« Pas un truc d'experts »

SCENES | L’équipe du collectif grenoblois CitéDanse poursuit l’aventure débutée la saison passée sur les croisements possibles entre danse et philosophie. L’occasion d’une rencontre pour en parler, et pour revenir avec eux sur l’esprit CitéDanse, en marche depuis 1999. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 9 février 2012

Danse et philo, le projet

Martine Chebli, médiatrice chorégraphique : Jérémy a repris une volonté qui existait depuis plusieurs années, mais qui n'avait pas encore trouvé sa forme concrète à CiteDanse. L'année dernière, ça s'est matérialisé par les Curiosités danse philo qui, comme leur nom l'indique, mariaient danse et philosophie. C'était des séances de deux heures, entre midi et deux. Cette année, ça a pris un peu plus d'ampleur, puisque ça se passe sur une journée entière – quatre dimanches. Une première séance a eu lieu dimanche 4 décembre, trois sont à venir.

Jérémy Damian, référent projet "Étirements" au sein du collectif : À la base, c'est parti d'une sollicitation de François Jousserandot, l'un des membres du collectif [et l'un des ardents promoteurs du contact-improvisation à Grenoble – NdlR], qui m'a dit : "ça ne te dirait pas que l'on essaie de monter un petit truc, où l'on prendrait des textes et où l'on discuterait ?". Ça s'est monté au printemps 2010, et à la base, c'était donc plus parti sur une petite forme – un sandwich entre midi et deux. Et puis assez vite, on a voulu ne pas se limiter aux textes, et essayer de mettre en jeu et en pratique les questions qui nous intéressent.

Danse et philo, les liens

Jérémy Damian : Par ailleurs, je suis en train de faire une thèse – je suis aspirant anthropologue – ; et travaillant sur les questions du corps, du mouvement, de la danse, je voyais ce projet comme une extension – voire une concrétisation – de mon travail de thèse. Et peut-être même un champ d'exploration.

J'ai donc rejoint le collectif de CitéDanse pour ce projet là particulièrement. On a alors lancé l'an passé les Curiosités danse philo qui ont eu le mérite d'exister, qui ont apporté pas mal de choses et de questionnements… Mais cette année, on a eu envie de reconduire le projet avec une autre exigence : revenir questionner cette rencontre a priori évidente entre la danse et la philosophie. Ce qui est un paradoxe, car la philosophie a très peu parlé de danse en tant que telle. Par contre, elle parle beaucoup aux danseurs. Je suis assez fasciné en lisant les feuilles de salle de voir que les chorégraphes font référence à tel ou tel philosophe, souvent les mêmes. Ou en découvrant la manière dont les programmateurs vont parler d'un spectacle en convoquant là aussi toujours les mêmes philosophes. Il y a une évidence qui ne me plaisait pas là-dedans.

On essaie donc de produire des occasions où la danse et la philosophie peuvent se rencontrer, mais surtout réexpérimenter les conditions de cette rencontre. Ne pas la prendre comme allant de soi. D'ailleurs, par rapport à l'an passé, ce qui a changé, c'est le titre, qui devient Étirements, avec l'idée de pouvoir étirer ce rapport-là.

Les Étirements, côté pratique

Jérémy Damian : Il y a quatre rencontres sur l'ensemble de la saison – la première ayant déjà eu lieu. Une le 26 février avec Fleur Courtois-l'Heureux, une philosophe bruxelloise. Ce sera l'occasion d'une rencontre entre le tango et le cinéma de Béla Tarr. Elle veut essayer d'apporter un dispositif cinématographique, en emmenant carrément une caméra pour expérimenter ce rapport entre se mouvoir et danser.

Il y aura aussi une séance le 1er avril avec Julyen Hamilton et Marie Barbet, qu'ils ont intitulée Presenting the present, et qui tournera autour de l'improvisation et de Bergson.

Et la dernière séance aura lieu le 13 mai, avec Julien Bruneau et Arnaud Halloy – un anthropologue ! Ce sera l'occasion de partir du phénomène de transe, pour voir comment il peut dialoguer avec ce qu'il se passe en danse, notamment le rapport entre l'intériorité et l'extériorité.

Ces journées sont ouvertes à qui veut, danseur ou non, philosophe ou non. L'idée dès le départ n'était pas d'en faire un truc d'experts, ni du côté des danseurs, ni du côté des philosophes.

Anne-Marie Pascoli, chorégraphe membre du collectif : Les intervenants ne sont pas des experts, mais des gens habités depuis longtemps par ces questionnements.

Jérémy Damian : Dès le début, on a voulu éviter la forme de la conférence, où un intervenant arrive avec un savoir à transmettre à d'autres qui resteraient passifs.

CitéDanse, le projet

Anne-Marie Pascoli : Le projet initial mûrit, se transforme, se laisse surprendre par ce qui arrive. Il y a des choses qui se confortent, qui se confirment, comme les pièces en studio, les Regards en cours… Bref, tous ces accompagnements de la création chorégraphique pas toujours visibles dans les lieux institués.

Il y a aussi un rapport qui se met en place dans une idée de proche et de lointain. Dans la proximité, on est dans un développement avec les Barbarins Fourchus : on a fait des projets en commun quand ils étaient au 145, on va continuer avec eux maintenant qu'ils sont à la Salle noire. Il n'est pas dit non plus qu'on ne fasse pas des choses avec Tricycle.

Et le lointain, car on a sollicité des chorégraphes nationaux – voire internationaux. On trouvait important de ne pas rester isolés dans notre démarche. Un groupe s'est constitué, que l'on a pour l'instant nommé Groupe des 7 – parce que l'on est 7, mais peut-être que l'on sera 8, 9… ! Il y a Christine Bastin, Katia Fleg… Niveau villes, ça fait Toulouse, Le Mans, Paris… On s'est retrouvés en laboratoire, avec nos esthétiques, des histoires, des pratiques extrêmement différentes les unes des autres. Ça prend forme, avec une mise en réseau de lieux et de non lieux – car certains n'en ont pas, ce qui est aussi très intéressant.

CitéDanse, les liens avec d'autres structures grenobloises

Anne-Marie Pascoli : Des rapports avec le Centre chorégraphique national de Grenoble [de Jean-Claude Gallotta – NdlR] ou le Pacifique [de Christiane Blaise – NdlR], on en a depuis longtemps. L'idée n'est pas de conforter des relations à tout prix parce qu'il faut les conforter avec des structures, mais c'est : quels projets peuvent nous réunir ? Comme il y a eu des projets avec le Pacifique sur Danser autrement, qui a été un très beau projet.

Martine Chebli : Avec le CCNG, par exemple, deux de nos regards en cours d'octobre étaient passés aux Presk'îles juste avant. On réfléchit avec Hélène Azzaro sur comment l'on peut articuler ça de manière intelligente.

Anne-Marie Pascoli : Quand le projet est évident, les passerelles le sont aussi, chacun trouvant naturellement sa place. Après, il n'y a pas foule de projets ; ce qui nous questionne aussi. C'est un constat que je fais depuis nos douze ans de cohabitation locale.



Étirements, les dimanche 26 février, 1er avril et 13 mai, à CitéDanse. Ateliers pour une trentaine de personnes maximum. Renseignements au 04 76 48 12 47

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Danses plurielles

Rencontre | Né du souhait de réfléchir à la place que son art occupe dans la cité, le collectif CitéDanse fête ses vingt ans les 20 et 21 décembre. L’occasion d’une nouvelle rencontre avec le public, qui s’annonce aussi intense qu’agréable.

Martin de Kerimel | Mardi 10 décembre 2019

Danses plurielles

Pourquoi les spectacles de danse tournent-ils moins que d’autres ? Comment communiquer au public la passion qui anime les artistes au quotidien ? Quelle parole porter pour offrir un peu de poésie, une part d’imaginaire ? Ces grandes questions, Anne-Marie Pascoli, à la tête de la compagnie homonyme, se les pose depuis longtemps. Elles sont au cœur même de la réflexion et de l’action du collectif CitéDanse. Imaginée par des chorégraphes dès 1999, l’association compte désormais une quinzaine d’adhérents. Petit à petit, elle a accueilli des créateurs issus d’autres disciplines artistiques (musique, théâtre, arts plastiques) et, au-delà, des sociologues, des psychologues… Une diversité d'approches En complément de l’activité de leur propre structure, c’est ensemble – et bénévolement – que les membres élaborent leurs projets artistiques communs. Ils se réunissent une fois par mois pour en discuter. Sans limite. « Tout est permis, certifie Anne-Marie Pascoli. L’important est de sortir des dogmes et de la verticalité. D’après moi, la danse a vocation à parler à tout le monde parce que, tous, nous sommes d’abord des corps. » La diversité des approc

Continuer à lire

"Les déclinaisons de la Navarre" : les jeux de l’amour et de la danse de la cie pjpp

Danse | Le « laboratoire pour la pratique chorégraphique » CitéDanse lance sa saison vendredi 6 octobre avec un double programme. Dont ce sympathique spectacle de la compagnie pjpp.

Aurélien Martinez | Mardi 3 octobre 2017

Un jour, Henri de Navarre, futur Henri IV, rencontre celle qui sera appelée plus tard la reine Margot. Une scène retranscrite dans un obscur téléfilm austro-allemand dont quelques minutes du dialogue, en VF, ont été extraites par le duo de danseurs Claire Laureau et Nicolas Chaigneau (compagnie pjpp). Ils s’amusent alors à rejouer ce moment maintes et maintes fois, d’où le titre du spectacle Les déclinaisons de la Navarre. Le rendu est plutôt sympathique, plein de facéties comme on pourra s’en rendre compte lors de l’ouverture de saison en deux temps de CitéDanse, puisqu’ils en dévoileront un extrait – Loïc Touzé présentera quant à lui Je suis lent, conférence performée dans laquelle il « raconte son histoire avec la danse ». Et là, un point s’impose pour ceux à qui CitéDanse ne dirait pas grand-chose. Fondée en 1999 par trois chorégraphes grenoblois (Sylvie Guillermin, Anne-Marie Pascoli et François Veyrunes), l’association, dont les locaux se situent au bout du cours Berriat, à côté de l’Ampérage, se présente comme un « laboratoire pour la pratique chorégraphique » avec notamment des présentations dans son studio d

Continuer à lire

Des spectacles à ciel ouvert pour l'été

Les temps forts de l'été | Ce n’est pas parce que l’immense majorité des salles de spectacle sont fermées en juillet et août qu’on ne peut pas se faire une pièce de théâtre, de danse, voire même un opéra entre deux passages à la piscine et trois tours en terrasse. La preuve avec ces quatre bons plans en plein air, et gratuits (ou presque), ce qui ne gâche rien.

Aurélien Martinez | Mardi 4 juillet 2017

Des spectacles à ciel ouvert pour l'été

De l’opéra et de la danse en plein air, sur grand écran Du 21 juillet au 24 août Les opéras sont des salles de spectacle souvent intimidantes, dont les codes implicites (un minimum de culture, une belle toilette…) peuvent faire peur. Pourtant, il s’y passe souvent de chouettes choses pas destinées uniquement qu’aux bourgeois amateurs de culture des temps anciens – l’opéra de nos voisins lyonnais est, par exemple, une maison très contemporaine. Celui de Paris, l’un des plus réputés (et classiques) d’Europe, souhaite ainsi démonter les préjugés qui lui collent à la peau en proposant l’été venu certaines productions (en opéra comme en danse) sur grand écran, dans plusieurs villes de France À Grenoble, on aura ainsi droit au ballet Le Lac des cygnes, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Rudolf Noureev, le vendredi 21 juillet au parc Jean Verlhac de la Villeneuve ; à l’opéra La Traviata de Verdi le jeudi 27 juillet à la Bastille ; au défilé du Ballet de l’Opéra de Paris le vendredi 4 août au parc Bachelard ; au ballet La Belle au bois dormant, sur une musique de Tchaïkovski et une chorégraphie de Mar

Continuer à lire

« Danser avant tout »

SCENES | Jérémy Damian a découvert le contact improvisation il y a cinq ans, alors qu’il cherchait un sujet pour sa thèse d’anthropologie. Immédiatement séduit par cette discipline, et désireux de travailler sur le corps et les émotions, il décide d’y consacrer ses recherches, à l’UPMF Grenoble. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Mardi 8 juillet 2014

« Danser avant tout »

L’une des spécificités du contact improvisation est qu’il se pratique en binôme. Comment se déroule cette rencontre entre deux corps ? Jérémy Damian : Le terme technique utilisé dans le jargon est « point de contact ». La technique de base consiste à établir ce point de contact avec son partenaire pour le faire rouler sans le perdre. Le but étant de pousser ça jusqu’à parvenir à un dessaisissement des volontés respectives de chaque danseur. D’où le terme contact, donc… La notion d’improvisation est-elle aussi importante ? Bien sûr. À partir de ce point de contact, la danse devient un momentum, un mouvement qui s’auto-entretient. On ne fait plus d’effort pour maintenir la danse, on entre dans un flot, on se laisse porter, ça coule tout seul. Rencontre et exploration, deux dimensions qui suggèrent un certain travail expérimental sur soi… Les participants viennent pour s’essayer, découvrir des manières de sentir, expérimenter à plusieurs. Parmi les nombreuses personnes que j’ai intervie

Continuer à lire

Save the date

SCENES | Trois autres propositions cette semaine à même d’exciter l’amateur de danse contemporaine. AM

François Cau | Vendredi 4 février 2011

Save the date

L’art du bondissementOn en a déjà beaucoup parlé (allez faire un tour sur note site web) ; on en remet une dernière couche avant son passage à l’Hexagone : la danseuse et chorégraphe Kaori Ito, interprète chez Platel, Découflé, Thiérrée and co, dévoilera cette semaine The Island of no memories, sa troisième création. Elle reprendra la petite forme créée pour la première édition du concours [re]connaissance, forme qui lui avait valu le premier prix. Et évoquera ainsi l’histoire « d'un homme qui veut oublier la routine de sa vie », avec nombre d’images et de fils narratifs – du moins, c’est ce qu’on a déduit de sa prestation au concours.Mardi 15 et mercredi 16 à 20h, à l’Hexagone (Meylan). Plastiquement hypnotiqueFidèle à son processus de création, la chorégraphe grenobloise Anne-Marie Pascoli avait mis en place au cours des derniers mois plusieurs chantiers ouverts au public pour présenter ses différentes étapes de travail menant à la pièce Oui. Cela nous a permis d’appréhender au mieux la scénographie passionnante : une série de tubes transparents qui permet des combinaisons infinies de jeu en

Continuer à lire

Soirée de clôture des "curiosités danse philo"

CONNAITRE | Depuis fin septembre, l’association CitéDanse organise des Curiosités danse philo qui, comme leur nom l’indique, se proposent de mettre en parallèle des (...)

François Cau | Lundi 6 décembre 2010

Soirée de clôture des

Depuis fin septembre, l’association CitéDanse organise des Curiosités danse philo qui, comme leur nom l’indique, se proposent de mettre en parallèle des concepts philosophiques et des pratiques liées à la danse. On a ainsi eu droit à une étude de l’improvisation en danse en convoquant Spinoza, ou encore à une séance plus spirituelle (à laquelle on a assistée) sur Espace intérieur et espace extérieur, à travers les textes du penseur Eckhart Tolle : ça brasse large ! Samedi 11, se déroulera ainsi la soirée de clôture de ces curiosités, en compagnie des différents porteurs de textes intervenus sur les deux mois (des philosophes, des artistes…). Au programme : un "philoquizz", des expériences pratiques, des surprises et une série d’échanges entre participants. Un projet balbutiant mais néanmoins intéressant que mène là CitéDanse, qu’on ne demande qu’à voir évoluer.

Continuer à lire

Soirée recherche + Barefoot dancefloor

SCENES | Pour « finir la saison en beauté » ce jeudi 1er juillet, l’association CitéDanse propose une soirée découpée en deux temps. D’abord, un moment de recherche avec (...)

François Cau | Lundi 28 juin 2010

Soirée recherche + Barefoot dancefloor

Pour « finir la saison en beauté » ce jeudi 1er juillet, l’association CitéDanse propose une soirée découpée en deux temps. D’abord, un moment de recherche avec la chorégraphe montréalaise Johanna Bienaise pour « questionner un aspect spécifique du mouvement dansé, que ce soit dans sa relation avec une autre discipline artistique ou dans sa résonance avec un travail de recherche philosophique, sociologique, historique… ». Elle interprètera ainsi trois soli écrits par trois chorégraphes (Kelly Keenan, George Stamos, Anne-Marie Pascoli). Pourquoi pas. Ensuite – et là est la raison principale de ce coup d’œil enamouré –, la thématique de la fin de soirée sera "chacun cherche sa plage". Les spectateurs sont ainsi invités à amener leur meilleure plage musicale pour ensuite animer les 2h30 de dancefloor prévues. On valide ; et l’on vous fait confiance pour nous épargner Émile et Images. Merci.

Continuer à lire

Autour de Oui, création d’Anne-Marie Pascoli

SCENES | Les "soirées recherche" proposées par CitéDanse (collectif formé d’artistes, dont Anne-Marie Pascoli, Christine Bastin ou encore François Veyrunes) posent « un (...)

François Cau | Lundi 19 avril 2010

Autour de Oui, création d’Anne-Marie Pascoli

Les "soirées recherche" proposées par CitéDanse (collectif formé d’artistes, dont Anne-Marie Pascoli, Christine Bastin ou encore François Veyrunes) posent « un regard appuyé sur la rencontre entre la danse et une autre discipline artistique ». En prélude à sa prochaine création baptisée Oui, la chorégraphe et interprète Anne-Marie Pascoli jalonne ainsi son parcours de « chantiers de recherche et d’expérimentation artistique ». Le prochain se déroulera ces jeudi 22 et vendredi 23 avril, avec pour thème les relations entre danse / image – lumière. Au vu des petits bouts de répétitions auxquels on a pu assister, le rendu promet d’être saisissant, avec notamment tout un travail autour de tubes en plastique. Le corps des danseurs, éclairé avec différentes intensités, nous apparaît donc masqué derrière les tubes, évanescent comme si ces derniers abolissaient la satanée loi de la gravité. Une mise en bouche avant le rendu final, prévu pour début 2011 à l’Heure Bleue, et dont on ne manquera pas de vous causer en temps voulu.

Continuer à lire

All night long

SCENES | Nichée dans le quartier Berriat, CitéDanse effectue depuis dix ans un travail considérable autour de la danse, en développant un espace de recherche (...)

François Cau | Vendredi 2 octobre 2009

All night long

Nichée dans le quartier Berriat, CitéDanse effectue depuis dix ans un travail considérable autour de la danse, en développant un espace de recherche chorégraphique et en permettant la confrontation directe entre artistes et public. L’association est ainsi née en 1999 de l’imaginaire des trois chorégraphes Anne-Marie Pascoli, François Veyrunes et Sylvie Guillermin (mais cette dernière a quitté le navire en 2002, remplacée par Cathy Cambet, qui a développé tout un travail avec les jeunes), ce qui plaça d’emblée le projet sur des rails artistiques et de création. Le but des fondateurs a aussi été de diversifier les approches, en travaillant avec des psychologues, sociologues, philosophes, enseignants… pour élargir le champ de réflexion (on se souvient de leurs soirées l’année dernière autour du handicap). Actuellement, CitéDanse offre un espace artistique considérable par le bais de diverses manifestations, comme les Soirées champs croisés, les Regards en cours (suivre l’élaboration d’une création) ou encore en proposant divers stages et formations. Pour célébrer ses dix ans en fanfare, CitéDanse organise une nuit (jusqu’à trois heures du matin) avec les artistes qui ont jalonné le

Continuer à lire

Danse pour tous, danse par tous !

SCENES | Les aficionados de Jean-Claude Gallotta seront d’accord : des personnes handicapées peuvent très bien danser (le dernier spectacle du chorégraphe grenoblois (...)

François Cau | Lundi 9 mars 2009

Danse pour tous, danse par tous !

Les aficionados de Jean-Claude Gallotta seront d’accord : des personnes handicapées peuvent très bien danser (le dernier spectacle du chorégraphe grenoblois intégrait ainsi deux personnes en fauteuil). CitéDanse propose au Théâtre 145 deux soirées autour du « corps handicapé engagé dans la danse » : peut-on danser avec un corps différent ? Si oui, comment ? Et avec qui ? A la première question, CitéDanse répond avec un oui franc. Jeudi soir, une soirée vidéos présentera par exemple un documentaire sur la Cie Pascoli travaillant avec des danseurs aveugles à Taïwan. Mais le cœur de la question sera abordé le lendemain avec la présentation de trois pièces de chorégraphes très différents mais tous sensibles au rapport entre danse et handicap. Chacun à leur manière, ils répondront aux deux autres interrogations, en n’ayant pas peur de montrer sur scène la différence de leur interprètes (un fauteuil par-ci, une béquille par-là…) et en intégrant des personnes dîtes valides dans leurs chorégraphies, comme par exemple avec Differentia de la chorégraphe grenobloise Colette Priou (qui a beaucoup travaillé avec Jean-Claude Gallotta et Christiane Blaise). Il s’agit donc avant tout d

Continuer à lire