Trois soirées pour danser

Damien Grimbert | Mercredi 6 octobre 2021

08.10.21 > Drak-Art
Unleashed #4
Pour le quatrième volet de ses soirées techno « underground, inclusives et LGBTQI+ friendly » Unleashed, l'équipe d'Infrason a invité en tête d'affiche l'une des sensations du moment, le jeune Parisien Trym. Ses caractéristiques : ressusciter l'âge d'or de la rave des années 90 par tous les moyens en sa possession : techno haute intensité, hardtrance, samples vocaux, acid… Une formule éprouvée, tout sauf subtile, mais d'une efficacité absolument redoutable, comme en témoigne son récent set pour la série Hard Dance de Boiler Room.

08.10.21 > Belle Electrique
I Hate Models / Vel / Tauceti


Figure de proue de la scène techno industrielle actuelle, I Hate Models fusionne dans sa musique une force de frappe sans commune mesure, un goût affirmé pour les sonorités sombres, rugueuses et brutes de décoffrage, mais également une facette plus mélodique et subtile, issue d'un héritage mélancolique qui trouve ses sources dans la synth-pop, la cold-wave et l'ambient, ainsi que les premières vagues rave et trance du tout début des années 90. Puissance d'impact et sophistication, atmosphères éthérées et brutalité rythmique… Que demander de plus ?

16.10.21 > Ampérage
In The Zone with Zaltan


Pour la première édition de sa nouvelle soirée In The Zone, le collectif Love Reaction a eu l'excellente idée de convier aux platines le Parisien Zaltan, fondateur d'un des labels électroniques français les plus excitants de ces 10 dernières années, Antinote Records. Fervent défenseur d'un éclectisme fédérateur et hautement dansant, Quentin Vandewalle de son vrai nom n'a pas son pareil pour dénicher les perles les plus obscures des années 80 et 90, qu'elles soient estampillées acid house, zouk, électro, boogie, new wave, synth-pop ou balearic.


Trym + SPLT + CHO7 + OwlK


Drak-Art 163 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


I Hate Models

DJ set.
La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


In the zone with Zaltan

Synthpop, proto-house, grosses montées acid house, électro bien dark.
L'AmpéRage 163 cours Berriat Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Rencontres philosophiques d'Uriage : il est temps de penser

Philosophie | Du 8 au 10 octobre se tiendront les Rencontres philosophiques d’Uriage, sur le thème du temps. Parmi les invités, Judith Revel, spécialiste de Michel Foucault, apportera son "Regard philosophique sur l’année écoulée". Autrement dit, un éclairage sur la crise sanitaire que nous avons traversée/traversons.

Valentine Autruffe | Mardi 5 octobre 2021

Rencontres philosophiques d'Uriage : il est temps de penser

Aux Rencontres philosophiques d’Uriage, Judith Revel disposera de 45 minutes pour dérouler les questions qu’une philosophe spécialiste de Foucault se pose lorsqu’une crise sanitaire bouleverse le monde. Temps suspendu Premier sujet, le temps, qui est justement la thématique de l’événement. « Les crises provoquent des effets très étonnants dans le rapport au temps. Il y a un moment de suspension, nous sommes projetés tous ensemble dans une forme de centralité du présent. » Les images des villes vides et silencieuses illustrent parfaitement ce flottement, entre un passé lointain et un futur livré à un imaginaire catastrophiste. « La vraie question philosophique est : qu’est-ce qu’une transformation de l’histoire ? » interroge Judith Revel. « On imagine souvent un événement frontal, un choc à une date donnée. Or, toute transformation a une épaisseur. » Ainsi, la crise Covid ne débuterait pas au fameux patient zéro, mais à un processus long, de l’urbanisation galopante des villes chinoises, au contact entre des animaux qui n’ont pas à l’êtr

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Retina Set, nouvelle génération

Electro | C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin (...)

Damien Grimbert | Mardi 21 septembre 2021

Retina Set, nouvelle génération

C’est une scène qui n’a rencontré qu’un écho public modeste, mais dont l’influence sur la musique des années 2010 n’en a pas moins été déterminante : loin des territoires déjà amplement arpentés de la techno, de la house et de la disco, une nouvelle génération d’artistes électroniques, grandie avec internet, n’a cessé de jouer les apprentis sorciers avec les différentes sources musicales à sa disposition. Déconstruisant les codes de la club music telle qu’on la connaît, ils ont fusionné les nouveaux styles musicaux underground du monde entier aux classiques mainstream du R’n’B, du rap et de la pop dans un joyeux mélange à la fois, chaotique, expérimental et dansant. Et signé ainsi l’acte de naissance d’un nouveau monde musical post-moderne aussi euphorisant que déconcertant, d’une efficacité redoutable sur le dancefloor. Parmi les représentants français les plus talentueux de cette nouvelle vague futuriste, Retina Set a su marquer les esprits par ses blends avant-gardistes peaufinés avec soin, qui lui ont permis de sillonner les clubs les plus pointus d’Europe et d’Asie, tout en restant dans un relatif anonymat auprès du public néophyte. On est donc ravis de l

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Un nouvel atelier vélo qui espère réveiller les Eaux-Claires

Biclou | Xavier Bray, chanteur du groupe Beau Sexe, vient d'ouvrir son atelier de réparation de vélo dans le quartier des Eaux-Claires, La Roue Libre.

Hugo Verit | Mardi 7 septembre 2021

Un nouvel atelier vélo qui espère réveiller les Eaux-Claires

À Grenoble, on connaissait essentiellement Xavier Bray pour ses activités de musicien, moins comme réparateur de vélos. Pourtant, c’est bien le chanteur du groupe Beau Sexe qui vient d’ouvrir La Roue Libre, le premier atelier du genre dans le quartier des Eaux-Claires. Le fruit d’un parcours de vie sinueux : « Après 20 ans de tournée avec des formations comme Virago, Eiffel ou Mama Rosin, j’ai souhaité me poser un peu et je suis devenu professeur de musique en collège. Mais je ne m’y suis pas vraiment retrouvé. J’avais envie d’être mon propre patron, d’être tranquille et, comme je bricolais déjà pas mal de vélos depuis quelques années, j’ai décidé de me lancer », raconte-t-il. Après seulement une semaine d’ouverture, l’atelier ne désemplit pas, les cyclistes se succèdent devant l’échoppe. « J’ai l’impression de combler un manque dans ce quartier qui a tout pour être un endroit sympa de Grenoble mais qui, bizarrement, ne bouge pas beaucoup. J’aimerais en profiter pour organiser des événements, des concerts, histoire de le réveiller un peu. » Spécialisé dans la ré

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Un été en famille

Théma | Bénéfice collatéral de sept mois de disette : il n’y aura pas de pénurie estivale dans les salles. Tout particulièrement pour les films parlant des familles ou à leur destination, et du désir de se libérer de son emprise sur un mode tragique, comique… voire les deux.

Vincent Raymond | Mardi 6 juillet 2021

Un été en famille

Variation multiple et ludique de Freaky Friday, Le Sens de la famille de Jean-Patrick Benes (30 juin) crée ainsi un chamboule-tout géant, où les esprits des parents, grands-parents et enfants naviguent dans les corps des uns et des autres sans fin pour une raison inconnue. S’ensuivent d’inévitables quiproquos glissant doucement vers un registre trash, changeant agréablement de l’injonction à faire de la comédie aseptisée. La fin qui ne résout rien permet (presque) de supporter le jeu de Dubosc — le seul à en faire des tonnes. Plus archaïque est la famille des Croods, une nouvelle ère, second opus signé Joel Crawford (7 juillet), revisitant dans une pseudo-préhistoire d’heroic fantasy aux couleurs criardes la querelle entre anciens et modernes, mâtinée d’un remix du Père de la Mariée et de Mon beau-père et moi. Là encore, le final délirant offre un relief inattendu à ce qui semblait s’engager sur les rails d’une animation ordinaire. Animat

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Une expo qui en a sous la pédale

ARTS | Événement. Riche de mille trésors, l’exposition "Un amour de vélo" du Musée dauphinois témoigne des cultures propres à l’univers du vélo mais également de l’histoire particulière que le territoire entretient avec la bicyclette. Amusant et passionnant !

Benjamin Bardinet | Mercredi 9 juin 2021

Une expo qui en a sous la pédale

On a tous idée que l’Isère est une sorte d’immense terrain de jeu pour les cyclosportifs en tous genres – du vététiste amateur de sensations fortes au coureur du dimanche dévalant les routes des cols. Ce dont on a moins conscience, c’est à quel point ce territoire est aussi celui de nombreux artisans ingénieux et de bricoleurs astucieux. De la bicyclette pliante imaginée en 1892 par un industriel de Domène à l’étonnant Chopper de Jacques en passant par l’élégante randonneuse conçue par les Cycles Cattin, l’exposition du Musée dauphinois, sans chauvinisme aucun, rend compte de nombre de réalisations iséroises remarquables, mais également de certains épisodes mémorables de l’histoire du vélo sur ce territoire. On retiendra tout particulièrement l’inauguration d’une piste cyclable par Hubert Dubedout en 1977, faisant de Grenoble une ville pilote en la matière, ou encore la première coupe du monde officieuse de VTT (à Villard-de-Lans en 1987) dont la tenue fluo de l’un des vainqueurs, Jacques Devi, fait encore un peu mal aux yeux. Ceci d’autant plus qu’elle est présentée à proximité du vélo patiné de Franco Nicotera, cyclo-aventurier grenoblois

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10 km : c'est court mais c'est bon

ESCAPADES | Contraints dans nos sorties par ce rayon de 10 km, il nous faut faire preuve d'imagination pour varier les plaisirs de balade. Explorations urbaines à vélo, randonnées pédestres originales, balades à VTT, flânerie artistique dans les parcs... Avec un peu de créativité, il y a finalement du potentiel pour y trouver son compte sans se lasser.

Jérémy Tronc | Vendredi 30 avril 2021

10 km : c'est court mais c'est bon

La cascade de Saint-Martin-d’Hères Cette chute d’eau belle et spectaculaire s’écoule à quelques pas de Saint-Martin-d’Hères village. Le chemin qui la longe est une voie d’accès originale vers la colline du Murier, qui permet de se passer de voiture. Rejoignez la place de la Liberté à Saint-Martin, en bus (ligne 12 ou C7) ou à vélo. Des arceaux proches de l’église permettent d’accrocher son biclou de manière sécurisée. De la place, traversez la rue en direction de la colline et pénétrez dans la rue en légère montée. Dans le premier virage à droite, le chemin démarre au lieu-dit Chaberte (indiqué sur un poteau en bois) à gauche d’un haut mur en pierre. La cascade est vite visible. Franchissez le pont et continuez de grimper jusqu’à la route goudronnée que vous suivez jusqu’aux Collodes. De là, les options sont nombreuses : poursuivre sur la route jusqu’au Murier et son parc ouvert au public le week-end (table de pique-nique, jeux pour enfants), ou bifurquer vers le sud à la première intersection, direction Le Bigot puis Romage, ou Poisat pour une balade plus courte. Infos pratiques : 6, 3 km / D+ 300 m

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Tauceti, une jeune étoile aux platines

Événement | Déjà programmée deux fois à la Belle Électrique, la DJ y revient pour une "capsule" : une page lui est désormais dédiée sur le site Internet de la salle de concerts, qui permet de la (re)découvrir et de l’entendre dès ce vendredi 16 avril, à partir de 18h. Interview.

Martin de Kerimel | Vendredi 16 avril 2021

Tauceti, une jeune étoile aux platines

On te retrouve vendredi dans la Capsule de la Belle Électrique. Peux-tu d'abord nous dire d’où vient ton nom de scène ? Tauceti : D’une blague avec mon ex-colloc. J’ai commencé au Chalet, un petit bar grenoblois, et le gérant m’a dit qu’il fallait me présenter. C’est là que mon ami a proposé Tauceti, le nom de la seule étoile jaune visible dans la galaxie. J’ai trouvé ça mignon et c’est resté. Tu fais de la musique depuis longtemps ? Oui, j’ai toujours été dedans, y compris au lycée, avec des horaires aménagés. J'ai notamment fait de la batterie. Mes parents m’ont encouragée. J’ai d’abord eu une éducation classique, avant d'arriver à Grenoble pour mes études supérieures. Ici, c’est le berceau de la musique électronique ! J’ai rencontré des gens qui m’ont appris à mixer. C’est vraiment ce que je voulais faire ! Tu faisais des études de philo avant, c’est ça ? Tout est arrivé en même temps. En fait, la musique a commencé à me "prendre" quand j’étais en première année d’études.

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Fantômes photographiques

ARTS | Malgré le couvre-feu culturel imposé par le gouvernement, il y a encore moyen de trouver sur le territoire grenoblois quelques expos à se mettre sous la dent. Le Vog bénéficiant d’être assimilé à la médiathèque municipale, le visiteur curieux peut actuellement y découvrir l'exposition de la photographe Yveline Loiseur, une énigmatique déambulation entre présence, absence et disparition.

Benjamin Bardinet | Jeudi 14 janvier 2021

Fantômes photographiques

Au début du XIXe siècle, le peintre romantique Gaspar David Friedrich livre une idyllique représentation des falaises calcaires de l’île de Rügen que contemplent, au premier plan de sa composition, quelques randonneurs fascinés par ce spectacle grandiose. C’est sur une représentation toute autre de cet environnement naturel singulier que s’ouvre l’exposition du Vog. Au blanc immaculé des reliefs acérés que le peintre romantique faisait ressortir grâce à un cadre de verdure vivifiant, Yveline Loiseur oppose la grisaille minérale abrasive d’un éboulis calcaire au milieu duquel de timides pousses végétales tentent péniblement de survivre. Une vision renversée, où le froid constat de la désagrégation de notre environnement naturel succède à la fascination dont la nature était sujette il y a deux siècles, au point d’entrée de ce qu’on appelle désormais l’anthropocène. Toute en nuance de gris, c’est également à un monde révolu que renvoie la seconde série d’images. D’anciens lits d’hôpitaux sont photographiés dans un cadre relativement serré de façon à ce que notre regard se porte sur des détails de leur confection : la couture des rideaux, le tissage du drap, les

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"Eté 85" : cherchez le garçon

ECRANS | Généalogie d’une histoire d’amour entre deux garçons à l’été 85 qui débouchera sur un crime. François Ozon voyage dans ses souvenirs et lectures d’ado et signe son Temps retrouvé. Sélection officielle Cannes 2020.

Vincent Raymond | Mardi 7 juillet 2020

Normandie, été 1985. David sauve Alexis d’un naufrage. Très vite, une amitié profonde se noue entre les deux adolescents, qui se mue en romance passionnée. Mais les amours d’été sont souvent éphémères et celle-ci débouchera sur un drame ainsi que sur un crime… Nul ne guérit jamais de son enfance et encore moins de son adolescence. L’une comme l’autre laissent une marque indélébile et invisible sous la peau adulte, pareille à une scarification intérieure. D’aucuns apprennent à apprivoiser leurs cicatrices en les caressant quand d’autres les torturent en les creusant ; tous les conservent néanmoins à portée de main. Ou d’inspiration lorsqu’il s’agit d’artistes. François Ozon ne fait évidemment pas exception. En adaptant La Danse du coucou, un roman découvert en 1985 alors qu’il avait peu ou prou l’âge des protagonistes, le cinéaste effectue une sorte “d’autobiographie divergée”. Non qu’il s’agisse ici de raconter au premier degré son propre vécu d’ado, mais plutôt d’user du substrat de l’intrigue écrite par Aidan Chambers pour concaténer et agréger l’essence de l’époque, p

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Love Saves The Day, le dancefloor version New York 70’s

Soirée | 14 février 1970 : un DJ du nom de David Mancuso lance un nouveau concept de soirée sur invitation seulement dans son appartement new-yorkais, (...)

Damien Grimbert | Mardi 11 février 2020

Love Saves The Day, le dancefloor version New York 70’s

14 février 1970 : un DJ du nom de David Mancuso lance un nouveau concept de soirée sur invitation seulement dans son appartement new-yorkais, rebaptisé The Loft : Love Saves The Day. Le principe : pas de vente de boisson, un sound-system d’une qualité vertigineuse, une sélection musicale éclectique hors-pair et une atmosphère conviviale accueillant toutes les ethnicités, toutes les sexualités et tous les profils socio-économiques. Si le lieu d’accueil évoluera au fil du temps, les soirées de Mancuso perdureront pendant plusieurs décennies et leur ambiance hors-norme le feront rentrer dans la légende. Une ambiance à laquelle l’équipe de Love Reaction (en photo) a décidé de rendre hommage via une nouvelle soirée du même nom, dont le premier volet se déroulera le 14 février… 2020 à l’Ampérage, soit pile 50 ans plus tard. Au programme, disco, new wave, soul, synth pop et house all night long, show de hula hoops lumineux, distribution de fruits frais, atelier maquillage et ambiance inclusive. Loves Save The Day À l’Ampérage vendredi 14 février, à 23h55

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Hot 8 Brass Band : vivre et mourir à la Nouvelle-Orléans

Concert | La vie est plus forte que tout : c'est un peu le message de la musique du Hot 8 Brass Band, venu tout droit de la Nouvelle-Orléans et qui débarque à la Source samedi 8 février. Un moment à ne pas manquer.

Damien Grimbert | Mardi 4 février 2020

Hot 8 Brass Band : vivre et mourir à la Nouvelle-Orléans

Les fanfares, pour ou contre ? Quand il s’agit uniquement de se servir de leur fascinant potentiel d’attractivité pour flatter de manière consensuelle "les gens qui aiment quand ça bouge", forcément on serait plutôt contre. Quand il s’agit de rendre un hommage vibrant, authentique et passionné à la résilience et à la culture musicale de la ville qui les a vu naître et grandir, c’est évidemment une toute autre histoire. Et c’est sans équivoque dans la deuxième catégorie que s’inscrit le Hot 8 Brass Band, une fanfare née dans les rues de la Nouvelle-Orléans qui emprunte aussi bien au folklore jazz historique de la ville qu’à des styles plus contemporains comme le rap, le funk, la bounce, sans oublier quelques reprises de tubes incontournables signés par Marvin Gaye, Stevie Wonder ou Joy Division. Pleinement inscrits dans la culture de leur ville, les membres du Hot 8 Brass Band (qu’on avait pu découvrir en activité au sein de la fabuleuse série Treme de David Simon, le créateur de The Wire) en ont payé le prix fort : depuis leur création, pas moins de cinq membres du groupe ont perdu la vie, fauchés par la violence de rue ou la maladie. Mais comme toujours à la N

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Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Patrimoine | Les membres de Patrimoine et Développement se sont donné rendez-vous pour une rencontre samedi 11 janvier. L’occasion de (re)découvrir la commanderie d’Échirolles et de faire plus ample connaissance avec l’association.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Ils n’ont pas attendu Stéphane Bern pour s’intéresser aux vieilles pierres : l’animateur était encore un bébé quand, en 1965, l’association Patrimoine et Développement du Grand Grenoble a vu le jour. Elle était connue sous un autre nom : celui de Comité de sauvegarde du Vieux Grenoble. Son objectif : sauver de la destruction les vieux remparts de la cité, dont une partie subsiste aujourd’hui. Depuis, l’idée qui fédère les membres associés reste la même : mettre en lumière le patrimoine bâti, lorsqu’il est méconnu et/ou menacé. À Grenoble et au-delà Le 11 janvier, avant la traditionnelle galette des Rois, Patrimoine et Développement débute son année 2020 avec une conférence sur la chapelle de l’ordre des Templiers, à la commanderie d’Échirolles. Un programme conçu avec Marc Mingat-Lerme, historien et chercheur indépendant, afin de sensibiliser le plus grand nombre aux conditions de préservation de cet édifice médiéval. « Nos conférences poursuivent toujours un but éducatif de partage de la connaissance, rappelle Philippe Boué, président de l’association. En général, elles concernent des bâtiments de Grenoble intra muros, mais, cette fois, nous i

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"La Vérité" : tout sur sa mère

ECRANS | De Hirokazu Kore-eda (Fr.-Jap., 1h47) avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke, Margot Clavel…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Star de cinéma, Fabienne vient de publier ses mémoires titrés La Vérité et va entamer un nouveau tournage. Sa scénariste de fille, Lumir, son époux et leur petite Charlotte, débarquent alors de New York. Leur séjour permettra de régler de vieilles querelles, mais aussi panser des plaies… « On ne peut se fier à sa mémoire ». Aux allures de mantra, cette réplique est un peu la clef de La Vérité : on l’entend sortir de la bouche de Lumir (reprochant les arrangements de sa mère avec la vérité dans son livre), mais aussi de celle de la fantasque Fabienne, faisant remarquer en retour à sa fille que le point de vue d’une enfant est trompeur. Si l’actrice revendique dans sa vie comme son art le "mentir vrai" d’Aragon, en assumant également une incorrigible mauvaise foi et ses caprices, elle sait, par le bénéfice de l’âge, que toute vérité est relative, subjective. Que la perfection qu’elle suppose, forcément impossible à atteindre. Et que l’écrit est un pis-aller au jeu, donc à la vie. Acteurs 1, scénaristes 0 ? Difficile de savoir qui aura le dernier mot ! Kore-eda accomplit ici une œuvre d’une v

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"Les Hirondelles de Kaboul" : cachée

ECRANS | de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec (Fr., 1h33) animation

Vincent Raymond | Mardi 3 septembre 2019

Dans l’Afghanistan asservi par les talibans, le jeune couple formé par Mohsen et Zunaira tente de résister à la terreur quotidienne. Mais lors d’une dispute, la belle Zunaira tue par accident son amant. Elle est aussitôt incarcérée sous la garde du vieux Atiq, en attendant d’être exécutée… À l’instar de Parvana, autre film d’animation renvoyant à l’Afghanistan des années de fer et de sang (hélas pas si lointaines), cette transposition du roman de Yasmina Khadra raconte plusieurs mises à mort, symboliques et réelles, consécutives à la prise du pouvoir par les talibans et à leur doctrine fondamentaliste. Certes, les autrices Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec prennent quelques libertés avec le texte initial pour "sauver" un personnage, en lui octroyant ici des scrupules qu’il n’a pas à l’origine, mais elles ne dévoient pas globalement le sens de ce conte moral au finale aussi marquant symboliquement que visuellement. Le choix de l’animation trouve ici to

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Les trois soirées de la mi-juin

Soirées | Suivez-nous au Vieux Manoir, à l'Ampérage et à la Bobine.

Damien Grimbert | Lundi 10 juin 2019

Les trois soirées de la mi-juin

14 & 15.06.19 > Vieux Manoir Manoir Solidaire C’est le genre d’initiative qu’on ne peut que cautionner : vendredi 14 et samedi 15 juin au club le Vieux Manoir, l’entrée sera délivrée gratuitement en échange d’une denrée alimentaire non périssable (riz, pâtes, conserves…) qui sera reversée aux Restos du cœur. L’occasion rêvée de découvrir aux platines un line-up composé de quelques-unes des principales forces vives de la scène électronique locale, avec Tauceti (photo), Jissbass et Endrik Schroeder le vendredi, et Easy Tiger, Vouiz, Polaar et Sinnermen le samedi. 15.06.19 > Ampérage Subversion #7 Lancées à l’automne dernier, les soirées Subversion du collectif The Dare Night auront vu en l’espace de six éditions défiler la crème de la nouvelle scène techno, indus et EBM européenne, dans une ambiance exaltée. Pour ce septième et ultime volet en forme de bouquet final, c’est le Berlinois Inhalt der Nacht qui tiendra le haut du pavé avec un DJ-set de 3h. Également au line-up, deux lives haute intensité, l'un signé par le duo toulousain Imperial Black Unit et l'autre par

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Un Atelier Méliès pour « une éducation populaire au cinéma »

ACTUS | Le Méliès et la Ville de Grenoble se lancent dans la réhabilitation du Pavillon sud de la Caserne de Bonne pour en faire « un laboratoire de l’éducation à l’image ». Ouverture prévue en 2020.

Alice Colmart | Lundi 10 juin 2019

Un Atelier Méliès pour « une éducation populaire au cinéma »

« L’Atelier Méliès fera le lien entre la Caserne de Bonne et le quartier Hoche » expliquait lundi 3 juin Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine municipal grenoblois, à l’occasion de la signature du "protocole partenarial" liant la Ville de Grenoble et le Méliès. Une officialisation publique après la sélection du cinéma associatif en décembre 2018 dans le cadre des "Gren’ de projets", dispositifs de la Ville visant à confier la gestion de certains bâtiments municipaux à différents acteurs locaux. Édifié en 1883, libéré par l’armée en 1994 et réaménagé en 2008, le Pavillon sud (à l’entrée de la Caserne de Bonne, au 54, boulevard Gambetta) mis à disposition aura pour mission « de participer à une éducation populaire au cinéma et de renforcer les actions du Méliès, cinéma de la Ligue de l’enseignement de l'Isère » précisait alors Marco Gentil, directeur adjoint du cinéma art et essai, lors de la conférence de presse. Trois en un Le pavillon de 140m2, accessible à tous, se découpera en trois espaces, dont une "fabrique", « espace consacré aux nouve

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"X-Men : Dark Phoenix" : 50 nuances de Grey

ECRANS | De Simon Kinberg (ÉU, 1h40) avec James McAvoy, Sophie Turner, Michael Fassbender…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juin 2019

1992. Partie avec les X-Men à la rescousse d’astronautes en détresse, Jean Grey est submergée par un magma cosmique qui déchaîne ses pouvoirs en puisant dans les aspects obscurs de son passé. Incontrôlable et dangereuse, elle rejette Xavier et compte sur l’aide de Magneto… L’absence de Bryan Singer, mis à l’index pour des accusations d'agression sexuelle, serait-elle à déplorer ? Force est de reconnaître que l’avance prise par la bande à Xavier sur la troupe de Stark a fondu comme la calotte polaire : la vitesse déployée par les Avengers dans le diptyque habité par Thanos a rattrapé et ordonné l’accumulation foutraque (parfois poussive) qui diluait les enjeux à force de tonalités divergentes. Limitant ses spin-off aux aventures de Wolverine (achevées en apothéose dans Logan), voire à l’inclassable Deadpool, les X-Men avaient pour eux une cohérence globale, conséquence directe des schémas narratifs reposant sur des oppositions duelles (Xavier contre Magneto, humanité contre mutants…) ; de bonnes rivalités bipolaires fondées sur des présupposés manichéens ainsi que sur la puissance du psychisme, de l’affect, de la télékinésie… Un équilibre binai

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Une future halle gourmande pour « repositionner l’Orangerie au centre de Grenoble »

GUIDE URBAIN | « Une halle gourmande mais pas que » : voilà comment l’association La Grande Saison, choisie par la Ville de Grenoble pour investir l'Orangerie, définit son projet ambitieux sur le papier. On vous en dit un peu plus avant l’ouverture au public d’ici fin 2020.

Aurélien Martinez | Lundi 27 mai 2019

Une future halle gourmande pour « repositionner l’Orangerie au centre de Grenoble »

Jeudi 23 mai, à 9h (oui, c’est tôt), dans l’Orangerie de Grenoble située boulevard Jean-Pain, à deux pas de l’Hôtel de Ville, du Jardin des plantes et du Stade des Alpes, ça s’affairait. Il s’agissait, pour Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine municipal, de signer le "protocole partenarial" liant la Ville de Grenoble et La Grande Saison, association qui, fin décembre 2018, a remporté l’un des "Gren’ de projets", dispositifs visant à confier les clés de bâtiments municipaux repérés comme "sous-exploités" à différents acteurs locaux. L’Orangerie est « peu connue de l’ensemble des Grenoblois » expliquait Maud Tavel en ouverture de son discours, et pour cause : bâtie au XIXe siècle, elle servait surtout de hangar de stockage pour le service des espaces verts. D’où l’aspect brut de cette immense halle amenée à devenir « un nouveau lieu de vie ouvert à tous, mettant en scène les savoir-faire locaux, de la gastronomie à l’artisanat, agrémenté d’une mixité d’usages et de services » (extrait du communiqué de presse). C’est « un projet tourné autour du bien-vivre, du bien-manger. Et aussi un projet de rencontre, ce

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"Les 12 Travelos d'Hercule" : « C’est vraiment parti comme une blague entre copains »

Spectacle | Et voici un spectacle qui fait plaisir à voir ! Soit des comédiens qui, le temps d’une soirée, deviennent des drag-queens et font du play-back sur des chansons très variées. Une aventure née à Grenoble il y a un an et demi qui commence à connaître un beau succès, et qui est surtout très drôle et parfaitement exécutée. Alors avant d’aller samedi 1er juin à la Bifurk admirer ces "12 Travelos d’Hercule", on a parlé du projet avec Colin Melquiond (alias, sur scène, Coco Mojito) et Quentin Gibelin (alias Miss Blueberry).

Aurélien Martinez | Mardi 28 mai 2019

« Le spectacle met le public dans un état de laisser-aller assez dingue. Il y a un côté : chacun peut être comme il a envie d’être, alors lâchons tout ! Au début, je ne comprenais pas pourquoi tout le monde gueulait autant, même pendant les chansons. Puis, au fil des représentations, j’ai compris. Et c’est plutôt agréable en fait ! » Depuis un an, un show né à Grenoble fait de plus en plus parler dans la région. Et galvanise littéralement le public comme nous l’avons constaté lors d’une représentation lyonnaise, et comme nous l’a confirmé le comédien grenoblois Colin Melquiond (dit Coco Mojito au plateau). Soit, sur scène en mode cabaret (avec bar ouvert pendant toute la représentation), des comédiens qui se transforment en drag-queens pour proposer une série de numéros en play-back sur différents morceaux tous interprétés par des femmes – Gloria Gaynor, Yma Sumac, Diam’s ou encore un improbable trio (dit "des secrétaires") composé de Dorothée, Jane Birkin et Karen Cheryl. Un choix de ne pas chanter en live à la base questionné par la troupe mais qu

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"Avengers : Endgame" : la fin justifie les grands moyens

ECRANS | Les Avengers s’unissent pour défaire l’œuvre destructrice de Thanos. Après un "Infinity War" en mode “demande à la poussière“, ce "Endgame" boucle (quasiment) par un grand spectacle philosophique la 3e phase de l’univers cinématographique Marvel.

Vincent Raymond | Mercredi 24 avril 2019

Après que Thanos a, grâce au gantelet orné des six Pierres d’Infinité, exterminé la moitié des êtres de l’univers, les Avengers survivants tentent de se rassembler. Il faudra attendre cinq ans que Ant-Man sorte accidentellement de l’infiniment petit quantique pour que Tony Stark accepte de joindre ses forces à leur plan fou : remonter dans le temps afin d’empêcher Thanos de s’emparer des Pierres… Où l’ensemble des fils et arcs narratifs laissés en suspens depuis 21 films et 3 phases par les différentes franchises Marvel sont appelés à se boucler. Mais de même qu’« il faut savoir finir une grève » comme disait Thorez, mettre un terme à un cycle ne s’improvise pas. Avengers : Infinity War (2018) avait laissé entrevoir une bienheureuse inflexion dans la série : à la surenchère de combats de colosses numériques entrelardés de punchlines boutonneuses (Captain America Civil War) avait succédé une dimension plus sombre, volontiers introspective grâce à l’intégration de Thanos. Un antagoniste moins manichéen qu’il y semblait, semant une mort arbitraire à des fins sélectives quasi-d

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"Les 12 Travelos d'Hercule" seront à Grenoble le 1er juin !

Annonce | On en parlera beaucoup plus longuement dans un mois, lorsque le spectacle repassera à Grenoble (samedi 1er juin à la Bifurk) mais sachez déjà que Les 12 (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 19 avril 2019

On en parlera beaucoup plus longuement dans un mois, lorsque le spectacle repassera à Grenoble (samedi 1er juin à la Bifurk) mais sachez déjà que Les 12 Travelos d'Hercule est une réussite qui fait plaisir à voir ! Soit des comédiens qui, le temps d’une soirée, deviennent des drag-queens et font du playback sur des chansons très, mais alors très variées. Comme ça, ça semble facile, mais oh que ça ne l’est pas ! Alors prenez vite vos places, car vu le succès que rencontre cette aventure depuis ses premières dates grenobloises l’an passé, ça risque de très vite afficher complet.

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Un Printemps du livre, six coups de cœur

Festival | Qui pourra-t-on rencontrer à Grenoble et aux alentours entre le mercredi 20 et le dimanche 24 mars ? Réponses subjectives.

Stéphane Duchêne | Lundi 18 mars 2019

Un Printemps du livre, six coups de cœur

Maylis de Kerangal Un monde à portée de main Le monde à portée de main de Paula Karst, c'est celui qui s'offre à elle autant que celui qu'elle apprend à reconstituer à l'Institut supérieur de peinture de Bruxelles où elle étudie le trompe-l'œil. Un art de reproduire la matière qui la conduit jusqu'à Moscou mais aussi au studio de Cinecittà en Italie, avant qu’elle ne se voie confier le chantier du fac-similé de la Grotte de Lascaux. Mais derrière ce récit d'apprentissage, comme toujours, Maylis de Kerangal (photo) nous parle d'elle, et de cet art de faussaire virtuose qu'est l'exercice de la fiction, dans une réflexion vertigineuse sur la création. À la salle Olivier Messiaen vendredi à 16h30 (rencontre) Au musée samedi à 10h30 (rencontre) et 17h (lecture en correspondance) Thomas B. Reverdy L'Hiver du mécontentement Derrière ce titre shakespearien, Thomas B. Reverdy, qu'on peut aisément classer dans la catégorie fantôme des écrivains rock, niche une étude de cette Angleterre de 1979 au bord de basculer dans le thatchérisme et la crise (sujet très reverdyen). Mais une Angleterre d

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Quatre soirées pour un dernier week-end de février réussi

MUSIQUES | Direction, au choix, l'Ampérage, le Drak-Art ou le Black Lilith.

Damien Grimbert | Mardi 12 février 2019

Quatre soirées pour un dernier week-end de février réussi

22.02.19 > Drak-Art Salaryman Seizième édition déjà pour les soirées Clang! du collectif Bass Jump, fervent défenseur des sonorités drum’n’bass, jungle et bass music depuis pas loin d’une dizaine d’années. L’occasion pour l’association grenobloise de réunir un plateau 100% français, avec en tête d’affiche le très productif mais également très éclectique DJ/producteur Salaryman (photo), en activité depuis le début des années 2000 et aujourd’hui signé sur quelques-uns des labels les plus emblématiques de la scène drum’n’bass mondiale – RAM Records, Technique Recordings… 22.02.19 > Ampérage Master Phil Pour sa première soirée à l’Ampérage, le collectif Love Reaction a eu l’excellente idée d’inviter aux platines Master Phil, DJ et crate-digger parisien de premier plan passionné de « musique émotionnelle ». Un raccourci bien pratique pour englober la large gamme de styles musicaux diffusée dans ses sets, de la house à la balearic en passant par l’ital

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Ordres et désordres du monde avec Boris Chouvellon et Guillaume Talbi

Exposition | Les deux artistes exposent à l’École supérieure d’art et design de Grenoble jusqu’au jeudi 20 décembre.

Benjamin Bardinet | Mardi 11 décembre 2018

Ordres et désordres du monde avec Boris Chouvellon et Guillaume Talbi

Peu de gens le savent mais l’École supérieure d’art et design de Grenoble (l’Ésad, située rue Lesdiguières) abrite en son sein une salle d’exposition qui accueille ponctuellement des projets ouverts à tous, souvent d’aussi bonne facture que de courte durée. C’est le cas en ce moment, donc ne vous laissez pas intimider par l’imposante porte de l’école, franchissez le hall et pénétrez dans ladite salle. L’effet est saisissant : à gauche, Guillaume Talbi présente une installation composée d’une vingtaine de sculptures dont la blancheur intensifie la luminosité ambiante ; à droite, Boris Chouvellon expose des œuvres déglinguées faites en béton, couvertures de survie et résidus de carcasse de voiture brûlée. Tous deux ont bénéficié d’un séjour de trois mois à la Résidence Saint-Ange, à Seyssins, et cet ensemble en est l’accomplissement. Si Guillaume Talbi propose un travail sculptural formel jouant du rapport entre des socles en bois qui semblent s’extraire du parquet de l’école d’art et des sculptures en ciment blanchi, Boris Chouvellon produit des œuvres qui questionnent les désordres du monde. Suspendu au-dessus de nos têtes, un planisph

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Il était une fois L'Art partagé, « musée éphémère de l’art brut »

Exposition | Depuis bientôt quinze ans, Jean-Louis Faravel se passionne, à Rives, pour l’art brut et l’art singulier. Au point de proposer une biennale, baptisée L’Art partagé, autour de « l’art des fous » (mais pas que…) dont c’est, jusqu’au dimanche 18 novembre, la septième édition. Nous l’avons visitée.

Philippe Gonnet | Mardi 30 octobre 2018

Il était une fois L'Art partagé, « musée éphémère de l’art brut »

On a trop souvent traduit le "Beati pauperes spiritu" des Écritures par "Heureux les simples d’esprit", alors que ces vocatifs et ablatif signifient plutôt "Heureux les pauvres par leur esprit", ou "Heureux ceux qui ont su garder un esprit de pauvres"… Loin de l’herméneutique (cette science de l'interprétation des textes, religieux notamment), le rapport à la création artistique de personnes souffrant de troubles mentaux semble relever du même ordre, obéissant au même type de principe(s). L’art brut serait-il plus proche de l’authenticité ? C’est en tout cas le propos qu’entend illustrer, mieux qu’un long discours et non sans bonheur, la septième biennale L’Art partagé que Rives accueille jusqu’au 18 novembre. Salle François-Mitterrand, 64 artistes de sept nationalités (principalement Néerlandais et Français, mais également Allemands, Belges, Italiens, Portugais et Indonésien) le prouvent à l’envi, à l’aune de quelque 800 œuvres. Si tous ne sont pas en institution, ce charme singulier opère (presque…) à chaque fois. « Une présence, un passage » Dans ce que Jean-Louis Faravel, à l'origine de cette biennale, a conçu

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Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

ESCAPADES | « Au bout de chaque rue, une fresque » aurait pu écrire Stendhal s'il arpentait aujourd'hui l’agglomération grenobloise. La preuve avec cet article illustré.

Alice Colmart | Jeudi 5 juillet 2018

Zoom sur quinze fresques street art emblématiques de Grenoble et de son agglo

Grâce au Grenoble Street Art Fest dont la quatrième édition vient de se terminer (elle a eu lieu tout le mois de juin), quelque 130 fresques habillent les murs de Grenoble, Fontaine, Pont-de-Claix et Saint-Martin-d’Hères, faisant ainsi la réputation du territoire en matière d’art urbain – la presse nationale s’en donne d’ailleurs à cœur joie chaque année. Difficile donc pour Jérome Catz, directeur de l’événement et du centre d’art Spacejunk, de choisir les plus emblématiques. « Sans émettre de classification », il a fini par sélectionner avec nous quinze œuvres. On a alors suivi un parcours nous menant sur les pas de l’incontournable street artist grenoblois Snek, du Toulousain Veks Van Hillik qui puise son inspiration dans la nature ou encore de références internationales comme l’Américain Augustine Kofie, père fondateur du graffuturisme, et le Londonien Anthony Lister, connu pour ses œuvres faussement négligées.

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Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Événement | Samedi 16 et dimanche 17 juin, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) et ses partenaires investissent la Bifurk pour un week-end de spectacles, ateliers, concerts, rencontres & co qui donne très envie. Le nom de l’événement ? Le Grand Rassemblement, dont c’est la troisième édition grenobloise. Soit l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes.

Aurélien Martinez | Lundi 11 juin 2018

Grand Rassemblement 4 : toujours plus haut

Après la MC2 fin 2016 et le Magasin des horizons en mai 2017, c’est à la Bifurk d’accueillir le troisième Grand Rassemblement grenoblois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) – mais le quatrième du nom, une déclinaison ayant eu lieu à Annecy en mai dernier. Soit « une manifestation tout-terrain » conçue dans l’esprit du lieu investi. « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art » nous avait expliqué l’an passé le chorégraphe Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2 avec le circassien Yoann Bourgeois. Cette imp

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Le vélo à l'honneur ce week-end avec le festival Velopolis

Événement | « Le Vélo sous toutes les cultures » : tel est le sous-titre de Velopolis, mini festival de deux jours prévu à l’anneau de vitesse du parc (...)

Aurélien Martinez | Mardi 15 mai 2018

Le vélo à l'honneur ce week-end avec le festival Velopolis

« Le Vélo sous toutes les cultures » : tel est le sous-titre de Velopolis, mini festival de deux jours prévu à l’anneau de vitesse du parc Paul-Mistral samedi 19 mai de 10h à 22h et dimanche 20 mai de 10h à 18h histoire de lancer en grande pompe l’événement métropolitain Faites du vélo – prévu, lui, jusqu’au 10 juin. Avec, au programme, des démonstrations (freestyle, trial…) qui devraient en mettre plein la vue ; des ateliers d’initiation (VTT, vélo urbain, draisienne…) pour, plus tard, en mettre plein la vue ; un espace game grandeur nature (un jeu de piste à faire à vélo) ; des animations, des projections de films en plein air… À noter que le festival sera aussi présent à la Caserne de Bonne le samedi de 14h à 19h avec un programme plus réduit. Plus d’infos sur ce temps fort gratuit sur www.velopolis.fr

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Ryan Reynolds : « Deadpool est un personnage dingue, plus grand que la vie »

ECRANS | Derrière le masque de Deadpool se trouve Ryan Reynolds, beau gosse aux traits d’esprits aussi caustiques que le personnage immortel à qui il a donné vie au cinéma. Vous suivez ? Justement, il parle de la suite, "Deadpool 2".

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ryan Reynolds : « Deadpool est un personnage dingue, plus grand que la vie »

Ce deuxième épisode se présente davantage comme une surenchère qu’une suite du premier : l’humour et l’action sont ici amplifiés… Ryan Reynolds : Tout à fait. En étant programmé pour sortir aux beaux jours, il se devait de comporter plus d’action. Mais il fallait conserver le côté décalé du premier, et la dimension "anti-héros" du personnage. Par ailleurs, il y plus d’histoires à raconter, des nouvelles têtes – Domino, X-Forces, Cable… Bref, cela faisait beaucoup de matière pour enrichir cet opus. Quels points communs revendiquez-vous avec le personnage de Deadpool ? J’en ai beaucoup ! (rires) Dès l’instant où je l’ai rencontré voilà onze ans, j’ai insisté pour que le premier film existe, et j’ai dû aller voir tous les studios possibles pour cela. Mais finalement, cela a été un mal pour un bien : le temps ayant passé, il se trouve qu’il était beaucoup plus adapté à l’époque à laquelle nous l’avons sorti. Sinon, c’est vrai que je pense un peu comme Deadpool, mais à sa

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"Deadpool 2" : suite mortelle

ECRANS | de David Leitch (ÉU, 2h) avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin…

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

Ayant trop exterminé de malfaisants, Deadpool reçoit en représailles une "visite" à domicile causant la mort de sa fiancée Vanessa. D’abord désespéré et suicidaire, Deadpool trouve une raison de vivre et de combattre. Ainsi que de nouveaux alliés, qu’il recrute dans sa X-Force… Et si le comédien Ryan Reynolds était en train d’accomplir avec Deadpool, en version ludique et trash, ce que Steven Spielberg avait manqué dans son récent Ready Player One : produire le divertissement adulte célébrant la culture pop dans sa jouissive transversalité absolue ? Incluse dans le cosmos Marvel officiel, mais jouant de la marginalité totale de son personnage-titre pour s’autoriser déviances, provocations et outrages, la franchise possède un enviable statut : Deadpool incarne le "Ça" de la famille, le dépositaire des pulsions inconvenantes, du mauvais goût et de la transgression. L’onanisme, le meurtre, la grossièreté ou le vice sont interdits aux autres boy-scouts ?

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Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

GUIDE URBAIN | Le printemps et ses (potentiels) beaux jours sont là. Voici donc un agenda d’événements urbains à vivre en mai et juin. Suivez-nous.

La rédaction | Mercredi 9 mai 2018

Quand Grenoble s’anime avec les beaux jours

Du vélo en veux-tu en voilà Du 14 mai au 10 juin, le vélo sera à l’honneur dans l’agglo grenobloise, au passage de plus en plus vélo-compatible. « Chaque année, Faites du vélo propose durant plus d'un mois une programmation multiple allant de la simple balade en ville à la compétition de sports extrêmes en passant par un escape game géant ou encore une randonnée vélo-botanique. » Notons aussi l’événement Vélopolis qui aura lieu les 19 et 20 mai à l’Anneau de vitesse du parc Paul-Mistral et qui promet d’en mettre plein la vue. Programme complet de la manifestation sur www.faitesduvelo.com. De la musique sur un parking Vendredi 18 et samedi 19 mai, c’est à l’Esplanade de Grenoble que ça se passera, avec le retour du festival Magic Bus. Côté prog, on sera sur des gros noms comme Puppetmastaz, Sergent Garcia ou encore Kumbia Boruka. Et côté ambiance, ce sera comme chaque année : sympathique !

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Ojo Loco : la folie des grandeurs (cinématographiques)

ECRANS | Zoom sur l'ambitieuse sixième édition du festival Ojo Loco, dédié au cinéma ibérique et latino-américain et piloté par l'association Fa Sol Latino.

Aliénor Vinçotte | Lundi 19 mars 2018

Ojo Loco : la folie des grandeurs (cinématographiques)

Pas si fous que ça les Ojo Loco ! Pour composer leur programmation, les responsables du festival grenoblois de cinéma ibérique et latino-américain sont allés faire leur marché parmi les candidats aux Goya (les César espagnols), en y ressortant des films plébiscités comme Handía (sur l’histoire vraie d’un homme atteint de gigantisme au XIXe siècle, que le comédien Iñigo Aranburu viendra présenter en avant-première), El Autor, Une femme fantastique ou encore Été 93. Mais ils ont bien sûr élargi le tir, puisqu'ils proposent, dans la section "compétition fictions", onze films non distribués en France en lice pour recevoir le prix du public. Trois d'entre eux seront accompagnés à Grenoble par leur réalisateur : El Autor (lauréat de deux Goya donc) de Manuel Martín Cuenca, Cabros de Mierdas du Chilien Gonzalo Justiniano et Últimos Días en la Habana (photo) du Cubain Fernando Pérez. Ce dernier présentera aussi, lors d’une soirée "cinéma de patrimoine", deux de ses ré

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I Hate Models : le feu et la glace

Soirée | « I Hate Models est une des figures fortes de la techno française en ce début d'année 2018 » nous assure l’asso The Dare Night qui le programme vendredi 9 mars à l’Ampérage. On vous en dit plus.

Damien Grimbert | Mardi 6 mars 2018

I Hate Models : le feu et la glace

À l’instar de bon nombre d’artistes évoluant aux confins de la scène techno industrielle européenne actuelle, le Français I Hate Models fusionne dans ses productions comme dans ses DJ-sets diverses influences qui pourraient – a priori – sembler contradictoires. D’un côté, une force de frappe sans commune mesure et un goût affirmé pour les sonorités sombres, rugueuses et brut de décoffrage. Et de l’autre une facette plus mélodique et subtile, issue d’un héritage mélancolique qui trouve ses sources dans la synth-pop, la cold-wave et l’ambient, ainsi que les premières vagues rave et trance du tout début des années 1990. Cette confluence entre puissance d’impact et sophistication, atmosphères éthérées et brutalité rythmique, est pour beaucoup dans l’accueil chaleureux reçu par la flopée d’EPs sortis par le jeune artiste entre 2016 et 2017 pour des labels comme Arts, Columbia, Monnom Black, Voitax ou Toxic Waste Buried. On retrouve d’ailleurs un goût du paradoxe assez similaire (mais dans une veine plus déconstruite et expérimentale) dans la musique du Parisien Paulie Jan (Container, Tripalium Corp, Intervision), dont la performance live de

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Les 5 soirées de la fin février

MUSIQUES | Allons danser à l'Ampérage, à la Belle électrique, à la Bobine ou encore à Eve et au Jules Verne.

Damien Grimbert | Mardi 20 février 2018

Les 5 soirées de la fin février

Vendredi 23 février > l'Ampérage Le Camion Bazar Auteurs de DJs sets groovy, pointus et ultra-éclectiques, Romain Play et Benedetta Bertella alias Le Camion Bazar défendent une conception de la fête conviviale, décontractée et à échelle humaine, qui ne rechigne pas sur les confettis, les couleurs fluo et les boules à facettes pour mettre tout le monde dans l’ambiance. Après un premier passage remarqué à la Bobine au printemps dernier, leur retour à l’Ampérage aux côtés des Rouennais du Collectif Lucien et des locaux de Carton-Pâte Records s’annonce donc haut en couleur. Samedi 24 février > la Belle électrique Michael Mayer + Fort Romeau + Uppah Vétéran de la scène minimale de Cologne et co-fondateur du prestigieux label Kompakt, Michael Mayer est de retour à la Belle électrique pour délivrer l’un des DJ-sets épurés, élégants et mélodiques dont il a fait sa marque de fabrique. À ses côtés, Michael Greene alias Fort Romeau

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"Khibula" : sublime et tragique fin de partie

ECRANS | de George Ovashvili (All.-Fr.-Geo., 1h38) avec Hossein Mahjub, Kishvard Manvelishvili, Nodar Dzidziguri…

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

C’est la débâcle pour le Président de la République géorgienne. Escorté par le dernier carré de ses fidèles, dont le Premier ministre, il erre à travers un pays enneigé, refusant d’être exfiltré par les Russes. En lui demeure l’espoir de reconquérir la confiance de ses compatriotes… Le réaliateur géorgien George Ovashvili a le sens du sublime et de la tragédie. Il transcende donc un fait historique avéré (la fuite et la mort du dirigeant Zviad Gamsakhourdia au début des années 1990) pour donner du grandiose et de la dignité à cette débandade pathétique à travers des villages certes dépeuplés mais toujours accueillants pour leur illustre hôte d’une nuit. L’épopée shakespearienne croise souvent l’absurdité beckettienne, en particulier dans ces fondrières boueuses où le Président et son cortège en costume ruinent leur beaux souliers de ville. Un Président qui, abandonné de tous, au milieu de nulle part, ne se défait ni de son port impavide, ni de sa pauvre serviette – ultime vestige de son pouvoir révolu. Balade triste pour un exil manqué, fuite en avant hantée par le passé et l’incertitude du présent, Khibula est un gr

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Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Politique culturelle | Depuis deux saisons, un vent d’air frais souffle du côté du Théâtre municipal de Grenoble. Finies (en partie) les pièces de boulevard bourrées de stars désuètes ; bonjour les spectacles décalés qu’on ne voyait pas assez dans les autres salles de l’agglo. Et si ce Théâtre municipal qui, au passage, fêtera ses 250 ans l’an prochain, était le nouveau lieu hype à Grenoble ?

Aurélien Martinez | Mardi 12 septembre 2017

Ciel, mon Théâtre municipal de Grenoble change !

Au Petit Bulletin, nous avons au fond d’un bureau des boîtes bourrées d’anciennes plaquettes de saison, ce qui nous permet de mesurer concrètement les changements au fil des ans dans les différentes salles de spectacle de l’agglo. Et quand on se penche sur le cas du Théâtre municipal de Grenoble, on se rend compte qu’ils sont énormes en comparant le programme 2017/2018 à celui, pioché au pif, de 2011/2012. Il y a six ans, on était principalement sur des vaudevilles, classiques ou contemporaines, bourrées de têtes d’affiche vues à la télé – Thierry Lhermitte, Josiane Balasko, Claude Brasseur, Patrick Chesnais, Isabelle Mergault, Roland Giraud, Martin Lamotte ou encore Jean-François Balmer. Oui, tout ce beau monde en une seule saison, ce qui plaisait beaucoup à un certain public – qu’on ne prendra pas le risque de qualifier pour ne vexer personne ! Aujourd’hui, si on croise encore quelques noms connus ici et là (Martin Lamotte, Bruno Solo et Barbara Schulz seront les prochains mois sur les planches de la rue Hector-Berlioz), on se trouve face à une programmation plus variée, et surtout plus risquée, avec des propositions audacieuses qui donnent

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Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

Musique | Zoom enthousiaste sur la nouvelle édition du festival de Bourgoin-Jallieu organisée vendredi 8 et samedi 9 septembre. Un événement qui « souhaite défendre la fine fleur du rock indépendant français et de la chanson, dans une ambiance conviviale et festive ».

Stéphane Duchêne | Mardi 5 septembre 2017

Festival Les Belles Journées : oh les beaux jours berjalliens

C'est un peu comme une pré-rentrée. En attendant que les Abattoirs de Bourgoin-Jallieu ne rouvrent leurs portes pour une saison qui promet quelques beaux moments, le festival de rock français Les Belles Journées, sis lui aussi à Bourgoin, s'occupe des derniers beaux jours (même s'il est devenu plus qu'évident qu'il y a de moins en moins de saison) en marquant la reprise. Et de quelle manière ! Car les deux soirs du "petit" festival du Parc des Lilattes s'annoncent appétissants. Le premier aura une forte odeur de blues avec Butch McKoy, blues (donc) sépulcral à cheval sur la dépouille de Johnny Cash et les esprits de Nick Cave et de David Eugene Edwards (16 Horsepower, Wovenhand), et les Mountain Men de Mathieu Guillou. Quant aux caméléons de Nouvelle Vague (on rappelle le principe : des reprises bossa nova de tubes new wave mais aussi, depuis peu, quelques compositions), ils ne devraient toutefois pas avoir de mal à se faire une tête de tête d'affiche. Le lendemain, le prodige folk lyonnais Raoul Vignal et le bluesman velveto-alsacien Rodolphe Burger feraient

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"Les Nouvelles Aventures de Ferda la fourmi" : Insectes à la tchèque

ECRANS | de Hermina Tyrlova (Tché., 43 min.) animation

Vincent Raymond | Mardi 7 février 2017

L’exhumation des aventures du sympathique hyménoptère, créé il y a une quarantaine d’années par la cinéaste tchèque Hermina Tyrlova, se poursuit avec un nouveau bout-à-bout de courts métrages. On y suit l’espiègle Ferda au milieu de ses amis les insectes, dans un décor et une esthétique rappelant à la fois Le Manège enchanté et le réalisme synthétique des pays frères. Ces saynètes ont, en outre, l’étonnante particularité de s’inspirer des cycles de vie des espèces ici anthropomorphisées, comme si l’auteure avait voulu donner un substrat entomologique sérieux à ces contes pour tout-petits. On appréciera cette initiative éducative, en notant toutefois que le rythme un peu saccadé des images et la musique aux accents bavaro-forains peuvent faire basculer les spectateurs réceptifs à l’hypnose dans un état modifié de conscience.

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Ses mots ont la parole dans "Dernières nouvelles du cosmos"

ECRANS | de Julie Bertuccelli (Fr, 1h25) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 8 novembre 2016

Ses mots ont la parole dans

Présentant les préparatifs d’un spectacle façon MJC, avec un comédien un brin halluciné déclamant des vers post-mallarméens, les premières images inquiètent légitimement. Où donc nous a entraînés la réalisatrice de La Cour de Babel ? Elle livrera peu à peu les clés : l’interprète des poésies est en fait le père d’Hélène, leur auteur. Signant Babouillec, cette trentenaire souffrant d’un trouble autistique ne parle ni n’écrit : elle communique depuis dix ans en désignant une à une les lettres composant les mots reflétant ses pensées. C’est grâce à ce procédé de bénédictin qu’elle a brisé le mur l’isolant du monde et "dicté" ses créations. Julie Bertuccelli fait témoigner ses parents (formidables de présence et de soutien), filme l’auteure à l’œuvre (œuvre de patience) et en discussion avec un mathématicien – sans doute brillant, mais énonçant ici des platitudes. La cinéaste ne pose pas un regard admiratif ou protecteur sur une "curiosité", mais nous fait partager son appréhension d’une démarche artistique singulière. Et prouve également que captée à l’é

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"Les Nouvelles aventures de Pat et Mat" : Casse-tout rama

ECRANS | de Marek Beneš (Tch., 40 min) animation

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

Aussi prompts à recourir à leur boîte à outils qu’inaptes à s’en servir à bon escient, les héros de cette nouvelle fournée de courts-métrages mériteraient de s’appeler Bricolo et Fiasco – leurs interventions se traduisant invariablement par une aggravation de la situation initiale ! Oh, ils ne manquent pas d’inventivité ; seuls le bon sens et l’adresse leur font défaut : ces deux partisans du moindre effort seraient en effet prêts à imaginer (et construire) une machine à peler les bananes plutôt qu’être contraints de les éplucher, dussent-ils pour cela brûler une bananeraie – pourquoi faire simple lorsque l’on peut complexifier à outrance ? Rythmées par une entraînante fanfare synthétique, les cinq aventures de ces bricoleurs du dimanche (7 jours sur 7) au sourire impassible semblent héritées du burlesque muet. Il y a du Buster Keaton dans l’absurdité et le bric-à-brac des gags ; un art de résoudre les problèmes de la pire façon, certes, mais aussi la plus poétique. Héritière de la tradition tchèque, cette "ost-animation" peut paraître rigide de prime abord ; elle s’avère efficace dès 3 ans. D’ailleurs, vous ne pourrez plus jouer aux échecs ou presser une ora

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Magnétisme animal au Festival d'Alba

Festival | Du cirque, encore ? Oui ! Parce que cette discipline ne cesse de se réinventer et d'investir les théâtres pour la seule raison valable qui soit : la qualité de certains spectacles. La preuve au festival d'Alba, en Ardèche.

Nadja Pobel | Mardi 5 juillet 2016

Magnétisme animal au Festival d'Alba

Retours aux sources à Alba-la-Romaine, puisque cette séduisante petite ville antique et médiévale accueille à l'année La Cascade, pôle national des arts cirques emmené par Alain Reynaud, auteur l'an dernier d'une création sur le cycle, Roue libre. Cette année dans le cadre du festival, dix-sept spectacles seront accueillis dont l'intrigant Ours et le roitelet de la marionnettiste de grand talent Émilie Valantin, le maîtrisé (techniquement) mais manquant de liant narratif et de fluidité No/more de la Tournoyante ou encore Bestias (à voir tous les jours sauf le 14 à 20h15 ). Délicate, menée par le couple Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias, et même épisodiquement leur fille, cette fable circassienne est aussi composée à partir des mouvements de chevaux, de poules et d'oiseaux (six perruches et un corbeau-pie) ! En effet, l'homme ne surplombe pas tout et ne domine pas son monde à coups de démonstrations acrobatiques. Pas d’esbroufe ici sinon celle d'une précision d’orfèvre obtenue de la concordance du travail avec l'animal. Tout doucement Le premier à entrer en scène est d'ailleurs le cheval, seul. Plus tard, le

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Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

MUSIQUES | Ce jeudi, le bar à concerts grenoblois se met en mode "Mondo Exotic !" avec une soirée entre surf rock garage, DJ et shows burlesques.

Damien Grimbert | Mardi 14 juin 2016

Du glamour et du Hell-O-Tiki au Maïly’s

Porteuse d’un univers visuel et sonore riche et chamarré, la pop culture américaine des années 1960 sera à l’honneur ce jeudi à l’occasion de la soirée Mondo Exotic !. Organisé à l’initiative de l’association BBB (pour Burlesque, Bigoudis et Bricolage), de retour après quelques années d’absence, cet événement pas comme les autres sera placé sous le double signe d’une thématique « hawaïenne » (surf music, exotica, sculptures tiki, torches et cocktails colorés) et d’une programmation pluridisciplinaire réunissant performances burlesque, concert live et DJ-set. Après une première partie glamour à souhait qui verra défiler les numéros de Velma Von Bon Bon (en photo), Aleksei Von Wosylius, X’tatix Doll et Wanda De Lullabies sous le regard bienveillant de la maîtresse de cérémonie Bettina Corleone, ce sera au tour de la formation belge Hell-O-Tiki de prendre d’assaut la scène. Auteur d’un surf rock garage irréprochable influencé conjointement par la musique de Dick Dale, le cinéma d’horreur kitsch des années 1960 et les comédies grivoises de Russ Meyer, le quatuor masqué formé en 2009 à Arlon cédera ensuite la place aux sélections acidulées du DJ lyonnais Frank’n’Fu

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Grenoble : attention, patrimoine en danger

ESCAPADES | Grenoble n’est pas que béton : il reste en ville un patrimoine historique riche, qui pourtant s’effrite. Place de Verdun, l’Ancien musée de peinture fait partie de ces joyaux en déshérence. On a fait un tour de table pour comprendre comment on en était arrivés là, avec notamment la mairie d’aujourd’hui et celle d’hier.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 juin 2016

Grenoble : attention, patrimoine en danger

Grenoble a un petit parc patrimonial. Pas moins de 800 000 m2, soit juste 20 fois la taille d’Alpexpo. La mairie a pour mission de conserver ce patrimoine. Mais voilà, son entretien revient à 6, 5 millions d’euros par an. Alors lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’avenir de tel ou tel joyau, les élus doivent se gratter la tête. La tour Perret, symbole s’il en est de la Grenoble innovante ? 8 millions d’euros de réparations sont prévus. L’Orangerie, sis boulevard Jean Pain, aujourd’hui consacrée aux espaces verts (matériels divers et palmiers frileux) ? Ce serait 1 million. Au vu de ces montants à sept chiffres, Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine à la Ville de Grenoble, l’assure : il va falloir choisir. « On ne peut pas être partout alors la mairie va faire une liste d’équipements à rénover. » Une réflexion qui va durer jusqu’à l’automne. Elle évoque des lieux à la Villeneuve, sans plus de précisions. Surtout, Maud Tavel pense, comme nous, à l’Ancien musée de peinture. Un gros mor

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Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

ACTUS | Les théâtres 145 et de Poche, qui appartiennent à la Ville de Grenoble mais étaient gérés depuis 2011 par un collectif d'artistes, sont maintenant sous la responsabilité de la directrice du Municipal. Directrice qui vient de dévoiler sa prochaine saison, en compagnie de l'élue aux cultures de la Ville de Grenoble à l'orgine de cette fusion.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 juin 2016

Théâtre municipal de Grenoble : trois théâtres en un donc

Voilà, c’est affiché clairement sur la plaquette de la prochaine saison du Théâtre municipal de Grenoble dévoilée la semaine dernière à la presse : le 145 et le Poche, théâtres du bout du cours Berriat dirigés pendant cinq ans par le collectif Tricycle, sont maintenant chapeautés par le Théâtre municipal, qui dispose ainsi de trois plateaux de jauges différentes (660, 240 et 150 places) pour l’ensemble de ses propositions artistiques. Même si cette réunion n’est visiblement pas encore définitive, comme l’a précisé l’élue aux cultures Corinne Bernard – « il faut qu’on trouve ensemble un chemin pour que tout le monde soit satisfait » (certains lui reprochent cette municipalisation de la culture). Sinon, niveau chiffres, il y aura la saison prochaine 90 levers de rideau sur les trois plateaux pour 48 spectacles en tout et 18 compagnies en résidence de création (principalement au 145 et au Poche). « La pari a été réussi » assure Corinne Bernard, évoquant

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"X-Men : Apocalypse" : le boss, c'est Bryan Singer !

ECRANS | En mettant ses mutants aux prises avec le premier d’entre eux, Apocalypse, Bryan Singer boucle une seconde trilogie des X-Men épique. Et montre que, de tous les réalisateurs de productions Marvel déferlant sur les écrans ces temps-ci, c’est bien lui le patron.

Vincent Raymond | Mardi 17 mai 2016

Lorsqu’une franchise achemine sur les écrans son huitième opus en seize années d’existence, le plus docile et bienveillant des spectateurs est fondé à émettre quelques inquiétudes quant à la pertinence du film. Heureusement, il existe des exceptions ; des sagas parvenant à coups de rebondissements intrinsèques à dépasser le stade de la “suite” et de la resucée, sachant se réinventer ou créer une singularité – James Bond en est un parangon. Dans le vaste univers Marvel (en expansion continue), la tradition (du tiroir-caisse) impose à une série de se développer par ramifications autour de ses personnages-phares, puis de faire tabula rasa en lançant un reboot… tout en s’affadissant. Sauf pour X-Men, îlot d’exception dans un océan tanguant vers les rivages du morne ordinaire. Oh, cela ne signifie pas que l’ensemble de l’octalogie mérite d’être portée aux nues (un ventre mou modelé par Brett Rattner et Gavin Hood la plombe), mais elle présente, outre sa remarquable longévité, une capacité à absorber ses propres spin-off (Wolverine) et reboots (

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Feu! Chatterton : « Une certaine idée de la beauté »

MUSIQUES | Fascinante hydre pop à cinq têtes, Feu! Chatterton est la créature la plus singulière du rock et de la chanson depuis des lustres. Entre transe(s) musicale(s) et textes ébouriffants, théâtralité et détachement, la nouvelle coqueluche de la scène française a su imposer un style aussi unique que volatile, entre aspirations old school et ultra-moderne attitude, qui pourrait le mener très haut. Entretien avec son chanteur et parolier Arthur Teboul, avant le concert à la Belle électrique. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 mars 2016

Feu! Chatterton : « Une certaine idée de la beauté »

Dans le groupe, vous avez tous des profils, des goûts musicaux très différents. Pourtant, vous produisez quelque chose d'à la fois singulier et cohérent. À quel moment vous êtes-vous dit : le style musical, les textes, l'image, tout concorde ? Arthur Teboul : Ce n'est jamais vraiment arrivé. C'est encore une quête. Assembler des pièces pour former un tout, c'est ce qui est assez excitant. L'ambition est venue tardivement. Si on essaie de se mesurer immédiatement à quelque chose de très élevé, on est pétrifié. Il y a toujours un moment où, comme tout jeune groupe, on se dit « je veux être cool » mais c'est une fois qu'on parvient à se débarrasser de cette idée qu'on fait quelque chose d'original. Le fait de s'amuser, de tâtonner ensemble, de s'écouter, d'apprendre de l'autre, le respect mutuel... si tu fais cet effort, à la fin, il y a un beau cadeau : c'est ce moment que tu vas vivre sur scène, charrié par une intention, un travail, une relation, parfois même ce qu'on n'aime pas chez l'autre, parce que c'est important. Votre style et

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"Côte concorde" vu par Feu! Chatterton

MUSIQUES | Arthur Teboul, chanteur et parolier du groupe, nous parle d'un des morceaux dont il est le plus fier, présent sur l'album "Ici le Jour (a tout enseveli)".

Stéphane Duchêne | Mardi 1 mars 2016

« C'est une des chansons dont je suis le plus fier. Parce que c'est très dur de se nourrir de l'actualité et d'y introduire de la durée, de l'universel. Cet événement [le naufrage du Costa Concordia survenu en Méditerranée en 2012 – NDLR], si j'en parle comme d'un fait d'actualité, je n'en éclaire qu'une part : une tragédie, la vie, la mort, bon. Et si j'en fais le symbole d'un libéralisme qui échoue sur le caillou de la tradition, de la discrétion et du silence, c'est tout aussi biaisé. Ce sont souvent des choses idiotes qui nous accrochent. Si ce n'était pas arrivé un vendredi 13, je ne l'aurais jamais écrite. Là c'est tout de suite un mythe, tout de suite symbolique. Et le même jour, on perd le triple A. J'en ai rien à fiche du triple A, mais ce sont trois lettres qui résonnent avec le 13. C'est presque rien, mais ça produit une image. C'est pour ça aussi qu'il y a Strauss-Kahn. C'est un empereur romain : grandeur et décadence. Son destin change en une seconde, le type va devenir président et en quelques minutes tout s'écroule, c'est quand même incroyable. Comme le capitaine du navire qui a simplement voulu crâner devant la côte. Ce n'est pas très

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Le Feu (Chatterton) sur la langue

MUSIQUES | Zoom sur l'album "Ici le jour (a tout enseveli)" du groupe avant le concert grenoblois.

Stéphane Duchêne | Mardi 1 mars 2016

Le Feu (Chatterton) sur la langue

« Un homme ne vous parlera pas de lui, mais donnez lui un masque, et il vous dira la vérité » disait Oscar Wilde. Arthur Teboul, chanteur de Feu! Chatterton dont on connaît maintenant la propension à théâtraliser sur scène, n'hésite pourtant pas en interview à évoquer sa peur du ridicule. De masques il ne porte pas réellement mais un costume droit sorti de Savile Row, à Londres. Sa vérité est dans cette voix voilée déclamant ses textes, bijoux littéraires abscons ou limpides, susceptibles de plusieurs lectures, de lyrisme (sublime Côte Concorde, voir ci-contre) en talk-over (Harlem), pendant que ses quatre fantastiques acolytes tissent des atmosphères de transe entre blues western, post-rock, psychédélisme délirant (La Mort dans la pinède) et invitation au dancefloor (La Malinche). Au fond, ces cinq-là, aux univers très différents, ne produiraient sans doute pas la même musique séparément. C'est ensemble et ensemble seulement qu'ils construisent le Feu! Cha

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Biennale d'art non objectif : minimalisme essentiel

ARTS | C'est une information des plus objectives : la Biennale internationale d'art non objectif se tient aux Moulins de Villancourt jusqu'au vendredi 30 octobre. Le théâtre plastique qui s'y joue est lui à l'image de sa biennale : entre subjectivité et art. Avec pas moins de 17 artistes pour donner résonance à ce courant, la manifestation révèle quelques propositions pointues.

Charline Corubolo | Mardi 6 octobre 2015

Biennale d'art non objectif : minimalisme essentiel

La Biennale internationale d'art non objectif de Pont-de-Claix pourrait être (dans une moindre mesure) le versant artistique du Dogme 95, mouvement cinématographique lancé des réalisateurs danois (dont Lars von Trier et Thomas Vinterberg) : un retour à l'essentiel par une sobriété de la forme en opposition au vaste de l'artifice dans la création, défendu par une faction d'artistes. Mais l'application ici se fait dans une veine minimaliste – alors que le cinéma cherchait un certain naturalisme. Pour sa troisième édition, la manifestation prône une recherche de l'acte plastique comme vérité artistique et humaine. En découle des œuvres minimales, dépouillées et abstraites, parfois difficiles d'accès mais dont l'esthétique et la réflexion s'avèrent l'expression d'une simplicité non gratuite et salvatrice. Roland Orépük, commissaire de l'exposition et chef de fil de ce courant à Grenoble, a invité 17 artistes à déployer leur vision d'un art qui serait non objectif. Une quête dont la genèse est souvent la peinture, puits inépuisable d'expérimentations plastiques et métaphysiques depuis le fin du XIXe siècle. Matrices à dimensions

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Caetano & Gil : amicalement vôtre

MUSIQUES | « Deux amis, un siècle de musique », c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2015

Caetano & Gil : amicalement vôtre

« Deux amis, un siècle de musique », c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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