Thérapie de groupe avec Les 7 doigts de la main

SCENES | Du cirque, des performances, mais du sens aussi. C’est ce que s’échine avec talent à proposer la compagnie des 7 doigts de la main. Démonstration avec "Psy", pièce complète et enjouée du collectif québécois désormais mondialement connu. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 18 janvier 2013

Au début, ils étaient sept issus d'une bande d'amis qui, en 2002, après une discussion, décident de se lancer collectivement en apesanteur. Ils ont le background pour bien faire puisqu'ils sont acrobates, jongleurs voire sportifs de haut niveau. Six d'entre eux sont québécois, sont passés par la formation du Cirque du Soleil (qui suscite alors de très nombreuses vocations) ou par l'École nationale du cirque de Montréal, mais ne veulent pas être uniquement des circassiens reconnaissables à leur seule maîtrise technique. Ils créent alors dans chacune de leur pièce des personnages auxquels les spectateurs peuvent s'identifier.

Leur premier lieu d'entraînement, de brainstorming et d'improvisation étant leur appartement, leur première création se nomme tout naturellement Loft. Suivront des spectacles aux titres courts et percutants : Traces, La Vie, Psy, Patinoire et Séquence 8, dont la création mondiale a eu lieu cet été dans le théâtre antique de Fourvière à Lyon.

Internés sur scène

Psy, qui ne cesse de parcourir le monde depuis 2010, est un excellent exemple de leur travail : technique, ludique et instructif, avec même parfois quelques mots distillés ça et là. En effectuant des performances au trapèze, aux roues allemandes, à la corde aérienne, dans les airs ou sur terre, tous les sept se mettent au service d'une chronique sociétale, toujours joyeusement mise en musique (ici notamment un remix de House of the rising sun des Animals par The Avalanches). Ils ne craignent ainsi pas les sujets ardus, car avec Psy, ils n'abordent rien moins que les pathologies psychiatriques.

Au plateau, une femme lutte contre son agoraphobie en s'élançant dans les airs, un patient atteint de troubles obsessionnels du comportement tente de s'échapper d'une marée humaine par des acrobaties, un homme recherche son identité dans l'obscurité parmi une foule de visages masqués et inquiétants, un autre entend une voix lui sommant de se pendre à un trapèze par les pieds… Mais tout cela est en permanence mâtiné d'humour. Une thérapie artistique de haut vol.

Psy, vendredi 25 et samedi 26 janvier, au Théâtre de Grenoble


Psy - Les 7 doigts de la main

Ms, scénario et cho. Shana Carroll Acrobaties, jonglerie, mâts chinois, roue allemande, corde aérienne et planche sautoir deviennent les remèdes de maux tels que : insomnie, amnésie, paranoïa, hypochondrie...autant de troubles qu'ils décident de soigner par une circothérapie
Théâtre de Grenoble 4 rue Hector Berlioz Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

Festival | Huitième édition pour le festival Jour & Nuit de l’association MixLab, qui se déploiera comme l’an passé pendant trois jours dans et autour de la Belle électrique (dont cette dernière est gestionnaire). L’occasion de faire le point, avec la subjectivité qui nous caractérise, sur les artistes à ne surtout pas manquer entre jeudi 5 et samedi 7 septembre. Par Stéphane Duchêne et Damien Grimbert

La rédaction | Mardi 3 septembre 2019

Jour & Nuit 2019 : notre sélection d'artistes à ne pas manquer

H-Burns Bim ! À peine sorti au printemps dernier le Midlife d'H-Burns que déjà l'on dégainait le qualificatif trompe-la-mort : Midlife serait « le meilleur album » du sieur Renaud Brustlein, après Kids we own the summer (2017) et Night moves (2015). Soit l'affirmation est un tantinet marseillaise (la sardine, le Vieux-Port, tout ça), soit notre Drômois préféré continue sans relâche(ment) l'ascension qui lui fait office de carrière, comme on jogge mollement le dimanche matin à l'heure des croissants. Il faut bien admettre que la vérité est sans doute proche de la deuxième hypothèse. Midlife, s'il évoque subliminalement une crise de la quarantaine, n'en est pas moins l'un de ces bijoux égarés entre pop et folk, mélancolie (Actress, Sister…) et bonheur braque (Crazy ones en tête) sur un terrain où les merveilles mélodiques poussent comme du chiendent. Du grand H. Vendredi 6 septembre sur la grande scène The Psychotic Monks Pou

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Dysmorphia, festival à contre-courant

Concerts & soirées | Réunissant cinq jours durant une vaste constellation d’artistes aux confluences de la techno, de la noise, de l’ambient et des musiques expérimentales, la deuxième édition du festival Dysmorphia, organisé par l’asso la Métamorphose, séduit par ses choix esthétiques tranchés.

Damien Grimbert | Lundi 29 janvier 2018

Dysmorphia, festival à contre-courant

Il y a les festivals musicaux qui se contentent d’accumuler les éternelles mêmes têtes d’affiche consensuelles et bien identifiées, histoire d’attirer le plus vaste public possible. Et ceux qui préfèrent miser sur la prise de risque, afin de faire la part belle aux découvertes et aux artistes coup de cœur. De toute évidence, le festival Dysmorphia appartient à la deuxième catégorie. Construit autour de six évènements distincts (trois soirées dans des bars, un concert à la Bifurk, une grosse soirée à la Belle électrique et un after le dimanche matin à l’Ampérage), ce dernier propose ainsi une programmation partagée à part égale entre DJs issus des principaux collectifs électroniques grenoblois, figures émergentes de l’underground français (Deux Boules Vanille, Postcoïtum, Apollo Noir) et valeurs sûres de la scène club européenne (Rebekah, Psyk). Nouvelles frontières Si le

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Narkolepsy, le retour

CONNAITRE | Zoom sur la nouvelle édition du petit festival du film court prévue vendredi 15 septembre devant le Musée de Grenoble, et dont on ne sait pas grand-chose – mais c'est voulu !

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Narkolepsy, le retour

Le 29 juin dernier, une météo contrariante avait obligé la 14e édition du festival Nakolepsy à une annulation aussi soudaine que les endormissements de River Phœnix dans My Own Private Idaho. Pas de chance, surtout lorsque l’on est un festival d’un seul jour – ou plutôt d’une seule soirée. Il n’était pas dit que l’association organisatrice laisserait passer l’été 2017 sans proposer son rendez-vous en plein air devant le Musée de Grenoble ; elle s’est donc rabattue sur la date du 15 septembre, en gardant inchangés son concept… et son programme. Nakolepsy convie tout le monde dès 18h30 pour un apéro sonore ambiancé par des DJ locaux. Les projections commencent à la tombée de la nuit pour la première séance, d’environ une heure et destinée au grand public. La seconde, sensiblement de la même durée, est plutôt réservée aux spectateurs plus avertis. Mais au fait, à quels types de films faut-il s’attendre ? À tous, puisque l’association recueille des vidéos sur toutes les plateformes, dans tous les festivals, sur tous les formats, sans tenir compte de leur origine géographique, de leur support ni de leur genre. C’est la garantie d’un véritable b

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Xavier Brandeis : « L’art est un jeu de pensée »

Galerie | Déplacer la règle pour libérer la pensée, tel est le leitmotiv de Xavier Brandeis. En résulte un paradoxe sémantique et plastique qui permet à l’artiste lyonnais de souligner les formatages sociétaux et culturels, mais aussi d’ancrer sa pratique artistique dans la multiplicité. Sa "Législation psychologique", actuellement visible à la galerie Marielle Bouchard, en dévoile une synthèse singulière, à l’image de l’œuvre entre volumes et papiers.

Charline Corubolo | Mardi 27 juin 2017

Xavier Brandeis : « L’art est un jeu de pensée »

« Je pars rarement d’une expérimentation plastique. C’est souvent une envie de dire quelque chose, un concept, un message, une idée qui vient provoquer l’œuvre et ensuite j’y trouve des solutions plastiques. » Xavier Brandeis, diplômé de l’École d’art de Saint-Étienne en 2006, prolonge depuis presque 10 ans un travail sur la règle, qu'elle soit matérielle ou mentale. Un décadrage des normes qui mène l’artiste sur des chemins parfois ambigus mais surtout pluriels, tout autant que sa pensée. La genèse des pièces trouve ainsi source dans l’idée, pour un processus réflexif avant d’être plastique. « Cela m’évite la redondance technique, je fuis un peu cette routine plastique. » Avec cette volonté d’éveiller les consciences sur une certaine manipulation de l’opinion publique, mais aussi de créer des connivences conceptuelles entre les choses, Xavier Brandeis explore l’immatérielle dans le matériel par le biais de médiums "pauvres" comme le bois et le plastique, octroyant à son dessein créatif une dimension arte povera résolument contemporaine. Un magma d’idées et d’applications qui dessine en creux, dans la galerie Marielle Bouchard, une

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Voltige culte avec "Traces" des 7 doigts de la main

Cirque | Traces de la fameuse compagnie de cirque québécoise Les 7 doigts de la main, à voir mardi 13 et mercredi 14 décembre au Grand Angle de Voiron, c’est un (...)

Benjamin Mialot | Mardi 6 décembre 2016

Voltige culte avec

Traces de la fameuse compagnie de cirque québécoise Les 7 doigts de la main, à voir mardi 13 et mercredi 14 décembre au Grand Angle de Voiron, c’est un spectacle où la voltige est un langage à part entière et, surtout, où le collectif est envisagé comme une somme d'individualités. Son postulat narratif ne dit pas autre chose : à quelques minutes d'une apocalypse, sept personnes recluses dans un abri de fortune mettent toutes leurs forces dans un déchaînement créatif censé les préserver de l'oubli. Entrecoupés d'inserts autobiographiques d'une adorable humanité, les numéros de mât chinois ou de roue Cyr (cerceau géant inventé par leur compatriote Daniel Cyr, du cirque Éloize) qui composent ce "I was here" corporel sont certes impressionnants, mais dégagent aussi ce souci de cohérence (jusque dans leur bande son, où Goran Bregovic côtoie Unkle, Radiohead ou John Zorn) et de grâce (minutieusement chorégraphiée) plus qu’appréciable. Ce Traces est d'ailleurs un classique qui, depuis sa création en 2006, a été joué plus de 1500 fois à travers le monde. Car il est impérissable.

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"Patinoire" : one-man-show circassien par Patrick Léonard

Cirque | "Patinoire", c’est un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. En 1h15, son concepteur et interprète Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d’un fatras d’objets, met en place une drôle de tension qui captive autant qu’elle surprend.

Aurélien Martinez | Mardi 22 novembre 2016

Le cirque, c’est souvent une foule d’acrobates qui, sur scène, nous en mettent plein la vue avec des numéros de haute volée. C’est aussi, parfois, des formes plus intimistes qui n’en perdent pourtant pas en force, comme c’est le cas avec le spectacle Patinoire de Patrick Léonard. Patrick Léonard ? L’un des cofondateurs et directeurs de la fameuse compagnie québécoise Les 7 doigts de la main, que l’on voit souvent dans le coin – elle sera par exemple mi-décembre au Grand Angle de Voiron avec l’excellent Traces. Un nom gage de qualité donc. « Du rire et des larmes » Créé en 2011, Patinoire est ainsi un seul-en-scène dans lequel Patrick Léonard fait preuve d’une inventivité folle pour faire cirque avec tout ce qui lui passe sous la main – « une grenouille, une cuillère, un ukulélé, une chaise, une table » comme noté dans la note d’intention. Mais également « du divertissement, un soupçon de désespoir et de vulnérabilité, un corps qui craque, du rire et des larmes ». Tout ça oui, et plus encore. Plus encore car Patrick Léonard n’est pas qu’un simple interprète capable de faire des acrobaties en se tenant s

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Narkolepsy : 12 ans d'âge

CONNAITRE | Zoom sur la nouvelle édition du petit festival du film court prévue devant le Musée de Grenoble, et dont on ne sait pas grand-chose – mais c'est voulu !

Charline Corubolo | Mardi 23 juin 2015

Narkolepsy : 12 ans d'âge

Narkolepsy, le petit festival de films courts en plein air organisé par l'association éponyme, semble être comme un grand whisky : il se bonifie avec le temps. Il y a donc fort à parier que cette nouvelle édition soit renversante, un douze ans d'âge étant souvent gage de qualité. Mais nous sommes dans les suppositions car, contrairement à l'année dernière, nous n'avons eu accès qu'à très peu de films en amont, l'organisation souhaitant communiquer le programme « le jour même, sur place, afin de réserver la surprise toute entière au public [extrait du dossier de presse] ». Tout ce qu'on peut dire c'est que l'équipe est allée dénicher des petites pépites sur la toile et dans plusieurs festivals nationaux et internationaux, et qu'il y aura du décalé, du souvenir mais aussi de l'animation. À noter que comme l'année dernière, la projection sera précédée d'un moment musical à 19h et que la seconde partie cinéma est réservée aux plus de 12 ans. Merci de bien respecter cette règle : pour les absents, on vous assure que lors de la 11e édition, les films d'après entracte étaient émoustillants ou terri

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Jérôme Barbosa : noir d'images

ARTS | Comme le champignon Coprin noir d'encre, les œuvres de Jérôme Barbosa trouvent leur maturité dans l'apparition du noir, entre aplats et détails en profusion. La nouvelle exposition du centre d'art Spacejunk dévoile ainsi une partie dense des dessins de l'artiste, entre obsessions, peurs et élucubrations illustratives, tel un champignon hallucinogène. Charline Corubolo

Charline Corubolo | Mardi 17 février 2015

Jérôme Barbosa : noir d'images

Jérôme Barbosa n'est pas un pirate fasciné par les champignons. Les spécificités de ces organismes eucaryotes permettent simplement de définir, dans une moindre mesure, le travail de l'artiste, entre profondeur de noir et univers halluciné. Assimilé au Lowbrow (mouvance plastique apparue à la fin des années 1970 en Californie et usant de l'iconographie des médias populaires), ce photographe de profession se lance dans le dessin avec ce besoin quasi viscéral de coucher sur papier ce qui bouillonne dans sa tête. Du trait noir nourri au détail ou d'un aplat sombre jaillissent ainsi ses pensées. L'artiste déballe son vécu : il se confronte aux phénomènes de société (l'œuvre Hors-la-norme qui dévoile une critique cynique de la télé-réalité), mettant en avant ses influences artistiques, littéraires comme cinématographiques, et ses peurs qui prennent souvent la forme des dents – le dessin Happy Slave par exemple. À travers le noir et blanc surgit une forme de tradition de la gravure avec une approche contemporaine du trait, dont l'esthétique emprunte quelque peu

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Haut et court

CONNAITRE | Comme chaque année, le festival Narkolepsy propose aux Grenoblois de découvrir une série de courts-métrages innovants, décalés et surprenants, lors d’une soirée ciné en plein air arrosée de bière locale et riche en amuse-gueule. Petit tour d’horizon en compagnie de Rachel Abrahami, présidente de l’association. Propos recueillis par Guillaume Renouard

Guillaume Renouard | Mardi 24 juin 2014

Haut et court

Breaking news : Narkolepsy revient pour une onzième édition, avec dans sa besace une ribambelle de films (très) courts, souvent originaux, parfois perchés, toujours surprenants. Le credo du festival ? « Proposer des films innovants, décalés, au niveau des techniques de narration, du son, de la forme » explique Rachel Abrahami, présidente de l’association. « Il faut que ce soit des films récents, produits dans l’année 2013-2014. En revanche, on ne s’impose aucune restriction en termes de genre : il y a aussi bien du western que de l’horreur, des comédies… » Au total, une vingtaine de films présentés, durant chacun d’une à quinze minutes. Une programmation qui requiert un important travail de veille pour les dix membres de l’asso. « Depuis le mois de janvier, chaque membre fait des recherches de son côté, sur internet ou en se rendant à des festivals. Des boîtes de production nous envoient leurs films, aussi. Nous nous réunissons tous les quinze jours pour les regarder ensemble et choisir ceux que l’on garde. Sachant qu’il n’est pas nécessaire qu’un film fasse l’unanimité : si un ou deux membres ont eu un coup de cœur, on part du principe qu’il en ser

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Courts mais bons

CONNAITRE | 10 ans d'aventure humaine, de festival et de projections depuis 2003, date de la création de l'association grenobloise Narkolepsy qui s'attache à faire la (...)

Aurélien Martinez | Lundi 24 juin 2013

Courts mais bons

10 ans d'aventure humaine, de festival et de projections depuis 2003, date de la création de l'association grenobloise Narkolepsy qui s'attache à faire la part belle aux courts-métrages internationaux en sélectionnant chaque année les concepts les plus marquants, innovants et décalés. En dix ans d'existence, l'équipe a projeté pas moins de 300 films courts, l'occasion pour elle de célébrer le tout en organisant cette année une soirée best-of des éditions précédentes. « Il ne s'agit pas d'une fin en soi, mais surtout de marquer le coup. L'idée est de reprendre les courts qui nous ont le plus séduits tout en prenant soin à ce qu'ils ne soient pas démodés » explique Miléna Salci, en charge de la programmation et de la communication. Ainsi, vingt-cinq films aux styles variés seront projetés lors de cette édition un peu spéciale. « Sur les deux heures de projection séparées par des entractes, il s'agit avant tout de casser le rythme en variant les genres, histoire de maintenir l'attention du spectateur. » En effet, on peut rester scotché par le haletant Bloody Olive, court belge de 10 minutes datant de 1996 jouant avec les codes du film noir sur fond de paro

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Une Femme fatale sur scène

MUSIQUES | La Femme n'est pas seulement la nouvelle égérie d'une industrie du disque moribonde. C'est aussi, comme on a pu le constater lors de son récent passage à Lyon, une machine de guerre scénique... Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Vendredi 17 mai 2013

Une Femme fatale sur scène

La première fois que La Femme a usé de ses charmes à notre endroit, c'était à la Halle Tony Garnier (Lyon) il y a de cela un an et demi, par un soir de novembre. À l'époque, elle n'avait pas grand chose pour elle : ni le look (croisée en coulisses, elle avait, sous ses cheveux peroxydés, l'air de la première adolescente à problèmes de peau venue), ni la réputation (sauf auprès des éjaculateurs précoces qui constituent le gros de la presse musicale parisienne), encore moins les chansons, à l'exception de Sur la planche, tube surf abondamment waxé devenu depuis l'hymne du groupe. Pas de quoi faire ch'boum là d'dans donc, comme disent les chasseurs de fantômes, d'autant qu'elle se voyait généralement cantonnée à un rôle d'amuse-gueulard, en l'occurrence pour Skip the Use et Birdy Nam Nam. Depuis, La Femme a bien changé. Elle a mis le pays à ses pieds sur la foi de Psycho Tropical Berlin, un premier long format aussi chic que déglingué. Elle a surtout gagné en allure (tablettes de chocolat bien fermes et sunglasses anachroniques pour les mecs, frange impe

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Femme sous influences

MUSIQUES | « Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 17 mai 2013

Femme sous influences

« Il y a des filles dont on rêve / Et celles avec qui l'on dort / Il y a des filles qu'on regrette / Et celles qui laissent des remords / Il y a des filles que l'on aime / Et celles qu'on aurait pu aimer / Puis un jour il y a la femme / Qu'on attendait ». Nul doute que ces paroles, tirées de La Fleur aux dents, la best country song ever de Joe Dassin, ont résonné dans la tête de Pascal Nègre lorsqu'en novembre dernier il a conclu avec La Femme, de turbulents ados que l'industrie s'arrachait depuis des mois. Turbulents et insaisissables. De son mode de fonctionnement – trois compositeurs autour desquels gravitent de fausses ingénues – à ses origines géographiques (de Marseille à Paris en passant par Biarritz), de son look – la bande arbora un temps le combo chevelure platinée/regard perçant des gamins du Village des damnés – à sa culture musicale, bouillon 80's dans lequel barbotent en bonne entente la new wave unisexe de Marie et les garçons et le rock superbement minimal du Velvet Underground, cette Femme-là ne ressemble en effet à aucune autr

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7 psychopathes

ECRANS | De Martin McDonagh (Ang, 1h50) avec Colin Farrell, Woody Harrelson, Sam Rockwell, Christopher Walken…

Christophe Chabert | Vendredi 25 janvier 2013

7 psychopathes

Dans 7 psychopathes, Colin Farrell incarne un scénariste alcoolique, coincé sur un script intitulé 7 psychopathes. Du coup, il ne faut pas avoir fait de hautes études pour oser l’identification entre le personnage et l’auteur du film, Martin McDonagh – même si on ne sait rien de ses penchants pour la bibine. En revanche, quand on voit Farrell et son pote taré (Sam Rockwell, au-delà du cabot) devant un Kitano au cinoche, alors que le précédent film de McDonagh, Bons baisers de Bruges, se référait avec malice au Sonatine du maître Takeshi, il n’y a plus de doute sur le degré de mise en abyme. Le problème, comme souvent dans ce genre de projets où l’écriture de la fiction et sa mise en scène à l’écran se fondent l’une dans l’autre, c’est de conserver une rigueur narrative là où le grand n’importe quoi est évidemment autorisé. Alors que McDonagh n’a même pas encore tiré le portrait des 7 psychopathes du titre, le voilà déjà en train d’en fusionner deux en un, puis d’en faire le co-auteur de l’histoire des autres psychopathes… Vous n’y comprenez rien ? Normal, le film cherche la confusion et broie dans son délire tous ses atouts, à commencer par un

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Arm égal

MUSIQUES | Avec Derrière moi, son dernier album, Psykick Lyrikah poursuit son exploration d’un hip hop français singulier. Rencontre avec Arm, tête chercheuse de la formation. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Mercredi 9 novembre 2011

Arm égal

A vos débuts, à travers les références citées dans Des lumières sous la pluie, on a pris l’habitude de vous présenter comme un rappeur français, mais qui a lu Camus et Dostoïevski… est-ce que cette image ne vous a pas en quelque sorte isolé du milieu comme du public ?Arm : C’était du pain béni pour les journalistes d’avoir un côté rap et littérature, deux choses apparemment incompatibles… A l’époque, il y avait toute cette scène de rap indépendant avec TTC, le Klub des Losers, James Delleck, La Caution, tout le monde était mis là-dedans alors que chaque formation faisait un son différent, et je n’en faisais pas partie. Cette pseudo-scène n’a jamais existé ou tenu, donc je n’en ai pas vraiment souffert. En revanche, à un moment donné, j’ai rencontré beaucoup de gens qui me félicitaient de faire une musique « plus intelligente que du rap », et ça me mettait vraiment mal à l’aise. Sous-entendu : il faut être illettré pour faire du rap…Voilà. C’est une musique que j’aime, et que j’aime pour certains de ses clichés aussi, ça fait partie du délire. Les textes de Derrière moi semblent plus amers, plu

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« Interactivité et "ludicité" »

ECRANS | ÉVÈNEMENT / Un festival urbain, dédié aux arts numériques et aux films courts, qui se passerait à Grenoble fin juin ? C’est Play In bien évidemment, organisé par la passionnante association Narkolepsy. On a rencontré deux de ses membres. Propos recueillis par AM

François Cau | Vendredi 10 juin 2011

« Interactivité et

Le Petit Bulletin:Mais qui êtes-vous ?Mathias Perrette : Narkolepsy est une structure de diffusion uniquement, consacrée aux nouvelles images et aux nouvelles cultures du multimédia. On existe depuis huit ans : pendant cinq ans, on a organisé un festival de films courts qui a commencé à Eve, migrant ensuite au Jardin de ville, pour finir au Musée de Grenoble. Au bout de six ans, on a aussi monté en parallèle un festival consacré à l’art numérique. Le tout pour arriver, cette année, à un évènement global consacré aux arts numériques dans leur ensemble – avec, donc, un volet films courts. Il s’agit ainsi de porter un festival urbain, pas forcément rangé dans la case art contemporain…Pauline Bellussi : Le but est de faire redécouvrir au public son univers urbain par du mapping [processus de création de jeux vidéo – NDLR], des installations, … pour faire en sorte qu’il s’approprie sa ville à travers le numérique.M.P. : Le concept auquel on tient beaucoup, c’est le côté ludique : ça ne s’appelle pas Play In pour rien ! L’idée est que les gens viennent jouer, avec le

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Aveuglement

SCENES | Si vous nous suivez un brin, vous avez dû vous en rendre compte : on suit avec fidélité le travail de Bruno Thircuir et de la Fabrique des Petites (...)

| Mercredi 11 janvier 2006

Aveuglement

Si vous nous suivez un brin, vous avez dû vous en rendre compte : on suit avec fidélité le travail de Bruno Thircuir et de la Fabrique des Petites Utopies. Non pas pour de basses turpitudes extraprofessionnelles (quoique), ni pour notre potentiel amour immodéré de formes théâtrales un tant soit peu iconoclastes. Disons que le fil commun qui nous séduisait le plus, dans Quichott, Juliette je Zajebala Romeo et dernièrement Manque, greffon providentiel de son présent travail sur l'auteur culte Sarah Kane, c'était cette instabilité manifeste que le metteur en scène et son équipe parvenaient à transformer en force. À la grâce d'un enthousiasme indéfectible, mais aussi à une sorte d'ingéniosité du désespoir donnant lieu à de beaux instants de théâtre, à un pessimisme étouffant sur une nature humaine confinée à ses plus bas instincts. C'est pour toutes ces raisons qu'on attendait 4.48 Psychose avec une expectative confiante, d'autant que le stress véhiculé par Manque nous avait pris à rebrousse-poil. Cette nouvelle création nous fait entrer dans un nouveau décor sis au sein du camion-théâtre, inverse de la sombre alcôve de Manque, où le spe

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Rêves et cauchemars

ECRANS | Quatrième édition déjà pour le rendez-vous annuel et éponyme de l’association Narkolepsy. Avant d’élargir le spectre de leurs activités à d’autres rencontres, les (...)

| Mercredi 9 mai 2007

Rêves et cauchemars

Quatrième édition déjà pour le rendez-vous annuel et éponyme de l’association Narkolepsy. Avant d’élargir le spectre de leurs activités à d’autres rencontres, les narkoleptiques ont une nouvelle fois mis l’accent sur la programmation du festival, plus resserrée que dans l’an dernier mais, que Satan soit loué, toujours aussi barrée et hétéroclite. Au programme, des courts internationaux en numérique et en argentique de haute volée et relativement peu diffusés. On retiendra le glauque finlandais Rare Export 2, sur le massacre des derniers Pères Noël, summum de maîtrise visuelle et scénaristique de cette sélection ; le 28mm Project made in JR et Ladj Ly de Kourtrajmé (même si on eut préféré la sélection de l’excellent docu 365 jours à Clichy Montfermeil chroniqué dans ces colonnes il y a peu) ; ou enfin les jouissifs Groove Armada “Get Down“, A man’s got to do what a man’s go to do ou Teleferic Voodoo. Les amateurs se réjouiront d’une participation surprise signée Mozinor (l’un des plus fameux internautes adeptes du “grand détournement“ – des scènes de films ou de séries re-dialoguées de la façon la plus absurde et / ou débile). Et enfin, on conclut sur notre petit chouchou déviant

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Acte réussi

MUSIQUES | Musique / Lettré, fiévreux, et inspiré, le hip-hop de Psykick Lyrikah ne revendique néanmoins aucune autre étiquette. Entretien avec le rappeur Arm, à l’occasion de la sortie d’un nouvel album sur Idwet, “Acte”, et d’un passage très attendu à la Bobine. Propos recueillis par Damien Grimbert

Christophe Chabert | Mercredi 16 mai 2007

Acte réussi

Le Petit Bulletin : Comment s’est fait la connexion avec Olivier Mellano, qui a signé les compositions de ce nouvel album ?Arm : Je l’ai rencontré à la fin de la conception de l’album Des lumières sous la pluie, on cherchait des arrangements pour un titre et le label a pensé à lui, déjà très actif dans le paysage musical. Il a finalement joué sur trois morceaux, puis nous l’avons invité pour le concert des Transmusicales de Rennes en décembre 2004. À partir de là, j’ai su que c’était avec ce monsieur que j’avais envie de continuer à travailler, c’était la première fois que j’étais impressionné à ce point par une façon de travailler, et une faculté à ne jamais se contenter des choses trop évidentes. Du coup ce nouveau disque Acte est aussi le fruit d’une formidable rencontre et de l’évolution de Psykick Lyrikah. Peux-tu revenir sur sa genèse ?Tout est parti d’un concert guitare/voix, à Rennes en 2006. On a tenté cette formation le temps d’un live, en réadaptant des textes déjà existants. Puis finalement on a gardé deux ou trois morceaux dans la poche, qu’on a intégré au set live de Psykick, ou lors de cartes blanches d’Olivier. C’est justement à la suit

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