Les Gentils, petits plaisirs entre amis

SCENES | Bienvenue dans le monde déjanté des Gentils, jeune compagnie iséroise adepte d’un théâtre généreux, non intimidant et très drôle fait avec à peu près tous les matériaux textuels possibles – dont beaucoup de chansons. À l’occasion de son passage par Eybens avec "La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi", sa plus grande réussite, zoom sur l’une des bandes d’acteurs les plus enthousiasmantes du moment. Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 16 décembre 2014

Photo : Sophie Adriaens


Depuis quelque temps, on entend beaucoup parler de la compagnie des Gentils. À Grenoble et dans l'agglo d'abord : du côté de l'Espace 600, salle qui leur a très vite ouvert les portes ; d'Eybens, une ville qui commence à bien les aimer, de Saint-Égrève où ils sont attendus en avril… Et en dehors de l'Isère aussi : du côté de Lyon où un grand théâtre jeune public (le TNG) leur a donné de beaux moyens l'an passé, d'Avignon cet été pendant le fameux festival, de plusieurs autres villes (Saint-Étienne, Macon, …) où ils sont programmés dans d'importants théâtres.

Oui, pour les Gentils, ça commence à bien marcher même si, comme dirait l'autre, nul n'est prophète en son pays : il est par exemple assez dingue de constater que, finalement, très peu de professionnels grenoblois de la culture connaissent cette compagnie à qui l'on avait pourtant décerné l'an passé le "PB award" du meilleur espoir théâtral ! En même temps, pas sûr que le statut de prophète intéresse tant que ça Aurélien Villard et toute sa petite bande.

« Populaire et accessible »

« Je viens de Saint-Antoine-l'Abbaye [un village isérois situé face au Vercors –  NDLR]. J'ai toujours eu envie de parler au plus grand monde, de faire un théâtre populaire et accessible pour des gens qui ne vont pas au théâtre, qui ne sont pas forcément "cultureux"... Un théâtre pour tous. » Bien sûr, le raisonnement n'est pas nouveau, et beaucoup de metteurs en scène affichent crânement les mêmes intentions. Mais dans le cas d'Aurélien Villard, la démarche est sincère. Avec lui et ses Gentils, nous avons ainsi affaire à un théâtre généreux, instinctif et non intimidant, comme en témoigne La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi, cabaret qui a déjà quelque 70 représentations derrière lui depuis sa création en 2012.

« Ça faisait des années que je voulais que l'on fasse un spectacle qui irait de place de village en place de village. Un jour, mon père a trouvé une vieille carriole qu'on a retapée pour voir. Comme on n'avait pas de dates ni de lieu, on s'est dit que c'était le moment ! Faire une pièce de théâtre pouvait être compliqué pour alpaguer des gens dans la rue. Du coup, on est partis sur l'idée d'un cabaret avec de vieilles chansons françaises. » Mais un cabaret théâtral ; les chansons choisies étant très narratives, elles permettent aux comédiens de jouer avec les histoires, de tisser des liens grâce notamment à ce fameux Monsieur Vivaldi, qui n'est pas celui que l'on croit...

Bref, de faire un spectacle à part entière. « On est dans l'expérimentation, dans l'écriture collective. » Et aussi dans le "Do it yourself", chacun mettant la main à la pâte en récupérant ici ou là divers matériaux pour les costumes ou encore le (fascinant) décor fait de bric et de broc. « "Do it yourself", et "together" ! À chaque fois, je lance une idée, une trame générale... Après, tout le monde propose et on construit ensemble sur un temps donné. »

Passé

Flashback : « La compagnie est née il y a neuf ans. J'étais jeune, je sortais du lycée, où j'avais écrit une pièce – Faire pleuvoir les anges. Il y avait le festival Textes en l'air dans mon village. Ils m'ont laissé une petite salle pour la présenter. J'avais monté ça avec ma petite sœur et deux amis qui ne faisaient pas de théâtre... Ensuite, je suis rentré au Conservatoire de Grenoble où j'ai rencontré la plupart de ceux qui sont dans la troupe aujourd'hui. » Une grande bande d'amis, comme on le voit tout de suite sur le plateau. « J'aime travailler avec des gens avec qui je m'entends sur scène et aussi dans la vie. Il n'y a jamais eu de casting, c'est avant tout une aventure humaine (rires). C'est plus une idée de troupe, même si on n'a pas d'argent pour en être vraiment une ! Mais on aspire à ça, en ayant pourquoi pas un lieu ensemble, en créant à l'année des choses, en jouant longtemps... Pour l'instant, c'est une compagnie, et l'on se retrouve sur des projets. Je leur dis : "qui est disponible cette semaine pour faire quelque chose ?". On travaille un peu comme ça, sur notre temps libre ou sur les vacances quand on était encore étudiants. »

Cette façon de faire s'est révélée pour le moins productive. « Avant, on n'avait que des ébauches de spectacle, que l'on jouait peu car on partait très vite sur le suivant. Je n'étais pas dans un désir de faire tourner nos créations, de les montrer au plus grand nombre... La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi est la première que l'on a envie de défendre tous ensemble. » Et qui du coup connaît un important succès, grâce à un public de fidèles qui viennent la voir plusieurs fois et font magnifiquement fonctionner le bouche à oreille. « Avoir du succès à la fin de la représentation, c'est chouette. Mais ça fait peur pour celle du lendemain. Par exemple, le fait que ça soit plein à Eybens, c'est complètement stressant. »

Avenir

La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi peut de fait être vue comme l'acte de professionnalisation de la compagnie, qui reste néanmoins toujours guidée par le même désir – celui de se positionner un peu à côté d'un monde théâtral ayant parfois tendance à fonctionner en vase clos. Créé en extérieur, le spectacle a dû être réajusté pour entrer dans une salle et conserver son énergie. Pari réussi : pendant une heure trente, la petite dizaine de comédiens, portée par un valeureux pianiste, interprète des chansons de Trenet, des Frères Jacques, de Bourvil ou encore d'Annie Cordy, souvent avec humour et ironie, et sans que cela sente le rance ou la pastille Vichy. « Ça fait des années que l'on fait du chant avec des comédiens. Du coup, on devient chanteurs petit à petit, même s'il y a beaucoup de boulot ! »

Alors certes, les Gentils ne sont pas encore confrontés au théâtre de répertoire censé légitimer un artiste (même si Aurélien Villard a déjà mis en scène un texte de l'auteur jeune public Sylvain Levet avec certains membres de la troupe), mais qu'importe, cette façon de faire leur va magnifiquement bien. « On aura le temps de faire du théâââââtre plus tard ! »

La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi, jeudi 18 et vendredi 19 décembre à 20h, à l'Odyssée (Eybens) et vendredi 10 avril à 20h30 à la Vence scène (Saint-Égrève)

Les projets des Gentils en cours


La Carriole fantasque de M. Vivaldi

Théâtre et cabaret, spectacle de la Compagnie « les Gentils ». Une petite bande trimballe le squelette de Vivaldi de villes en villages. Et essaye, tant bien que mal, de faire revivre les rêves de ce chanteur des rues, en reprenant ses vieilles rengaines
89 avenue Jean Jaurès Eybens
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi

Théâtre musical, ms Aurélien Villard, par la Cie des Gentils, à partir de 6 ans
La Vence Scène - Spectacle 1 avenue Général de Gaulle Saint-Égrève
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"Le Grand jeu de l’ouïe" : ceci est un blind test théâtral

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"La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi" : fantastiquement fantasque

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Du neuf dans du vieux au festival Textes en l'air

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Il existe un festival à quelques dizaines de kilomètres de Grenoble qui est un point de refuge estival pour la foisonnante scène culturelle grenobloise. Son (joli) nom ? Textes en l’air. Son lieu de villégiature ? Le (lui aussi joli) village médiéval de Saint-Antoine-l’Abbaye. Des vieilles pierres oui, mais qui servent d’écrin à un art théâtral (mais pas que – il y a aussi de la musique) on ne peut plus contemporain, qu’il vienne de Grenoble donc, mais aussi de toute la France – faut pas être sectaire ! Au petit jeu du "je mets en avant ce que je veux dans la programmation de cette année", on retient surtout les nombreuses reprises de spectacles marquants. Ainsi du passionnant et intelligent Rue des voleurs de la Fabrique des petites utopies, adaptation par le metteur en scène Bruno Thircuir du roman de Mathias Énard sur les aspirations d’un jeune Marocain. Ainsi également du Au Pont de Pope Lick, passage au plateau par la metteuse en scène Anne Courel d’un texte de Naomi Wallace sur des gamins paumés et désespérés dans les

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Les Gentils : la nuit ils chantent

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Les Gentils : la nuit ils chantent

Ce qu’il y a de bien avec les artistes basés à Grenoble, c’est qu’on peut suivre de près leur processus de création fait de doutes, de tentatives, de changements de direction… Et puis, parfois, de réussites. Jeudi 11 et vendredi 12 février, on pourra ainsi découvrir à l’Odyssée d’Eybens Le Carnaval des somnambules, nouvelle proposition de la jeune compagnie Les Gentils dont on a plus que souvent dit du bien dans ces colonnes – on adore leur Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi ! Cette fois-ci, il sera donc question de sommeil, de nuit, mais aussi de peurs à ce que l’on a pu constater lors deux étapes de travail auxquelles nous avons assisté. Si on ne peut en dire plus sur le fond (le metteur en scène Aurélien Villard essayant plusieurs pistes), la forme, elle, contient déjà les nombreux ingrédients qui font la spécificité des Gentils, entre chansons (ici écrites principalement autour d’autres connues – leur C'est la mère Michel version rockabilly est grandiose) et humour (ah, le running gag autour de la laitièr

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ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

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Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

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En décembre dernier, dans notre traditionnel numéro bilan de fin d’année, nous décernions le Petit Bulletin award du meilleur espoir théâtral à la compagnie grenobloise les Gentils. 2013/2014 a ainsi véritablement été la saison du décollage pour la jeune troupe d’Aurélien Villard, grâce à son spectacle La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui, après un beau festival d’Avignon cet été, continue son bonhomme de chemin dans des salles de plus en plus grandes – l’Opéra-théâtre de Saint-Étienne, le TNG de Lyon, la scène nationale de Macon... Et, pour cette saison, deux passages par des théâtres de l’agglo grenobloise aux jauges conséquentes : l’Odyssée d’Eybens et la Vence scène de Saint-Égrève. Avant, on l’imagine, une tournée encore plus grande, le spectacle étant une réussite locale qui fait plaisir à voir. Notre cœur fait boum Toujours animé par l’esprit de troupe qui le guide depuis ses débuts il y a sept ans, par son envie de fair

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Awards 2013 théâtre

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L’award du meilleur espoir : la compagnie des Gentils Ça fait un bout de temps que la petite bande issue en partie du conservatoire de Grenoble et réunie autour du metteur en scène Aurélien Villard fait son nid dans le milieu grenoblois, toujours guidée par l’envie de proposer un théâtre généreux et non intimidant. On a souvent pu la croiser à l’Espace 600, qui la soutient depuis longtemps, mais aussi à l’Amphidice (sur la fac) ou au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye (Aurélien Villard vient de ce village isérois). Pourquoi un award maintenant du coup ? Parce que 2013 est véritablement l’année du décollage pour les Gentils, grâce à leur création La Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi qui vient d’être produite par le Théâtre nouvelle génération de Lyon – et non par une structure grenobloise, mais bon ! Un acte de professionnalisation (avant, c’était en mode débrouille, alors que là, tout le monde est payé) qui ouvre de nouvelles voies à ces saltimbanques adeptes du théâtre chanté et,

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Être gentil, c’est bien. Et drôle dans le cas des Gentils. La compagnie grenobloise, dont on a souvent dit du bien dans ces colonnes, sera cet été au festival Textes en l’air de Saint-Antoine-l’Abbaye avec sa Carriole fantasque de Monsieur Vivaldi (photo), cabaret déjanté et volontairement désuet. Sur les extraits vidéo que l’on a pu découvrir, on a retrouvé tout l’esprit Do it yourself de ces saltimbanques poétiques au sens de l’humour affuté. À noter que plusieurs autres artistes de la scène grenobloise seront présents à Saint-Antoine : le politique Bruno Thircuir de la Fabrique des petites utopies, avec son repas-spectacle kafkaïen Nous sommes tous des K ; la metteuse en scène jeune public Émilie Le Roux avec sa création Contre les bêtes, en collaboration avec le chanteur Xavier Machault, le tout sur un texte de Jacques Rebotier ; ou encore la très cérébrale

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François Cau | Mercredi 16 juin 2010

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Partie à l’assaut du festival depuis maintenant deux ans (en animant les labos mis en place par l’équipe de Textes en l’air pour soutenir les jeunes artistes en devenir), la compagnie grenobloise Les Gentils sera cette année dans la programmation In de la manifestation estivale de Saint-Antoine-l’Abbaye. Façon de démontrer qu’après un premier passage remarqué à l’Espace 600 de Grenoble en novembre dernier, ils ne sont pas prêts de lâcher les interstices de reconnaissance que les "professionnels de la profession" leur offrent. Ça tombe plutôt bien, car les Gentils, emmenés par le metteur en scène Aurélien Villard, développent création après création une conception du théâtre ouverte et non bloquée sur des bases que certains souhaiteraient fondamentales. Que ce soit en déterrant Barbara ou en "comédie-musicalant" la messe du dimanche, ils font preuve d’une irrévérence frondeuse tout en lyrisme et détournements. Après plusieurs spectacles écrits par Aurélien Villard lui-même, ils ont récemment monté Ouasmok ? : un texte de Sylvain Levey (auteur associé à l’Espace 600 et au festival) lu par ces mêmes Gentils lors de l’édition précédente de Textes en l’air (tout se t

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«Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles»

SCENES | JEUNE PUBLIC. Cette année, Sylvain Levey est l’auteur associé à l’Espace 600, où trois de ses textes seront mis en scène. A l’occasion du début de l’aventure la semaine prochaine avec Ouasmok ?, présenté par la compagnie grenobloise Les Gentils, on a rencontré Sylvain afin d’évoquer ses projets pour cette résidence. Propos recueillis par Aurélien Martinez

François Cau | Vendredi 23 octobre 2009

«Ne pas prendre les enfants pour des imbéciles»

Petit Bulletin : Pourquoi avoir accepté la proposition de l’Espace 600 ?Sylvain Levey : C’était une envie politique, car un auteur en résidence dans un lieu comme la Villeneuve a du sens. Je ne suis pas un auteur qui travaille seul chez lui, j’aime bien être en déplacement, à la rencontre des gens. J’ai un parcours aussi avec le lieu ; Villeneuve, pour moi, représente quelque chose : c’est un de mes premiers déplacements en tant qu’auteur avec Ouasmok ?. J’ai commencé à beaucoup apprécier Geneviève Lefaure [l’ancienne directrice de l’Espace 600, qui a quitté son poste en juin dernier NDLR]. J’ai trouvé que la reprise du projet par Laure-Anne Legrand [la nouvelle directrice NDLR] était faite de façon intelligente, donc je me suis dit "ok, je peux y aller" ! Comment s’articulera cette résidence ?C’est un grand projet qui prend du temps et de l’esprit. Il va y avoir plein de rencontres et de choses très riches à faire avec les jeunes. Je les ai déjà rencontrés, c’était très fort. Ils sont disponibles, ouverts d’esprit, capables de se faire surprendre… J’aime bien cette idée de travailler sur la Villeneuve. J’ai

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