"L'Histoire du soldat / L'Amour sorcier" : mention assez bien

Spectacle | Réunir les trois directeurs des centres de création affiliés à la MC2 pour un spectacle forcément événement : voilà le projet du diptyque composé de "L’Histoire du soldat" d'Igor Stravinsky et de "L’Amour sorcier" de Manuel de Falla. Avec donc aux commandes Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Pour une création agréable mais finalement assez convenue.

Aurélien Martinez | Jeudi 17 octobre 2013

Photo : Jean-Louis Fernandez


C'est l'histoire de trois artistes (plus ou moins) installés dans les murs de la MC2, évoluant chacun dans son domaine (la musique classique pour Minkowski, la danse contemporaine pour Gallotta et le théâtre pour Osinski), livrant régulièrement de nouvelles propositions artistiques. Trois figures emblématiques d'une certaine culture grenobloise qui ont fini par bosser ensemble – une idée vieille comme le monde comme nous l'expliquait le trio en interview. Le fil directeur de leur réunion ? Un projet qui puisse laisser chacun de trois participants s'exprimer. Le choix effectué ? Un diptyque composé du ballet-opéra de chambre L'Histoire du soldat (1917) d'Igor Stravinsky et du ballet-pantomime L'Amour sorcier (1915) de Manuel de Falla, dévoilé mercredi 16 octobre à la MC2.

La soirée se découpe donc en deux parties. On a d'abord droit à une Histoire du soldat tirée à quatre épingles, où l'histoire (justement) de ce soldat pactisant avec le diable se voit agrémentée de chorégraphies énergiques. Puis vient le tour de L'Amour sorcier avec la star tant attendue : Olivia Ruiz. Une star parfaite, révélant progressivement sa voix pendant les 35 minutes de la pièce, se fondant parfaitement au sein de la compagnie Gallotta (cette seconde partie est beaucoup plus dansée que la première, qui elle convoque trois acteurs).

Sur scène, après la sobriété de L'Histoire du soldat, place aux belles chemises colorées pour les messieurs, et toute une série d'espagnolades avec les mains de la part de l'ensemble des danseurs afin d'accompagner la musique très appuyée de de Falla (qui tranche du coup avec celle de Stravinsky). On passe un bon moment, avec l'agréable impression de se retrouver en famille. Sympa quoi.

À la fin, standing ovation, tout le monde vient saluer : comédiens, danseurs, musiciens, Olivia Ruiz ; et les trois créateurs. La photo de classe est jolie, touchante même. La salle n'arrête pas d'applaudir. Il faut dire que les deux spectacles sont rondement menés, certes... Mais néanmoins sans surprise, chacun restant à sa place, évitant sciemment de dépasser les frontières imposées.

C'est justement là que cette aventure laisse un arrière-goût de déception : à vouloir trop arrondir les angles et éviter qu'un des trois concepteurs ne prenne le dessus, l'ensemble perd en force ce qu'il gagne en diplomatie. Et devient du coup une (très jolie) prison dorée pour tous les participants, public inclus.

L'Histoire du soldat / L'Amour sorcier, du mercredi 16 au samedi 19 octobre, à la MC2


L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky - El Amor brujo de Manuel de Falla

Spectacle musical. Direction musicale : Marc Minkowski - MDLG. Mise en scène : Jacques Osinski - CDNA. Chorégraphie : Jean-Claude Gallotta - CCNG. Prog : Igor Stravinsky. Avec Olivia Ruiz. L’Histoire du soldat, texte de Charles-Ferdinand Ramuz ; Manuel de Falla El Amor brujo, suite de ballet avec chant, argument de Gregorio Martínez Sierra
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta évoque avec nous son confinement comme son déconfinement, tous deux très créatifs.

Aurélien Martinez | Mardi 9 juin 2020

Jean-Claude Gallotta : « J’ai continué à danser dans la nature ! »

Confinement. J’ai, contre toute attente, vécu cette période avec pas mal de travail. On avait tous – les danseurs, le bureau, moi-même… – absolument envie que la compagnie ne sombre pas. On a donc d’abord essayé de tout faire pour reporter les dates annulées. On en a aussi profité avec Mathilde Altaraz [assistante et répétitrice – NDLR] pour avancer sur les projets que l’on a avec d’autres compagnies, comme une comédie musicale pour enfants d’après West Side Story ou une collaboration avec l’Opéra d’Avignon. Tout ça confiné au-dessus de Grenoble, dans un lieu plaisant, donc je n’avais pas à me plaindre. Surtout que j’ai aussi pu continuer à pratiquer la danse dans la nature environnante, et c’était important de le faire comme j’aurai un solo dans ma prochaine création [Le Jour se rêve, dont la première sera cet automne – NDLR] pensée avec le musicien Rodolphe Burger et la plasticienne Dominique Gonzalez-Foerster. Déconfinement. Pendant le confinement, je contactais

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Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Danse | Dix ans après la création et le succès rencontré, Jean-Claude Gallotta reprend son spectacle "L’Homme à tête de chou", relecture dansée de l’album-concept de Serge Gainsbourg réinterprété par Alain Bashung. C’est toujours une immense réussite, même si la trame narrative questionne davantage aujourd’hui. Rencontre avec le chorégraphe grenoblois avant les représentations prévues à la MC2.

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Jean-Claude Gallotta : « Je montre la femme victime, mais aussi la femme qui renaît »

Pourquoi avoir décidé de reprendre votre spectacle L’Homme à tête de chou dix ans après sa création ? Jean-Claude Gallotta : C’est venu d’une proposition du Printemps de Bourges qui, cette année, rendait hommage à Alain Bashung à l’occasion des dix ans de sa disparition. Au départ, j’ai un peu hésité, comme c’est un spectacle assez douloureux [Bashung est mort huit mois avant la première – NDLR]. Puis, après réflexion, je me suis dit que, peut-être, on y goûterait un peu mieux aujourd’hui, l’émotion étant passée. De là, une tournée a rapidement intéressé les programmateurs… La création a été douloureuse, mais le succès grand malgré l’absence d’Alain Bashung sur scène… Quand Alain m’a dit qu’il ne pourrait plus faire le spectacle, je voulais tout arrêter. Je ne voyais pas comment continuer sans lui. Car au départ, oui, il devait chanter sur scène. Il avait simplement enregistré sa voix, pour être sûr de pouvoir bien dire du

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"L'Homme à tête de chou" : la décadanse de Gallotta et Bashung

Danse | Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 décembre 2019

Il y a encore une décennie, la société aurait parlé de "crime passionnel" pour évoquer l’histoire de L'Homme à tête de chou, album-concept culte de Serge Gainsbourg sorti en 1976. Où l’on suit la lente dérive d’un homme, journaliste pour une feuille de chou, qui commet un Meurtre à l'extincteur sur Marilou, femme qu’il est censé aimer. Un féminicide, mais artistique, dans la tradition de ces œuvres qui glamourisent la mort des femmes coupables d’en faire voir de toutes les couleurs à ces pauvres hommes. Une histoire tragique, reflet de notre société et rentrée dans le Panthéon de la chanson française, que Jean-Claude Gallotta a pris comme un matériau haut de gamme – ce qu’elle est, tant niveau textes que musiques (on parle de Gainsbourg tout de même). Un matériau relu par Alain Bashung et le musicien Denis Clavaizolle, avec notamment une réorchestration (voire une amplification – congas, guitares, trompettes, violons…) grandiose. Un exemple : le morceau Marilou Reggae, devenu encore plus généreux, gro

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Danse toujours tu m'intéresses

ACTUS | Une, deux représentations, trois grand maximum et puis s'en va. Comment se fait-il que les spectacles de danse restent aussi peu longtemps à l'affiche contrairement au théâtre ? Le phénomène est national, comme l’a démontré une grande enquête publiée mi-octobre, mais est d'autant plus accentué dans une agglomération de la taille de Grenoble. Même si des solutions sont apportées. Explications.

Adeline Gailly | Mardi 5 novembre 2019

Danse toujours tu m'intéresses

« En moyenne, un lieu de diffusion propose entre 2 et 2.3 représentations par an d'un même spectacle [de danse] » révèle une étude sur la diffusion de la danse lancée en 2016 par l'Office national de diffusion artistique et dont les résultats sont sortis mi-octobre. C’est peu. Grenoble ne fait pas exception puisque les pièces chorégraphiques restent à l'affiche un, deux, voire trois soirs maximum. Des chiffres qui incitent à se poser des questions quand on sait qu’au niveau national (et parfois à Grenoble, souvent à la MC2), une pièce de théâtre peut, elle, être jouée plusieurs semaines dans une même salle. Une première explication face à ce constat est apportée par Marie Roche, directrice du Pacifique, centre de développement chorégraphique national basé dans le quartier des Alliés à Grenoble. « La danse contemporaine est apparue dans les années 1980, donc plus tardivement que le théâtre qui avait déjà pris le public e

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Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

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"Comme un trio" : trois à l’étroit

Danse | Le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta sera à la MC2 du mardi 11 au samedi 15 décembre avec sa nouvelle création basée sur le "Bonjour Tristesse" de Françoise Sagan.

Aurélien Martinez | Mardi 4 décembre 2018

Il y a les spectacles de Jean-Claude Gallotta qui s’épanouissent sur les grands plateaux et dans lesquels les interprètes du fameux chorégraphe déploient au mieux la grammaire "gallotienne" à l’œuvre depuis 40 ans. Citons par exemple le dytique My Rock / My Ladies Rock, qu’on prend toujours plaisir à revoir, le tendu Ivan Vaffan, recréé en 2013, ou encore le très réussi Homme à tête de chou, qui aura dix ans l’an prochain – et auquel on repense en ce moment alors que sort un album posthume d’Alain Bashung (qui, pour cette création, avait repris la partition de Gainsbourg). Et il y a les autres, ces petites formes où le Grenoblois se concentre sur une poignée de corps. Comme un trio, sa dernière création en date dévoilée en septembre, est de celles-ci. Sur scène, trois danseurs jouent avec les affres de

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"My Rock" et "My Ladies Rock" : let’s dance, again

Danse | Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en (...)

Aurélien Martinez | Mardi 20 novembre 2018

Excellente initiative de la MC2 qui reprogramme, en cette fin novembre, deux spectacles de Jean-Claude Gallotta qui se répondent. D’abord My Rock, créé en 2005 et repris mardi 27 novembre : l’un des tubes du chorégraphe grenoblois dans lequel il fait danser ses interprètes sur des morceaux cultes de l’histoire du rock signés Elvis Presley, Nirvana, les Clash, les Rolling Stones, Patt Smith… Une playlist de luxe qui rend forcément le public complice, et qui permet alors aux tableaux de groupe comme aux petites formes plus intimes de s’épanouir en quelque trois minutes. Puis My Ladies Rock, créé en 2017 et à (re)voir du mercredi 28 au vendredi 30 novembre : le même principe, mais cette fois centré uniquement sur des artistes femmes, Gallotta s’étant rendu compte que dans le premier volet, il avait inconsciemment, et comme finalement toute l’histoire du rock, privilégié les hommes. Où l’on entend donc Patti Smith à nouveau, mais aussi Marianne Faithfull, Aretha Franklin, Jan

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Événement | Rendez-vous mardi 6 février au parc Paul-Mistral pour du grand spectacle.

Alice Colmart | Mardi 30 janvier 2018

50 ans des Jeux olympiques de Grenoble : le programme des festivités

Coup d’envoi cette fois-ci officiel (certains événements ont débuté depuis plusieurs mois) des festivités du cinquantenaire des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble 1968 ce mardi 6 février, dans une forme olympique ! Car les joggeurs, des plus amateurs aux plus confirmés, sont invités à se rendre au Village Olympique à partir de 17h30 pour une course lumineuse prévue sur 5 km. Le parcours passera par les lieux symboliques des JO, comme la MC2, le centre de presse Malherbe ou encore le Palais des sports, et s'achèvera au parc Paul-Mistral – l’arrivée se fera en fanfare avec la 27e Brigade d'Infanterie. Puis, à partir de 19h30, on aura droit à du spectaculaire avec notamment Souvenirs de 13 jours en France, spectacle mené par le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta et environ 100 danseurs, puis le fameux Fugue/trampoline du circassien Yoann Bourgeois – « le spectacle d’un homme qui monte le haut d’un escalier, qui chute et rebondit. Pour moi, une synthèse de l’existence » détaillait-il lors de la conférence de presse officielle. La soirée se terminera par un spectacle pyrotechnique tiré depuis les gradins de l’Anneau de vitesse.

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Marc Minkowski : « Le principal est que les Musiciens du Louvre sont toujours en vie ! »

ACTUS | Alors que Marc Minkowski va diriger ses Musiciens du Louvre à la MC2 vendredi 15 décembre dans un programme baptisé "Oratorio de Noël" construit autour de cantates de Bach, on en a profité pour lui poser quelques questions sur son orchestre, ses rapports avec la Ville de Grenoble (qui a sucré sa subvention fin 2014) ou encore ses autres activités – comme celle de directeur de l’Opéra de Bordeaux.

Aurélien Martinez | Mardi 12 décembre 2017

Marc Minkowski : « Le principal est que les Musiciens du Louvre sont toujours en vie ! »

Un peu d’histoire pour commencer. Les Musiciens du Louvre est un orchestre français mythique, fondé en 1982 à Paris, et qui a déménagé à Grenoble en 1996, en fusionnant avec l’ensemble instrumental de la ville. Un orchestre qui est la « grande fierté » de Marc Minkowski. « C’est l’un des, si ce n’est le meilleur orchestre sur instruments anciens du XXIe siècle – et je ne dis pas ça parce que je l’ai fondé ! – de part sa variété de répertoire et de style, avec aussi bien dans l’opéra, dans le symphonique, dans le baroque, dans le romantisme ; s’adaptant à toute sorte de chef et pouvant être dirigé aussi bien par le premier violon, le claveciniste, par le chef fondateur, par d’autres chefs. C’est une machine extrêmement souple. » « En 35 ans, l’ensemble s’est métamorphosé plusieurs fois depuis sa naissance, mais il est toujours là. Par contre on est un ensemble désormais rhônalpin – j’anticipe votre prochaine question ! –, volant de ses propres ailes. » Car il fut un temps où la chargée de communication de l’orchestre insistait beaucoup auprès des partenaires et des journalistes afin qu’ils n’oublient surtout p

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Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

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Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Avec du classique de chez classique mais aussi de la philosophie en musique, du lyrisme théâtralisé ou encore du violoncelle.

Régis Le Ruyet | Mercredi 13 septembre 2017

Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Orchestre philharmonique de Radio France Muse géniale de l’opéra contemporain, la soprano canadienne Barbara Hannigan stupéfiait, en 2011, les spectateurs du festival Présences de Radio France par ses talents de cheffe. Combinant audace et précision, la chanteuse y soutenait les plus folles vocalises du Grand Macabre de György Ligeti pendant que, d'une poigne ferme, elle menait en extase les musiciens finnois de l'Avanti ! Chamber. Un exercice de direction et de haut vol lyrique qu’elle réitéra à Grenoble avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dans les atours de Lulu d'Alban Berg et de la Fille folle de George Gershwin. À la MC2 le 6 octobre Michel Onfray et Henri Demarquette – musique et philosophie Accompagné par le violoncelliste Henri Demarquette, le philosophe hédoniste Michel Onfray nous expliquera comment, avec les penseurs, dire et entendre le monde. Une passionnante rencontre en pe

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Simple question de l’été #1 : à quoi sert un chef d’orchestre ?

ACTUS | À chaque concert, on le voit s’agiter avec entrain devant ses musiciens. Mais que fait-il réellement ? Le chef d’orchestre Marc Minkowski, à la tête des Musiciens du Louvre Grenoble, nous l’a expliqué.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Simple question de l’été #1 : à quoi sert un chef d’orchestre ?

« Le chef d’orchestre décide du nombre de cordes par exemple, de l'instrumentarium – aux Musiciens du Louvre, nous jouons sur instruments d'époque – et du diapason. Il émet également des souhaits sur la disposition de l'orchestre en fonction de l'œuvre, de l'interprétation qu'il souhaite en faire, de l'acoustique de la salle... Le chef donne ainsi sa vision : lors des répétitions, il impose sa conception de la partition que tous les musiciens vont suivre. Le sens de l’interprétation d’une partition ne se bâtit pas de façon collégiale. Le chef d’orchestre décide. » Et la baguette ? « Lorsque le répertoire est romantique ou moderne, et implique un gros orchestre, elle est de mise. Car la gestique est importante. La baguette permet que sa ligne soit plus précise, les gestes plus carrés et surtout lisibles même depuis le fond de la scène. La main droite impulse le rythme, assure le volet énergie de la sensation. La main gauche donne le relief de l'interprétation : les nuances, le caractère. » Plus d’infos sur Marc Minkowski : www.mdlg.net

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Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

ACTUS | Comment un chorégraphe peut-il transmettre ses œuvres aux générations futures, et comment conserve-t-on des chorégraphies qui ont plusieurs siècles ? Réponse à cette simple question avec le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta.

Nicolas Joly | Jeudi 20 juillet 2017

Question simple de l’été #3 : comment transmet-on une chorégraphie à des danseurs ?

« Au XVIIIe siècle, ce sont surtout les danseurs qui se transmettaient les œuvres entre eux, de façon orale ou visuelle. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle que des gens comme Rudolf Laban ont commencé à se pencher sur l’écriture de la danse. Il a ainsi développé une méthode de notation qui fait se déplacer un corps dessiné sur une partition verticale. D’autres méthodes similaires voient le jour, mais elles restent des pratiques d’érudits. » Et aujourd’hui ? « Les choses commencèrent vraiment à bouger avec l’arrivée de la danse moderne et de l’image. Les gens n’ont plus besoin d’étudier de la même façon. Ils peuvent simplement regarder une image et reproduire le geste. Personnellement, quand je dois monter mes pièces, je décompose les mouvements grâce à la vidéo pour que les étudiants puissent voir et reproduire les gestes en détail. La transmission d’une danse est en réalité une affaire très personnelle, et chaque chorégraphe fait un peu à sa façon. Il n’y a pas de méthode unique. Certains vont par exemple refuser de montrer les mouvements, en faisant tout passer par l’oral. C’est une façon de faire plus fréquente dans la danse contemporaine, qui laisse p

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"Volver" : les amours "gallottiennes" d'Olivia Ruiz

Danse | Le spectacle du chorégraphe Jean-Claude Gallotta est donné à la MC2 les 3 et 4 mars.

Aurélien Martinez | Mardi 28 février 2017

Entre la chanteuse Olivia Ruiz et le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta, c’est une histoire d’amour qui dure (ils s’étaient déjà rencontrés sur la scène de la MC2 en 2013). La première, qui vient de sortir son cinquième album, illumine ainsi la dernière création du second, dans laquelle elle danse (entourée de fidèles interprètes "gallottiens") mais surtout chante – logique. Une sorte de comédie musicale sur la vie d’une jeune immigrée espagnole (fortement inspirée de l’histoire d’Olivia Ruiz, même si l’on reste dans la fiction) où ses chansons répondent à la narration. Bien que les ficelles soient parfois trop grosses (la voix off notamment, qui veut absolument que le récit se raccroche à tous les titres chantés), il en découle un spectacle plutôt plaisant. C’est déjà ça. Volver À la MC2 vendredi 3 et samedi 4 mars

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Noël avant l’heure avec les Musiciens du Louvre Grenoble

Musique classique | Jeudi 17 novembre, Marc Minkowski proposera un florilège d'airs de "Casse-noisette" dans un programme intitulé "Voyage en féerie". On vous en dit plus.

Régis Le Ruyet | Mardi 15 novembre 2016

Noël avant l’heure avec les Musiciens du Louvre Grenoble

Tandis que les agents des collectivités s'affairent autour des éclairages de Noël, Marc Minkowski, fameux chef des Musiciens du Louvre Grenoble devenu en septembre directeur de l'Opéra de Bordeaux, revient à la salle de ses débuts grenoblois dans un florilège d'airs de Casse-noisette. Tout d'abord annoncé au Prisme de Seyssins, puis relogé pour raisons techniques à la salle Olivier Messiaen, ce Voyage en féerie plongera donc dans les musiques du ballet-féerie de Piotr Ilitch Tchaïkovski créé à Saint-Pétersbourg en 1892 avec le chorégraphe français Marius Petipa. Un peu d’histoire du coup : c'est à la demande du directeur des théâtres impériaux de l’époque que la paire chanceuse du Lac des Cygnes (1877) et de La belle au bois dormant (1890) renoue pour cette heureuse troisième collaboration. Cette fois, ils s'inspirent d'un conte de Noël d'Alexandre Dumas père, lui-même adapté de l'œuvre d’Hoffman décrivant un monde de bonbons et de jouets, hélas mis à mal par des rats, dans lequel la jeune Marie se retrouve entraînée par son fantassin de bois. Un classique des fêtes,

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Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

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Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

SCENES | Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 22 juin 2016

Ce samedi, c'est Uriage en danse avec Jean-Claude Gallotta

Ce n’est pas parce que Jean-Claude Gallotta n’est plus directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qu’il est parti à la retraite ! Avant de découvrir sa prochaine création la saison prochaine à la MC2, direction le parc d’Uriage ce samedi 25 juin pour la première édition du festival Uriage en danse. Avec plusieurs spectacles (dont un centré sur d’anciennes pièces de l’artiste) et un bal en clôture à partir d’une de ses chorégraphies. Plus d'infos ici.

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PB d'or 2015 : théâtre et danse

SCENES | Cette année, deux spectacles de théâtre nous ont fait un bien fou. Et un ponte de la danse a dû faire ses cartons.

Aurélien Martinez | Mardi 22 décembre 2015

PB d'or 2015 : théâtre et danse

Le PB d’or des spectacles grenoblois qui font du bien : Rue des voleurs (Bruno Thircuir) et Mon frère, ma princesse (Émilie Le Roux) Que ce soit avec le roman Rue des voleurs de Mathias Énard (sur un jeune ­Marocain qui finira à Barcelone) ou la pièce jeune public Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon (sur un gamin de cinq ans qui veut simplement porter des robes), deux metteurs en scène grenoblois (Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies et Émilie Le Roux des Veilleurs) ont, cette année, embrassé avec finesse des thèmes sociétaux forts pourtant sujets aux crispations et aux délires les plus dingues – la question des migrants pour l’un et celle des études de genre pour l’autre. En a résulté deux spectacles dépassionnés et, surtout, passionnants qui illustrent parfaitement comment des artistes peuvent défendre un discours humaniste et intelligent simp

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Le « dialogue équestre et musical » de Minkowski

MUSIQUES | Événement : les fameux Musiciens du Louvre Grenoble de Marc Minkowski vont s’installer trois jours durant sous un chapiteau devant la MC2 pour donner cinq représentations de Tact et Tempo. Soit un spectacle mêlant art équestre et musique plus ou moins classique. Intrigués par ce mariage et, plus largement, par cette proposition atypique, on a passé un coup de fil au chef d’orchestre pour en savoir un peu plus. Magnéto. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 24 novembre 2015

Le « dialogue équestre et musical » de Minkowski

Les chevaux et vous, c’est une histoire passionnelle. Il paraît que vous aviez même imaginé travailler dans cet univers… Marc Minkowski : Quand j’étais jeune, j’ai été entre plusieurs passions, entre plusieurs vocations : les chevaux mais aussi la musique ou encore la littérature. Puis, finalement, mon parcours a fait que la musique a tout avalé. Mais ça aurait pu tourner différemment… Ce n’est donc pas un hasard que l’on retrouve des chevaux sur scène dans Tact et Tempo ou dans un autre spectacle que vous avez récemment créé avec Bartabas… Oui, même si c’est un concours de circonstances qui a fait que les chevaux sont revenus dans ma vie. Ce n’était pas prémédité, ça aurait pu arriver plus tôt ou plus tard, mais c’est maintenant. Tact et Tempo, c’est donc la rencontre entre les Musiciens du Louvre Grenoble et la compagnie Of K’Horse du cavalier voltigeur rétais Manu Bigarnet… C’est un spectacle que l’on a monté en deux parties [Tactus a vu le jour en 2014 – NDLR] ; il est devenu un peu le symbole de

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Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

ACTUS | On a le nom du successeur (ou plutôt des successeurs) de Jean-Claude Gallotta. Ils entreront en fonction le 1er janvier 2016.

Aurélien Martinez | Jeudi 1 octobre 2015

Yoann Bourgeois et Rachid Ouramdane nommés au Centre chorégraphique national de Grenoble

Après trente ans passés à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble, outil installé au sein de la MC2, Jean-Claude Gallotta a été sommé de passer la main. Un appel à candidature a donc été lancé pour trouver son successeur, et d'une première sélection sont sortis en juillet dernier deux dossiers : d'un côté le duo Rachid Ouramdane / Yoann Bourgeois ; de l'autre Julie Desprairies. Vu la renommée et le parcours différents des artistes, le duo semblait en bonne voie pour remporter la mise. Ce que le dernier tour, qui a eu lieu mardi 29 septembre, a conf

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Gallotta loves rock ’n’ roll !

Danse | Jean-Claude Gallotta reprend "My Rock", créé en 2004 pour l’ouverture de la MC2. Un spectacle qui lie danse contemporaine et standards du rock – Dylan, les Beatles, les Stones, Nirvana… Et une véritable réussite qui fait un bien fou.

Aurélien Martinez | Mercredi 30 septembre 2015

Gallotta loves rock ’n’ roll !

Il se passe souvent quelque chose de magique lorsque le spectateur entend sur scène une chanson populaire. Comme si la barrière imaginaire entre les artistes et le public s’effondrait, comme si une nouvelle langue commune et on ne peut plus accessible venait d’être inventée (The Show must go on de Jérôme Bel est un sommet dans le genre). Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta est un spécialiste de la chose : du Gainsbourg chanté par Bashung dans L’Homme à tête de chou, du Delpech dans Racheter la mort des gestes… Et, aujourd’hui, les plus grandes stars du rock dans le bien nommé My Rock. Enfin, aujourd’hui mais aussi hier, My Rock étant la reprise d’une pièce créée il y a plus de dix ans que le Grenoblois souhaite donc à nouveau adresser au public : une ex

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L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

SCENES | C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 11 juin 2015

L'Étranger : Gallotta en situation irrégulière

C’est l’un des romans les plus célèbres du siècle dernier. Le voilà transposé sur scène par Jean-Claude Gallotta, qui a sorti de la trame narrative quelques images propices à des tableaux dansés entrecoupés par les mots d’Albert Camus (car oui, on parle ici de L’Étranger) lus par Gallotta en voix off. Sur le plateau, trois fidèles danseurs de la compagnie semblent figurer tour à tour les différents personnages, même si le chorégraphe se limite à quelques évocations qui n’enferment aucun des interprètes dans un rôle. « Je voulais offrir une traduction physique aux mots de Camus » explique-t-il dans l’interview qui lui sert de note d’intention. C’est fait, poliment, dans l’ordre chronologique, rappelant par moments son précédent spectacle

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Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

ACTUS | Le ministère de la culture souhaite un nouveau directeur pour le Centre chorégraphique national, qui était dirigé depuis 1984 par Jean-Claude Gallotta

Aurélien Martinez | Mardi 7 avril 2015

Jean-Claude Gallotta va devoir tourner une page

« Pour moi, le CCN n’est qu’un outil – qu’on a fabriqué d’ailleurs ! Je suis à Grenoble, j’ai besoin d’un atelier. Qu’on l’appelle l’Orangerie, le CCN ou la Maison de la culture, c’est pareil. Je demande juste des moyens pour continuer à travailler. Et si ça peut se faire à Grenoble, j’aime autant. » Voilà ce que nous déclarait le chorégraphe Jean-Claude Gallotta en 2012, lorsqu’à l’occasion de la reprise de son très beau Racheter la mort des gestes, nous l’interrogions sur sa longévité à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble (CCNG) qu’il dirige depuis 1984. Une situation assez inédite dans un milieu culturel où le jeu des chaises musicales est de mise, dans un souci de partage de ces outils issus des politiques de décentralisation culturelle impulsées dans les années 1980. Mais Grenoble ne fera désormais plus exception puisque le ministère de la culture a décidé que Jean-Claude Gallotta allait devoir laisser sa place à un nouveau chorégraphe qui entrera en fonction en janvier 2016. Alors que lui se voyait

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Mon voisin Gallotta

SCENES | Créée en 1984, la pièce "Yvan Vaffan" de Jean-Claude Gallotta revient cette semaine à la MC2. Une synthèse parfaite de l’univers du plus grenoblois des chorégraphes. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 28 octobre 2014

Mon voisin Gallotta

La relation qu’entretient le chorégraphe Jean-Claude Gallotta, aux commandes du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis plus de 30 ans (aujourd’hui hébergé au sein de la MC2), avec la ville qui l’a vu naître est bien installée : un amour sincère entre un public fidèle et un artiste dont on connaît parfaitement l’univers, ce qui peut être parfois lassant – la routine, ça n’arrive pas qu’aux autres. Mais un artiste auprès duquel on revient sans cesse, au vu de son parcours hors norme et de son importance dans le paysage chorégraphique contemporain. Une importance que l’on redécouvre notamment ces dernières années à travers la recréation par lui-même de plusieurs de ses pièces phares, comme Daphnis é Chloé, L’Enfance de Mammame ou encore Yvan Vaffan. Yvan le guerrier Cette dernière, dévoilée en 1984, installa l’idée de tribu gallotienne autour de la figure romancée d’un danseur échappé du ballet de l’opéra d’Istanbul. « "Tribu" parce que garçons et filles se donnaient des airs de guerriers et d’amazones incontrôlables venus d’on ne sait quelle Mongolie, harnachés comme des barbares, barbus, vêtus de loques et de strass, agi

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Les Musiciens du Louvre Grenoble repartent pour un tour

MUSIQUES | Depuis leur création en 1982, les Musiciens du Louvre Grenoble redonnent vie aux répertoires classique et romantique sur instruments d'époque, en France et à l'étranger. La troupe, dirigée par Marc Minkowski, présentait ce vendredi 3 octobre sa saison 2014-2015. On fait le point. Alexis Orsini

Aurélien Martinez | Vendredi 3 octobre 2014

Les Musiciens du Louvre Grenoble repartent pour un tour

À en croire l'enthousiasme du chef d’orchestre Marc Minkowski, l'interprétation des Boréades de Jean-Philippe Rameau ce vendredi 3 octobre à la MC2 constitue l'un des plus grands défis jamais relevés par ses musiciens, en même temps qu'un renvoi aux débuts de la troupe qui avait enregistré une œuvre du compositeur en 1987 et a depuis fréquemment été associée à son répertoire. Fait atypique, cette tragédie lyrique ambitieuse n'a jamais été représentée du vivant de Jean-Philippe Rameau, celui-ci l'ayant imaginée à l'âge de quatre-vingt deux ans, en 1764, peu avant son décès. Elle a depuis intimidé beaucoup d'orchestres et de chefs, comme l'explique Marc Minkowski : « En répétition, on est à la fois émerveillé et effrayé par Les Boréades, c'est un marathon sublime, une œuvre avec des changements d'atmosphère incroyables pour l'époque. » Cet « Everest » composé de cinq actes s'impose donc comme le poin

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100 % Gallotta

SCENES | Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

100 % Gallotta

Alors que la question de la fusion (ou non) du Centre chorégraphique national de Grenoble et de la MC2 se pose toujours (à l’imagine de celle du CDNA et de la MC2 l’an passé), son directeur Jean-Claude Gallotta continue de revisiter son impressionnant répertoire. Cette saison, la MC2 propose ainsi de nouveau la très pertinente reprise d’Yvan Vaffan (photo) dévoilée en 2013, à l’énergie visiblement intacte (oui, visiblement, comme on n’avait pas vu l’original il y a trente ans), ainsi qu’une nouvelle relecture (qui sera aussi donnée dans diverses salles de l’agglo) de L’Enfance de Mamamme, pièce jeune public de 2002. Avant de dévoiler en juin, toujours à la MC2, L’Étranger, dernière création de Gallotta d’après le roman d’Albert Camus. AM Yvan Vaffan, du mardi 4 au jeudi 6 novembre, à la MC2 L’Enfance de Mammame, vendredi 12 décembre au Pot au noir (Saint-Paul-Les-Monestiers ), dimanche 14 au Diapason (Saint-Marcellin), du vendredi 19 au

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Viens voir les musiciens

MUSIQUES | Journée chargée le samedi 14 juin pour les Musiciens du Louvre Grenoble, mais journée passionnante pour les amateurs de musique classique – sachant que tout (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 juin 2014

Viens voir les musiciens

Journée chargée le samedi 14 juin pour les Musiciens du Louvre Grenoble, mais journée passionnante pour les amateurs de musique classique – sachant que tout sera gratuit. Le périple à travers Grenoble de la formation de Marc Minkowski débutera à 10h30 au sein des Halles Sainte-Claire, qui fêtent leurs 140 ans. D’où l’idée de marquer le coup avec un concert baptisé Musique à la carte au déroulement original : les passants choisiront « des airs baroques, populaires ou pour enfants » et deux violonistes les interprèteront. Plus tard dans la journée, à 14h30, l’ensemble fêtera cette fois-ci les 50 ans de l’union de quartier Notre-Dame avec La Petite Musique de nuit et un Concerto pour flûte de Mozart, dans la cour intérieure du Musée de l’Ancien Évêché. Et enfin, le soir (21h) à la Caserne de Bonne, ils donneront leur programme Mozart la nuit (dont on aura eu des extraits à 14h30 – suivez enfin !), dans le cadre des concerts classiques de la ville. « Chez Mozart, la nuit est partout. Les nuits de Mozart sont magiques et poétiques, inquiétantes ou initiatiques. Elles sont drôles aussi. Mozart paraît s’être amusé en comp

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Le blues des intermittents

ACTUS | Fatigués d’être pris pour cible et constamment attaqués, les intermittents du spectacle (artistes et techniciens) haussent le ton au moment où leur régime est renégocié à la baisse. Et proposent de repenser ce modèle perfectible mais néanmoins capital pour ce qu’il est coutume d’appeler « l’exception culturelle française ». Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 22 avril 2014

Le blues des intermittents

Manifestation, interruption du JT de France 2, perturbation de réunion politique... : depuis quelques semaines, les intermittents du spectacle sont revenus sur le devant de la scène médiatique. La mobilisation est nationale, avec des actions prévues en marge des grands événements culturels des prochaines semaines (comme le vendredi 25 avril au Printemps de Bourges). À Grenoble, on s’organise aussi, au sein d’un collectif dont on a rencontré quelques membres jeudi 17 avril à la Bobine. Leur but : « informer et agir ». Niveau information, le boulot est immense, tant le régime des intermittents peut être difficile à comprendre de l’extérieur, d

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Jack et la mécanique du cœur

ECRANS | De Mathias Malzieu et Stéphane Berla (Fr, 1h34) animation

Christophe Chabert | Mardi 4 février 2014

Jack et la mécanique du cœur

La longue, laborieuse et coûteuse gestation de cette adaptation par Mathias Malzieu de son livre et de son concept-album n’explique pas intégralement l’indigence du résultat. Déjà fortement influencé par Tim Burton, l’imaginaire de Malzieu se confronte ici encore plus directement à son modèle, notamment dans un prologue enneigé qui évoque Edward aux mains d’argent ; la comparaison n’est guère flatteuse. C’est peu dire que le leader de Dionysos est un piètre narrateur, meublant les intervalles entre les moments chantés pour tenter de créer une introuvable continuité aux événements. Les chansons elles-mêmes paraissent déjà d’un autre âge – et leurs interprètes avec, Olivia Ruiz et Grand corps malade en tête – mais c’est surtout l’animation qui fait un bond de quinze ans en arrière. Froids pantins numériques lisses et inexpressifs, les personnages sont d’une rare laideur et évoluent dans des univers tout aussi impersonnels. Malzieu tente parfois d’inscrire son récit dans une évocation cinéphile qui relierait Méliès au western leonien, mais tout cela est aussi maladroit qu’inconséquent. Dans ce film fantomatique, on trouve toutefois un authentique spectre :

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À la guerre comme à la guerre

SCENES | Il y a plusieurs façons de tirer sa référence lorsqu’on est mis à la porte. On peut, par exemple, jouer la carte du contre-pied frondeur, façon de signifier à (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 17 janvier 2014

À la guerre comme à la guerre

Il y a plusieurs façons de tirer sa référence lorsqu’on est mis à la porte. On peut, par exemple, jouer la carte du contre-pied frondeur, façon de signifier à ceux qui vous ont viré qu’ils ont fait une belle connerie. On peut aussi continuer sa route comme si de rien n’était, en restant fidèle à son univers, quitte à donner raison à ses contempteurs. C’est cette deuxième voie qu’a choisie le metteur en scène Jacques Osinski, directeur jusqu’au 31 décembre 2013 du Centre dramatique national des Alpes. Un CDNA qui a disparu depuis, sur décision des différentes tutelles, et dont les missions seront avalées par la MC2 (mais c’est encore flou). Pour sa dernière pièce à domicile (oui, même si le 31 décembre est passé, la MC2 a quand même tenu ses engagements de programmation décidés avant la fusion), Jacques Osinski renoue avec le dramaturge de langue allemande Ödön von Horváth qu’il affectionne tant (il a déjà monté plusieurs de ses textes). Son Don Juan revient de guerre reste alors dans la lignée de ses précédentes créations : même scénographie froide, même héros en retrait

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Encore une fois

SCENES | Les salles de spectacle aiment la nouveauté. Mais elles ne se privent pas, parfois, de reprendre une création déjà passée dans le coin – voire même dans leurs murs. Tour d’horizon des quelques reprises immanquables de cette deuxième partie de saison. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Encore une fois

En février 2013, nous offrions l’une de nos unes au comédien Nicolas Lambert pour son Avenir radieux, une fission française. Un spectacle programmé alors dans trois salles de l’agglo, et que reprendra fin janvier le Diapason de Saint-Marcellin. Une création immanquable par la pertinence de son propos et l’intelligence de son concepteur, qui a effectué un véritable travail d’enquête sur le monde très secret du nucléaire. « Je m’efforce simplement d’avoir un regard de péquenot moyen » nous expliquait-il en interview. Sur scène, il campe donc les différents acteurs du dossier, du technocrate au politicien, en passant par le militant ou le citoyen lambda. Le tout en s’amusant ; car oui, Nicolas Lambert fait avant tout du théâtre. De l’excellent théâtre même. Avenir radieux, une fission française, vendredi 24 janvier à 20h, à la sa

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Les trois mousquetaires

SCENES | Casting de luxe pour le diptyque "L’Histoire du soldat" / "L’Amour sorcier". Aux commandes de ce double spectacle, qui sera dévoilé cette semaine, rien de moins que les trois artistes résidents de la MC2 : Marc Minkowski des Musiciens du Louvre Grenoble, Jacques Osinski du Centre dramatique national des Alpes, et Jean-Claude Gallotta du Centre chorégraphique national de Grenoble. Du coup, on a rencontré les trois. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 11 octobre 2013

Les trois mousquetaires

La collaboration Marc Minkowski : Réunir les directeurs des trois centres de création de la maison, c’est en discussion depuis que je suis arrivé ici, il y a 17 ans. Le projet était déjà évoqué du temps de Laurent Pelly, le prédécesseur de Jacques, mais n’a jamais abouti...Jacques Osinski : Quand je suis arrivé en 2008, l’idée est revenue, mais elle a mis du temps à se matérialiser compte tenu des agendas de chacun. Et surtout du fait que l’on devait apprendre à se connaître...Jean-Claude Gallotta : Une fois le projet lancé, j’étais sur l’idée de l’amitié, de faire quelque chose ensemble. On est partis sur ces deux pièces, mais à la limite – et c’est un peu con ce que je vais dire ! –, ils auraient proposé n’importe quoi, j’aurais quand même accepté ! L’Histoire du soldat MM : Avec Jean-Claude, on a souvent parlé de Stravinsky, et notamment du Sacre du printemps, qu’on avait imaginé faire ensemble – mais ça ne s’est pas fait. Puis Jacques est arrivé dans la boucle : j’ai alors essayé d’imaginer une œuvre qui mélange nos trois disciplines. L’Histoire du soldat

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L'union des trois

MUSIQUES | Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

L'union des trois

Belle ouverture symbolique : pour la première fois les trois compagnies associées à la MC2 – les Musiciens du Louvre Grenoble, le Centre Dramatique National des Alpes et le Centre Chorégraphique national de Grenoble – se retrouveront réunis sur un même plateau. Selon leurs affinités, chacun des directeurs a pris part au projet monté autour de L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky et de L'Amour sorcier de Manuel de Falla. Marc Minkowski ayant proposé dans le rôle de l'ardente gitane la non moins incandescente Olivia Ruiz, c'est à Jean-Claude Gallota qu'il échoit de régler les pas de danse tandis que Jacques Osinski officie à la mise en scène des intrigues. En toile de fond, la figure du mal et de l'amour. Ainsi le ballet-opéra de chambre de L'Histoire du soldat cristallise, par le gage avec le diable d'un violon contre le livre de la fortune, la concupiscence et la perte du soldat. Quant au ballet pantomime L'amour sorcier, c'est le spectre de l'ancien amant que vient contrarier l'union de la belle Candelas à son hidalgo. RLR L'Histoire du soldat / El Amor brujo, du mercredi 16 au samedi 19 octobre, à la MC2

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Sympa et symphonique

MUSIQUES | Pour la rentrée classique, le Petit Bulletin vous propose un premier tour d'horizon sélectif des grandes formations programmées dans vos salles d'octobre à décembre. Régis le Ruyet

Aurélien Martinez | Jeudi 5 septembre 2013

Sympa et symphonique

C'est sur les berges du Rhin, le jeudi 10 octobre, qu'Emmanuel Krivine et La Chambre Philharmonique entameront la saison classique de la MC2. Un florilège lyrique pioché parmi les seize heures de la tétralogie de Richard Wagner et accordé aux voix parfaites d'Alexandra Lubchansky, de Cécile Perrin, de la mezzo Nora Gubisch et du baryton Oliver Zwarg. Plus tard, le mercredi 6 novembre, toujours à la MC2, honneur à la musique fine et finnoise par l'Orchestre national de Lyon sous la direction d'Hannu Lintu, le futur chef de l'Orchestre de la Radio de Finlande. Il invitera le public à une immersion en terres scandinaves et baltiques à travers les musiques de Jean Sibelius, Kaija Saariaho et un Concerto pour piano de Sergueï Prokofiev parfaitement calibré au sens musical de Nikolaï Lugansky. De retour à la MC2 mais cette fois à la tête du Philharmonique du Luxembourg, Emmanuel Krivine déclinera le jeudi 14 décembre un menu varié fait d'une viennoiserie de Strauss fils et de deux œuvres concertantes, tout d'abord une architecture de Béla Bartók qui fait appel à toute la virtuosité des pupitres et le Concerto pour piano en

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La nuit je flâne

ARTS | C’est le marronnier du printemps : la traditionnelle Nuit des musées, couplée depuis huit ans à la manifestation iséroise Musées en fête (pour les musées départementaux). L’occasion pour nous de mettre en avant les expositions à voir ou revoir ce week-end, et les animations organisées spécialement pour l’occasion. Suivez le guide. Laetitia Giry et Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 3 mai 2013

La nuit je flâne

La Cage de Giacometti Expo / Énième événement au Musée de Grenoble, l’exposition consacrée au sculpteur Alberto Giacometti bat son plein depuis le début du mois de mars. Déjà plus de 50 000 visiteurs se sont bousculés dans les salles blanches présentant les œuvres du maître italien, et son travail autour de l’une de ses pièces maîtresses : La Cage. En marge de l’exposition, les ateliers pour les enfants sont toujours plus que complets, contribuant à une notoriété intergénérationnelle méritée. On ne saurait trop vous recommander d’aller jeter un œil à tout cela avant la retraite des œuvres dans les réserves de la Fondation Giacometti… Événement / Pour la Nuit des musées, le musée voit les choses en multiple : concert à l’auditorium, visite insolite des collections et diffusion de

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Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

ACTUS | Ça bouge dans le milieu théâtral : l’historique Centre dramatique national des Alpes, aujourd’hui dirigé par Jacques Osinski, va disparaitre en 2014, absorbé par la MC2 qui l’accueille dans ses murs. Une fusion décidée par la mairie de Grenoble et, surtout, le ministère de la culture, que Michel Orier, ancien directeur de la MC2, a rejoint l’été dernier. Une décision et un casting qui, forcément, interrogent. Retour sur une mort annoncée, avec les principaux acteurs concernés.

Aurélien Martinez | Lundi 4 mars 2013

Petit drame entre amis au Centre dramatique national des Alpes

Cette semaine, le metteur en scène Jacques Osinski, directeur du Centre dramatique national des Alpes depuis 2008, dévoilera, sur le plateau de la MC2, son nouveau spectacle Orage, d’après le texte d’August Strinberg. Mais l’actualité de l’homme est ailleurs : le 15 février dernier, il a appris qu’il ne serait pas reconduit à la tête du CDNA (il postulait pour un troisième mandat de trois ans), ce dernier allant tout simplement disparaître, avalé par la MC2 qui l’héberge dans ses murs (avec le Centre chorégraphique national de Grenoble dirigé par Jean-Claude Gallotta et les Musiciens du Louvre de Marc Minkowski). Une décision visiblement ancienne puisqu’actée en août dernier, par la ministre de la culture et le maire de Grenoble. Et une décision qui questionne beaucoup, à Paris comme à Grenoble. Issus des politiques de décentralisation menées depuis cinqua

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L'art total

MUSIQUES | En classique, il est de tradition d'ouvrir la nouvelle année sur des flonflons le plus souvent d'Offenbach ou de Strauss. Il en est sera ainsi (...)

Régis Le Ruyet | Jeudi 20 décembre 2012

L'art total

En classique, il est de tradition d'ouvrir la nouvelle année sur des flonflons le plus souvent d'Offenbach ou de Strauss. Il en est sera ainsi l'Auditorium de Lyon le 1er Janvier. À Grenoble, le concert en différé du jour de l'an des Musiciens du Louvre Grenoble s'annonce plus grave. Commandé tout spécialement par le théâtre de Vienne en Autriche aux Musiciens du Louvre Grenoble et à Marc Minkowski pour célébrer le bicentenaire de la naissance du compositeur allemand Richard Wagner (1813 – 1883), le programme du gala reprend à l'identique celui qui résonna dans ces mêmes murs le 11 juin 1836. Révolutionnaire dans l'âme et génie des arts, après les désespérances viennoises des répétitions de Tristan et Isolde, le poète de musique est à la recherche de mécènes pour achever l'écriture de ses opéras. Il donne alors ce soir là en guise d'avant-goût au public des extraits des Maîtres chanteurs de Nüremberg, La Walkyrie et L'Or du Rhin, en 1964 – l'avènement au trône du Jeune Louis II de Bavière épris des musiques du maestro le tirera pour un temps de la misère. Peu avant que Marc Minkowski ne s'hasarde à croiser sur le pont de la MC2 le spectre du

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Dans le rétro

SCENES | Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 20 décembre 2012

Dans le rétro

Jean-Claude Gallotta, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans, a décidé depuis un certain temps de se replonger dans son répertoire, et ainsi offrir des relectures de ses pièces phares qui ont marqué la danse contemporaine française – comme il l’a fait par exemple en transmettant son trio Daphnis é Chloé à trois jeunes interprètes. Cette fois-ci, c’est aux Aventures d'Ivan Vaffan qu’il s’attèle, pièce de 1984 dont une captation d’époque est disponible sur www.numeridanse.tv (le site est un véritable trésor). Une chorégraphie de groupe étrange, où les danseurs ressemblent à des guerriers issus de tribus lointaines que l’on aurait déposés dans un studio de danse. Une recréation qui permettra sans nul doute de constater que l’esthétique Gallotta, très marquée et originale, traverse le temps. À découvrir du mardi 8 au vendredi 11 janvier, à la MC2. AM

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Gallotta à l’état brut

SCENES | Jean-Claude Gallotta transpose sur grand plateau ses "Chroniques chorégraphiques" qu’il avait imaginées en 2008 dans le petit studio de la MC2. "Racheter la mort des gestes" se transforme alors en spectacle sobre et émouvant, qui peut être vu comme la quintessence du travail du chorégraphe, à la tête du Centre chorégraphique national de Grenoble depuis presque trente ans. Rencontre. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 9 novembre 2012

Gallotta à l’état brut

Jean-Claude Gallotta, c’est une marque. Une approche particulière et reconnaissable entre mille, qui occupe une place importante dans l’histoire de la danse contemporaine. Un style épuré, quelques fois maniéré, surtout touchant par ce qu’il raconte sur le corps. Ainsi, le chorégraphe grenoblois travaille souvent sur scène avec des amateurs – même s’il n’aime pas ce mot, lui préférant celui de « gens ». « J’ai toujours mélangé les gens : les grands, les petits, les maigres, les danseurs, les non danseurs... L’idée est de les prendre comme ils sont, avec ou non un savoir de danseur, et qu’ils aient leur moment très précis, très honnête. » Dans Racheter la mort des gestes, recréation d’une petite forme qui a vu le jour en 2008, les danseurs professionnels côtoient des anonymes tantôt âgés, tantôt en fauteuil, tantôt avec accent... Tout un monde. « Portrait chinois » Racheter la mort des gestes est né d’une rencontre : celle entre l’écrivain Hervé Guibert, l’un des papes de l’autofiction mort en 1991, et Jean-Claude Gallotta. Ce dernier nous raconte l’histoire : « Guibert, qui est jeune pigiste au Monde,

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Louvre Story

MUSIQUES | Musique classique / En 1982, Marc Minkowski, jeune bassoniste talentueux, a tout juste vingt ans mais cela fait déjà un moment que le démon de la (...)

Régis Le Ruyet | Vendredi 26 octobre 2012

Louvre Story

Musique classique / En 1982, Marc Minkowski, jeune bassoniste talentueux, a tout juste vingt ans mais cela fait déjà un moment que le démon de la direction le titille. Après un essai à la baguette, pour un congrès de médecine, certains de ses camarades chanteurs enthousiasmés par sa direction d’Acis et Galatée d’Haendel réclament d’être dirigés. Par jeu, le chef en devenir réunit un petit nombre d’amis et donne avec eux en juin 1982, dans l’église parisienne de Saint-Étienne-du-Mont, l’opéra de Purcell Didon et Enée, marquant l’acte de naissance des Musiciens du Louvre. Une assemblée dont le nom de prestige sera dû à la proximité de l’appartement familial avec l’ancien Palais Royal. En 1987, l’histoire de cette formation de copains adeptes du jeu sur instruments anciens s’accélère lorsque René Blanchard, de Radio France, et Michel Garcin, directeur artistique des disques Erato, sollicitent l’ensemble pour enregistrer Les Comédies ballets de Lully et Molière. Une alliance discographique qui prendra fin en 1994 lors du transfert sur la prestigieuse division Archiv Produktion de Deutsche Grammop

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SCENES | Dans la famille classique, après pêle-mêle Shakespeare, Marivaux, Tchekhov, Buchner et autres, voici Molière ! Jacques Osinski a choisi de monter le très (...)

Aurélien Martinez | Mardi 16 octobre 2012

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Dans la famille classique, après pêle-mêle Shakespeare, Marivaux, Tchekhov, Buchner et autres, voici Molière ! Jacques Osinski a choisi de monter le très vaudevillesque George Dandin, du nom de ce paysan cocu qui veut prouver à sa belle-famille fortunée que sa femme est tout sauf respectable. Sauf qu’il n’y parvient jamais... Une pièce énergique qu’Osinski situe dans un grand hall d’immeuble bourgeois. Pourquoi ? Parce que c’est comme ça, il faut bien trouver un décor. Sur la pièce en elle-même, rien à dire de plus que ce que l’on avait déjà écrit sur Jacques Osinski lors de la création d’Ivanov. Oui, on fait les fainéants, mais bon, là, on est au bord de la dé

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L’ascension des sommets

MUSIQUES | Marc Minkowski a attendu avant de passer son Bach. Mais, après "La Messe en Si" et "La Passion selon Saint Jean", c’est au tour de Saint Matthieu de recevoir sa convocation. Régis Le Ruyet

François Cau | Samedi 10 mars 2012

L’ascension des sommets

Marquant les célébrations de la semaine Sainte, La Passion est ordinairement interprétée le vendredi précédent le dimanche de Pâques. Une évocation lyrique des souffrances de Jésus qui appelle le fidèle à exalter sa foi. Des quatre Passions qu’écrivit Jean-Sébastian Bach pour les offices de l’église de Leipzig (dont il fût maître de chapelle de 1723 jusqu’à sa mort), seuls La Passion selon Saint Matthieu et selon Saint Jean ont traversé le temps pour parvenir jusqu’à nos oreilles. Et deux ans après une évidente Saint Jean à la MC2, le chef et les Musiciens du Louvre Grenoble prennent place dans l’auditorium, pour interpréter la sublime Saint Matthieu. Dans la continuité de La Messe en Si et de La Passion selon St Jean, Marc Minkowski défend l’intuition d’une lecture solistique. Et confie à seulement huit voix le soin d’assurer les arias et les parties de chœurs. L’ensemble orchestrale, bien que réduit, sera lui multiplié par deux, avec de part en part orgue et solistes. Car vraisemblablement inspiré par la présence de deux orgues dans l’église, Bach a imaginé en 1729 une Passi

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Plus belle la vie

MUSIQUES | CLASSIQUE / C’est ce qu’il faut bien appeler un incontournable du répertoire classique, célébré jusque dans des monuments de la culture pop (le film Orange (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 22 décembre 2011

Plus belle la vie

CLASSIQUE / C’est ce qu’il faut bien appeler un incontournable du répertoire classique, célébré jusque dans des monuments de la culture pop (le film Orange mécanique de Kubrick par exemple). Un tube qui est carrément devenu l’hymne officiel de l’Union européenne (dans sa version réduite évidemment – environ deux minutes). L’Ode à la joie est ainsi la dernière symphonie que Beethoven, alors complètement sourd, composa, dix ans après la huitième. « La dernière des symphonies » tout court s’emporta même Wagner. Le titre provient d’un poème de l’écrivain allemand Friedrich von Schiller, poème par ailleurs utilisé dans le quatrième et dernier mouvement de la symphonie, et considéré comme une ode à la fraternité (« Tous les êtres boivent la joie / Aux seins de la nature / Tous les bons, tous les méchants / Suivent ses traces de rose »). D’où son utilisation par l’Union européenne, soucieuse de tourner la page d’un passé douloureux. Les Musiciens du Louvre • Grenoble, dirigés par l’inénarrable Marc Minkowski, se ressaisissent de cette symphonie hors du commun, après l’avoir déjà donnée en janvier 2011 à la MC2. Une interprétation qui sera à nouveau forcément grandiose, au vu de l’excel

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Le cas Osinski

SCENES | C’est pour nous un grand mystère : que se dit le metteur en scène Jacques Osinski lorsqu’il décide de monter une œuvre du répertoire ? À quelles conclusions (...)

Aurélien Martinez | Jeudi 6 octobre 2011

Le cas Osinski

C’est pour nous un grand mystère : que se dit le metteur en scène Jacques Osinski lorsqu’il décide de monter une œuvre du répertoire ? À quelles conclusions arrive-t-il pour proposer de telles mises en scène ? Évidemment, loin de nous l’idée de condamner tout spectacle basé sur un texte dit du répertoire. Mais ce genre d’aventure nécessite de s’interroger au préalable sur la manière de transmettre ces monuments littéraires que l’histoire du théâtre a sacralisés. Or, Jacques Osinski semble s’atteler à la tache de façon quasi industrielle, suivant scrupuleusement le cahier des charges que son Centre dramatique national lui impose. Ce qui donne des pièces sans véritable parti pris – la preuve une fois de plus en ce début de saison. Son Ivanov, qui renvoie l’impression d’avoir été accouché dans la douleur, se traîne sur les 2h15 de représentation. Certes, aucune véritable faute n’a été commise (Jacques Osinski connaît les codes du théâtre, même si sa vision peut-être discutable), mais le rendu, poussif, a de quoi laisser perplexe. Pourtant, même si la grande majorité des pièces classiques montées par le metteur en scène depuis son

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La mise à nu

SCENES | Le chorégraphe Jean-Claude Gallotta crée cette semaine son Sacre du Printemps, avant de s’atteler à la reprise de Daphnis é Chloé pour janvier. Entretien avec l’artiste sur la saison du Centre Chorégraphique National de Grenoble. Propos recueillis par FC

François Cau | Lundi 3 octobre 2011

La mise à nu

Le CCNG a lui aussi vu son budget baisser cette année ?Jean-Claude Gallotta : Le Conseil Général nous a retiré 25%, le plus grave étant qu’on n’a pas été averti. Ce qui fait qu’on a engagé tous nos projets, et donc on a vraiment un trou. La Ville et la Région ont un peu complété, ça ne compense pas mais on sent qu’il y a une dynamique pour empêcher que tout s’éteigne. Les gens du Conseil Général, que je vais rencontrer prochainement, n’ont pas mesuré en termes de stratégie que même si la Culture est un domaine à part, il y a une force symbolique et médiatique qui est énorme. Dans un premier temps, comme la situation ne bougeait pas trop, ils donnaient l’impression d’un exemple pour les autres conseils généraux, du genre « voyez, on a enlevé tant d’argent à la Culture et personne n’a bronché », et le coup de l’article récent du Monde (sur les baisses de subventions du Conseil Général pour le spectacle vivant, NdlR) a vraiment fait un coup de fouet. Mais moi j’ai envie d’y aller, de contrecarrer, d’être avec une équipe fidèle, des danseurs toujours meilleurs, et de vraiment me battre avec ça, envers et contre tout, traverser les plateaux, avoir envie de crée

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C’est notre choix

SCENES | Une sélection subjective et arbitraire de quelques évènements incontournables du festival. AM

François Cau | Vendredi 16 septembre 2011

C’est notre choix

Un parcours inaugural Les Rencontres-i 2011 débuteront avec un parcours original, l’équipe de la biennale aimant beaucoup les parcours - elle en proposera de nombreux. À 16h30, rendez-vous à la gare téléphérique, pour monter à la Bastille assister au vernissage des expositions Degrés de lumière et T.O.E. La première se propose d’associer lumière et musique, les trois artistes italiens ayant étroitement collaboré avec deux chercheurs du CEA. La seconde, conçue pour le Centre d’art Bastille, est une exposition collective autour de la notion d’énergie (le thème de ces Rencontres-i). À 18h30, départ pour le CCSTI – La Casemate où sera présentée XYZT, les paysages abstraits, l’exposition d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne dont on attend énormément (on vous en reparlera une fois vue). À 20h45, tout le monde sera confortablement installé sur les sièges de l’Hexagone de Meylan pour découvrir une ébauche de L’Écorce du vent, projet autour de la lumière qui a gagné le prix A.R.T.S 2010 (un prix créé par l’Atelier arts-sciences dans le but de récompenser les collaborations innovantes et fructueuses entre artistes et scientifiques). Et la soirée se terminera p

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Retour en grâce

SCENES | Le mois dernier, Jacques Osinski montait à la MC2 deux pièces du jeune dramaturge allemand Marius von Mayenburg (l’auteur associé de Thomas Ostermeier à la (...)

François Cau | Jeudi 19 mai 2011

Retour en grâce

Le mois dernier, Jacques Osinski montait à la MC2 deux pièces du jeune dramaturge allemand Marius von Mayenburg (l’auteur associé de Thomas Ostermeier à la Schaubühne de Berlin) : Le Chien, la nuit et le couteau d’abord, avec Denis Lavant, et Le Moche ensuite. La seconde sera reprise cette semaine à l’Amphithéâtre de Pont-de-Claix, et tant mieux. Car Oskinski a parfaitement su mettre en jeu cette fable contemporaine sur un homme jugé laid par ses congénères, qui finira par se faire opérer, ce qui changera sa vie du tout au tout. De ce vaudeville contemporain extrêmement corrosif et drôle, le directeur du CDNA ressort l’essentiel, grâce à une lecture premier degré de l’œuvre, qui file à toute allure, et à un Jérôme Kircher très juste dans une retenue emplie de naïveté. Avec cette mise en scène sobre (pas de maquillage pour Kircher, qui ne sera moche puis beau qu’à travers notre regard), Jacques Osinski ne souligne jamais l’absurdité ou l’incongruité des situations, les laissant simplement s’installer et devenir comiques à travers la lecture que nous en faisons. Ça fonctionne pleinement. AM LE MOCHEJeudi 26 et vendredi 27 mai à 19h,

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Daphnis é Chloé

MUSIQUES | Les pontes grenoblois (se) regardent dans le rétro. Après Chantal Morel qui, en début de saison, présentait Home, un texte de David Storey qu’elle avait déjà (...)

François Cau | Lundi 4 avril 2011

Daphnis é Chloé

Les pontes grenoblois (se) regardent dans le rétro. Après Chantal Morel qui, en début de saison, présentait Home, un texte de David Storey qu’elle avait déjà mis en scène il y a trente ans, c’est au tour de Jean-Claude Gallotta de porter sur scène une pièce elle aussi plus toute jeune. En 1982, le public découvrait ainsi Daphnis é Chloé, chorégraphiée par Gallotta, et dansée par Mathilde Altaraz, Pascal Gravat et Gallotta lui-même – trois nouveaux interprètes seront sur scène pour la recréation. Un public qui suivait les aventures de l’épouse d’un jeune berger, enlevée par des pirates et ramenée à son homme par un miracle du Dieu Pan. Après la reprise en 2007 de Cher Ulysse, autre pièce de son répertoire, le chorégraphe grenoblois permet ainsi aux nouveaux spectateurs de découvrir ses premières œuvres, et de l’appréhender au mieux, lui, cette figure importante de la danse contemporaine française. Une figure qui lancera les trois soirées de représentation (du mardi 12 au jeudi 14 avril, à la MC2) par un solo intitulé Faut qu’je danse !, évoquant justement la genèse de Daphnis é Cholé. Tout se tient.

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