Clair obscur

Aurélien Martinez | Lundi 4 novembre 2013

Du jeudi 7 au samedi 9 novembre, la Salle noire des Barbarins fourchus accueille la compagnie de François Veyrunes pour une proposition atypique qui a de la gueule. Découpée en deux parties, la soirée débutera par À l'œil intrépide le chemin du cœur, un solo de danse interprété par le chorégraphe. Une pièce (que nous avons pu découvrir en vidéo) d'une intensité trouble. « Ce sont les nombreuses années de danse à l'hôpital dans des chambres de patients alités, le plus souvent au crépuscule de leur vie, qui participent à la genèse de ce solo. » Puis viendra ensuite la projection du « court-métrage poétique » Magnificat, réalisé en prison avec les détenus. Loin de documentaire social, le film « met en scène l'homme face à sa capacité à se métamorphoser – à accueillir et ne pas subir ». Deux volets qui se répondent implicitement, et dont la force sera sans doute décuplée dans cette Salle noire intimiste où la proximité avec les artistes est grande.

Aurélien Martinez


À l'œil intrépide, le chemin du cœur

Par la Cie 47-49 François Veyrunes, dès 10 ans
La Salle Noire 19 rue des Arts et métiers Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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François Veyrunes en chair et en combat

SCENES | Deuxième volet d'un triptyque traitant de la mythologie grecque, "Chair Antigone" de François Veyrunes parle de la prise de position par le mouvement et la chair sublimée de corps féminins en tension, guerriers et graciles à la fois. Une pièce pour trois danseuses où le langage du corps définit l'espace.

Charline Corubolo | Mardi 3 novembre 2015

François Veyrunes en chair et en combat

Dans la mythologie grecque, Antigone, fille d’Œdipe et de la reine Jocaste, désobéit à un ordre de Créon, son oncle et roi de Thèbes. Dans la pièce de François Veyrunes, ce n'est pas tant le récit mythologique qui intéresse le chorégraphe que les archétypes véhiculés par ces histoires antiques et, dans ce cas précis, la prise de position de l'héroïne Antigone. Chair Antigone, deuxième volet du triptyque amorcé en 2014 avec Tendre Achille et qui se terminera en 2017 avec Sisyphe heureux, explore ainsi la question fondamentale du choix et de la volonté d'agir plutôt que de réagir. Malgré un décor fait de paillettes dorées sans valeur ajoutée et des morceaux musicaux qui soulignent de manière redondante les passages dramatiques, Chair Antigone, pièce pour trois danseuses, sublime les corps par des mouvements épurés qui construisent l'espace et défient la gravité. Les interprètes se métamorphosent en guerrières féminines dont l'engagement physique transparaît par leur chair à moitié dénudée. De trio au solo, en passant par le duo, la grammaire plastique élabore une rencontre entre le plan vertical et le plan horizontal, dans une dimensio

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Tout est bon dans le cochon !

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François Cau | Lundi 16 février 2009

Tout est bon dans le cochon !

Drôle de titre pour un article sur la danse, certes, mais qui illustre parfaitement les intentions de François Veyrunes avec sa nouvelle création Malgré Nous ( ?). Le chorégraphe, en résidence avec sa compagnie 47-49 au Grand Angle de Voiron depuis plus de trois ans, souhaite mettre à jour la part de cochon que nous renfermons tous selon lui. Comprendre qu’il s’agit ici de parler de l’homme en utilisant l’image animale. Pourquoi pas… L’un des trois danseurs (deux femmes et un homme, tous jeunes) porte donc une perruque affublée d’un nez et d’oreilles de porcin. Le côté comique pourrait prendre rapidement le dessus, si les danseurs n’avaient pas ce visage extrêmement grave nous empêchant tout sarcasme. Sur le plateau très design (une flopée de néons rouges entourent la scène), ils arpentent l’espace, concentrés, pendant que les spectateurs entrent dans la salle. Puis tout commence. Une heure de spectacle où se succèdent trios, duos et solos, véhiculant des images fortes, à connotation christique pour certaines (on pense à la partie où le danseur masculin, presque nu, semble faire ses ablutions). Les corps se croisent, s’ignorent, s’entrechoquent au son d’

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