Une heure avec Kaori Ito

Aurélien Martinez | Mardi 6 janvier 2015

Photo : Mario Del Curto


C'est beau. C'est même très beau. Splendide quoi. Plexus, le spectacle que le touche-à-tout de génie Aurélien Bory (il se catalogue dans le théâtre visuel, même si le mot chorégraphe, sans doute trop réducteur à ses yeux, lui va comme un gant) a conçu pour la danseuse japonaise Kaori Ito, est une fabuleuse réussite plastique.

« Faire le portrait de Kaori Ito est d'abord pour moi un portrait de son corps. Ce n'est pas l'étude anatomique qui m'intéresse ici, mais la mémoire d'un corps travaillé, les traces de la danse à l'intérieur de ce corps vivant. » Dans une scénographie hypnotique jouant sur la disparition, la danseuse devient une marionnette grandeur nature tirée par de nombreux fils. En moins d'une heure, elle passera ainsi de poupée mécanique à artiste libérée de tous les carcans.

Plexus, vendredi 13 et samedi 14 mars à l'Hexagone (Meylan)


Plexus

Avec et chor. Kaori Ito, ms Aurélien Bory
Hexagone 24 rue des Aiguinards Meylan
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"aSH" : sacrée danse par Aurélien Bory et Shantala Shivalingappa

Danse | Le chorégraphe Aurélien Bory réalise souvent des portraits dansés de femme. Après Stéphanie Fuster et Kaori Ito, il a travaillé avec l’interprète indienne Shantala Shivalingappa. Le résultat est un solo envoûtant à découvrir à l’Hexagone de Meylan.

Aurélien Martinez | Mardi 19 novembre 2019

Une danseuse, au centre du plateau, devant une immense feuille de papier kraft qui sert de toile de fond. Elle s’appelle Shantala Shivalingappa, est indienne. Le chorégraphe Aurélien Bory (l’un des grands noms de la danse contemporaine française à l’aura internationale, et surtout un artiste qui soigne tout particulièrement ses scénographies) l’a rencontrée en Allemagne en 2008, alors qu’elle dansait dans la compagnie de l’immense Pina Bausch. Coup de foudre. « La danse de Shantala est faite de ce parcours entre le kuchipudi [une danse traditionnelle indienne – NDLR] et Pina Bausch, entre l’Inde et l’Europe, entre Shiva et Dionysos dont d’aucuns disent qu’ils sont issus d’un seul et même dieu », écrit le chorégraphe en note d’intention – nous souhaitions l’interviewer, mais son emploi du temps très rempli et notre demande tardive en ont décidé autrement ! Ensemble, ils ont construit ce solo autour de la cendre (d’où le titre Ash, à lire en anglais) et mis en place un captivant livre d’images. Shiva & co Car aSH n’est pas un portrait au sens littéral du terme

Continuer à lire

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Un programme entre solo, chorégraphie de groupe, reprise bienvenue ou encore concours tourné vers l'avenir.

La rédaction | Mardi 17 septembre 2019

Danse : nos huit coups de cœur de la saison

Vertikal À chaque spectacle, Mourad Merzouki confronte la danse hip-hop à une difficulté qui lui donne matière à création. Ce furent la musique baroque (Boxe, boxe), les arts numériques (Pixels) ; voici qu'il titille la verticalité du plateau avec des murs mouchetés de prises d'escalade et des déplacements latéraux. Si, au début, ses danseurs sont trop la démonstration de tous les mouvements possiblement réalisables avec cette contrainte et que le chorégraphe multiplie les séquences de danse qu'il superpose (on ne sait plus où et qui regarder), peu à peu, il oublie l'épate et se dégage alors une sensation d'apesanteur : les interprètes s'emparent des accroches du mur avec une facilité feinte. Et sa troupe respire avant d'embrayer sur un bouquet final saisissant. À la MC2 du mercred

Continuer à lire

Danse : une saison, cinq spectacles

SCENES | On a épluché les programmations des différentes salles de l'agglo qui proposent de la danse. On a retenu cinq propositions, à base d'Akram Khan, de Kaori Ito, de Josette Baïz, d'Arcosm ou encore de Chicos Mambo.

Aurélien Martinez | Lundi 14 septembre 2015

Danse : une saison, cinq spectacles

Sublime « Arcosm, une nouvelle compagnie en résidence pour trois saisons » : voilà, la plaquette de la Rampe d’Échirolles confirme la nouvelle. L’excellente nouvelle même, le danseur et chorégraphe Thomas Guerry et le musicien et compositeur Camille Rocailleux ayant mis en place en presque quinze ans un univers artistiquement fort matérialisé notamment dans Echoa, leur plus grand succès, ou dans des pièces aussi originales que, par exemple, La Mécanique des anges. Un univers où la danse côtoie la musique le plus simplement du monde, comme une évidence. On pourra donc suivre de près la naissance de leurs deux prochaines créations présentées sous forme d’un dytique : Sublime cette saison, proposition tout public pour quatre interprètes sur le paraître, l’apparence et toutes les dérives qui en découlent, et Subliminal à l’automne 201

Continuer à lire

Kaori Ito : sublimissito

SCENES | Kaori Ito est une danseuse littéralement exceptionnelle, à la technique remarquable. Elle a ainsi étudié le ballet classique au Japon dès ses cinq ans avant de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 10 mars 2015

Kaori Ito : sublimissito

Kaori Ito est une danseuse littéralement exceptionnelle, à la technique remarquable. Elle a ainsi étudié le ballet classique au Japon dès ses cinq ans avant de partir à l’âge adulte vers les États-Unis pour poursuivre sa formation. On la verra ensuite dans de nombreuses créations de chorégraphes européens renommés : Philippe Decouflé, Angelin Preljocaj, James Thierrée, Alain Platel… Chaque fois, quoi que l’on pense de la pièce, elle illumine le plateau – la MC2 l’avait même mise en première page de sa plaquette de la saison 2010-2011 avec une photo extraite du Out of context de Platel. C’est dire qu’en décidant de faire un portrait chorégraphique de Kaori Ito, le metteur en scène et chorégraphe Aurélien Bory avait toutes les cartes en main pour créer un très beau spectacle. C’est justement ce qu’il a fait : son Plexus (littéralement « réseau de filets nerveux ou de vaisseaux ») est un

Continuer à lire

Robots après tout

SCENES | Sans objet du génial Aurélien Bory est un spectacle qui connaît un succès incroyable depuis sa création en 2009. Au centre de la scène, un impressionnant robot (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 12 novembre 2014

Robots après tout

Sans objet du génial Aurélien Bory est un spectacle qui connaît un succès incroyable depuis sa création en 2009. Au centre de la scène, un impressionnant robot issu de l’industrie automobile devient un interprète à part entière – le seul même dans les premières minutes de la pièce. Mais un interprète atypique qui contraste avec les deux autres, humains eux : une confrontation au cœur du projet qu’Aurélien Bory dépasse très vite, ne réduisant pas son aventure à un simple concept. Un semblant de dialogue se crée même entre les hommes et la machine, le bras articulé orchestrant une danse avec les acrobates – il les fait notamment virevolter. Poursuivant la réflexion de Chaplin amorcée dans son film Les Temps modernes, Aurélien Bory en livre une vision décalée emplie de poésie où le spectaculaire est présent dans chaque tableau, jusqu’à un final plastiquement splendide. Sans objet devient alors une réflexion sur l’humanité possible dans la technologie, le fameux robot étant extrait de son environnement de départ pour être exposé sur un

Continuer à lire

De la danse mais pas que

SCENES | En 2005, pour son excellent Plan B, le touche-à-tout de génie Aurélien Bory nous expliquait sa démarche : « Avec la compagnie 111, on est au croisement de (...)

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

De la danse mais pas que

En 2005, pour son excellent Plan B, le touche-à-tout de génie Aurélien Bory nous expliquait sa démarche : « Avec la compagnie 111, on est au croisement de chaque domaine et on échappe en même temps globalement aux catégories – théâtre, danse, cirque... Dans notre travail, on utilise l’outil plateau et tous les artifices du théâtre. À la recherche en acrobatie et en jonglage s'ajoutent des travaux spécifiques sur la lumière, les principes de sonorisation, la musique vivante et électronique, la vidéo… Des logiques empruntées à la danse, à la manipulation d'objet, à la magie et au théâtre d'ombres viennent nourrir la création. » Une façon de faire qui offre des spectacles déroutants et diablement originaux, comme Sans objet (photo), captivante rencontre entre deux interprètes et un robot issu de l’industrie automobile. À découvrir à l’Hexagone, tout comme la pièce Plexus conçue par Bory pour l’excellente danseuse Kaori Ito – on ne l’a pas encore vue, mais on est très optimistes ! AM

Continuer à lire

Dommage

SCENES | Kaori Ito est une danseuse épatante, qui éblouit littéralement le plateau de sa présence lorsqu’elle est simple interprète – Iris de Decouflé, Out of context de (...)

Aurélien Martinez | Mercredi 9 janvier 2013

Dommage

Kaori Ito est une danseuse épatante, qui éblouit littéralement le plateau de sa présence lorsqu’elle est simple interprète – Iris de Decouflé, Out of context de Platel, Au revoir parapluie de James Thierrée... Problème : être une interprète de haut niveau ne veut pas forcément dire que l’on est chorégraphe. La preuve une nouvelle fois les jeudi 16 et vendredi 17 mai à l’Hexagone de Meylan, où elle présentera notamment un Solos très ampoulé et vide. Dommage, car à chaque fois, on espère.

Continuer à lire

Save the date

SCENES | Trois autres propositions cette semaine à même d’exciter l’amateur de danse contemporaine. AM

François Cau | Vendredi 4 février 2011

Save the date

L’art du bondissementOn en a déjà beaucoup parlé (allez faire un tour sur note site web) ; on en remet une dernière couche avant son passage à l’Hexagone : la danseuse et chorégraphe Kaori Ito, interprète chez Platel, Découflé, Thiérrée and co, dévoilera cette semaine The Island of no memories, sa troisième création. Elle reprendra la petite forme créée pour la première édition du concours [re]connaissance, forme qui lui avait valu le premier prix. Et évoquera ainsi l’histoire « d'un homme qui veut oublier la routine de sa vie », avec nombre d’images et de fils narratifs – du moins, c’est ce qu’on a déduit de sa prestation au concours.Mardi 15 et mercredi 16 à 20h, à l’Hexagone (Meylan). Plastiquement hypnotiqueFidèle à son processus de création, la chorégraphe grenobloise Anne-Marie Pascoli avait mis en place au cours des derniers mois plusieurs chantiers ouverts au public pour présenter ses différentes étapes de travail menant à la pièce Oui. Cela nous a permis d’appréhender au mieux la scénographie passionnante : une série de tubes transparents qui permet des combinaisons infinies de jeu en

Continuer à lire

The who’s who

SCENES | Au Petit Bulletin, on connaît bien le travail de quatre compagnies sélectionnées. On vous les présente, en touchant deux mots des huit autres pour ne pas être accusés de favoritisme ! AM et JED

Christophe Chabert | Vendredi 20 novembre 2009

The who’s who

Effet de chocs On a souvent pu croiser la compagnie Lanabel dans l’agglo (et ailleurs) au cours des dix dernières années. Pour Reconnaissance, Annabelle Bonnéry et François Deneulin (ils travaillent ensemble) présenteront un extrait de RAW.A.R, leur dernière création ayant pour thème principal le conflit. La chorégraphie, que nous avons pu découvrir la semaine dernière, se fait donc physique et violente : les trois danseurs (dont Annabelle Bonnéry elle-même, qui reprend le rôle de Marie Fonte pour ce week-end, cette dernière étant monopolisée par L’Homme à tête de chou) sont en tension permanente les uns par rapport aux autres, travaillant sur le choc et son intensité. Pour info, la pièce sera donnée dans son intégralité en janvier à l’espace Paul Jargot de Crolles et en mai à la Rampe. Vendredi à 18h30 L'homme qui tombe à Pick Né en 1970 en Israël, ancien danseur d'Ohad Naharin et du Ballet de l'Opéra de Lyon, Yuval Pick fonde sa propre compagnie, The Guest, en 2001. Il est à la fois un chorégraphe de l'abstraction et du plus concret des possibilités du corps humain. Expliquons ce paradoxe : à travers ses pièces (une de

Continuer à lire

Danse : on va voir quoi cette saison?

SCENES | Le point GGiselle est un ballet classique monumentale, symbole même du romantisme. Une hisoire d’amour, un mélange de tragédie et de surnaturel. Garry (...)

François Cau | Vendredi 12 septembre 2008

Danse : on va voir quoi cette saison?

Le point GGiselle est un ballet classique monumentale, symbole même du romantisme. Une hisoire d’amour, un mélange de tragédie et de surnaturel. Garry Stewart et sa compagnie l’Australian Dance Theatre, qui avaient séduit le monde de la danse en déconstruisant Le Lac des cygnes, ont décidé de s’attaquer à ce somment vertigineux, pour en livrer une interprétation toute personnelle baptisée G., Stewart, laissant ainsi de côté la linéarité de l’œuvre originale, s’empare de Giselle, l’avale et la recrache brute sur scène. Aux danseurs de la figurer, aidés par des panneaux lumineux narrant de façon très succincte les différents moments clés du ballet. Le design est léché (il faut aimer le vert électrique !), la musique minimaliste, et l’énergie omniprésente. À voir les 21 et 22 octobre à la Rampe. Danse martialeÀ vos calendriers. Le danseur et chorégraphe anglais Russell Maliphant sera mardi 25 novembre à l’affiche de la Rampe où il présentera un programme découpé en trois parties : Flux, Small Boats et Push. Un travail tout en retenue sur le corps, l’espace, la lumière ; en té

Continuer à lire

Aurélien Bory : C’est quoi ce plan ?

SCENES | Musique et vidéo en direct, jonglage et jeux de cache-cache sur et à l’intérieur d’un plan incliné. Plan B de la Cie 111 allie virtuosité et lyrisme. Rencontre de haut- vol avec Aurélien Bory, concepteur de ce “space –opéra” bourré d’effets spaciaux… Propos recueillis par Hugo Gaspard

Aurélien Martinez | Mercredi 13 avril 2005

Aurélien Bory : C’est quoi ce plan ?

Plan B est le second volet d’une trilogie sur l’espace. Comment est né ce projet ? Aurélien Bory : Depuis sa création en 1999, la Cie 111 s'est choisi comme objectif de développer une recherche spécifique sur le jonglage et l'acrobatie, et au-delà, d'explorer le langage de l’action scénique en cherchant à en extraire son contenu poétique. Dans cette démarche, la question de l'espace s'est imposée, par le jonglage et l'acrobatie et en investissant l'espace de cette manière. C’est comme ça qu’est né le projet d’une trilogie entièrement consacrée à l’espace : le premier volet IJK qui questionne le volume, les 3 dimensions, est né en septembre 2000. Plan B, que nous avons créé en janvier 2003, interroge quant à lui les deux dimensions et donc le plan. Suivra enfin Plus ou moins l'infini dont l’objet est la ligne en octobre 2005. Ces trois spectacles sont conçus pour un plateau de théâtre et prennent chacun comme point de départ le décor, mobile, manipulable et transformable, à la fois seul support de travail et argument scénographique fort. Comment s’est faite la rencontre avec le metteur e

Continuer à lire

Plan B, le spectacle

SCENES | La compagnie 111 et Phil Soltanoff, inspirés par le Bauhaus et le Constructivisme, se sont donnés pour seuls éléments de narration et de scénographie la (...)

Jerôme Dittmar | Lundi 25 août 2014

Plan B, le spectacle

La compagnie 111 et Phil Soltanoff, inspirés par le Bauhaus et le Constructivisme, se sont donnés pour seuls éléments de narration et de scénographie la ligne, le plan et le volume. Ça paraît maigre, mais c'est sans compter sur la stupéfiante capacité des quatre interprètes à créer à partir de là, avec leurs corps et quelques balles de jonglage, quantité d'événements poétiques, musicaux, humoristiques, absurdes, "plastiques"... Acrobates et jongleurs virtuoses, leur énorme talent demeure toujours effacé au profit d'une fiction sans texte ni paroles aussi drôle et émouvante qu'un petit récit de Kafka. Comme dans l'œuvre de ce dernier, des individus triviaux basculent dans un univers imaginaire en décalages successifs qui les obligent à devenir "autres" et à s'adapter à ses lois un peu folles. Plan B va même paradoxalement jusqu'à décomposer le mouvement, le ralentir au maximum, suspendre la valse des balles jonglées, afin d'insuffler sur scène tension et apesanteur oniriques. La Cie 111 et Soltanoff se nourrissent de divers horizons créatifs pour, sur une base circassienne, en redéployer les règles avec fraîcheur et inventivité. Jean-Emmanuel Denave

Continuer à lire