Corps à corps

Aurélien Martinez | Jeudi 9 janvier 2014

Photo : Francois Stemmer


C'est l'un de nos coups de cœur de la saison danse. Un spectacle créé lors du Festival d'Avignon 2012 et qui depuis connaît un beau succès. Alors que pourtant, ce n'était pas gagné. Sur scène, neuf danseurs et neuf danseuses mis à nu par le chorégraphe Olivier Dubois. Mis à nu oui, ce qui peut sur le papier surprendre – voire agacer. Mais une fois le ballet des corps agencé (à savoir l'entrée et la sortie de scène des danseurs au rythme de pulsations, mouvements répétitifs qui dureront quelque 45 minutes), tout fait sens. La proposition de Dubois devient alors brute, intense.

"Qu'est-ce que l'humanité ?" semble se demander le chorégraphe. Sans s'embourber dans des considérations pseudo-intellectuelles, son Tragédie est une réponse ouverte, libre. « Ne restent que des plaques de peau, comme des plaques tectoniques. La peau qui gagne du terrain pour recouvrir le monde. Nous sommes six milliards d'humains sur Terre. J'imagine que, nus et allongés, nous recouvririons le monde de nos peaux.». AM

Tragédie, jeudi 23 et vendredi 24 janvier, à la MC2


Tragédie

Poème chorégraphique pour dix-huit danseurs d’Olivier Dubois. Neuf hommes et neuf femmes, corps nus, jeunes et matures, blancs ou bruns, arpentent sans relâche le plateau pour "refaire du pas le geste fondamental de leur volonté". La nudité dit ici un état de corps originel délesté de ses paramètres sociologiques ou psychologiques.
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Le Festin des Idiots veut couper court au théâtre intimidant avec ses "Apéros-Tragédies"

Théâtre | Des histoires mythiques du théâtre classique ; des comédiens et comédiennes investis ; une contrainte de temps (10 minutes) : avec ses "Apéros-Tragédies", la compagnie grenobloise "Le Festin des Idiots" propose de désacraliser trois œuvres du répertoire en une soirée très cabaret. On adore l'idée.

Aurélien Martinez | Mardi 2 novembre 2021

Le Festin des Idiots veut couper court au théâtre intimidant avec ses

Depuis plusieurs années, la compagnie Le Festin des Idiots propose ici (dans des salles de spectacle) et là (dans des lieux où l'on a moins l'habitude de voir du théâtre) des réductions en dix minutes de textes importants du patrimoine dramatique. Des propositions décalées qui n'ont pas pour but de se substituer à l’œuvre originale, mais simplement d'en transmettre la substantifique moelle à un public aussi bien fan de théâtre que complètement profane. C'est que leurs aventures, accessibles à tous, que l'on connaisse ou non le texte initial, n'ont rien de la blague potache et facile qui pourrait faire hurler les puristes incapables d'imaginer que le répertoire vive. Même si, dans certains cas, le rire n'est jamais loin – et tant mieux. Florent Barret-Boisbertrand, comédien de la compagnie, s'est attelé à plusieurs formes courtes (il n'y a pas de metteur en scène attitré dans ce projet). « Si on résume la tragédie, il peut en effet se passer quelque chose d'assez comique et grotesque. Mais nous sommes aussi sur d'autres sensations. Je pense à mes versions, qui ne sont généralement pas les plus drôles ! Sur Dom Juan par exem

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La danse dans la peau

SCENES | On avait déjà fait le coup une fois en titrant « ça c’est du théâtre » (pour le Notre terreur du collectif D’ores et déjà). On ne va donc pas décliner le (...)

Aurélien Martinez | Lundi 20 janvier 2014

La danse dans la peau

On avait déjà fait le coup une fois en titrant « ça c’est du théâtre » (pour le Notre terreur du collectif D’ores et déjà). On ne va donc pas décliner le concept à l’infini, même si, franchement, une phrase choc comme « ça c’est de la danse » aurait tout son sens ici. Avec Tragédie, le chorégraphe Olivier Dubois a en effet conçu une pièce brute où le mouvement chorégraphique est le centre du spectacle et le vecteur ultime d’émotions. Un mouvement travaillé à l’extrême (les danseurs livrent une véritable performance) qui apparaît néanmoins d’une grande fluidité. Les dix-huit interprètes, tous nus, incarnent l’idée d’une humanité resserrée le plus simplement du monde, sans en rajouter dans le sous-texte – leur présence (en nombre) suffit. La première partie est à ce titre explicite : pendant 45

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« Que le corps explose »

SCENES | Dix-huit danseurs nus sur scène pendant 1h30 pour une pièce qui monte, qui monte, qui monte... "Tragédie" est une claque brute, intense et sidérante intelligemment mise sur pied par le chorégraphe Olivier Dubois. Rencontre et critique plus qu’enthousiaste. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Jeudi 16 janvier 2014

« Que le corps explose »

Le spectacle s’appelle Tragédie, mais il n’est pas du tout tragique ! Pourquoi avoir choisi ce titre ? Olivier Dubois : Le fait d’être humain ne fait pas humanité : c’est là la tragédie humaine. Ce titre fait référence au théâtre. Toute la structure de la pièce suit l’avancée du chœur dans la tragédie grecque, avec des épisodes, des péripéties, un exode, une catharsis... Par exemple, dans la chorégraphie, cette marche d’ouverture – les douze pas allers et les douze pas retours –, je l’ai cherchée dans la tragédie grecque française, dans l’alexandrin. Tout a été pensé sous cette forme avec des allitérations, des hiatus, des assonances... L’architecture de Tragédie est très complexe. Comment avez-vous travaillé pour que cette complexité n’annihile pas la force de la danse ?  C’est vrai que la pièce est extrêmement complexe pour les interprètes puisque tout est écrit. Et l’écriture ne lâche rien, elle devient de plus en plus complexe au fil de la représentation, d’où une dema

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Danse : on va voir quoi cette saison?

SCENES | Le point GGiselle est un ballet classique monumentale, symbole même du romantisme. Une hisoire d’amour, un mélange de tragédie et de surnaturel. Garry (...)

François Cau | Vendredi 12 septembre 2008

Danse : on va voir quoi cette saison?

Le point GGiselle est un ballet classique monumentale, symbole même du romantisme. Une hisoire d’amour, un mélange de tragédie et de surnaturel. Garry Stewart et sa compagnie l’Australian Dance Theatre, qui avaient séduit le monde de la danse en déconstruisant Le Lac des cygnes, ont décidé de s’attaquer à ce somment vertigineux, pour en livrer une interprétation toute personnelle baptisée G., Stewart, laissant ainsi de côté la linéarité de l’œuvre originale, s’empare de Giselle, l’avale et la recrache brute sur scène. Aux danseurs de la figurer, aidés par des panneaux lumineux narrant de façon très succincte les différents moments clés du ballet. Le design est léché (il faut aimer le vert électrique !), la musique minimaliste, et l’énergie omniprésente. À voir les 21 et 22 octobre à la Rampe. Danse martialeÀ vos calendriers. Le danseur et chorégraphe anglais Russell Maliphant sera mardi 25 novembre à l’affiche de la Rampe où il présentera un programme découpé en trois parties : Flux, Small Boats et Push. Un travail tout en retenue sur le corps, l’espace, la lumière ; en té

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