Les stars

Aurélien Martinez | Vendredi 10 janvier 2014

Photo : Anne Van Aerschot


Le spectacle Vortex Temporum ? Un Anne Teresa De Keersmaeker mineur et trop intellectualisé qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers d'une des plus grandes chorégraphes de sa génération. Rien que pour ça, les amateurs de danse se doivent d'être à la MC2 entre le 23 et le 25 avril. Ils se doivent aussi d'être à la MC2 début avril (les 1er et 2) pour découvrir Tauberbach, la nouvelle création d'Alain Platel des Ballets C de la B (que nous n'avons pas vue). « Comment (sur)vivre avec dignité quand il nous reste très peu ? » se demande l'un des plus grands chorégraphes européen (qui est belge, comme Anne Teresa De Keersmaeker) ? On lui fait confiance pour trouver la réponse. Et l'on se dit que la MC2 a quand même une prog danse qui envoie du lourd !


Vortex Temporum

Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas, Ensemble Ictus. Les danseurs de Rosas et les musiciens d’Ictus sont ici réunis dans une quête commune : tresser différentes qualités de temps. Comment se dilate ou se contracte le temps perçu, comment il semble se tordre ou se feuilleter, voilà ce qu’explore De Keersmaeker en un contrepoint où tout fait chorégraphie, mouvements des danseurs et gestes des musiciens, sons et tensions dans l’espace
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


Tauberbach

Münchner Kammerspiele / les ballets C de la B, concept et ms Alain Platel. Sonorités, images, émotions deviennent ferments, activant le processus de recherche avec les danseurs-comédiens. "Comment (sur)vivre avec dignité dans des conditions extrêmes ?", tel pourrait être le sous-titre de la nouvelle pièce
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
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12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Panorama de rentrée culturelle 2020/2021 | Avec des chorégraphes qu'on connaît (très) bien, des nouvelles têtes, des reprises... Il y aura de quoi faire cette saison dans l'agglomération grenobloise !

Aurélien Martinez | Lundi 19 octobre 2020

12 propositions pour une année de danse intense à Grenoble

Miracles Le très productif chorégraphe hip-hop (mais pas que) Bouba Landrille Tchouda, qu’au Petit Bulletin nous suivons avec plaisir depuis (presque) ses débuts (on en a écrit des lignes élogieuses sur ses spectacles !), dévoilera cet automne sa nouvelle création. Avec, comme souvent avec lui, une note d’intention pleine de beaux principes – extrait : « dans un dispositif scénique léger, trois interprètes exploreront, dans un va-et-vient entre l’intime et l’extérieur, la question de l’inter-dépendance, qui nous bouscule tout autant qu’elle nous enrichit ». D’accord ! AM Au Grand Angle (Voiron) mardi 10 novembre Au Théâtre municipal de Grenoble jeudi 12 et vendredi 13 novembre Loto3000

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Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Danse | L'immense chorégraphe belge flamande présente, à la MC2 du mercredi 20 au vendredi 22 mars, sa pièce culte "Rosas Danst Rosas" créée il y a vingt-six ans.

Aurélien Martinez | Lundi 18 mars 2019

Who runs the world ? Anne Teresa De Keersmaeker !

Les chorégraphes qui ont marqué (et qui marquent toujours) l’histoire de la danse contemporaine aiment souvent revenir en arrière et donner une nouvelle fois leurs spectacles fondateurs – une démarche plutôt sympathique pour la partie du public qui n’était pas née (ou avait autre chose à faire) lors de la création. C’est ainsi ce à quoi s’emploie depuis plusieurs années l’immense Anne Teresa De Keersmaeker, artiste au langage reconnaissable entre mille : un art à la précision millimétrée (elle est passionnée par les mathématiques) toujours en osmose avec la musique (souvent répétitive) et libérant une folle énergie. Voici donc Rosas Danst Rosas, pièce radicale créée en 1983 que le site de la Flamande présente tout simplement comme « un spectacle devenu depuis lors une véritable référence dans l’histoire de la danse postmoderne ». Une aventure pour quatre danseuses faite de « mouvements abstraits qui constituent la base d’un riche contrepoint chorégraphique dominé par la répétition » qu’on s’empressera d’aller (re)découvrir, après en avoir aperçu des bouts en 2011 dans le clip Countdown de Beyoncé – c

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"Requiem pour L" : de la musique, jusqu’à ce que mort s’ensuive

Spectacle musical | Du mercredi 6 au vendredi 8 mars à la MC2, on pourra découvrir une troublante création signée notamment par l'immense Alain Platel.

Aurélien Martinez | Mardi 5 mars 2019

C’est une proposition difficilement classable, que l’on doit au metteur en scène et chorégraphe (des fameux Ballets C de la B) Alain Platel et au compositeur Fabrizio Cassol. Une aventure quelque part entre le concert (« quatorze musiciens de plusieurs continents se rencontrent autour du Requiem de Mozart qu’ils reconstruisent en fusionnant leurs influences musicales personnelles avec du jazz, de l’opéra et de la musique africaine populaire ») et le spectacle classique (nous sommes assis comme au théâtre, et aucune interaction n’a lieu avec le public). Mais une aventure qui emporte celles et ceux qui en acceptent les codes, et surtout le propos. Car en fond de plateau de ce Requiem pour L, derrière une scénographie forte qui évoque le Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe situé à Berlin, passe la vidéo d’une femme alitée (Lucie, d’où le "L" du titre) vivant ses derniers instants. Le cadre est serré sur le visage de celle qui a accepté que les images soient utilisées par Alain Platel – dont elle était une spectatrice fidèle. La mort nous est ainsi montrée en face, avec franchise mais égalemen

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Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Panorama de rentrée culturelle 2018/2019 | Avec des grands noms de la danse contemporaine comme des plus confidentiels mais non moins passionnants.

La rédaction | Mardi 18 septembre 2018

Danse : nos huit coups de cœur ou attentes pour cette saison

Comme un trio « La littérature, pensais-je, pouvait peut-être encore faire danser les mots, ces mots qui attendent patiemment qu’on les pousse dans un corps brûlant les pieds sur demi-pointe. » Voilà ce qu’écrit le chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta en note d’intention de sa prochaine création qu’il dévoilera en avant-première fin septembre à la MC2. Une pièce pour trois interprètes basée sur le fameux Bonjour Tristesse de Françoise Sagan, roman culte plein de fougue. On en attend beaucoup. À la MC2 jeudi 27 septembre et du mardi 11 au samedi 15 décembre À l’Agora (Saint-Ismier) vendredi 28 septembre À l’Oriel (Varces) samedi 29 septembre SEИS La compagnie Arcosm, qui fut en résidence les trois dernières saisons à la Rampe, reviendra à Échirol

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Danse : dix spectacles pour une saison

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Que les amateurs de danse se rassurent : plusieurs salles à Grenoble et dans l'agglo proposent d'excellents spectacles de danse. En voici dix, sélectionnés par nos soins.

La rédaction | Mercredi 13 septembre 2017

Danse : dix spectacles pour une saison

Welcome Les spectacles interprétés par des enfants inspirent généralement au critique professionnel la plus profonde méfiance. Sauf quand c’est la chorégraphe Josette Baïz qui met en scène son groupe Grenade, composé de jeunes danseurs issus de quartiers d’Aix-en-Provence et Marseille. Dans ce cas, nos aigreurs s’envolent et l’on applaudit chaudement le résultat au vu du talent des interprètes, qui reprendront ici plusieurs pièces composées uniquement par des chorégraphes femmes comme Dominique Hervieu et Blanca Li Pochette Surprise. On sera dans la salle pour découvrir le résultat. À la Rampe (Échirolles) les 11 et 12 octobre My ladies rock L’un des tubes du chorégraphe grenoblois Jean-Claude Gallotta s’intitule

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"Trois Grandes Fugues" : un quatuor pour trois chorégraphes

Danse | Superbe affiche de rentrée à la MC2 pour le fameux Ballet de l'Opéra de Lyon qui reprend les "Grandes Fugues" magistrales de Maguy Marin et d’Anne Teresa de Keersmaeker. Et s’approprie celle de Lucinda Childs, venue spécialement à Lyon cet été pour la créer. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

La rédaction | Vendredi 23 décembre 2016

Maguy Marin, Anne Teresa de Keersmaeker, et maintenant Lucinda Childs... Que de succès féminins pour Ludwig van Beethoven et sa Grande Fugue, l'une de ses dernières pièces musicales composée entre 1824 et 1825. Ces trois grandes dames de la danse ont, chacune dans leurs univers dissemblables, été fascinées par ce quatuor à cordes, controversé à l'époque de sa création et aujourd'hui considéré comme le sommet de l’œuvre de l’Allemand. Car Beethoven y entremêle la puissance d'expression dramatique qu'on lui connaît à une forme de composition des plus complexes : une savante combinaison de sonate, de fugue et de variation, ainsi qu'une structure contrapuntique. Inventant sa danse au plus proche des partitions musicales qu'elle entreprend de travailler, on imagine alors la jubilation d'Anne Teresa de Keersmaeker devant un tel monstre sacré. Sa Grande Fugue, créée en 1992 et transmise au Ballet de l'Opéra de Lyon en 2006, dessine, avec huit interprètes

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Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Panorama 2016/2017 | Avec des nouveautés, des reprises, des stars et même un concours. Suivez-nous.

Aurélien Martinez | Lundi 24 octobre 2016

Danse : les cinq spectacles à ne pas louper cette saison

Pindorama La Brésilienne Lia Rodrigues, chorégraphe des émotions à fleur de peau et du dépassement des limites du corps, voit la danse comme un combat. Après des passages à la Rampe ou à l’Hexagone, elle sera cette saison à la MC2 avec un Pindorama (un mot qui, dans la langue tupi, désigne le Brésil d’avant la colonisation) que nous n’avons pas vu mais qui nous intrigue fortement. Attention, choc possible, surtout que le dispositif scénique (qu’on ne dévoilera pas) fera tout pour le renforcer. À la MC2 du mercredi 16 au vendredi 18 novembre ______ [re]connaissance Un concours de danse ? Oui ! Sur deux soirs, douze compagnies de toute la France (voire de l’étranger pour certaines) présentent une pièce courte pour trois à cinq danseurs. Un temps fort appréciable vu la diversité remarquable que l’on découvre chaque année dans la salle qui accueille le concours. Et un temps fort ludique, les spectateurs étant amenés à voter pour décerner l’un des trois prix qui, justement, offriront une im

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Danse haut de gamme

SCENES | Depuis une trentaine d’années, c’est vers la musique classique ou contemporaine que portent tous les efforts de la chorégraphe flamande Anne Teresa De (...)

Aurélien Martinez | Mardi 15 avril 2014

Danse haut de gamme

Depuis une trentaine d’années, c’est vers la musique classique ou contemporaine que portent tous les efforts de la chorégraphe flamande Anne Teresa De Keersmaeker. La danse et la musique, ce vieux couple ancestral abandonné par beaucoup, qu’elle ne cesse, quant à elle, d’analyser, décortiquer, frotter l’un à l’autre, en créant notamment ses pièces par annotations quasi musicales : canons, contrepoints, variations… Pour sa dernière création, elle s’est confrontée au Vortex Temporum, œuvre de Gérard Grisey, compositeur français de la seconde moitié du XXe siècle. Sur scène, les musiciens d’Ictus (ensemble belge de musique contemporaine) interprètent donc la partition spectrale de Grisey aux côtés des danseurs de la compagnie Rosas. Un croisement, sorte de « tourbillon des temps », que la chorégraphe a savamment orchestré via des lignes sur le sol aux architectures complexes – nous avons eu droit à une passionnante conférence sur le sujet le soir où nous avons découvert le spectacle. Un spectacle du coup très (voire trop) intellectualisé, intimidant parfois, qui reste tout de même un fascinant voyage dans l'univers d'une des plus grandes chorégrap

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Danse bâtarde

SCENES | Les fous, les marginaux, les déshérités, les inclassables, tous ceux qui échappent aux normes... Tels sont les personnages qui passionnent le chorégraphe belge (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 mars 2014

Danse bâtarde

Les fous, les marginaux, les déshérités, les inclassables, tous ceux qui échappent aux normes... Tels sont les personnages qui passionnent le chorégraphe belge Alain Platel et qu'il met la plupart du temps en scène. Pour le pire avec Pitié ! en 2008 ou pour le meilleur avec vsprs en 2006 et ses mouvements inspirés des spasmes hystériques. Lui-même ancien orthopédagogue auprès d'enfants handicapés, Platel fonde en 1984, sans formation de danseur ni de metteur en scène, les improbables Ballets contemporains de la Belgique, devenus les célèbres Ballets C. de la B. Certains ont qualifié son univers puisant dans le réel de « danse documentaire » ; le chorégraphe préfère, lui, le qualificatif de « danse bâtarde », tant il aime mélanger et intervertir les rôles et les disciplines : la danse peut être confiée à des circassiens ou à des comédiens, les danseurs peuvent chanter ou dire des textes, des chanteurs et des musiciens s'immiscent aussi souvent parmi les mouvements des autres. Sa dernière création tauberbach (que nous n’avons pas encore vue, mais dont on attend beaucoup) est l'adaptation de la biographie d'une schizophrène brésilienne qu

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"Gardenia" : fin de partie

Cabaret | Le cabaret va fermer ses portes. Une dernière fois, les artistes qui l’ont fait vivre montent sur les planches. Des travestis, accompagnés de deux femmes, (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 6 janvier 2012

Le cabaret va fermer ses portes. Une dernière fois, les artistes qui l’ont fait vivre montent sur les planches. Des travestis, accompagnés de deux femmes, qui ont tout simplement vieilli, et qui remballent maintenant les costumes de leur vie passée. Mais avant, ils s’offrent donc un ultime tour de piste, où seront abordés, dans un même élan, la fuite du temps, les rêves brisés, l’humour potache… Une mise en abyme élaborée par trois Belges : l’artiste pluridisciplinaire Frank Van Laecke, le chorégraphe Alain Platel des Ballets C. de la B. (on se souvient de son fabuleux Out of Context vu à la MC2 la saison dernière), et surtout Vanessa Van Durme, comédienne à l’origine du projet, que l’on avait déjà pu découvrir dans le très beau spectacle Regarde maman, je danse, mis en scène par Frank Van Laecke et programmé à la Rampe en 2008. De ce ménage à trois est ainsi né un Gardenia

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C’est l’histoire de la vie

SCENES | Les chorégraphes s’intéressent souvent à la nature humaine. Ils la dissèquent, la confrontent à ses contradictions, à ses faiblesses, mais aussi révèlent sa force, (...)

Christophe Chabert | Vendredi 12 novembre 2010

C’est l’histoire de la vie

Les chorégraphes s’intéressent souvent à la nature humaine. Ils la dissèquent, la confrontent à ses contradictions, à ses faiblesses, mais aussi révèlent sa force, sa capacité de résilience… Il est toujours surprenant de lire attentivement leurs notes d’intention qui se ressemblent beaucoup dans leurs propos et le champ lexical employé. Alain Platel n’échappe pas à la règle, mais la transcende judicieusement avec un Out of context dédié à Pina Bausch plus corrosif qu’il n’y paraît. Sur scène, neuf interprètes s’installent, très longuement. Ils se déshabillent, gardant uniquement leurs sous-vêtements, et se drapent dans une couverture orange : une couverture de survie ? Seraient-ils des sans-abris ? Des réfugiés ? Chacun y voit ici ce que bon lui semble, là n’est pas la question… Ainsi, cette nouvelle création du très référencé Alain Platel, plus habitué au clinquant qu’à la sobriété, surprend de prime abord : pas de décors, d’orchestre sur scène, et surtout pas de clés de lecture imposées. On découvre alors de splendides interprètes (les danseurs des incontournables Ballets C de la B, dont Kaori Ito, déjà aperçue comme chorégraphe à l’Hexagone de Me

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