Benji, roi du circuit

Rock | Les affaires reprenant, Benjamin Biolay peut enfin venir défendre sur scène son "Grand Prix" publié l'an dernier, album victorieux en forme d'hommage aux fous du volant. En même temps que disque bilan aux contours rock.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 octobre 2021

Photo : (c) DR


En 20 ans d'une carrière pour le moins pléthorique, Benjamin Biolay a, quoi qu'on en pense, fait plus que la preuve de son habileté musicale. Paradoxe, on ne lui a jamais connu de véritable tube, quand bien même il s'en est parfois approché d'assez près.

Il semblerait cette fois, après ses détours par Palermo Hollywood et le Buenos Aires de Volver, que Biolay ait trouvé la formule qui déshabille le tube à essai au profit du tube tout court. Il n'a pas fallu attendre la sortie toute fraîche de Grand Prix pour s'en rendre compte. Le single Comment est ta peine ? a fait le boulot en éclaireur — basse ronde et funky comme épine dorsale, rythmique saccadée, mélodie imparable, claviers et arpèges cristallins montés au front et violons en soutien — donnant une idée assez précise de ce à quoi on allait avoir affaire : l'album le plus rock de BB.

Les amateurs d'indie-rock auront peut-être perçu dans ce titre un clin d'œil, en même temps qu'au film de John Frankenheimer (1966), à l'album éponyme du quatuor écossais Teenage Fanclub (1995). Mais si, comme sur la pochette du TFC, Biolay fait figurer un engin de course (une F3 jadis pilotée par Jean-Pierre Beltoise derrière laquelle court un type en flammes), il faut surtout y voir un hommage aux héros casqués des lignes droites empruntées à 300 km/h.

Fureur de vivre

Pour le reste, et pour la première fois, Biolay semble en effet enfin assumer ses influences indé anglo-saxonnes, des Smiths à New Order (tout cela se joue toujours au nord de l'Angleterre). De Visage pâle et ses synthés tortueux à Idéogrammes et ses guitares mi-rentre-dans-le-lard, mi-carillon, en passant par les très Madchester Comme une voiture voilée et Virtual Safety Car, il fait étalage de ses références autant que de ses dispositions.

Le rapport entre la F1 et le rock ? Une certaine fureur de vivre avec la mort penchée sur l'épaule et que l'amour transcende. Mais derrière le concept, une fois le casque enlevé et la carrosserie mise à nue, il reste un Benjamin qui livre, de son propre aveu, l'un de ses disques les plus intimes, les virages d'une vie défilant à rebours dans le rétro, le drapeau à damier en guise de bilan pas très reluisant.

C'est un homme qui approche doucement la cinquantaine en courant à toute allure après sa jeunesse que l'on retrouve sur Grand Prix, à qui le temps qui s'envole comme un Papillon Noir, ne permet plus toutes les fantaisies. Reste donc la jeunesse éternelle que seule on trouve dans le rock et l'éternité du tube qui résonne bien après la dernière note, comme le fracas de la dernière sortie de route.

Benjamin Biolay, jeudi 28 octobre à la Belle Electrique (complet)


Benjamin Biolay + Carla de Coignac


La Belle Électrique 12 esplanade Andry-Farcy Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Balance ton Bar" : comment réduire les risques ?

Nuit | Après le signalement à la justice effectué par Grenoble Ecole de Management sur la circulation de GHB dans les soirées étudiantes, fin octobre, le mouvement Balance ton Bar est une déferlante. Secoués, les acteurs grenoblois du secteur tentent de mettre en place des dispositifs pour limiter les risques de violences sexistes et sexuelles.

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Affligeant mais (hélas) pas surprenant. A Grenoble, la page Instagram Balance ton Bar, lue par près de 7000 abonnés, recense une trentaine de récits de femmes qui rapportent des violences sexistes et sexuelles vécues en soirée. De l’agression pure et dure aux propos machistes, en passant par l’ingestion suspectée de drogue, il y a de tout. Et surtout cette désagréable impression que quelle que soit la gravité des faits, bien souvent, la victime doit se débrouiller avec ça, ou alors se battre pour espérer être entendue. Chaque témoignage (anonyme) est rapporté avec, en titre, le nom de l’établissement où les faits présumés se sont déroulés. A la Belle Electrique, le directeur Fred Lapierre se sent « évidemment concerné. C’est très bien que la parole se libère. Quant à nous, on fait tout ce qu’on peut pour que les gens se sentent « safe » che

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Feu ! Gwizdek

Rock | A peine 30 ans et déjà empreints de nostalgie du passé ; on ne peut malheureusement pas nier qu’on les comprend... (...)

Valentine Autruffe | Lundi 29 novembre 2021

Feu ! Gwizdek

A peine 30 ans et déjà empreints de nostalgie du passé ; on ne peut malheureusement pas nier qu’on les comprend... Feu ! Chatterton dépose les armes et ses mélodies pop-rock imprégnées de douceurs électroniques pour affronter ce Monde nouveau qui l’angoisse et l’agace, à en écouter le 3e album du groupe, Palais d’argile. « Nous marchons tous les deux sur les braises de la nation française » (Ecran total), « Adieu vieux monde adoré » (Cristaux liquides)… La dysphorie d’une génération, qui tentera d’évacuer son mal-être en se déhanchant un soir durant dans une Belle Electrique comble. Il serait bien dommage qu’elle rate la première partie grenobloise de cette soirée. Jusqu’alors on connaissait Daniel Gwizdek pour ses très belles chansons électro-folk au tempo lent (très lent) mais depuis plus d’un an, le garçon négocie à merveille un virage pop réj

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No One Is Innocent fourbit ses armes à la Belle Electrique

ACTUS | L’inépuisable groupe métal No One Is Innocent a terminé cette semaine une résidence de quelques jours à la Belle Electrique, afin de peaufiner la tournée Ennemis 2022.

Valentine Autruffe | Vendredi 19 novembre 2021

No One Is Innocent fourbit ses armes à la Belle Electrique

Bientôt trente ans que No One Is Innocent écluse toutes les scènes rock et métal du pays et au-delà, avec toujours la même verve chantée en français. Cette semaine, le groupe a passé quelques jours en résidence à Grenoble, à la Belle Electrique, afin de préparer son retour sur les routes (No One ne s’en éloigne jamais bien longtemps) avec un nouvel album, Ennemis, sorti en octobre 2021. Quelques Zénith au programme de lives qui seront toujours aussi rugueux ; il suffit d’écouter le titre qui porte le disque, Forces du désordre, pour imaginer la furie prendre possession de la fosse… De quoi exulter contre les ennemis de No One, explicitement rhabillés pour l’hiver dans Les Hyènes de l’info, La Caste ou Polit Blitzkrieg. Rendez-vous le 19 mai 2022 à la Belle Electrique pour le concer

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Gaël Faye, claquage au cœur

Rap | [REPORT : le concert prévu le 19/11 est décalé au 16/12] Grand artiste originaire d'un petit pays, Gaël Faye sera à La Belle Electrique le 19 novembre pour jouer en live Lundi méchant, son dernier album studio. Lui sera « digne et debout » dans une salle comble exaltée par la danse ou les rêveries immobiles !

Eloïse Bonnan | Mardi 16 novembre 2021

Gaël Faye, claquage au cœur

Huit ans après son premier album studio Pili-Pili sur un croissant au beurre, quatre ans après son premier roman à succès Petit Pays, le second album studio Lundi méchant de Gaël Faye sera présenté en live au public grenoblois le 19 novembre prochain. Le concert à La Belle Electrique affiche complet. Si certains ragent de ne pas être de la fête, retenez bien la leçon dans la verve du rappeur franco-rwandais : mieux vaut courir tôt derrière un billet que s’faire des « claquages au cœur » ! Et si on vous disait pourquoi un tel coup de cœur ? Se trouver devant l’artiste franco-rwandais, c’est tout simplement être devant cette implacable machine à souder la poésie et la musique. Littérature ou musique, à quoi bon choisir quand des talents de sa trempe savent si bien les unir ? Preuve sur ce second album tenu d’une extrémité à l’autre par une colonne de textes puissants et que des mélodies plus ou moins rythmées font défiler. À nouveau sur son « bien-aimé petit pays », désignant tantôt le Burundi tantôt le Rwanda, Gaël Faye se penche et puise une inspiration aux horizons infinis. Feat. Christiane Taubira Son

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La Guinguette Electrique fait son retour

MUSIQUES | Après deux premières éditions en forme de parenthèses enchantées en juillet et septembre dernier, la Guinguette de la Belle Électrique fait son grand retour du (...)

Damien Grimbert | Mardi 29 juin 2021

La Guinguette Electrique fait son retour

Après deux premières éditions en forme de parenthèses enchantées en juillet et septembre dernier, la Guinguette de la Belle Électrique fait son grand retour du jeudi 1er au mercredi 14 juillet sur l’esplanade Andry-Farcy. Au programme, bar et restauration, ateliers jeune public, et bien sûr concerts et DJ-sets avec un programme qui s’annonce aussi vaste que chargé. Niveau concerts, il faudra ainsi compter entre-autre avec l’afro-rap véhément du Nigérian Obi, la pop soyeuse du Suédois Peter Von Poehl, le synth-punk 80’s de Venin Carmin, les mélodies créoles de Dowdelin (en photo), la soul engagée de The Buttshakers, l’indie pop de Fantômes et Gwizdek, le néo-R’n’B en anglais de Thaïs Lona ou encore la "techno DIY" de Cheap House. Niveau musiques électroniques enfin, les samedi 3 et 10 juillet fourniront d’excellentes occasions de se dégourdir les jambes avec les DJs sets éclectiques de la Belge AliaA, de la Chilienne Paula Tape et du Lyonnais Pablo Valentino et les sonorités riches en groove de LB aka Labat, Mogan et Mangabey. La Guinguette Électrique. Du 1er au 14 juillet. www.la-belle-electrique.com

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Tauceti, une jeune étoile aux platines

Événement | Déjà programmée deux fois à la Belle Électrique, la DJ y revient pour une "capsule" : une page lui est désormais dédiée sur le site Internet de la salle de concerts, qui permet de la (re)découvrir et de l’entendre dès ce vendredi 16 avril, à partir de 18h. Interview.

Martin de Kerimel | Vendredi 16 avril 2021

Tauceti, une jeune étoile aux platines

On te retrouve vendredi dans la Capsule de la Belle Électrique. Peux-tu d'abord nous dire d’où vient ton nom de scène ? Tauceti : D’une blague avec mon ex-colloc. J’ai commencé au Chalet, un petit bar grenoblois, et le gérant m’a dit qu’il fallait me présenter. C’est là que mon ami a proposé Tauceti, le nom de la seule étoile jaune visible dans la galaxie. J’ai trouvé ça mignon et c’est resté. Tu fais de la musique depuis longtemps ? Oui, j’ai toujours été dedans, y compris au lycée, avec des horaires aménagés. J'ai notamment fait de la batterie. Mes parents m’ont encouragée. J’ai d’abord eu une éducation classique, avant d'arriver à Grenoble pour mes études supérieures. Ici, c’est le berceau de la musique électronique ! J’ai rencontré des gens qui m’ont appris à mixer. C’est vraiment ce que je voulais faire ! Tu faisais des études de philo avant, c’est ça ? Tout est arrivé en même temps. En fait, la musique a commencé à me "prendre" quand j’étais en première année d’études.

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Belle Électrique : MixLab et la Ville avancent

ACTUS | Les deux entités le confirment : en fin d’année dernière et ce mois-ci, de nouvelles réunions de travail ont eu lieu entre la Ville de Grenoble et l’association MixLab pour dessiner l’avenir de la Belle Électrique.

Martin de Kerimel | Mercredi 27 janvier 2021

Belle Électrique : MixLab et la Ville avancent

Toujours pas de concerts, mais ça travaille en coulisses à la Belle Électrique. MixLab, qui craignait fort d’être mise à l’écart sans explication, témoigne désormais de son sentiment d’être revenue « sur un terrain où il est possible de discuter » avec la Ville. Clairement, après les vives tensions autour du conseil municipal de décembre, le climat paraît désormais apaisé entre les deux partenaires. Il leur reste toutefois du pain sur la planche. Leur premier objectif commun : avancer vers la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). « La délégation de service public que nous avons attribuée à MixLab court jusqu’à la fin de l’année, explique Lucille Lheureux, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Il nous faudra donc avoir défini un nouveau mode de gestion avant le 1er janvier prochain. On travaille en ce sens avec l’association, qui est légitimement placée au centre de nos débats, puisque le bâtiment avait été conçu selon son projet et qu’elle en a été le gestionnaire depuis le début ». Du pain sur la planche Deux options sont dans les tuyaux : que MixLab se transforme en SCIC, ce qui est l

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Belle Électrique : et maintenant ?

ACTUS | Pas de surprise au conseil municipal de Grenoble : malgré une opposition unanime pour la dénoncer, la délibération qui déclare infructueuse la procédure de renouvellement de la concession de service public de la Belle Électrique a été votée mardi 14 décembre. MixLab, l’association gestionnaire, ne serait toutefois pas hors-jeu. À suivre…

Martin de Kerimel | Mardi 15 décembre 2020

Belle Électrique : et maintenant ?

La vie publique a parfois des allures de marathon. C’est ainsi qu’au total, 113 délibérations étaient inscrites à l’ordre du jour du conseil municipal de Grenoble mardi 14 décembre. Organisés en visioconférence, les débats ont démarré à 15h tapantes et se sont prolongés jusque tard dans la nuit. Il était déjà 22h30 quand le maire Éric Piolle a ouvert la discussion sur la délibération numéro 67, consacrée à l’avenir de la Belle Électrique. Il est apparu que, contrairement à ce que nous avions envisagé au début de cette semaine, la municipalité n’a pas souhaité faire entériner immédiatement le principe de la constitution d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), chargée d’assurer la gestion quotidienne de l’établissement. Ce choix devrait être débattu lors d’un futur conseil, début février prochain. Il s’est d’abord agi de confirmer que la procédure de renouvellement de la concession de service public était infructueuse. Et ce malgré l’assurance donnée à MixLab, l’association gestionnaire, que ce mode de fonctionnement serait encore de mise jusqu’à fin 2021 (

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Belle Électrique : MixLab respire mieux

ACTUS | Vendredi 11 décembre, l’association gestionnaire de la salle a pu obtenir des éclaircissements de la Ville de Grenoble quant à l’avenir de son activité à court terme. C’est un peu apaisée qu’elle va suivre la réunion du conseil municipal lundi 14, qui devrait entériner le changement de statut de la structure.

Martin de Kerimel | Vendredi 11 décembre 2020

Belle Électrique : MixLab respire mieux

Tout n’est pas réglé, bien sûr, mais les membres du conseil d’administration de MixLab devraient mieux dormir ce week-end. Au terme de leur rencontre de vendredi matin avec des représentants de la Ville, il apparaît que la municipalité ne prévoit pas de les écarter de la Belle Électrique pour décider seule du devenir de l'établissement. La discussion de cette fin de semaine a permis de rétablir le dialogue pour la toute première fois depuis le 27 octobre, date à laquelle la Ville avait décidé de mettre fin à la délégation de service public. Sauf très improbable revirement de situation, lundi prochain, 14 décembre, le conseil municipal de Grenoble devrait entériner la délibération qui fera de la Belle Électrique une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Et après ? « Beaucoup de choses restent en suspens, nous a indiqué un membre du conseil d’administration de MixLab. Nous avons le sentiment que la Ville nous a entendus et compris. Il semble qu’à l’avenir, nous serons davantage associés aux décisions que nous l’avions imaginé, mais nous restons dans l’attente de précisions. Même s’il y aura bien sûr des choses à revoir, notre projet n’a pas été rej

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Quel avenir pour MixLab à la Belle Électrique ?

ACTUS | Un rendez-vous crucial doit avoir lieu vendredi pour l’association MixLab : l’actuel gestionnaire de la Belle Électrique attend des explications sur l’intention de la Ville de confier les commandes de l’établissement à une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Un projet qui pourrait être porté devant le conseil municipal dès lundi prochain, 14 décembre.

Martin de Kerimel | Jeudi 10 décembre 2020

Quel avenir pour MixLab à la Belle Électrique ?

Elle avait commencé à parler de ses futurs concerts avec prudence, en confirmant les dates de report de certains artistes initialement programmés cette année. Il faut bien reconnaître qu’au fil de ces annonces rassurantes, on ne s’inquiétait plus trop du sort de la Belle Électrique. On nous avait assuré qu’il n’y avait pas forcément de quoi, puisque la délégation de service public confiée à l’association MixLab avait même été prolongée jusqu’à fin 2021. Autant dire que le communiqué parvenu à notre rédaction en début de semaine a eu l’effet d’une douche froide. Son titre : « Le projet de la Belle Électrique doit-il disparaître ? ». Suivent deux pages d’explication pour aboutir à ce triste constat : « Dans un contexte sanitaire incertain, la Ville de Grenoble semble vouloir changer de modèle d’exploitation. » MixLab estime pourtant que, le 14 février dernier, au cours d’une réunion, elle avait « entièrement répondu aux demandes et attentes de la Ville exprimées dans le cahier des charges (…) et remis une offre ajustée. » Ses activités devaient donc se poursuivre sur cette base. Pourtant, le 27 octobre, l’association a été informée

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Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

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La Belle continue en extérieur

MUSIQUES | Concerts / Après une première édition en juillet dernier qui avait rencontré un joli succès, la Guinguette de la Belle Électrique fait son retour du 10 au 20 septembre sur l’esplanade Andry Farcy sous une forme un peu plus ambitieuse. Revue de détail.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

La Belle continue en extérieur

Ç'avait été l’une des surprises bienvenues de juillet dernier : loin de céder au marasme ambiant post-confinement, l’équipe de la Belle Électrique avait retroussé ses manches et organisé, avec les moyens du bord, trois soirs par semaine et pendant trois semaines, une programmation gratuite en plein air réunissant concerts, DJ-sets, bar et food truck sur l’esplanade juste à côté du lieu. Une proposition qui avait su fédérer un large public dans une ambiance très conviviale, sans contrevenir pour autant aux réglementations sanitaires en vigueur. À défaut de pouvoir maintenir l’édition 2020 de leur festival Jour et Nuit, les organisateurs ont donc décidé de remettre le couvert deux semaines durant en septembre, tout en s’offrant le luxe de "booster" un peu l’ampleur de leur programmation par la même occasion. Si la première semaine ne démérite pas, avec notamment un plateau rock/garage le vendredi, une soirée pop/électro le samedi et une jolie proposition afro-caraïbes le dimanche, c’est surtout la deuxième semaine qui retient notre attention en termes d’affinités musicales. On attend en effet beaucoup du retour des talentueux Hollandais du Mauskovic Dance Band, dont le curieux sy

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Lumière sur Jour & Nuit

Festival | On fait un point sur la huitième édition du festival organisé par la Belle électrique du jeudi 5 au samedi 7 septembre.

Damien Grimbert | Mardi 3 septembre 2019

Lumière sur Jour & Nuit

C’est une huitième édition charnière à plus d’un titre pour le festival Jour & Nuit. Déjà parce qu’historiquement, le festival, créé en 2012 (soit trois ans avant l’ouverture de la Belle électrique), a toujours eu pour vocation de servir de vitrine à l’association MixLab en charge de la gestion de la salle au moins jusqu’en 2020. Autant dire qu’une édition 2019 réussie ne pourra que peser favorablement sur le renouvellement du contrat de gestion (la fameuse "délégation de service public") entre la Ville et l'asso. Ensuite parce qu’après avoir changé sans cesse de configuration, année après année, la formule établie lors de l’édition 2018 s’était avérée une éclatante réussite, permettant au festival de franchir un cap incontestable… Le défi consistant désormais à faire au moins aussi bien. En toute logique, l’architecture de Jour & Nuit va donc rester cette année sensiblement identique à la précédente, avec trois scènes distinctes reliées par différents stands, une gratuité quasi totale (seules les deux soirées tardives dans l’enceinte de la salle restent payantes) et bien sûr une programmation musicale vaste, pointue et foisonnante. L

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Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Semaine thématique | On déroule le sommaire de la "semaine du dancefloor" qu'organise la salle grenobloise du mardi 18 au vendredi 21 juin

Damien Grimbert | Mardi 11 juin 2019

Le dancefloor au scalpel à la Belle électrique

Après, entre autres, le punk et les musiques populaires jamaïcaines, c’est cette fois au dancefloor de faire l’objet d’une semaine thématique à la Belle électrique. Au programme, on retrouvera ainsi mardi 18 une projection du documentaire "historique" (il fut diffusé pour la première fois sur Arte en 1996) Universal Techno de Dominique Deluze, qui retrace la genèse du genre à Détroit en compagnie de ses trois pères fondateurs : Juan Atkins, Derrick May et Kevin Saunderson. Un gros morceau, au même titre que la conférence du lendemain (mercredi 19 donc), qui réunira Michel Amato alias The Hacker et Jean-Yves Leloup, l’un des meilleurs critiques et journalistes français dans le domaine des musiques électroniques (on vous recommande chaudement ses passionnants ouvrages parus chez l’éditeur Le Mot et Le Reste), et accessoirement curateur de la récente exposition-événement Électro, de Kraftwerk à Daft Punk en place à la Philharmonie de Paris. Jeudi 19, place à une soirée dansante au bar de la Belle électrique chorégraphiée et mise en scène par Yannick Siméon

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Un Labo de la Belle pour « donner de l’ampleur au projet de la Belle électrique »

ACTUS | La salle de concert grenobloise vient d'inaugurer une annexe dédiée à « l'accompagnement, la création et la structuration ». On vous en dit un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 9 avril 2019

Un Labo de la Belle pour « donner de l’ampleur au projet de la Belle électrique »

Drôle de petit bâtiment municipal situé dans le parc Hoche, en lisière du boulevard Gambetta, juste en face de la caserne de Bonne (c’est bon, vous voyez ?), la Clé de Sol est en profonde réhabilitation depuis quelques années. Après avoir vu une petite partie de ses murs métamorphosée en ateliers d’artistes en 2017, voilà le reste aujourd’hui transformé en Labo de la Belle, la Belle étant l’abréviation de la Belle électrique. « On va enfin pouvoir avoir les locaux qui nous manquaient cruellement à la Belle électrique, comme la salle n’a pas de studio et d’espace de travail autonome. Ça va permettre de donner de l’ampleur à ce que l’on fait » s’enthousiasmait le soir de l’inauguration (jeudi 21 mars) Laurent Duclos, président de l’association MixLab qui gère la Belle. Une installation loin du quartier Bouchayer-Viallet (là où se situe la Belle) rendue possible par

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Décret son : the sound of silence ?

ACTUS | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concert, clubs et festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs grenoblois du secteur. Par Stéphane Duchêne et Aurélien Martinez

La rédaction | Mardi 5 mars 2019

Décret son : the sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again. » C'est un peu l'ouverture du morceau The Sound of Silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musiques actuelles depuis octobre, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017 (voir ci-dessous). Un texte dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals (y compris en plein air), l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses – NDLR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 dB. Si, sur le papier, la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. De l'avis de la plupart des acteurs concernés, c'est un peu le problème de cette loi : elle

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La Belle électrique lance ses soirées "Let's dance" pour « aller vers plus d’ouverture »

ACTUS | À l’occasion, samedi 20 octobre, de la première édition des soirées "Let’s dance" avec Honey Soundsystem, Alban Sauce, responsable de la programmation musiques électroniques de la Belle électrique, revient avec nous sur ce nouveau concept de soirée et ce qu’il laisse augurer pour la suite, mais aussi plus largement sur ses choix (et contraintes !) de programmation.

Damien Grimbert | Mercredi 17 octobre 2018

La Belle électrique lance ses soirées

Quel est le principe des soirées Let’s dance qui vont débuter samedi 20 octobre avec Honey Soundsystem ? Alban Sauce : L’idée, c’est avant tout d’avoir des événements dédiés aux musiques de groove, aux musiques qui font danser. D’être moins sur un truc très basique techno/house pour aller vers plus d’ouverture, et mettre en lumière des artistes, comme on a pu le faire déjà avec Hunee et comme on va le faire en décembre avec Antal, qui sont hyper transversaux et vont jouer à la fois de la house, du zouk, des trucs complètement différents dans leur set, tout en gardant une cohérence. Bref, des artistes dont le seul objectif est de faire danser les gens. Je pense que pendant de nombreuses années, dans la techno, on a perdu un peu cette notion de groove, et j’ai l’impression qu’aujourd’hui, grâce notamment à ce qui se passe à Amsterdam avec des artistes comme San Prope

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Clé de Sol et de désaccords entre la Belle électrique et certains musiciens grenoblois

ACTUS | Alors qu’au 1er juillet la Belle électrique va officiellement récupérer la gestion du bâtiment grenoblois la Clé de Sol, situé boulevard Gambetta, afin de développer son projet d’accompagnement de la scène musicale locale, les groupes grenoblois qui y répétaient ont été sommés de quitter les lieux. Et s’en sont émus dans une tribune qui a beaucoup tourné. On fait le point.

Aurélien Martinez | Lundi 25 juin 2018

Clé de Sol et de désaccords entre la Belle électrique et certains musiciens grenoblois

C’est une information arrivée mi-juin dans la boîte mail de huit groupes grenoblois (The Chainsaw Blues Cowboys, General Cluster, Vercors, Bleu Tonnerre, Rising Steel, Schräpnel, Eight Sins et Inner Sanctuum) qui répètent depuis un certain temps dans le sous-sol de la Clé de Sol, bâtiment municipal situé aux abords du parc Hoche, en face de la Caserne de Bonne : il va falloir quitter les lieux au 1er juillet, l’association MixLab qui gère la Belle électrique les récupérant à la suite d'un appel à projets de Ville – ils étaient gérés jusque-là par Hadra, association centrée sur « la promotion et la reconnaissance des musiques électroniques » qui s’intègre d’ailleurs dans le nouveau dispositif. Une annonce qui a fortement inquiété les musiciens, d’où la publication d’un texte en ligne titré «

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"La Douleur" : Mélanie Thierry, étonnante Marguerite Duras

ECRANS | de Emmanuel Finkiel (Fr., 2h06) avec Mélanie Thierry, Benoît Magimel, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Lundi 22 janvier 2018

L’ironie sordide de l’actualité fait que ce film sort sur les écrans peu après la disparition de Paul Otchakovsky-Laurens, l’éditeur ayant publié le livre dont il est l’adaptation. Un livre qui aurait pu demeurer dans une confidence obstinée : Marguerite Duras prétendait avoir oublié jusqu’à l’existence de la rédaction de cette partie de son journal intime – la mémoire sait être sélective pour s’épargner certaines souffrances. Son mari Robert Antelme ayant été arrêté puis déporté, Marguerite Duras jette sur des cahiers le cri muet de son attente quotidienne ; cette douleur sourde avivée par l’incertitude et la peur pour l’autre, pour le réseau, pour soi. Dans la moiteur d’une Occupation expirante, un flic collabo profite de l’absence de nouvelles (bonnes ou mauvaises) pour engager avec elle un jeu pervers de séduction… Mais qui instrumentalise qui ? Mémoire effacée et ravivée, souvenir de la Shoah… On comprend que le réalisateur Emmanuel Finkiel ait été touché par le thème et la démarche de Duras. Pour cette adaptation naturellement sèche, il convoque la grande Histoire dans ses compartiments les plus intimes, faisant abstrac

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Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

GUIDE URBAIN | Étudiant nouvellement arrivé à Grenoble ou vieux de la vieille en manque d’inspiration, vous voilà en quête d’un spot où finir la soirée ? Quand, entre 1h et 2h du matin, les rideaux des bars commencent à fermer, d’autres lieux (salles de concert, boîtes, clubs…) sont là pour vous ouvrir grand les bras. Sélection.

Sandy Plas | Mardi 3 octobre 2017

Où sortir à Grenoble jusqu’au petit matin ?

L’Ampérage Musiques psychédéliques, transe, rock ou électro : l’Ampérage est la salle de concert associative où se croisent toutes les cultures. Et un point de ralliement pour tous ceux qui aiment bouger jusqu’au petit matin. Car entre deux concerts, l’endroit propose nombre de soirées marquées par un bel éclectisme. À l’image des Melting, qui permettent de sauter à pieds joints dans la culture psychédélique. 163, cours Berriat – Grenoble. Tram A, arrêt Berriat-Le Magasin. De 23h à 6h. Tarifs variables selon les soirées. Tél. 04 76 96 55 88 Le Drak-Art Amateurs de cultures alternatives, le Drak-Art est fait pour vous ! Se croisent ici une bonne partie de ce qui se fait de mieux en matière de musique techno et électro, avec des virages vers le dub et le drum and bass. Un bon mélange à apprécier sur le dancefloor qui se transforme au gré des soirées, plus ou moins intimes. Le bonus ? La fermeture à 7h du mat’, histoire de rentabiliser la soirée jusqu’au bout. 163, cours Berri

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Robin Campillo : « J'ai un point de vue de militant de base »

ECRANS | Auréolé du Grand prix du jury au dernier Festival de Cannes, le scénariste et réalisateur de "120 battements par minute", en salle le 23 août, revient sur la genèse de ce film qui fouille dans sa mémoire de militant.

Vincent Raymond | Vendredi 21 juillet 2017

Robin Campillo : « J'ai un point de vue de militant de base »

Comment, avec un tel sujet (« Début des années 1990 ; alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale »), évite-t-on de tomber dans le piège du didactisme ? Robin Campillo : Ça fait longtemps que se pose pour moi le problème des scénarios qui prennent trop le spectateur par la main comme un enfant et qui expliquent absolument tout ce que vivent les personnages. La meilleure façon que j’aie trouvée, c’est de reprendre ce truc à Act Up-Paris : il y avait un type qui, à l’accueil, expliquait très bien comment fonctionnait la prise de parole. Mais ensuite, quand on était dans le le groupe, on ne comprenait absolument plus rien à la manière dont fonctionnaient les gens : il y avait trop d’informations ! On s’apercevait que le sujet sida était éclaté en plein d’autre sujets, et on était perdus. J’ai donc voulu jeter le spectateur dans cette arène, comme dans une piscine pour qu’il apprenne à nager tout seul. Je voulais qu’il n’ait pas le temps de réagir à ce qui se produisait, aux discours ni aux actions, lui donner l’impression q

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Et si l’entreprise sauvait la culture?

ACTUS | La crise que connaît depuis des années le monde culturel laisse de la place à de nouvelles initiatives. Start-ups ou financements mixtes naissent à Grenoble pour pallier le manque de soutien des collectivités publiques. Retour sur plusieurs exemples locaux, comme la Belle Électrique ou Short Édition.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 février 2017

Et si l’entreprise sauvait la culture?

La situation économique de la culture commence à devenir alarmante en France. Rien qu’à Grenoble, on ne compte plus les festivals qui s’arrêtent (Rocktambule), les salles qui ferment (le Ciel), les assos qui périclitent (Sasfé à la Villeneuve). Certains acteurs de l’agglomération tentent de trouver des solutions comme l’a remarqué Olivier Zerbib, sociologue de la culture et du management de l’innovation à l’IAE (Institut d’administration des entreprises) de Grenoble. « Puisque le ministère de la Culture ne donne pas de direction, puisque la Ville de Grenoble ne diffuse qu’un discours comptable, la culture cherche de nouvelles sources de financement. » La Belle Électrique organisait ainsi en septembre dernier l’événement Culture < > Futur, qui avait lieu au Musée de Grenoble. On y « découvrait et échangeait sur les tendances culture, entrepreneuriat et numérique » nous explique Alban Sauce, de l’association MixLab (qui gère la salle de con

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Et la Belle électrique créa son propre label

Initiative | La salle organise une soirée ce samedi 28 janvier pour fêter ça.

Damien Grimbert | Mardi 24 janvier 2017

Et la Belle électrique créa son propre label

Dernière émanation en date de l’association MixLab, en charge de la Belle électrique et du festival Jour & Nuit, le Label électrique accouchera bientôt de sa première sortie : un EP du DJ/producteur house/techno grenoblois Abell alias Christophe Deutsch, auparavant actif sous le pseudo Stuff. Composé de deux titres ainsi que d’un remix signé par le producteur lyonnais Kosme, cette première sortie, prévue pour fin février/début mars (mais qui sera célébrée ce samedi avec une grosse soirée gratuite – sur réservation), sortira conjointement en format numérique et vinyl (à hauteur de 250 exemplaires), et bénéficiera du puissant réseau de distribution du label allemand Kompakt, qui prendra également à sa charge la majeure partie des coûts de production. Pensé comme un outil supplémentaire dans la démarche d’accompagnement des pratiques à destination des artistes locaux, le Label électrique devrait ainsi permettre à ces derniers de profiter du réseau tissé par la Belle électrique avec les différents artistes internationaux qu’elle programme dans ces murs. Une étape supplémentaire dans le développement de la stratégie à 360° mise en place par MixLab depui

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Le beau Biolay nouveau est arrivé

MUSIQUES | Quatre ans après "Vengeance", Benjamin Biolay revient avec un album frappant d'originalité et de sincérité. Véritable renaissance après sa dépression, "Palermo Hollywood" est un pied de nez aux préjugés qui lui collaient à la peau. Il sera jeudi à la Belle électrique.

Gabriel Cnudde | Mardi 15 novembre 2016

Le beau Biolay nouveau est arrivé

« C'est en s'oubliant qu'on trouve. » Qu'il ait été inspiré ou non par cette prière de saint François, Benjamin Biolay s'est vraisemblablement retrouvé sur son septième album studio, Palermo Hollywood. Au fond du gouffre pendant de longues semaines, perdu entre l'alcool et les médicaments, c'est en Argentine que le chanteur à texte a trouvé un échappatoire. Sept ans après le magistral La Superbe (2009), Biolay devait faire taire ceux qui pensaient que sa carrière avait alors atteint son apogée. Si Vengeance (2012) n'avait pas fait l'unanimité, Palermo Hollywood, lui, a davantage séduit. Ce succès retentissant, Benjamin Biolay le doit avant tout à sa capacité de réaction. Raillé pour son penchant naturel à la mélancolie, moqué pour son côté sombre, il a aujourd'hui réussi à sortir de ce carcan pour s'ouvrir à de nouveaux horizons musicaux. Resort de cette éclosion un album à l'orchestration magnifique sur lequel Ennio Morricone et quelques bandas prennent tour à tour le contrôle du chanteur. On remue des épaules sur le festif La noche ya no existe puis on danse plus franche

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Metal en fusion à la Belle électrique

ACTUS | Ce jeudi, la Belle électrique accueille la première édition du Metallian Fest, consacré donc à la musique metal. On a passé un coup de fil aux organisateurs, qui nous ont parlé programmation mais aussi succès entre la salle grenobloise et cette esthétique musicale.

Aurélien Martinez | Lundi 19 septembre 2016

Metal en fusion à la Belle électrique

Première édition pour le Metallian Fest donc. Enfin, festival, c’est un bien grand mot comme nous le précise Yves Campion, président de Metallian Productions, structure grenobloise à l’origine du projet. « On a appelé ça festival vu qu’on a eu la chance d’avoir deux gros plateaux en même temps, sur le même jour – ce sont deux tournées qui se rejoignent. Mais ce n’est pas vraiment comme un festival type avec des stands de merchandising et tout ce que l’on peut voir sur tous les festivals. » Six groupes en tout, qui étaient tous en "day off" ce jour-là (d’où le fait que le festival tombe en plein milieu de semaine), dont de grosses têtes d’affiche (Arch Enemy, Destruction…) pour un événement qui commencera à 17h pour se finir à minuit. Et un événement qui se tiendra dans une grande Belle électrique de 1000 places qui a clairement comblé un manque. La belle métalleuse « Avant l’arrivée de la salle, il n’y avait pas de scène intermédiaire pour ce genre de proposition, entre un Ampérage petit et un Summum trop gros. C’est vraiment la Belle électrique qui a créé cette énergie nouvelle

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Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Saison 2016 / 2017 | On fait quoi jusqu'à la fin de l'année ? On va écouter qui ? Voici une sélection extraite de notre panorama de rentrée culturelle sorti le 14 septembre. Mais allez fouiller aussi sur notre site, dans le coin "les choix de la rédaction" ; vous verrez : on attend de nombreux autres concerts !

La rédaction | Jeudi 15 septembre 2016

Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Ben Harper À en croire la chanson titre de son album Call it what it is, et en tout cas sur ce morceau au moins, Ben Harper continue, après un album avec maman, de revenir aux sources et aux tripes du blues, quelque part du côté de chez Taj Mahal, mais sans se départir de ses accents politiques. Ici, il est question de la vague de bavures meurtrières de la police américaine à l'endroit de nombre de jeunes noirs. C'est donc un Ben Harper habité, comme il l'est aussi en mode Stevie Wonder sur Shine, que l'on retrouvera sur la scène du Summum pour la deuxième en deux ans. Au Summum mardi 4 octobre __________ Stranded Horse Génial esprit transversal, le dénommé Yann Tambour n'en finit plus de tirer le fil que constituent les cordes d'une kora, produisant un mariage de folk, de pop et bien sûr de musique traditionnelle mandingue qui est allé un jour jusqu'à s'échouer magnifiquement sur les terres grises de Joy Division (ah, cette reprise de

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Les soirées de l’été à Grenoble

MUSIQUES | Où danser cet été ? Plusieurs choix s’offrent à vous. Les voici.

Damien Grimbert | Mardi 5 juillet 2016

Les soirées de l’été à Grenoble

La Bobine maintient ses apéro-mixes du mardi tout l’été avec une programmation aussi riche que diversifiée. À ne pas manquer non plus, les deux barbecues-mixes en journée les dimanches 24 juillet (Dub on The Beach) et 28 août (Garden Boogie). Les Mercredis Pimentés restent actifs au Canberra (sur le campus) pendant tout le mois de juillet, avec notamment le crew strasbourgeois cosmopolite Caterva en renfort des Narco Polo le 13, et une soirée réunissant tous les crews résidents le 27. Le bar de la Belle électrique accueillera le collectif de turntablists Downtown Mayhem à deux reprises les vendredis 8 et 29 juillet, mais également les filles du Grenoble Mixing Girls Club le vendredi 22 juillet. Le Drak-Art propose encore quelques soirées les 8, 9, 13 et 16 juillet, avant de clôturer sa saison avec la fameuse Maliboule Pool Party d’Eddy Rumas le samedi 30 juillet. Au programme : barbecue, pétanque, piscine et sound-system en plein air de 15h à 22h, suivi d’une bass party en intérieur jusqu’au petit matin ! Le Mark XIII ne restera

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"Irréprochable" : inquiétante Marina Foïs

ECRANS | de Sébastien Marnier (Fr., 1h43) avec Marina Foïs, Jérémie Elkaïm, Joséphine Japy, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 5 juillet 2016

On ne spolie pas grand-chose de l’intrigue en laissant entendre que Constance, jouée par Marina Foïs, est ici tout sauf irréprochable. Crampon vaguement crevarde au début, elle se révèle ensuite mytho et érotomane, avant de dévoiler au bout du bout un visage plus trouble. Une cascade de "retournements" un peu outrés, censés changer notre point de vue sur ce personnage donné (trompeusement) pour bohème sympa. Le problème, c’est que l’on sait d’entrée qu’il y a un souci : regard fixe et lourd, attitudes maniaques, Constance n’a rien de la fille à qui vous confiriez votre sandwich ni votre code de carte de crédit ; elle respire le vice plus que la vertu. Modeler de la noirceur et des ambiances intrigantes ou inquiétantes semble davantage intéresser Sébastien Marnier qu’animer un personnage cohérent. Dommage, car il dispose par ailleurs d’atouts non négligeables : une distribution surprenante (mais qui fonctionne), ainsi qu’une excellente bande originale signée Zombie Zombie – un adjuvant essentiel.

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"Vicky", l'ego trip de Victoria Bedos

ECRANS | de Denis Imbert (Fr., 1h28) avec Victoria Bedos, Chantal Lauby, François Berléand, Benjamin Biolay…

Vincent Raymond | Mardi 7 juin 2016

En théorie, on devrait éprouver compassion et bienveillance pour Victoria Bedos, la pauvre petite fille riche racontant ici sa difficulté d’avoir pour père un comédien misanthrope et pour frère un monstre d’égoïsme se servant d’elle comme d’un paillasson – de préférence les soirs de pluie. C’est à cause, ou grâce, à ces modèles masculins étouffants qu’elle a voulu se réinventer sur grand écran en devenant chanteuse underground, car elle a du talent, elle aussi… Mais notre empathie, on s’assoira dessus, puisque la comédienne-scénariste affirme qu’il ne faut chercher aucun règlement de compte dans ce film servant sa gloire et fusillant les affreux machos autocentrés de sa parentèle. Elle s’est pourtant donné bien du mal pour accentuer les ressemblances et que chacun identifie sans peine les Bedos derrière les Bonhomme. Cela dit, en étant de presque tous les plans dans l’autoficiton qu’elle se consacre, Victoria montre n’avoir rien à envier à son entourage en matière d’ego. Voir Vicky, c’est un peu comme assister à un spectacle scolaire de fin d’année joué par d’autres enfants que les vôtres : à quoi bon ?

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Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

ACTUS | En complément de la grande interview d’Éric Piolle et Corinne Bernard, zoom sur quatre sujets qui occupent en ce moment l’adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 avril 2016

Grenoble : les dossiers d'Éric Piolle et Corinne Bernard

Le Ciel / la Belle électrique Le contexte : Depuis l’arrivée de la Belle électrique en janvier 2015, la Ville repense son maillage de salles de concert. Et souhaite que cette dernière obtienne le prestigieux label "scène de musiques actuelles" avec le Ciel, petite salle située près de la place de Verdun qui se trouve en difficulté aujourd’hui faute à une baisse de subvention de la part de l’État. Corinne Bernard : « Ça y est, on a des bonnes nouvelles ! Au 1er juin, la convention smac sera effective pour les deux lieux, et tout le monde est avec nous – État, région, département. » Sur le Ciel : « La salle est utilisée 220 jours par an, on a 9 studios : il faut qu’on aille encore plus loin sur la répétition et la formation. C’est un lieu en centre-ville qui ne génère aucune nuisance sonore, on peut l’ouvrir H 24 avec un petit peu d’investissement – et c’est prévu. C’est un bijou bien caché : va juste falloir qu’on mette la lumière et qu’on dise que c’e

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PB d'or 2015 : musique et soirées

MUSIQUES | 2015 aura été marquée par l'ouverture d'une nouvelle salle à Grenoble et la confirmation du talent d'une artiste que l'on suit depuis longtemps au Petit Bulletin.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : musique et soirées

Le PB d’or de la salle qui n’a pas déçu : la Belle électrique On en parlait depuis vingt ans de cette salle de 1000 places à Grenoble, pensée comme un intermédiaire entre un immense Summum et d’autres plus petits lieux. Inaugurée en janvier dernier avec une grosse soirée gratuite, la Belle électrique a rapidement trouvé son rythme de croisière entre têtes d’affiche populaires, musiciens moins bankables et soirées électro jusqu’à 6 heures du matin. Du coup, le public s’est très vite emparé de cet espace remarquablement pensé et aménagé qui, au passage, a ringardisé pas mal de salles plus classiques. « Une salle de 2015 » comme nous l’expliquait son boss à l’ouverture. Et aussi de 2016, 2017, 2018, 2019… Le PB d’or du meilleur album grenoblois : Alwâne de Djazia Satour Certes, il est sorti fin 2014, mais c’est cette année qu’on l’a découvert sur scène, en février à l’Ampérage pour être précis :

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Annulation de la venue de Levon Vincent à la Belle électrique

MUSIQUES | La soirée prévue ce vendredi 30 octobre (avec également Head High et Tama Sumo) tombe à l'eau. Plouf.

Aurélien Martinez | Mardi 27 octobre 2015

Annulation de la venue de Levon Vincent à la Belle électrique

Dans le numéro du mercredi 28 octobre, on lance fièrement nos nouvelles pages "soirées" qui balaient l’actu du genre avec de l’agenda et des articles. Comme cette semaine avec un focus sur Levon Vincent initialement programmé vendredi 30 octobre à la Belle électrique aux côtés de Tama Sumo et Head High. « Initialement » oui, car la Belle électrique vient de communiquer sur l’annulation de la soirée pour « des raisons de logistique ». « Les personnes ayant pris leur place en ligne seront remboursées automatiquement dans les meilleurs délais. » Espérons que l'on aura plus de chance la semaine prochaine.

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Ampérage, Drak-Art, Belle électrique : des fermetures tardives jusqu'en janvier

ACTUS | Cette rentrée a été difficile pour le Drak-Art et l’Ampérage, les deux salles de concert dédiées aux pratiques culturelles nocturnes ayant dû annuler plusieurs (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 16 septembre 2015

Ampérage, Drak-Art, Belle électrique : des fermetures tardives jusqu'en janvier

Cette rentrée a été difficile pour le Drak-Art et l’Ampérage, les deux salles de concert dédiées aux pratiques culturelles nocturnes ayant dû annuler plusieurs soirées suite au non renouvellement préfectoral de l’autorisation de fermeture tardive – la Belle électrique n’a pas été concernée comme sa rentrée est plus tard. Après une réunion infructueuse la semaine passée entre les directeurs des salles, les associations utilisatrices, la Préfecture, la Ville et des habitants du quartier, la deuxième organisée ce mercredi 16 septembre a été visiblement plus concluante. « La Préfecture reconduit les autorisations d'ouverture tardive [à 6 heures du matin – NDLR] jusqu'en janvier 2016 avec une période test où des médiateurs seront présents aux abords des établissements pour veiller à la tranquillité p

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Ampérage, Drak-Art, Belle électrique : toujours pas de décision

ACTUS | La réunion prévue mardi 8 septembre entre les différents directeurs des lieux, la mairie de Grenoble et la préfecture de l'Isère n’a rien donné. Une nouvelle est prévue mercredi 16 septembre. D’ici là, plus de fermeture à six heures du matin.

Aurélien Martinez | Mercredi 9 septembre 2015

Ampérage, Drak-Art, Belle électrique : toujours pas de décision

La soirée avec Zombie Disco Squad prévue ce vendredi 11 septembre à l’Ampérage ? Annulée. Comme sans doute toutes celles de ce week-end organisées à l’Ampérage et au Drak-Art (voir au cas par cas) – la Belle électrique n’est pas concernée comme elle n’a pas encore fait sa rentrée. La faute à la réunion qui s’est tenue mardi dernier entre la Ville, la Préfecture, les trois lieux et diverses associations utilisatrices, qui n’a pas abouti à une prise de décision concernant les autorisations de fermeture tardive à 6h du matin, mais a plutôt été une présentation des différents équipements au nouveau préfet – sympa. Le dossier se complique pourtant. La Ville, par la voix d’Élisa Martin, adjointe à la tranquillité publique, remet ainsi en

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Ampérage, Drak-Art : et ça continue, encore et encore…

ACTUS | Après l’annulation d’une soirée prévue ce vendredi au Drak-Art faute d’autorisation préfectorale permettant de terminer à six heures du matin, les acteurs culturels du monde de la nuit craignent un retour en arrière – en gros, tout le monde dégage à 1h du matin. Ils se mobilisent donc avant de rencontrer le maire et le préfet mardi.

Aurélien Martinez | Jeudi 3 septembre 2015

Ampérage, Drak-Art : et ça continue, encore et encore…

Jeudi 3 septembre, la Belle électrique dressait le bilan de ses six premiers mois d’ouverture et lançait sa nouvelle saison avec une conférence de presse matinale. Au moment des traditionnelles questions de fin, Laurence Tadjine, directrice de l’Ampérage, a demandé à Frédéric Lapierre, directeur de la Belle électrique, s’il avait des infos supplémentaires quant aux autorisations d‘ouverture tardive des salles organisant des soirées, comme il venait d’annoncer un semestre (qui débutera à la fin du mois) riche en propositions électro se terminant à 6 heures du matin. Réponse de l’intéressé : on n’en sait pas plus que vous, on a fait comme si on allait les conserver et on espère que tout va se décanter d’ici peu. Car la situation est on ne peut plus floue. Rappel : en 2013, la Préfecture de l’Isère a décidé d’un coup que l’Ampérage et le Drak-Art, les deux salles situées quartier Bouchayer-Viallet, au bout du cours Berriat, devraient dorénavant fermer leurs portes à 1h du matin pour se conformer à la législation en vigueur et,

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Christophe (et d'autres) à la rentrée à la Belle électrique

MUSIQUES | Qui écouterons-nous dès septembre pour la première saison pleine de la nouvelle salle grenobloise dédiée aux musiques amplifiées ? Réponses.

Aurélien Martinez | Jeudi 16 juillet 2015

Christophe (et d'autres) à la rentrée à la Belle électrique

Inaugurée en janvier dernier, la nouvelle salle grenobloise attendue depuis des lustres s'est tout de suite imposée avec une programmation variée aussi bien en genres qu'en gabarits d'artistes. Avant de partir en vacances ce samedi 18 juillet après un Saturday saucisse, l'équipe du lieu a rendu public le nom de certains musiciens qui fouleront sa scène cet automne (les salles de concert fonctionnent souvent en trimestre contrairement aux théâtres). On attend déjà une date avec impatience : celle du jeudi 29 octobre. Pourquoi ? Parce que le chanteur Christophe viendra défendre son dernier album Intime, sorti l'an passé. Oui, le grand Christophe à la discographie émaillée de tubes qui, après plus de cinquante ans de carrière, inspire t

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Les belles nuits de la Belle électrique

ACTUS | Le volet club de la nouvelle salle grenobloise de presque 1000 places, inaugurée il y a tout juste six mois, connaît un beau succès. On fait le point avec le responsable de la programmation. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 23 juin 2015

Les belles nuits de la Belle électrique

Presque aussi attendue que l'arrivée de Doc et Marty (prévue le 21 octobre 2015 pour rappel), la Belle électrique, portée par l'association MixLab, s'est dévoilée le 10 janvier dernier. Depuis, la salle n'a de cesse de faire danser et tituber les noctambules de Grenoble et d'ailleurs. À quoi tient ce succès ? Alban Sauce, programmateur des soirées électro, est lui-même un peu surpris par cet engouement. « Le projet de la Belle électrique est centré sur les musiques amplifiées avec un accent sur les musiques électroniques et les arts numériques. L'idée était d'avoir à la fois une salle de concert à la programmation ambitieuse et un club au sens noble du terme comme on peut le voir en Allemagne ou en Angleterre. Dès 2007, avec notre association MixLab, on a fait le pari que les musiques électroniques seraient les musiques populaires de notre siècle. » Pari réussi donc puisque toutes les soirées affichent complet, et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Alors la saison prochaine accordera t-elle autant de place au

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L’Art de la fugue

ECRANS | De Brice Cauvin (Fr, 1h40) avec Laurent Lafitte, Agnès Jaoui, Benjamin Biolay, Nicolas Bedos…

Christophe Chabert | Mardi 3 mars 2015

L’Art de la fugue

Tiré d’un best-seller de Stephen McCauley, L’Art de la fugue se présente en film choral autour de trois frères tous au bord de la rupture : Antoine se demande s’il doit s’engager plus avant avec son boyfriend psychologue ; Gérard est en instance de divorce avec sa femme ; et Louis entame une relation adultère alors qu’il est sur le point de se marier. Le tout sous la férule de parents envahissants et capricieux – savoureux duo Guy Marchand / Marie-Christine Barrault. On sent que Brice Cauvin aimerait se glisser dans les traces d’une Agnès Jaoui (ici actrice et conseillère au scénario) à travers cette comédie douce-amère à fort relents socio-psychologiques. Il en est toutefois assez loin, notamment dans des dialogues qui sentent beaucoup trop la télévision – les personnages passent par exemple leur temps à s’appeler par leurs prénoms, alors qu’ils sont à dix centimètres et qu’ils entretiennent tous des liens familiaux ou professionnels… C’est un peu pareil pour la mise en scène, plus effacée que transparente, tétanisée à l’idée de faire une fausse note. Malgré tout cela, le film se laisse voir, il arrive même à être parfois touchant (notamment le beau

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La Belle électrique, côté prog

MUSIQUES | Que retenir de ces trois premiers mois de programmation de la Belle électrique ? Niveau fréquence déjà, la salle ne va pas chômer : 26 dates en à peine trois (...)

Damien Grimbert | Mardi 6 janvier 2015

La Belle électrique, côté prog

Que retenir de ces trois premiers mois de programmation de la Belle électrique ? Niveau fréquence déjà, la salle ne va pas chômer : 26 dates en à peine trois mois, il va y a avoir du passage ! Niveau esthétiques représentées, ensuite, pas de miracle : pour contenter le plus grand nombre, faire taire les rageux, remplir sa jauge de 950 places et enfin rentrer dans ses frais, le tout sans faire d’ombre à personne, l’équipe a choisi de jouer la sécurité et le consensuel plutôt que l’audace et la prise de risque. On s’y attendait un peu, même si l’absence totale de rap et la quasi-absence de rock (concert de Triggerfinger mis à part) fait néanmoins un peu mal. Du coup, une fois évacuées les dates les plus grand public (Arthur H., Nina Hagen, UB40, Christine & the Queens) et les concerts festifs pour étudiants (Wampas, Danakil, Sinsemilia), que reste t-il ? Une jolie sélection d’artistes électro, pop, world, soul, blues et funk à la fois de qualité et accessibles à tous (on citera en vrac Moriarty, Ed Motta, Chapelier Fou, Mo

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La Belle électrique, « une salle de 2015 »

ACTUS | Enfin ! Après plus de vingt ans d’attente, la Belle électrique, salle dédiée aux musiques amplifiées, va ouvrir ses portes à Grenoble, quartier Bouchayer-Viallet. On l’a visitée, on a rencontré l’équipe aux commandes, on a analysé sa prog ; tout ça avant de partir boumer ce samedi 10 janvier pour l’inauguration officielle. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

La Belle électrique, « une salle de 2015 »

Une bonne vingtaine d’années : voilà le temps qu’aura pris la Belle électrique pour voir le jour. Le projet fut ainsi long à se mettre en place, avec de nombreuses péripéties qui appartiennent désormais au passé. Du coup, une salle imaginée dans les années 1990 est inaugurée en 2015, avec pourtant un résultat tout à fait dans son temps comme l’assure son directeur Frédéric Lapierre. « On a la chance d’avoir un lieu qui est beau. Pour moi, c’est une salle de concert de 2015, pour les musiques de 2015. On a une scène avec un rapport frontal pour le live, mais on a aussi de la vidéo, des espaces pour déplacer des DJs, la possibilité d’ouvrir tard dans la nuit [certaines soirées termineront à six heures du matin – NDLR] : c’est ça une salle en 2015.  » L’architecture intérieure est impressionnante, avec ses grands espaces, ses gradins aérés, ses balcons facilement accessibles, ses écrans pour les projections. On l’a certes vue vide de monde, mais la Belle électrique a tout de la grande salle agréable tant pour le public que pour les artistes – elle a d’a

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Awards 2014 musique

MUSIQUES | L’award de la langue qu’on aime bien entendre : le français Juillet 2014 : le groupe Frànçois & the Atlas Mountains livre le meilleur concert de la (...)

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

Awards 2014 musique

L’award de la langue qu’on aime bien entendre : le français Juillet 2014 : le groupe Frànçois & the Atlas Mountains livre le meilleur concert de la seizième édition du Cabaret frappé – non, ce n’était pas celui de Tricky ! Octobre 2014 : les Innocents, groupe culte des années 90 à la musique intemporelle, se reforment en mode duo et passent par la Source de Fontaine. Novembre 2014 : le "pop father" Étienne Daho enflamme littéralement la MC2. Trois exemples qui ont une fois de plus confirmé (ou démontré à ceux qui l’ignoraient) que

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La billetterie pour l'inauguration de la Belle électrique enfin ouverte !

MUSIQUES | Rendez-vous le samedi 10 janvier pour la soirée et les concerts

Aurélien Martinez | Lundi 15 décembre 2014

La billetterie pour l'inauguration de la Belle électrique enfin ouverte !

MAJ (communiqué de la Belle électrique du lundi 15 décembre à 13h, soit une heure après l'ouverture de la billetterie !) : « Les places ont toutes été retirées ! Mais pas de panique, il en restera quelques-unes sur place le 10 janvier. De plus, tout le monde ne restera pas jusqu'à 6h du matin, donc des places se libéreront au fur et à mesure. » _____ Ça aurait dû être le 1er décembre. Puis le 8. C'est finalement ce lundi 15 que la Belle électrique ouvre sa billetterie pour sa fameuse soirée (gratuite) d'inauguration (suivez le lien pour connaître les détails du programme). « Dans le souci de l'accès à c

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Gaby baby doll

ECRANS | De Sophie Letourneur (Fr, 1h27) avec Lolita Chammah, Benjamin Biolay, Félix Moati…

Christophe Chabert | Mardi 16 décembre 2014

Gaby baby doll

Qu’est-il arrivé à Sophie Letourneur ? Depuis son prometteur La Vie au Ranch, elle s’est enfermée dans un cinéma de plus en plus autarcique et régressif. Les Coquillettes sentait le truc potache vite fait mal fait, un film pour "happy few" où la blague principale consistait à reconnaître les critiques cinéma parisiens dans leurs propres rôles de festivaliers traînant en soirées. Gaby baby doll, à l’inverse, choisit une forme rigoureuse, presque topographique, reposant sur la répétition des lieux, des actions et des plans, pour raconter… pas grand-chose. Car cette love story campagnarde longuement différée entre un ermite barbu et épris de solitude (Biolay, égal à lui-même) et une Parisienne qui ne supporte pas de passer ses nuits seule (Lolita Chammah, plutôt exaspérante) est pour le moins inconsistante. Letourneur semble parodier la forme de la comédie rohmerienne en la ramenant sur un territoire superficiel et futile, une

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Inauguration de la Belle électrique : le programme

MUSIQUES | Rendez-vous le samedi 10 janvier. Retrait des invitations uniquement sur le site de La Belle Électrique dès le 8 décembre (et non le 1er, comme annoncé précédemment).

Aurélien Martinez | Mercredi 26 novembre 2014

Inauguration de la Belle électrique : le programme

On le savait déjà : l'inauguration de la Belle électrique est prévue le samedi 10 janvier. Voici comment s'articulera la journée : 13h-18h : visites du chantier 19h : inauguration officielle 20h30-06h : concerts avecSarh (DJ Pone + José Reis Fontao / Stuck in the Sound) – électro/ alternatifDa great bOOga wOOga – funkKuage – électroThylacine – électronica

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La Belle électrique dévoile une nouvelle partie de sa future prog

MUSIQUES | On savait déjà qu’en 2015 on croiserait à Grenoble Christine and the Queens, Moriarty, UB40... On sait maintenant qu’on pourra aussi écouter The Hacker, Erol Alkan ou encore les Wampas.

Aurélien Martinez | Vendredi 24 octobre 2014

La Belle électrique dévoile une nouvelle partie de sa future prog

La Belle électrique sera inaugurée le samedi 10 janvier. La programmation de la première demi-saison est annoncée progressivement – ça permet de faire monter le buzz ! On était déjà au courant pour Moriarty (le 16 janvier), Ben Klock (le 14 février), Mountain men (le 27 février), Christine & the Queens (le 3 mars) ou encore UB40 (le 19 mars). L’équipe aux commandes du lieu vient de lâcher de nouvelles dates. On retient surtout la soirée électro du samedi 17 janvier avec The Hacker, Erol Alkan, Djedjotronic, Maelstrom et Serom & Omaria. Pour les autres nouvelles :

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Quoi de neuf dans la nuit grenobloise ?

ACTUS | Du côté de la Belle électrique Ça y est : la Belle électrique, future salle de 900 places dédiée aux musiques amplifiées, ouvrira le samedi 10 janvier avec une (...)

Aurélien Martinez | Mardi 7 octobre 2014

Quoi de neuf dans la nuit grenobloise ?

Du côté de la Belle électrique Ça y est : la Belle électrique, future salle de 900 places dédiée aux musiques amplifiées, ouvrira le samedi 10 janvier avec une journée de festivités. Niveau prog, plusieurs dates ont déjà été annoncées, dont celle du DJ Ben Klock le 14 février. Côté nuit, on en sait un peu plus : des soirées gratuites au bar seront organisées tous les jeudis – « comme les mardis sont déjà pris par la Bobine ». Ça risque de faire des semaines chargées ! Du côté de l’Ampérage et du Drak-Art Après les péripéties de l’an passé autour des horaires de fermeture de l’Ampérage et du Drak-Art (qui ont fait perdre « 1/3 du public » au Drak-Art), la situation est enfin claire : ce sera bel et bien

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La Belle électrique sera (enfin) inaugurée le samedi 10 janvier

ACTUS | La mairie et l’asso MixLab viennent de donner la date d'ouverture de la nouvelle salle dédiée aux musiques amplifiées. À noter que les noms des premiers artistes programmés ont aussi été dévoilés, avec Moriarty ou encore UB40 !

Aurélien Martinez | Vendredi 26 septembre 2014

La Belle électrique sera (enfin) inaugurée le samedi 10 janvier

Ça y est ! Après des années et des années d’attente, la nouvelle salle grenobloise dédiée aux musiques amplifiées va ouvrir ses portes quartier Bouchayer-Viallet (à côté du Magasin). La Ville et l’asso MixLab, qui gérera cette Belle électrique (qui a de la gueule), l’ont annoncé ce vendredi 26 septembre lors d’une conférence de presse en marge du festival Jour & Nuit organisé par MixLab – tout se tient ! Ce sera donc le samedi 10 janvier (et non fin décembre comme nous l’avait annoncé en septembre Corinne Bernard), avec au programme « une journée et une nuit entièrement gratuites faites de visites et de musiques » (avec n

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Corinne Bernard : « Oui, on aime la culture ! »

ACTUS | En mars dernier, l’écolo Éric Piolle, à la tête d’une grande coalition de gauche, remportait l'élection municipale grenobloise contre Jérôme Safar, le dauphin du socialiste Michel Destot. Une toute nouvelle équipe est arrivée aux manettes dans la foulée, avec une volonté de changement clairement affichée. Qu’en est-il dans le domaine culturel, qui n’était pas le mieux maîtrisé par Éric Piolle pendant la campagne ? Pour le savoir, rencontre avec Corinne Bernard, nouvelle adjointe à la culture – pardon, « aux cultures ». Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

Corinne Bernard : « Oui, on aime la culture ! »

Vous êtes la nouvelle adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble. Pouvez-vous vous présenter ? Corinne Bernard : J’ai 44 ans. J’habite à Grenoble depuis peu de temps. Je suis entrée en politique en 2010, à Europe Écologie les Verts, via le syndicalisme. Je suis toujours chef de gare à Clelles [sud de l’Isère], mais en congé sans solde compte tenu de mes nouvelles fonctions d’élue. Comment s’est passée votre prise de fonction ? Suite au choix effectué par les Grenoblois, quand on a dû composer l’équipe, ça a d’abord été un peu compliqué. Étant conseillère régionale depuis 2010 et vice présidente de la commission culture, j’avais cette petite envie de la délégation culture qui a pu se formaliser puisque nous n’étions pas non plus 42 à la vouloir ! Dès ma prise de fonction, j’ai été très sollicitée – ça ne s’est pas vraiment calmé. Les premiers mois, j’avais l’impression d’être un médecin généraliste confronté à une épidémie de grippe : dès qu’une personne sortait de mon bureau, une autre entrait ! Sachant que je m’étais donné comme objectif de dire oui à tout le monde, de visiter tous les lieux

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Du nouveau côté Jour & Nuit et Belle électrique

ACTUS | Alors que la Belle électrique, nouvelle salle à Grenoble dédiée aux musiques amplifiées, devrait être inaugurée à la fin de l’automne / début de l’hiver, MixLab, l’asso aux commandes, vient de dévoiler la prog de la troisième édition de son festival Jour & Nuit, prévue du jeudi 25 au dimanche 28 septembre. On fait le point.

Aurélien Martinez | Jeudi 3 juillet 2014

Du nouveau côté Jour & Nuit et Belle électrique

Classe : ainsi peut être résumée en un mot la Belle électrique à quelque six mois de son ouverture quartier Bouchayer-Viallet (la date d'inauguration sera donnée par la mairie). Nous avons pu la visiter il y a deux semaines : si les travaux sont encore en cours, les grandes lignes sont là – notamment cette impressionnante scène. Le chantier occupe donc pleinement les membres de l’asso MixLab (même si ce ne sont pas eux les ouvriers !) qui n’ont pourtant pas décidé d’abandonner leur festival Jour & Nuit à la base destiné à faire patienter le public avant l’ouverture maintes fois repoussée de la salle. Un festival toujours axé sur un créneau : investir « des lieux insolites et emblématiques de l’agglomération grenobloise ». Après avoir arpenté le Stade des Alpes, le

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« Une fermeture à 6 heures du matin est la bonne solution »

ACTUS | Depuis avril, l’Ampérage doit fermer ses portes à 2 heures du matin. Même constat pour le Drak-Art depuis décembre. Des décisions qui ont relancé le débat sur le devenir des lieux de pratiques culturelles nocturnes à Grenoble. On est allés à l’Hôtel de ville rencontrer Jérôme Safar, premier adjoint au maire (et accessoirement candidat aux municipales – mais là n’est pas l’enjeu), pour clarifier ces questions. Propos recueillis par Aurélien Martinez et Dimitri Crozet

Aurélien Martinez | Lundi 6 janvier 2014

« Une fermeture à 6 heures du matin est la bonne solution »

Les débats autour de l’horaire de fermeture de lieux tels que l’Ampérage ont débuté avec des décisions de la préfecture. Quelle est la position de la ville là-dessus ? La question n’est pas de savoir quelle est la position de la ville. Il s’agit d’un secteur [l’ouest grenoblois, niveau cours Berriat – ndrl] qui était une friche il y a une dizaine d’années, qui a vu la naissance d’équipements culturels. Tout cela se retrouve aujourd’hui inséré dans un quartier [Bouchayer-Viallet – ndrl] où du logement qui n’existait pas est apparu. On doit s’adapter à cette nouvelle configuration urbaine. C’est la première réflexion en cours avec l’Ampérage, je crois qu’ils sont conscients du problème. Et qu’en est-il de la question des horaires de fermeture ? La question est importante puisque cela fonde le modèle économique sur lequel les salles s’appuient. Aujourd’hui, clairement, les horaires qui leur sont proposés [fermeture à 2 heures du matin, avec des dérogations possibles jusqu’à 4 heures – ndrl]

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