Les Nuits de Fourvière jouent les poids lourds

SCENES | Après une édition 2014 riche en prises de risques, le festival phare de l'été lyonnais est revenu à ses fondamentaux bankable. On peut le déplorer. On peut, plus prosaïquement, se satisfaire de l'aubaine que constitue la venue d'artistes de haute stature dans un cadre aussi magistral que celui dessiné par le théâtre romain de Fourvière. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Photo : On achève bien les anges (crédit Hugo Marty)


Timorée la programmation des Nuits de Fourvière 2015 ? Assurément. Mais ce ne serait un problème que si la perspective de revivre cet instant magique où les coussins à l'effigie du festival, propulsés en signe d'acclamation par les 4 500 spectateurs du théâtre antique qui l'accueille chaque été depuis 70 ans, éclipsent les étoiles et les lumières de la ville en contrebas, ne valait pas blanc-seing.

Qu'importe en effet, s'il honore son vœu de pluridisciplinarité jusqu'au non-sens, en accueillant six représentations de Florence Foresti et s'il nous refait pour la énième fois le coup des phénomènes de foire médiatique (Lily Wood & the Prick, Christine & the Queens), de la variété propre sur elle (Charlie Winston, Calogero) et du rock'n'roll fossilisé (Iggy Pop, Patti Smith, Robert Plant).

Là-haut, tout est forcément plus beau. Surtout ce qui l'est déjà à la base, évidemment : l'électro-pop givrée de Björk, les miniatures avant-gardistes de Pascale Comelade, l'indie rock patraque de Balthazar et la country hétérodoxe de Lambchop – programmé au Musée des confluences, il y avait un piège.

Du grand spectacle

Côté arts de la scène, les choses sont moins binaires, des adieux à la scène de la danseuse Sylvie Guilhem, le temps de quatre petites formes chorégraphiées par autant de pygmalions (Khan, Maliphant, Ek et Forsythe, parmi tant d'autres qu'elle a croisés en près de 40 ans de carrière) à Cuisine et confessions, la dernière création des virevoltants 7 Doigts de la main en passant par les Beaumarchais en mode bucolique de la désopilante compagnie Marius.

S'il ne fallait toutefois retenir qu'un spectacle, ce serait celui de Bartabas, conçu au lendemain, forcément difficile, des attentats de janvier. Antithèse de Calacas, qui célébrait la mort dans toute sa fantaisie voilà deux ans, On achève bien les anges est autant une démonstration de virtuosité équestre qu'une réflexion crépusculaire sur la finitude des choses. Un équilibre entre souci d'accessibilité et quête de sens que tout festival se devrait de rechercher.

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"Pet Sounds" : Brian Wilson en plein dans le culte aux Nuits de Fourvière

À Lyon | Événement cet été à Lyon, aux Nuits de Fourvière : l'Américain Brian Wilson, grand maître d'œuvre des Beach Boys, vient célébrer son chef-d'œuvre "Pet Sounds", 50 ans l'an dernier. Un album mythique et concurrent sérieux au titre de meilleur album d'une pop music qu'il contribua à révolutionner, l'élevant au rang d'art majeur.

Stéphane Duchêne | Mardi 20 juin 2017

L'année même des 50 ans du Sgt. Pepper des Beatles, se pose fatalement la question de savoir quel est le meilleur album pop de tous les temps. Dans la balance, on trouve bien sûr Sgt. Pepper (sinon on n'en parlerait pas) mais aussi deux ou trois autres pépites du Fab Four : Rubber Soul, Revolver, l'album blanc – les avis divergent... Mais comme il n'y a pas que les Beatles dans la vie, d'autres vous répondront que le meilleur candidat à opposer à l'œuvre tardive des Beatles (au risque de choquer les beatlesmaniaques) est celle d'un génie fou de 23 ans (à l'époque), qui en 1966 accoucha d'un album intitulé "Bruits d'animaux de compagnie" –soit Pet Sounds. Un disque dont on pourrait dire qu'il est lui aussi un album des Beatles. Car c'est en se comparant à la grandeur des Liverpuldiens et à leur Rubber Soul que Brian Wilson (puisque c'est de lui qu'il s'agit) a fomenté son propre chef-d'œuvre contre vents, marées et attaques de panique. Un disque des Beach Boys mais composé en solo et assumé comme tel. À l'époque, les Beach boys sont considérés comme un boys band des plus ef

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Les Nuits de Fourvière (Lyon) en trois coups de cœur

MUSIQUES | Si, d'ici le 30 juillet, des grands noms fouleront la scène de l’amphithéâtre lyonnais (Michel Polnareff, les Pixies, Christophe, The Last Shadow Puppets…), d’autres sans doute un peu moins connus – mais tout aussi passionnants – seront également de la partie. La preuve par trois.

Stéphane Duchêne | Mardi 21 juin 2016

Les Nuits de Fourvière (Lyon) en trois coups de cœur

Vinicio Capossela S'il fallait comparer Vinicio Capossela, déjà présent l'an dernier mais cette fois-ci mis à l'honneur en grande pompe, à un chanteur italien, sans hésiter on choisirait Shane MacGowan, qui est irlandais – mais ça n'a pas beaucoup d'importance. Comme MacGowan, chanteur historiquement édenté des Pogues, Capossela est un pur rockeur qui a toujours su puiser au plus profond du folklore de son pays pour bâtir une œuvre qui puisse être à la fois populaire, pétrie d'indépendance, foutraque au dernier degré et immédiatement classique, et qui évoque la berceuse comme la chanson à boire – l'usage peut-être commun. Avec, dans la voix, cette fêlure qui ferait pleurer un caillou et dans l'attitude, cette folie furieuse qui donne envie de danser sur les mains. Samedi 9 juillet _____________________ Silvain Vanot Lui aussi était déjà à Fourvière il y a deux ans, pour rendre hommage à Robert Wyatt. Lui aussi est mis à l'honneur à un degré supérieur : une résidence à l'Épicerie m

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De grands spectacles à Fourvière-sur-Scène

SCENES | Les Nuits de Fourvière, ce ne sont pas que des concerts. La preuve.

Nadja Pobel | Mardi 21 juin 2016

De grands spectacles à Fourvière-sur-Scène

Pour la première fois de son histoire, le festival lyonnais des Nuits de Fourvière ne s'est pas ouvert avec du théâtre, mais avec les circassiens québecois des 7 doigts de la main. Cependant, cette année, la programmation en arts vivants est d'une densité exceptionnelle sans négliger la qualité, loin de là. En cette fin juin, c'est le Britannique Simon McBurney qui montera sur la scène du Radiant (Caluire) avec The Encounter pour rendre compte d'un voyage en Amazonie avec images – il est un orfèvre de la vidéo – et du son (à écouter au casque !). En même temps, c'est Bob Wilson qui sera à la Maison de la danse (Lyon 8e) avec un hommage à Baryshnikov d'après le journal de Nijinski. Pour ces Letter to a man, il s'est entouré de la chorégraphe Lucinda Childs et ilsigne une fois de plus la mise en scène, la scénographie et des lumières au cordeau (avec Baryshnikov lui-même). Gratuitement, dans différents endroits du 5e arrondissement, Gwenaël Morin fera entendre les Sophocle (Ajax, Œdipe roi et Electre) dans le plus grand dépouillement (le texte, juste le texte) et aux Subsistances, le

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La prog des Nuits de Fourvière dévoilée

ACTUS | 58 jours de festival (du 3 juin au 30 juillet), autant de spectacles (soit douze de plus que l'an passé), des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison (...)

Aurélien Martinez | Lundi 17 mars 2014

La prog des Nuits de Fourvière dévoilée

58 jours de festival (du 3 juin au 30 juillet), autant de spectacles (soit douze de plus que l'an passé), des rendez-vous au TNG, à Gadagne ou à la Maison de la danse : le festival d’été qui se déroule chaque année dans le théâtre antique lyonnais s'annonce plus foisonnant que jamais. Avec, en têtes d’affiche musique, Stromae, Phoenix, Fauve, Damon Albarn (photo), voire même Elton John ! Rayon concerts événementiels, un hommage à Robert Wyatt, ou encore Benjamin Biolay, qui dirigera un orchestre pour sa nouvelle muse, Vanessa Paradis. Toute la prog commentée par nos soins sur

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Nuits de Fourvière (Lyon) : la programmation

ACTUS | Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement (...)

Aurélien Martinez | Lundi 25 mars 2013

Nuits de Fourvière (Lyon) : la programmation

Pour certains, le début du printemps coïncide avec la floraison des crocus et le réveil des hérissons. Pour d'autres, elle s'incarne dans un bouillonnement hormonal, dans une atmosphère révolutionnaire ou dans une recrudescence de la présence de punks à chien (les hirondelles des citadins). Au Petit Bulletin, le printemps devient réalité au moment où les Nuits de Fourvière dévoilent l'intégralité leur programmation.

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Nuits élastiques

SCENES | Les Nuits de Fourvière ne se contentent pas du théâtre, de la danse et de la musique pour faire scintiller les soirées lyonnaises. Le festival s’ouvre au cirque en formule solo ou troupe grâce à David Dimitri et la compagnie Circa. Découverte de ces spectacles qui ne cessent de réinventer l’art circassien ancestral. Nadja Pobel

Aurélien Martinez | Jeudi 21 juin 2012

Nuits élastiques

« Je suis l’homme cirque », dit David Dimitri pour un spectacle qu’il n’a pas baptisé autrement que par ces mots-là. David Dimitri conduit ses deux semi-remorques jusqu’aux lieux de ses représentations, en déballe le contenu, monte le chapiteau avec les techniciens des lieux d’accueil, puis joue. Artiste, musicien, directeur de cirque et technicien de son spectacle, il s’assure ainsi une parfaite autonomie pour évoluer dans un univers qui ne ressemble à aucun autre. Cardigan, pantalon de costard, voici le funambule qui rebondit sur un fil à trois mètres de hauteur comme s’il était sur un trampoline au sol. Sa souplesse et son agilité font le reste. Et voilà qu’il s’allonge sur ce fil, sous les yeux ébahis des enfants et des grands. Il entonne un air de trompette ! David Dimitri n’invente rien. Il se sert des techniques du cirque traditionnel apprises au cours de sa formation à la State Academy for Circus Arts de Budapest puis dans la prestigieuse école de danse Juilliard School de New York. Et puisqu’au cirque il y a des chevaux, il y en a chez Dimitri aussi. Mais le sien est en bois, immobile. En courant sur place à côté du faux animal, il déclenche l’hilarité et confère à son

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Nuits de Fourvière 2012 (Lyon): la prog!

MUSIQUES | Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent (...)

Aurélien Martinez | Lundi 26 mars 2012

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Et voici la programmation complète (ou presque, tant elle est riche) des Nuits de Fourvière 2012 ! Certains événements étaient déjà connus, mais s’y ajoutent d’excellentes surprises, qu’elles soient musicales ou théâtrales… A découvrir sur le site du Petit Bulletin Lyon.

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Les Nuits de Fourvière

MUSIQUES | On pourrait dire qu’avec leur site unique et leur programmation aux petits oignons, les Nuits De Fourvière sont sorties de la cuisse de Jupiter. Mieux (...)

François Cau | Mardi 14 juin 2011

Les Nuits de Fourvière

On pourrait dire qu’avec leur site unique et leur programmation aux petits oignons, les Nuits De Fourvière sont sorties de la cuisse de Jupiter. Mieux qu’une manne estivale, l’amphi gallo-romain agit comme une muse, chaque année, pour les artistes qui composent la mosaïque de soirées (concerts, danse, cirque, théâtre…) Et c’est sans doute autant pour la magie du cadre que pour l’acoustique au poil que Bryan Ferry, Lou Reed, Moriarty ou encore Catherine Ringer reviennent cet été. Du haut de cette colline, mille et une Nuits nous contentent. Des nouvelles muses nordiques (Agnès Obel, Alina Orlova, Junip…) aux musiques créoles ou afrocubaines, on attend du beau monde pour donner le meilleur sur scène. SL Les Nuits de Fourvière À Lyon Jusqu’au 30 juillet

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Légendes à Fourvière

MUSIQUES | La Samaritaine fermée, Les Nuits de Fourvière, par l'éclectisme étonnant de leur programmation 2005, peuvent récupérer leur slogan : "On trouve de tout aux Nuits de Fourvière". Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 31 janvier 2005

Légendes à Fourvière

Depuis trois ans, Les Nuits de Fourvière ont pris un virage pertinent, impulsé par une nouvelle équipe décidée à dépoussiérer les habitudes prises par le festival lyonnais (organisé par le département du Rhône). Finies les créations théâtrales de fin d'année académiques au possible, terminé le défilé de stars musicales en bout de tournée (et parfois à bout de souffle). Les Nuits de Fourvière privilégient aujourd'hui l'événement au sens fort du terme : de la création vraiment inédite, des concerts avec des artistes rares, des soirées basées sur des rencontres thématiques riches de sens... Pas de grande théorie artistico-culturelle là derrière cependant : Les Nuits de Fourvière conservent leur caractère généraliste et grand public, proposant une saine diversité et un réel éclectisme. Un festival populaire, au meilleur sens du terme. Mat et mythes C'est vrai qu'on pourrait ricaner sur la présence cette année de la prime lauréate de la Star Ac', Jenifer et ses teen jérémiades générationnelles (et de son corollaire rock acnéique, les lourdauds de Kyo), ou encore gloser sur le retour des Choristes pas loin de leurs pénates sacrées, pour ce qui devrait être un de leur

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