Yes, Akram can !

SCENES | Chorégraphe et danseur auréolé d’une gloire méritée et quasi-unanime, Akram Kahn est l’artiste associé de la MC2 pour trois ans. Blessé l’an passé, il avait dû annuler les représentations de Desh et Gnosis, que l’on pourra découvrir ce mois-ci. Pièces dont il nous a parlé, avant d’évoquer iTMOi (In the mind of igor), une création en cours que le monde entier attend (si, si !). Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Jeudi 7 février 2013

Photo : Richard Haughton


Desh est votre premier solo… comment vous est venue l'envie d'être seul en scène sur un sujet touchant à vos racines ?
Faire un solo, c'était mon idée, j'en éprouvais l'envie depuis un moment déjà. Mais le concept, en soi, de faire quelque chose sur le Bangladesh, c'était une idée de Tim Yip, le scénographe. Je ne savais pas trop quoi faire, on est allés diner pour en parler… Il m'a dit « on va créer un spectacle sur ta maison, sur ton chez toi ».  Je lui ai répondu que ma maison c'était Londres ! Il a rétorqué « non, cherche plus profond. Regarde du côté de tes racines, celles de tes parents ou même celles de tes grands-parents. » Et voilà l'idée du Bangladesh. Au début je ne voulais pas, parce que je ressens beaucoup de colère contre ce pays, plus particulièrement contre mon père. Mais c'est comme cela que tout a commencé.

Ce spectacle porte donc bien sur l'intime…
Oui, mais on est dans les extrêmes. La scénographie est épique, le décor est immense et compliqué, et pourtant le fond est de fait très intime – du moins, il essaye. C'est une sorte de quête identitaire. Chacun cherche sa voix, et quand on la trouve, le plus difficile est de s'en séparer. C'est de ça qu'il est question dans Desh. De père, de génération, de transmission, de souvenirs donnés à la génération suivante. Car une génération ne peut vivre qu'en passant le relai à la suivante, en vivant ses souvenirs à travers elle.

Seul sur scène, vous êtes cependant très entouré en coulisses… Comment avez-vous concilié vos différentes approches ?
On est allés passer dix jours ensemble au Bangladesh (avec le compositeur, le concepteur lumière, le scénographe, le producteur la dramaturge…), et l'idée qui en est ressortie était celle de l'homme face à la nature. Pour les gens qui vivent là-bas, la nature est très agressive. Ils évoluent entre la vie et la mort : c'est le principe de leur relation avec elle. Mes collaborateurs étaient fascinés par les éléments, l'eau, la terre. Surtout Karthika Naire, qui a écrit les histoires, inventé de nombreux personnages de la pièce – elle a fait beaucoup de recherches, et c'est de son travail que le spectacle est né.

La rencontre des cultures au Bangladesh vous a personnellement inspiré ?
Ce n'est pas un endroit primitif. La société y est intelligente, mais l'est avec des ressources qui, elles, sont encore primitives, précaires. Les Bangladais ont accès aux mêmes technologies que nous en Occident, mais ce qui me fascine le plus, c'est d'observer la manière sophistiquée avec laquelle ils utilisent ce dont ils disposent – pas grand chose – dans les petits villages. Par exemple, les cargos rouillés envoyés par la Chine ou l'Europe sont récupérés en pièces, et reconstruits à l'aide de simples marteaux et bouts de bambou, sans nos machines, avec les moyens du bord… C'est incroyable ce qu'ils peuvent faire avec leurs mains, leur imagination et leur créativité !

A priori spectacle de danse, Desh est cependant très théâtral, très narratif…
Oui, complètement ! Je suis ici à la fois chorégraphe et metteur en scène. C'est un spectacle assez cinématographique, proche d'un film, mais sur scène. Il commence avec la fin : la mort de mon père. Mais en réalité il n'est pas mort. Il était un peu contrarié quand je le lui ai dit, avant la première. Puis quand il a vu le spectacle, il était content – peu lui importe qu'il soit mort, il est partout.

Gnosis, pièce créée avant Desh, est quant à elle plus centrée sur la danse…
En effet. La première moitié est classique, la seconde contemporaine, basée sur une histoire mythologique classique. Plutôt qu'une confrontation entre l'ancien et le moderne, je la vois comme une rivière, qui se déplace d'un pays à l'autre. Comme une rivière qui plonge dans l'océan.

Et l'océan serait…
Le contemporain ! La rivière est une ligne de vie qui rencontre la mer – l'ouverture totale des possibilités.

Votre création en cours, iTMOi, sera donnée à la MC2 en mai (en première mondiale)… Comment ce travail évolue-t-il ?
Je suis vraiment content de construire ce projet à Grenoble. L'équipe technique est très bien, le bâtiment aussi. On m'a donné l'espace nécessaire pour créer dans les meilleures conditions. À Londres ou Paris, c'est le chaos ! Ici, il y a de la nature, et des montagnes où que l'on pose les yeux. On tente d'écrire une histoire autour du Sacre du printemps de Stravinski. La musique de départ est une source d'inspiration mais j'ai invité trois compositeurs pour écrire une bande son nouvelle (Nitin Sawney, Jocelyn Pook  et Ben Frost). Tout tourne autour du concept de sacrifice.

Les photos prises pour illustrer ce spectacle à venir sont extrêmement artistiques, elles sont à la fois récit et œuvre purement esthétique. D'elles semble émaner quelque chose de la figure christique… le voyez-vous ainsi ?
Non [il hésite, ndlr], mais peut-être, oui. Avec les branches qui poussent du personnage, l'omniprésence de la nature, les plumes… Pour l'instant, on est en création, c'est très intense. Mon équipe est constituée de onze danseurs, quant à moi, j'aime ne pas être sur scène. Les jeunes dansent différemment des plus âgés, la combinaison est intéressante, mais je ne voulais pas en faire partie ici.

L'an passé, vous étiez blessé et ne pouviez plus danser. Comment s'est passé votre retour ? Vivez-vous dans la peur d'une nouvelle trahison de votre corps ?
Retourner sur scène a demandé beaucoup de travail, de soutien et d'amour de la part de ma compagnie, ma famille, mon kiné… tout cela m'a beaucoup aidé. Aujourd'hui, je n'ai pas peur. Car je le sens si je vais trop loin, mon corps me le fait savoir. La réalité, c'est qu'il y a des choses que je ne peux plus faire. Je ne dirais pas que je me limite, plutôt que je transforme mes mouvements. Si j'étais limité, je ne ferais plus rien. Il faut trouver une autre manière de faire, avoir le même impact mais pas avec des moyens différents.

Desh, du 13 au 15 février à la MC2
Gnosis, mercredi 20 et jeudi 21 février à la MC2
iTMOi (In the mind of igor), du 14 au 18 mai à la MC2


Desh

Chor. Akram Khan « Desh » est un mot sanskrit qui désigne la patrie, la nation, mais aussi la terre. Le chorégraphe voyage à l’intérieur de cette polysémie pour tisser les fils de son identité. Mêlant histoire personnelle et mémoires historiques ou familiales ce solo est une épopée
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Gnosis

Chor. Akram Khan Danse rythmée et très expressive, le Kathak enchaîne frappes au sol fulgurantes, bras volubiles aux jeux de mains complexes, accélérations brutalement interrompues permettant à peine au regard du spectateur de reprendre son souffle. Autant danseur que musicien – notamment grâce aux grelots ghunghuru qui enserrent ses chevilles – habile vocaliste, Akram Khan puise aux sources de cette danse classique de l’Inde du Nord pour en extraire les forces vives et nourrir son mouvement en une synthèse originale
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


iTMOi (in the mind of igor)

Chor. Akram Khan Célébration du "Sacre du printemps". Délaissant l’apport de Nijinski, il se concentre sur la partition de Stravinsky ou plutôt sur son impact fulgurant, sa rudesse, ses aspérités révolutionnaires qui bouleversèrent à jamais la composition musicale.
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Le Bouillon, cantine antigaspi

Resto | C’est dans l’un des espaces partagés de la toute nouvelle Capsule de l’association Cap Berriat – qui aura donc réussi à dénicher des jolis locaux de 1000 mètres (...)

Hugo Verit | Mardi 21 septembre 2021

Le Bouillon, cantine antigaspi

C’est dans l’un des espaces partagés de la toute nouvelle Capsule de l’association Cap Berriat – qui aura donc réussi à dénicher des jolis locaux de 1000 mètres carrés, mais ce n’est pas le sujet – qu’Adrien et Arnaud ont ouvert Le Bouillon le 6 septembre dernier. Un restaurant associatif grenoblois qui ne propose que des plats cuisinés à partir d’invendus, directement récupérés auprès des producteurs à des prix attractifs, voire très très attractifs : « La semaine dernière, on a hérité de 50 kilos de courgettes, et le producteur a tenu à ce qu’on ne les paye pas ! » raconte Arnaud. Entrée/plat/dessert à 10€ Des bons plans qui permettent de proposer aux clients un menu complet (entrée/plat/dessert) pour seulement 10 euros, élaborés avec de bons produits du coin, souvent bio, qui auraient pu finir à la poubelle… « On est dans une logique écolo antigaspillage et de réduction des déchets. On souhaite aussi promouvoir une nouvelle alimentation saine, locale, végétarienne, la plus accessible possible. Pour cela, on invite les gens à venir cuisiner avec nous le matin, dès le mois d’o

Continuer à lire

Dans la marmite du Bouillon

Initiative | Les travaux continuent à la Capsule de l’association Cap Berriat, rue Boucher de Perthes. Un café-resto devrait y être installé : le Bouillon, engagé notamment dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. On est allé rencontrer Adrien Cougnon et Arnaud Deshayes, à l’initiative du projet.

Martin de Kerimel | Jeudi 18 février 2021

Dans la marmite du Bouillon

« On s’est rencontré… autour d’une bouffe ! » Clin d’œil du destin ou pas, Adrien se marre franchement à l’évocation de ce souvenir. Cette simple phrase suffit pour convaincre qu’Arnaud et lui ont un point commun décisif pour leur projet : ils apprécient la bonne chair ! Les deux trentenaires se sont connus fin 2019 et sont voisins de palier dans une grande maison de Meylan, divisée en appartements et dotée d’un jardin partagé. Après avoir sympathisé, ils se sont rendu compte que leurs ressemblances dépassaient le goût culinaire : l’un et l’autre souhaitaient donner une nouvelle orientation à leur vie professionnelle, plus proche de leurs valeurs. « C’est marrant, parce qu’on a connu des parcours parallèles, raconte Arnaud. On a fait des études, lui comme ingénieur, moi un peu plus dans le design. Et, après des expériences courtes et pas forcément désagréables, on n’a pas eu envie de poursuivre dans ces domaines. Du coup, on a voyagé, lui en Australie, moi en Nouvelle-Zélande. C’est là que, personnellement, je me suis demandé comment je pourrais allier ma passion pour la cuisine, ma fibre sociale et mes convictions environnementales. »

Continuer à lire

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

Continuer à lire

"Made In Bangladesh" : in Fabric

ECRANS | De Rubaiyat Hossain (Ben.-Fr.-Dan.-Port.) avec Rikita Shimu, Novera Rahman, Parvin Paru…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

Ouvrière dans une usine textile de Dacca, au Bangladesh, Shimu travaille comme une forcenée dans des conditions déplorables pour un patron esclavagiste. Lorsqu’elle se résout à monter une section syndicale avec quelques collègues, ses chefs et son mari lui rendent la vie impossible… Hasard ou coïncidence ? La veille d’une grève générale en France motivée par des revendications sociales – le rejet du projet de réforme des retraites – sort sur nos écrans un film rappelant à quel point les droits se conquièrent toujours de haute lutte. Certes, le contexte bangladais n’est (heureusement) pas comparable à celui en vigueur dans l’Hexagone, mais la propension à niveler par le bas les filets de protection sociale des classes laborieuses semble une aspiration commune à tous les gouvernements d’inspiration libérale, d’où qu’ils soient. Déjà autrice d’un film se déroulant à Dacca – l’excellent Les Lauriers-roses rouges (2017), son deuxième long métrage –, Rubaiyat Hossain complète sa gale

Continuer à lire

Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

Continuer à lire

Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

Continuer à lire

Pétard mouillé

SCENES | Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on la jouera à la suisse en expliquant avoir été déçus en bien. Car le Britannique Akram Khan et l’Espagnol Israel (...)

Aurélien Martinez | Mardi 3 juin 2014

Pétard mouillé

Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on la jouera à la suisse en expliquant avoir été déçus en bien. Car le Britannique Akram Khan et l’Espagnol Israel Galván sont deux danseurs-chorégraphes absolument fabuleux à la technique sidérante – côté kathak (une danse ancestrale indienne) pour le premier, côté flamenco pour le second. Il n’y a qu’à les regarder habiter la scène pour se rendre à l’évidence : nous avons deux géants devant nous. Sauf que Torobaka se voulait plus que ça. On devait assister à la rencontre de deux univers forts, comme on l’expliquait ici. Et là, le verre est à moitié vide. Si tout commence assez bien, avec un jeu entre eux et les quatre musiciens sur les sons que font leurs danses et un travail d’entremêlement sonore efficace entre les deux esthétiques, la sauce ne prend jamais, le spectacle se transformant rapidement en succession de tableaux sans véritable enjeu dramatique. D’où une heure de représ

Continuer à lire

Choc au sommet

SCENES | Le dernier spectacle de la saison de la MC2 est aussi l’un des plus attendus. Soit la rencontre sur scène entre deux monstres sacrés de la danse contemporaine : le Britannique Akram Khan (qui clôture sa résidence grenobloise) et l’Espagnol Israel Galván. Zoom sur une aventure dont on ne sait finalement pas grand-chose ! Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 27 mai 2014

Choc au sommet

Un vent de mystère plane autour du spectacle Torobaka, en création en ce moment à la MC2, avant une première mondiale prévue le lundi 2 juin. Pas de possibilités d’assister à des répétions ou à un filage, pas d’interviews accordées à deux semaines des représentations... Du coup, on est obligés de lire de fond en comble le dossier de presse – ce qui, au passage, ne nous arrive pas si souvent ! « La tradition est comme de l'oxygène le jour, et la nuit du dioxyde de carbone. La tradition d’Israel serait le flamenco, le kathak serait mon oxygène. Cela fait de nombreuses années que j’ai soif d’un espace où ces traditions respectives puissent coexister l’une avec l’autre pour créer une nouvelle dynamique de danse. Mais la raison pour laquelle j’attendais était simplement que je n'étais pas inspiré par l’idée de faire ce que d'autres artistes avant nous ont tenté, et qui consistait à illustrer un lien entre les deux traditions. Comment briser le moule ou la tradition de l'intérieur? Ce n'est que lorsque j'ai finalement vu Israel danser que je me suis rendu compte qu’il était l’artiste que j’attendais pour parcourir cette route de découverte et d’anarchie. » Ai

Continuer à lire

Akram Khan, Israel Galván et les Ballets jazz de Montréal

SCENES | Feu d’artifice Rencontre au sommet prévue du 2 au 7 juin à la MC2 entre Akram Khan et Israel Galván. Soit deux monstres sacrés de la danse contemporaine, qui (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Akram Khan, Israel Galván et les Ballets jazz de Montréal

Feu d’artifice Rencontre au sommet prévue du 2 au 7 juin à la MC2 entre Akram Khan et Israel Galván. Soit deux monstres sacrés de la danse contemporaine, qui chacun à sa manière transcende un art ancestral – le kathak pour Khan, le flamenco pour Galván. Le temps fort de la fin de saison, dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, mais dont on attend énormément. Patience. Quand le jazz est là Les Ballets jazz de Montréal, fondés en 1972, bénéficient d’une excellente réputation. Leur envie ? « Faire vivre des émotions par une danse actuelle. » Ils seront à la Rampe mardi 25 et mercredi 26 mars avec un programme de trois pièces (Zero in on, Night Box et Harry). On ira découvrir ça avec plaisir.

Continuer à lire

Pour un sacre avec toi

SCENES | Présentation de la création (dont la première mondiale a lieu à Grenoble), et retour critique sur la première représentation. Laetitia Giry

Laetitia Giry | Mardi 7 mai 2013

Pour un sacre avec toi

Danse / Dix jours avant la première, la nouvelle création d’Akram Khan éblouit déjà. Si iTMOi (in the mind of Igor) accuse quelques longueurs et hésitations – c’est bien normal à ce stade de la production… –, ses contours sont bien dessinés, et le Sacre du printemps décapé par l’audacieux chorégraphe. De cette partition de Stravinsky (centenaire oblige), Akram Khan offre une lecture apaisée et maniérée. S’emparant de ce monument après Pina Bausch, Maurice Béjart, Angelin Preljocaj ou encore Jean-Claude Gallotta, il choisit quant à lui une sorte de contrepied en s’éloignant de sa matière première. Ainsi oublie-t-il la bande son originale pour n’en reprendre que des thèmes de loin en loin, restructurant l’ensemble de la pièce, dont la rudesse originelle se mue alors en inquiétude moderne plus sourde, moins stridente. Au sein de cette bulle sonore captivante, le rite du Sacre acquiert une dimension mythique, la rapidité des mouvements impressionne sans violence, la douceur s’immisce

Continuer à lire

"Desh" : Khan intime

Danse | Si l’on peut reprocher à Akram Khan un sens de l’esthétique parfois trop marqué qui prive le spectateur de liberté (c’était le cas dans Vertical Road, sa pièce (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 7 février 2013

Si l’on peut reprocher à Akram Khan un sens de l’esthétique parfois trop marqué qui prive le spectateur de liberté (c’était le cas dans Vertical Road, sa pièce blockbuster présentée la saison passée à la MC2), force est de constater que le chorégraphe sait aussi se faire plus fin, tout en ne trahissant pas son univers. Sans doute parce que dans ces moments-là, il se débarrasse de ses habits de créateur d’images pour simplement se faire metteur en scène. Pour son solo Desh (terre, patrie, en sanskrit), le Londonien évoque sa double culture, en partant sur les traces du Bangladesh de son père. Un carnet de route intime, tour à tour émouvant et drôle, jonglant entre le rêve et la réalité. Et une production grandiose (la technique est bien présente), qui arrive néanmoins à convoquer les émotions les plus subtiles. Chat perché Sur scène, Akram Khan confronte l’image qu’il se fait du Bangladesh à sa propre réalité : celle de la jungle urbaine, de la pop de Mickael Jackson, des iPhone... Ça pourrait sembler facile, mais c’est plus que ça, plus que ce discours attendu sur l’opposition. Il évoque simpleme

Continuer à lire

Le Sacre version kathak

SCENES | Akram Khan s’étant blessé au talon d’Achille l’an passé, il n’avait pu présenter les solos programmés à la MC2 : Gnosis et Desh. Deux solos qui seront finalement (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 7 septembre 2012

Le Sacre version kathak

Akram Khan s’étant blessé au talon d’Achille l’an passé, il n’avait pu présenter les solos programmés à la MC2 : Gnosis et Desh. Deux solos qui seront finalement donnés cette saison, avant la première mondiale de iTMOi (in the mind of igor), sa nouvelle création basée sur les cent ans du Sacre du printemps, ballet composé par Stravinsky (Igor de son prénom, d’où le titre de Kahn !) en 1913. Première mondiale à Grenoble, alors que l’artiste bankable parcourt inlassablement les scènes du monde entier (il était même de la partie cet été lors des JO de Londres, Danny Boyle lui ayant confié l’organisation de la partie chorégraphique de la cérémonie d’ouverture) ? Oui, car on le rappelle, le Britannique a entamé en 2011 une collaboration de trois ans avec la MC2 en tant qu’artiste associé. Un an après, l’info fait toujours son petit effet ! Desh, du 13 au 15 février, à la MC2.Gnosis, les 20 au 21 février, à la MC2.iTMOi (in the mind of igor)

Continuer à lire

La vie rêvée des anges

SCENES | Une grande fresque portée par huit danseurs exceptionnels : c’est Vertical Road, première aperçu du talent chorégraphique d’Akram Khan, qui lance ainsi ses (...)

Aurélien Martinez | Lundi 27 février 2012

La vie rêvée des anges

Une grande fresque portée par huit danseurs exceptionnels : c’est Vertical Road, première aperçu du talent chorégraphique d’Akram Khan, qui lance ainsi ses trois ans de résidence grenobloise. Un spectacle blockbuster où le Britannique cisèle le mouvement comme un sculpteur, organise ses tableaux comme un peintre. C’est visuellement impressionnant et bluffant, notamment lorsque les images entrent en résonance avec la musique presque tribale, évoquant le rituel cérémonial. Une création emplie de spiritualisme (Akram Kahn explique s’être inspiré du philosophe et poète perse Rumi), qui néanmoins frôle la lourdeur par certains moments (un paradoxe pour une pièce évoquant les histoires d’anges présentes à travers diverses croyances et mythologies !), le chorégraphe en faisant trop dans le style léché. Une mise en bouche tout de même efficace qui donne envie de découvrir d’autres propositions de l’artiste. AM

Continuer à lire

« Le mouvement arrive en premier »

SCENES | Le chorégraphe et danseur britannique Akram Khan va entamer une collaboration de trois ans avec la MC2 en tant qu’artiste associé. On en a profité pour le rencontrer. François Cau et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Lundi 27 février 2012

« Le mouvement arrive en premier »

C’est un gros coup que vient de faire la MC2 : s’associer, pendant trois ans, avec le chorégraphe britannique d’origine bangladaise Akram Khan. Une véritable star à l’aura internationale, réputée pour son approche originale de la danse contemporaine, qu’il mêle au kathak indien, appris dès l’enfance. Un artiste que l’on a souvent pu apercevoir sur les scènes françaises, notamment lorsqu’il a créé en 2006 Sacred Monsters avec la danseuse et chorégraphe Sylvie Guillem ; ou quand, en 2008, il a monté un duo avec la je-sais-tout-faire Juliette Binoche. Un homme qui croit ouvertement aux pouvoirs de la danse, seule façon selon lui de dire la vérité dans « un monde verbal où tout le monde ment ». « Je ne me considère pas comme pessimiste, j’essaie d’être honnête : c’est ma manière de voir les choses. Si une personne me dit que l’on vit dans un beau monde, je ne la considère pas comme optimiste, mais comme idiote. Aujourd’hui, les mots sont de plus en plus manipulés. Pour s’approcher d’une forme de vérité, on doit s’en remettre à l'expression corporelle. Notre verbalisation passe par le filtre de nos opinions politiques, religieuses, le mouvement ne pouvant justem

Continuer à lire

Akram Khan - annulation des représentations de Gnosis et de Desh

SCENES | Akram Khan s’est sérieusement blessé lors de la répétition de Sacred Monsters, duo crée avec Sylvie Guillem, qu’ils devaient présenter au théâtre des Champs Elysées (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 10 février 2012

Akram Khan - annulation des représentations de Gnosis et de Desh

Akram Khan s’est sérieusement blessé lors de la répétition de Sacred Monsters, duo crée avec Sylvie Guillem, qu’ils devaient présenter au théâtre des Champs Elysées du 5 au 9 janvier 2012. La rupture complète du tendon d’Achille lui interdit, sur ordre médical, de danser pendant plusieurs mois. Par conséquent, la MC2 est dans l’obligation d’annuler les représentations de Gnosis (6 et 7 mars) et de Desh (14, 15 et 16 mars). Les deux représentations de Vertical Road (9 et 10 mars), spectacle chorégraphié par Akram Khan mais dans lequel il ne danse pas, sont maintenues. Deux représentations supplémentaires de ce spectacle sont ajoutées les 7 et 8 mars à 19h30. Conditions de remboursement et d'échange sur cette page.

Continuer à lire

Un peu plus près des étoiles

SCENES | C’est un joli coup réussi par la MC2 : s’offrir comme artiste associé, pour une durée de trois ans (à partir de mai 2011), une star internationale de la danse (...)

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

Un peu plus près des étoiles

C’est un joli coup réussi par la MC2 : s’offrir comme artiste associé, pour une durée de trois ans (à partir de mai 2011), une star internationale de la danse contemporaine, déjà par ailleurs associée au prestigieux Sadler’s Wells de Londres. À savoir le danseur et chorégraphe bengalis Akram Khan (c’est lui en photo sur la plaquette), et sa danse dense et imagée, croisement de formes contemporaines et de kathak indien. Chaque année, l’homme passera donc huit semaines à Grenoble, et dévoilera ses pièces en exclusivité française (voire mondiale) à la MC2. Classe ! Mais avant tout ça, en guise d’introduction, il présentera en mars trois de ses spectacles, dont Vertical Road, création blockbuster puissante pour huit interprètes, à la force visuelle incontestable, où le chorégraphe cisèle le geste avec précision. Attention: nous avons appris fin janvier l'annulation de deux des trois spectacles prévus. Plus d'info ici.

Continuer à lire