisateurs, un chœur, ainsi que différents vidéastes, plasticiens, designers graphiques et live-codeurs. Intriguant, non ? 26.10.18 > Drak-Art Yes Sir, I Can Boogie De la house au dancehall en passant par la bass music, Eddy Rumas fait partie des rares assos locales qui préfèrent naviguer au fil de ses diverses affinités musicales plutôt que de se cantonner à une niche musicale précise et ne plus en bouger. Avec cette nouvelle soirée Yes Sir, I Can Boogie, la voilà partie à la conquête des sonorités disco, funk et boogie, histoire d’apporter un peu de groove, de douce

Continuer à lire

Collectif Résonance : « On veut être la vitrine des musiques électroniques grenobloises »

ACTUS | Samedi 13 octobre, le tout frais collectif Résonance, se présentant comme « l'union de près d'une quinzaine de structures grenobloises défendant les musiques électroniques », organise un double événement de lancement. On a rencontré trois de ses membres histoire d’en savoir plus sur cet ambitieux projet.

Aurélien Martinez | Mardi 9 octobre 2018

Collectif Résonance : « On veut être la vitrine des musiques électroniques grenobloises »

Comment est né le collectif ? Émilie Angénieux (association Hadra) : Le collectif est né en novembre 2017 quand il y a eu le deuxième appel à projets de la Ville de Grenoble concernant le bâtiment Clé de Sol [situé dans le parc Hoche – NDLR]. À ce moment, beaucoup d’associations se sont réunies pour parler des musiques électroniques et de leur place à Grenoble. Et on s’est une nouvelle fois dit que même si le vivier grenoblois était énorme, il n’y avait pas d’accompagnement des pratiques qui était fait, et pas de visibilité institutionnelle. D’où l’idée de faire quelque chose ensemble et de candidater à l’appel à projets. Après l’audition en janvier, la Ville nous a contactés pour nous dire que notre projet était intéressant, mais que MixLab [association pilotant la Belle électrique – NDLR] serait gestionnaire du bâtiment [avec un projet d’accompagnement de la scène musicale locale – NDLR]. Tout en nous précisa

Continuer à lire

"Le Tombeau des lucioles" : chef-d'œuvre signé Isao Takahata

ECRANS | Vendredi 11 mai, le cinéma le Méliès va rendre hommage au géant de l'animation japonaise récemment disparu en diffusant deux de ses films dans le cadre d'une soirée spéciale.

Vincent Raymond | Lundi 30 avril 2018

Les distinctions honorent surtout ceux qui s’enorgueillissent de les remettre, davantage que ceux poussant la vanité à les arborer. Il en existe toutefois une au Japon dont le prestige rejaillit sur son récipiendaire comme sur son art à parts égales : le titre de "Trésor national vivant", attribué aux seuls monuments de la scène, de la musique ou de la danse traditionnelle. Du fait de sa considérable carrière, un cinéaste tel qu’Isao Takahata aurait mérité d’en bénéficier. Sa mort à l’âge de 82 ans le 5 avril dernier clôt hélas tout débat. Avec lui disparaît au moins la moitié de l’âme des Studios Ghibli qu’il a co-fondés en 1985 avec Hayao Miyazaki, et surtout un créateur d’une insolite diversité. S’il a depuis été éclipsé par son alter ego plus consensuel (et plus répétitif), c’est bien Takahata qui a signé le long-métrage manifeste de l’anime moderne, Horus, prince du soleil (1968). C’est son amour pour la nature qui l’a conduit à réaliser Panda Petit Panda (1972) et surtout Po

Continuer à lire

Les 5 soirées de la fin février

MUSIQUES | Allons danser à l'Ampérage, à la Belle électrique, à la Bobine ou encore à Eve et au Jules Verne.

Damien Grimbert | Mardi 20 février 2018

Les 5 soirées de la fin février

Vendredi 23 février > l'Ampérage Le Camion Bazar Auteurs de DJs sets groovy, pointus et ultra-éclectiques, Romain Play et Benedetta Bertella alias Le Camion Bazar défendent une conception de la fête conviviale, décontractée et à échelle humaine, qui ne rechigne pas sur les confettis, les couleurs fluo et les boules à facettes pour mettre tout le monde dans l’ambiance. Après un premier passage remarqué à la Bobine au printemps dernier, leur retour à l’Ampérage aux côtés des Rouennais du Collectif Lucien et des locaux de Carton-Pâte Records s’annonce donc haut en couleur. Samedi 24 février > la Belle électrique Michael Mayer + Fort Romeau + Uppah Vétéran de la scène minimale de Cologne et co-fondateur du prestigieux label Kompakt, Michael Mayer est de retour à la Belle électrique pour délivrer l’un des DJ-sets épurés, élégants et mélodiques dont il a fait sa marque de fabrique. À ses côtés, Michael Greene alias Fort Romeau

Continuer à lire

Festival Bassodrome : c'est reparti !

Soirées | Bonne nouvelle : après s’être absenté l’espace d’une année, le Bassodrome est de retour pour une sixième édition, prévue vendredi 24 et samedi 25 novembre au Drak-Art, qui s’annonce tout aussi explosive que les précédentes.

Damien Grimbert | Mardi 21 novembre 2017

Festival Bassodrome : c'est reparti !

Entièrement dédié à la promotion de la bass music, vaste constellation musicale née de la fusion des cultures rave et sound-system en Angleterre au début des années 1990, le festival Bassodrome, organisé depuis ses débuts par les associations grenobloises Bass Jump et Eddy Rumas, peut se vanter d’en avoir réuni au fil des années quelques-uns des plus illustres représentants. Et cette nouvelle édition, prévue les 24 et 25 novembre, ne devrait pas faire exception à la règle, avec deux grosses soirées au Drak-Art dédiées respectivement aux sonorités UK house et bassline le vendredi et à la drum&bass le samedi. À noter également la présence de deux pré-soirées pour faire monter la pression dès le milieu de semaine (le mercredi au Jules Verne et le jeudi à l’Engrenage), et la venue, parmi les têtes d’affiche, de pointures comme Bassboy (en photo), Murder He Wrote, Whiney ou encore Dossa & Locuzzed. Amateurs de rythmes syncopés, de basses surpuissantes et d’ambiances incendiaires, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Continuer à lire

Fabrizio Rat : techno-piano

Soirée | Vendredi 29 septembre au Drak-Art, on aura droit au live d'un "technopianiste". C'est-à-dire ? On vous explique tout sur cet intrigant projet dans cet article.

Damien Grimbert | Mardi 26 septembre 2017

Fabrizio Rat : techno-piano

Si, sur un plan purement théorique, techno et musique contemporaine semblent faites pour s’entendre, force est de reconnaître que dans les faits, c’est souvent nettement moins évident. Que ce soit des grands noms de la techno s’adjoignant les services d’un orchestre de musique contemporaine pour tenter d’asseoir leur crédibilité artistique, ou à l’inverse des compositeurs contemporains désireux d’intégrer des beats techno dans leur travail pour donner l’impression de rester dans l’ère du temps, les résultats sont souvent bancals, maladroits… voire parfois franchement insipides. Coupons net tout suspens : le projet La Machina de Fabrizio Rat constitue l’antithèse parfaite de toutes ces tentatives de fusion forcées. Pianiste talentueux fort de nombreuses années d’études au sein des conservatoires de Turin et de Paris, le musicien italien entretient en effet une passion de longue date pour ces deux univers musicaux, mais a surtout attendu patiemment d’atteindre la maturation artistique nécessaire avant de tenter d’en opérer la synthèse. Élaboré à l’aide d’un piano customisé relié à différentes boîtes à rythmes, le live hors norme auquel il a donn

Continuer à lire

Trois soirées pour la fin février

Sélection | Au programme : musiques dansantes caribéennes au Drak-Art, house élégante et bien produite à la Belle électrique (avec Dixon) et les fameuses Hold-Up Ladies à l'Ampérage.

Damien Grimbert | Jeudi 16 février 2017

Trois soirées pour la fin février

18.02.17 > Drak-Art Bashment On a beau aimer la house et la techno, ça fait parfois du bien d’écouter un peu autre chose à l’occasion, histoire de s’aérer un minimum les oreilles. D’où l’intérêt d’un concept comme celui des Bashment, une nouvelle série de soirées lancée par l’asso Eddy Rumas, entièrement dédiée aux musiques dansantes caribéennes et à la culture sound-system. Au programme : reggae, dancehall, raggamuffin, afrobeats, carnival, soca, le tout saupoudré d’une petite pointe de jungle et de bass music, histoire de varier les plaisirs. ________ 25.02.17 > Belle électrique Dixon + Aera (live) S’il était déjà loin d’être un inconnu lors de ses précédents passages à Grenoble (respectivement en 2010 et 2011), le Berlinois Dixon s’est littéralement transformé en superstar d’ampleur mondiale dans l’intervalle. Niveau musique, en revanche, pas de changement radical à l’horizon pour le cofondateur du célèbre label Innervisions. On reste toujours dans cette même gamme de house élégante et bien produite, qui a l’avantage de ne pas virer dans la putasserie EDM de bas-ét

Continuer à lire

Quand Miyazaki et Takahata dessinaient des pandas

ECRANS | Ce mois-ci, le Méliès ressort "Panda, Petit Panda", suite de deux courts-métrages réalisés en 1972 par les deux maîtres japonais de l'animation, à l'époque quasi-débutants.

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

Quand Miyazaki et Takahata dessinaient des pandas

Bien avant que le ninja Po ne promène sa ventripotente carcasse sur les écrans (dans Kung Fu Panda), deux autres ursidés avaient eu les honneurs du cinéma d’animation au Japon dans Panda, Petit Panda (1972). Mettant en scène les deux animaux farceurs et une petite fille dégourdie, Mimiko, ce programme de deux courts-métrages égaux en durée est né de la conjonction de deux talents ; deux complices fidèles devenus les parrains (ou les oncles tutélaires, pour faire moins yakuza) de l’animation nippone : Isao Takahata et Hayao Miyazaki, alors quasi-débutants. Si la technique semble parfois un peu pataude (au niveau des intervalles, légèrement saccadés), la fantaisie et l’originalité des univers annoncent à bien des égards les futures grandes œuvres des réalisateurs de Pompoko (1994) et de Mon voisin Totoro (1988). En particulier le ton malicieux, l’attention respectueuse portée à la nature et à ceux (animaux, plantes, esprits) qui y vivent ou survivent, le fantasme de la submersion, dont Miyazaki fera un thème récurrent (peut-être que la situation d’insulaire favorise-t-elle ce type de pensée ?) ; jusqu’aux mimiques exagérées du grand pa

Continuer à lire

Le Conte de la Princesse Kaguya

ECRANS | On le sait, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses. Grâce au dernier film d’Isao Takahata, on apprend que les princesses, elles, (...)

Christophe Chabert | Mardi 24 juin 2014

Le Conte de la Princesse Kaguya

On le sait, les garçons naissent dans les choux et les filles dans les roses. Grâce au dernier film d’Isao Takahata, on apprend que les princesses, elles, naissent dans des bambous les soirs de pleine lune. Idée aussi fantastique qu’évidente à l’écran, que le réalisateur a tirée d’un récit fondateur de la littérature japonaise et qu’il a développée pour en faire un conte universel sur la condition féminine, sinon la condition humaine. Car cette princesse, qui grandit de manière surnaturelle, va être prise entre deux feux : ses aspirations et son destin. Ainsi, lors d’une des premières séquences, elle doit décider si elle suivra des enfants qui l’appellent « pousse de bambou » ou si elle rejoindra son père d’adoption qui l’a baptisée « Princesse » ; l’amitié du peuple et le désir de liberté d’un côté, l’ambition d’une vie d’exception que l’on projette sur sa progéniture de l’autre. C’est la deuxième option qui l’emporte, mais le dilemme est sans cesse redoublé sous de nouvelles formes dans le film, notamment lors de la valse des prétendants que la p

Continuer à lire

Isao Takahata : Prince et Princesse

ECRANS | Avec "Le Conte de la Princesse Kaguya", Isao Takahata, l’autre génie du Studio Ghibli, sort d’un long silence créatif pour signer ce qui est sans doute son œuvre la plus ambitieuse et la plus accomplie. Rencontre avec un cinéaste d’animation d’exception.

Christophe Chabert | Mardi 24 juin 2014

Isao Takahata : Prince et Princesse

Pour avoir eu la chance de découvrir un après-midi à la fin des années 1980 dans une salle annécienne maintenant défunte Le Tombeau des Lucioles, on sait ce que l’on doit à Isao Takahata : cette révélation, assez évidente aujourd’hui, beaucoup moins pour un adolescent à l’époque, que le cinéma d’animation pouvait atteindre une profondeur humaine et existentielle égale sinon supérieure à celle du cinéma en prises de vue réelles. Cette œuvre adulte mais racontée du point de vue de l’enfance, évoquant les fantômes mélancoliques de la Seconde Guerre mondiale au Japon, sortait alors de nulle part ; son auteur, tout comme le studio qui le produisait (Ghibli), n’étaient connus que d’une poignée de cinéphiles très spécialisés et le film lui-même attendra huit ans avant d’être distribué en France. Takahata a déjà cinquante-trois ans au moment de sa réalisation et une carrière riche partagée entre longs-métrages pour le cinéma et séries animées pour la télévision. Aujourd’hui, il en a soixante-dix-huit, et ce même festival d’Annecy vient de l’honorer d’un Cristal d’honneur pour l’ensemble de son œuvre, en parallèle de la présentation de

Continuer à lire

La parole est à la nuit grenobloises

ACTUS | On a rencontré différentes associations qui animent les nuits grenobloises. Avec, à chaque fois, le même jeu de trois questions. Propos recueillis par Damien Grimbert et Aurélien Martinez

Damien Grimbert | Dimanche 5 janvier 2014

La parole est à la nuit grenobloises

1/ Qu’est-ce qui vous motive à organiser des soirées ? 2/ Quels sont selon vous les clés d’une vie nocturne réussie ? 3/ Nouvelle année oblige, quels sont vos vœux pour les soirées grenobloises en 2014 ? MixLab 1/ Alban Sauce : Quand on a commencé les premières soirées Interface au Bar MC2 en 2006, il n’y avait pas grand-chose en terme de techno et de house. Nous, on avait simplement envie de faire partager ce qu’on aime. Jean-Philippe Duroux : Pareil, quand on a commencé avec Je déteste la musique, ce mélange de musique électronique et de hip-hop qu’on jouait n’était pas du tout représenté à Grenoble, et on voulait faire découvrir les artistes qui y étaient liés. 2/ JPD : Une vraie scène fédérée, où toutes les petites structures se regroupent, se soutiennent les unes les autres. AS : À Lyon par exemple, il y a du respect entres tous les organisateurs. Toutes ces rumeurs qui circulent en ce moment sur la Belle électrique [la nouvelle salle de musique qui va o

Continuer à lire

Voir (et revoir) ensemble

CONNAITRE | Début ce mercredi du festival Voir ensemble consacré au cinéma jeune public, avec une programmation témoignant d’un bel éclectisme et d’une ouverture maximale sur le monde. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 février 2013

Voir (et revoir) ensemble

Pour ceux qui pensent que le cinéma jeune public se résume à des grosses productions animées mais sans âme venues des studios hollywoodiens ou à des recueils de courts-métrages inégaux regroupés selon l’âge des enfants auxquels ils se destinent, le festival Voir ensemble remet les pendules à l’heure. Oui, les plus jeunes spectateurs ont aussi droit de succomber à la beauté filmique d’un Ozu, à l’humour slapstick de Jerry Lewis, au réalisme sentimental d’un Comencini et aux documentaires délicats de Nicolas Philibert. C’est tout le pari de Voir ensemble, festival qui prolonge l’action menée tout au long de l’année par le Méliès dans son programme d’éducation à l’image. Pas d’ornières donc dans la programmation, mais au contraire une ouverture maximale sur tous les âges du cinéma, pour tous les âges des spectateurs. Visions nipponnes Niveau contemporain, on ne peut que conseiller à nouveau quelques œuvres marquantes de ces derniers mois, Ernest et Célestine et

Continuer à lire

Like someone in love

ECRANS | D’Abbas Kiarostami (Fr-Jap, 1h49) avec Rin Takanashi, Tadashi Okuno…

Christophe Chabert | Jeudi 4 octobre 2012

Like someone in love

Comme s’il faisait le tour du monde aux frais de son producteur selon le deal un pays = un film, Kiarostami débarque au Japon après avoir visité la Toscane et en tire une œuvre déroutante. Adieu les dispositifs conceptuels et les dialogues chiants comme la mort de Copie conforme ; Like someone in love marque un retour confortable à la figure kiarostamienne par excellence, à savoir la promenade en voiture. D’abord en taxi avec une étudiante call girl, puis dans le 4X4 d’un vieux professeur pas très libidineux, qui doit se dépatouiller avec le petit ami jaloux de ladite call girl. Constitué de grands blocs en temps réel parfois paresseux (l’écoute en continu des dix messages sur la boîte vocale), parfois inspirés (le premier dialogue entre le prof et le boyfriend nerveux), le film se repose entièrement sur sa petite musique narrative et ne cherche jamais à développer de sous-texte ou de théorie. Tant mieux car à ce petit jeu, Kiarostami s’en tire plutôt bien, avec un dialogue élégant et des comédiens toujours justes. Reste la queue-de-poisson finale : le cinéaste a-t-il sciemment coupé la résolution de son film ou montre-t-il ici à quel

Continuer à lire

Saya Zamuraï

ECRANS | De Hitoshi Matsumoto (Japon, 1h43) avec Takaaka Nomi, Jun Kunimura, Masato Ibu...

Aurélien Martinez | Lundi 7 mai 2012

Saya Zamuraï

Star de la télévision nippone où il anime un duo comique crétin, Hitoshi Matsumoto débarque avec son troisième film (le premier distribué en France), et une réputation de nouveau Takeshi Kitano. Histoire improbable d'un samurai errant avec sa fille, Saya Zamuraï se présente comme un film concept. Une comédie dans laquelle, pour dérider un jeune seigneur traumatisé par le décès de sa mère, le personnage doit multiplier les gags (après trente échecs, c'est hara kiri). Mis en scène par un tandem lui inventant diverses situations stupides, le samurai enchaîne ainsi les sketchs jusqu'à devenir une vraie marionnette de cinéma muet. Passé le côté absurde du bout à bout façon mini format télé, le film bascule progressivement dans un tragique délirant où les numéros toujours plus fous font du héros une star. Matsumoto transforme alors son acteur en clown triste pour retrouver la poésie de Kitano. Un peu trop forcé et cheap pour tutoyer le maître, sauf peut-être sa seconde période mal aimée. Jérôme Dittmar

Continuer à lire

Hara Kiri : mort d’un samouraï

ECRANS | De Takashi Miike (Jap, 2h05) avec Ebizô Ichikawa, Eita…

François Cau | Jeudi 24 novembre 2011

Hara Kiri : mort d’un samouraï

Jadis connu pour des films aux excès punk et violents (Ichi the killer, Dead or alive, Audition), Takashi Miike s’est pour le moins assagi et semble aujourd’hui postuler au titre de cinéaste japonais officiel pour festivals internationaux. Hara-Kiri, dès son projet (le remake d’un chef-d’œuvre de Kobayashi) témoigne de cette envie de reconnaissance culturelle, et le résultat ne fait qu’enfoncer le clou. Il faut être un peu bigleux pour confondre la lenteur opératique de la mise en scène avec une forme de modernité (tout comme l’utilisation, inutile, de la 3D) ; c’est au contraire le pire des académismes qui se planque derrière ce livre d’images sophistiquées jusqu’au moindre flocon de neige, mais où la tradition du sepuku pantomime est expliquée dix fois pour être sûr qu’aucun spectateur occidental ne soit perdu en route. Nul contraste ne se crée entre la violence sociale du sujet et la beauté glacée de sa surface (musique de Sakamoto comprise), juste une sensation d’ennui profond et irréversible. CC

Continuer à lire