«Une dimension de fête»

SCENES | Le festival Les Arts du récit, grand conteur d'histoires en tous genres qui investit chaque année les nombreuses salles partenaires de l'agglo, en est à sa vingt-cinquième édition. À cette occasion, Henri Touati, son directeur, nous a reçus pour évoquer le passé, le présent, et l'avenir. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 4 mai 2012

Photo : Virginie Meigne (spectacle Fait(s) divers, de Nicolas Bonneau)


C'est donc la vingt-cinquième édition du festival. Pourtant, aucune fête particulière n'est prévue... Cette envie de sobriété est-elle liée à la conjoncture actuelle dans le milieu culturel ?
Henri Touati : La conjoncture n'est pas l'élément central, même si elle a forcément apporté une gravité dans la façon de regarder le projet culturel que l'on porte. Évidemment, faire une grosse fête au moment où l'on se débat avec certaines difficultés ne serait pas très cohérent. Et puis, de toute façon, on fait un festival qui a une dimension de fête, quoi qu'il arrive. 

Malgré tout, la conjoncture vous a contraints à annuler des évènements...
Cinq projets – quatre spectacles et un colloque – qui avaient été engagés, dont certains au niveau de la production, ont dû être supprimés. Car le problème d'une structure qui gère un festival, tout en ayant une activité à l'année, c'est que le festival pèse lourd. On ne peut avoir d'effets que sur le long terme lorsque l'on change une procédure. On a donc eu le sentiment qu'il fallait prendre les choses très vite, à bras le corps, et resserrer budgétairement. Quand en février dernier, on a vu le danger arriver, on s'est rendu compte que l'on ne pourrait pas attendre 2013 pour réagir. Alors on a mené cette opération sauvetage. Le risque des 25 ans, justement, c'est une sorte d'habitude. Que tout le monde se dise que l'on est là, que l'on existe, que l'on continuera forcément. Pourtant, cette fragilité permanente des structures culturelles indépendantes, c'est un fait dont les collectivités n'ont pas réellement conscience. Elles ne se rendent pas compte de la fragilité d'un projet culturel, fragilité accrue par leur désengagement...

Quand vous regardez les 25 dernières années, le bilan doit être positif ?
Quand on est partis il y a vingt-cinq ans, l'idée était de défendre quelque chose de naissant. Car quand on a commencé le projet, la discipline elle-même était naissante...

Ce qui est paradoxal pour un art ancestral !
Elle était naissante dans sa dimension artistique. À partir des années 75-80, des artistes s'en sont emparés, alors qu'avant, c'était plutôt une pratique sociale. Donc au départ, on ne pouvait pas imaginer que l'on serait à ce stade-là aujourd'hui, que l'on serait l'un des moteurs de la discipline en France – voir même au niveau international...

Cette année, à l'intérieur du festival, qui durera deux semaines, on pourra découvrir un petit festival lors du pont de l'Ascension, avec des artistes régionaux...
À chaque fois que le festival court sur les dates de l'Ascension, on se demande ce que l'on va faire de ce week-end. On propose donc, pour la deuxième fois, un petit festival qui permet de découvrir trois spectacles dans la même journée et dans le même secteur géographique – le quartier Berriat : Théâtre de poche, Théâtre 145 et Salle noire. Avec l'idée que l'on va découvrir quelque chose de nouveau, et en accordant une grande place aux artistes d'ici. C'est toujours compliqué parce que les conteurs qui vivent et travaillent ici sont beaucoup vus pendant l'année, alors le public ne vient pas forcément les revoir dans le cadre du festival. Mais comme là, il y a un fort travail de création, de recherche, on va gagner le pari je pense!

Le festival se fera aussi l'écho d'un projet consistant à écrire son propre discours de Grenoble, en réaction à celui prononcé en 2010 par Nicolas Sarkozy...
Au-delà du récit lui-même, on se pose tout le temps la question de toutes les formes de l'oralité. On a beaucoup travaillé sur le slam pendant des années, bien avant que ça s'appelle slam ! La question du discours, ça fait très longtemps que l'on y réfléchit, en se disant qu'il y a une forme, une réalité de la rhétorique différente du récit, qui est quelques fois même une sorte de récit – on le voit bien avec les politiques aujourd'hui. Alors quand l'équipe de Villeneuve Debout [un collectif inter-associatif – NDLR] est venue nous voir à la fin de l'année dernière, très rapidement, cette histoire de discours est revenue, à travers celui de Grenoble, mais aussi autour de l'idée de la prise de parole, de la capacité des gens à dire eux-mêmes... On le voit à l'année, dans nos ateliers avec des prisonniers, des SDF, ... : la parole est un outil d'une dignité forte pour ceux qui sont parfois éloignés du champ social. Sur le discours de Grenoble, l'idée est de le faire disparaître derrière d'autres paroles. On en a reçu environ 90, dont une quarantaine d'habitants de la Villeneuve. On pourra les découvrir tout au long du festival. Notamment le samedi 12 mai : on va s'installer dans le Jardin de ville. Et l'ambiance dépendra du résultat des élections [l'interview a été effectué le jeudi 3 mai - NDLR] : ce sera soit une fête de la parole, soit un moment de volontarisme !

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Ode aux raconteurs d’histoires avec les Arts du Récit

Festival | Les Arts du Récit, festival dédié aux contes, récits et autres histoires, lèvera le rideau de sa 31e édition le jeudi 10 mai. Pendant quinze jours, plusieurs salles de spectacle de Grenoble et de l'agglomération accueilleront des artistes venus célébrer leur amour du verbe. Martine Carpentier, directrice de l'événement, déroule le programme avec nous.

Alice Colmart | Lundi 30 avril 2018

Ode aux raconteurs d’histoires avec les Arts du Récit

« Le conte est difficile à croire ; mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grands, on en gardera la mémoire. » L’équipe des Arts du récit aurait pu s’inspirer de ce proverbe (très genré) de Charles Perrault, tant depuis plus de 30 ans, elle cherche à travers son festival à faire perdurer le conte, genre littéraire qu’elle considère approprié autant pour les enfants que pour les adultes – ce qui ne va pas de soi pour tout le monde. Placée, selon Martine Carpentier, directrice du festival, sous l’égide de « l’amour, des passions, des relations hommes femmes, mais aussi du merveilleux, du symbolique et du mythologique », cette nouvelle édition convoquera ainsi une soixantaine d’artistes conteurs, comédiens et musiciens. « Les perceptions des conteurs et du conte sont parfois ringardes. Lors du festival, on présente des créations très contemporaines et on permet à leurs auteurs d’être mis en avant. » Ouverture dauphinoise Au programme, donc, des réalisations modernes qui, certaines, s’

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Culture : la métropole grenobloise s’en mêle enfin

ACTUS | Le 3 novembre, Grenoble Alpes Métropole s’est dotée de la compétence culturelle réclamée depuis longtemps par les acteurs culturels. Mais dans les faits, la collectivité semble très prudente puisqu’elle ne s’engage que sur une chose : le transfert dans ses services des deux scènes nationales du territoire – la MC2 et l’Hexagone. On fait le point.

Jean-Baptiste Auduc | Mardi 15 novembre 2016

Culture : la métropole grenobloise s’en mêle enfin

La métropole grenobloise commence à rajouter des cordes à son arc. Après sa création l’an dernier (elle a succédé à la communauté d'agglomération du même nom), elle vient de s’adjoindre, en plus de ses six compétences actuelles, le domaine culturel et sportif. Même si, dans les faits, au 1er janvier 2017, il n’y aura pas de création de poste de vice-président à la culture, ni de service correspondant. Et, bien sûr, les adjoints à la culture des 49 équipes municipales ne disparaitront pas. Le président PS Christophe Ferrari et sa majorité préfèrent y aller doucement. « Le transfert des deux équipements à la Métropole que sont l’Hexagone de Meylan et la MC2 est la seule décision réelle prise pour le début d’année prochaine » résume Henri Touati, membre du Collectif métropolitain des acteurs artistiques et culturels qui a participé à la concertation autour de ce sujet. En 2017, les réflexions vont donc continuer, et ainsi valider (ou infirmer) les choix faits en ce début novembre. La culture conjuguée au conditionnel Utiliser le conditionnel est donc néces

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Martine Carpentier : « Revenir à une position d’écouteur »

SCENES | Le Festival des Arts du Récit est de retour pour sa 29e édition. Douze jours dédiés aux contes sous toutes ses formes que nous présente sa directrice.

Tiphaine Lachaise | Mardi 10 mai 2016

Martine Carpentier : « Revenir à une position d’écouteur »

C’est la 29e édition du festival, mais seulement la deuxième pour vous à sa tête... Martine Carpentier : Oui, on va même dire la première complètement aux manettes et à la programmation. L’année dernière, il y avait déjà une couleur, mais on était quand même en fin de comète de la 27e édition. Après toutes ces éditions, arrivez-vous à dessiner un profil des conteurs présents lors du festival ? Je ne dirais pas un profil mais une dynamique qui commence à apparaître. J’ai choisi de programmer à peu près 70% de conteurs qui ne sont jamais venus au festival. Je n’aime pas trop les chiffres mais cela donne toujours des indications. Ce sont des conteurs de 12 nationalités différentes. Et puis sur les 37 spectacles, il y 14 créations. Les artistes que j’accueille cette année se frottent à d’autres disciplines artistiques. On a vraiment des croisements : musique, danse, chant... En nouveauté, il y a aussi cette volonté de s’approprier l’espace public. C’est-à-dire revenir à une proximité, à une oralité : des contes, mythes et légendes que les gens peuvent entendre par des g

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En Isère, la droite joue la culture

ACTUS | On murmure dans les couloirs du conseil départemental de l’Isère que la nouvelle majorité de droite, élue il y un an, soutient la culture. Voire même que les subventions augmenteraient. L’annonce semble irréelle. Pour en avoir le cœur net, on est allés rencontrer Patrick Curtaud, vice-président à la culture, et quelques acteurs culturels plutôt satisfaits.

François Cau | Mardi 19 avril 2016

En Isère, la droite joue la culture

Un an après avoir ravi le département à la gauche, la nouvelle majorité départementale de droite présidée par Jean-Pierre Barbier (Les Républicains) prend ses marques. Et l’action, en matière de culture, semble lancée. « Il y a eu peu d’opposition à l’augmentation du budget du département » annonce dans un sourire Patrick Curtaud, chargé de la culture au département. Après les dernières années plutôt sombres de la présidence du socialiste André Vallini, voilà l’éclaircie. Pour 2016, le département annonce 12% d’augmentation par rapport à l’an dernier. Soit 1.5 millions d’euros en plus pour le budget de la culture. « Aujourd’hui, en cette période trouble, où l’on parle de vivre ensemble et de laïcité, la meilleure façon d’apprendre des autres, c’est le développement de la culture » assure Patrick Curtaud. Une politique de gauche appliquée par des gens de droite ? Il y a de quoi perdre le nord. « La culture n’est ni de droite, ni de gauche » continue le vice-président à la c

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Le conte est bon aux Arts du récit

SCENES | Vingt-huitième édition pour le festival des Arts du récit, qui s’offre cette année une nouvelle directrice suite au départ à la retraite de son fondateur Henri Touati. On est donc partis à la rencontre de Martine Carpentier pour en savoir plus. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 5 mai 2015

Le conte est bon aux Arts du récit

Un festival consacré uniquement aux arts du récit est un acte militant : sa directrice Martine Carpentier juge ainsi que cette forme de spectacle ancestrale n’est aujourd’hui pas traitée à sa juste valeur. « C’est un art pas assez porté, pas assez légitimé. Les tutelles ne le considèrent toujours pas comme un art à part entière, contrairement aux arts du cirque ou aux arts de la rue. D’ailleurs, en France, il y a deux disciplines qui ne sont pas véritablement reconnues : l’art de la marionnette et celui du conte. D’où la nécessité d’un pôle ressource comme le nôtre pour structurer la discipline. » Car le festival est « l’iceberg des activités du centre », centre qui se démène à l’année pour soutenir les artistes et défendre toutes les formes de conte. Toutes, oui. « Le conte a une image encore un peu désuète, alors qu’on est aussi bien dans un art traditionnel que dans un art de la modernité. On n’est pas seulement avec le conteur et les veillées, il y a aussi une dimension contemporaine, d’innovation. » Pas que pour les enfants Pour cette vingt-huitième édition qui aura lieu comme toujours dans de nombreux établissement

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Toute une histoire

SCENES | Dernière édition des Arts du récit pour Henri Touati, sémillant et très engagé directeur de la manifestation iséroise qui part à la retraite ensuite. Mais le festival (...)

Aurélien Martinez | Mardi 13 mai 2014

Toute une histoire

Dernière édition des Arts du récit pour Henri Touati, sémillant et très engagé directeur de la manifestation iséroise qui part à la retraite ensuite. Mais le festival dédié au conte, en marche depuis 28 ans, continuera bien sûr sa route, avec aux commandes Martine Carpentier, actuellement directrice adjointe. Un changement dans la continuité (même si nous ne sommes pas à l’abri de surprises – Martine, rendez-vous en 2015 en interview !) pour une aventure artistique ancrée sur de solides bases. Ainsi, on retrouvera lors de cette vingt-septième édition une myriade de têtes connues, comme Didier Kowarsky (avec un intrigant spectacle autour de Tom Waits), Catherine Zarcate, Myriam Pellicane, Gérard Potier ou encore Jennifer Anderson. Des conteurs à découvrir dans les nombreuses salles partenaires, à Grenoble et dans toute l’agglo, pendant les douze jours que dure le festival. Niveau temps forts, cette année, on retient surtout de La préhistoires des contes, projet entre la France, l’Espagne, l’Italie et l’Afrique du Sud, avec une soirée Afrique du Sud au sein d’une chapelle à Renage le vendredi 16 mai et une journée dans les grottes de Sassenage le dimanche 18 mai ;

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La parole est aux poètes

SCENES | C’est parti pour la vingt-sixième édition des Arts du récit, la manifestation culturelle iséroise dont la ligne éditoriale est clairement résumée dans son titre. Un festival qui programme entre autres "Quand m’embrasseras-tu ?", l’un des plus beaux spectacles de l’année construit autour de la poésie du Palestinien Mahmoud Darwich. Rencontre avec Claude Brozzoni, le metteur en scène de ce bijou, et zoom sur le reste des propositions. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 25 avril 2013

La parole est aux poètes

Comment est né ce projet ?Claude Brozzoni : C’est en 2009 que j’ai découvert les textes de Mahmoud Darwich. Je ne les connaissais pas auparavant, comme je ne suis pas un grand lecteur de poésie. Ça a été une rencontre très forte. Quand j’ai commencé à les lire, j’ai eu une sorte d’incompréhension, je n’arrivais pas à tout saisir. Puis il m’a fallu à peu près cinq-six mois avant que quelque chose ne se passe... Vous avez choisi de transmettre cette poésie sur scène en l’intégrant dans un ensemble plus vaste – au contraire de metteurs en scène comme Claude Régy qui cherchent le dépouillement autour du texte...La musique, l’interprétation d’Abdelwaheb Sefsaf, la peinture : tout est au service du texte. Il y a eu un travail important sur la langue, la diction, la ponctuation, les élisions, les liaisons – on fait tellement de liaisons de nos jours qu’on se trouve face à une sorte de mayonnaise !  L’acteur fait du texte son corps et sa chair. La musique et la peinture viennent ensuite, pour se confronter à cette parole, et la faire vibrer différemment.

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Raconte-moi une histoire

CONNAITRE | SPECTACLE/ En ce mois de mai, revoilà le festival des Arts du récit. Avec une programmation comme toujours foisonnante, de laquelle on a essayé de sortir quelques propositions alléchantes. AM

François Cau | Vendredi 6 mai 2011

Raconte-moi une histoire

Deux envies complémentaires animent l’équipe du Centre des arts du récit en Isère et son directeur, Henri Touati : défendre l’objet artistique qu’est le conte (dans ses formes les plus diverses possibles), et l’offrir à tous les publics tout au long de l’année – même si le festival est chaque printemps le temps fort du Centre. Pour cette vingt-quatrième édition, se succéderont ainsi sur les scènes des nombreux lieux partenaires, divers spectacles, lectures, récitations… Avec comme ligne directrice l’idée de « faire la part belle aux artistes qui dénoncent, qui luttent et s’engagent ». Vaste programme défendu par les femmes et les hommes programmés sur les onze jours que compte la manifestation. Zoom subjectif2011, année des Outre-mer oblige, le festival accueillera des personnalités originaires de Guadeloupe, de la Réunion, ou encore (ne soyons pas sectaires !) d’Haïti et Cuba. La conteuse haïtienne Mimi Barthélémy sera ainsi présente deux jours de suite à Fontaine : mercredi 10 mai pour une soirée Paroles et musiques des Outre-mer (avec deux autres conteuses et deux musiciens, dont René Lacaille), et le lendemain dans le spec

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«Montrer la diversité»

SCENES | Le Festival les Arts du Récit a 20 ans. 20 ans de contes en lien avec le monde contemporain, portés par des artistes de toutes origines et horizons : Henri Touati, initiateur de ce projet majeur dans le milieu du conte, est attaché à cette idée de diversité. Séverine Delrieu

Séverine Delrieu | Mercredi 16 mai 2007

«Montrer la diversité»

Que souhaitez-vous mettre en avant pour fêter les 20 ans du Festival ?Henri Touati : L’axe premier je crois que c’est de montrer que depuis 86-87, date de création du Festival, notre activité s­’est focalisée sur la diversité. Donc la proposition de ce festival, c’est de montrer cette diversité. Par l’éclectisme ?Par la multiplicité des lieux, des formes d’accueil, des formes de spectacles et des contenus. Et puis les origines des artistes, leur dimension traditionnelle comme contemporaine montrent que raconter une histoire aujourd’hui est quelque chose d’assez simple. En même temps, la multiplicité des propositions nous permet d’avoir des univers, des mondes qui sont à chaque fois différents. C’est ça l’axe central de ce festival. Une journée très particulière, celle du 12 mai, sera une rencontre où plus de 100 conteurs vont être présents. 100 conteurs qui sont venus au Festival sur les 250 : c’est un événement de dimension nationale dans le milieu du conte, puisque c’est la première fois que l’on va regrouper tant de conteurs au même endroit. Comment va se dérouler cette rencontre ?

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