Un Feydeau pour deux

Aurélien Martinez | Mardi 13 janvier 2015

Photo : Guy Bernot


Le procédé, pas nouveau, a été décliné de nombreuses fois. Et fonctionne toujours. En gros, quand le public rentre dans la salle, on leur explique que les comédiens ne sont pas présents pour assurer la représentation, mais pas de soucis, on va s'arranger. Dans le fameux En attendant le Songe d'Irina Brook, les (faux) techniciens devaient ainsi jouer Le Songe d'une nuit d'été au pied levé, les interprètes, décors et costumes n'étant pas arrivés à temps. Jubilatoire (pour reprendre un adjectif usé jusqu'à la corde par pas mal de journalistes de la presse culturelle).

La compagnie Le Grenier de Toulouse abat elle une autre carte : celle de deux ouvreurs qui vont eux-mêmes camper tous les protagonistes d'Un fil à la patte, célèbre vaudeville de Feydeau, puisque les comédiens en ont justement marre de Feydeau – ils sont partis se frotter à une auteure jugée plus noble. Un canevas propice à tous les détournements, pour un spectacle drôle et parfaitement fidèle à l'univers du dramaturge français spécialiste des quiproquos et autres claquements de porte. Pierre Matras et Muriel Darras endossant le rôle d'amateurs, ils en font des caisses, caricaturant leurs personnages à l'extrême – notamment un clerc de notaire haut en couleur. Et offrent un excellent divertissement, agrémenté d'une petite réflexion sur le théâtre et ses conventions. Jubilatoire là aussi.

Aurélien Martinez

Un fil à la patte, samedi 17 janvier à 20h30, au Théâtre en rond (Sassenage)


Un fil à la patte

Comédie de boulevard par la Cie Le Grenier de Toulouse, ms Pierre Matras, dès 11 ans
Théâtre en Rond 6 rue François Gerin Sassenage
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

"Un fil à la patte" : ciel mon vaudeville !

Théâtre | Il y a plus de 100 ans, Georges Feydeau concevait une flopée de véritables machines à jouer dans lesquelles les spectateurs se régalaient (et se régalent (...)

Aurélien Martinez | Mardi 31 janvier 2017

Il y a plus de 100 ans, Georges Feydeau concevait une flopée de véritables machines à jouer dans lesquelles les spectateurs se régalaient (et se régalent toujours) des intrigues et autres quiproquos. Un matériau qui a visiblement séduit le metteur en scène Anthony Magnier (compagnie Viva), puisqu’il a décidé de monter l’un des Feydeau les plus connus : Un fil à la patte (à découvrir mardi 7 février à l’Ilyade de Seyssinet-Pariset). On se retrouve alors face à une mise en scène efficace d’un des chefs-d’œuvre du maître du vaudeville (un homme, fiancé, doit rompre avec sa maîtresse), avec des personnages « démesurés en situation de crise permanente » (extrait de la note d’intention) comme le fameux clerc de notaire Bouzin, véritable ressort comique. Des personnages forts en gueule campés sur le plateau par des comédiens littéralement investis. En découle un spectacle sympathique à suivre, ce qui est déjà pas mal !

Continuer à lire