Minuit, l'heure des cimes

SCENES | 22, v'là les... vingt-deux acrobates de la compagnie XY et leur nouvelle création, "Il n'est pas encore minuit...". L'un des rares triomphes de la dernière Biennale de la danse de Lyon, littéralement vertigineux et moins désinvolte qu'il n'y paraît. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 7 octobre 2014

Photo : Christophe Raynaud Delage


« Citius, Altius, Fortius. » « Plus haut, plus fort, plus vite. » C'est la devise des Jeux Olympiques, telle que la formula Pierre de Coubertin en 1894. Ce pourrait être celle de XY, compagnie lilloise versée dans l'art à hauts risques du porté acrobatique dont elle n'a de cesse de repousser les limites formelles et spatiales depuis sa fondation en 2005. Sa nouvelle création la voit franchir un nouveau palier : présentée en avant-première à la prestigieuse Biennale de la danse de Lyon, où elle fut unanimement acclamée, Il n'est pas encore minuit... met en scène pas moins de vingt-deux costauds et voltigeurs.

Cette force numérique est d'abord, évidemment, un facteur de multiplication. Multiplication des hauteurs – en fait de "pyramides humaines", il faudrait ici parler de "points culminants humains". Multiplication des distances – en particulier lors d'une suite de propulsions par « planches sauteuses » digne d'un jeu de plates-formes. Mais aussi multiplication des possibilités d'interaction, le spectacle s'équilibrant entre ascensions synchronisées et cabrioles faussement désordonnées, délicates mises en péril en petit comité et crises de hardiesse collectives pendant lesquelles tout le monde s'envoie en l'air dans la bonne humeur.

Ensemble c'est tout

Mais elle est également l'expression d'une véritable intention citoyenne, inscrite dans l'ADN même de la troupe. Car la maxime que se sont choisie Abdeliazide Senhadji et Mahmoud Louertani, les bâtisseurs en chef de ces instables édifices de chair, est en fait la suivante : « Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. » Toute entière contenue dans le final de la pièce, où le groupe s'agglutine en un organisme qui n'hésite pas à phagocyter les individualistes, elle éclaire rétroactivement un spectacle dont les sommaires apparats (tenues de ville pré-Grande Dépression, éclairage cru, chorégraphies limitées à quelques pas de swing et de gentilles rixes) laissaient présager une "simple" débauche de virtuosité. Alors que chaque déplacement d'air, du moindre soupir de soulagement au salto le plus sophistiqué, y charrie un bout de plaidoyer pour la solidarité et la mixité. De quoi rendre l'époque un peu plus respirable.

Il n'est pas encore minuit...

Du mardi 14 au samedi 18 octobre, à la MC2


Il n'est pas encore minuit...

Par la Cie XY, collaboration artistique Loïc Touzé, Valentin Mussou et David Gubitsch. Dès 6 ans
MC2 4 rue Paul Claudel Grenoble
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Bonnie Banane, pop chaotique

Pop | Si vous êtes un peu désarçonnés à la première écoute d’un morceau de Bonnie Banane, on vous rassure : c’est parfaitement normal. Il faut dire que ces dernières (...)

Damien Grimbert | Vendredi 16 juillet 2021

Bonnie Banane, pop chaotique

Si vous êtes un peu désarçonnés à la première écoute d’un morceau de Bonnie Banane, on vous rassure : c’est parfaitement normal. Il faut dire que ces dernières années en France, on avait un peu perdu l’habitude de voir des artistes musicaux s’emparer d’esthétiques mainstream a priori bien balisées (chanson, pop, variété…) pour les transformer en autant de vivifiants terrains d’expérimentations. Il faut dire aussi que Bonnie Banane n’en est pas à un paradoxe près. Actrice formée aux arts dramatiques devenue musicienne à plein temps en l’espace d’une petite dizaine d’années, elle dispose de capacités vocales impressionnantes sans en faire pour autant un usage purement performatif, joue d’une désinvolture apparente pour mieux aborder en chanson des sujets tout sauf désinvoltes, concilie un certain héritage pop vintage très français et un goût prononcé pour les sonorités hyper-contemporaines venues d’outre-Atlantique (rap, électro, R’n’B)… Autant de grands écarts peu courants qui bousculent les attentes de l’auditeur dans un premier temps pour mieux le séduire insidieusement ensuite. Difficile en effet de résister au charme débridé et à la créativité folle qui se dégagent de son pre

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Möbius : l'art de l'envol

Spectacle | Pour créer, Rachid Ouramdane aime partir à la rencontre de l’autre, qu’il soit artiste ou non. Le co-directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble a récemment choisi de travailler avec la Compagnie XY, une troupe d’acrobates. Impressionnant, le résultat est à découvrir jusqu’à vendredi 24 janvier, sur la scène de la MC2.

Martin de Kerimel | Mardi 21 janvier 2020

Möbius : l'art de l'envol

À quoi tient la magie d’un instant ? Comment expliquer qu’une heure durant, ce qui se passe sur une scène parvienne à nous faire oublier les soucis de notre quotidien et nous emmener ailleurs ? Quel phénomène étrange se joue lorsqu’un bon millier de personnes, adultes, adolescents, enfants, vibrent soudain à l’unisson, sensibles à une émotion partagée ? Il n’est pas indispensable de trouver une réponse à toutes ces questions pour profiter de Möbius. Il peut toutefois être difficile de résister à l’envie d’acclamer une performance artistique remarquable… et c’est pourtant ce qui nous a été demandé un soir de la semaine dernière, à Annecy, en prélude à une représentation du nouveau spectacle chorégraphié par Rachid Ouramdane. Talent et force poétique Passée la surprise, on comprend évidemment que cette œuvre – désormais programmée à la MC2, depuis mardi et jusqu’à vendredi – est si technique (et potentiellement dangereuse) qu’il faut absolument éviter de troubler l’intense concentration des exécutants. Pas question de s’appesantir sur le sujet : toute considération matérie

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Danser et pleurer avec Kompromat

Électro | Si l’arrivée sur la scène électronique française du duo Kompromat a fait autant de bruit (vous en connaissez beaucoup, des groupes qui enchaînent les dates (...)

Damien Grimbert | Mardi 12 novembre 2019

Danser et pleurer avec Kompromat

Si l’arrivée sur la scène électronique française du duo Kompromat a fait autant de bruit (vous en connaissez beaucoup, des groupes qui enchaînent les dates d’aussi grande ampleur à peine plus d'un an après leur création ?), c’est avant tout parce que ses fondateurs sont très loin d’être des perdreaux de l’année. Á ma gauche, Pascal Arbez alias Vitalic, figure de proue des musiques électroniques en France depuis le tout début des années 2000 et la sortie de son tube emblématique Poney. Á ma droite, Julia Lanoë alias Rebeka Warrior, chanteuse ultra-charismatique aussi à l’aise dans des registres pop-folk (au sein de Mansfield, TYA) qu’électro-punk (au sein des explosifs Sexy Sushi). Il faut reconnaître au duo un talent certain pour donner naissance à une flopée de morceaux envoûtants aussi dansants que profondément mélancoliques, qui devraient faire fureur une fois transposés sur scène (comme en témoigne avec brio son premier album Traum Und Existenz, chanté à la fois en allemand et en français). On est en revanche un brin plus réservé sur l’originalité des créneaux musicaux qu’il a choisi d’explorer :

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Le festival du court sous les avalanches

ECRANS | La 38e édition du festival du film court en plein air de Grenoble confirme les tendances de l’an dernier, du moins concernant une compétition qui, malgré la profusion de l’offre (3000 films vus), manque clairement de diversité. On en a tiré une sélection de films intrigants, pertinents et percutants. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 30 juin 2015

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Ce fut la surprise de la 37e édition : le Grand prix du festival du film court en plein air de Grenoble a été remis au Skate moderne, pastiche drôle et bien vu de La Vie moderne de Depardon avec des skaters à la place des paysans, damant le pion à une multitude de films engagés et souvent trop sérieux. Derrière ce prix, un symbole : ses auteurs ne venaient pas d’une école de cinéma et leur film n’avait pas été produit dans les clous classiques du circuit court (métrage) ; c’était une vidéo commandée par Dailymotion, le genre de choses qui circulent longuement sur internet à la faveur des buzz et des partages viraux. Cela dit quelque chose du challenge qu’affrontent les festivals de courts-métrages : une profusion de films inscrits, venus de partout dans le monde, où les productions les plus sauvages côtoient des montages financiers traditionnels (en France : CNC, régions, fonds nationaux d’aide…). Grenoble affiche cette année le chiffre record de 3000 films proposés au comité de sélection, et l’affaire est s

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Les autres têtes d’affiche du vendredi

MUSIQUES | Il y aura donc Blondie et Azealia Banks le vendredi à Musilac. Mais pas que. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 5 juillet 2013

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Le classieux Beau gosse brun ténébreux rapidement rangé dans la case des jeunes gens modernes (ces artistes à la Lescop & co qui font plus que référence à une certaine époque musicale française – celle des Jacno, Daho, Darc...), Yan Wagner se permet de refuser l’étiquette : « c’est une lubie journalistique, ou peut-être de la fainéantise, mais c’est quelque chose qui me casse les pieds » déclare-t-il en interview. De toute façon, un jeune gens moderne, ça s’exprime en français, pas en anglais comme lui, non ? Passons... Son premier album Forty eight hours, sorti l’an passé, est d’une efficacité redoutable dans sa construction. De l’électro-pop dansante et sensuelle, qui rappelle ainsi les noms précités, mais aussi New Order et la new wave. En live, le charme vénéneux de Wagner (son timbre grave et faussement nonchalant y sont pour quelque chose) embarque l’audience en moins de deux. Comme on avait pu s’en rendre compte en juin 2011 lors d’un concert parisien en homma

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Vertigineux !

SCENES | Attention, spectacle sidérant cette semaine à la Rampe d’Échirolles. Avec Le Grand C, la compagnie XY, collectif de dix-huit artistes, nous en met plein (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 14 décembre 2012

Vertigineux !

Attention, spectacle sidérant cette semaine à la Rampe d’Échirolles. Avec Le Grand C, la compagnie XY, collectif de dix-huit artistes, nous en met plein les yeux sans aucune esbroufe tape-à-l’œil. Pendant plus d’une heure, les acrobates, prodigieux, essaient tous les portés et combinaisons possibles, transformant ainsi leurs corps tantôt en pilier de fondation, tantôt en statue posée au sommet d’une pyramide. Une poétique du mouvement se met alors en place, avec finesse et humour, le côté véritablement spectaculaire de l’aventure (notamment toutes les parties où il est question de voltige) ne prenant jamais le dessus sur la notion de spectacle – car nous ne sommes pas dans un cirque, avec divers numéros mis bout à bout, mais bel et bien à l’intérieur d’un théâtre. Qu’on se le dise : habilement chorégraphié, ce ballet acrobatique est sans aucun doute l’une des propositions de nouveau cirque les plus enthousiasmantes que nous ayons pu découvrir à Grenoble. Tout simplement immanquable. Aurélien Martinez Le Grand Cmardi 18 et mercredi 19 décembre à 20h, à la Rampe (Échirolles)

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16 heures sinon rien

MUSIQUES | Organisée conjointement par Mus’Act et Wazacrew, la soirée Alternative Spirit, ce samedi 1er décembre à la Salle Rouge, s’annonce comme l’un des événements (...)

Damien Grimbert | Lundi 26 novembre 2012

16 heures sinon rien

Organisée conjointement par Mus’Act et Wazacrew, la soirée Alternative Spirit, ce samedi 1er décembre à la Salle Rouge, s’annonce comme l’un des événements marquants du week-end. D’une durée de 16 heures non-stop (on rassure tout de suite les moins endurants, la sortie n’étant pas définitive, il leur sera possible de faire autant de pauses que nécessaire), elle proposera en effet pas moins de 16 artistes différents, couvrant une gamme de styles musicaux allant de la techno à la trance, en passant par l’acid, le breakcore, le dubstep, la drum’n’bass et l’électro. Parmi les artistes à ne pas manquer : Mem Pamal, le vétéran technoïde de Besançon en activité depuis déjà une quinzaine d’années ; Raxyor, l’Américain installé en Hollande bien connu des amateurs pour ses mixes breakcore abrasifs ; ou encore Ruby My Dear (photo), révélation IDM/jungle/breakcore qui, après plusieurs maxis sur Peace Off Records, vient de sortir un album très remarqué, Remains Of Shapes To Come, sur le label berlinois de référence Ad Noiseam. DG

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Du velours underground

MUSIQUES | Retracer l’intégralité de la carrière de Lydia Lunch relève de la gageure quand on n’a pas une centaine de pages devant soi. Pour ce qui est de son enfance (...)

François Cau | Lundi 27 février 2012

Du velours underground

Retracer l’intégralité de la carrière de Lydia Lunch relève de la gageure quand on n’a pas une centaine de pages devant soi. Pour ce qui est de son enfance volée par un père incestueux et des galères qui s’ensuivirent, on ne peut que renvoyer à la lecture de l’autobiographique Paradoxia, traduit avec un art pertinent de l’interprétation par une Virginie Despentes qui livre là l’un de ses meilleurs travaux, restituant l’urgence d’une langue déliée par une vision justement amère et radicale. Pour ce qui est de son image dans la sphère créative new-yorkaise, procurez-vous donc la bien nommée anthologie Hardcore du cinéaste Richard Kern. Musicalement, Lydia Lunch participa notamment à l’émergence de la no wave, qu’elle transcenda avec son premier groupe, Teenage Jesus and the Jerks. Son premier album solo, Queen of Siam (1980), charrie une puissante charge érotique dans sa voix et ses textes, sur des morceaux oscillant entre pop désuète et une acception toute punk du jazz. Durant les années 80, elle multiplie les collaborations avec les plus illustres artistes indépendants (Nick Cave, Sonic Youth, Einstürzende Neubauten, Marc Almond…) et se recentre sur un

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Joyeuse apocalypse

MUSIQUES | Cinéaste, interprète, chanteuse, mais avant tout plume incandescente marquée au fer rouge par une enfance traumatisante et des excès assumés, Lydia Lunch passera en concert avec Big Sex Noise à l'Ampérage ce lundi. Splendide prétexte pour causer avec une authentique légende de l'underground. Propos recueillis par François Cau

François Cau | Dimanche 26 février 2012

Joyeuse apocalypse

Ce qui frappe dans vos livres Paradoxia et Will work for drugs, c'est la vivacité et l'efficacité de votre style. Comment vous est-il venu ?Lydia Lunch : C'est juste ma façon de penser, c'est juste comme ça que j'écris. Ce que j'apprécie dans Will work for drugs, c'est qu'on entend plusieurs facettes de ma voix. La littérature est ce qui m'influence le plus, mais ce sont simplement des pensées exprimées sous la forme d'une longue conversation, il n'y a pas de fioritures, je dis la vérité de la façon la plus abrupte possible, avec un peu de poésie et de brutalité. C'est cru, poétique, drôle, morbide...Comme l'auteur ! Comment avez-vous travaillé avec Virginie Despentes sur la traduction française de Paradoxia ?On a dû collaborer étroitement parce que je suis taquine avec l'anglais, je joue des tours sans m'en rendre compte, et à la traduction, ça peut se perdre. Je pense qu'elle était la personne parfaite pour me traduire : on est de très bonnes amies, elle me comprend bien. Si elle ne comprenait pas quelque chose, on pouvait s'en parler

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Dansons sous la foudre

MUSIQUES | Mansfield.TYA, c’est une musique magnétique bourrée d’émotions, composée par deux musiciennes… dont la chanteuse de Sexy Sushi, qui délaisse ses apparats punk et foutraques. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Vendredi 25 novembre 2011

Dansons sous la foudre

Dans la mythologie grecque, Nyx est la déesse de la nuit. Dans le monde musical, Nyx est le nom du troisième album du duo féminin nantais Mansfield.TYA. Nyx est donc un album évidemment centré sur des sentiments sombres, qui ne peuvent s’exprimer qu’une fois la clarté et l’évidence du jour retombées. Des sentiments redoutant l’arrivée de l’aube, qui les annihilera en un rayon de soleil. Il faut donc s’exprimer avant, avec toute l’urgence que cela implique. « Emmène-moi danser » osent demander Julia Lanoë et Carla Pallone sur le titre Des coups, des cœurs. Une proposition pour le moins saugrenue, sachant qu’au même moment, comme elles l’expliquent, « dans la nuit, la foudre a résonné ». Sur un autre titre, elles se retrouvent au bord de la mer du Nord, mais s’imaginent à Rio. « Et le bronzage de tes fesses dessinent un cœur, vulgaire mais beau… Comme notre amour. » Étonnant… « Un cerf blessé, ou un enfant » Si la mer du Nord devient l’océan Atlantique, c’est que l’on a affaire ici à une mystification d’esprits vagabonds. Une mystification subtilement opérée à la grâce de mélodies minimalistes étranges, portées par des violons et des claviers (le titre 22h38, ban

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Le bonheur est dans le pré

ARTS | EXPOSITION/ Une balade sensitive au cœur d’une réalité numérique en mouvement : voilà ce que propose le jongleur et informaticien Adrien Mondot, en (...)

François Cau | Vendredi 14 octobre 2011

Le bonheur est dans le pré

EXPOSITION/ Une balade sensitive au cœur d’une réalité numérique en mouvement : voilà ce que propose le jongleur et informaticien Adrien Mondot, en collaboration avec la plasticienne Claire Bardainne. Ensemble, ils ont prolongé les recherches menées depuis quelques années par Adrien (notamment avec son maintenant fameux logiciel eMotion) ; recherches qui l’avaient entre autres conduit à élaborer Cinématique, spectacle phénoménal et onirique présenté en 2009 à l’Hexagone – où il est en résidence depuis 2008, et encore jusqu’à la fin de l’année. Pour son passage à la forme exposition, l’univers de l’artiste ne s’en voit pas réduit, bien au contraire, le duo ayant imaginé des œuvres ludiques accessibles à tous qui revisitent la notion de nature avec un minimalisme graphique bienvenu. Il est par exemple impressionnant de se promener dans un champ numérique qui se meut au gré des pas des visiteurs, ou de faire s’envoler une flopée de lettres immatérielles par la simple action du souffle. Un cheminement par les émotions les plus simples, comme des réminiscences d’enfance qui s’en

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Mords-moi sans hésitation

ECRANS | De Jason Friedberg et Aaron Seltzer (EU, 1h22) avec Jenn Proske, Matt Lanter…

François Cau | Lundi 22 novembre 2010

Mords-moi sans hésitation

On le redit à chaque sortie française de leurs produits (Sexy movie, Big movie, Spartatouille), mais il le faut, c’est même une mission d’intérêt général : non contents d’être des serpillières sans talent à la solde de la Fox, Friedberg et Seltzer sont en outre les fossoyeurs du genre parodique. Leur seul et unique credo consiste à piocher dans les plus gros succès récents du box-office, d’en reproduire au plan près les scènes emblématiques et d’y rajouter un gag scato (ou une chute, dans le “meilleur“ des cas), d’intercaler des références pop que personne ne comprendra plus dans quelques années, et d’emballer le tout sans aucun souci de trame, avec des acteurs qui feraient passer Steven Seagal pour Cary Grant. Avec cette parodie de Twilight (et bon sang, y avait pourtant de quoi faire), encore une fois, l’unique touche de créativité s’est opérée lors du choix du titre français. FC

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Punk bâtard

MUSIQUES | C’est l’un des lives les plus attendus de cette fin de saison et pour cause : loin de se shooter à ses doucereuses effluves hype, le tandem de choc Sexy Sushi redéfinit les canons de l’électroclash en y rajoutant une grosse dose de punk. Et ça fait un bien fou. François Cau

François Cau | Mercredi 8 avril 2009

Punk bâtard

Depuis que l’annonce du concert est officielle, la rumeur gronde dans notre morne cité. La propagation du son Sexy Sushi s’opère à une vitesse incontrôlable. Globalement inconnu jusqu’à janvier dernier, le duo est désormais attendu comme le loup blanc par tous ceux qui se sont repus jusqu’à l’ivresse de leurs morceaux emblématiques. Faut dire que le groupe cultive l’art de la connivence immédiate : sur des rythmiques électro délicieusement surannées et accrocheuses, des textes décalés, scandés avec rage ou susurrés avec une extrême langueur par une chanteuse se donnant corps et âme, s’occupent d’appâter le chaland en mal d’artistes frondeurs. Alors, certes, le coup de la fausse bimbo aguicheuse déclamant des salaceries sur des sons vintage, on nous l’a déjà fait (et on tente même, en ce moment, de nous la refaire à l’envers avec Simone elle est bonne et sa Garden Party). Mais Sexy Sushi n’entretient aucune similitude avec ce revival déjà obsolète des biatchs à la superficialité autoproclamée qui ont tant pourri nos charts dans les décennies écoulées. Non. Sexy Sushi, c’est une efficacité mélodique déconcertante embrassant à pleine bouche les spectres les plus obscurs de l’électr

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