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SCENES | LES PIÈCES / Transmission et Push, œuvres totalement envoûtantes, ABORDENT LA QUESTION DU LIEN et de la relation AU SEIN DU GROUPE puis DU COUPLE. SD

| Mercredi 14 mars 2007

Les parties du corps sont isolées par la lumière. Une main, un bras se dessinent sur la largeur du plateau, celui-ci plongé dans l'obscurité. Il semble que des individus tentent de se mettre en lumière. De se découvrir, d'abord individuellement, avant d'en arriver au collectif. Enfin, les corps se meuvent, mais la lumière est toujours dirigée sur un endroit réduit. Le mouvement continu transforme les parties du corps en un dessin abstrait. Le corps devient faisceaux lumineux, flux. Toujours dans le noir, les corps se rapprochent : deux bras enroulés apparaissent, un coude sur lequel est posé la main de quelqu'un d'autre. On ne sait plus à qui appartient telle épaule, telle main qui glisse sur un bras. La confusion des corps monte, sensuelle et légère. Petit à petit la lumière se fait. En symétrie, se déploient alors des duos de femmes, des solos, des histoires individuelles au milieu d'un groupe. Comment se découvrir ? Comme faire un collectif, et transmettre, se donner ? Dans cette pièce, Transmission, créée pour 5 danseuses, la qualité du mouvement s'avère inouï de bout en bout. Two loversSouples, ronds les mouvements disent l'intime, la rencontre avec autrui, puis le retour à soi enfin, plus apaisé. Ce flux a suivi sa route, au son de la musique adéquate et sensible composée par Mukul. À ce chemin harmonieux du groupe, le duo Push, - que Russell Maliphant a écrit en 2004 pour la danseuse étoile Sylvie Guillem -, fera suite. À La Rampe, ce duo sera interprété par deux brillants danseurs de la compagnie britannique. On y retrouve la grâce de Transmission, à laquelle se mêle une force impérieuse. Dans une première partie très émouvante, l'homme, socle fort et indestructible, maintient la femme au-dessus du sol. Le couple est tout simplement aérien. Beauté pure. La gestuelle harmonieuse évoque la complicité, mais aussi une vulnérabilité assumée. La pudeur subtile vire à la trendresse. L'homme et la femme envoûtent. À la poésie des danseurs, un éclairage sobre sied parfaitement à cette évocation de l'amour. Enfin, plus organique, la suite fait totalement fondre les frontières entre classique et contemporain : les mouvements se développent au sol, puis l'énergie s'extériorise sur les nappes sonores d'Andy Cowton.

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