Un Festival des 7 Collines au sommet

SCENES | Chaque été, pendant dix jours, la gravité à la surface de Saint-Étienne est équivalente à celle de la Lune. Par quel miracle ? Celui dont le Festival des 7 Collines, où prospère le cirque de demain, détient le secret depuis maintenant 21 ans. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Photo : Compagnie 32 Novembre


On se fait la remarque chaque année : 7 Collines, pour un festival se faisant fort d'accueillir des artistes qui tutoient les sommets – au sens propre, attachement au nouveau cirque oblige, mais aussi au figuré, les plus grandes compagnies du genre s'y donnant rendez-vous chaque année – c'est franchement "petit bras".

7 Montagnes, 7 Cimes ou 7 Pitons, voilà qui ferait honneur aux jongleurs flegmatiques du Gandini Juggling associés à des danseurs du Ballet royal de Londres pour une nouvelle création qui promet de sublimer leur sens de la synchronisation. Voilà qui serait raccord avec les délicates intentions de leurs confrères villeurbannais du collectif Petit Travers – qui présenteront une courte pièce en clair-obscur. Voilà qui serait à la hauteur de la fantaisie et de la vitalité des touche-à-tout des 7 Doigts de la main – de retour de leur Canada d'origine avec Cuisines et confessions, un spectacle qui en met plein les yeux et autant dans les narines.

Mais bon, on dit ça, on ne dit rien. Du moment que cela ne vous empêche pas de faire aussi connaissance avec la jeune compagnie brésilienne Na Esquina, qui donne dans la voltige à l'air libre, avec les performers belges de Het Kips & Kopergietery, qui déboulonnent les clichés de la masculinité avec force atemi et crachats de bière, et avec la compagnie 32 Novembre, un duo d'illusionnistes aux très prometteuses ambitions plastiques et narratives.

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Dix au cube

SCENES | Parmi la foule d’excellents spectacles (comme Via Sophiatown, réjouissance chorégraphique post-apartheid signée Via Kathleong, ou Beyond, merveilleux (...)

Florence Barnola | Mardi 24 juin 2014

Dix au cube

Parmi la foule d’excellents spectacles (comme Via Sophiatown, réjouissance chorégraphique post-apartheid signée Via Kathleong, ou Beyond, merveilleux hommage au cabaret par la compagnie de cirque australienne Circa) au programme des 7 Collines cette année, il en est un qui sort particulièrement de l’ordinaire : Ten, performance à la croisée de la danse, du théâtre et des arts plastiques imaginée par l’artiste anglais d’origine indienne Hetain Patel, dont le socle des travaux est la formation de l’identité, du soi. Ten raconte donc un questionnement, celui de Patel sur ses racines et les traditions de l’Inde. Des problématiques qu’il expérimente au travers de ses matériaux de prédilection : le langage et le corps. Un langage fait de mots, mais aussi de rythmes, de musiques, de vocalises. Un corps qui explore le mouvement, la répétition, l’automatisme parfois. Dans Ten, trois interprètes jouent avec les possibilités des leurs, interrogeant à travers les bribes d’histoire d’un fils d’immigrés les ide

Continuer à lire

Haute voltige

SCENES | Les 7 Collines, c’est une quinzaine d’événements dans les domaines de la danse, du cirque contemporain et de la performance, et l’un des festivals de spectacle vivant les plus singuliers et passionnants de l’été. Jean-Emmanuel Denave

Aurélien Martinez | Mercredi 20 juin 2012

Haute voltige

Une équipe réduite, un fonctionnement à coûts réduits, des premiers pas hésitants… Peu à peu, le fort sympathique Festival des 7 Collines s’est forgé une identité singulière et une solide réputation, tant auprès des professionnels (beaucoup de créations ou de coproductions, et la fidélité d’artistes qui reviennent d’une édition à l’autre) que du public (10 000 places vendues l’an dernier). Une identité fondée sur l’originalité de sa programmation majoritairement orientée vers le nouveau cirque et la danse, les risques pris en invitant des compagnies internationales sortant des sentiers battus et proposant parfois des spectacles "forts en gueule". Pour ne citer que les plus décapants, on notera le retour cette année des danseurs et chorégraphes Pieter Ampe et Guilherme Garrido avec Sill standing you. Ce furieux duo en passe par les gestes les plus grossiers, les confrontations les plus claquantes et pulsionnelles, pour accéder à une certaine forme de poésie et de tendresse sous très haute tension… Le festival n’hésite pas par ailleurs à mettre un peu d’eau dans son vin, ou quelques stars sur son affiche, comme le concert du très rock et festif Goran Bregovic en ouverture

Continuer à lire