"À bas bruit" : Mathurin Bolze sur une voie de garage

SCENES | Mauvaise nouvelle : la dernière création du passionnant chorégraphe et circassien Mathurin Bolze, que nous avons découverte l’an passé lors des premières représentations lyonnaises, n’est que bricolage caricaturant son propre univers…

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 25 septembre 2013

Photo : Christophe Raynaud De Lage


Que des Beatles sous LSD reprennent Hey Jude avec des voix de casseroles sur un enregistrement pirate, ou qu'Eric Clapton se lance dans un solo avec trois cordes cassées dans sa salle de bains, cela peut émouvoir, certes. En dépit des sournoiseries connues du marketing, nous demeurons des êtres nostalgiques et fragiles… Mais qu'un artiste aussi doué (et en pleine possession de ses moyens, lui !) que Mathurin Bolze fasse le coup du «Je vais vous présenter une pièce bricolée dans mon garage avec trois amis (au potentiel énorme) qui serait comme une reprise en mode ultra mineur de mes opus précédents, parce que là, désolé, je n'ai aucune inspiration», cela nous attriste.

À bas bruit ressemble même à cette littérature datée où l'on s'interroge sur la possibilité de créer, l'angoisse de la "scène" blanche, la possibilité du possible, et où l'on va, tels des Derrida ou des Blanchot en culotte courte, déballer-déconstruire l'envers du (non) décor avec, entre deux parties de spectacle, des techniciens et des interprètes changeant les éléments du plateau sous nos yeux.

La roue tourne

Plus concrètement encore, À bas bruit recycle plusieurs motifs de Tangentes (pièce géniale de Mathurin Bolze datant de 2005) : même grande roue pour hamsters entraînant les corps dans sa spirale ; même tapis roulant pour ambivalences sociales (réduites aux rapports de couple post-freudiens : l'amour c'est de la haine inversée) ; mêmes façons de se faufiler sous le plateau ou de sortir d'une trappe… Mais aucun fil conducteur, aucune montée dramatique pour donner un peu de consistance à cet éparpillement de saynètes entre cirque et danse, sauvées parfois par de remarquables prouesses techniques.

Les trois interprètes se retrouvent en chœur, à la fin du spectacle, pour deux conclusions successives et presque au choix : soit un vieux truc de metteur en scène un peu lyrique avec musique entraînante s'interrogeant sur le fait de marcher et son "sens" possible ; soit un final, plombant, avec assemblage en puzzle d'une photographie de groupe humain, dont on ressent vaguement le tragique mais ne reconnaît ni ne comprend ce qu'elle représente. En voix off, Mathurin Bolze lui-même proposait : «On va marcher, prendre l'air, quitter sa chaise…». Oui, et patienter jusqu'à la prochaine création.

À bas bruit, mardi 8 et mercredi 9 octobre à 20h, à la Rampe (Échirolles). Dans le cadre des Rencontres-i


A bas bruit

Cirque contemporain, chor. Mathurin Bolze, par la Cie MPTA, dès 10 ans. Le spectacle s’inspire du travail de l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch, père de l’ethno-fiction et de l’anthropologie visuelle. Comme lui, la compagnie place l’aventure humaine au centre du travail et de la création.

ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Karim Messaoudi : « Chopper le vocabulaire de Mathurin Bolze »

Nouveau cirque | Rencontre avec le circassien qui reprend le spectacle "Fenêtres" de Mathurin Bolze mardi 15 et mercredi 16 novembre à l'Hexagone de Meylan.

Aurélien Martinez | Mardi 8 novembre 2016

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Ça fait quoi de reprendre un rôle créé par un autre, et d’être en plus dirigé dans la reprise par cet autre ? Karim Messaoudi : Le chantier était assez excitant pour moi. Techniquement – le trampoline notamment –, c’était dans mes cordes donc je me sentais assez à l’aise. Même si j’ai dû viser des endroits où je ne serais pas allé par moi-même. Mathurin m’a amené dans des lieux un peu autres… Et le fait que lui soit là, c’était totalement primordial ! Aviez-vous vu le spectacle avant de reprendre le rôle ? Quand Mathurin a créé Fenêtres, j’étais très jeune donc je ne l’ai pas vu en vrai. Mais j’en ai toujours entendu parler comme d’un grand moment. Du coup, quand on a décidé de faire cette reprise, on l’a regardé en vidéo ensemble. Il a d’ailleurs galéré à trouver la VHS au fin fond de ses armoires ! Et on a

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Mathurin Bolze : le prince du bel air

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Mathurin Bolze : le prince du bel air

Un peu d’histoire pour commencer. Né en 1974, Mathurin Bolze a pratiqué le théâtre et surtout la gym à haute dose, avant de filer au Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Rapidement (en 2001), il fonde la compagnie MPTA et, à l'occasion d'une commande de la Brèche, le pôle national des arts du cirque de Cherbourg, il invente La Cabane aux fenêtres. Cette forme courte de 15 minutes va grandir et finir par se nommer Fenêtres. C’est un immense succès. Quinze ans plus tard, il donne ce solo aérien et grandiose à Karim Messaoudi, rencontré lors d'un stage de formation. La magie, elle, est toujours présente. Un pur moment de grâce visuelle sur un homme enfermé dans un appartement et qui ne semble trouver d’échappatoire que par les airs, grâce à un sol trampoline. Mathurin Bolze nous expli

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Panorama 2016/2017 | Au Petit Bulletin, on adore les artistes qui s'envoient en l'air. La preuve avec cette sélection de spectacles riche en surprises et émotions fortes.

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Du goudron et des plumes est une claque reçue en pleine gueule. En tout juste une heure, la scène devient un champ de bataille fantasmagorique où l’on retrouve une curieuse fratrie emportée sur un véhicule protéiforme en mouvement perpétuel, sorte de radeau aérien. « Un décor au centre, pas comme une décoration mais telle une architecture qui, comme le dit Jean Nouvel, répond à une question qui n'est pas posée » explique Mathurin Bolze. Sur cet engin du diable qui s’envolera littéralement, cinq interprètes (dont Bolze lui-même) vont se croiser. Qui sont-ils ? Des rescapés ? De parfaits inconnus les uns envers les autres ? … Où sont-ils ? Où vont-ils ? … Des questions, beaucoup de questions… Mais pas de réponses. Mathurin Bolze a ainsi conçu un spectacle ouvert, qui se reçoit comme un voyage époustouflant vers un ailleurs indéfini, où des êtres se côtoient avec toute l’urgence que la vie impose. Une grande fresque héroïque, rappelant un temps où certains hommes pouvaient se prendre pour des dieux, et on les croyait sans sourciller, parce qu’on a toujours besoin de mythes pour avancer… Point de départ de la création : les lectures. Beaucoup, comme l’ex

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François Cau | Vendredi 8 janvier 2010

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« J’aime partir de quelques matériaux, de la lecture. Il peut s'agir de livres, de films, ou d'autres sources ; des sons, des récits de voyage... Ce sont des choses sur lesquelles on peut revenir dans le processus de création. Et qui nous donnent parfois un guide, parfois juste un exemple, parfois une idée, parfois un contre-exemple... Cela nous aide à nous positionner dans le travail. Des souris et des hommes en fait partie, mais le travail ne sera pas "tiré" du livre, loin de là. Ce n'est pas une adaptation. » Voilà comment Mathurin Bolze, l’un des artistes de nouveau cirque les plus passionnants du moment, présentait l’année dernière son spectacle Du goudron et des plumes (interview disponible sur le site du Petit Bulletin Lyon, Mathurin Bolze étant en résidence aux Subsistances). Après la claque de son duo Ali (que l’on avait pu découvrir lors des Soirées de la MC2 en juin dernier), et suite à plusieurs passages remarqués à l’Hexagone ces dernières années, la venue de l’artiste promet de très beaux moments. D’autant que son matériau de départ (le roman de Steinbeck) semble propice à de nombreuses expérimentations. « C'est encore une foi

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