Le Quatuor Debussy : «décloisonner les musiques»

SCENES | En juin 2013, le prestigieux festival lyonnais Les Nuits de Fourvière fut illuminé par "Opus", création mêlant nouveau cirque, danse et musique, emmenée par la compagnie australienne Circa et le Quatuor Debussy. Une réussite entre poésie et force dans laquelle les interprètes, circassiens comme musiciens, offrent une vision sublimée d'un art collectif. Avant le passage du spectacle par la Rampe d’Échirolles, rencontre avec Christophe Collette, premier violon et membre fondateur du Quatuor Debussy. Propos recueillis par Aurélien Martinez

Aurélien Martinez | Mardi 26 mai 2015

Photo : Justin Nicholas


Comment est née l'idée d'une rencontre sur scène entre votre Quatuor Debussy et la compagnie australienne Circa ?

Christophe Collette : La rencontre a été provoquée par Dominique Delorme, directeur du festival lyonnais Les Nuits de Fourvière, qui connaît notre appétence pour les croisements artistiques. Un jour à Montréal, il est tombé sur Yaron Lifschitz, directeur artistique de la compagnie Circa, qui lui a parlé de son envie depuis des années de faire quelque chose autour de Chostakovitch [compositeur russe de la période soviétique – NDLR]. Comme Dominique savait qu'on était depuis des années un des quatuors spécialistes de Chostakovitch, il a voulu que l'on se rencontre avec Yaron pour voir si ça pouvait marcher.

Ce n'est pas la première fois que vous collaborez avec des artistes venus du spectacle vivant – Mourad Merzouki, Maguy Marin, Anne Teresa De Keersmaeker…

On fait ça depuis presque vingt ans, on a été très novateurs dans cette démarche artistique.

Sauf que c'est la première fois que vous vous confrontez à des artistes de cirque. Le mariage cirque et musique est-il allé autant de soi que le mariage danse et musique ?

Oui, d'autant plus que si l'on définit le cirque que fait la compagnie Circa, finalement, on n'est pas très loin de l'univers de la danse. D'ailleurs, Yaron est aussi chorégraphe. Ce qui me frappe dans son travail, c'est la place accordée au corps : un travail de mouvements, de portés, de figures… On n'est pas du tout dans du cirque avec des accessoires. Et puis de toute façon, avec vingt ans de recul, je me rends compte que tout peut fonctionner ensemble. Il faut juste que chacun soit prêt à aller vers l'autre, comme ça a été le cas entre Circa et nous.

Comme à chaque nouvelle collaboration, vous êtes pleinement associés à la mise en scène…

Effectivement. Quand on fait des créations comme ça, il est hors de question d'être une sorte de tapis musical avec les musiciens dans un coin de la scène. Ça n'aurait pas beaucoup de raison d'être, on verrait seulement sur scène deux compagnies. Alors que nous pensons qu'un spectacle de la sorte est réussi quand le public pense avoir vu une seule compagnie.

Comment avez-vous travaillé pour réussir ce pari ?

On a eu beaucoup de temps pour préparer la création grâce aux Nuits de Fourvière. On en avait besoin, pour se rencontrer régulièrement. Tous les deux ou trois mois, on passait une semaine ensemble, et ça a duré presque un an. À la fin, on a passé trois semaines ensemble au plateau.

Et comment avez-vous mené votre recherche spécifique sur la musique ?

J'ai travaillé en amont avec Yaron. Chostakovitch était la base. Avec ses quinze quatuors, il y avait sept ou huit heures de musique. Pour fabriquer la dramaturgie musicale, on a donc cherché sur quoi s'appuyer. Ensuite, il y a eu la phase d'expérimentation pour trouver ce que l'on allait faire ensemble, comment on pouvait s'utiliser les uns les autres, comment on allait partager l'espace… Du coup, Opus est une pièce assez rythmée par la musique, on est presque dans un programme de concert total comme on pourrait le faire seuls.

Une pièce qui connaît un important succès…

Oui, c'est très agréable, flatteur et tout ce que l'on veut… Mais c'est surtout une source de bonheur dans la réussite de ce que l'on cherche. Quand vous jouez à Londres pendant une semaine devant 1 000 personnes par soir, on sait bien que c'est autant de personnes qui n'auraient pas forcément fait la démarche de venir écouter des quatuors de Chostakovitch seuls. Notre plaisir est donc de se dire que l'on a réussi notre mission d'à la fois mélanger les œuvres et surtout d'apporter à un nouveau public une musique pour nous sublime.

Avec le Quatuor Debussy, vous souhaitez ainsi décloisonner la musique de chambre…

On veut à la fois garder une tradition qui existe depuis des décennies et des décennies – depuis 300 ans – et, en effet, décloisonner les musiques, le public et les artistes. On veut élargir au maximum le public de la musique classique.

Vous avez du boulot, comme c'est une musique victime de nombreux clichés …

Je prends toujours cette image de notre salle de répétition qui, depuis vingt ans, est dans une école. On connaît les enfants par cœur, on leur joue très souvent des choses. Aux enfants, on peut tout leur jouer, ils sont ouverts à toutes les musiques – du Bartók, du Mozart comme leur musique à eux. Et puis il y a un moment, dans la vie, où quelque chose décroche par rapport à la musique classique, une sorte d'éloignement qui se fait. De notre côté, on se pose la question de comment faire pour remédier à ça sachant que la base est là, que tout le monde aime la musique classique. Il faut peut-être la proposer d'une manière moins austère, moins rigoureuse, moins cloisonnée, moins fermée ; sans bien sûr renier ce qu'elle signifie.

Car c'est une musique que certains voient comme intimidante, réservée à une certaine élite intellectuelle…

Intimidante oui, ou "ce n'est pas pour moi je ne la connais pas", ou "c'est une musique de ringards" : plein de faux clichés – ou de vrais clichés, je ne sais pas d'ailleurs. Car si la musique classique a parfois cette image, c'est que certains clichés existent encore à juste titre.

C'est bientôt l'été des festivals, et donc le moment du vôtre : Cordes en ballade, qui se déroule début juillet en Ardèche. Quel sera le programme de cette nouvelle édition ?

Depuis une petite dizaine d'années, on travaille sur une thématique qui nous emmène dans des aventures musicales de découverte de compositeurs ou d'esthétiques. Cette année, on a intitulé notre édition « Alla Zingarese ». On va faire un voyage en Europe centrale pour voir toutes les influences des musiques des minorités qui ont peuplé et qui peuplent toujours la région – les Tziganes, les Juifs… Toute cette musique qui a fait bouillonner Brahms et Bartók, comme on est partis de ces deux compositeurs pour découvrir leurs influences.


Opus

Par la Cie Circa, avec le Quatuor Debussy, ms Yaron Lifschitz
La Rampe 15 avenue du 8 mai 1945 Échirolles
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Musique classique : une saison, huit étapes

Panorama de rentrée culturelle 2019/2020 | Avec des stars, des jeunes pousses, des compisteurs d'hier comme d'aujourd'hui...

La rédaction | Jeudi 19 septembre 2019

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Camille et Julie Berthollet Le 27 décembre 2014, pour la première édition de Prodiges sur France 2 (une émission consacrée aux jeunes talents du classique), quatre millions et demi de téléspectateurs suivirent les mouvements d’archet de Camille Berthollet. Une virtuose de quinze ans qui, dans une robe rouge coquelicot, réchauffa l’hiver par son interprétation fougueuse de L’Eté des Quatre saisons de Vivaldi. Un choix gagnant qui lui assura un début de carrière fulgurant, mais pas solitaire. Sur son premier opus bientôt disque d’or, elle associa ainsi sa sœur aînée Julie, également violoniste. Depuis, la surprenante paire construit des aqueducs où Schubert et Brahms côtoient Stromae et Nino Ferrer. Un programme cosmopolite qui, en dehors de refléter des goûts éclectiques, aspire en douce à faire venir les plus jeunes au classique. Au Grand Angle (Voiron) mardi 8 octobre Joachim Horsley Auteur de musiques pour le cinéma et pianiste dans l’ombre des succès de John Legend et Mich

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Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Panorama de rentrée culturelle 2017/2018 | Avec du classique de chez classique mais aussi de la philosophie en musique, du lyrisme théâtralisé ou encore du violoncelle.

Régis Le Ruyet | Mercredi 13 septembre 2017

Musique classique : neuf concerts pour une saison cadencée

Orchestre philharmonique de Radio France Muse géniale de l’opéra contemporain, la soprano canadienne Barbara Hannigan stupéfiait, en 2011, les spectateurs du festival Présences de Radio France par ses talents de cheffe. Combinant audace et précision, la chanteuse y soutenait les plus folles vocalises du Grand Macabre de György Ligeti pendant que, d'une poigne ferme, elle menait en extase les musiciens finnois de l'Avanti ! Chamber. Un exercice de direction et de haut vol lyrique qu’elle réitéra à Grenoble avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dans les atours de Lulu d'Alban Berg et de la Fille folle de George Gershwin. À la MC2 le 6 octobre Michel Onfray et Henri Demarquette – musique et philosophie Accompagné par le violoncelliste Henri Demarquette, le philosophe hédoniste Michel Onfray nous expliquera comment, avec les penseurs, dire et entendre le monde. Une passionnante rencontre en pe

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Cordes en Ballade : festival vagabond

En Ardèche | Pour sa 19e édition, le festival Cordes en Ballade nous emmène parcourir le monde entier à la rencontre des "cultures en harmonie". Au cœur de l’Ardèche méridionale, le Quatuor Debussy, initiateur de l’évènement, a su conquérir un large public.

Pascale Clavel | Mercredi 21 juin 2017

Cordes en Ballade : festival vagabond

Le festival de musique classique itinérant Cordes en Ballade ne ressemble à aucun autre. Depuis sa création, il est poussé par une exigence de grande qualité artistique et une volonté constante d’ouvrir le répertoire classique à d’autres formes musicales. Une douzaine de concerts en dix jours dans un cadre merveilleux et souvent inattendu : en plein air, dans des églises romanes, au beau milieu d’une longue randonnée. Le Quatuor Debussy vient même d’inaugurer des siestes musicales. Dans un monde en tensions permanentes, le thème qui traverse cette année Cordes en Ballade ne peut du coup que séduire : "cultures en harmonie". Où comment nos différences peuvent nous rapprocher, comment la musique peut casser les frontières... Rien d’anecdotique, le tout puissamment tricoté pour offrir un moment d’harmonie et de fraternité. Demandez le programme En ouverture du festival, dans la cathédrale Saint-Vincent de Viviers, le Quatuor Debussy et le violoniste Jasser Haj Youssef nous inviteront à un moment de métissage musical, entre un Orient et un Occident aux sonorités chaudes, aux influence

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Yael Naim et le Quatuor Debussy : corps à cordes

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Stéphane Duchêne | Lundi 9 janvier 2017

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Ce n'était qu'un concert surprise en juin 2015, né du désir de rencontre d'une chanteuse qui les multiplie, Yael Naïm, et d'un quatuor de chambre qui n'aiment rien tant que briser les barrières à coups d'archets. Au départ donc, forcément, un concert de presque rien ; trois ou quatre titres (bizarrement, aucun des protagonistes ne semble se souvenir du chiffre exact), presque improvisé. « On a travaillé un peu en amont, mais on ne s'est vraiment rencontrés avec le quatuor que le jour même. C'était super, c'est un quatuor classique très pointu et en même temps très ouvert, complètement rock'n'roll » explique Yael Naim. Et quelque chose s'est produit qui n'était pas prévu. Quelque chose de magique. « J'ai rarement vécu une telle émotion dans un concert, on s'est vraiment sentis très chanceux d'être là. » Christophe Colette, violoniste du quatuor, d'ajouter : « Ce concert improvisé, sur le pouce, a été tellement magique qu'avec les membres du quatuor, on se surprenait à prendre autant de plaisir à écouter Yael qu'à jouer avec elle. » Le genre de moment pour lequel on aimerait pouvoir dire : j'y étais.

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Grenoble : les vingt concerts à ne pas louper entre janvier et mai

Panorama rentrée 2017 | Les prochains mois, il y aura du bon, voire du très bon, à écouter dans les salles grenobloises et de l'agglo. On vous détaille nos coups de cœur.

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Les onze concerts de l'automne (onze, oui)

Saison 2016 / 2017 | On fait quoi jusqu'à la fin de l'année ? On va écouter qui ? Voici une sélection extraite de notre panorama de rentrée culturelle sorti le 14 septembre. Mais allez fouiller aussi sur notre site, dans le coin "les choix de la rédaction" ; vous verrez : on attend de nombreux autres concerts !

La rédaction | Jeudi 15 septembre 2016

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Classique pour tous à Cordes en Ballade, en Ardèche

MUSIQUES | Début juillet, pour les fans de musique classique comme pour les autres, c'est en Ardèche que ça se passe, grâce au génial festival du Quatuor Debussy.

Aurélien Martinez | Mardi 21 juin 2016

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En Ardèche, l’été depuis 18 ans, le festival Cordes en Ballade réjouit tous les vacanciers, des mélomanes aguerris aux simples touristes qui passent là par hasard. Un festival comme un rendez-vous singulier, atypique, inattendu, impulsé par l’excellent Quatuor Debussy, en renouvellement perpétuel, exigeant, poétique et drôle. Une programmation pointue mais pour tous, à venir écouter sans aucune modération. Pour cette édition, Mozart et Schubert seront les points d’ancrage et autour d’eux vont graviter des compositeurs plus confidentiels. Ces cordes nous baladent de chefs-d’œuvre en pièces intimes, ouvrant des horizons musicaux inespérés. Quant à l’itinérance voulue comme une mise en jambe nécessaire, ce sera l’occasion de (re)découvrir le riche patrimoine de l’Ardèche méridionale. Les clivages musique classique / musique populaire sont ici balayés, pour preuve ce concert captivant où l’accordéoniste virtuose Richard Galliano et le Quatuor Debussy revisitent ensemble le Quintette avec clarinette de Mozart. Une perle ra

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Le Quatuor Debussy, rock star du classique

MUSIQUES | Mardi, les quatuors de Beethoven vont vibrer d'un nouveau souffle. Le Quatuor Debussy, habitué à ravir les oreilles du public de la Rampe, revient à Échirolles avec une proposition exclusivement classique, et assurément contemporaine.

Charline Corubolo | Mardi 1 mars 2016

Le Quatuor Debussy, rock star du classique

Si aujourd'hui, pour stimuler son conduit auditif, le public semble préférer la gratte à l'archet, c'est qu'il ne s'est pas encore frotté aux cordes du Quatuor Debussy. Lorsque celles-ci viennent titiller l'oreille, elles provoquent ainsi un plaisir digne de l'extase musicale. Car formation classique ne veut pas dire ennui ou élitisme : avec ce quatuor-là, on embarque à chaque fois pour de nouvelles contrées classiques réinventées et parfois même dans d'autres registres comme le cirque avec la compagnie Circa, la danse avec Sylvie Guillermin ou récemment à Lyon la pop avec Yael Naim. Des écarts de conduite et de note qui permettent de souligner la grande liberté et virtuosité de ces quatre musiciens lyonnais qui œuvrent à décloisonner la musique de chambre depuis presque 30 ans. Et c'est d'ailleurs avec celle de Ludwig van Beethoven qu'on les retrouve à la Rampe, pour un ré-enchantement

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Musique classique : les cinq temps forts du semestre

MUSIQUES | En 2016, on a rendez-vous à la MC2 avec l'Aurora Orchestra, à la Rampe avec le Quatuor Debussy, à l'église Saint Martin avec certains des Musiciens du Louvre Grenoble, à l'Odyssée d'Eybens avec le mandoliniste Vincent Beer-Demander ou encore à l'Auditorium du Musée de Grenoble avec la comédienne Natacha Régnier.

Régis Le Ruyet | Mercredi 6 janvier 2016

Musique classique : les cinq temps forts du semestre

Beethoven Passion Depuis quelques années, une union indéfectible associe le Quatuor Debussy à la Rampe. Sur la scène échirolloise, la formation rhônalpine a déjà croisé l'archet avec nombre de partenaires allant des acrobates australiens de Circa à la chorégraphe grenobloise Sylvie Guillermin. Cette fois, ces habitués des chemins de traverse iront seuls affronter trois des titanesques quatuors à cordes de Beethoven. Une forme reine définie par Haydn, aux canons rééquilibrés par Mozart et que Beethoven questionnera jusqu'à la rupture au cours des quatre dernières années de sa vie. Séquentiellement considéré comme le premier et écrit vers l'âge de 30 ans, les traces du Quatuor n°3 opus 18 remontent à 1798. Le compositeur y montre son assimilation des héritages tout en laissant poindre quelques lumineuses inventions. Quant à l'Opus 59 n°3, dédié au comte Razumovsky, intitulé Eroica et commençant dans une obscurité mélodique, il demeure l'un des plus joués au monde. Enfin, ébauché en 1826 et dernier de tous, le Quatuor opus 135, que Beethoven n'entendit jamais, porte la dédicace prémonitoire de "la résolut

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Dancefloors estivaux

MUSIQUES | Après deux mois particulièrement riches en soirées mémorables, le rythme va commencer à fléchir drastiquement pour les noctambules grenoblois. Raison de plus pour (...)

Damien Grimbert | Lundi 6 juillet 2015

Dancefloors estivaux

Après deux mois particulièrement riches en soirées mémorables, le rythme va commencer à fléchir drastiquement pour les noctambules grenoblois. Raison de plus pour ne pas manquer la dernière soirée du bar de la Belle électrique ce vendredi 10 juillet (avec les collectifs hip-hop Paris Reality Check et Opus Crew) et encore moins la venue du Parisien Timid Boy, de son acolyte Spencer K. et de Kiko le lendemain au Drak-Art, à l’invitation de l’infatigable Mr Cardboard (qui reviendra pour sa part faire un dernier baroud d’honneur avec Agnostic, Sossmi, Apollo Powder et Spacesheep le samedi 25 juillet au même endroit). Pour le reste, outre l’incontournable Cabaret frappé au Jardin de Ville, le festival Merci Bonsoir ! à la Bifurk (qui proposera quelques DJ sets en fin de soirée du jeudi 16 au vendredi 18 juillet) ou encore le Bal des Sapeurs-Pompiers qui fera son grand retour à l’anneau de vitesse le 14 juillet, il faudra se rabattre sur les suspects habituels… En l’occurrence le Mark XIII qui continuera sa programmation nocturne t

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Les joyeuses Cordes en ballade du Quatuor Debussy

MUSIQUES | « Le violon, de deux choses l’une ; ou tu joues juste, ou tu joues tzigane. » Cet été, Les Cordes en Ballade tordent le cou à cette chanson de Bobby Lapointe et prennent pour thème Alla Zingarese : à la tzigane. Philippe Yves

Philippe Yves | Mercredi 24 juin 2015

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Chaque été, le versatile Quatuor Debussy quitte Lyon pour faire vibrer les cordes sensibles des villages d’Ardèche lors de son festival Les Cordes en Ballade. Une quinzaine durant, concerts, masterclasses et rencontres ont pour décor les églises, chapelles, cours et cloîtres du département. Les Debussy, directeurs artistiques du festival, ont beau être les instigateurs de ces ballades, ils n’oublient pas pour autant d’être partageurs et invitent à les rejoindre de brillants solistes, mais aussi des nouveaux talents, au sein d’une académie pour jeunes quatuors européens. L’âme tzigane, thème de cette édition 2015, c’est l’art du contraste : passer de l’allégresse au plus vibrant pathos en un claquement d’archet. Et le programme de cette 17e édition sera riche en contrastes, dessinant des allers-retours entre folklore, klezmer et musiques savantes. Des voyages qui s’annoncent passionnants et mettent en évidence l’influence que le folklore hongrois a exercé sur des compositeurs tels que Brahms, Dvorak, Bartok, Liszt ou les contemporains Kurtag (fil rouge du festival) et Philippe Hersant. Côté solistes, on retrouve en alternance des pointures du classique et des grands nom

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Musique de haute voltige avec Opus

SCENES | Critique du (fabuleux) spectacle de la compagnie Circa et du Quatuor Debussy avant son passage par la Rampe d'Échirolles.

Charline Corubolo | Mardi 26 mai 2015

Musique de haute voltige avec Opus

René Magritte, artiste surréaliste belge adepte de l'illusion, peignait en 1929 La Trahison des images avec au centre de la toile une pipe et en sous-titre « Ceci n'est pas une pipe ». La création Opus, définie comme du cirque puisqu'il faut une case, pourrait être sous-titrée « Ceci n'est pas du cirque », tant c'est bien plus que ça. Et comme le peintre susmentionné, la compagnie Circa et le Quatuor Debussy, à l'origine de cette magnétique proposition, sont également adeptes de l'illusion et de l'enchantement. De peinture il n'est donc pas question ici mais d'un spectacle d'une grande virtuosité mêlant danse et nouveau cirque, dont les 14 acrobates de la compagnie australienne Circa se font les fervents représentants, accompagnés par le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui, depuis plus de 25 ans, réinvente la musique de chambre. C'est dans leur amour partagé pour les compositions du russe Chostakovitch que la collaboration a émergé, compositions dont les notes mélodiques se sont transformées en narration visuelle de corps qui repoussent sans cesse leurs limites dans le jeu, qu'il soit musical ou en mouvement. Car ce sont bien deu

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Notre sélection de Noël

ACTUS | Les bouquins, DVD et autres CD, c’est bien pour Noël, certes. D’ailleurs, tous les magazines y vont de leur sélection. De notre côté, on a préféré se pencher sur les spectacles et concerts des six prochains mois qui pourront ravir vos proches. Oui, du coup, sous le sapin, il n’y aura qu’un bout de papier (le ticket d’entrée) ; et alors ?!

Aurélien Martinez | Mardi 9 décembre 2014

Notre sélection de Noël

Pour les spectateurs qui en ont marre du théâtre à papa (ou maman) Succès du Festival d’Avignon 2013, la relecture théâtralisée des Particules élémentaires de Michel Houellebecq par le jeune Julien Gosselin est l’événement théâtral de l’année – du mardi 10 au samedi 21 mars à la MC2. Un spectacle captivant qui s’inscrit dans son temps sans tomber dans le modernisme à tout prix. Fort, très fort. 04 76 00 79 79 ou www.mc2grenoble.fr Pour les "tendance" Christine and The Queens, c’est la sensation chanson française (mais pas que) du moment. Une pop glacée et hypnotique diablement séduisante qui remplit des salles de plus en plus grandes. À l’heure où nous écrivions ces lignes, il restait douze places pour son concert du mardi 3 mars à la Belle électrique. Oui, que douze.

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Les Anglo-saxons font leur cirque

SCENES | L'une est anglaise, l'autre est australienne, et chacune dans son genre, elles repoussent les limites du corps humain avec un étonnant sens du récit. Coup d’œil sur le Gandini Juggling et Circa, deux compagnies de nouveau cirque bientôt sous les feux de la Rampe. Benjamin Mialot

Aurélien Martinez | Mardi 9 septembre 2014

Les Anglo-saxons font leur cirque

On connaissait le jonglage avec massues (le plus courant), avec haches (les "hillbillies" canadiens du Cirque Alfonse) ou avec pistolets (voir par ailleurs). Imperméable à la surenchère, le Gandini Juggling, lui, se joue des lois newtoniennes avec des pommes. Logique. Le truc, c'est que les membres de cette troupe britannique, à commencer par ses fondateurs, Sean Gandini et Kati Ylä-Hokkala, connaissent autant de façons de lancer et rattraper leurs balles de pectine que Benjamin Bufford-Blue de cuisiner les crevettes dans Forest Gump. Leur spectacle phare en fait l'impeccable démonstration : hommage à la chorégraphe Pina Bausch déguisé en farce flegmatique sur l'aliénation sociale, Smashed est un sommet de raffinement (gestuel, mais aussi musical), de drôlerie et d'adresse. Sur les cordes raides De sommet, il en sera également question au printemps avec Opus, fruit d'une collaboration entre le Quatuor Debussy, ensemble lyonnais qui depuis l'aube des années 90 décloisonne la musique de chamb

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Cordes en voyage

MUSIQUES | En plein cœur de l’Ardèche, le Festival Cordes en Ballade prépare une seizième édition latine. Le Quatuor Debussy à la commande depuis l’origine, on s’attend à de l’inattendu, forcément ; à de l’humour et du décalage parfois ; à de la haute volée musicale toujours. Pascale clavel

Pascale Clavel | Mardi 24 juin 2014

Cordes en voyage

Le Quatuor Debussy, par tous ses projets, bouscule sans modération la chose artistique, revigore nos oreilles endormies. Le festival Cordes en Ballade, dont il a la charge, ne fait pas exception. Ses trois dernières éditions ont même impulsé une dynamique encore plus inattendue : en 2011, “On en pince pour les cordes” explorait la musique française par le biais des cordes pincées ; l’année suivante, “Welcome America !” déroulait une humoristique “Route 07” musicale, homologue ardéchoise de la fameuse Route 66 ; enfin, en 2013, Cordes en Ballade avait ébloui par un mélange subtile de musique classique, con-temporaine et de jazz, sous l’intitulé “De Bach à Haydn, la musique en héritage”. Pour l’édition 2014, un cran supplémentaire est franchi. Avec “Viva Latina !”, c’est tout un répertoire coloré et sensuel qui nous est donné à entendre. Une programmation sur les pas des conquistadors qui nous emmènera au Portugal, en Amérique du Sud et en Espagne. Métissage, éclectisme et jubilation Ils exultent toujours, les Debussy, lorsqu’ils concoctent une nouvelle programmation. Cette édition les voit se lâcher un peu plus, et c’est peu dire que leur folie est conta

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Second acte

MUSIQUES | Musique classique / Le rideau se lève sur une deuxième partie de saison très riche et enthousiasmante. Bref aperçu en quelques coups de cœur. Régis Le Ruyet

Régis Le Ruyet | Vendredi 11 janvier 2013

Second acte

Il y a un an, le quatuor Debussy boxait sur la scène de la Rampe avec le danseur Mourad Merzouki. En 2013, on retrouve les musiciens le 24 janvier pour un programme intime et fugueur. Cherchant une manière symbolique et originale de célébrer le deux cent cinquantième anniversaire de la naissance de Mozart, il délaisse les vingt-trois quatuors du génie de Salzbourg et enregistre la version pour cordes du Requiem transcrite en 1802 par Peter Lichtenthal, un must auquel s'adjoindront des fugues de Piazzola, Beethoven et Bach. À la MC2, le pianiste et artiste associé Alexandre Tharaud continue ses propositions plus alléchantes les unes que les autres. Tout commence le 25 janvier par une Nuit du piano baroque et romantique où, en monsieur loyal, le musicien souhaite faire découvrir, à raison d'un soliste par heure, quatre jeunes confrères et consœurs. La carte blanche se poursuivra lors d'une semaine multiforme du 4 au 8 juin, des Variations Goldberg au registre des musiques du XXe jusqu'en une apothéose pop au casting de prestige. Unis depuis 1981, cela fait plus de trente ans que le quatuor Parisii, consacré par des prix internationaux, enchante le public en suiva

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On the road, again

MUSIQUES | Après la mythique route 66 aux États-Unis, le festival Cordes en ballade invente la route 07 en France, en Ardèche. Il faut comprendre cette saison que le (...)

Aurélien Martinez | Vendredi 22 juin 2012

On the road, again

Après la mythique route 66 aux États-Unis, le festival Cordes en ballade invente la route 07 en France, en Ardèche. Il faut comprendre cette saison que le festival nous emmène de-ci de-là, en itinérance pour des moments consacrés presqu’entièrement à la musique américaine. Depuis 1999, sous la houlette du Quatuor Debussy, Cordes en ballade s’applique à tricoter des moments d’une grande qualité musicale où se croisent des interprètes confirmés et de jeunes ensembles. Bien sûr, de la musique américaine, les classiques, les Bernstein, Barber ou encore Gershwin seront à l’honneur, mais aussi le jeune et fascinant compositeur Marc Mellits, invité cette année en résidence. Et puis, parce que l’Amérique ne suffit pas, le Quatuor Debussy célèbre le 150e anniversaire de la naissance de… Debussy. Pour cette occasion, le pianiste Hervé Billaut et la jeune harpiste Pauline Haas se joindront au quatuor, pour une journée exceptionnelle autour du compositeur. Et aussi un ciné-concert, des balades en vélo électrique dans le village de Viviers, un repas champêtre, une promenade bucolique dans les vignobles avec aubade musicale, une soirée jazz… Le Quatuor Debussy est bien vivant, étonne encore,

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Nuits élastiques

SCENES | Les Nuits de Fourvière ne se contentent pas du théâtre, de la danse et de la musique pour faire scintiller les soirées lyonnaises. Le festival s’ouvre au cirque en formule solo ou troupe grâce à David Dimitri et la compagnie Circa. Découverte de ces spectacles qui ne cessent de réinventer l’art circassien ancestral. Nadja Pobel

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Nuits élastiques

« Je suis l’homme cirque », dit David Dimitri pour un spectacle qu’il n’a pas baptisé autrement que par ces mots-là. David Dimitri conduit ses deux semi-remorques jusqu’aux lieux de ses représentations, en déballe le contenu, monte le chapiteau avec les techniciens des lieux d’accueil, puis joue. Artiste, musicien, directeur de cirque et technicien de son spectacle, il s’assure ainsi une parfaite autonomie pour évoluer dans un univers qui ne ressemble à aucun autre. Cardigan, pantalon de costard, voici le funambule qui rebondit sur un fil à trois mètres de hauteur comme s’il était sur un trampoline au sol. Sa souplesse et son agilité font le reste. Et voilà qu’il s’allonge sur ce fil, sous les yeux ébahis des enfants et des grands. Il entonne un air de trompette ! David Dimitri n’invente rien. Il se sert des techniques du cirque traditionnel apprises au cours de sa formation à la State Academy for Circus Arts de Budapest puis dans la prestigieuse école de danse Juilliard School de New York. Et puisqu’au cirque il y a des chevaux, il y en a chez Dimitri aussi. Mais le sien est en bois, immobile. En courant sur place à côté du faux animal, il déclenche l’hilarité et confère à son

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L'uppercut!

SCENES | Danse / Pour sa nouvelle création, Mourad Merzouki revient à ses premières amours : les arts de combat qu’il mêle au cirque en n’oubliant pas le hip-hop. Avec "Boxe Boxe", il ne renie rien de son parcours et l’enrichit aussi de la présence sur scène du détonnant Quatuor Debussy. NP

Aurélien Martinez | Mardi 10 janvier 2012

L'uppercut!

Baignée de noir, la scène s’illumine doucement pour laisser poindre quelques étoiles. Des hululements sont les premiers sons de la nouvelle création de Mourad Merzouki avant que ne se fasse entendre Schubert par le quatuor Debussy (deux violons, un violoncelle, un alto). Nous sommes loin de la folle énergie qui se dégageait de l’incroyable spectacle Agwa ou de son jumeau dansé par des Brésiliens, Correria (vus en mai 2010 à l'Hexagone). Boxe Boxe est une pièce de cordes, celles du ring, et celles travaillées par les musiciens sur leur instrument. C’est une partition qui ramène le chorégraphe de Käfig au sens premier de la signification du nom de la compagnie en allemand et en arabe : la cage. Au commencement, les corps des danseurs sont prisonniers, condensés dans une cage-ring. Seuls des gants de boxe tendus au bout de leurs bras en dépassent et entament une chorégraphie, comme des marionnettes. Suivent des duos clownesques où Merzouki délaisse le travail physique intense au profit d’un découpage des gestes, comme un film muet au ralenti. De cinéma, il est d’ailleurs question tout au long du spectacle. Les musiciens évoluent sur des chaises à roulette

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Une boîte vide

SCENES | Dans Octopus, Decouflé ouvre sa boîte à fantasmes avec, à l’intérieur, huit danseurs aux corps superbes et souvent dénudés, des projections vidéo et deux très bons (...)

François Cau | Jeudi 8 décembre 2011

Une boîte vide

Dans Octopus, Decouflé ouvre sa boîte à fantasmes avec, à l’intérieur, huit danseurs aux corps superbes et souvent dénudés, des projections vidéo et deux très bons musiciens dans la fosse (Labyala Nosfell et Pierre le Bourgeois qui passent allégrement d’une pop éthérée au rock le plus rugueux – un véritable concert qui vaut à lui seul le détour)… On a cru au début que le chorégraphe allait jouer sur la corde de la sensualité : enlacement des corps, caresses des pieds ou des mains, isolement par des lumières rasantes de zones érogènes (jambes, torses…). Ou, à partir d’une très belle et très drôle séquence où une danseuse lit, slame, hurle un poème de l’immense Ghérasim Luca, qu’à l’instar de l’œuvre du poète, la pièce se développerait par contaminations, proliférations, rhizomes de sensations et de mouvements… Mais en définitive, s’appuyant sur une gestuelle mécanique et démonstrative, Decouflé hache ses saynètes et passe du coq à l’âne, répète indéfiniment son savoir-faire malin : une imagerie baroque et creuse qui tourne en rond. Jean-Emmanuel Denave

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Casque d'or

MUSIQUES | Tête d'affiche de la soirée de vendredi à la Maison de la Musique de Meylan, le Messin Alexandre Longo, alias Cascadeur, auteur de l'aérien The Human Octopus, nous raconte son goût des masques, ses angoisses et son rapport ambivalent avec la notion de succès. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

François Cau | Mardi 15 novembre 2011

Casque d'or

Qui est Cascadeur ? Alexandre Longo : Lorsque j'ai décidé de créer ce personnage, il était là comme une sorte d'infirmière. Je faisais pas mal de scène avec d'autres groupes [les groupes nancéiens Orwell et Variety Lab, NdlR] mais toujours en tant qu'homme de l'ombre. L'idée d'être au centre, c'était une hantise. J'accumulais les morceaux mais je suis tellement émotif que j'étais ému même quand je les jouais tout seul au piano chez moi. J'ai donc eu l'idée d'une doublure. Or s'il y a bien un individu qui remplit ces fonctions là, c'est bien le cascadeur. C'est la doublure d'une star exposée, dont on ignore le visage. Je voulais créer une sorte d'ambivalence : une musique qui vient de loin et un personnage un peu improbable. Finalement, l'un et l'autre se nourrissent mutuellement. Quand j'ai l'apparence de Cascadeur, je n'ai pas cette sensation d'être déguisé. Quand on vient me voir à la sortie de scène, j'ai souvent encore un masque sur la tête, je finis par l'oublier, ça devient ma peau. En tant qu'ermite autoproclamé, comment as-tu vécu le succès critique de l'album The Human Octopus et l'expos

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Boulevard de l’accord

MUSIQUES | Cascadeur, c’est un personnage. Un artiste qui se veut le plus discret possible, répond de façon sibylline aux interviews, apparaît en public caché sous un (...)

François Cau | Lundi 12 septembre 2011

Boulevard de l’accord

Cascadeur, c’est un personnage. Un artiste qui se veut le plus discret possible, répond de façon sibylline aux interviews, apparaît en public caché sous un casque de moto parfois doublé d’un masque de catcheur, déploie sur scène un arsenal de jouets enfantins et de projections surdimensionnées. Puis derrière le décorum, il y a la musique, fragiles comptines pop-folk où la voix diaphane du grand enfant s’accompagne de chœurs profanes et d’arrangements élégamment pianotés. Si sur son album The Human Octopus, de prestigieuses ombres rôdent avec un peu trop d’insistance, le projet semble néanmoins prendre son sens et sa singularité sur scène. A surveiller de près lors de son prochain passage meylanais, donc. Cascadeur + Rover + GreenshapeVendredi 18 novembre à 20h, à la Maison de la Musique (Meylan)

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À la rue

CONNAITRE | Artiste grenoblois phare, à l’univers riche, foisonnant et protéiforme, NiKoDeM est tout récemment devenu la star d’un ouvrage de la collection Opus Délits, qui se consacre à l’art urbain. À l’occasion de la dédicace de ce vendredi à la librairie Les Modernes, rencontre avec la bête, dans son atelier à Ütopia. Propos recueillis par AM

François Cau | Lundi 9 mai 2011

À la rue

Le Petit Bulletin : NiKoDeM, graphique d’influences, est donc un ouvrage qui essaie de présenter au mieux votre univers…NiKoDeM : Oui, même s’ils m’ont dit de ne pas trop m’emballer car je ne pourrais pas tout présenter dans le livre ! Donc, je me suis axé sur le thème de la rue. Mais, évidemment, si je fais cette activité-là aujourd’hui, c’est quand même parce que ça reste ma motivation première, une sorte d’épanouissement personnel. Et donc épanouissement, ça veut dire recherche, évolution. Pendant quelques temps, ça m’a pesé que l’on dise que je ne faisais que des bonhommes… Certes, on reconnaît mes bonhommes, mais aujourd’hui, que ce soit avec l’installation de bambous [au Domaine Saint-Jean de Chépy à Tullins – plus d’infos dans l’ouvrage] ou le projet d’anamorphoses pour la façade d’un cabinet d’architecte [rue Génissieu, à Grenoble], je sors directement de ce que je fais habituellement. Et si les gens ne reconnaissent pas, je prends ça comme un compliment ! Pensez-vous que la sortie de l’ouvrage aidera à lever certains malentendus vous concernant ?J’espère. Ça fait des années que l’on dit Nikodem g

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« Des ovnis sur la scène musicale… »

MUSIQUES | À l’occasion de la sortie de leur recommandé "Opus Compilateur II", et du concert qui l’accompagne au Théâtre 145, rencontre avec Alexis Bérard et Thibault Constantin, de Tradsch Miousic. Propos recueillis par Damien Grimbert

Christophe Chabert | Mercredi 14 mars 2007

« Des ovnis sur la scène musicale… »

Tradsch Miousic, c’est… ?Alexis Bérard : Une association qui existe depuis maintenant un petit bout de temps, 2001, 2002. Relativement tôt est née l’envie de sortir un disque collectif sous forme vinyl, mais le projet ne s’est concrétisé que 3/4 années plus tard, avec la sortie de l’Opus Compilateur 1 en novembre 2005, qui regroupait des groupes comme Rageous Gratoons, Pusse, Fantazio, Namas Pamos… Des projets un peu atypiques, des ovnis sur la scène musicale…Thibault Constantin : C’est des groupes au travers desquels on retrouve une esthétique commune, malgré des univers qui peuvent paraître très différents les uns des autres. L’idée, c’était de les faire se rencontrer sur un support, mais également sur des concerts, des productions… Votre ligne artistique ?AB : Je viens d’un milieu à l’origine plus punk-rock, plus indus et je suis passé presque d’un coup aux musiques traditionnelles. En fait j’ai trouvé qu’il y avait énormément d’accointances entre les deux, dans la manière de pratiquer, et aussi dans ce que sont les musiciens, leur comportement en tant que groupe… Il y a moi

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