Le sacre du roi Wajdi Mouawad

Théâtre | Il a été la star du dernier festival d’Avignon. Il revient cette année dans l’agglo : d’abord à l’Hexagone en novembre, un théâtre qui le soutient depuis longtemps, puis en mars prochain à la MC2 pour y dévoiler sa dernière création. Il sera donc très difficile d’ignorer Wajdi Mouawad cette saison.

Aurélien Martinez | Jeudi 10 septembre 2009

Depuis maintenant une dizaine d'années, critiques et public adressent des louanges ininterrompues à Wajdi Mouawad, ayant trouvé en lui l'homme de théâtre capable ni plus ni moins de redonner un sens à la notion de récit. Si on n'a pas toujours partagé cet enthousiasme délirant – à la limite de la vénération –, force est de reconnaître que Mouawad est un artiste passionnant – aussi irritant que subjuguant –, et surtout généreux.

Au coeur d'une époque où le théâtre se pose de nombreuses questions sur son rapport au monde, et où des metteurs en scène semblent chercher dans l'extrême certaines réponses en secouant le public au maximum par divers moyens (cf. les polémiques qui ont secoué les précédentes éditions d'Avignon), le travail de Mouawad a quelque chose de rassurant : oui, il s'adresse ouvertement au public, en choisissant les mots appropriés, en faisant appel à ses émotions, sans trop le brusquer.

À ce titre, redécouvrir Littoral, l'un de ses premiers textes qu'il a récemment remis en scène, permet de saisir le talent indéniable du bonhomme. Exil, famille, héritage, mort… : avec un sens aigu de la narration, il brasse ici les thèmes qui émailleront la suite de son travail, lui le Libanais contraint à l'exil dans sa jeunesse et qui rejoint le Québec à l'âge de quinze ans. La mise en scène de Littoral, pleinement au service d'un texte fort, sans fioritures dramaturgiques aguicheuses, permet d'apprécier un Mouawad au meilleur de sa forme.

Ce spectacle, qui pourra être découvert en novembre à l'Hexagone, fait partie, avec Incendies et Forêts, de la trilogie que l'auteur a baptisée Le sang des promesses. Pour info, elle a fait l'ouverture du dernier festival d'Avignon (Mouawad était l'artiste associé cette année), et sera visible à Chambéry et Lyon à la fin de l'année. Onze heures durant, les trois pièces s'enchaînent : Littoral donc, puis Incendies qui avait littéralement créé l'émeute lors de ses représentations à l'Hexagone (pour les fans, la pièce sera reprise seule en novembre à Lyon, aux Célestins) et enfin Forêts (qui divise encore et toujours la rédaction du Petit Bulletin !).

Ciel mon Wajdi

Artiste se définissant avant tout comme « un écrivain égaré dans le monde du théâtre », Mouawad démontre ainsi, texte après texte, la constance de son propos... quitte à sombrer quelques fois dans la redite ou le bavardage intempestif. Mais il est aussi assez agréable de remarquer que l'homme sait surprendre de temps à autres, tant par la forme que par le contenu : Seuls par exemple, long solo où il se mettait volontairement à nu devant le public, ou encore Ciels, sa dernière création présentée en mars prochain à la MC2.

Dans cette pièce, dernier volet de sa réflexion sur l'héritage qui vient compléter la trilogie (qui est donc amenée à devenir une tétralogie !), Mouawad prend ses spectateurs à rebrousse poil : Littoral, Incendies et Forêts étaient construites sur la notion de partage générationnel et du devoir de comprendre ses origines ; ici, c'est l'inverse : non, les enfants que l'on a engendrés ne sont pas forcément nos clones et peuvent lutter avec force contre les idéaux familiaux. On assiste alors sur scène à la déliquescence progressive de la notion d'héritage, malmenée par des aînés incapables de comprendre leur descendance.

Résultat, si le public de fidèles a été quelque peu dérouté par cette création façon 24 heures chrono (l'intrigue se situe dans une sorte de cellule antiterroriste), Mouawad a encore gagné son coup en montrant sa capacité à réconcilier le théâtre et les grands thèmes contemporains, mais sans forcément y adjoindre de propos strictement politiques. La marque de fabrique Mouawad en somme.

LITTORAL
Les 18 et 19 novembre à l'Hexagone (Meylan)

CIELS
Du 2 au 6 mars 2010 à la MC2

LE SANG DES PROMESSES (TRILOGIE)
Les 19 et 20 décembre à Chambéry. Départs en car prévus depuis l'Hexagone et la MC2. Renseignements auprès des deux théâtres.

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"Tous des oiseaux" : le roi Mouawad et les oiseaux

Théâtre | Avec "Tous des oiseaux", le metteur en scène et auteur Wajdi Mouawad retrouve la verve épique qui lui avait valu un succès dingue au cours des années 2000. Et livre une pièce forte qui n’a pas peur d’aborder la question brûlante du conflit israélo-palestinien.

Aurélien Martinez | Mardi 30 avril 2019

C’était il y a une vingtaine d’années. Les spectateurs français découvraient le théâtre d’un auteur et metteur en scène libano-canadien nommé Wajdi Mouawad. Et se prirent alors de passion pour ses récits amples, sorte de réactualisation contemporaine des grands mythes antiques. La décennie 2000 verra ainsi le sacre du roi Mouawad, avec trois hits en particulier : Littoral, Incendies et Forêts. Des pièces fleuves construites autour de la notion de partage générationnel et du devoir de comprendre ses origines. Et des pièces qui, loin du théâtre qui place le public dans une situation d’inconfort pour mieux l’amener à réagir, assume leur côté grand spectacle capable de fédérer le plus largement possible, et surtout celles et ceux pour qui le théâtre est un art lointain et intimidant. Retour de hype

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All I want for Christmas is... une place de concert ou de spectacle

Sélection de Noël | Et voici notre traditionnelle sélection de cadeaux de Noël immatériels faite de places de spectacles et de concerts pour lesquels, bien sûr, il reste de la place. Histoire de faire sensation sous le sapin (et, surtout, tomber juste), on vous a classé ça selon les goûts de celles et ceux qui recevront votre présent.

La rédaction | Mardi 4 décembre 2018

All I want for Christmas is... une place de concert ou de spectacle

Pour les fans de chanson classieuse en VF Angèle (photo), c’est le phénomène pop de ces derniers mois grâce à une poignée de petits tubes entêtants (La Loi de Murphy, Je veux tes yeux, La Thune…) savamment mis en musique et qui, avant même la sortie de l’album début octobre, lui ont fait remplir des salles. Comme la Belle électrique, dans laquelle la Belge jouera à guichets fermés mercredi 12 décembre. Au vu du succès dingue, une autre date grenobloise a donc été rajoutée, en mai et dans une salle encore plus grande : le Summum. Classe. Angèle Au Summum jeudi 23 mai. 33€ Pour celles et ceux qui, au théâtre, adorent qu’on leur raconte de grandes histoires Littoral, Incendies, Forêts… Avec les pièces-fleuves qu’il propose depuis presque 20 ans, le

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"Le Temps des forêts" : bois aux abois

ECRANS | Promenons-nous dans les bois tant qu’il y en a. Le documentariste François-Xavier Drouet enquête sur une dénaturation aberrante de la nature, et une mise en coupe réglée de la forêt au profit, bien évidemment, des profits… Logique et mérité Prix de la critique au dernier Festival de Locarno.

Vincent Raymond | Lundi 10 septembre 2018

La planète n’est décidément pas sortie de l’auberge. Alors que l’effroyable modèle agricole intensif, gavé d’intrants phytosanitaires (à la nocivité reconnue par la communauté scientifique comme par les tribunaux), est sérieusement contesté par les consommateurs et les professionnels de la terre (préférant revenir à des pratiques moins standardisées, plus respectueuses de l’environnement, comme la permaculture ou le bio), voilà qu’on découvre que la forêt est aussi atteinte. Plus discrète, la filière bois a elle aussi succombé à la tentation d’un productivisme débridé en "rationnalisant" la sylviculture. Tronc commun Sillonnant les monocultures forestières, notamment celles du Morvan et du plateau de Millevaches, François-Xavier Drouet a observé le résultat de l’introduction massive d’une essence exogène choisie pour sa rentabilité exceptionnelle : le douglas. Conséquences ? Une pousse rapide, certes, mais un bilan écologique calamiteux. Car ces forêts industriell

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Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Littérature | C’est parti pour la nouvelle édition du fameux Printemps du Livre qui, du mercredi 5 au dimanche 9 avril, investira plusieurs lieux de Grenoble et de l’agglo (dont, trois jours durant, le Musée de Grenoble et ses nombreux espaces) pour des rencontres avec des romanciers, des conférences, des spectacles, des expositions… Afin de profiter au mieux de cette émulation littéraire, on a sélectionné huit auteurs à découvrir. Suivez-nous.

La rédaction | Mardi 4 avril 2017

Huit auteurs à découvrir au Printemps du Livre de Grenoble

Jonathan Coe S'il fallait définir la quintessence de l'écrivain anglais – anglais et non britannique –, celle-ci tiendrait en deux mots : « Jonathan Coe ». Dieu sait s'il y a de la concurrence dans l'Angleterre des lettres, de Julian Barnes à Nick Hornby en passant par Martin Amis et Will Self, mais Coe c'est autre chose. À vrai dire, il partage avec chacun d'eux des traits communs, mais il est le seul à les réunir tous. Lui seul parvient, de Testament à l'Anglaise jusqu'à aujourd'hui sa presque suite Numéro 11 (un roman à sketches auscultant la période Blair-Cameron), à rendre universelles les problématiques et caractéristiques de son pays. Portant ainsi à un tel degré sur l'Angleterre un regard acéré tout en étant doux, amer mais empreint d'un humour so british plein d'autodérision et de charme. SD À la bibliothèque Aragon (Pont-de-Claix) vendredi à 19h (rencontre) Au Musée de Grenoble samedi à 15h30 (rencontre) et dimanche à 11h (lecture) ________ Céline Minard L’auteure française Céline Minard clive, entre admirateurs de son monde radical et lect

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"Dans les forêts de Sibérie" : nature et (petites) découvertes

ECRANS | de Safy Nebbou (Fr., 1h45) avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine…

Vincent Raymond | Mardi 14 juin 2016

Manger des fraises au sucre peut donner envie de les accommoder avec un fond de pâte sablée ; on se trouve alors en présence d’un dessert fort différent (tout aussi savoureux, sauf pour les allergiques) que la logique recommande de désigner, par convention, sous le nom de "tarte aux fraises". De la même manière, lorsqu’un cinéaste trouve un roman à son goût et se met en tête de l’adapter pour l’écran, si l’envie lui vient de modifier substantiellement l’histoire, ne devrait-il pas en changer le titre ? Le roman de Sylvain Tesson raconte la solitude d’un homme face à lui-même et à la glace du lac Baïkal, son besoin de vide intérieur et de contemplation. Le réalisateur Safy Nebbou a-t-il eu peur de lasser le spectateur avec un film, une quête initiatique ? Quel besoin a-t-il eu d’ajouter un compère ermite, qui sert de potiche visuelle quand Raphaël Personnaz a de longues tirades à sortir en français, à un Russe qui n’y comprend goutte, évidemment. Ce personnage purement utilitaire se révèle en définitive totalement superflu, bien plus agaçant que la myriade de plans Arthus-Bertrand insistant lourdement sur la beauté sibérienne vue du ciel.

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Des "obus dans le cœur" de Mouawad et Baquet

SCENES | Un monologue rageur sur un homme qui va bientôt perdre sa mère : du grand Wajdi Mouawad dans le texte et du grand Grégori Baquet sur scène.

Aurélien Martinez | Mardi 15 mars 2016

Des

Il y a quelques années, l’auteur et metteur en scène libano-canadien Wajdi Mouawad était à la mode, grâce notamment à une trilogie (Littoral, Incendies et Forêts) qui connut un succès délirant. Si, après quelques projets à l’accueil plus mitigé, on le voit moins aujourd’hui (il n’est pas revenu à Grenoble depuis 2010), il ne faut tout de même pas oublier qu’il est avant tout un auteur au talent remarquable. Comme il l’a démontré en 2007 avec Un obus dans le cœur, monologue rageur (et fortement autobiographique) sur un jeune homme qui se rend au chevet de sa mère mourante et passe alors par divers états avant d’affronter la douleur qui, forcément, le submergera. « Ma mère meurt, elle meurt, la salope, et elle ne me fera plus chier ! » Le comédien Grégori Baquet, Molière 2014 de la révélation masculine, porte ce texte à bout de bras, happant le spectateur dès le début de la représentation pour ne plus le lâcher. Très fort. La preuve ce mardi 22 mars à 20h30 à la Faïencerie (La Tronche).

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Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

ACTUS | À Noël, tout le monde pense à mettre sous le sapin le dernier gadget technologique à la mode ou la bonne et rassembleuse bouteille de vin. Et si on misait sur un spectacle ou un concert, comme ça, pour changer un peu ? Le PB s’est donc lancé dans une sélection thématique : si vous suivez bien nos recommandations, on parie sur un taux de satisfaction de 100%. Oui, on est optimistes. La rédaction

Aurélien Martinez | Mardi 8 décembre 2015

Notre sélection de Noël : le cadeau à offrir à…

Ceux qui ne voient pas d’inconvénient à rire souvent Celui qui campe une Catherine hilarante dans la pastille quotidienne du Petit Journal Catherine et Liliane est également l’auteur et l’interprète d’un one-man-show épatant et très théâtral à placer tout en haut dans la vaste catégorie humour. Sur scène, Alex Lutz est une ado en crise, Karl Lagerfeld ou un directeur de casting odieux : des personnages plus vrais que nature pour un comédien remarquable. Alex Lutz, samedi 9 avril au Grand Angle (Voiron). De 31 à 37€. Ceux qui aiment autant la danse que le rire Tutu, c’est un petit ovni savoureux. Six danseurs jouent sur les codes de la danse (la classique, la contemporaine, l’acrobatique…) en une vingtaine de tableaux pour un spectacle solidement construit et, surtout, très drôle. Car jamais les interprètes au physique d’Apollon (d’où un rendu très queer) ne se prennent au sérieux, au contraire – en même temps comment rester sérieux dans un costume de cygne ? Même si, paradoxalement, leur maîtrise technique est éclatante.

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La Casemate, la science pour tous

ACTUS | Installée au sein d'anciennes fortifications de la ville de Grenoble dont elle tire son nom, la Casemate est aussi atypique que son emplacement. Son directeur Laurent Chicoineau nous explique la vocation de ce centre de culture scientifique. Propos recueillis par Alexis Orsini

Aurélien Martinez | Mardi 23 décembre 2014

La Casemate, la science pour tous

La Casemate présente des expos, mais ce n’est pas vraiment un musée… Laurent Chicoineau : Effectivement ! Nous n'avons pas de collections. C'est un lieu de partage et de communication scientifique, de vulgarisation… L'idée est vraiment d'être beaucoup plus interactif, d'être dans l'actualité contemporaine. Nous organisons des expositions temporaires sur ces sujets, au nombre de deux par an. Celle baptisée À quoi tu joues ? a par exemple été développée avec des collectifs locaux et des designers de Rhône-Alpes qui ont tous répondu à un appel à projet sur la question : "comment le jeu vidéo parle du numérique ?" L'interactivité est donc au cœur de notre centre de culture scientifique technique et industrielle. Vous visez « à diffuser et promouvoir la culture scientifique auprès de tous les publics ». En pratique, lequel est majoritaire ? Celui des scientifiques ou le grand public ? On constate beaucoup d'intérêt général pour des questions scientifiques et techniques.

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Éric Reinhardt et la femme d’à côté

CONNAITRE | Il y a du Flaubert dans L’Amour et les forêts, nouveau roman d’Éric Reinhardt qui fait suite à quelques hits de la littérature des années 2000 – Le Moral des (...)

Aurélien Martinez | Mardi 2 décembre 2014

Éric Reinhardt et la femme d’à côté

Il y a du Flaubert dans L’Amour et les forêts, nouveau roman d’Éric Reinhardt qui fait suite à quelques hits de la littérature des années 2000 – Le Moral des ménages (2001), Cendrillon (2007) ou encore Le Système Victoria (2011). Du Flaubert surtout en Bénédicte Ombredanne, Madame Bovary moderne qui se présente un jour à l’auteur dans une lettre qui le touchera, expliquant avoir été bouleversée par Cendrillon. Puis elle se confiera davantage, évoquant un mari qui la harcèle et l’empêche de vivre. Avec l’espoir que le pouvoir des mots l’aidera. Éric Reinhardt, après une introduction à la première personne détaillant la rencontre avec cette fameuse Bénédicte Ombredanne (une fiction nourrie à la réalité), déploie alors un récit tout sauf linéaire et attendu, offrant son héroïne une résonnance forte. Car l’écrivain sait ausculter notre monde contemporain avec recul et finesse, en délaissant cette fois-ci la société dans son ensemble (le libéralisme débridé du Système Victoria par exemple) pour se concentrer sur les affres de l’intime, en convoquant un certain romantisme très actuel dans le style. Et offre en filigrane un

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Les Paradis artificiels : le film reste en salle à Grenoble

ECRANS | Les Paradis Artificiels du Brésilien Marcos Prado sort cette semaine en France. Mais à moins grande échelle que prévue : douze des quinze salles qui l’avaient (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 31 octobre 2012

Les Paradis artificiels : le film reste en salle à Grenoble

Les Paradis Artificiels du Brésilien Marcos Prado sort cette semaine en France. Mais à moins grande échelle que prévue : douze des quinze salles qui l’avaient programmé l’ont finalement retiré de leurs écrans, au motif qu’elles auraient perdu leur exclusivité de diffuseur. En cause, la stratégie de communication du distributeur Damned, qui avait proposé en avant-première lundi soir à 22h, en séance unique, le film sur Dailymotion, pour lui offrir une plus grande visibilité (le bouche à oreille peut faire des merveilles!). Pour cette opération, Dailymotion s’était associé avec Eye on Film, réseau de 34 distributeurs et de 42 festivals et labels spécialisé dans la distribution de premiers et deuxièmes longs-métrages. Le but : s’essayer à la promotion du cinéma indépendant sur le web. « Une réaction à chaud, de prudence » Nous concernant en région Rhône-Alpes (car oui, le Petit Bulletin est diffusé à Grenoble, Lyon et Saint-Étienne, pour ceux qui ne seraient pas au courant!), le film n’était pas

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Les Paradis artificiels

ECRANS | De Marcos Prado (Brésil, 1h33) avec Nathalia Dill, Luca Bianchi…

Christophe Chabert | Lundi 29 octobre 2012

Les Paradis artificiels

Dans les années 50, pour dissuader les jeunes de fumer des joints, on tournait des films de propagande qui en montraient les effets dévastateurs. Problème : les films étaient si psychédéliques dans leur forme qu’ils donnaient plutôt envie de tenter l’expérience ! Les Paradis artificiels, réalisé par Marcos Prado et produit par le très ambigu José Padilha (Troupe d’élite), c’est un peu la même chose à l’échelle de la génération ecstasy-électro. Sur trois époques, le film constate que la drogue, la fête et la sexualité débridée nuisent à la famille, l’amitié et l’amour. On pourrait s’en tenir là, mais Prado est incontestablement talentueux et cette moralisation à outrance est contredite en permanence par un travail visuel, sonore et narratif assez grisant, un vrai plaisir de filmer des personnages complexes et irréductibles à la lourde leçon qu’on voudrait leur infliger. Ce que le cinéaste démontre surtout (mais Gaspar Noé l’avait fait avant lui), c’est que le cinéma, mélange d’artifice et de réalité, est particulièrement propice à capter les flux et reflux de la conscience sous psychotropes. Qu’importe si on nous dit à la fin que c’est mal : ce n’est qu’un film,

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C’est notre choix

SCENES | Une sélection subjective et arbitraire de quelques évènements incontournables du festival. AM

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

C’est notre choix

Un parcours inaugural Les Rencontres-i 2011 débuteront avec un parcours original, l’équipe de la biennale aimant beaucoup les parcours - elle en proposera de nombreux. À 16h30, rendez-vous à la gare téléphérique, pour monter à la Bastille assister au vernissage des expositions Degrés de lumière et T.O.E. La première se propose d’associer lumière et musique, les trois artistes italiens ayant étroitement collaboré avec deux chercheurs du CEA. La seconde, conçue pour le Centre d’art Bastille, est une exposition collective autour de la notion d’énergie (le thème de ces Rencontres-i). À 18h30, départ pour le CCSTI – La Casemate où sera présentée XYZT, les paysages abstraits, l’exposition d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne dont on attend énormément (on vous en reparlera une fois vue). À 20h45, tout le monde sera confortablement installé sur les sièges de l’Hexagone de Meylan pour découvrir une ébauche de L’Écorce du vent, projet autour de la lumière qui a gagné le prix A.R.T.S 2010 (un prix créé par l’Atelier arts-sciences dans le but de récompenser les collaborations innovantes et fructueuses entre artistes et scientifiques). Et la soirée se terminera p

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Incendies

ECRANS | De Denis Villeneuve (Canada, 2h10), avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin…

François Cau | Vendredi 7 janvier 2011

Incendies

Le travelling est-il encore affaire de morale ? Oui, et quand le québécois Denis Villeneuve tourne Incendies d’après la pièce du libanais Wajdi Mouawad, cette question le hante. Sauf que Villeneuve n’est pas un bon lecteur de Rivette. Dans cette longue odyssée retraçant les destins entrecroisés d’une femme et ses enfants, l’une au passé, comme héroïne traversant et subissant les tourments de la guerre du Liban, les autres au présent, sur les pas de leur mère et d’un frère caché, le cinéaste cumule les fautes d’intention. Fidèle à son matériau originel, Incendies se veut une tragédie. Mais à force de chichi (cartons pompeusement stylisés, musique hors sujet) et d’une mise en scène réussissant à rendre la distance impudique, le film vire à l’épreuve. Pour son personnage principal, accablé du premier au dernier plan, et nous, forcés d’assister à cet acharnement sadique et obscène qui, recourant à un suspens ignoble, se drape évidemment du plus grand sérieux. Un calvaire pour tout le monde. Jérôme Dittmar

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"Ciels" : virage à 180° pour Wajdi Mouawad

Théâtre | Wajdi Mouawad, que l’on a connu lyrique dans ses grandes odyssées métaphoriques à tiroirs, s’installe cette semaine à la MC2 avec sa nouvelle création Ciels. (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2010

Wajdi Mouawad, que l’on a connu lyrique dans ses grandes odyssées métaphoriques à tiroirs, s’installe cette semaine à la MC2 avec sa nouvelle création Ciels. Dans le dernier volet de sa réflexion sur l’héritage, Mouawad prend ses spectateurs à rebrousse poil, au risque de les froisser (l’accueil a été mitigé lors de sa présentation cet été à Avignon, où il était artiste associé). Littoral, Incendies et Forêts, pièces toutes les trois présentées à l’Hexagone, étaient construites sur la notion de partage générationnel et du devoir de comprendre ses origines ; ici, c’est l’inverse : non, les enfants que l’on a engendrés ne sont pas forcément nos clones et peuvent lutter avec force contre les idéaux familiaux. En plus de 2h30 (que l’on sent bien passer), on assiste alors à la déliquescence progressive de la notion d’héritage, malmenée par des aînés incapables de comprendre leur descendance. Le tout dans une scénographie on ne peut plus originale, les spectateurs se retrouvant au centre d’un dispositif où les comédiens évoluent sur les côtés et en hauteur. Résultat, on peut trouver un certain pl

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"Littoral" : je t’aime moi non plus

Théâtre | Et revoilà Wajdi Mouawad, celui qui fascine autant qu’il irrite. Avant la présentation de sa dernière création Ciels en mars prochain à la MC2, il revient cette (...)

Aurélien Martinez | Lundi 9 novembre 2009

Et revoilà Wajdi Mouawad, celui qui fascine autant qu’il irrite. Avant la présentation de sa dernière création Ciels en mars prochain à la MC2, il revient cette semaine à l’Hexagone avec Littoral, un texte du début de sa carrière (ici présenté dans une nouvelle mise en scène) et surtout premier volet de la tétralogie où l’on retrouve Ciels, Incendies et Forêts – cette dernière pièce, présentée il y a deux ans à Grenoble cristallisant en elle tout ce que les anti-Mouawad haïssent (en gros, son attrait pour le soap opera mythologique gros sabots). Sauf que contre toute attente, Littoral est une bonne surprise. Certes, Mouawad reste dans sa lignée (il semble faire une psychanalyse à chaque nouvelle pièce, lui le Libanais contraint à l’exil dans sa jeunesse), mais il nous gratifie ici d’un texte fort, sans fioriture dramaturgique aguicheuse tirée par les cheveux, et d’une mise en scène plus que généreuse. Car force est de reconnaître que Wajdi Mouawad sait toucher le public là où il faut, un public qui lui répond toujours par des salves d’applaudissements enjoués – réaction véri

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Rencontre avec Wajdi Mouawad

CONNAITRE | Il y en a qui vont exulter : la librairie le Square accueille ce mardi à 18h30 le metteur en scène bankable Wajdi Mouawad, à l’occasion de la recréation de (...)

François Cau | Lundi 26 octobre 2009

Rencontre avec Wajdi Mouawad

Il y en a qui vont exulter : la librairie le Square accueille ce mardi à 18h30 le metteur en scène bankable Wajdi Mouawad, à l’occasion de la recréation de Littoral mi-novembre à l’Hexagone, et de sa mise en scène de Ciels, son dernier texte, en mars à la MC2. Notre homme, assez généreux et prolixe, pourra ainsi répondre à toutes les questions que vous vous posez (même les plus inavouables). Pour bachoter avant la rencontre, retrouver sur notre site le portrait que nous lui avions consacré en septembre dernier. Et pour les fans voyageurs, on en profite pour rappeler que le metteur en scène jouera sa trilogie baptisée Le Sang des promesses (avec Littoral, Incendies et Forêts) les 14 et 15 novembre à Lyon (aux Célestins) et les 19 et 20 décembre à Chambéry (départs en car pour Chambéry prévus depuis l’Hexagone et la MC2 – renseignements auprès des deux théâtres). Une chose est d’ores et déjà promise : 9h30 de Mouawad, c’est long.

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Retour à soi

SCENES | Fort d’une reconnaissance méritée, Wajdi Mouawad ne cesse d’interroger le médium théâtral à travers des formes mêlant grandiloquence et intimité, où les frontières géographiques et temporelles s’abolissent pour jouer le jeu de l’introspection. Il se livre cette semaine sur la scène de l’Hexagone avec Seuls, sa nouvelle création. SD & FC

François Cau | Lundi 19 mai 2008

Retour à soi

Avant qu’on ne découvre son œuvre sur la scène de l’Hexagone de Meylan en 2003 avec Incendies, Wajdi Mouawad a déjà une belle carrière derrière lui. Installé au Québec depuis son adolescence (après avoir vécu au Liban et en France), il s’y forme très tôt à la discipline théâtrale, fondant sa première compagnie, le Théâtre Ô Parleur, à l’âge de 22 ans. Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, vision métaphorique d’un Liban déchiré par la guerre écrite à 19 ans, lui vaudra une récompense des critiques québécois en 1998. Mouawad s’essaie à la mise en scène, gagne en maturité et en assurance en s’attaquant à des œuvres aussi diverses que le Don Quichotte de Cervantès, Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov ou Trainspotting d’Irvine Welsh. La mort en héritage C’est avec l’écriture de Littoral que l’auteur prend son envol théâtral. Le premier volet d’un quatuor de créations sur le thème de la transmission de génération en génération, dont le point de départ similaire (la mort d’un parent et la volonté de découvrir le passé familial enfoui, pour mieux se redécouvrir, se connaître, se comprend

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“Forêts“ : les arbres qui cachent...

Théâtre | Troisième volet d’un quatuor consacré aux questions de l’héritage et de la transmission, “Forêts“ prend tous les risques inhérents aux blockbusters théâtraux et s’en sort miraculeusement, porté par une foi absolue en son propos. François Cau

François Cau | Mercredi 22 mars 2006

“Forêts“ : les arbres qui cachent...

La première scène pose étrangement les prémices narratives. Passées les surprises du 99 Luftballons de Nena balancé plein pot et de l’accent chantant de Montréal, la mécanique s’installe. Interruptions de l’intrigue via le regard d’un observateur extérieur, prose gouailleuse, répétitions signifiantes, intrusions de visions “incohérentes“, ruptures dramatiques incessantes… Le premier acte de Forêts vous entraîne de gré et de force dans une véritable saga intergénérationnelle, aux effets de manche grandiloquents, aux coïncidences bigger than life, dispensées par un casting visiblement investi dans cette histoire aux enjeux énormes. Soit Lou, ado chipie goth rebelle de 16 ans, forcée par un paléontologue passionné de se pencher sur son arbre généalogique et son patrimoine génétique, le tout afin d’élucider le mystère posé par un crâne retrouvé dans le charnier d’un camps de concentration. C’est sûr, dit comme ça, on se prendrait l’envie d’inciter son sourcil au léger haussement réprobateur. Dont acte : Wajdi Mouawad nous fait vite avaler de grosses couleuvres scénaristiques (la construction, par ellipses abruptes et fond

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Sélection jazzy

MUSIQUES | Musique / Comme chaque année, la programmation du grenoble jazz festival est méchamment pléthorique. Pour défricher ce vaste champ des possibles, voici une petite sélection de rendez-vous à ne pas manquer. FC

| Mercredi 21 mars 2007

Sélection jazzy

La nuit des étoiles Attention, événement croisé : cette soirée à l’Hexagone marque également la fin des Rencontres I. La très barge Campagnie des Musiques à Ouïr (constituée des musiciens Vincent Peirani, Sylvie Cabrit, Frédéric Gastard, Christophe Monniot et du barré Denis Charolles) proposera aux spectateurs une création en roue libre, un hommage musical mais pas que aux étoiles, leur force d’évocation, leurs mystères. Les troubadours seront accompagnés dans leurs délires par un “astrophysicien surprise“ et par un glorieux habitué de la Scène Nationale Meylanaise, l’auteur québécois Wajdi Mouawad. Ce dernier débutera la soirée par l’interprétation d’un texte rédigé par ses soins pour l’occasion. Une soirée qui devrait rester dans le ton des Rencontres I. Le 14 mars dès 20h, à l’Hexagone (Meylan) Philip Catherine & Brussels Jazz Orchestra Là aussi, on donne dans la transversalité : Le Mois de la Création Belge (on se recause du spectacle de clôture de la manifestation, Ook de Sidi Larbi Cherkaoui, la semaine prochaine) croise le Festival de Jazz de Grenoble pour un concert de l’un des plus fameux guitaristes jazz belge. À la fin des années 50, fortement marqué par les personna

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