Klô Pelgag, extravaganza québécoise

MUSIQUES | Fièvre des mots et des couleurs, décors surréalistes et changeants au gré de l’inspiration d’une artiste maintes fois récompensée au Canada et en France, Klô Pelgag baigne dans un univers pop orchestral qui déraille en tous sens. Interview au délicieux accent québécois à l’occasion de sa venue à la Maison de la Musique de Meylan le 10 décembre. 

Eloïse Bonnan | Mardi 7 décembre 2021

Le 10 décembre, vous serez à la maison de la musique de Meylan. À quoi doit-on s’attendre si on ne vous a jamais vu performer en live ?

Je pense qu’il faut s’attendre à beaucoup de consistance musicale, une synergie sur scène avec les musiciens, une énergie forte, beaucoup de générosité d’après ce qu’on m’en dit. C’est difficile de parler de soi-même d’un point de vue extérieur...

Paru le 26 juin dernier, ce troisième album intitulé Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est un “album-concept”, baptisé du nom d'un village de Gaspésie que votre imaginaire d’enfant associait à une vision d’horreur. Comment ce lieu, qui représentait une menace pour l’enfant que vous étiez, est-il réapparu différemment plus tard ?

C’est un village que je n’ai jamais visité avant l’âge de 29 ans. Donc au départ je ne me fiais qu’au nom, puis tout l’imaginaire, toutes mes pensées se sont construites autour d’une idée que je m’étais faite, sans connaître la réalité. Je fais le parallèle avec l’état dépressif et toutes les angoisses qui partent de nos peurs les plus profondes, à quel point on est parfois notre pire ennemi. Puis entre le moment où justement je suis sortie de cet état là et où je suis allée visiter ce village. Le moment où j’ai découvert que c’était finalement une île magnifique, tout l’inverse de ce que j’avais imaginé. C’était un élan de curiosité mais ça concordait aussi parfaitement avec tout ce que je vivais. Pour moi c’était le moment parfait où je devais aller visiter ce lieu.

Vous semblez vivre vos joies et vos peines avec une intensité extrême. Est-ce que les pôles de l’euphorie et de la mélancolie s’équilibrent avec le temps ?

Je pense que dans mes textes, dans ma musique et mon rapport à l’art, on est plutôt dans la mélancolie que l’inverse. Par contre, tout ce qui est prolongement de ma musique c’est plutôt dans la couleur et l’euphorie. Plus je vieillis, plus j’apprends. Je suis davantage dans le laisser-aller et l’apprentissage du bonheur, dans une forme de légèreté. Mais c’est sûr que ces traits font partie de moi et c’est ce qui fait que je fais de la musique aussi. Pour aller au bout de nos idées, il faut quand même avoir de gros tempéraments.

Est-ce que c’est votre marque spécifique d’aborder des thèmes relativement graves dans une forme de légèreté ?

C’est le subterfuge de ce que je fais, et c’est pas vraiment conscient non plus. C’est vrai qu’on m’a souvent parlé de ce clash là entre les thèmes et musicalement, mais je suis aussi quelqu’un qui adore les contrastes. Pour moi, il y a cette exploration dans la musique, ce dépassement qui est aussi au centre de mes pensées et de ce que j’ai envie de faire. On s’éloigne plus de la tradition des chansons.

Pour quelque chose de plus expérimental ?

Oui !

Vous avez collaboré avec Pomme, l’artiste rhodanienne, sur le titre Sorcières. Cette figure de la sorcière vous inspire ?

J’ai écrit le refrain, j’ai réalisé et arrangé la chanson et Pomme est arrivée avec les couplets. À ce moment-là, on tripait sur le livre de Mona Chollet. Je pense que c’est une chanson qui prône un peu la différence, l’imperfection des femmes puis qui rallie tous les points forts ou faibles qui font de nous un individu.

Quels choix esthétiques avez-vous fait pour cette dernière pochette ?

Je voulais que ce soit représentatif de l’album, transparent, frontal. C’est un petit rappel de quelque chose de baroque avec les cordes, les cuivres… mais avec un aspect contemporain aussi, avec mes cheveux jaune néon, le hoodie et une collerette qui vient un peu casser les références. Finalement c’est peu d’éléments qui parlent beaucoup de l’album. Je suis assez fière de cette pochette.

Dans vos textes et vos clips, il y a une multitude de représentations animales, végétales, tout un bestiaire et beaucoup d’évocations aux éléments naturels en général. Est-ce lié à la Gaspésie ?

Peut-être que là d'où je viens fait que j’ai un rapport proche avec la nature. J’ai vraiment l’impression que la nature, c’est beaucoup plus grand que nous, c’est beaucoup plus exceptionnel, plus riche et infini. Dans le clip de Maison jaune, mon apport c’est vraiment l’image de l’arbre que je traînais depuis des années : moi accroupie sur l’arbre le plus haut de la forêt.

Avez-vous déjà mis les pieds à Grenoble ?

C’est un drôle de souvenir, parce qu’on était dans une immense salle (rires). Ça n'avait aucun rapport qu’on joue là, c’était comme une erreur de booking. On en parle souvent et on en rit. Je pense qu’après nous tout le monde venait pour un DJ set !

La Belle Electrique ?

Oui c’est ça ! Sinon, on est vraiment excités d’être en France en ce moment, de revivre les tournées, ça s’apparente presque à une autre vie.

Qu’écoutez-vous en ce moment ?

J’écoute le dernier album de Suuns. Je le recommande fortement !


Klô Pelgag + Moleskine


Maison de la Musique 4 avenue du Granier Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Éteignoir sur les concerts

Covid | Les salles de concert commencent 2022 avec un nouveau coup d’assommoir, douloureux même si elles l’avaient vu venir. Spectateurs assis, interdits de consommation au bar et jauge limitée : les structures sont en première ligne des mesures de freinage annoncées par Jean Castex le 27 décembre pour limiter la propagation du virus.

Valentine Autruffe | Mardi 4 janvier 2022

Éteignoir sur les concerts

Personne n’a été surpris. « On avait pris les paris avec mon collègue, il disait début janvier, je disais fin décembre », sourit Laurence Tadjine, directrice du Stud, asso gestionnaire de l’Ampérage. Le 27 décembre, Jean Castex a annoncé de nouvelles restrictions visant à limiter la circulation du Covid-19, qui flambe avec le variant Omicron. Elles restent limitées par rapport à ce que l’on a pu connaître lors des précédentes vagues de Covid. Mais pour beaucoup de salles, c’est du pareil au même : les concerts où le public est debout sont interdits et la jauge maximale pour un événement en intérieur est de 2000 spectateurs. Comme dans les bars standards, la consommation debout est proscrite. Ces règles sont valables pour trois semaines, donc du 3 au 23 janvier inclus. Concerné par la jauge à 2000 spectateurs, le Grand Angle de Voiron échappe à l’impact de ces restrictions pour le moment : le concert acoustique d’Hubert-Félix Thiéfaine, le 14 janvier, était déjà configuré en version public assis, soit 1650 spectateurs maximum (la salle peut monter à 2400 personnes en ouvrant la fosse). Au Summum - jusqu’à 5000 personnes assises et debout en temps normal -, les

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Jérôme Villeneuve : « L’art permet vraiment de questionner la science »

ACTUS | Le trentenaire a pris la tête de l’Hexagone le 15 novembre dernier, succédant à Antoine Conjard. De formation scientifique, Jérôme Villeneuve a su également concilier sa passion pour les arts dans un parcours atypique mêlant les deux disciplines. Un profil idéal pour le théâtre meylanais qui a fait des rapprochements entre l’art et la science sa marque de fabrique.

Hugo Verit | Lundi 29 novembre 2021

Jérôme Villeneuve : 
« L’art permet vraiment de questionner la science »

Pouvez-vous nous raconter votre parcours, pour le moins atypique, qui vous a conduit aujourd’hui à la tête d’une scène nationale arts sciences ? Je fais partie de ceux qui ont eu la chance d’être très tôt plongés dans la musique et dans l’art en général, grâce à des parents qui m’ont gentiment inscrit au conservatoire (en batterie, puis piano et trompette) et qui m’amenaient souvent voir des spectacles. Mais, tout en gardant en tête cette passion, j’ai suivi un cursus scientifique car j’étais notamment très attiré par la recherche en cosmologie et en astrophysique. De Montélimar, je suis venu à Grenoble, réputée dans ce domaine-là, et lorsqu’il a été question de choisir un master, j’ai découvert qu’il existait, dans cette ville, un diplôme "Arts sciences et technologies", ce qui était presque unique en France à l’époque. J’étais extrêmement satisfait de ce que j’avais pu apprendre en physique et en sciences dures mais l’idée de renouer avec des choses qui m’excitaient immensément encore à ce moment-là – c’est-à-dire la musique, la création, l’expérimentation – a pris complètement le pas sur le projet que j’avais à la base. Puis tout a été trè

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Concerto en braille

ACTUS | « Tu sais, une machine Perkins, normalement c’est pas pour faire de la musique. Moi ça me sert à écrire en braille parce que je suis déficient visuel (...)

Jérémy Tronc | Mardi 16 novembre 2021

Concerto en braille

« Tu sais, une machine Perkins, normalement c’est pas pour faire de la musique. Moi ça me sert à écrire en braille parce que je suis déficient visuel et que je ne lis pas en noir comme les voyants. » Fadi, 9 ans, élève à l’école élémentaire Ferdinand-Buisson, participe à un étonnant projet avec neuf autres de ses camarades. Tous en situation de handicap visuel, ils répètent depuis quelques semaines, aux côtés de 30 élèves-musiciens du collège Charles-Munch, le Concerto pour machines Perkins, œuvre de François Rossé pour ensemble instrumental et machines à écrire en braille, utilisées ici comme instrument de percussions. « Les machines constituent un pupitre comme les autres, avec une partition écrite pour elles », explique Christophe Louboutin, professeur de guitare au Conservatoire et intervenant sur le projet. « C’est un morceau contemporain d’une grande exigence artistique, comportant des passages improvisés et d’autres très écrits. Pour les malvoyants, des repères sonores leur permettent de savoir à quels moments ils doivent intervenir. Ce qu’ils joueront pendant la pièce est loin d’être anodin. » L’œuvre a été co

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Tympan dans l’œil, le son live du cinéma

Festival | Le ciné-concert ? Oubliez le cliché du film muet ancestral en noir et blanc accompagné de morceaux au piano. Il a bien plus à proposer. Démonstration lors (...)

Jérémy Tronc | Mardi 16 novembre 2021

Tympan dans l’œil, le son live du cinéma

Le ciné-concert ? Oubliez le cliché du film muet ancestral en noir et blanc accompagné de morceaux au piano. Il a bien plus à proposer. Démonstration lors du festival Le tympan dans l’œil, qui met un point d'honneur à présenter ce genre sous toutes ses formes, filmographiques ou musicales. « On est dans une approche plus moderne, plus dynamique, on veut réactualiser les codes musicaux et se baser sur des films parlants », annonce Damien Litzler, son directeur. Quatorze spectacles répartis dans huit salles partenaires sont proposés cette année, pour tous publics, adulte ou familial (sept propositions), novice ou plus exigeant. Une édition 2021 nettement plus riche que les précédentes et surtout tournée vers l’international, un axe de développement amorcé par l’association Stara Zagora, organisatrice du festival depuis 11 ans. Le concert d’ouverture d’Asian Dub Foundation sur le film La Haine de Mathieu Kassovitz témoigne de cette évolution. « Plein de gens ont découvert le ciné-concert à l’occasion de cette soirée », se réjouit Damien Litzler. L’association propose aussi à chaque édition au moins deux créations originales afin « d’enrichi

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Jérôme Villeneuve est le nouveau directeur de l'Hexagone

Nomination | La scène nationale de Meylan connaît officiellement le nom de son nouveau directeur : il s'agit de Jérôme Villeneuve, 34 ans (...)

Valentine Autruffe | Lundi 11 octobre 2021

Jérôme Villeneuve est le nouveau directeur de l'Hexagone

La scène nationale de Meylan connaît officiellement le nom de son nouveau directeur : il s'agit de Jérôme Villeneuve, 34 ans et président de l'association Arcan (Association ressource pour la création artistique numérique), qui organise plusieurs événements autour des arts, de la science et du numérique, comme Negotium ou DN[A]. Titulaire d'un doctorat en "Ingénierie de la Cognition, de l’Interaction, de l’Apprentissage et de la Création", il est également chercheur au sein de la cellule "Arts Numériques et Immersions Sensorielles", construite avec le Ministère de la Culture, le CNRS, l’Université Grenoble Alpes et installée au laboratoire GIPSA. Le profil de Jérôme Villeneuve, très orienté art et sciences, a logiquement été retenu pour l'Hexagone, dont un pan important de la programmation est tourné vers cette dualité : le théâtre organise notamment la biennale Experimenta, et travail

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Culture solidaire à l’Hexagone

Association | Afin de permettre aux plus démunis de se rendre au spectacle, l’Hexagone fait appel à l’association Cultures du cœur pour distribuer gratuitement des billets solidaires au sein de différentes structures sociales.

Hugo Verit | Mardi 5 octobre 2021

Culture solidaire à l’Hexagone

Après une ultime improvisation bien chaloupée de Jowee Omicil et son groupe, la salle de l’Hexagone, ardente et conquise, se vide tranquillement… Mais pas dans son intégralité. Quelques spectateurs restent assis car ils ont droit à un petit plus, une rencontre de quinze minutes avec la star du soir. « Est-ce que l’ordre des morceaux est défini à l’avance ? », demande l’un d’entre eux lorsque Jowee les a rejoints au milieu des fauteuils rouges. « Excellente question ! Tout ce que vous avez vu est improvisé selon l’énergie que vous m’avez donnée. C’est vous qui avez fait le spectacle ce soir », répond le saxophoniste, très flatteur à l’américaine. Si ces personnes ont la possibilité, ce soir-là, d’échanger avec le musicien, c’est qu’elles ont bénéficié d’un billet solidaire, financé grâce aux dons (de 3, 6, 9 ou 18€) de certains spectateurs de l’Hexagone, sur le principe des cafés suspendus. « Cela fait trois saisons que nous avons mis en place ce dispositif. Normalement, on édite cinq à dix places par soirée mais à cause du Covid, on s’est retrouvé avec 50 billets solidaires qu’on a donc proposés intégralement pour ce concert. C’est l’occasion de c

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Pop Local, la boutique éphémère grenobloise pour jeunes parents

GUIDE URBAIN | Rendez-vous au Pop’Up République (10 rue de la République, à coté de l'Office du tourisme) du mardi au samedi de 10h à 19h.

Sandy Plas | Mardi 20 octobre 2020

Pop Local, la boutique éphémère grenobloise pour jeunes parents

Sept créatrices, pour une boutique éphémère : c’est le concept du Pop Local, qui a ouvert ses portes pour trois mois au sein du local Pop'up République de Grenoble. Le lieu, créé par la Ville de Grenoble il y a quelques mois, à deux pas de l’Office de Tourisme, propose à des créateurs locaux de s’installer provisoirement dans cette boutique en plein cœur du centre-ville, pour gagner en visibilité. Et tester ainsi un concept commercial, avant de se lancer, peut-être, dans la cour des grands. Il n’en fallait pas plus pour que les sept créatrices qui animent aujourd’hui le Pop Local se réunissent et répondent à l’appel d’offre : « Nous proposons, pour la plupart d’entre nous, nos créations en ligne ou sur des boutiques Etsy, explique Laurène de Cillis, créatrice d’Exception Fleurs. C’est une occasion de voir ce que c’est que la vente en boutique et de pouvoir échanger en direct avec les clients », se réjouit-elle. Toutes installées dans le bassin grenoblois, les jeunes créatrices du Pop Local ont choisi de s’associer autour de la thématique de l’enfance et des jeunes parents, en proposant diverses réalisations, des vê

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Concerts debout : on en est où ?

ACTUS | Enquête / C’est la question qui taraude presque tout le monde : les concerts debout en intérieur, toujours interdits à l’heure de notre bouclage, vont-ils bientôt pouvoir reprendre ? Et quelles stratégies les salles les accueillant mettent-elles en place dans ce contexte d’incertitude ? Tour d’horizon.

Damien Grimbert | Mardi 8 septembre 2020

Concerts debout : on en est où ?

Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Sans prise de position officielle claire depuis la fin du confinement, il n’était pas interdit d’espérer secrètement un déblocage tardif de la situation pour les salles ayant l’habitude d’accueillir des concerts debout. Un espoir aujourd’hui de plus en plus ténu – pour ne pas dire inexistant. C’est du moins le constat sans appel que l’on dresse après s’être entretenu avec des acteurs culturels comme la Bobine, l’Ampérage, la Source ou encore la Belle Électrique : plus personne ne croit encore vraiment en une possible évolution de la situation avant 2021, tout juste les plus optimistes s’autorisent-ils encore à garder un très mince espoir de changement pour le mois de décembre. À défaut, il faut donc pour les salles apprendre à composer avec l’incertitude. Les uns après les autres, et au compte-goutte la plupart du temps, les évènements debout un temps annoncés pour l’automne se voient de nouveau annulés ou reportés (le plus souvent à des échéances prudemment lointaines). Au mieux, ils sont transposés dans des configurations assises, avec toutes les contraintes que cela impose. Assis ou dehors Dans ces conditions, que fai

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Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone : « On a le sentiment que la saison est terminée »

Spectacle | « Suite aux consignes nationales liées à la pandémie du Covid-19, nous sommes contraints d’annuler au minimum tous les spectacles prévus au mois de mars et avril 2020 » : c'est ce qu'a écrit l’équipe de l’Hexagone sur son site web, dès les mesures de confinement adoptées. On a appelé Antoine Conjard, le directeur de cette scène nationale arts sciences basée à Meylan, pour savoir s’il avait maintenant le recul pour nous en dire plus.

Aurélien Martinez | Jeudi 2 avril 2020

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone : « On a le sentiment que la saison est terminée »

Quel est le quotidien d’un directeur dont le théâtre est fermé ? Antoine Conjard : Il est particulier mais je me suis organisé pour être en connexion avec toute l’équipe. Très tôt, avant les décisions d’interdiction des rassemblements de plus de 1 000 personnes, on avait commencé à s’organiser en vue d’un possible confinement. On a fait en sorte que toute l’équipe de l’Hexagone puisse faire du télétravail dans de bonnes conditions : tout le monde en ce moment peut donc communiquer et se parler afin de préparer la suite. Quelle suite ? Imaginez-vous rouvrir le théâtre avant juin et la fin de la saison culturelle 2019/2020 ? Ça, on n’en sait rien. On avance au jour le jour en fonction des annonces du gouvernement, mais c’est sûr qu’on a le sentiment que la saison est terminée. Même si on ne peut pas le dire tant que ce n’est pas effectif. Qu’en est-il des spectacles qui ont dû être annulés du fait de la fermeture du théâtre ? Globalement, on a une position de principe : il faut faire en sorte que les cho

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"Après la nuit" : ensemble ou pas ?

ECRANS | De Marius Olteanu (Rou., 1h50) avec Judith State, Cristian Popa, Alexandru Potocean…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Dana et Arthur partagent leur vie depuis dix ans. Mais vivent-ils encore ensemble ? Après une nuit d’interrogations, durant laquelle Dana a erré avec un chauffeur de taxi et qu’Arthur a passée dans les draps d’un autre homme, sont-ils au clair avec leurs sentiments mutuels et réciproques ? Trois actes pour raconter les atermoiements intimes d’un couple ; pour observer l’un, l’autre, puis l’alchimie d’une synergie amoureuse sur le fil du rasoir : la rupture, multifactorielle, est proche, mais ne consomme pourtant pas. Pour soutenir le projet de son film, Olteanu a recours à un concept déjà vu récemment chez Xavier Dolan : la variation du format de l’image. Carré lorsqu’il s’agit de suivre chaque personnage individuellement, il devient large lorsque le couple se retrouve, quitte à se rétrécir dans certaines séquences de crise (cet effet yoyo en diminue la lisibilité et surtout l’efficacité). Rappelant étrangement le cinéma de Nuri Bilge Ceylan dans les rapports entre hommes et femmes, Après la nuit trouve son originalité dans la mise en scène des "fâcheux"“ venant contrarier Dana et Arthur : le voisin raciste, la grand-mère se mêlant d

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"Gloria Mundi" : un monde immonde

Cinema | Portrait par Robert Guédiguian d’une famille de la classe moyenne soumise au déclassement moyen dans la France contemporaine, où certains n’hésitent pas à se faire charognards pour ramasser les miettes du festin. Un drame noir et lucide. Coupe Volpi à Venise pour Ariane Ascaride.

Vincent Raymond | Mercredi 27 novembre 2019

Autour de Mathilda, qui vient d’accoucher d’une petite Gloria, le cercle de famille s’agrandit mais ne se réjouit pas trop : les jeunes parents peinent à joindre les deux bouts, le père de Mathilda (qu’elle connaît à peine) sort de prison ; quant à sa mère et son nouvel homme, ils ne roulent pas sur l’or. Seuls sa sœur et son compagnon s’en sortent grâce à une boutique de charognards… Est-ce ainsi que les Hommes vivent ? Citer Aragon, l’aède communiste par excellence, a quelque chose d’ironique accentuant la désespérance profonde dont ce film est imprégné. Gloria Mundi s’ouvre certes par une naissance, mais ne se reçoit-il pas comme un faire-part de décès dans l’ambiance mortifère d’un deuil, celui des illusions collectives et de la foi en l’avenir ? Triste est l’époque que Robert Guédiguian nous montre en miroir, où sa génération (celle des actifs usés, sur le point de partir à la retraite, incarnés par l’épatant trio Meylan/Ascaride/Darroussin) ne peut plus transmettre le flambeau de la lutte ni des solidarités généreuses à sa progéniture. Cette dernière, hypnotisée par les chimères libérales, s’est muée en soldate

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Robert Guédiguian : « Les idées des dominants sont devenues dominantes »

Cinema | Une famille déchirée par l’argent, fléau social gangrenant âmes, cœurs et corps… Dans Gloria Mundi, Robert Guédiguian tend un miroir sans complaisance à sa génération, épuisée d’avoir combattu, et à la suivante, aveuglée par les mirages. Mais ne s’avoue pas vaincu. Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mercredi 27 novembre 2019

Robert Guédiguian : « Les idées des dominants sont devenues dominantes »

Dans la mesure où vous travaillez en troupe, mais aussi où un lien très privilégié vous unit à Ariane Ascaride, comment avez vous reçu la Coupe Volpi qui lui a été remise à la Mostra de Venise ? Robert Guediguian : Je crois que tous les gens qui travaillent ensemble depuis toujours, dont moi, ont pris ce prix pour eux, disons-le. Et l’on trouve juste et justifié ce rapport qui a été fait entre Ariane (qui est d’origine italienne), ses rôles dans le cinéma que je fais et les grandes références comme Anna Magnani. Un prix à Venise oblige à penser à tout le cinéma italien des années 1970 qu’on aime beaucoup et qui nous a grandement frappés : dans notre adolescence, c’était le plus fort du monde. On a plus de références avec le cinéma italien qu’avec le cinéma français ou américain. C’est un peu une transmission, un passage de témoin magnifique. Gloria Mundi est un film sur les valeurs. Mais ce mot a des acceptions différentes selon les générations : pour les aînés, il s’agit de valeurs humaines, alors que les enfants les considèrent sur le plan économique… Je crois, oui. C’est ce

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"Chanson Douce" : requiem pour un film

ECRANS | De Lucie Borleteau (Fr., 1h40) avec Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz…

Vincent Raymond | Mercredi 27 novembre 2019

Un couple de trentenaires parisiens épanouis cherche la perle rare pour s’occuper de ses deux enfants afin que la mère puisse reprendre son activité professionnelle. Leur choix s’arrête sur Louise, une quinquagénaire en tout point parfaite. Plus que parfaite, même. En apparence… De l’éternel gouffre séparant un livre de son adaptation cinématographique… Sous la plume de Leïla Slimani, Chanson douce fut un roman d’une épouvantable précision, menant avec une limpidité rigoureuse et clinique vers le dénouement macabre annoncé dès ses premières pages. Ni "objet" littéraire surstylisé (bien que couronné par le Prix Goncourt), ni polar des familles, cette œuvre profonde et captivante rendait compte d’un faisceau de vérités sociologiques contemporaines. Et notamment que la précarité peut conduire de la déréliction à la névrose, l’inconsciente arrogance des privilégiés servant alors de catalyseur à une effroyable tragédie. Sur le papier, il y avait tout pour construire un thriller et faire vibrer l’écran. La distribution elle-même était prometteuse, mais ne l’était-elle pas trop ? Le rendez-vous s’avère manqué. Parce que Karin Viard est trop

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Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne qui place les autres au centre de l’histoire »

ECRANS | Suite lointaine d’un des plus grands triomphes des Studios Disney qui avait glané 5 Oscar (dont celui de la meilleure actrice pour Julie Andrews), "Le Retour de Mary Poppins" est le Disney de Noël 2018. Rencontre avec le réalisateur et l’interprète de la nounou magique.

Vincent Raymond | Mercredi 19 décembre 2018

Emily Blunt : « Mary Poppins est une super-héroïne qui place les autres au centre de l’histoire »

Signer la suite d’un film considéré comme un classique depuis un demi-siècle a de quoi impressionner, non ? Rob Marshall : À chaque étape, cela a été impressionnant. Et un travail colossal. Mais si quelqu’un devait s’atteler à la tâche, je voulais que ce soit moi, car ce film signifie énormément pour beaucoup de personnes de ma génération. Il fallait que cette suite reflète dignement l’esprit du film de 1964, même si la barre était particulièrement haute. Avec mes co-scénaristes Dave Magee et John de Luca, nous avons dû créer un script pour lier les parties musicales entre elles. Car les livres de P. L. Travers fonctionnent par épisodes ; il n’y a pas vraiment de narration liant les chapitres les uns aux autres. Puisque Le Retour de Mary Poppins dépeint l’époque de la Grande Dépression à Londres, il fallait comprendre les difficultés de cette période et trouver un écho très contemporain. C’était un exercice d’équilibriste d’arriver à cett

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"Le Retour de Mary Poppins" : Mary à tout prix (et pareille à elle-même)

ECRANS | De Rob Marshall (ÉU, 2h10) avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw…

Vincent Raymond | Lundi 17 décembre 2018

Trente ans se sont écoulés depuis le départ de Mary Poppins. La voici de retour, quasi identique, pour s’occuper des enfants de Michael Banks, alors que leur père, jeune veuf, s’emploie à sauver leur maison d’une saisie. Heureusement, sa magie sera le sucre qui aidera la médecine à passer… Disons-le tout net, cette suite est une délicieuse mine de paradoxes. Tout d’abord parce qu’elle s'applique davantage à répliquer l’opus initial qu’à le prolonger, histoire de montrer l’immutabilité de la nounou – laquelle, pourtant, a changé de physionomie en changeant d’interprète (Emily Blunt). Ainsi le ramoneur est-il ici remplacé par un allumeur de réverbères (même genre de monte-en-l’air, en plus propre sur lui) ; l’oncle Albert s'envolant au plafond troqué par une cousine Topsy vivant tête-bêche ; la séquence champêtre en animation par… une séquence champêtre en animation (avec une touche de cabaret en sus). Bénéficiant des évolutions techniques contempora

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"Utøya, 22 Juillet" : la chasse

ECRANS | Reconstitution en temps réel de l’attaque d’Utøya (Norvège) vue de l’intérieur et en plan-séquence, cette terrible et néanmoins superbe claque est portée par l’impressionnante Andrea Berntzen, qu’on suivra au-delà de ce film. Brut, mais surtout sans bavure.

Vincent Raymond | Lundi 10 décembre 2018

22 juillet 2011, sur l’île norvégienne d’Utøya où se tient un camp réunissant de jeunes travaillistes, la nouvelle de l’attentat venant de toucher le quartier des ministères à Oslo est à peine digérée que des tirs retentissent : une attaque terroriste est en cours. Katja tente de se mettre à l’abri… C’est peu dire que l’on redoutait ce film. Car l’événement dont il s’inspire a traumatisé la société scandinave, laquelle a eu encore plus de mal à se remettre du procès du mégalomane extrémiste responsable des faits – ce dernier en profitait comme d’un piédestal pour vanter ses idées nauséeuses, avec force provocations narquoises. Comment, alors, évoquer cette journée funeste sans héroïser survivant·e·s et martyres, sans donner du meurtrier une image qui le remplirait d’orgueil, ni coudre de fil blanc les pages du drame ? Trop de cinéastes omettent de se poser des questions basiques d’éthique, que les bons sentiments pas plus qu’une musique empathique ne résolvent. Faut-il mettre au crédit de la "rigueur protestante" et pragmatique les choix opérés par Erik Poppe dans Utøya, 22 Juillet ? Ils se révèlent moralement, narrativemen

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"Rester vivant - méthode" : Vincent, Michel, Iggy et les autres

ECRANS | de Erik Lieshout (P.-B., 1h10) documentaire avec Iggy Pop, Michel Houellebecq, Robert Combas…

Vincent Raymond | Mardi 8 mai 2018

De la douleur surmontée naît la création poétique : tel est le postulat de Rester vivant, méthode, essai signé par Michel Houellebecq en 1991. Un bréviaire dont fait ici son miel Iggy Pop, jadis réputé pour ses performances scéniques limites conjuguant scarifications et auto-mutilations diverses. En vénérable pré-punk apaisé, l’Iguane s’emploie à lire devant la caméra quelques stances de l’ouvrage, à les commenter à la lumière de son parcours ; croisant sa propre vie avec celle d’autres artistes aussi marqués par la souffrance que lui. On y découvre les écrivains écorchés Claire Bourdin et Jérôme Tessier, ainsi que le vibrionnant peintre Robert Combas, témoignant tous de leur rapport intime à la maladie – schizophrénie, dépression ou autre plaie intérieure térébrante qu’ils ont convertie en carburant créatif. Et puis il y a dans un recoin du film, à son extrémité caudale même, un certain "Vincent", artiste reclus absorbé par un grand œuvre mystérieux. Il s’agit le seul "personnage" fictif de ce documentaire hybride, interprété par Houellebecq en personne. Visage rongé de stigmates, voix souffreteuse et silhouette déb

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Avec "Le rêve blanc", le Musée dauphinois raconte l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes

Exposition | Mi-avril, le Musée dauphinois a ouvert les portes d’une nouvelle exposition permanente baptisée "Le rêve blanc, l'épopée des sports d'hiver dans les Alpes" qui retrace l’histoire de la pratique du ski au XXe siècle. On s’est laissé guider par Franck Philippeaux, conservateur du musée et commissaire de l'exposition.

Alice Colmart | Mardi 24 avril 2018

Avec

Alors que la neige fond et que les stations de ski ferment leurs pistes, le Musée dauphinois ne semble pas prêt à tourner la page de l’hiver. Après Grenoble 1968, les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère, toujours en cours au rez-de-chaussée pendant toute l’année 2018, une nouvelle exposition, cette fois-ci de longue durée (sans date de fin donc), s’attaque aux sports d’hiver. Située au dernier niveau du bâtiment, elle a pour but de présenter « les différents engrenages du système économique que sont les sports d’hiver » selon le conservateur du musée Franck Philippeaux, avec des photos, cartes postales, films et autres objets en tous genres. Tout au long du parcours, on découvre ainsi l’évolution des pratiques à travers une vaste collection d’équipements adoptés par les sportifs au fil des ans – skis, monoskis, patinettes… On en apprend par exemple plus sur le passage du ski en bois au ski métallique, jusqu’au plus récent sn

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Les 8 expositions à (re)voir pendant les vacances de Noël

ARTS | Comme il ne se passe pas grand-chose de culturel à Grenoble et dans l’agglo pendant les fêtes, voici une sélection d’expositions phares des derniers mois encore à l’affiche pendant ces vacances. Suivez-nous, et surtout prenez le temps de flâner.

Charline Corubolo | Mardi 19 décembre 2017

Les 8 expositions à (re)voir pendant les vacances de Noël

Daniel Dezeuze, une rétrospective Au Musée de Grenoble L’art de la rétrospective est délicat, mais lorsque Daniel Dezeuze et le Musée de Grenoble s’en emparent, il est magnifié. Dévoilant 50 ans de création, des premières sculptures aux œuvres les plus récentes avec le mystère des Tableaux-Valises, le parcours met en exergue la poésie dans l’œuvre de l’artiste français. Cherchant à saisir l’insaisissable, Daniel Dezeuze offre une visite sur le fil de la légèreté, de ses expérimentations au sein du mouvement Supports/Surfaces à la finesse graphique de la Vie amoureuse des plantes. Un ensemble éclectique et pourtant cohérent, permettant à la chronologie de se réinventer à chaque fois, entre figuration et abstraction. Une exposition de premier plan pour un artiste qui a fait (et fait toujours) la scène artistique contemporaine. Tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h30 Fermeture les 25 décembre et 1er janvier

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"La Villa" : une calanque en hiver par Robert Guédiguian

ECRANS | Page arrachée à son journal intime collectif, le nouveau film de Robert Guédiguian capte les ultimes soubresauts de jeunesse de ses alter ego, chronique le monde tel qu’il est et croit encore à la poésie et à la fraternité, le tout du haut d’un balcon sur la Méditerranée. De l’utopie vraie.

Vincent Raymond | Mardi 28 novembre 2017

Depuis un drame intime, Angèle n’était jamais revenue voir son père ni ses frères. Après l’AVC du patriarche, elle redescend pourtant un jour d’hiver dans la calanque familiale. Histoire de régler le présent, solder le passé et peut-être se reconstruire un futur. « J’ai l’impression de faire une espèce de feuilleton depuis trente ans. Sans personnage récurrent, mais avec des acteurs récurrents. Et je joue avec cette ambiguïté. » La confidence de Robert Guédiguian prend d’autant plus de sens ici où le cinéaste convoque un extrait de son film Ki Lo Sa (1985) pour illustrer un flash-back – procédé auquel il avait déjà eu recours dans La Ville est tranquille (2001), agrémenté d’un fragment de Dernier été (1981). « Je serais tenté de le faire souvent, mais ce serait une facilité. Là, par rapport au sujet, ça se prêtait bien » confirme le cinéaste. Bercée par la musique de Bob Dylan, cette réactivation d’une archive ensoleillée du lieu et des protagonistes confère à La Villa une singulière épaisseur temporelle emplie de mélancolie. Passant l’e

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"Pop music 1967-2017 : graphisme et musique" : pochettes-surprises

Exposition | On a visité la nouvelle exposition du Centre du graphisme d'Échirolles, et c'est passionnant !

Aurélien Martinez | Mardi 21 novembre 2017

Quand on rentre dans la première des trois salles de l’exposition Pop music 1967-2017 : graphisme et musique, on est surpris par le nombre incroyable de pochettes de vinyle et d’album affichées aux murs. Et, surtout, ravis de retrouver aussi bien des visages familiers comme Patti Smith, Debbie Harry de Blondie, les Doors ou encore les Beach Boys nourrissant des chèvres (pourquoi pas) que des totems graphiques de la pop culture – la langue des Stones, la banane du Velvet Underground, le prisme dispersif des Pink Floyd… Voilà donc bien une exposition populaire ! Une exposition, riche de près de 1300 pochettes venues de la médiathèque de Paris ou achetées, qui propose « une impossible encyclopédie » via un parcours chronologique (de 1967 à 1980, de 1980 à 1999 et de 2000 à 2017) démontrant les liens évidents entre graphisme et musique pop mondiale – même si certains pays, du fait de leur importance historique, sont bien évidemment surreprésentés. Côté français, au vu de ce que l’on a pu constater (l’exposition était en cours de montage lorsque nous l’avons visitée), on trouvera des reliques de Noir Désir, Camille, Air, Tahiti 80, Jacno…

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Michel Bouvet : « 1967 est en matière de musique ce que 1968 est à la politique »

Exposition | En se proposant d'étudier les rapports entre graphisme et musique, la foisonnante exposition "Pop music 1967-2017 : graphisme et musique" du Centre du graphisme d’Échirolles interroge à travers les décennies les évolutions des supports discographiques et de nos pratiques musicales depuis le boom pop de la fin des années 1960, comme nous l’explique le co-commissaire d’exposition Michel Bouvet.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 novembre 2017

Michel Bouvet : « 1967 est en matière de musique ce que 1968 est à la politique »

Si Michel Bouvet, graphiste et commissaire (avec Blanche Alméras) de l'exposition Pop music 1967-2017 : graphisme et musique a choisi 1967 comme point de départ, c'est d'abord, dit-il, parce que partant à rebours de 2017, « on se demande ce qu'il se passe cinquante ans avant ». Sauf que hasard ou coïncidence, 1967 correspond sans doute au climax de la culture pop et du rock. « 1967 est en matière de musique ce que 1968 est à la politique. 1967, c'est le summer of love de San Francisco, l'apogée du mouvement hippie et de sa concrétisation musicale, la première apparition publique de Jimi Hendrix, et la sortie de ce qui reste sans doute comme le meilleur album de tous les temps : Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, la galaxie pop est en fusion. » 1967, c'est aussi l'année de la sortie du premier album du Velvet Underground dont la pochette, ornée d'une banane devenue mondialement célèbre, est signée Andy Warhol. Pochette qui marque sans doute, avec Sgt. Pepper, la première coucherie avérée entre graphisme et musique. Ce que nuance toutefois Mich

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"50 classiques de la pop" : rencontre avec David Snug, poète popesque

CONNAITRE | « Je ne doute pas un seul instant que vous apprendrez plein de trucs » annonce d’emblée l’auteur David Snug dans la préface de son nouveau livre. Et il a raison : notre maîtrise de la langue française s’est améliorée, notre sens de la critique s’est réveillé, et notre playlist pop a plein de nouveaux morceaux. Pour rencontrer ce bienfaiteur musical, rendez-vous à la librairie Les Modernes samedi 23 septembre.

Charline Corubolo | Mardi 19 septembre 2017

Avec les 50 classiques de la pop, vous allez enfin pouvoir briller en société. C’est l’auteur David Snug, également journaliste, dessinateur et musicien au sein du groupe Trotski Nautique (il sait donc forcément de quoi il parle), qui le promet dans la préface pleine de bonne foi de son ouvrage. Et après avoir parcouru ses pages empruntes d’un lyrisme évident, nous le confirmons. Un sens aigu de la langue de Molière, une véracité historique à la Wikipédia, une sélection musicale des plus objectives et un trait illustratif d’une finesse redoutable : son bouquin est la bible popesque qu’il manquait dans votre étagère musicale. Avec l’honnêteté du professionnel accompli, David Snug se concentre sur l’essentiel de la musique pop des années 1960 à nos jours, mais à sa façon, comme le prouve ce petit extrait concernant le groupe My Bloody Valentine : « Le problème avec se groupe, c’est que le chanteur il s’apelle KEVIN, alors forcement il est un peu con. » Savoureux. Pour rencontrer ce poète érudit, rendez-vous à la librairie Les Modernes samedi 23 septembre à 18h, puis direction le Coq’Tail pour un fin concert de

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Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

ACTUS | S’il existe des salles de spectacle privées qui vivent (plus ou moins) bien, les salles publiques, elles, comptent sur la contribution des différents acteurs publics (ville, département, région, État…) lorsqu’elles bouclent leur budget annuel. Antoine Conjard, directeur de la scène nationale l’Hexagone de Meylan, nous explique pourquoi.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #6 : pourquoi certaines salles de spectacle sont-elles subventionnées ?

« Si nous n’avions pas d’argent public, les places de spectacle de l’Hexagone qui sont à 12 ou 13€ en moyenne seraient à 40 ou 50€. C’est pour cela que les prix des places dans les salles privées sont plus élevés que ceux des salles publiques. Car après tout, accueillir des spectacles génère des coûts. Il faut entretenir l’espace dont on dispose, accueillir les artistes et les équipes, mais aussi rémunérer correctement les personnes qui travaillent au sein de notre structure. » Mais encore ? « Il faut aussi savoir que le secteur public spectacle vivant travaille à la création contemporaine, pour permettre l’échange entre les chercheurs que sont les artistes et les spectateurs. Nous voulons permettre à ces derniers de découvrir des formes de spectacle qu’ils n’auraient pas l’occasion de voir si nous n’existions pas. » Plus d'infos sur l'Hexagone de Meylan : www.theatre-hexagone.eu

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"Macadam Popcorn" : grandeurs et évolutions des petits commerces de cinéma

ECRANS | de Jean-Pierre Pozzi (Fr., 1h19) documentaire

Vincent Raymond | Mardi 20 juin 2017

Voici un documentaire que l’on voudrait aimer par principe ; autant pour son sujet que pour l’opiniâtreté de sa démarche et ses (modestes) tentatives formelles. Jean-Pierre Pozzi et son camarade le dessinateur Mathieu Sapin y écument la France des salles de cinéma alternatives, après le passage au "tout numérique", et donnent la parole aux défenseurs acharnés de l’exception "art et essai" – ces propriétaires de salles maintenant coûte que coûte leurs écrans dans le paysage. Scandé de trop rares séquences animées, ce road movie leur a pris des mois, voire des années. Hélas, une partie de leur énergie s’est diluée au fil du temps, et le film s’en ressent : on devine à sa réalisation bancale, à son montage façon coq-à-l’âne et à l’absence hurlante de continuité que les protagonistes (au jeu merveilleusement approximatif) ont dû caler les sessions de tournage au gré de leurs disponibilités. Cette forme inachevée, parasitant un fond édifiant (notamment les témoignages d’intervenants pittoresques, aventureux et sympas) montre les limites d’un cinéma militant privilégiant les intentions à l’énonciation.

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Klô Pelgag : extraterrestrement vôtre

MUSIQUES | La chanteuse québécoise, drôle de créature pop (et plus encore), sera samedi 3 juin à la Belle électrique.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 mai 2017

Klô Pelgag : extraterrestrement vôtre

Il y a quelques semaines, lors d'une émission sur RFI, Klô Pelgag était invitée à démentir une rumeur courant sur sa personne, selon laquelle elle serait une reptilienne. Ce dont la chanteuse au drôle de nom se défendait bien sûr avec le sourire, mettant ainsi fin au débat. Une blague bien sûr, plus qu'une rumeur initiée par on ne sait quel réseau complotiste, mais qui en dit beaucoup sur la Québécoise découverte en 2013 avec le quasiment prémonitoire L'Alchimie des monstres, son premier album. Car il y a quelque chose d'un peu extraterrestre chez Klô Pelgag et dans sa musique, tant la jeune femme trimballe avec elle un univers tel qu'on en voit peu dans la chanson francophone. Ainsi, de ses textes tout en images, hybridation d'onirisme et de concepts, élevées en laboratoire de langue (ainsi que l'indiquent les titres Apparition de la Sainte-étoile thoracique, qui donne en partie son titre à son dernier album, ou Les Ferro-fluides fleurs et à peu près tous les mots qu'ils contiennent), riches d'une poésie tordue qui n'est pas sans rappeler son confrère et compatriote Pierre Lapointe. Mais, comme chez Lapointe, cela

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Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

Festival | On l’a appris au détour d’une conversation, l’Hexagone de Meylan n’ayant encore rien officialisé publiquement : la biennale arts-sciences Les Rencontres-i va changer de nom (ce sera Experimenta) et de dates (en février plutôt qu’en octobre). On a du coup essayé d’en savoir plus en allant directement à la source.

Aurélien Martinez | Mardi 28 mars 2017

Biennale arts-sciences : les changements, c’est maintenant

« On avait de nombreux noms pour nos différentes activités entre la biennale Arts-Sciences, les Rencontres-i, Experimenta… Il nous a paru important de nous recentrer en trouvant le format le plus immédiatement compréhensible à la fois pour le public de l’agglomération et pour nos partenaires extérieurs, notamment à l’étranger. » Voilà qui est clair comme nous l’a expliqué Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone de Meylan et de la biennale arts-sciences que ce même Hexagone organise : le nom du « salon arts, sciences et technologies » organisé chaque année à Minatec devient le nom de la biennale dans son ensemble, les Rencontres-imaginaires étant délaissées pour une appellation plus explicite. « Pour la petite histoire, quand on en a parlé avec des partenaires japonais, pour eux il n’y avait pas photo : Experimenta était le nom le plus évident. Ils comprennent tout de suite ce que ça veut dire. » « On est sur du marketing territorial » Et quitte à changer le nom

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Objekt, objet dansant non identifié

Soirée | Le jeune prodige berlinois de la techno sera vendredi 3 mars à la Belle électrique, grâce aux Grenoblois de Micropop. Réservez votre soirée !

Damien Grimbert | Mardi 28 février 2017

Objekt, objet dansant non identifié

C’est une chose d’inviter régulièrement des artistes techno et house à venir se produire à Grenoble. C’en est une toute autre de construire pas à pas une identité musicale forte et singulière, en sélectionnant chaque artiste non pas par sa capacité à rameuter les foules, mais par sa faculté à refléter les dernières évolutions d’une scène électronique en perpétuelle mutation. Et dans ce domaine, force est de reconnaître que le crew Micropop Records tire particulièrement bien son épingle du jeu. Après Ron Morelli, Helena Hauff, Low Jack, Kowton, DJ Richard ou encore John Heckle, les Grenoblois ont cette fois porté leur dévolu sur le Berlinois Objekt, jeune prodige techno signé sur le passionnant label PAN de Bill Kouligas. Loin des sonorités lo-fi analogiques en vogue depuis quelques années, ce dernier a au contraire construit sa réputation sur une techno expérimentale hi-tech au sound-design effervescent, comme en témoignait déjà son remarqué premier album Flatland en 2014. Pour autant, c’est bel et bien ses DJ-sets hautement aventureux, où s’entrecroisent influences IDM, électro, ambient, acid, noise, breakbeat et expérimental, qui o

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Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

ACTUS | À Grenoble, l’Atelier Arts Sciences, financé conjointement par la scène nationale l’Hexagone de Meylan et le CEA, rassemble des artistes et des chercheurs afin qu’ils échangent sur leurs pratiques et, surtout, travaillent ensemble. Pour fêter les dix ans de ce laboratoire original, l’équipe l’ouvre au public le temps d’une journée (le jeudi 2 février).

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 31 janvier 2017

Atelier Arts Sciences : j'ai 10 ans

« Notre travail repose sur l’intégration des nouvelles technologies dans le monde de l’art » : voilà comment Eliane Sausse, directrice de l’Atelier Arts Sciences (et secrétaire générale de l’Hexagone de Meylan), résume les missions de ce laboratoire lancé en 2007. Grâce à l’Atelier, artistes et scientifiques se rencontrent, échangent et progressent pour aboutir à des projets communs. Comme, par exemple, celui d’EZ3kiel : en 2009, le groupe de musiciens, assoiffé d’innovation, avait pu travailler à Grenoble sur une installation interactive baptisée « les mécaniques poétiques ». « L’Atelier Arts Sciences a montré que les artistes réussissaient à bien anticiper les évolutions de la société » poursuit Eliane Sausse, qui annonce pour 2017 une réalisation du plasticien très branché nanoélectronique Lionel Palun. En octobre, la résidence de ce dernier prendra fin. Son œuvre, consacrée au "big data" (des milli

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Tessela, escale en polyrythmie

DJ | Samedi 28 janvier à l'Ampérage, on a rendez-vous avec un jeune prodige de la scène anglaise techno.

Damien Grimbert | Mardi 24 janvier 2017

Tessela, escale en polyrythmie

En simplifiant un peu les choses, on pourrait dire qu’il existe deux grandes écoles pour composer de la techno. La première, vastement majoritaire, consisterait à partir d’une construction rythmique simple, puis d’en peaufiner inlassablement chacun des éléments jusqu’à obtenir un morceau subtil et impeccablement produit. La seconde, plus aventureuse, reposerait au contraire sur une forme de complexe chaos organisé, où différents rythmes bruts se superposeraient, se croiseraient et s’entrechoqueraient, de manière à créer une dynamique sans cesse fluctuante et hautement addictive. C’est clairement dans ce deuxième courant que s’inscrit la musique de Tessela, jeune prodige de la scène anglaise signé sur R&S, prestigieux label belge désormais relocalisé à Londres. Influencé conjointement par les breakbeats acérés et les samples vocaux pitchés de la scène rave du début des années 1990, les premiers morceaux de jungle et les différentes circonvolutions de la constellation bass music, Tessela s’est imposé en l’espace de quelques années, et autant de tubes fondateurs, comme l’une des sources de renouvellement les plus passionnantes de l’héritage techno. Au

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Joyeux anniversaire l’Orchestre régional du Dauphiné !

Musique classique | Le fameux orchestre amateur fêtera ses trente ans jeudi 15 décembre à l'Hexagone de Meylan (avec une reprise le lendemain à la Vence scène de Saint-Égrève). On remonte le fil de l'histoire.

Régis Le Ruyet | Lundi 12 décembre 2016

Joyeux anniversaire l’Orchestre régional du Dauphiné !

1986. Trois clarinettistes, élèves du Conservatoire de Grenoble, trépignent d’envie devant la partition de La Flûte enchantée de Mozart qu’un d’eux vient d’apporter. Convaincus, à raison, que leurs seuls instruments ne pourront suffire, les musiciens se font rabatteurs et parviennent à rallier autour de leur idée un violon, un alto, un violoncelle, une flûte, un hautbois et trois chanteurs. Dès lors, placée sous la baguette de leur professeur, la toute jeune société baptisée Le concert des amateurs se prépare à donner, dans le cadre de la Fête de la musique, son premier concert dans le patio du Centre musical de Meylan… Trente ans plus tard, toujours avec autant de « plaisir » comme nous le confirme son président-bassoniste Jean-Michel Bouvard, l’orchestre est toujours là, sous le nom d’Orchestre régional du Dauphiné. Soutenu par le Conseil général de l’Isère, la Ville de Meylan et quelques mécènes, l’ensemble réunit aujourd’hui près de cinquante musiciens amateurs de tous âges pour environ huit concerts par an, et pas mal d’interventions en milieu hospitalier, dans des Ehpad… Pour célébrer

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Feadz, Claristidge et Mark XIII : les trois soirées de la semaine

MUSIQUES | On va clubber où ces prochains jours ? Réponses : au Vertigo, à la Bobine et au Mark XIII.

Damien Grimbert | Mardi 29 novembre 2016

Feadz, Claristidge et Mark XIII : les trois soirées de la semaine

02.12.16 > Vertigo Feadz Parce qu’il fait partie de ces artistes plus présent derrière les platines que sur les réseaux sociaux, on en viendrait parfois presque à oublier que Feadz reste toujours, plus de quinze ans après ses débuts, parmi les meilleurs DJs français en activité. Pionnier des croisements entre électro old-school, house, rap, techno, club, bass et ghetto music, producteur de l’égérie Uffie à ses débuts, auteur d’excellents maxis pour Ed Banger et BPitch Control, Fabien Planta continue aujourd’hui d’électriser les dancefloors aux côtés de la nouvelle génération avec des sorties sur des labels comme Sound Pellegrino, Moveltraxx ou Paradoxe Club. _______ 01-03.12.16 > Mark XIII Anniversaire de la reprise du bar Pour fêter en beauté l’anniversaire des trois ans de la reprise du bar par les deux nouveaux patron Luc et Pauline, le Mark

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Helena Hauff, projet chaos au festival Jour & Nuit

MUSIQUES | Zoom sur l'une des têtes d'affiche du festival, qui se produira vendredi 9 septembre au club secret du Palais des sports.

Damien Grimbert | Mardi 6 septembre 2016

Helena Hauff, projet chaos au festival Jour & Nuit

Tête d’affiche de la première nuit du festival Jour & Nuit, Helena Hauff n’oscille pas forcément dans un registre radicalement nouveau. Cette techno sombre, brute et abrasive, teintée de pulsations industrielles, d’électro de Detroit, de mélodies synthétiques, de sonorités acid et d’influences cold-wave et italo-disco, on l’a déjà entendue chez d’autres, mais rarement dispensée avec une telle force de conviction. Originaire de Hambourg et figure récurrente des soirées interlopes du club Golden Pudel, centre névralgique de la scène underground de la ville, la jeune Allemande a vu sa carrière exploser en l’espace de quelques années. Une carrière pourtant construite sur des valeurs diamétralement opposées à celles actuellement en cours dans la scène électronique mondiale : à rebours du fonctionnalisme et de la seule quête d’efficacité, Helena Hauff défend en effet une techno sauvage, crue, pulsionnelle et indisciplinée, où l’intensité et la puissance d’évocation règnent en seuls maîtres à bord. Quitte à déstabiliser l’auditeur et

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"La Chanson de l’éléphant" : et revoilà Xavier Dolan

ECRANS | de Charles Binamé (Can., 1h50) avec Bruce Greenwood, Xavier Dolan, Catherine Keener…

Vincent Raymond | Mercredi 27 juillet 2016

L’appétence de Xavier Dolan pour les rôles de jeunes hommes détraqués ayant un problème avec leur môman et, accessoirement, une orientation homosexuelle, risque de l’enfermer dans un carcan dont il aura le plus grand mal à s’extraire lorsque la puberté aura achevé de le travailler. S’il s’agissait de montrer l’étendue de ses capacités de comédien, la prestation qu’il a livrée à Cannes en recevant son Grand Prix en mai dernier laissait déjà planer de sérieux doutes. A-t-il voulu camper (en anglais) un résident d’hôpital psychiatrique jouant au chat et à la souris avec le directeur de l’établissement par amour pour la pièce originale de Nicolas Billon ; pour en remontrer à ses confrères anglo-saxons ; pour s’accorder une ultime chance ou bien par pur masochisme ? Quel que soit le mobile, ses mimiques exagérées de Norman Bates canadien valorisent le jeu retenu de ses partenaires – en particulier l’excellent Bruce Greenwood. Sortie le 3 août

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Quatre assos grenobloises sinon rien

MUSIQUES | Samedi 2 juillet, c'est soirée électro à la Belle électrique. Et ce sont des Grenoblois qui prennent les manettes.

Damien Grimbert | Mardi 28 juin 2016

Quatre assos grenobloises sinon rien

C’est une évidence trop souvent passée sous silence : la vie nocturne grenobloise ne serait rien sans le travail de défrichage quotidien mené par les assos électro locales. Ce sont elles qui accouchent des propositions artistiques les plus aventureuses, en invitant des DJs internationaux que personne d’autre ne se risquerait à programmer. Elles également qui permettent aux artistes émergents grenoblois de trouver une famille d’accueil, au sein de laquelle ils pourront grandir et se développer. Elles enfin qui sont les garantes de la vitalité de la plupart des soirées, en se démenant au quotidien pour attirer un nouveau public à venir partager leurs coups de cœur musicaux. Ce n’est donc que justice de voir ce samedi quatre de ces associations mises à l’honneur à la Belle électrique, le temps d’une soirée 100% locale. À l’affiche, les artistes du label Micropop Records, dont on vous a déjà vanté plus d’une fois les mérites, les vétérans chevronnés du crew Icône, en activité depuis maintenant deux décennies, les activistes techno de

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Techno océanique avec DJ Richard et December

MUSIQUES | Ce samedi à l'Ampérage, la techno sera plus que de la techno. Et c'est tant mieux.

Damien Grimbert | Mardi 7 juin 2016

Techno océanique avec DJ Richard et December

Organisée conjointement par Hedone et Micropop, soit deux des collectifs techno grenoblois les plus aventureux en la matière, la soirée de ce samedi à l’Ampérage devrait réconcilier tous ceux qui attendent des musiques électroniques plus qu’un simple support monotone pour danser jusqu’à ce que la lassitude s’installe. Privilégiant l’investissement émotionnel et la puissance d’évocation à la fonctionnalité pure et simple, ses deux têtes d’affiches – DJ Richard et December – défendent en effet une vision de la techno radicalement différente du tout venant. Co-fondateur de l’excellent label new-yorkais White Material, le premier (en photo) est l’une des figures de proue de la scène "outsider techno" qui rassemble, comme son nom l’indique, des artistes évoluant en marge des clichés habituellement accolés au genre. Sorti l’an passé sur Dial Records, son premier album Grind est ainsi emprunt d’une nostalgie pour les atmosphères côtières de l’État de Rhode Island, dans le Nord-Est des États-Unis, qui l’a vu grandir.

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Antonio Placer et Angélique Ionatos : indignés sans frontières

MUSIQUES | Le intense récital "Chansons indignées", entre Espagne et Grèce, continue de tournée à Grenoble et ailleurs. Il sera au Musée de Grenoble vendredi et samedi.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juin 2016

Antonio Placer et Angélique Ionatos : indignés sans frontières

Antonio Placer, musicien espagnol installé depuis longtemps à Grenoble et nouvellement directeur du Théâtre Sainte-Marie-d’en-Bas (avec lequel il veut « célébrer les racines d'ailleurs des gens d'ici » comme il nous le déclarait en janvier), est un artiste engagé. On ne s’étonne donc pas qu’il ait baptisé son récital avec la chanteuse grecque Angélique Ionatos Chansons indignées. Une rencontre forte entre deux personnalités qui le sont tout autant même si, sur scène, les deux univers (et les deux guitares) s’imbriquent parfaitement. Et un concert « entre les îles de Lesbos et le Finisterre galicien » tout en poésie et en émotions qu’ils donnent depuis quelque temps et qu’ils joueront cette fois-ci au Musée de Grenoble, dans le cadre de l’accueil exceptionnel par ce dernier d’un tableau du fameux peintre espagnol d’origine crétoise El Greco.

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« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Tribune | En 2016, Grenoble Alpes Métropole définit ce que sera l’intérêt métropolitain dans plusieurs domaines afin de construire ses politiques publiques. Ainsi en est-il de la culture pour laquelle la nouvelle collectivité doit délimiter les contours de son engagement. Au-delà de l’éventuel transfert d’équipements à l’euro près entre les communes et la métropole, c’est l’occasion de faire le point sur ce qu’est la culture à Grenoble et son agglomération et sur l’ambition que cette réflexion peut nourrir.

Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène Nationale Arts Sciences | Mardi 24 mai 2016

« Pour une ambition culturelle métropolitaine à la hauteur de la capitale des Alpes »

Dans l’histoire de la décentralisation, la vie culturelle grenobloise est un creuset de la vie culturelle française. Aujourd’hui encore les artistes et acteurs culturels grenoblois sont des références et irriguent nombre de réseaux à l’échelle européenne et internationale. Mon intention ici n’est pas de faire un inventaire exhaustif mais de faire prendre conscience de la chance que chaque habitant de l’agglomération a d’avoir la possibilité d’être au contact d’œuvres et d’artistes qui participent du mouvement mondial des idées, des émotions. L’importance de ce contact interdit toute politique de repli et engage à articuler action territoriale et ouverture internationale. Nous n’avons pas suffisamment conscience de cette chance, qui trop souvent est confondue avec une forme d’élitisme. Gageons que la formule de Jean Vilar « élitaire pour tous » soit toujours et plus que jamais d’actualité : offrir le meilleur au plus grand nombre. La culture, a contrario d’un bien matériel, ne s’épuise pas dans sa consommation mais se démultiplie dans le partage. « S’élever, d’urgence! » Le rapport à la création et à l’art en général est un moyen unique pour chaqu

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Low Jack : la techno sans forcer

MUSIQUES | Auteur de fabuleux DJ-sets où les genres s’entrecroisent pour libérer une énergie primitive et sauvage, et d’une série d’albums hétéroclites à la croisée de la club culture et des musiques expérimentales, Low Jack défend une vision des musiques électroniques aussi singulière qu’excitante. Il sera de passage ce samedi à l’Ampérage à l'invitation de l'association grenobloise Micropop. Rencontre.

Damien Grimbert | Mardi 10 mai 2016

Low Jack : la techno sans forcer

C’est une remarque qui arrive très tôt, au bout de quelques minutes à peine d’interview : « La techno à proprement parler, je n’en joue pas tant que ça. Ce qui m’intéresse, c’est surtout l’idée de répétition, d’intensité, de dimension primitive, sauvage, physique… » Loin de s’enfermer dans un registre trop uniforme, le DJ-set selon le Parisien né au Honduras Low Jack, c’est surtout un vaste champ des possibles où se côtoient les influences les plus diverses : indus, post-punk, dub, ambient, musiques ethniques traditionnelles, noise, drone, power electronics, électro-funk, house, hip-hop, ghetto et bass music… « J’ai une définition du genre assez large, il y a certaines musiques que je vais recontextualiser en les confrontant à d’autres morceaux plus contemporains, et c’est surtout la façon de les jouer, de les intégrer les uns à la suite des autres, qui va me permettre de les désigner comme quelque chose de "techno", et de les jouer dans un club à 3h du mat. ». Une approche qui doit sans doute aux origines rap de l’artiste (« ça a été un point d’entrée pour tout le reste, la techno, la house, la musique industrielle… Par effet de domino, chaque st

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La Passion d'Augustine

ECRANS | de Léa Pool (Can., 1h43) avec Céline Bonnier, Lysandre Ménard, Diane Lavallée…

Vincent Raymond | Mardi 29 mars 2016

La Passion d'Augustine

Associer bonnes sœurs et musique s’avère une recette toujours payante, surtout si l’on montre ces austères vestales dans des situations a priori inappropriées (s’opposant à leur hiérarchie, bougeant en rythme…). Avec son titre aux faux-airs canailles pour chaînes cryptées, La Passion d’Augustine n’a rien d’une comédie chantée façon Sister Act. Et pour les Québécois qui l’ont plébiscité, ce film relate surtout deux événements majeurs concomitants : la fin du contrôle du système éducatif par l’Église, ainsi que l’abandon des tenues de religieuses classiques décrété par le concile Vatican II. Autrement dit, deux évolutions allant dans le sens de modernité. Mais si la progressiste sœur Augustine consent à adopter une vêture moins empesée, elle demeure rétrograde sur le chapitre de l’enseignement : obnubilée par son amour pour la musique, la nonne s’accroche au couvent qu’elle dirige, avec un entêtement de pécheresse – il est vrai que la bougresse a eu une vie de femme avant ses vœux… Pour éviter les maux de tête causés par ce paradoxe, on se bornera à suivre le merveilleux parcours de la jeune pianiste virtuose (mais sauvageonne) cornaquée par Augustine.

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Techno sous influence avec Randomer et Kowton

MUSIQUES | Auteurs d’hymnes souterrains hypnotiques mêlant sonorités rugueuses, rythmes tribaux et influences dub, les Anglais Kowton et Randomer représentent l’une des facettes les plus excitantes de la scène techno actuelle. Ils seront de passage ce samedi à la Belle électrique à l'invitation du crew Micropop.

Damien Grimbert | Mardi 26 janvier 2016

Techno sous influence avec Randomer et Kowton

Nées aux Etats-Unis au milieu des années 1980, puis importées en Europe quelques années plus tard, la house et la techno se sont globalement adaptées à ce nouvel environnement sans connaître de mutation majeure. Un pays, cependant, fait figure d’exception : le Royaume-Uni. Peu après leur arrivée au royaume de la reine Elizabeth, ces styles musicaux se sont en effet hybridés, par le biais des raves parties, à la culture des sound-systems préalablement établie par les immigrants caribéens. Et ont ainsi produit une nouvelle mouvance musicale à l’identité unique en son genre (le "hardcore continuum", plus communément résumé en "bass music"), qui n’allait avoir de cesse d’évoluer et d’enfanter de nouveaux genres année après année. Si l’on se permet cette longue digression historique pour évoquer le cas d’artistes comme Kowton ou Randomer (photo), c’est qu’elle est tout simplement indispensable pour comprendre ce qui fait la sève de leur musique. L’un comme l’autre font bel et bien de la techno, mais pour peu qu’on y jette une oreille attentive, on y discerne en effet, à dose homéopathique, une multitude d’influences typiquement britanniques : drum’n’bass, jungle, grime, dub

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Qui es-tu, Micropop ?

ACTUS | Focus sur l'association à qui on doit la venue de Ron Morelli et DJ TLR ce samedi à la Belle électrique.

Damien Grimbert | Mardi 23 juin 2015

Qui es-tu, Micropop ?

Organisateur de la soirée à la Belle électrique avec Ron Morelli et DJ TLR, le collectif Micropop Records n’est apparu dans le paysage musical grenoblois qu’il y a un peu plus de deux ans, mais a rapidement réussi à s’imposer comme un incontournable chez les amateurs de musiques électroniques dansantes. Après un premier galop d’essai au mois de mars 2013, avec une soirée au Bar MC2 réunissant Tomas More et Clément Meyer du label Get The Curse, l’asso se rapatrie dès le mois de septembre suivant au Drak-Art, où elle invite depuis à intervalle régulier quelques-uns des artistes les plus excitants de la scène électronique actuelle : Carreno is LB, Jennifer Cardini, John Heckle, Low Jack, Remain… Composé d’un noyau dur d’une dizaine de personnes autour duquel gravitent un certain nombre d’électrons libres, Micropop investit également le Mark XIII dans le cadre de résidences mensuelles et développe en parallèle quelques projets plus discrets comme les MIXLR Sessions (dans lesquelles un artiste extérieur au collec

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Oui Klô

MUSIQUES | Quoi ? Encore une chanteuse québécoise ? Mais bon sang, qu'est-ce qu'on leur a fait, aux gens de la Belle Province ? Ils nous prennent pour un bac à (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 20 janvier 2015

Oui Klô

Quoi ? Encore une chanteuse québécoise ? Mais bon sang, qu'est-ce qu'on leur a fait, aux gens de la Belle Province ? Ils nous prennent pour un bac à recycler ? Quoi ? Encore une chanteuse pétillante ? Avec des textes-jouets qui ont du peps ? Oui, on l'avoue, c'est un peu comme ça qu'on a réagi la première fois qu'on a entendu parler de Klô Pelgag. Ce qui nous a maintenus en curiosité, comme on dit en amour, au Québec, de façon rigolote ; et nous, ben, il nous en faut pas beaucoup, on aime bien les noms rigolos. Genre Klingon. Les trucs à coucher sous un auvent, même quand il n'y en a pas.   Et d'un coup on constate que s'il y a un truc un peu déviant, ou du moins une dérivation, chez Klô, ce sont justement ces textes plus joueurs que jouets (on n'est pas chez Lynda Lemay, ouf, plus chez une cousine gentille et un peu folle de Malajube, une petite sœur de Pierre Lapointe) et cette manière de les interpréter, pas enfantin surjoué mais comme une squaw de cabaret. Et puis ces orchestrations classieuses qui paraissent droit venues, ces violons en piqué qui viennent énerver ses vocalise

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Daho : Pop father

MUSIQUES | Revenu de tout et bien vivant, Étienne Daho trimballe sous des traits à la Dorian Gray une carrière de quasi-sexagénaire qui n'aurait perdu son innocence que pour mieux avoir l'occasion de la retrouver. Retour sur le parcours, presque sans faute, d'une increvable icône pop, de passage à Grenoble avec sa tournée "Diskönoir". Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 18 novembre 2014

Daho : Pop father

Pour un chanteur qui ne chante pas (Daho n'aurait pas de voix), qui ne sourit ni ne saute partout (Daho n'est pas quali en charisme, encore moins Cali, Dieu merci) et dont on ne sait pas grand-chose (quelques récits d'excès, une vie privée opaque), le Rennais a quand même survécu à quatre décennies d'activité et quelques "condamnations à mort". Soit à peu près dix fois ce dont rêverait aujourd'hui certains apprentis chanteurs mythomanes. Mais encore faut-il être quelqu'un. Or Daho est Daho. Et il faut croire que ça suffit. Notez que ça a failli ne pas, quand à ses débuts en 1981, il joue lui aussi les Mythomane, poussé sur scène et sur disque par l'effervescence de la scène de Rennes, où il grandit. Et épaulé par ses mentors Jacno et Franck Darcel (Marquis de Sade).   Le coup d'essai est un coup dans l'eau, un four – et aujourd'hui un album culte sur lequel le chanteur semble livrer un programme : On s'fait la gueule. Comme s'il pressentait au fond

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Graphiquement pop

ARTS | Qu'on ne s'y méprenne pas : Art in pop ne veut pas dire pop art. La nouvelle exposition du Magasin fait ainsi écho à l'ouverture prochaine de la Belle (...)

Charline Corubolo | Mardi 14 octobre 2014

Graphiquement pop

Qu'on ne s'y méprenne pas : Art in pop ne veut pas dire pop art. La nouvelle exposition du Magasin fait ainsi écho à l'ouverture prochaine de la Belle électrique, salle dédiée aux musiques amplifiées attendue début 2015 à côté du centre d'art. Avec cette proposition intéressante (mais un brin sous-exploitée), le Magasin explore les liens entre le monde de la musique et celui de l'art. Plus spécifiquement, l'ensemble étudie les relations qui se sont établies dans les divers champs de la création chez des musiciens ou des personnalités influentes de la pop ayant étudié dans des écoles d'art dans les années 1960-1980. Logique donc d'introduire cette période avec celui qui incarne l'éclatement de cette notion artistique en la personne du Britannique Malcolm McLaren, agent des Sex Pistols et mari de Vivienne Westwood mort en 2010. L'exposition accorde une place centrale à ce personnage qui, pourtant, n'offre pas un intérêt immense niveau plastique. Pulsions

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Daniel Johnston : pop heart

Exposition | Les voies qui vont du rock aux arts plastiques sont hautement pénétrables. Mais parmi les musiciens pop exposés au Magasin à l'occasion d'"Art in Pop", il en est un qui matérialise mieux que personne les ponts entre ces deux mondes qui n'en font qu'un : l'icône folk indé culte Daniel Johnston, fou chantant et dessinateur compulsif. Un artiste total dont l'œuvre brute et obsessionnelle est en prise directe avec une personnalité perturbée, sans filtre et sans filet. Au risque de la chute, sans fin. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 14 octobre 2014

Daniel Johnston : pop heart

C'est un fait : à 53 ans, mentalement et physiquement ravagé, l'Américain Daniel Johnston est – et ce depuis 30 ans – un musicien culte, icône de la branche folk lo-fi célébrée par tous ses pairs et autant d'héritiers en quête du même graal mélodique à l'évidence désarçonnante et à la singularité bancale. Un culte qui culmina il y a 10 ans avec The Late Great Daniel Johnston : Discovered Covered, best of et album de reprises où ses versions originales regardent en miroir leurs jumelles, si belles dans les mains de Eels, Beck, Calvin Johnson, Sparklehorse et The Flaming Lips. Captain America & co Mais bien avant la musique, il y eut le dessin et la peinture. Car comme dans l'hymne starmaniaque, Daniel Johnston a toujours voulu être un artiste. Mieux, il est né artiste, esprit fantaisiste dans une famille de bigots un peu effarés. Au lycée, en Virginie-Occidentale, Johnston a déjà sa petite réputation et il aime ça. Celle d'un type à part, timide mais drôle, surdoué, cabot, farfelu et provocateur, qui aime réaliser des films en Super 8 où il parodie les travers autoritaires de sa mère – qu'il incarne lui-même. Daniel Johnston es

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La pop est partout

ARTS | Malgré des intonations très "warholiennes", la prochaine exposition du Magasin ne traite pas du Pop art. Art in Pop proposera d'étudier les liens étroits (...)

Charline Corubolo | Mardi 30 septembre 2014

La pop est partout

Malgré des intonations très "warholiennes", la prochaine exposition du Magasin ne traite pas du Pop art. Art in Pop proposera d'étudier les liens étroits entre la musique et l'art chez des musiciens formés dans des écoles d'art au cours des années 1960 et 1980. Plus souvent connus pour leur implication musicale, ces artistes ont en réalité eu une production protéiforme allant du dessin à la photographie, en passant par la vidéo, réalisée soit dans un cadre purement récréatif soit comme une sorte de journal intime. Avec des noms comme Malcolm McLaren, incarnation de l'éclatement de la notion d'artiste, ou encore John Miller, l'exposition offrira donc une réflexion sur la musique dans son rapport aux arts plastiques, dont chaque salle sera dédiée à des individualités ou à des thématiques. Les esthétiques artistiques s'entremêleront pour dérouler un panel riche et dense, composé de documents variés : pochettes de disque, documents filmés d'interview ou de concert, et bien sur œuvres d'art. Art in pop, du samedi 11 octobre au dimanche 4 janvier, au Magasin

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Saint Étienne Daho

MUSIQUES | D'un coup, Étienne Daho, qu'on a cru une fois de plus au supplice l'an dernier, a recouvré santé et inspiration à la faveur de ses "Chansons de l'Innocence retrouvée". Depuis, l'invincible et imperturbable Rennais tourne comme un derviche sur toutes les scènes de France au rythme de son "Diskönoir Tour". Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 9 septembre 2014

Saint Étienne Daho

« Bien sûr, je connais tes plaies et tes blessures / Cyanure, tes souvenirs ont la peau dure / Fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi ». Ces quelques vers sont issus de La Peau Dure, l'un des singles extraits du dernier album d'Étienne Daho, Les Chansons de l'Innocence retrouvée. Une chanson qui aurait pu tout aussi bien donner son titre au disque tout entier, tant elle résume assez bien l'énième retour et la carrière du Rennais.   Car s'il est un constat à faire au sujet d'Étienne Daho, c'est que sa capacité de régénération et – oserait-on dire – de résurrection confine au divin pour un type que l'on a annoncé maintes fois trépassé ou pas loin. Et qui nous revient toujours d'entre les mo(r)ts. Est-ce son côté Dorian Gray de la pop française ? Toujours est-il que Daho n'est jamais aussi vivant que quand on le croît clamsé. En 1995, alors qu'il est en exil artistique

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Au fil d’Ariane

ECRANS | Présenté comme une « fantaisie », le nouveau film de Robert Guédiguian divague selon les bons plaisirs du cinéaste et de sa comédienne fétiche Ariane Ascaride, pour un résultat old school et foutraque, avec toutefois de vrais instants de beauté. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 17 juin 2014

Au fil d’Ariane

Il serait facile de balayer en quelques frappes sur notre ordinateur Au fil d’Ariane : cinéma d’un autre âge justifiant son n’importe quoi scénaristique par un appel paresseux au rêve, ou encore projet récréatif pour Guédiguian entre deux films d’envergure… Tout cela est loin d'être faux, mais… Le jour de son anniversaire, Ariane (Ascaride) reste seule face à son gâteau ; plutôt que de se morfondre, elle décide de partir à l’aventure et, au gré des rencontres, va se constituer une petite famille de gens simples, avant de réaliser son fantasme : chanter sur scène. Pour l’occasion, Guédiguian a convoqué sa famille de comédiens (Meylan, Darroussin, Boudet ou Anaïs Demoustier, désormais intégrée) tous apportant leur touche de couleur au casting. À la façon de certains Blier dernière manière et conformément à son titre, Au fil d’Ariane semble écrit au gré de l’inspiration, dans une logique de premier jet où les bonnes comme les mauvaises idées se retrouveraient sur un pied d’égalité. Parfois, c’est effectivement ridicule (les images de synthèse au début, Boudet et son faux accent anglais, Ascaride qui dialogue avec une tortue) mais à force de ne mett

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Micropop Records

MUSIQUES | Nom : Micropop Records Site : www.micropoprecords.com Créée en : décembre 2012 Styles musicaux défendus : techno, house et électro… Artistes associés : (...)

Aurélien Martinez | Mardi 1 avril 2014

Micropop Records

Nom : Micropop Records Site : www.micropoprecords.com Créée en : décembre 2012 Styles musicaux défendus : techno, house et électro… Artistes associés : Serom, Omaria, Sebic et Paul André Artistes invités : Clement Meyer (Get The Curse), Tomas More (Get The Curse), Jennifer Cardini (Correspondant), Carreno is LB (Correspondant), Danny Benedettini (Items & Things)… Soirées : Micropop Records Residency, tous les deux mois au Mark XIII + soirées spéciales au Bauhaus Bar, au Bal Ptit Club et au Drak-Art Prochaine sortie discographique : « pour bientôt ! » Prochaine soirée : vendredi 18 avril au Bal Ptit Club

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