La mort aux trousses

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

Photo : Rosa Frank


Il est assez rare que des spectacles de danse durent plusieurs heures. C'est pourtant le cas avec celui de Raimud Hoghe prévu à la MC2 pour le mois de mai. Aujourd'hui soixantenaire, l'Allemand aux talents multiples (il touche au théâtre, à la danse, à la littérature…), fut notamment le dramaturge de Pina Bausch entre 1980 et 1990. Depuis, il développe une approche particulière de la chorégraphie, avec tout un travail autour de la répétition, évoquant ainsi le rituel. Son Si je meurs laissez le balcon ouvert, inspiré par la dernière des chorégraphies de Dominique Bagouet (artiste mort du sida en 1992), est ainsi présenté comme un « protocole compassionnel », pour accueillir « l'inflexion des voix chères qui se sont tues ». Pour info, la création reçut un accueil dithyrambique de la part d'une partie de la presse lors de sa présentation en 2010 au festival Montpellier Danse. De notre côté, on ne sait pas quoi en penser, on ne l'a pas (encore) vue !

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Hoghe entre tension et attention

SCENES | Si la danse est a minima une succession de poses et de mouvements dans l’espace, Raimund Hoghe, sur les pas de Pina Bausch (dont il fut 10 ans le (...)

Aurélien Martinez | Lundi 7 mai 2012

Hoghe entre tension et attention

Si la danse est a minima une succession de poses et de mouvements dans l’espace, Raimund Hoghe, sur les pas de Pina Bausch (dont il fut 10 ans le dramaturge), y insuffle une dramatique supplémentaire fondée sur une idée-sensation simple : la tension. Les marches lentes de ses interprètes en ligne, leurs figures frontales face au public, les gestes minimalistes pris dans l’épaisse durée d’un rituel font de tout spectacle de Hoghe un moment des plus singuliers. L’hypnose y est parfois déchirée par un solo effréné, une course folle, des hurlements. C’est encore l’ambivalence, le basculement du désir à la haine, d’une ambiance à une autre, d’une Passion de Bach à un morceau de Dalida, qui trament Si je meurs, laissez le balcon ouvert. Créée en 2010, cette pièce pour neuf danseurs (avec Hoghe lui-même et son corps bossu) est un hommage à Dominique Bagouet (1951-1992) dont Hoghe ne copie pas la gestuelle, mais tente de garder l’esprit, « notamment cette tendresse des rapports humains qui traverse ses pièces, cette façon particulière de prendre contact avec l’autre, de le toucher, sans qu’il soit question directement de sexe ». La tendresse, l’humour et la délicatesse

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