La fête n'est pas terminée

SCENES | Regarder la vieillesse non comme une étape ingrate mais comme « un âge à part entière » : c’est ce que fait la metteuse en scène Julie Bérès avec sa nouvelle création Lendemains de fête, dévoilée ce mois-ci à Grenoble. En assistant à un filage, on a retrouvé sur scène tout ce que l’on défend dans le théâtre, cet art qui peut aussi être en prise directe avec notre monde. Du coup, on a interrogé Julie Bérès à la veille de la première. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 21 janvier 2013

Photo : Philippe Delacroix


C'est l'histoire d'une jeune femme née en Afrique. Arrivée en France à l'âge de dix-huit ans, elle s'est lancée dans des études de philo, avant de rencontrer la grande metteuse en scène Ariane Mnouchkine. L'histoire d'une artiste qui a alors intégré le Conservatoire de Paris (promo 1997) pour devenir comédienne, avant de fonder sa compagnie Les Cambrioleurs en 2001. Julie Bérès, c'est tout ça à la fois, et plus encore. Car c'est surtout l'histoire de l'une des metteuses en scène actuelles les plus passionnantes, qui s'est toujours intelligemment affranchie des frontières entre les différentes disciplines artistiques.

« En 2001, pour Poudre !, le premier spectacle de la compagnie, j'ai tout de suite réuni des collaborateurs issus de domaines différents – musicien, scénographe, plasticien, acrobate, éclairagiste, créateur sonore... Avec l'envie de ne pas se baser sur un texte préexistant, mais sur une thématique. À partir de cette thématique, en amont de répétitions, j'ai mené un travail de collectage oral, écrit et visuel de matériaux. Puis j'ai rassemblé mon équipe, et l'on a cherché ensemble, au croisement de différents langages et différents outils, comment aborder le sujet  la naissance, le mariage et la mort » – extrait de la note d'intention]. Petit à petit, entre les temps d'expérimentation sur le plateau et d'autres plus théoriques sur la dramaturgie et l'écriture, le spectacle est né. »

Théâtre cinématographique

Une façon de procéder originale, entre création artistique et recherches sociologiques. « Ce qui déclenche mon désir de théâtre, c'est l'envie de parler du monde auquel j'appartiens. » La précarité dans Sous les visages (présenté en 2009 à l'Hexagone), la bioéthique dans Notre besoin de consolation (vu à l'Hexagone en 2010 et la saison d'après à la MC2) : l'idée est de confronter cet art ancestral qu'est le théâtre aux thématiques d'aujourd'hui, et sans forcément passer par des textes anciens (le piège de la modernisation stérile dans lequel tombent trop de metteurs en scène). Comme le font très bien les cinéastes, sans doute plus décomplexés par rapport à l'histoire récente de leur pratique. Un parallèle qui prend justement tout son sens avec Julie Bérès. Car plus qu'une metteuse en scène, Bérès est une véritable réalisatrice qui utilise tous les moyens à sa disposition pour développer son propre langage. « J'accorde beaucoup d'importance à tout ce qui est visuel. Ça raconte autant que les mots. Il n'y a pas à mon sens de hiérarchie entre les différents langages. Ce qui m'intéresse, c'est l'interaction entre des mots, des situations, des actions, des sons... »

Corps à corps

Mais revenons au début. Julie Bérès est donc née sur un autre continent, culturellement très différent du monde occidental. Un fait qui lui donne un regard à part sur la société dans laquelle elle évolue aujourd'hui ? « Le fait que je sois née ailleurs change mon regard, sans doute. Notamment sur la question du vieillissement : j'ai passé mon enfance et mon adolescence dans des pays où l'expérience est valorisée, où les chefs de village sont les personnes âgées... » Des réflexions au centre de sa nouvelle création Lendemains de fête. « Quand je suis arrivée en France à l'âge de 18 ans, j'ai été assez troublée par ce regard dévalorisant que l'on porte sur les personnes âgées, et à quel point la vieillesse et la mort sont taboues ici. On nous apprend presque à avoir peur de la vieillesse, qu'il faut l'éviter. Comme si le fait de rester éternellement jeune était un objectif en soi. » Pour Lendemains de fête, Julie Bérès a suivi le même processus de création que pour ses précédentes pièces, avec notamment un long travail de reportage. « En 2006, avec la scénariste et le vidéaste, on a fait un travail d'immersion dans une maison de retraite à Villejuif pendant un mois et demi. Je m'étais alors rendu compte très vite de deux choses : de cette mise à l'écart des personnes âgées qui se sentent inutiles, comme ils le disent eux-mêmes. Et du fait que le désir n'est pas un sujet interdit pour eux : très souvent, ils nous parlaient de leurs amourettes et de leur rapport à la sensualité. »

Sur le plateau, on retrouve donc un couple de personnes âgées (Christian Bouillette et Evelyne Didi) qui continue à s'aimer, malgré tout, malgré la déchéance physique. À ses côtés, dans une ingénieuse scénographie à plusieurs niveaux, des circassiens traduisent les réminiscences des personnages. « La rencontre entre des corps fragilisés par le temps et des corps très performatifs crée un paradoxe très intéressant. » Forcément, pendant le filage auquel on a assisté, on a pensé au film Amour de Michael Haneke, qui traite plus ou moins du même sujet. Mais Julie Bérès prend un parti radicalement différent de l'Autrichien, se plaçant d'emblée du côté poétique, tranchant avec la froideur d'Haneke. Pour un résultat a priori très fort, comme toujours avec elle.

Lendemains de fête, jusqu'au vendredi 1er février à la MC2

La critique de la pièce après la première à lire ici


Lendemains de fête

Ms Julie Berès Invitation au voyage mental d’un vieil homme qui traverse ses paysages intérieurs et leurs métamorphoses. Il explore le kaléidoscope de sa vie, composée de fragments de mémoires accumulées. Il s’attarde, ouvre le coffre scellé des trésors cachés : souvenirs d’enfance et songes se percutent et reconstituent les morceaux épars du puzzle d’une vie. C’est un voyage, en somme, où les temps se mélangent, se déstructurent, et se confondent, racontant le combat d’un homme dont la mémoire part en lambeaux.
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Avec sa nouvelle création Lendemains de fête, Julie Bérès se détourne quelque peu des préoccupations plus politiques de ses précédentes pièces (Sous les visages, Notre besoin de consolation) pour s’intéresser à un univers intime fait d’inquiétudes existentielles, d’envie d’amour et de vitalité. L’ensemble s’appréhende comme une tentative de réponse à la question écrite sur un élément du décor à la fin : « Et toi mon cœur, pourquoi bats-tu ? ». Le propos est simple, il interroge sur la valeur de la vie, la peur de la mort, le vécu de la vieillesse comme un empêchement progressif… Ici, un couple de personnes âgées vit le drame de la perte de mémoire (sénilité ou Alzheimer ? peu importe), l’homme traversant crises d’angoisse rageuses ou désespérées. Autour des deux comédiens (Christian Bouillette et Evelyne Didi, tous deux admirables), une équipée d’acrobates vient incarner leurs p

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Au cours de ces quelques courtes lignes, il s’agira de s’intéresser de près à la question de la scénographie renversante du spectacle de Julie Bérès. Une gageure tant il y aurait à en dire. Élaboré avec Goury, scénographe venu de la danse contemporaine (il a beaucoup travaillé avec Josef Nadj), l’univers plastique de Sous les visages tranche avec le théâtre que l'on a l’habitude de voir. Notamment grâce au travail réalisé autour de la lumière : paradoxe intéressant qui consiste à plonger la scène dans une pénombre chaude tout au long du spectacle. Cela permet une recherche sur la suggestion (notamment avec les décors), et l’utilisation de stratagèmes qui fonctionnent à merveille. On pense ainsi au plateau, évoquant des sables mouvants emportant les personnages, littéralement avalés par le sol ; ou encore ces murs qui semblent mous, ne soutenant plus notre héroïne. La scénographie, représentant le désordre mental d’Agnès, devient alors métaphorique, et en dit autant qu’un long monologue. Ça tombe bien, Julie Bérès avoue avoir cherché dans cette direction, et l’on sent tout un travail poétique effectué autour du surréalisme et de l’onirisme, sans pour autant tomber dans l

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