Ménage à trois

Aurélien Martinez | Jeudi 23 mai 2013

Pendant cette carte blanche à Alexandre Tharaud, le Grenoblois Yoann Bourgeois reprendra son très bel Art de la fugue, dans lequel le circassien croise son art aux notes de Bach. Mais l'événement est aussi ailleurs. Car Bourgeois et Tharaud ont élaboré Nuage, une performance dont on ne sait pour l'instant pas grand-chose, si ce n'est qu'elle sera donnée sur le parvis de la MC2 juste après la soirée chanson française du samedi, et qu'un autre circassien sera de la partie : Mathurin Bolze. Soit l'un des artistes de nouveau cirque les plus talentueux de sa génération (il frise les 40 ans), comme l'on a souvent pu s'en rendre compte à l'Hexagone de Meylan qui a programmé plusieurs de ses créations (Fenêtres, Tangentes, Du Goudron et des plumes).

Avec Bolze, le côté spectaculaire du cirque est bien présent, mais porté par une poésie et un sens du spectacle vivant remarquables. Normal : ce Lyonnais a été formé notamment au Centre national des arts du cirque avant de travailler comme interprète chez Josef Nadj (la tournée du Cri du caméléon) et François Verret (les pièces Kaspar Konzert, Chantier Musil et Sans retour). D'où une approche du cirque très chorégraphiée, qu'il partage notamment avec Yoann Bourgeois, autre petit prince des airs. Une rencontre à trois dont on attend donc beaucoup.

Aurélien Martinez

Nuage, samedi 8 juin après le concert, sur le parvis de la MC2
L'Art de la fugue, du mardi 4 au samedi 8 juin, à la MC2


Alexandre Tharaud invite la chanson française

Avec Juliette, Alain Chamfort, Dominique A, Vincent Delerm et Albin de la Simone. Suivi de "Nuage" : Performance de Mathurin Bolze (trampoline), Yoann Bourgeois (jonglage) et Alexandre Tharaud (piano).
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


L'Art de la Fugue

Par la Cie Yoann Bourgeois Et si la figure de cirque pouvait se faire motif musical et varier à l’infini comme une ligne mélodique ? La partition s’est arrêtée. Inachevée. Bach meurt avant de pouvoir finir sa dernière oeuvre, L’Art de la fugue. Cette composition musicale à l’issue bouleversante, est écrite selon l’art savant du contrepoint où viennent, se superposer plusieurs lignes mélodiques. Désir d’écrire, et peut-être d’écrire le cirque autrement, le spectacle tient l’agilité de son déroulement à l’analogie entre figure de cirque et thème musical. Sur scène, ils sont trois : un homme, une femme et une pianiste
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Hurricane" de Yoann Bourgeois : silence, moteur, ça tourne, action

Danse & cirque | Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, (...)

Aurélien Martinez | Mardi 21 septembre 2021

Créé pour le prestigieux ballet de l'Opéra de Göteborg en Suède (qui a collaboré avec pas mal de chorégraphes de renom – Sidi Larbi Cherkaoui, Damien Jalet, Crystal Pite...) et répété entre janvier et mars 2020 avant d'être stoppé le lendemain de la première du fait de la crise sanitaire, le spectacle Hurricane du directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble Yoann Bourgeois débarque enfin chez nous. « Sur un plateau en mouvement, une mécanique de précision, les seize solistes de la compagnie vont apprendre à évoluer, s’aimer, se déchirer, se retrouver » nous assure la note d'intention. Nous avons pu découvrir le résultat en vidéo (nous n'avions pas le budget pour nous rendre fin août en Suède pour la deuxième première, désolé !) : c'est visuellement très fort, notamment grâce à cette scène qui tourne, qui tourne, jusqu'au vertige, au tourbillon – d'où le titre, "hurricane" se traduisant en français par "ouragan". Ou comment une micro-société se retrouve bringuebalée par des éléments extérieurs tout en résistant par la force du collectif. En tout juste 45 minutes, Yoann Bourgeois a mis en place une

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Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

ACTUS | Sortie début février, une vidéo anonyme sous-entend que Yoann Bourgeois, circassien et codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), aurait plagié plusieurs artistes pour ses propres créations. Alors qu’on souhaitait l’interroger aujourd’hui sur les changements en cours au CCN2 (après le départ du chorégraphe Rachid Ouramdane, qui pilotait l’institution à ses côtés), on en a profité pour revenir avec lui sur la polémique et ainsi recueillir son point de vue.

Aurélien Martinez | Vendredi 16 avril 2021

Yoann Bourgeois : « Je réfute de potentiels soupçons de contrefaçon »

« Je suis désolé mais cette affaire me touche trop durement, et je vais avoir besoin d'y répondre en articulant bien chaque chose, avec suffisamment d'espace, et cela quand ma parole sera audible. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. » Voilà ce que nous avait répondu Yoann Bourgeois fin février dans le cadre de notre article Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique. Il avait néanmoins publié quelques jours auparavant une tribune sur Artcena (le site du Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre) afin d’esquisser une défense, sans néanmoins faire explicitement référence à la vidéo qui le met en cause. Deux mois plus tard, après plusieurs relances de notre part et alors

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Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

ACTUS | Début février, le circassien et chorégraphe Yoann Bourgeois, codirecteur depuis 2016 du centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), a été mis en cause dans une vidéo anonyme laissant entendre qu’il aurait pu plagier d’autres artistes. On a cherché à en savoir plus en contactant les principaux intéressés, qui appellent pour la plupart à une remise en question profonde du milieu des arts de cirque. Quant à Yoann Bourgeois, après avoir longuement hésité, il a finalement décliné notre proposition d’interview.

Aurélien Martinez | Vendredi 26 février 2021

Quand le travail de Yoann Bourgeois fait polémique

Revenons dans le passé pour commencer. Depuis une dizaine d’années à Grenoble (c’est là qu’il a implanté sa compagnie en 2010), on suit avec délectation et fascination l’éclosion artistique de Yoann Bourgeois, homme de cirque (il est passé par le prestigieux Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne) et de danse (il a notamment collaboré plusieurs années avec la chorégraphe Maguy Marin) devenu, au fil des ans et des créations, l’une des figures phares du nouveau cirque français. On se souvient ainsi, une fin de journée de l’été 2010, être monté à la Bastille, fort militaire surplombant Grenoble, pour découvrir son impressionnant Cavale dans lequel, en compagnie de l’acrobate Lucien Reynès, il défiait magnifiquement la gravité avec un escalier, un trampoline et le panorama urbain en toile de fond (des extraits sont disponibles en ligne). « Dans le cirque, je suis intéressé par le fait de rendre perceptibles

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En attendant le public... (épisode 2)

SCENES | L'équipe du Petit Bulletin est repartie à la rencontre des compagnies de théâtre et de danse pour recueillir leurs impressions sur la crise sanitaire et l'évolution de leur travail au quotidien. Cinq d'entre elles nous ont répondu pour témoigner de leurs incertitudes persistantes, mais aussi, parfois, d'un relatif optimisme.

La rédaction | Vendredi 5 février 2021

En attendant le public... (épisode 2)

Yoann Bourgeois – Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) « C’est difficile car cette crise a touché le cœur de nos activités. Mais c’est aussi difficile pour moi de dire que c’est difficile parce que je sais que beaucoup d’autres sont plus impactés que nous au CCN2, qui sommes une institution assez solide économiquement. Même si, bien sûr, notre économie repose beaucoup sur la diffusion – on tournait énormément –, presque totalement à l’arrêt depuis un an. » Pour Yoann Bourgeois, codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble (en binôme avec Rachid Ouramdane), cette crise sanitaire a chamboulé énormément de choses, notamment au niveau artistique puisque trois de ses créations sont en suspens : Hurricane, pour le ballet de l’Opéra de Göteborg en Suède, répétée entre janvier et mars 2020 mais qui n’a pu pour l’instant être jouée que le soir de la première en mars (on devrait cependant la voir la saison prochaine à la MC2) ; I wonder where the dreams I don't remember go, pour la fameuse

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"Summer time… Un été en mouvement" et covid-compatible grâce au CCN2

Danse & cirque | Si beaucoup d’événements culturels estivaux ont dû être annulés du fait du coronavirus, d’autres, eux, voient le jour en détournant la contrainte sanitaire. C’est le cas du programme "Summer time… Un été en mouvement" proposé en juillet et en août par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) avec de la danse et du cirque à découvrir aussi bien en plein air qu’à l’intérieur – à l’Ancien Musée de peinture surtout. Avant de détailler un programme qui nous donne très envie, on en a parlé avec Rachid Ouramdane, codirecteur du CCN2.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2020

Comment vous est venue cette idée d’événement estival ? Rachid Ouramdane : Pendant le confinement, au CCN2, on subissait comme tout le monde la situation ; l’isolement, l’attente indéterminée… Finalement, à un moment, on s’est dit qu’il fallait arrêter d’attendre que la situation redevienne normale mais plutôt composer avec cette donne sanitaire. On a alors pris les devants en essayant de penser des projets covid-compatibles, et ainsi répondre à un certain appétit du public que l’on sentait bien. Comment ces deux mois vont-ils se dérouler ? Autour de deux grands axes. D’abord des propositions en plein air qui nous plongent en pleine nature. Ensuite d’autres qui jouent avec la contrainte sanitaire – se tenir à distance les uns des autres – en créant des espaces intérieurs plutôt intimistes avec des spectateurs uniques ou en très petit nombre mais dans des lieux immenses à contempler. Pour ainsi vivre des expériences fortes malgré cet isolement subi. Ces propositions en intérieur auront principalement lieu à l’Ancien Musée de peinture… On a essayé d’être sur plusie

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Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

Événement | On l’a écrit lors des précédentes éditions, on fait de même pour cette cinquième prévue samedi 15 et dimanche 16 juin aux alentours du Théâtre municipal de Grenoble et de la place Saint-André : les Grands Rassemblements pilotés par le Centre chorégraphique national de Grenoble sont l’une des aventures culturelles locales récentes les plus enthousiasmantes. Et l’équipe organisatrice en apporte une nouvelle fois la preuve.

Aurélien Martinez | Lundi 10 juin 2019

Grand Rassemblement 5 : qui se rassemble s’enchante

Des spectacles, des performances, du cinéma en plein air, des ateliers… Le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), piloté par le circassien Yoann Bourgeois et le chorégraphe Rachid Ouramdane, a encore fait les choses bien pour son cinquième Grand Rassemblement. Et s’est une nouvelle fois offert les services d’artistes haut de gamme, comme si tout ceci était programmé dans les murs d’une institution prestigieuse. Sauf qu’avec les GR, on est souvent hors des lieux culturels attendus, comme nous l’expliquait Rachid Ouramdane en 2017 – « Le choix d’espaces aussi variés permet de toucher différents publics. Avec ces GR, on est dans une nouvelle façon d’amener des gens à rencontrer l’art. » Et quoi de mieux qu’une place en plein centre-ville pour « amener les gens à l’art » ? Et quoi de mieux que des formes spectaculaires pour capter leur attention ? Pour ce GR5, la place Saint-André de Grenoble servira ainsi de scène, le samedi, à plusieurs proposit

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Yoann Bourgeois : "Ophélie", « une présence qui flirte en permanence avec l’absence »

Spectacle | Yoann Bourgeois est un artiste passionnant, ni vraiment circassien, ni vraiment chorégraphe, mais peut-être tout ça (et plus encore) à la fois. Dans le cadre de sa série de créations baptisée "tentatives d'approches d'un point de suspension", il dévoilera devant la Maison Bergès de Villard-Bonnot puis sur la place Saint-André de Grenoble sa prometteuse nouvelle forme courte (pas plus de 15 minutes) "Ophélie". Interview en amont histoire d’en savoir un peu plus.

Aurélien Martinez | Lundi 27 mai 2019

Yoann Bourgeois :

Pourquoi ce spectacle pour une interprète (Marie Vaudin) s’appelle-t-il Ophélie ? Yoann Bourgeois : Parce qu’il s’inspire du personnage que l’on trouve au sein de la pièce Hamlet, et du moment de sa mort. À la façon dont Shakespeare raconte ce passage, on a l’impression qu’Ophélie n’en finit pas de mourir. Pour moi, c’est vraiment l’image de la dissolution par excellence. Ophélie incarne la présence que je cherchais, une présence qui flirte en permanence avec l’absence, qui est là sans être là… Dans la pièce, Ophélie meurt noyée, d’où le dispositif que vous avez créé… Oui. Comme souvent pour mes spectacles, je crée un dispositif. Là, c’est un gros aquarium, sorte de petite chambre qui met en mouvement un corps inerte manipulé par une grue. L’eau est un formidable élément pour ne plus rien peser, voire parfois pour peser moins que rien comme le corps peut aussi remonter à la surface s’il a suffisamment d’air. C’est un dispositif qui s’intègre à cette constellation de dispositifs autonomes que j’ai appelée il y a quelques années "tentatives d'approches d'un point d

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Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

ACTUS | Depuis plusieurs mois, la situation entre la MC2, immense scène nationale grenobloise, et le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2), hébergé en son sein, est plus que tendue. « M. Jean-Paul Angot, directeur de la MC2, a pour projet de faire disparaître le CCN implanté dans la MC2 dont il est le gestionnaire » écrivaient en décembre dernier dans un communiqué de presse Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, directeurs dudit CCN2. Alors que les tutelles publiques des deux institutions espèrent une sortie de crise rapide, on fait le point avec les différentes parties.

Aurélien Martinez | Mardi 12 février 2019

Relations MC2 / Centre chorégraphique national de Grenoble : « C’est devenu un enfer »

« Au Centre chorégraphique, on est – pardon, ça va paraître un peu prétentieux mais si on ne le dit pas, des gens le taisent – dans une très très grande vitalité. On est par exemple le centre chorégraphique le plus diffusé de France. Et malgré tout ça, depuis qu’on est arrivés en 2016, on est confrontés au fait que la direction de la MC2 a toujours exprimé que le centre chorégraphique ne devait pas être là. Au début, c’était quelque chose qui n’engageait que le directeur, mais au fil des mois, on n’a fait que rencontrer des difficultés, jusqu’en décembre dernier où une nouvelle fois le directeur de la MC2 a tenu à interpeller l’ensemble des tutelles en leur faisant savoir qu’il fallait que le CCN quitte la MC2. » Voilà ce que nous a déclaré le chorégraphe Rachid Ouramdane, co-directeur avec le circassien Yoann Bourgeois du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2) depuis 2016. Un outil, comme dix-huit autres en France, issu des politiques de décentralisation, à la configuration néanmoins inédite puisqu’il est implanté dans un bâtiment régi par une autre structure : la

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Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Plus loin | Début mai, les Grands rassemblements inventés par le CCN2 de Grenoble s'arrêteront à Annecy après deux éditions grenobloises (et avant une prochaine prévue en juin à la Bifurk). Rapide présentation du programme.

Nadja Pobel | Mardi 10 avril 2018

Tout le monde danse : le Centre chorégraphique national de Grenoble va passer par Annecy en mai

Initiée par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois dès leur arrivée à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble en janvier 2016, leur proposition de Grand rassemblement (qui nous enthousiasme fortement au PB) se déclinera pour la première fois hors de Grenoble – mais pas si loin. Du jeudi 3 au samedi 5 mai, Bonlieu, la scène nationale d'Annecy, accueillera ainsi divers spectacles, ateliers et installations comme ça avait été le cas lors des précédents GR. Avec un tarif très incitatif (10€ la journée ou 20€ pour les 3 jours), ce nouveau Grand rassemblent intitulé Tout le monde danse (le public ne sera pas seulement spectateur) réunira des spectacles des deux directeurs grenoblois (Ouramdane livrera notamment un aperçu de 30 minutes de Franchir la nuit, sa future création dont les premières auront lieu en septembre à Bonlie

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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"Minuit" : l’insoutenable légèreté des êtres selon Yoann Bourgeois

Cirque (mais pas que) | Le circassien grenoblois reprend à la MC2 l'un de ses spectacles qui résume le mieux son univers, jusque dans son titre : "Minuit, tentatives d’approches d’un point de suspension".

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

On l’a souvent écrit, mais répétons-le une fois de plus : Yoann Bourgeois est un artiste fascinant, rapidement rangé dans la case des circassiens mais au langage artistique beaucoup plus vaste (il est d’ailleurs le codirecteur du Centre chorégraphique national de Grenoble avec Rachid Ouramdane). Un homme aussi bien capable d’élaborer des petites formes aériennes emplies de poésie visuelle (comme son fameux Fugue / Trampoline) que des machineries plus lourdes dans la logistique mais tout autant maîtrisées et poétiques – à l’image de son Celui qui tombe et de ses danseurs-acrobates évoluant sur un immense radeau flottant. Minuit, tentatives d’approches d’un point de suspension, création pour quatre interprètes (dont lui-même) qu’il tourne depuis un moment, en est une nouvelle preuve. Une petite merveille de poésie donc et, plus surprenant, d’humour (on ne savait pas Yoann Bourgeois si drôle) qui synthétise magnifiquement l’univers de cet artiste constamment à la recherche de ce fameux point de suspension. En découle un spectacle patchwork tout en humilité qui fait un bien fou dans un univers circassien ayant pa

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Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Une sélection à base d'acrobaties mais aussi de western, de clown ou encore d'humour.

La rédaction | Jeudi 14 septembre 2017

Cinq spectacles de cirque (mais pas que) à voir cette saison

Le syndrome de Cassandre Champion du monde de magie avec Baltass, un numéro de balles vu près d'un million de fois sur Youtube, Yann Frisch a poussé plus loin son talent et a même déconstruit son savoir-faire dans cette pièce qui tourne partout et émeut. Il est un clown qui tombe le masque ; plutôt que de faire rire de ses maladresses, il voudrait faire croire ce qu'il raconte. Alors il se fait sombre, sort sa mère en tissu d'un cercueil, escamote des tours et touche au cœur. À l’Hexagone du 17 au 19 octobre Halka Le Groupe Acrobatique de Tanger est une compagnie de cirque impressionnante, qui maîtrise l’art du spectaculaire (ils seront quatorze acrobates sur scène) et de la pyramide humaine. Si nous n’avons pas encore vu leur nouvelle création, on en attend beaucoup. À la Rampe (Échirolles) les 12 et 13 décembre Minuit

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"Fugue / Trampoline" : Yoann Bourgeois toujours en apesanteur

Cirque | Le circassien grenoblois reprend cette semaine, au parc Bachelard et sur le campus, sa petite forme courte qui connaît un succès incroyable. Un véritable bijou.

Aurélien Martinez | Lundi 11 septembre 2017

Le Grenoblois Yoann Bourgeois n’est pas qu’un artiste-circassien : c’est un poète visuel qui construit des spectacles d’une grande finesse. Comme son merveilleux Fugue / Trampoline, « petite danse spectaculaire » pour un interprète sur une musique de Philip Glass. Il faut le voir grimper progressivement en haut d’un escalier, se laisser tomber sur le sol trampoline et revenir à la même place, comme si l’on rembobinait un film muet. Une forme légère de 8 minutes qu’il tourne (lui ou un membre de sa compagnie) depuis des années (il peut l’installer presque n’importe où) et qui rencontre un succès fou. Bonne nouvelle : il la reprendra à Grenoble de nombreuses fois pendant quatre jours, que ce soit sur le parvis du Plateau (quartier Mistral), dans le cadre de la programmation du Prunier sauvage, ou sur le campus pour l’ouverture de l’Est, la nouvelle salle de l’Université Grenoble Alpes. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

Événement | Samedi 27 et dimanche 28 mai, le centre d’art le Magasin des horizons va accueillir la deuxième édition du Grand Rassemblement proposé par le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCN2). Au programme : des spectacles, des performances, des installations vidéo, des ateliers… Rencontre avec ses concepteurs (Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane pour le CCN2, Béatrice Josse pour le Magasin et Marie Roche pour le Pacifique – centre de développement chorégraphique) histoire d’en savoir un peu plus.

Aurélien Martinez | Mardi 23 mai 2017

Grand Rassemblement 2 : entrons dans la danse !

C’était l’un de ces moments qui nous rendent fiers de pouvoir dire : "j’y étais". De pouvoir affirmer crânement que l’on se trouvait là, assis dans ce grand auditorium de la MC2 pas tout à fait rempli (vu l’heure tardive), un soir de fin décembre 2016, pour assister au concert de Yael Naim scénographié avec plusieurs circassiens et danseurs (chacun faisant un numéro sur une chanson). « C’est quelque chose qui s’est improvisé presque au moment de ce Grand Rassemblement, qu’on a répété les deux nuits qui précédaient, et qui a participé à la dynamique un peu spontanée et moins formatée que ce qu’il se produit d’habitude à la MC2 » explique le circassien Yoann Bourgeois, aux manettes de ce premier Grand Rassemblement imaginé avec le chorégraphe Rachid Ouramdane – tous deux étant, on le rappelle, les nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble hébergé dans la MC2.

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PB d'or 2016 : bonus

C'était 2016... | Avec des nouvelles têtes !

Aurélien Martinez | Mardi 20 décembre 2016

PB d'or 2016 : bonus

Le PB d’or du slogan qui a enfin du sens (du moins à Grenoble) : "le changement c’est maintenant" En 2016, le milieu culturel grenoblois a pas mal bougé avec l’arrivée de nouvelles têtes à la direction d’établissements culturels. Nous pensons notamment à Béatrice Josse au centre d’art le Magasin (à la suite du départ mouvementé de l’ancien directeur Yves Aupetitallot), au duo Yoann Bourgeois – Rachid Ouramdane au Centre chorégraphique national de Grenoble (après plus de 30 ans de Jean-Claude Gallotta), à Marie Roche au centre de développement chorégraphique le Pacifique (la fondatrice des lieux Christiane Blaise ayant décidé de passer la main), au musicien Anton

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MC2 : Grand Rassemblement, première

événement | Mardi 20 et mercredi 21 décembre à la MC2, la danse (au sens large) sera à la fête grâce au Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé depuis un an par Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Voilà qui donne très envie.

Aurélien Martinez | Mardi 13 décembre 2016

MC2 : Grand Rassemblement, première

Si Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois sont à la tête de Centre chorégraphique national de Grenoble depuis janvier 2016, c’est ce mois-ci qu’on pourra littéralement vivre leur projet. Comment ? Grâce à la première édition de ces « temps partagés avec le public » que sont Les Grands Rassemblements – un deuxième est prévu fin mai. Sur deux jours, la MC2 (qui, on le rappelle, héberge le CCN) sera ainsi le théâtre d’une émulation faite de « spectacles, ateliers géants, performances, chorégraphies de foule, concerts et dancefloor ». Mais encore ? Concrètement, chacun des deux jours sera lancé à 16h30 avec La Vague, chorégraphie de foule pensée en amont avec les différents participants qui le souhaitent (photo). S’enchaîneront ensuite différents propositions, gratuites (dans le hall et, sur réservation, le

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Karim Messaoudi : « Chopper le vocabulaire de Mathurin Bolze »

Nouveau cirque | Rencontre avec le circassien qui reprend le spectacle "Fenêtres" de Mathurin Bolze mardi 15 et mercredi 16 novembre à l'Hexagone de Meylan.

Aurélien Martinez | Mardi 8 novembre 2016

Karim Messaoudi : « Chopper le vocabulaire de Mathurin Bolze »

Ça fait quoi de reprendre un rôle créé par un autre, et d’être en plus dirigé dans la reprise par cet autre ? Karim Messaoudi : Le chantier était assez excitant pour moi. Techniquement – le trampoline notamment –, c’était dans mes cordes donc je me sentais assez à l’aise. Même si j’ai dû viser des endroits où je ne serais pas allé par moi-même. Mathurin m’a amené dans des lieux un peu autres… Et le fait que lui soit là, c’était totalement primordial ! Aviez-vous vu le spectacle avant de reprendre le rôle ? Quand Mathurin a créé Fenêtres, j’étais très jeune donc je ne l’ai pas vu en vrai. Mais j’en ai toujours entendu parler comme d’un grand moment. Du coup, quand on a décidé de faire cette reprise, on l’a regardé en vidéo ensemble. Il a d’ailleurs galéré à trouver la VHS au fin fond de ses armoires ! Et on a

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Mathurin Bolze : le prince du bel air

SCENES | Il a la tête en l'air et les pieds sur terre. À l'occasion de la reprise à l’Hexagone de Meylan de son très beau spectacle "Fenêtres" créé en 2002, le circassien Mathurin Bolze nous raconte son métier et son bonheur de générer des collaborations artistiques.

Nadja Pobel | Mardi 8 novembre 2016

Mathurin Bolze : le prince du bel air

Un peu d’histoire pour commencer. Né en 1974, Mathurin Bolze a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Rapidement (en 2001), il fonde la compagnie MPTA et, à l'occasion d'une commande de la Brèche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir et finir par se nommer Fenêtres. C’est un immense succès. Quinze ans plus tard, il donne ce solo aérien et grandiose à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation. La magie, elle, est toujours présente. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d’échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Mathurin Bolze nous expli

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Étudiants, au spectacle !

Numéro étudiant | « En trouvant super naze de mettre les gens dans des cases » chantait Vincent Delerm dans son morceau "Catégorie Bukowski". Ouais, on a des références au PB. Et on n’obéit pas forcément au chanteur en livrant une sélection on ne peut plus subjective de spectacles à voir selon le cursus suivi par vous autres étudiants. Sachant que tout le monde est libre de sortir des cases !

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2016

Étudiants, au spectacle !

Pour les étudiants en sciences Max Bird On en a déjà parlé précédemment, on en remet une couche : l’humoriste Max Bird, qui « pense être, dans l’âme, plus un scientifique qu’un humoriste », est excellent dans son Encyclo-spectacle. Excellent et également passionnant quand il parle des dinosaures ou encore des effets de l’alcool sur le corps humain. De l’humour intelligent donc, avec en plus la possibilité pour les chercheurs en herbe de causer avec l’artiste après la représentation – enfin, on s’engage peut-être un peu trop, mais c’est souvent ce qui se fait à la Basse cour. À la Basse cour du jeudi 6 au samedi 8 octobre _______ Pour les étudiants en économie Celui qui tombe Adam Smith et consorts, c’est sympa mais bon, l’histoire de la manufacture d’

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Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Saison 2016 / 2017 | De nouvelles têtes, des changements, un drôle de projet...

Aurélien Martinez | Mardi 13 septembre 2016

Panorama de rentrée : quoi de neuf cette saison ?

Des changements côté salles... De la danse en rassemblement à la MC2 Depuis le début d’année, le Centre chorégraphique national de Grenoble est dirigé par Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane (photo), qui ont ainsi pris la suite de l’emblématique Jean-Claude Gallotta. Un CCNG deuxième génération qui proposera cette saison deux événements atypiques à la MC2, un fin décembre et un autre fin mai : Le Grand Rassemblement. Des temps forts autour de la danse (mais pas que) qui sont en train d’être dessinés, et qui donnent très envie au vu des infos que l’on a pu glaner ici et là – pas mal d’invités, des spectacles phares… Deux nouvelles têtes Deux équipements culturels de l’agglo ont récemment changé de direction. À la Faïencerie de La Tronche, Céline Sabatier, venue du Coléo de Pontcharra, a remplacé Élisabeth Mathieu partie à la retraite. Au Pa

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Cirque : nos cinq coups de cœur de l'année

Panorama 2016/2017 | Au Petit Bulletin, on adore les artistes qui s'envoient en l'air. La preuve avec cette sélection de spectacles riche en surprises et émotions fortes.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Cirque : nos cinq coups de cœur de l'année

Fenêtres Recréation d’un spectacle vieux de quinze ans, ce solo initialement interprété par le circassien Mathurin Bolze (qui l’a imaginé) a été transmis à Karim Messaoudi, passé comme lui par Centre national des arts du cirque. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d’échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Grandiose. À l’Hexagone (Meylan) mardi 15 et mercredi 16 novembre _______ Patinoire Un solo entre cirque, théâtre et clown qui fonctionne parfaitement. Logique, il est l’œuvre d’un des fondateurs du collectif québécois de circassiens Les 7 doigts de la main. Patrick Léonard, seul en scène donc mais accompagné d’un fatras d’objets (qui auront une importance capitale pendant le spectacle), met en place une drôle de tension qui captive autant qu’elle surprend. Et quelle fin vertigineuse ! À l'Ilyade (Seyssinet-Pariset) mardi 29 novembre _______

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Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

ACTUS | Alors qu’ils vont chacun présenter une pièce début mars dans l’agglo, on est partis à la rencontre de Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane, les tout nouveaux directeurs du Centre chorégraphique national de Grenoble qui succèdent ainsi à Jean-Claude Gallotta. Quel est leur projet commun vu que l’un vient des arts du cirque et l’autre de la danse contemporaine ? Réponses.

Aurélien Martinez | Mardi 23 février 2016

Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois, patrons sur mesure

Depuis le 1er janvier 2016, le Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG), précédemment dirigé pendant plus de trente ans par le ponte de la danse contemporaine Jean-Claude Gallotta, a deux directeurs à sa tête : Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois. Une configuration bicéphale inédite, d’autant plus que l’un des deux (Yoann Bourgeois) vient des arts du cirque : une petite révolution dans le paysage un brin figé des centres chorégraphique nationaux. « Notre duo est né étape par étape. Ça faisait quelques années qu’on se croisait, on était spectateur attentif du travail de l’autre. Et on s’est davantage rencontrés en tant que personne lors des réflexions autour d’un possible nouvel outil pour la danse à la MC2 » explique Yoann Bourgeois. Ce « nouvel outil », baptisé un temps hub, était très ambitieux, mais le Ministère de la culture a finalement fait machine arriè

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

ACTUS | D'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Résultat fin septembre.

Aurélien Martinez | Mardi 7 juillet 2015

CCN de Grenoble : deux projets en lice pour succéder à Jean-Claude Gallotta

Après plus de trente ans à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, logé au cœur de la MC2, le chorégraphe Jean-Claude Gallotta va devoir passer la main comme lui a demandé le ministère de la culture. On vient d'apprendre que le processus de sélection avançait puisque deux projets ont été retenus dans la "short list" pour prendre la suite, avec des noms loin d'être inconnus à Grenoble. Le premier dossier, présenté comme une codirection, est porté par Yoann Bourgeois (photo), artiste au langage circassien puissant associé à la MC2 depuis 2012, et le chorégraphe Rachid Ouramdane, souvent vu à la MC2. Le deuxième dossier est défendu par la chorégraphe Julie Desprairies (photo), qui travaille autour de la ville comme on a pu s'en rendre compte

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"Celui qui tombe" : le jeu d'équilibriste de Yoann Bourgeois

SCENES | Avec "Celui qui tombe", Yoann Bourgeois a créé un impressionnant et vertigineux spectacle sur le déséquilibre dans lequel l’être humain se retrouve tout petit face aux éléments. Rencontre avec un artiste de cirque qui défend un certain retour à l’essentiel.

Aurélien Martinez | Mardi 13 janvier 2015

Un immense plateau, lourd et bruyant (il est truffé de micro), descend du plafond, tenu par quatre grosses chaînes. Il s’arrête. Penche dangereusement. Se redresse. Tournoie… Dessus, trois femmes et trois hommes tentent tant bien que mal de garder l’équilibre. Celui qui tombe, la nouvelle proposition du circassien Yoann Bourgeois, fait dans le spectaculaire pour paradoxalement retrouver une certaine sobriété comme il nous l’explique. « La consigne de base donnée aux interprètes était : essayer de tenir. Je voulais voir ce qu’il se passe quand le sol est penché, quand il se balance, quand il est en équilibre, quand il tourne… J’ai juste réintégré les grands principes mécaniques du cirque. Ce n’est pas très original ; c’est même tout l’inverse. » Un besoin de simplicité qui aurait pu être parasité par ce monstre scénographique arrivé plus tard dans le processus de création (ils ont d’abord travaillé sur de multiples petits plateaux). « Non, je n'ai pas eu peur de ça. J'ai plutôt eu peur de retom

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Les six fantastiques

SCENES | Dans Du goudron et des plumes (vu à l’Hexagone en 2010), le circassien Mathurin Bolze plaçait ses acrobates sur un immense radeau flottant qui se balançait (...)

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Les six fantastiques

Dans Du goudron et des plumes (vu à l’Hexagone en 2010), le circassien Mathurin Bolze plaçait ses acrobates sur un immense radeau flottant qui se balançait dans les airs. Impressionnant. Dans Celui qui tombe, le Grenoblois Yoann Bourgeois, sorte de cousin artistique de Bolze (ils ont travaillé ensemble), utilise un procédé similaire, même si son radeau est plus mastoc, se déplaçant lourdement dans un bruit assourdissant. Les six interprètes ne l’habitent pas, ils tentent désespérément de s’y accrocher malgré la volonté évidente de la bête de les chasser. Un angoissant jeu sur le déséquilibre qui se termine par une scène flirtant avec le danger – on pense notamment au Flamand Wim Vandekeybus et ses spectacles à base de parpaings que s’envoient les danseurs. Et un spectacle qui installe une fois de plus Yoann Bourgeois comme un artiste à part, au croisement de plusieurs arts – danse, cirque, voire même théâtre. Celui qui tombe, du mardi 13 au samedi 17 janvier, à la MC2

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Le pianiste côté coulisses

ECRANS | Alexandre Tharaud est une star du piano, que l’on a notamment pu voir dans le film Amour de Michael Haneke. Un musicien inclassable au style (...)

Aurélien Martinez | Mardi 15 avril 2014

Le pianiste côté coulisses

Alexandre Tharaud est une star du piano, que l’on a notamment pu voir dans le film Amour de Michael Haneke. Un musicien inclassable au style particulier, mélange d’esprit libre, de pulsation reconnaissable entre mille et de spontanéité du discours. Pour terminer ses trois années en tant qu’artiste associé à la MC2, le Méliès projettera Le Temps dérobé, documentaire de Raphaëlle Aellig Régnier sorti l’an passé et consacré à cette figure atypique de la musique classique. Caméra à l’épaule, la réalisatrice s’est approchée au plus près de son objet cinématographique, de son corps, de sa nuque, de ses mains, tout en le mettant en confiance – Tharaud serait très timide. Ce dernier se livre donc longuement, allongé notamment sur un canapé, le regard dans le vide. Ce n’est pas tant le résultat (assez formel) qui intéresse ici, mais plutôt le ressenti du musicien sur les à-côtés de son monde professionnel, sur la froideur des salles de concert modernes, sur la solitude du voyageur contraint d’enchaîner les dates autour du monde. Et aussi la vision qu’il a

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"À bas bruit" : Mathurin Bolze sur une voie de garage

SCENES | Mauvaise nouvelle : la dernière création du passionnant chorégraphe et circassien Mathurin Bolze, que nous avons découverte l’an passé lors des premières représentations lyonnaises, n’est que bricolage caricaturant son propre univers…

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 25 septembre 2013

Que des Beatles sous LSD reprennent Hey Jude avec des voix de casseroles sur un enregistrement pirate, ou qu’Eric Clapton se lance dans un solo avec trois cordes cassées dans sa salle de bains, cela peut émouvoir, certes. En dépit des sournoiseries connues du marketing, nous demeurons des êtres nostalgiques et fragiles… Mais qu’un artiste aussi doué (et en pleine possession de ses moyens, lui !) que Mathurin Bolze fasse le coup du «Je vais vous présenter une pièce bricolée dans mon garage avec trois amis (au potentiel énorme) qui serait comme une reprise en mode ultra mineur de mes opus précédents, parce que là, désolé, je n’ai aucune inspiration», cela nous attriste. À bas bruit ressemble même à cette littérature datée où l’on s’interroge sur la possibilité de créer, l’angoisse de la "scène" blanche, la possibilité du possible, et où l’on va, tels des Derrida ou des Blanchot en culotte courte, déballer-déconstruire l’envers du (non) décor avec, entre deux parties de spectacle, des techniciens et des interprètes changeant les éléments du plateau sous nos yeux. La roue tourne Plus concrètement encore,

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Alexandre Tharaud dans le Vercros

MUSIQUES | Pour compléter notre une de la semaine consacrée au pianiste caméléon, sachez qu'Alexandre Tharaud se produira dans trois villages du Vercors le dimanche 9 (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 30 mai 2013

Alexandre Tharaud dans le Vercros

Pour compléter notre une de la semaine consacrée au pianiste caméléon, sachez qu'Alexandre Tharaud se produira dans trois villages du Vercors le dimanche 9 juin. Au programme, Ludwig Van Beethoven et l'Apassionata (op.57). Rencontre avec le public autour d’un verre à l’issue de chaque représentation.

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Pianiste caméléon

MUSIQUES | Le fameux pianiste classique ami de la chanson française Alexandre Tharaud profite de sa résidence à la MC2 pour présenter au public un programme éclectique, réparti sur plusieurs soirées et allant de Bach à Albin de la Simone. Bien entouré, le musicien offre ainsi une approche du piano aussi variée qu’originale, pointue que populaire. Propos recueillis par Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 24 mai 2013

Pianiste caméléon

En quoi consiste pour vous la Carte blanche que la MC2 vous a confiée ?Alexandre Tharaud : Je suis en résidence à la MC2 depuis la saison dernière, et jusqu’à la saison prochaine. Cette résidence consiste à ce que je vienne à intervalles réguliers, que je propose des projets qui me sont chers. Cette semaine Carte blanche au mois de juin est une sorte de résidence dans la résidence. J’avais envie de rester une semaine entière pour m’immerger dans Grenoble, dans cet espace de la MC2 que j’aime tant. Les Variations Goldberg de Bach sont aussi fameuses que difficiles à jouer : pourquoi avez-vous eu l’envie de vous confronter à cette œuvre-là ?C’est une montagne, un chef d’œuvre ! Même si c’est une partition qui a été écrite pour le clavecin et non le clavier. J’avais l’impression depuis des années que je ne pourrais pas ne pas passer par là un jour. J’ai commencé à les jouer de manière régulière il y a deux ans, mais en prenant mon temps, elles ne prennent leur envol que depuis quelques mois. Je pense que je ne les enregistrerai que beaucoup pl

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Sous la tempête

ARTS | Dessins et fresques murales parent les murs du Vog d’une apparente douceur. Apparente, car l’univers de Lina Jabbour s’avère plus cruel et lucide au second qu’au premier regard. Et c’est pour cela qu’il nous intéresse… Laetitia Giry

Laetitia Giry | Vendredi 1 février 2013

Sous la tempête

Artiste française, originaire du Liban et résidant à Marseille, Lina Jabbour a longtemps exploré les thèmes de l’errance et du voyage dans ses méditations artistiques. Ses dernières créations présentées ici montrent le décalage de son attention sur l’angoisse dite écologique des ravages du nucléaire, sur les catastrophes plus ou moins naturelles qui trônent au-dessus de nos têtes comme une tranchante épée de Damoclès... Enrobée dans un cocon agréable à l’œil, cette angoisse n’en est que plus surprenante. Ainsi du triptyque Tempête orange, constitué de plusieurs couches de crayon de couleur, de plusieurs strates appliquées avec patience et minutie sur le papier, il enveloppe le regard de vagues d’un orangé chaud et tremblant. Le dessin effectué au préalable se voit recouvert de ce doucereux et dangereux nimbe : voitures et palmiers sont rendus fantomatiques, ils deviennent des silhouettes vulnérables, soumises au voile brûlant d’un crépuscule apocalyptique. Et puis plus rien L’impétueuse tempête sablonneuse laisse place aux hésitations de la série Castle bravo. Neuf dessins, qui illustrent bien ce que l’artiste pense de cette pratique : « l

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Second acte

MUSIQUES | Musique classique / Le rideau se lève sur une deuxième partie de saison très riche et enthousiasmante. Bref aperçu en quelques coups de cœur. Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 11 janvier 2013

Second acte

Il y a un an, le quatuor Debussy boxait sur la scène de la Rampe avec le danseur Mourad Merzouki. En 2013, on retrouve les musiciens le 24 janvier pour un programme intime et fugueur. Cherchant une manière symbolique et originale de célébrer le deux cent cinquantième anniversaire de la naissance de Mozart, il délaisse les vingt-trois quatuors du génie de Salzbourg et enregistre la version pour cordes du Requiem transcrite en 1802 par Peter Lichtenthal, un must auquel s'adjoindront des fugues de Piazzola, Beethoven et Bach. À la MC2, le pianiste et artiste associé Alexandre Tharaud continue ses propositions plus alléchantes les unes que les autres. Tout commence le 25 janvier par une Nuit du piano baroque et romantique où, en monsieur loyal, le musicien souhaite faire découvrir, à raison d'un soliste par heure, quatre jeunes confrères et consœurs. La carte blanche se poursuivra lors d'une semaine multiforme du 4 au 8 juin, des Variations Goldberg au registre des musiques du XXe jusqu'en une apothéose pop au casting de prestige. Unis depuis 1981, cela fait plus de trente ans que le quatuor Parisii, consacré par des prix internationaux, enchante le public en suiva

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"Wu-Weï" : chute de tension de Yoann Bourgeois

SCENES | Yoann Bourgeois est un artiste vertical : depuis qu’il a fondé sa compagnie en 2010, les créations qu’il dévoile sont élancées et légères. Avec seulement un (...)

Aurélien Martinez | Lundi 8 octobre 2012

Yoann Bourgeois est un artiste vertical : depuis qu’il a fondé sa compagnie en 2010, les créations qu’il dévoile sont élancées et légères. Avec seulement un trampoline et un escalier, il réinvente une poétique de l’image, et c’est grandiose. Changement de cap : avec sa dernière proposition, le circassien surprend, en cassant ses propres codes, et en refusant le spectaculaire. Il décide ainsi de se mettre en retrait du plateau, et concevoir une pièce pour d’autres. À savoir les acrobates chinois de Dalian, avec l’idée de croiser leur univers à l’œuvre phare de Vivaldi qu’est Les Quatre saisons. Un parti pris original et audacieux sur le papier, qui néanmoins ne fonctionnait pas encore sur le plateau à quatre jours de la première (nous avons assisté à un filage). La rencontre entre les artistes chinois et l’univers de Yoann Bourgeois n’a pas lieu, les premiers restant en retrait, ne livrant pas ce que l’artiste semble chercher en eux – une part d’intime notamment, mais avec pudeur. D’où le recours à une voix off beaucoup trop didactique, en particulier lorsqu’il s’agit d’évoquer l’histoire récente du pays. En résulte un spectacle plastiquement f

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Des tubes à la sauce classique

MUSIQUES | Faut-il encore le présenter ? Alexandre Tharaud, le pianiste élégant, l’interprète subtil au toucher sensuel. Nommé soliste instrumental de l’année aux (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 1 juin 2012

Des tubes à la sauce classique

Faut-il encore le présenter ? Alexandre Tharaud, le pianiste élégant, l’interprète subtil au toucher sensuel. Nommé soliste instrumental de l’année aux Victoires de la musique classique 2012, ce musicien inclassable est artiste associé à la MC2 depuis le début de la saison. Alexandre Tharaud, c’est un style, un esprit libre, une pulsation reconnaissable entre toutes, une jouissance du phrasé, une explosion de couleurs et une spontanéité du discours dont on ne se lasse jamais. Sa relation quasi charnelle à son instrument peut surprendre : «J’aime l’instrument, au point d’en caresser le vernis, de l’embrasser avant de jouer…». Pour clôturer son année grenobloise en beauté, il part cette fois-ci à la rencontre de la musique populaire actuelle, avec Piano Song, en référence à sa fascination pour Marguerite Duras et le célèbre blues de Carlos d'Alessio, thème principal du film India Song. Henri Salvador, Joan Baez, Mylène Farmer, Abba... Alexandre Tharaud brasse large, très large... Il a ainsi demandé à six compositeurs de sa génération d’adapter une quinzaine de ces chansons vieilles tout au plus de cinquante ans, et que tout le monde connaît. Un hommage c

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Les grandes lignes

MUSIQUES | Un itinéraire saisonnier qui emprunte autant les sentiers balisés que les chemins escarpés pour une virée en musique (classique). Régis Le Ruyet

François Cau | Lundi 9 janvier 2012

Les grandes lignes

Sur les pistons de Maurice André, Romain Leleu, trompettiste révélation des Victoires de la musique classique en 2009 et fondateur de l’ensemble modulaire Convergence, souffle avec sa formation un air neuf sur l’Hexagone. Composé d’un quintet à cordes dont les membres sont issus des meilleures phalanges et du trompettiste prodige, les musiciens concoctent un menu où les recettes classiques de Gluck, Bartok et Tchaïkovski sont revues à la sauce au vent. Etabli depuis plus de 250 ans par Haydn, considéré comme le père putatif, le quatuor à cordes figure l’acmé des formules chambriste. Le Quatuor Modigliani, qui en est aujourd’hui l’un de nos fleurons nationaux, assemble à la MC2 sa monstrueuse unicité dans le Quatuor n°3 de l’ibérique Arriaga (que certains considèrent comme le Mozart espagnol), avant deux concertos pour clarinette de Mozart et Brahms interprétés en connivence avec Paul Meyer. Au registre des intégrales,   les Musiciens du Louvre Grenoble entonnent les Symphonies 1, 2, 6 de Schubert, dernière partie d’un cycle commencé la saison dernière à la MC2, et ce à seulement quelques jours de leur enregistrement in exten

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SCENES | Encore Yoann Bourgeois, oui ! Après avoir dévoilé l’automne dernier son très attendu Art de la fugue, le circassien redonnera en mai à Eybens son spectacle (...)

François Cau | Vendredi 6 janvier 2012

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Encore Yoann Bourgeois, oui ! Après avoir dévoilé l’automne dernier son très attendu Art de la fugue, le circassien redonnera en mai à Eybens son spectacle Cavale qu’il avait imaginé en 2010 pour le site sommital de la Bastille (article sur notre site internet). Et il sera cette fois-ci accompagné d’un autre circassien au talent certain : Mathurin Bolze, créateur d’aventures scénographiques grandioses et intelligentes (on a souvent pu le voir à l’Hexagone). Ensemble, ils offriront une nouvelle vie à ce Cavale si imaginatif et subjuguant.

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"L'Art de la fugue" : les petits fugitifs

SCENES | Un an après la naissance de sa compagnie, Yoann Bourgeois voit déjà l’une de ses créations produite par la MC2. Une preuve de plus de l’émulation qui entoure (...)

François Cau | Vendredi 28 octobre 2011

Un an après la naissance de sa compagnie, Yoann Bourgeois voit déjà l’une de ses créations produite par la MC2. Une preuve de plus de l’émulation qui entoure le circassien et danseur depuis son retour en terre grenobloise. Pour son Art de la fugue, il a imaginé une « dramaturgie de la déconstruction », jouant avec un immense cube qui se déploiera au fil de la représentation. Une scénographie inventive (comme chez Boris Gibé), pour un spectacle pensé autour de l’œuvre du même nom de Bach, basée sur la notion de contrepoint : une forme d’écriture musicale ayant pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques à partir de laquelle Yoann Bourgeois et la pianiste Célimène Daudet s’amusent à chercher une « analogie entre le motif musical et la figure de cirque ». Nous avons pu voir deux extraits de la pièce en répétition : deux moments d’une très grande force, où Yoann Bourgeois et la danseuse Marie Fonte défient le principe de gravité en utilisant une pente ou, comme dans Cavale (le spectacle présenté à la Bast

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Bach dans les airs

SCENES | Et revoilà Yoann Bourgeois, le circassien que tout Grenoble s’arrache. Début novembre, il posera ses valises à la MC2 pour dévoiler son Art de la fugue. Soit (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Bach dans les airs

Et revoilà Yoann Bourgeois, le circassien que tout Grenoble s’arrache. Début novembre, il posera ses valises à la MC2 pour dévoiler son Art de la fugue. Soit une création construite autour de l’œuvre du même nom de Jean-Sébastien Bach, avec trois interprètes : lui-même, ancien élève du Centre national des arts du cirque et ancien interprète de Maguy Marin ; Marie Fonte, danseuse entre autres chez Gallotta ; et la pianiste Célimène Daudet. Au vu de l’univers que Yoann Bourgeois arrive à déployer dans ses différents spectacles, on attend beaucoup de cet Art de la fugue, réflexion autour de la notion de contrepoint (une forme d’écriture musicale ayant pour objet la superposition organisée de lignes mélodiques distinctes, développée par exemple dans l’œuvre de Bach).

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Tâtons du Bourgeois

CONNAITRE | Mardi 24 et mercredi 25 mai à 21h, le circassien Yoann Bourgeois (l’une des nouvelles figures grenobloises les plus enthousiasmantes) et sa compagnie (...)

François Cau | Lundi 16 mai 2011

Tâtons du Bourgeois

Mardi 24 et mercredi 25 mai à 21h, le circassien Yoann Bourgeois (l’une des nouvelles figures grenobloises les plus enthousiasmantes) et sa compagnie seront au parc de la Maison de l'enfance d’Eybens (programmation Espace culturel Odyssée) pour deux soirées carte blanche (et non avec le spectacle Cavale comme initialement annoncé, la faute à des soucis matériels – Cavale sera reprogrammé la saison prochaine). Deux soirées donc, sous et autour d'un chapiteau, spécialement conçues pour l'occasion, qui présenteront « le rapport singulier d'un homme à un objet », comme l’explique l’artiste : « nous deviendrons tour à tour l'objet de l'autre. La musique sera jouée en direct dans une relation de proximité avec le public, une sorte de rapport charnel. » Le spectacle s’appelle ainsi Tiento – « tâter » le clavier en espagnol –, soit « l'une des formes primitives de l'écriture musicale pour clavier employant le contrepoint, et comptant parmi les formes originelles de la fugue classique ».

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Grenoble fait son cirque

SCENES | Depuis la saison dernière, à l’intérieur de la plaquette thématisée de la MC2, est apparue une nouvelle catégorie : "les indisciplinés". Comprendre les artistes qui (...)

François Cau | Jeudi 23 décembre 2010

Grenoble fait son cirque

Depuis la saison dernière, à l’intérieur de la plaquette thématisée de la MC2, est apparue une nouvelle catégorie : "les indisciplinés". Comprendre les artistes qui ne rentrent pas dans les cases prédéfinies (théâtre, danse, musique), trop étroites à leur goût. Et ça tombe bien, car c’est grâce à eux que l’on a pu découvrir quelques chouettes propositions, comme la trilogie de Jan Lauwers l’année dernière mêlant habilement théâtre, musique et danse. Mais cette vaste rubrique sert aussi à abriter une faune hybride : celle des circassiens qui, depuis quelque temps, envahit les plateaux de théâtre de façon revigorante, avec la complicité extatique des programmateurs. Rien qu’à Grenoble, plusieurs signes témoignent de ce regain d’intérêt pour ce que l’on a coutume d’appeler le cirque contemporain. L’artiste en résidence à l’Hexagone de Meylan est ainsi le jongleur Adrien Mondot, qui a remplacé la très théâtreuse Muriel Vernet. À l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, la nouvelle directrice a décidé de faire du cirque l’un de ses axes de recherche principaux. Mais l’exemple le plus frappant de cette nouvelle donne est l’excitation impressionnante autour de la personne d

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Yoann Bourgeois : « Atteindre un point de suspension »

Arts du cirque | Yoann Bourgeois présente cette semaine à Eybens une forme créée spécialement pour le lieu impressionnant que sont les Caves de la Frise. L’occasion d’en savoir un peu plus sur celui qui a décidé d’installer sa compagnie à Grenoble.

Aurélien Martinez | Lundi 20 septembre 2010

Yoann Bourgeois : « Atteindre un point de suspension »

Début juillet, lors du festival Imaginez Maintenant. On découvrait Yoann Bourgeois, niché sur le belvédère Vauban de la Bastille, avec son spectacle Cavale : une chorégraphie aérienne vertigineuse, qui bluffa l’assistance. Les envolées de Yoann et de son complice Lucien, à coups de trampoline placé face au vide (image sublime), avaient de quoi impressionner. Ce fut l’acte qui officialisa l’arrivée de ce circassien – qui se définit plutôt comme « joueur » – en terres grenobloises : notre homme a ainsi installé sa compagnie éponyme dans notre cité alpine, où il créera ses propres spectacles, en mettant de côté l’interprétariat (il a notamment collaboré pendant quatre ans avec Maguy Marin). Bienvenu ! Plus mécanique que psychologique On l’a rencontré la semaine dernière aux Caves de la Frise d’Eybens, où il a posé ses valises avec sa compagnie pour une création in situ baptisée Cavatines : « On a plongé une semaine

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"Cavale" : juste une question d’équilibre avec Yoann Bourgeois

Arts du cirque | La MC2 aime Yoann Bourgeois, à tel point qu’elle a décidé de placarder sa photo dans toute la ville pour annoncer le festival Imaginez maintenant. Bonne idée (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 25 juin 2010

La MC2 aime Yoann Bourgeois, à tel point qu’elle a décidé de placarder sa photo dans toute la ville pour annoncer le festival Imaginez maintenant. Bonne idée : car cet ancien interprète de Maguy Marin (il vient tout juste de quitter la compagnie) recèle un très fort potentiel fédérateur, grâce à son approche dynamique des arts de la scène. Parti avec l’idée de créer une petite forme spécialement pour la Bastille, il a installé ses quartiers sur le belvédère Vauban. Le public pourra donc profiter du spectacle depuis le toit des casemates, en ayant vu sur tout Grenoble. Plus qu’une coquetterie visuelle, ce double regard renforce le propos de l’artiste, qui a ainsi élaboré une chorégraphie aérienne autour de la notion de chute, aidé par une structure créée pour l’occasion avec un escalier et – surtout – un trampoline. Il est impressionnant de les regarder, lui et son complice Lucien Reynes (rencontré au Centre national des arts du cirque), évoluer autour du trampoline en se frôlant, sans néanmoins s’entrechoquer. Ou de les voir quasiment voler, et se poser tout en douceur sur les marches d’un blanc immaculé menant vers le ciel infini. L’e

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"Du goudron et des plumes" de Mathurin Bolze : le making of

SCENES | Entre deux représentations, Mathurin Bolze se confie sur la genèse de son spectacle "Du goudron et des plumes". On a tout enregistré, et on retransmet ses propos là, rien que pour vous.

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2010

Le mouvement comme vecteur d’émotion « Le mouvement, certes, mais le mouvement ancré dans des rapports spatiaux. Car c’est lié à une construction de l’espace scénique : le décor est arrivé en préambule, en même temps que certaines questions de jeu autour de lectures que l’on a faites. Ensuite, ça a été un va-et-vient continu entre cet objet devenu concret petit à petit, au fil des essais, des prototypes, des modifications, et les idées autour desquelles on essayait de développer notre projet. Le titre du spectacle vient justement de ce contraste entre le lourd et le léger, entre la noirceur et la légèreté… On a essayé de trouver un champ d’expérimentation le plus large possible, avec le mouvement. » Des souris et des hommes « Il y a de ça au départ, mais en même temps, il n’en reste pas réellement de trace tangible dans le spectacle. Le roman a servi à mettre le feu aux poudres, comme un combustible. Mais après, on a construit notre matériau à partir d’autres textes, d’autres poèmes… On a tricoté une matière en allant piocher dans des extraits qui peuvent être de Michaud, de Cioran, de Montaigne, ou de Voltaire quand i

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Là-haut, avec Mathurin Bolze et son "Du goudron et des plumes"

SCENES | Mathurin Bolze, figure montante et bondissante du nouveau cirque, revient à l’Hexagone présenter sa nouvelle création aérienne et bluffante. Et nous prouve par la même occasion qu'il compte désormais parmi les artistes les plus importants du spectacle vivant. Aurélien Martinez et Jean-Emmanuel Denave

Aurélien Martinez | Vendredi 19 février 2010

Là-haut, avec Mathurin Bolze et son

Du goudron et des plumes est une claque reçue en pleine gueule. En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien. « Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée » explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera littéralement, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? … Où sont-ils ? Où vont-ils ? … Des questions, beaucoup de questions… Mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et on les croyait sans sourciller, parce qu’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’ex

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Fragilité et altérité

SCENES | « J’aime partir de quelques matériaux, de la lecture. Il peut s'agir de livres, de films, ou d'autres sources ; des sons, des récits de voyage... Ce sont (...)

François Cau | Vendredi 8 janvier 2010

Fragilité et altérité

« J’aime partir de quelques matériaux, de la lecture. Il peut s'agir de livres, de films, ou d'autres sources ; des sons, des récits de voyage... Ce sont des choses sur lesquelles on peut revenir dans le processus de création. Et qui nous donnent parfois un guide, parfois juste un exemple, parfois une idée, parfois un contre-exemple... Cela nous aide à nous positionner dans le travail. Des souris et des hommes en fait partie, mais le travail ne sera pas "tiré" du livre, loin de là. Ce n'est pas une adaptation. » Voilà comment Mathurin Bolze, l’un des artistes de nouveau cirque les plus passionnants du moment, présentait l’année dernière son spectacle Du goudron et des plumes (interview disponible sur le site du Petit Bulletin Lyon, Mathurin Bolze étant en résidence aux Subsistances). Après la claque de son duo Ali (que l’on avait pu découvrir lors des Soirées de la MC2 en juin dernier), et suite à plusieurs passages remarqués à l’Hexagone ces dernières années, la venue de l’artiste promet de très beaux moments. D’autant que son matériau de départ (le roman de Steinbeck) semble propice à de nombreuses expérimentations. « C'est encore une foi

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