Grenoble : attention, patrimoine en danger

ESCAPADES | Grenoble n’est pas que béton : il reste en ville un patrimoine historique riche, qui pourtant s’effrite. Place de Verdun, l’Ancien musée de peinture fait partie de ces joyaux en déshérence. On a fait un tour de table pour comprendre comment on en était arrivés là, avec notamment la mairie d’aujourd’hui et celle d’hier.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 7 juin 2016

Photo : Jean-Baptise Auduc


Grenoble a un petit parc patrimonial. Pas moins de 800 000 m2, soit juste 20 fois la taille d'Alpexpo. La mairie a pour mission de conserver ce patrimoine. Mais voilà, son entretien revient à 6, 5 millions d'euros par an. Alors lorsqu'il s'agit de réfléchir à l'avenir de tel ou tel joyau, les élus doivent se gratter la tête. La tour Perret, symbole s'il en est de la Grenoble innovante ? 8 millions d'euros de réparations sont prévus. L'Orangerie, sis boulevard Jean Pain, aujourd'hui consacrée aux espaces verts (matériels divers et palmiers frileux) ? Ce serait 1 million.

Au vu de ces montants à sept chiffres, Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine à la Ville de Grenoble, l'assure : il va falloir choisir. « On ne peut pas être partout alors la mairie va faire une liste d'équipements à rénover. » Une réflexion qui va durer jusqu'à l'automne. Elle évoque des lieux à la Villeneuve, sans plus de précisions. Surtout, Maud Tavel pense, comme nous, à l'Ancien musée de peinture.

Un gros morceau à 2, 5 millions d'euros

Aujourd'hui, le bâtiment accueille des expos temporaires (une consacrée à la photographe Vivian Maier en novembre, celle de Noël du Magasin chaque année ou encore une, en ce moment, organisée par le Grenoble Street Art Fest) mais aussi la Plateforme, centre d'information sur les projets urbains en place depuis 2004. De quoi permettre donc à cette bâtisse du XVIIIe siècle de vivre de nouveau, presque toute l'année. Mais voilà, elle est aujourd'hui vieillissante. Pour une rénovation des murs et de la toiture de « ce lieu chargé en histoire et qui a une réelle valeur patrimoniale, cela nous coûterait 2, 5 millions d'euros » précise Mme Tavel.

Car l'Ancien musée de peinture dépérit – un filet de protection a par exemple dû être fixé au plafond pour éviter que le plâtre ne tombe sur les visiteurs. Il est sous-utilisé depuis que ses collections ont été déplacées en 1993 dans le tout nouveau Musée de Grenoble, laissant la (très belle) coquille vide – la Bibliothèque municipale avait déjà été déplacée vingt ans auparavant.

Marie-Josée Salat a été adjointe de Michel Destot, maire de Grenoble entre 1995 et 2014 : « On avait fait des études sérieuses et quelques petits travaux sur l'Ancien musée. Il a été question de le rénover, mais l'histoire ne nous a pas permis de le faire » regrette celle qui est aujourd'hui élue PS d'opposition à Grenoble, et qui vante tout de même le bilan de l'équipe à laquelle elle appartenait : « On a construit la Belle électrique ou bien le Stade des Alpes, qui s'est fait avec quelques résistances… » Du coup, durant les dix-neuf ans de mandat Destot, les réparations sur le patrimoine grenoblois ont été plus éparses, même si le Théâtre municipal ou la collégiale Saint-André ont eu droit à un coup de neuf (750 000 euros pour la Ville).

Mode de financement participatif

Aujourd'hui, la nouvelle majorité grenobloise veut renverser les choses, comme nous l'explique Maud Tavel. « Par un appel à idées, on souhaite trouver des solutions innovantes et ainsi prendre en compte l'utilisation des usagers, dans le respect du patrimoine et de l'ouverture aux Grenoblois. » La Ville cherche des partenaires financiers et des équipes pluridisciplinaires pour s'occuper de ses vieux bâtiments.

Pour trouver de l'argent, la mairie pourrait se tourner vers les préconisations de la Fédération des Associations du Patrimoine de l'Isère (FAPI). Pour sa présidente Geneviève Balestrieri, la solution se trouve « dans le mécénat populaire, qui est accompagné de déductions fiscales attractives. Nous organisons cela pour des bâtiments isérois. Mais pour des équipements comme l'Ancien musée de peinture, les budgets sont beaucoup plus élevés ». À ses yeux, un mécénat d'entreprise semble indispensable pour accompagner une souscription des citoyens élargie à tout le Dauphiné.

Mais les collectivités publiques doivent piloter l'ensemble. Grenoble-Alpes Métropole planche d'ailleurs en ce moment sur sa compétence culturelle, et donc sur le patrimoine. Des discussions conjointes entre la métropole, la Ville de Grenoble, le département et des associations se mettent en place pour trouver des ententes et décider des sommes allouées par chacun. Et ça presse : chaque jour qui passe, c'est un bout de patrimoine mal entretenu qui se détériore encore plus…

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L’Empereur et son image

Histoire | Des tableaux, mais aussi une mèche de cheveux, des couverts, un bicorne... L’exposition du couvent Sainte-Cécile revient sur les dernières années de l’itinéraire singulier de Napoléon. Une belle collection d’objets et d’images, qui invite à une réflexion sur le rôle de la représentation.

Benjamin Bardinet | Mardi 21 septembre 2021

L’Empereur et son image

Intitulée Autour de la route des Alpes, l’exposition est constituée de trois sections : « la route des Alpes », « le quotidien de Napoléon » et « de la gloire à l’exil ». Pour notre part on distingue surtout deux corpus d’œuvres : d’un côté les objets, de l’autre les images. Parmi les objets, certains valent le détour pour leur valeur historique ou esthétique. On pense à cet étonnant lit pliant, à l’élégant bidet de campagne ou encore au très complet nécessaire de toilette, qui laisse imaginer que Napoléon n’était pas du genre à se négliger. D’autres objets pourront ravir les plus fétichistes des napoléophiles : une mèche de cheveux, une théière et des couverts en argent dont il a fait usage, et même l’un des fameux bicornes qu’il portait d’une manière volontairement reconnaissable. En effet, de même que Tintin a une houpette, Marylin Monroe une mouche et Mick Jagger une grosse bouche, Napoléon est indissociable de son bicorne. Maîtrise de l’image Napoléon avait une pleine conscience de la nécessité de maîtriser son image po

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Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

CONNAITRE | Pas facile de faire son marché dans le riche programme des Journées européennes du patrimoine (les 18 et 19 septembre). De notre côté, nous avons sélectionné cinq lieux en suivant un fil rouge : le patrimoine industriel. Pas sexy ? Ben si, la preuve par cinq.

Jérémy Tronc | Mardi 7 septembre 2021

Journées du patrimoine : l'industrie c'est sexy !

Centrale hydroélectrique troglodyte de Loury « Quelle idée de construire une centrale hydroélectrique dans un tel endroit ! » Voilà le genre de réflexion que l’on est amené à se faire à l’approche du site, pourvu d’un baudrier, d’un casque et d’une longe. Équipement obligatoire pour accéder à la centrale creusée dans la falaise, juste à côté d’une gorge d’où sourd le ruisseau de Laval, dans le massif de Belledonne. Il s’agit de la première centrale troglodyte de France, inaugurée en 1907 et qui a fonctionné jusqu'en 2015, à l'initiative de Maurice Bergès. Derrière l’immense vitrail qui domine le cours d’eau et qui ferme la grotte, il reste des témoins de cette industrie qui a démocratisé l’usage de l’électricité dans la région : conduite forcée, turbines et alternateurs. Une découverte incongrue ici ! Histo bus Dauphinois L’histoire des transports en commun de Grenoble et de l’Isère n’est a priori guère susceptible de vous passionner ? Vous allez changer d’avis dès lors que vous pénétrerez dans l’espace

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Curiosités grenobloises à proximité

ESCAPADES | Un guide de Grenoble, un ordinateur, une connexion internet haut débit, un appareil photo et un vieux VTT : voilà tout l'équipement utilisé pour la réalisation de ce premier article d’une petite série. Objectif : mettre en lumière des curiosités historiques méconnues de Grenoble et des environs, dans un rayon de 10 kilomètres.

Jérémy Tronc | Samedi 17 avril 2021

Curiosités grenobloises à proximité

Un deuxième téléphérique à la Bastille ? Quand on se trouve sur le parking de la Bastille, ou sur la terrasse sommitale, on peut apercevoir, en levant les yeux au nord, en direction du mont Jalla, des murs en ruines. Ceux-ci n’appartiennent pas aux fortifications de la Bastille. En fait, ce sont des vestiges des gares amonts du premier téléphérique industriel au monde, construit en 1875. Il fut exploité pour descendre dans la vallée le minerai extrait du mont Jalla, servant à la fabrication du ciment. Seuls les blocs issus des galeries les plus hautes étaient descendus par ce téléphérique de 300 m de dénivelé, jusqu’à la cimenterie. À la fin de l’exploitation, la mine comptabilisait, de 215m à 630m d’altitude, 67 galeries représentant au total une longueur de 120 km. Le Mont Jalla est donc un vrai gruyère ! De fascinantes photos des galeries sont d'ailleurs visibles sur Internet. Des traces de la grande crue de 1859 ? Il ne s’agit heureusem

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Au chevet de la tour Perret

Patrimoine | C’est une vieille dame fragile et, à ce titre, elle fait l’objet d’une surveillance constante. En fin d’année dernière, la tour Perret a "bougé" de manière inédite. Des travaux d’urgence y sont donc menés actuellement.

Martin de Kerimel | Mardi 9 mars 2021

Au chevet de la tour Perret

Les Grenoblois ont désormais pris l’habitude de voir la base de la tour Perret encerclée par une palissade colorée. Depuis le 25 décembre dernier, des barrières métalliques matérialisent un autre périmètre de sécurité, plus large, autour de l’édifice. Pas de panique : il ne risque pas de s’effondrer, car il est resté stable. Cependant, du fait de mouvements détectés au sommet, des chutes de matériaux peuvent subvenir. Afin de bien comprendre les causes de ce phénomène inédit, la tour a régulièrement été "auscultée" par François Botton, l’architecte en charge de sa restauration. C'est lui qui, début février, a constaté l’apparition d’un jour entre un pilier de la tour et ses claustras, dans une zone située entre 68 et 75 mètres d’altitude. Face à cette menace, il a été recommandé une intervention d'urgence pour conforter le bâtiment. Des contraintes spécifiques Ces travaux imprévus sont en cours, dans des conditions climatiques souvent difficiles : les ouvriers se mettent à la tâche tôt le matin et doivent s’interrompre dès que le vent est trop fort. Ils sont trois à travailler dans une petite nacelle et six en tout à se relayer. Jusqu’à présent, leur rythme

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La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

CONNAITRE | Trois mois après sa réouverture au public, l'établissement grenoblois accueille une première exposition consacrée à la diversité de ses collections patrimoniales. Un patchwork d’objets présentés à travers l’histoire de certaines architectures grenobloises.

Hugo Verit | Samedi 6 mars 2021

La Bibliothèque d’étude et du patrimoine dévoile ses collections

Simplicité et efficacité. Voilà qui résume bien l’exposition inaugurale de la Bibliothèque d’étude et du patrimoine (BEP) tout juste rénovée, à découvrir dès samedi 6 mars et jusqu’au 31 juillet prochain. Son titre, De pierres & de papiers, bâtir nos patrimoines, n’a strictement rien de métaphorique : le parcours est une présentation « partielle et partiale » de la richesse et de la diversité des collections patrimoniales de la BEP – le papier donc – à travers l’histoire de plusieurs éléments architecturaux et urbains de Grenoble – la pierre, vous l’aurez compris. L’exposition se découpe en sept thématiques qui, il faut le reconnaître, ne surprendront pas les plus fins connaisseurs de l’histoire locale. Fortifications, ancien musée de peinture, Jardin de ville, Jardin des dauphins, Champollion, parlement… Que des grands classiques de la grenoblologie. Tableaux, cartes postales, livres... En revanche, les œuvres présentées suffisent, en elles-mêmes, à rendre le parcours très intéressant. Des tableaux, croquis, plans, cartes postales, affiches, l

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Portes (r)ouvertes à la bibliothèque

Étude et patrimoine | Travaux terminés et conditions sanitaires respectées : les espaces de la bibliothèque d’étude et du patrimoine, boulevard Maréchal-Lyautey, seront de nouveau accessibles à partir de samedi 19 décembre après-midi. Une reprise par étapes.

Martin de Kerimel | Vendredi 18 décembre 2020

Portes (r)ouvertes à la bibliothèque

Il y a forcément un peu d’émotion à l’heure des grands retours. Celui de la bibliothèque d’étude et du patrimoine était attendu depuis longtemps, puisque l’établissement avait fermé le 1er juillet… 2019. Après une phase préparatoire et de démolition, les travaux de reconstruction avaient débuté au début de l’année, avec une période d’interruption entre le 16 mars et le 24 mai, crise sanitaire oblige. Inaccessibles pendant près d’un an et demi, les lieux seront de nouveau ouverts à partir de samedi 19 décembre, 14h. C’est d’abord un rez-de-chaussée réaménagé que les visiteurs sont invités à découvrir. On respire ! Objectif affiché : faire de la bibliothèque un vrai lieu de vie, ouvert à un public nombreux et varié. Aussitôt franchies les portes, un coin café lumineux permet de flâner en profitant d’une vue sur l’environnement urbain, à quelques mètres à peine du parc Mistral et de la tour Perret. Pas de doute : on est au cœur de Grenoble et l’idée est aussi de valoriser son image, urbi et orbi. Un fonds impressionnant Qu’en est-il de la mission principale assignée à la bibliothèque ? Officiellement, elle tient à « la conservation et la valoris

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Orangerie de Grenoble : ça avance !

GUIDE URBAIN | La halle gourmande devrait ouvrir à l’automne 2022.

Martin de Kerimel | Mardi 20 octobre 2020

Orangerie de Grenoble : ça avance !

On vous en avait parlé en mai l’année dernière : le projet de réhabilitation en halle gourmande de l’Orangerie de Grenoble, ce beau lieu patrimonial laissé à l’abandon, tient toujours. Une nouvelle étape vient d’être franchie au terme d’une souscription publique : elle a permis aux initiateurs du projet, le groupe La Belle Saison, de réunir plus de 21 000 euros. Malgré la crise sanitaire, l’intention n’a pas changé : au terme d’une campagne de restauration du bâtiment, il s’agira toujours de mettre en valeur les savoir-faire locaux, dans les domaines de la gastronomie et de l’artisanat de qualité. Pour l’animation du lieu, La Belle Saison compte faire appel aux associations de l’agglo, en accueillant des artistes en résidence ou pour des événements ponctuels. Après les dernières études techniques, les travaux devraient démarrer au deuxième trimestre 2021, en vue d’une ouverture au public espérée à l’automne 2022. La Belle Saison travaille de con

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Ruines, préservation et réhabilitation

ESCAPADES | Patrimoine / Les Journées des 19 et 20 septembre peuvent être une belle occasion de se cultiver tout en prenant l’air. Le Petit Bulletin vous propose une sélection rurale qui vous conduira à découvrir de belles ruines et de non moins somptueuses réhabilitations rarement ouvertes au public.

Benjamin Bardinet | Mardi 8 septembre 2020

Ruines, préservation et réhabilitation

Scierie des Ségoins Restaurée et valorisée grâce à l’association Mémoire battante, la scierie des Ségoins témoigne de la manière dont les populations montagnardes savaient user à merveille des ressources naturelles locales : le bois et la puissance des rivières de montagnes. Exceptionnellement ouverte à l’occasion de ces journées, la scierie, devenue par la suite mini-centrale hydroélectrique, sera visitable accompagné d’un des membres de l’association. Tout cela dans la magnifique vallée de Valjouffrey, à l’entrée des Écrins. Site archéologique de Larina Richement documenté par tout un tas de panneaux explicatifs, ce site archéologique atteste de plusieurs siècles d’occupation humaine, de l’âge de bronze au début du Moyen âge. Ceux qui ne sont pas sensibles au témoignage remarquable que constituent ces ruines pourront toujours profiter de la magnifique situation géographique (au sommet d’une falaise surplombant la plaine du Rhône) et des sympathiques balades à découvrir sur le site. Site de Quirieu Non loin du site de Larina, vous pouvez enchaîner sur celui de Quirieu qui, un peu dans le

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Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Patrimoine | Les membres de Patrimoine et Développement se sont donné rendez-vous pour une rencontre samedi 11 janvier. L’occasion de (re)découvrir la commanderie d’Échirolles et de faire plus ample connaissance avec l’association.

Martin de Kerimel | Mardi 7 janvier 2020

Un autre regard sur l’agglo grenobloise

Ils n’ont pas attendu Stéphane Bern pour s’intéresser aux vieilles pierres : l’animateur était encore un bébé quand, en 1965, l’association Patrimoine et Développement du Grand Grenoble a vu le jour. Elle était connue sous un autre nom : celui de Comité de sauvegarde du Vieux Grenoble. Son objectif : sauver de la destruction les vieux remparts de la cité, dont une partie subsiste aujourd’hui. Depuis, l’idée qui fédère les membres associés reste la même : mettre en lumière le patrimoine bâti, lorsqu’il est méconnu et/ou menacé. À Grenoble et au-delà Le 11 janvier, avant la traditionnelle galette des Rois, Patrimoine et Développement débute son année 2020 avec une conférence sur la chapelle de l’ordre des Templiers, à la commanderie d’Échirolles. Un programme conçu avec Marc Mingat-Lerme, historien et chercheur indépendant, afin de sensibiliser le plus grand nombre aux conditions de préservation de cet édifice médiéval. « Nos conférences poursuivent toujours un but éducatif de partage de la connaissance, rappelle Philippe Boué, président de l’association. En général, elles concernent des bâtiments de Grenoble intra muros, mais, cette fois, nous i

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Journées du patrimoine 2019 à Grenoble : nos bons plans !

Événement | Samedi 21 et dimanche 22 septembre, ce sont les traditionnelles Journées du patrimoine. Quels sont les événements culturels organisés ici et là pendant ces deux jours ? Sélection made in PB.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Journées du patrimoine 2019 à Grenoble : nos bons plans !

Au Théâtre municipal de Grenoble Un peu de théâtre pendant ces journées très patrimoniales ne peut pas faire de mal. Surtout quand il est délivré par trois excellents comédiens souvent vus sur la place grenobloise : Anne Castillo, Émilie Geymond et Grégory Faive. Dirigé par Luc Cerutti, ils vont revisiter la fameuse Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll et, à ce qu’on nous en a dit (on a des sources fiables puisque c'est dans le projet !), ça s’annonce très drôle. Alors rendez-vous dans le hall du Théâtre municipal de Grenoble samedi à 16h et dimanche à 15h pour découvrir ce Banquet d’Alice. Au Musée de l’Ancien Évêché L’exposit

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Un Atelier Méliès pour « une éducation populaire au cinéma »

ACTUS | Le Méliès et la Ville de Grenoble se lancent dans la réhabilitation du Pavillon sud de la Caserne de Bonne pour en faire « un laboratoire de l’éducation à l’image ». Ouverture prévue en 2020.

Alice Colmart | Lundi 10 juin 2019

Un Atelier Méliès pour « une éducation populaire au cinéma »

« L’Atelier Méliès fera le lien entre la Caserne de Bonne et le quartier Hoche » expliquait lundi 3 juin Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine municipal grenoblois, à l’occasion de la signature du "protocole partenarial" liant la Ville de Grenoble et le Méliès. Une officialisation publique après la sélection du cinéma associatif en décembre 2018 dans le cadre des "Gren’ de projets", dispositifs de la Ville visant à confier la gestion de certains bâtiments municipaux à différents acteurs locaux. Édifié en 1883, libéré par l’armée en 1994 et réaménagé en 2008, le Pavillon sud (à l’entrée de la Caserne de Bonne, au 54, boulevard Gambetta) mis à disposition aura pour mission « de participer à une éducation populaire au cinéma et de renforcer les actions du Méliès, cinéma de la Ligue de l’enseignement de l'Isère » précisait alors Marco Gentil, directeur adjoint du cinéma art et essai, lors de la conférence de presse. Trois en un Le pavillon de 140m2, accessible à tous, se découpera en trois espaces, dont une "fabrique", « espace consacré aux nouve

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Une future halle gourmande pour « repositionner l’Orangerie au centre de Grenoble »

GUIDE URBAIN | « Une halle gourmande mais pas que » : voilà comment l’association La Grande Saison, choisie par la Ville de Grenoble pour investir l'Orangerie, définit son projet ambitieux sur le papier. On vous en dit un peu plus avant l’ouverture au public d’ici fin 2020.

Aurélien Martinez | Lundi 27 mai 2019

Une future halle gourmande pour « repositionner l’Orangerie au centre de Grenoble »

Jeudi 23 mai, à 9h (oui, c’est tôt), dans l’Orangerie de Grenoble située boulevard Jean-Pain, à deux pas de l’Hôtel de Ville, du Jardin des plantes et du Stade des Alpes, ça s’affairait. Il s’agissait, pour Maud Tavel, adjointe en charge du patrimoine municipal, de signer le "protocole partenarial" liant la Ville de Grenoble et La Grande Saison, association qui, fin décembre 2018, a remporté l’un des "Gren’ de projets", dispositifs visant à confier les clés de bâtiments municipaux repérés comme "sous-exploités" à différents acteurs locaux. L’Orangerie est « peu connue de l’ensemble des Grenoblois » expliquait Maud Tavel en ouverture de son discours, et pour cause : bâtie au XIXe siècle, elle servait surtout de hangar de stockage pour le service des espaces verts. D’où l’aspect brut de cette immense halle amenée à devenir « un nouveau lieu de vie ouvert à tous, mettant en scène les savoir-faire locaux, de la gastronomie à l’artisanat, agrémenté d’une mixité d’usages et de services » (extrait du communiqué de presse). C’est « un projet tourné autour du bien-vivre, du bien-manger. Et aussi un projet de rencontre, ce

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Grenoble : 8 bons plans pour les Journées du patrimoine 2018

Événement | Chaque mois de septembre, on a rendez-vous avec les traditionnelles Journées du patrimoine, qui en sont tout de même à leur 35e édition. Si vous ne savez pas où vous rendre samedi 15 et dimanche 16 septembre, voici une sélection de bons plans 100% gratuits et, surtout, 100% passionnants.

La rédaction | Lundi 10 septembre 2018

Grenoble : 8 bons plans pour les Journées du patrimoine 2018

Au Musée de Grenoble Le plus impressionnant musée grenoblois (tant au niveau architectural que, surtout, de ses collections) sera, comme pour chaque événement de la sorte, en entrée libre tout le week-end. Avec quelques animations qui permettront de découvrir, mieux informé, sa prochaine exposition temporaire Servir les Dieux d’Égypte – Divines adoratrices, chanteuses et prêtres d'Amon à Thèbes (inauguration fin octobre), comme des visites des collections d’antiquités menées par l’Association dauphinoise d’égyptologie Champollion (samedi et dimanche en continu de 10h à 12h et de 14h à 18h) ou encore un jeu de piste "Énigmes à l'égyptienne" organisé sur les deux jours. Autre événement, celui-ci moins égyptien : la projection same

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Grenoble-patrimoine.fr ou comment « rencontrer l’art dans son trajet quotidien »

ESCAPADES | La Ville de Grenoble, en partenariat avec l’Office de tourisme Grenoble-Alpes, la Direction régionale des affaires culturelles et le Département de l’Isère, vient de lancer le site web Grenoble-patrimoine.fr présenté comme une plateforme de parcours dans la ville afin de valoriser le patrimoine urbain. On vous en dit plus.

Alice Colmart | Lundi 11 juin 2018

Grenoble-patrimoine.fr ou comment « rencontrer l’art dans son trajet quotidien »

« Cette plateforme a été créée pour que chacun puisse rencontrer l’art dans son trajet quotidien » : voilà comment Corinne Bernard, adjointe aux cultures de la Ville de Grenoble, a présenté la plateforme Grenoble-patrimoine.fr lors de son dévoilement à la presse il y a quelques jours. Initié par la Ville, le site invite à « découvrir 220 éléments [sculptures, écoles, cimetières, musées, places...] du patrimoine culturel grenoblois » soit en créant ses visites à la carte à partir des fiches disponibles, soit en utilisant l’un des trois parcours-découvertes. Des parcours qui s’aventurent dans plusieurs quartiers et rassemblent une quarantaine d’éléments de différentes époques. Si l'on s’arrête sur les œuvres, certaines sont par exemple issues du premier symposium français de sculpture, organisé en amont des Jeux olympiques d'hiver de 1968, comme Monsieur Loyal d’Alexander Calder sur l’esplanade du Musée de Grenoble, ou encore Atome Fleur d’Étienne Hajdu dans le patio de l’Hôtel de Ville de Grenoble. D

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Journées du patrimoine 2017 : notre sélection

ESCAPADES | Samedi 16 et dimanche 17 septembre, ce sont les traditionnelles Journées européennes du patrimoine. Et comme chaque année, il y aura de quoi faire, dans toutes les directions. Notamment artistiques, comme on le démontre dans cette sélection grenobloise.

La rédaction | Mardi 12 septembre 2017

Journées du patrimoine 2017 : notre sélection

De la satiété cinématographique place Saint-André Avec Ad Libitum, vous allez en prendre plein les mirettes. L’atelier cinématographique situé au 7 place Saint-André, qui réunit des professionnels dans les domaines du patrimoine, de l'art et des techniques, propose tout le week-end de vous initier à la restauration de films, du super8 au 35 mm, en espérant qu’il n’y ait pas de mauvais esprit à la Tyler Durden dans le lot. Et pour compléter cette plongée pelliculaire, l’équipe vous dévoile également sa collection de films amateurs, des années 1930 aux années 1990. Deux jours cinématographiques à consommer jusqu’à plus soif visuelle ! Samedi 16 et dimanche 17 septembre à 10h, 11h, 15h et 16h30 (rendez-vous Place Saint-André, devant la statue Bayard) Un passage par le couvent Sainte-Cécile Rue Servan, il fût jadis un établissement qui servait la foi. Aujourd’hui, le

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La tour Perret, phare grenoblois en quête d’avenir

Patrimoine | Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d'artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d’un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l’édifice de presque un siècle porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire.

Charline Corubolo | Vendredi 14 avril 2017

La tour Perret, phare grenoblois en quête d’avenir

1924. L’effervescence bat son plein dans la capitale dauphinoise car Grenoble reçoit, l’année suivante, l’Exposition internationale de la houille blanche (pour qualifier la force hydraulique de l'écoulement de l'eau transformée en énergie électrique) et du tourisme. Point de chute de cette grande manifestation, le parc Paul-Mistral avec un gigantesque aménagement de pavillons. Mais à l’ère où Internet n’était qu’une douce utopie, comment se repérer dans ce dédale labyrinthique ? C’est ainsi qu’apparaît Auguste Perret (1874-1954), architecte moderne notamment à l’ouvrage pour le Théâtre des Champs-Élysées à Paris. Il soumet un projet de tour à usage d’orientation en béton armé, fleuron de l’industrie du ciment dans la région. La proposition est acceptée, la team Perret n’a plus qu’à mettre les mains dans le ciment. En un temps record de neuf mois, la tour Perret, haute de 95 mètres pointe comprise sur une base octogonale, se dévoile au milieu de montagnes. Avec 15 mètres de fondation, un diamètre de 8 et 8 poteaux verticaux, la tour s’érige en véritable phare. Une table d’orientation fait le tour du bâtiment à

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Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

Sélection | Grenoble est une très vieille ville, pleine d’impressionnants vestiges des siècles passés. Mais Grenoble est également une ville en mouvement que les architectes ont continué de façonner au siècle dernier. La preuve en douze monuments phares du XXe siècle, de la fameuse tour Perret au grandiose Musée de Grenoble, en passant par l’imposant Palais des sports ou le moderne (pour l’époque) Hôtel de Ville. Suivez-nous, la visite commence.

Charline Corubolo | Mardi 18 avril 2017

Grenoble : zoom sur douze bâtiments phares du XXe siècle

La tour Perret, phare grenoblois en quête d'avenir Illuminée de bleu en son sommet et révélée une fois par an par les feux d’artifices du 14 juillet, la tour Perret, située en plein parc Paul-Mistral, demeure un emblème grenoblois, à plus d’un titre. Car malgré sa façade grisâtre, l’édifice de presque un siècle, inauguré en 1925 pour l’Exposition internationale de la houille blanche et du tourisme, porte les ambitions modernistes du début du XXe, entre esthétique épurée et béton armé. Mais malgré les prouesses techniques, la tour se dégrade. Un chantier de rénovation va donc être lancé pour redorer le phare Perret. On remonte le fil de l'histoire dans cet article. Des halles au Magasin

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Journées du patrimoine 2016 : notre sélection

CONNAITRE | Formule aussi pompeuse qu’un tweet de politicien, les Journées européennes du patrimoine sont toutefois bien plus intéressantes que ça. Au-delà des traditionnelles visites de musées et autres institutions culturelles, la 33e édition emprunte des chemins de traverse avec de la musique, de la danse, du cinéma, du jeu et même du vélo. À vos pédales, on vous emmène faire un tour, sélectif et subjectif, de ce week-end patrimonial gratuit prévu samedi 17 et dimanche 18 septembre.

Charline Corubolo | Mardi 13 septembre 2016

Journées du patrimoine 2016 : notre sélection

Le son de l’Isère Sans nul doute le "it" de cette 33e édition, la manifestation Paysage > Paysages, pilotée par le département de l'Isère, se dévoile en image et en bruit ce week-end dans plusieurs lieux de la ville. Mais s’il fallait retenir une carte postale dans le paysage, ça serait la carte sonore de Henry Torgue qui se jouera à la MC2. Glanant les voix de la nature, le compositeur a mis l’environnement en musique. Embarquement sonore en Isère immédiat. Samedi et dimanche de 14h à 18h Pédale en patrimoine Un coup de pédale, et ça repart ! Certes, ce n’est pas la formule habituellement consacrée, mais on aime les détournements linguistiques au PB, et cette expression revisitée roule mieux pour l’activité qu’on a sélectionnée. Tout le week-end, l’Office de Tourisme de Grenoble propose un parcours à vélo afin de sillonner la ville à la découverte des édifices labellisés «

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Noël ne se passe pas comme prévu

ARTS | Pour sa neuvième édition, l'exposition de Noël du Magasin s'avère inégale même si certains artistes méritent le détour. Direction l'Ancien musée de peinture.

Charline Corubolo | Mardi 22 décembre 2015

Noël ne se passe pas comme prévu

Le Magasin, centre national d'art contemporain de Grenoble, dévoile en cette fin d'année sa désormais traditionnelle Exposition de Noël à l'Ancien musée de peinture. Ayant pour ambition de présenter dans un même lieu une sélection hétéroclite d'artistes contemporains de la région Rhône-Alpes, cette nouvelle édition tient malheureusement plus du déballage de cadeaux de Noël que de la manifestation défricheuse de nouveaux talents artistiques. Comme au petit matin du 25 décembre, il y a certaines pièces présentées place Verdun que l'on souhaiterait échanger sur eBay. Mais fort heureusement ça reste Noël, avec dans le lot toujours de bonnes surprises. On (re)trouve les photographies de nature mortifère d'Alexis Berar découvertes en octobre à la galerie Ex Nihilo. Jérôme Cavaliere et Stéphane Déplan, eux, présentent une vidéo intitulée Désaccords faite de séquences de baston récupérées sur Internet sur lesquelles ont été apposés des sous-titres ironiques sur le discours de l'art. Dès lors, un dialogue plein d'humour et de

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Vivian Maier, miroir des autres

Exposition | Rarement l'art contemporain aura connu si grand mystère : Vivian Maier (1926-2009), nourrice et photographe durant une vie entière, est récemment sortie de l'anonymat grâce à un certain John Maloof. Une découverte rocambolesque qui a mis à jour un talent photographique incroyable, à découvrir à l'Ancien musée de peinture. Mais avant les clichés, tentons d’élucider l’énigme Maier.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier, miroir des autres

Avec quelque 200 000 négatifs accompagnés de films vidéo, l’œuvre de Vivian Maier est considérable, mais aussi totalement mystérieuse. Un secret artistique, malgré de nombreuses investigations, parsemé de zones d'ombre qui soulèvent bien des questions. Car en presque 50 années de pratique photographique, Vivian Maier, nourrice toute sa vie, n'a jamais montré ses clichés. Jusqu'au jour où, fin 2007, John Maloof, agent immobilier à la recherche d'images pour réaliser un livre sur son quartier de Chicago, acquiert en salle des ventes un carton rempli de négatifs de la nurse anonyme. La partie de Cluedo est alors amorcée. Il faudra à John Maloof, reconverti pour l'occasion en détective amateur, plusieurs années pour découvrir l'identité de la photographe qui se cache derrière ces images. En 2009, Vivian Maier décède dans l'anonymat et la pauvreté. C'est à ce moment qu'Internet donne à Sherlock Maloof la première pièce du puzzle : le nom de l'auteure. Armé de sa meilleur preuve, il découvre que Vivian Maier n'a pas seulement laissé derrière elle un nombre impressionnant de photographies, mais aussi un garde-meuble rempli d'une vie à collecter des journaux, des tickets et de

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Vivian Maier : campagne, mon amour

ARTS | Zoom sur l'exposition consacrée à la photographe récemment découverte.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

Vivian Maier : campagne, mon amour

Certes, l'histoire du Champsaur n'a, fort heureusement, rien à voir avec celle du film Hiroshima, mon amour. Mais la référence permet cependant d'évoquer l'histoire passionnelle entre Vivian Maier et cette campagne française située dans les Alpes. Une relation discrète, à l'image de sa vie, mais intense comme en témoignent les photographies réalisées dans ces montagnes aux environs des années 1950. Et si aujourd'hui l'Américaine au Rolleiflex est connue pour ses clichés de rue à Chicago et à New York, la Maison de l'image, en partenariat avec l'association "Vivian Maier et le Champsaur", met en lumière pour la troisième édition de sa manifestation photographique annuelle dans l'Ancien musée de peinture un patrimoine visuel riche de la paysannerie de l'époque, tout aussi important que le pendant "street photography" américain. D'origine française par sa mère, Vivian Maier a vécu dans la région du Champsaur, haute vall

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Promenons-nous dans les paysages

CONNAITRE | Une initiative originale à découvrir dans le cadre des Journées du patrimoine.

Charline Corubolo | Mardi 15 septembre 2015

Promenons-nous dans les paysages

Paysages-in-situ n'est pas une branche obscure du land art (mouvement artistique des années 1960 qui consistait plus ou moins à faire des "pâtés de sable" dans un paysage reculé) mais un jeu interactif lancé en juin dernier par le Laboratoire, structure grenobloise qui propose des interventions artistiques dans le cadre urbain. Le principe est simple et nous l'avions déjà énoncé dans ces pages au moment du lancement mais une petite piqûre de rappel est toujours la bienvenue : sur le site Internet de l'application (paysages-in-situ.net), l'apprenti artiste fait son choix parmi 210 peintures et photographies de paysages de la région grenobloise. Il doit ensuite localiser l'emplacement exact de la prise de vue de l’œuvre et produire une réplique selon le même angle (un exemple ci-dessous par Julia Lamotte, d'après le tableau de Jules Guedy visible en tête d'article). Le duplique peut être de gouache, de collage ou même de coule

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Eddie Gilles-di Pierno : « Aujourd’hui, tout fait patrimoine »

ESCAPADES | Rencontre avec Eddie Gilles-di Pierno, président de l’association Patrimoine Rhônalpin, qui scrute avec nous le patrimoine régional et le rôle des décideurs quant à sa survie. Un article extrait de notre supplément "Culture & Patrimoine" disponible dans notre numéro d'été. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 7 juillet 2015

Eddie Gilles-di Pierno : « Aujourd’hui, tout fait patrimoine »

Que fait votre association Patrimoine Rhônalpin, basée à Lyon ? Eddie Gilles-di Pierno : Nos sommes une fédération régionale des acteurs du patrimoine. Cela inclut les associations, les institutionnels qui gèrent le patrimoine (collectivité, mairie, départements…), les artisans, les bibliothécaires, les architectes… Notre rôle est de les mettre en réseau sur ce territoire très vaste : les Hauts-Savoyards n’ont pas forcément l’habitude de travailler avec les Ardéchois ! Comment définiriez-vous le patrimoine ? Comment un bâtiment devient à un moment objet de patrimoine ? Aujourd’hui, la notion de patrimoine a fortement évolué. Et d’ailleurs, pour la majeure partie des gens, le patrimoine est financier ou immobilier, c’est ce qu’on possède. Idem sur Google. Autrefois, le patrimoine était le grand patrimoine bâti, les églises, les châteaux… C’était public ou religieux. Depuis l’après-guerre, ça s’est élargi au patrimoine rural, industriel, aux savoirs, traditions, au patrimoine oral, aux langues régionales... Ce qui fait qu’aujourd’hui, tout fait patrimoine. Pour nous, le patrimoine commence à partir d

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Mémoires vives

ARTS | Il a fallu deux ans d’inventaire pour l’exposition Patrimoine en Isère, les Vals du Dauphiné. Elle retrace l’histoire de la région dauphinoise à travers le (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 3 janvier 2014

Mémoires vives

Il a fallu deux ans d’inventaire pour l’exposition Patrimoine en Isère, les Vals du Dauphiné. Elle retrace l’histoire de la région dauphinoise à travers le patrimoine qui l’a façonnée. Une invitation à remonter le temps en se promenant de châteaux en églises, de machines à tabac en mobiliers de fermes. En flânant sur les rives du lac de Paladru sur les traces de ceux qui habitèrent ses désormais vestiges préhistoriques. En suivant les romains sur leurs voies jusqu’à Pont-de-Beauvoisin. Les panneaux successifs mènent de la préhistoire à l’époque contemporaine. Pour chaque époque, des photos de monuments illustrent l’intégration de l’histoire dans les paysages que l’on connaît aujourd’hui. Autre illustration, par les objets des quatre coins de la région et de tous types. Les uns ramènent au culte religieux, les autres au travail de la terre et à ses outils, ou encore aux artistes qui ont marqué la région. Une diversité qui permet à chacun de s’arrêter en reconnaissant le nom de son village ou un objet familier. Pour les amateurs d’exhaustivité, un livret de 240 pages décrit l’histoire de tel château ou bourg. 240 pages et une exposition pour une l

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Patrie, moine et culture

CONNAITRE | Ne nous mentons pas, les Journées du patrimoine n’évoquent pas forcément luxe, calme et volupté ; ni fun, ni sexe, ni punk, ni rock’n’roll… Ces atouts (...)

Laetitia Giry | Jeudi 5 septembre 2013

Patrie, moine et culture

Ne nous mentons pas, les Journées du patrimoine n’évoquent pas forcément luxe, calme et volupté ; ni fun, ni sexe, ni punk, ni rock’n’roll… Ces atouts indispensables pour donner envie aux petites crapules que nous sommes de participer à un « événement » quel qu’il soit. Mais, mais, mais, force est pour nous de reconnaître qu’il peut être fort séduisant de découvrir des lieux au cachet inégalable ou autres pratiques insolites. Pendant ces deux jours d’été vieillissant ou d’automne précoce – c’est selon –, moult églises, musées, ateliers, usines, etc. ouvrent leurs portes au plus grand des publics pour l’émouvoir à la vue des trésors que regorgent notre pays. Honneur à l’Histoire par l’entretien des murs qu’elle lègue continument, aux inventions et aux pratiques artistiques : pour leur trentième anniversaire les Journées du Patrimoine multiplient leurs propositions à l’infini. On a fouillé tout ça pour sélectionner le fin du fin et le livrer à vos mirettes étourdies et souriantes. Création pérenne Du côté des petites actions plus confidentielles et par conséquent légèrement plus insolites, notons l’ouverture de plusieurs ateliers dans la ville. Ateliers de peintu

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Melting pot

ARTS | Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. (...)

François Cau | Vendredi 9 décembre 2011

Melting pot

Art contemporain / L’exposition de Noël organisée par le Magasin présente les travaux de 30 artistes distingués par un jury parmi plus de 400 candidatures. Pour participer, un seul critère : avoir un lien avec la région Rhône-Alpes. Résultat : il y en a pour tous les goûts. Il est à noter que cette cinquième édition, plutôt chargée, fait la part belle aux installations et à l’interactivité. Dans ce vaste catalogue d’œuvres, certaines ont plus particulièrement attiré notre attention. C’est le cas des Candidatures spontanées de Pierre Buttin, qui a détourné le règlement du concours en se servant du formulaire d’inscription comme support artistique afin de confectionner un calendrier de l’Avent. On ne ratera pas non plus Migrant de Cyrille André pour sa folie des grandeurs et sa poésie : la gigantesque sculpture d’un homme à l’abandon s’envole, emportée par des ballons en polystyrène. Li Li, quant à elle, tente les gourmands, mais attention, pas de grignotage sans effort : il faudra grimper à l’échelle pour manger des bretzels. Et enfin, même si on n’a pas tout compris, on a quand même remarqué la persévérance de Maria Landgraf qui tous les jeudis après-midis obéi

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Journées du patrimoine : La chasse aux trésors

CONNAITRE | Ce week-end, le patrimoine français sera à l’honneur avec la vingt-huitième édition des traditionnelles Journées du patrimoine. Le thème retenu cette année est celui du voyage : une ligne directrice assez large pour ne pas être excluante, afin d’obtenir des Journées de plus en plus fédératrices, où les vieilles pierres millénaires flirtent négligemment avec l’art des plus contemporains, sous l’oeil complice d’un public on ne peut plus hétéroclite. En grands défricheurs d’inconnu que nous sommes, toujours prêts à guider le lecteur dans un dédale de suggestions fournies, nous vous proposons un tour d’horizon sélectif et composite de ce qui se passera samedi et dimanche à Grenoble et dans les environs. Suivez le guide. Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 9 septembre 2011

Journées du patrimoine : La chasse aux trésors

1/ Au Musée archéologique Grenoble Saint-Laurent On vous en avait déjà parlé lors de son ouverture en mai dernier, par le biais d’une interview de Renée Colardelle, sa directrice (voir sur notre site web). On en rajoute une couche ici : oui, le Musée archéologique de Grenoble envoie du lourd. Ce sanctuaire des premiers temps chrétiens couplé à une crypte datant du Moyen Âge est un bijou historique, habilement mis en espace. On peut ainsi déambuler sur tout le site spécialement aménagé à cet effet, pour se retrouver au plus près des caveaux. Et la découverte des lieux à l’arrivée est littéralement vertigineuse et splendide. De plus, l’audioguide proposé gratuitement aux visiteurs et la scénographie intelligente (même si un brin kitsch dans sa partie vidéo) sont des appuis solides pour une plus grande compréhension des enjeux. À noter qu’en ce week-end patrimonial, des visites guidées seront proposées à 10h, et que le musée fermera ses portes exceptionnellement à 22h le samedi soir. Pour compléter au mieux cette plongée dans le passé grenoblois, un détour au préalable par le Musée de l’Ancien Évêché et son baptistère datant des premiers siècles chrétiens

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